Twilight outfocus overlap – Jyanome

twilight outfocus overlap jyanome
Jyanome じゃのめ
ISBN: 9782382760529
Hana, 2021
ISBN: 9784065206034 (JP)
Kodansha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Le BL c’est une question d’amour! »

Jyanome sensei propose des petites tranches de vie à la suite de Twilight outfocus. Elle alterne la narration entre Mao et Hisashi. Elle développe la relation du jeune couple qui s’épanouit, discute et teste. Ainsi, leur lien presque fusionnel permet de découvrir de nouvelles facettes. Hisashi s’ouvre de plus en plus aux autres tandis que Mao essaie de prendre maladroitement des initiatives. Par ailleurs, l’auteure aborde encore la vie du club de cinéma, entre concours, réception différente des projets par le public extérieur, les doutes provoqués par les commentaires. De même, elle met en avant les différentes interrogations du couple sur l’avenir, le coming out auprès des proches. L’histoire bonus présente l’enregistrement du drama CD. De même, un petit prologue introduit le spin-off concernant Ichikawa.

La mangaka mêle les traits anguleux et les courbes voluptueuses. Elle dédouble parfois les contours, donnant du relief à la finesse du trait épuré. Ainsi, elle découpe bien les profils, avec des lèvres pulpeuses. Les trames d’ambiance sont plutôt en fond. Les décors, présents, apportent une touche réaliste. La mise en page dynamique offre quelques enchainements de cases avec un découpage cinématographique. De même, Jyanome sensei détaille les regards et les petits gestes. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par des formes tramées, donnant peu de détails. En arrière plan, deux peluches apportent une touche humoristique. Sous la jaquette, il y a des fiches sur les personnages principaux.

En résumé

Malgré l’insistance d’Ichikawa Giichi, Ôtomo Hisashi décide de rejoindre le club de théâtre. Depuis que le tournage est terminé, Tsuchida Mao rentre plus tôt, le film du club étant encore en post-production. Il aime discuter de sa journée dans les bras de son bien-aimé. Les deux garçons s’encouragent et se motivent mutuellement. Mais dès qu’ils sont trop collés l’un contre l’autre, ils ne résistent plus à leur désir…

En conclusion

Ce tome est beaucoup plus érotique que le premier, pour notre plus grand plaisir. Avec toujours autant de délicatesse et de tendresse, Jyanome sensei met en avant la confiance en l’amour. C’est un réel plaisir de pouvoir continuer les aventures de Mao et Hisashi!

Notre paradis – Uehara Ari

notre paradis uehara ari
UEHARA Ari 上原あり
ISBN: 9782375062920
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784801959408 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Deux hommes dépendants à la recherche d’un nouveau paradis.

Uehara Ari sensei nous présente une étrange cohabitation entre deux jeunes hommes qui dépendent des autres et se laissent vivre. Elle aborde avec une certaine pudeur la peur de la solitude, le corps comme objet de consommation ainsi que la prostitution. Nos deux héros ont une vision différente du bonheur amoureux: l’otaku développe une dépendance affective tandis que le gigolo évite de s’attacher pour profiter surtout de la tendresse qu’il reçoit. L’auteure maintient le suspense en ne montrant pas le visage de Nahoko. En tardant à nommer ses deux héros, elle montre en parallèle l’évolution de leur relation. De même, elle révèle au compte-gouttes des brides de leur passé, plutôt sombre. La narration alterne entre les deux hommes et revêt un style particulier, en partageant leur dialogue intérieur avec leur hôtesse. En plus, le destin offre des connexions surprenantes, renforçant l’effet de limite à leur petit paradis.

La mangaka a un trait fin et épuré. Même si son style un peu shôjo ne se démarque pas, il dégage beaucoup de douceur. Les trames d’ambiance renforcent principalement les émotions. Le reste des trames est équilibré. Par contre, les décors sont détaillés et très présents, ajoutant une touche réaliste. La mise en page est dynamique. Uehara sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessine même en détail les coupes intérieures. Pourtant, la sensualité domine. Sous la jaquette, un dessin mignon est en lien avec le chapitre bonus final.

En résumé

Dans un cybercafé, un otaku (25 ans) est dérangé par les gémissements d’un couple en pleins ébats dans le box voisin. Excité par leurs voix, il finit même par se masturber. Mais le gigolo (22 ans) qui a fini son affaire l’interrompt. Il entame alors la conversation en remarquant un tatouage de papillon au bas du dos du solitaire, puis lui montre fièrement son tatouage d’un quetzal dans le dos. Depuis, les deux hommes logent chez la généreuse Nahoko qui les entretient en échange de quelques câlins. Ils se chamaillent souvent à cause de leur caractère opposé. Pourtant, un jour, alors que le gigolo taquinait l’otaku qui avait reçu les faveurs de leur hôtesse, ce dernier réagit à ses caresses…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la seizième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2018. Dur de parler du titre sans nommer les personnages! Mais j’ai voulu respecter le choix de l’auteure, car cela a de l’importance dans le déroulé de l’histoire. Un petit coup de cœur pour ce titre mais beaucoup d’attachement. Je suis subjuguée par le style narratif qu’a adopté Uehara sensei pour approfondir la personnalité des personnages, chapitre par chapitre, en révélant beaucoup avec peu. Toutefois, cela pourra désorienter certains lecteurs. En plus, l’effet se perd lors des relectures. De même, vu le contexte du récit, le consentement n’est pas forcément au rendez-vous mais cela correspond (malheureusement) au caractère des protagonistes.

Let’s be together 2 – Kurahashi Tomo

let s be together 2 kurahashi tomo
KURAHASHI Tomo 倉橋トモ
ISBN: 9782375062937
Taifu comics, 2021
ISBN:‎ 9784801967489 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

Après les premiers émois, la réalité rattrape le jeune couple.

Kurahashi Tomo sensei continue de développer l’évolution de la relation entre Chiaki et Kazuma qui s’engagent petit à petit vers l’âge adulte. Elle s’intéresse également à leur première fois, à leurs interrogations. Elle offre une relation qui s’épanouit dans la discussion et le respect du partenaire. La narration donne principalement le point de vue de Kazuma. Les deux amis avancent à leur rythme, avec parfois quelques tensions. Ils prennent vite conscience de la pression sociale, de l’attente des parents et du poids des secrets. Ainsi, Chiaki ressent de la culpabilité tandis que Kazuma préfère fuir. En plus, ils arrivent dans la période des choix d’avenir, tiraillés entre incertitude et rêve. Par ailleurs, l’auteure montre comment le couple mûrit grâce à quelques soutiens compréhensifs. Elle développe suffisamment les personnages secondaires comme la perspicace Honjô ou le gay assumé Kanda pour déclencher l’attachement des lecteurs.

La mangaka a un trait fin et épuré. Elle dédouble parfois les contours, apportant un peu de relief fort agréable. Comme dans le tome précédent, les trames claires dominent. De même, les trames d’ambiance sont discrètes. Les décors apparaissent sur les plans larges. Par contre, la mise en page dynamique offre des respirations bien venues après l’intensité de certains passages. D’autant plus que Kurahashi sensei ne censure pas les scènes érotiques, très sensuelles.

En résumé

Bien qu’ils sortent ensemble depuis plusieurs mois, la relation entre Chiaki et Kazuma n’a pas beaucoup évolué. Ils continuent à se fréquenter comme avant et seuls les petites attentions et les cadeaux mutuels marquent discrètement leur amour. Au restaurant, pendant que Chiaki va aux toilettes, Kazuma découvre par inadvertance un site de vidéos érotiques gay sur le smartphone de son petit ami. Il se met alors à réfléchir sérieusement à la suite de leur relation. Pour le nouvel an, Chiaki, dont les parents sont partis en voyage à l’étranger, loge chez Kazuma. La sœur de ce dernier, Miki, est également de passage avec Tomoe. En prenant leur bain ensemble, l’adolescent tente maladroitement de cacher la réaction de son bas-ventre mais son petit ami lui fait comprendre qu’il est enfin prêt…

En conclusion

Ce second tome laisse la part belle à la confiance en l’amour et à la réflexion sur la nature des sentiments. Je trouve également que Kurahashi sensei effleure avec justesse les préoccupations adolescentes. Une histoire tendre et pleine de douceur.

Hand wich – Suzuki Tsuta

hand which suzuki tsuta
SUZUKI Tsuta 鈴木ツタ
ISBN: 9782351806685
Taifu comics, 2012
ISBN: 9784812464625 (JP)
Takeshobo, 2006 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Un recueil d’histoires courtes sur le développement du sentiment amoureux.

Suzuki Tsuta sensei offre un recueil de plusieurs romances pour son premier manga publié. Elle se focalise principalement sur le développement des sentiments amoureux. Néanmoins, elle n’approfondit pas le sujet à cause du format très court. Les deux premières histoires s’intéressent à un groupe d’amis dans lequel des couples se forment, mettant en avant les questionnements sur l’attirance. En effet, Udaka et Kuroshima cachent plus ou moins leur homosexualité alors que Takada affirme clairement sa bisexualité. Sawazu va réaliser quant à lui la primauté des sentiments sur le genre. Dans « Un coeur déterminé » puis « Force d’attraction à 10 mètres de distance », développés en deux chapitres, l’auteure alterne les points de vue des protagonistes. Ainsi, elle met en avant des uke plutôt maladroits pour exprimer leurs sentiments. La quatrième histoire se dénote des autres récits, avec une relation plutôt ambiguë mais une excellente surprise au final.

La mangaka a un trait légèrement épuré et anguleux. Elle fait passer les expressions principalement par le travail des regards. Même si ses personnages rougissent facilement, ils dégagent une certaine maturité. Les décors situent l’action. De même, les trames d’ambiance se font discrètes. Suzuki sensei censure les scènes érotiques en jouant sur les angles de vue et les cadrages. Toutefois, les images restent assez suggestives. La postface en manga apporte une touche humoristique. Sous la jaquette, il y a un dessin sexy et au verso du livre, une étiquette amusante qui s’adresse aux lecteurs.

En résumé

Hand which: Lors d’une soirée de beuverie avec ses amis, Sawazu déclame haut et fort qu’il veut devenir gay après s’être fait plaquer par sa petite amie. Le lendemain matin, il se réveille complètement nu aux côtés de son discret ami Udaka…
Shake hand / Bonus: Kuroshima a toujours été le confident d’Udaka. Mais en réalité il est amoureux de lui. Maintenant que son ami sort avec Sawazu, il essaie d’oublier sa jalousie. Un soir, il invite Takada à dîner pour tromper sa peine. Mais son ami ayant deviné son secret, commence à l’aguicher…
Un cœur déterminé / Des paroles précises: Chikuba surprend un salaryman, qui vient de lui acheter un bento avec un air dégouté, en train de donner la viande à un chaton abandonné. Comme Tsuzuki est allergique aux chats, il lui propose alors de s’en occuper et lui offre en échange un autre repas. Mais le salaryman récemment divorcé est très difficile sur les aliments. Le traiteur décide donc de relever le défi de le faire manger.
Je m’en remets à vous: Iwata écrit des livres pour enfants mais passe ses nerfs sur Aono, qui s’occupe des tâches ménagères. Ce dernier, amoureux, commence même à apprécier les coups de l’écrivain…
Force d’attraction à 10 mètres de distance / 8 mètres en ligne droite: Hideaki est envoyé chez son voisin pour récupérer les sous-vêtements de sa mère qui sont tombés. Mais il surprend Kameoka Bunzô en plein ébat avec un homme.

En conclusion

Réalisé à ses débuts, on sent parfois quelques faiblesses dans l’enchaînement des scènes mais le graphisme déjà maîtrisé permet de se plonger sans problème dans ces histoires courtes. On retrouve déjà les bases du style de l’auteure: une pointe de comédie dans des récits dramatiques ou romantiques. Une lecture facile qui nous livre un agréable divertissement.

Flaver – Sachimo

flaver sachimo
Sachimo さちも
ISBN: 9782368775776
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784813031499 (JP)
Taiyohtosho, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Entre enquêtes, magouilles et érotisme, une relation tendue entre deux seme amoraux.

Sachimo sensei offre une romance entre deux seme privilégiés par la vie mais au comportement abject depuis l’adolescence. En effet, ils prennent plaisir à manipuler les gens et, malgré une certaine droiture, sont prêt aux pires vilenies pour passer du bon temps. Comme Shimojô se qualifie de gay dominant sadique, il n’a jamais cédé à son attirance pour Kuze, privilégiant leur rivalité. Leur relation est donc encore tendue et tous deux essaient toujours de rabaisser l’autre. Ce jeu leur permet donc de tromper leur ennui. Pourtant, Kuze semble rechercher une certaine égalité. La majorité de la narration se base sur le point de vue de Shimojô sauf dans un chapitre. L’auteure révèle petit à petit le passé entre les deux hommes ainsi que l’évolution de leur relation. Elle interroge sur l’ambivalence entre la haine et l’amour. Elle installe doucement les sentiments dans le jeu de magouilles des deux protagonistes.

La mangaka a un trait épuré fin et anguleux. Elle dessine des hommes grands finement musclés. Elle alterne constamment entre souvenirs et présents. Toutefois, elle change le code graphique habituel en présentant le présent sur fond noir. De même, les trames de ces passages sont plus sombres. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Par ailleurs, Sachimo sensei sème des indices et des petits détails, guidant les lecteurs vers les révélations. Dans les scènes érotiques, elle censure à peine les parties intimes par de fines bandelettes blanches. En plus, elle offre à chaque chapitre des passages torrides plutôt développés.

En résumé

Shimojô a toujours eu des facilités dans la vie au point de la trouver insipide. Pour tromper son ennui, il aime mépriser les gens et les faire chanter. Bien qu’issu d’une bonne famille, il est alors devenu yakuza. Un soir, en rentrant du travail, il croise un homme agressé par des voyous et le ramène chez lui. Malgré la tenue négligée, il reconnaît rapidement le seul rival qu’il a eu: Kuze. Ce fils de maire l’avait alors battu aux élections du conseil des élèves au lycée. Mais maintenant, il ressemble plus à un « dépravé » prêt à tout pour un peu d’argent. En effet, Kuze le remercie même en nature. Shimojô, refusant d’être passif, propose alors à son ancien rival de devenir son chien…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la seconde place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2018. En effet, le style narratif est vraiment intéressant et permet de maintenir un certain suspense. La joute entre les deux héros les rend moins antipathiques malgré leur sale caractère. Je trouve dommage de ne pas voir en images Kuze en uke, surtout en lisant les remarques de son partenaire. J’apprécie beaucoup leur relation conflictuelle qui pourtant déborde petit à petit de sentiments plus profonds. Une lecture très agréable.

Aisyû – Minase Masara

aisyu minase masara
MINASE Masara 水名瀬雅良
ISBN: 9782351806425
Taifu comics, 2012
ISBN: 9784813053095 (JP)
Taiyohtosho, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

La fuite d’un premier amour douloureux qui ne résout rien.

Minase Masara sensei plonge le lecteur dans une romance légèrement mélancolique. Elle s’intéresse au premier amour non abouti, aux sentiments amoureux à sens unique et donc aux relations déséquilibrées. Elle précise d’ailleurs dans sa postface qu’elle voulait mettre en scène des « garçons arrogants qui tombent sous l’influence de garçons passifs ». Justement, l’égoïste Aragaki qui n’hésite pas à user du chantage pour obtenir ce qu’il désire, s’avère en fait complètement dépendant de Kaoru. Le consentement entre eux paraît trouble, l’étudiant cédant facilement aux ordres de son ami. Pourtant, ils vont évoluer petit à petit et faire des efforts en discutant, guidé par le manager Koshiba. L’auteure oriente la narration du point de vue de Haneji. Elle met en avant la souffrance d’un amour non partagé. Elle reprend ce même thème dans « Dernières lueurs d’été » qui complète ce tome.

La mangaka a un trait épuré et léché, avec une petite touche de style shôjo. Elle dessine des personnages élancés, au visage plutôt long. Elle porte attention aux regards et aux petits gestes. De même, les trames d’ambiance viennent renforcer les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. Par contre, comme Minase sensei ne représente que les ombres fortes, le rendu des pages, bien que dynamique, conserve un aspect simplement dessiné. Par ailleurs, elle ne montre pas les parties intimes dans les scènes érotiques, jouant sur les cadrages. Ces passages sont en plus succincts mais transmettent tout de même assez d’émotions.

En résumé

Aisyû / Happy birthday: Au lycée, Haneji Kaoru entretenait une relation sex friend avec son ami Aragaki Jin. Mais en réalité, il était amoureux de lui. En plus, Jin, mannequin, couchait également avec les femmes qui lui montraient de l’intérêt. En entrant à l’université, Kaoru a coupé tout contact avec son ami en espérant oublier ce premier amour. Mais deux ans, après, Aragaki, devenu un acteur célèbre, vient le chercher à la sortie de son petit boulot pour demander des explications. L’étudiant cède alors au baiser de Jin, ses sentiments étant encore présents.
Dernières lueurs d’été: Rikuto, secrètement amoureux de son tuteur Hibiki, a pris de la distance avec lui depuis qu’il est entré à l’université. Mais ses sentiments persistent…

En conclusion

Minase Masara sensei excelle dans les romances où le déséquilibre de la relation s’inverse. Ici, c’est un plaisir de voir Jin torturé par l’amour tout en ne le comprenant pas. Je préviens tout de même que le comportement de certains personnages pourrait choquer la sensibilité de certains lecteurs. Pour ma part, j’aime beaucoup le jeu d’inversion quand un uke trop passif se rebelle enfin. Une lecture agréable et divertissante.

Rends-moi beau! – Sachimo

rends moi beau sachimo
Sachimo さちも
ISBN: 9782368776681
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784041067239 (JP)
Kadokawa, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Et si l’amour rendait beau?

Sachimo sensei s’intéresse à la différence d’âge dans cette romance entre un agent d’entretien et un lycéen. Elle explique leur isolement en dévoilant leur passé. Ainsi, Sugimura, gay, se méfie des gens suite à une tromperie qui l’a pénalement condamné. Dai, quant à lui, a pris l’habitude d’être seul depuis l’enfance. Les deux héros cachent leur beauté pour passer inaperçu. L’auteure donne d’abord le point de vue de Hara qui découvre le sentiment amoureux, puis s’attarde sur Manabu. Ainsi, elle met en avant l’évolution de ces deux cœurs solitaires. Elle aborde également la pression et le jugement du regard extérieur, l’isolement qui poursuit ancien condamné, la beauté intérieure qui ne s’apprécie qu’en découvrant la personnalité de quelqu’un. Le lycéen conserve un côté innocent qui le rend attendrissant. Malgré les doutes sur l’avenir et le manque de confiance, le couple réfléchit calmement à leur bonheur.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle épaissit parfois les contours. Dans les passages humoristiques, elle simplifie son trait à l’extrême. Par exemple, comme Dai rougit facilement, il a souvent de grandes hachures qui lui recouvrent la moitié du visage. Par contre, les trames d’ambiance sont discrètes. Les décors sont aussi souvent réduits à l’essentiel. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Sachimo sensei alterne entre censure des parties intimes en ne les dessinant pas ou au contraire, des organes sexuels assez détaillés.

En résumé

Hara Dai aime la solitude et pour avoir la paix, il décide de jouer les délinquants en entrant au lycée. Par ailleurs, il a trouvé un coin tranquille dans le jardin du lycée où il aime passer du temps sous un arbre. Mais un jour, il y trouve Sugimura Manabu (39 ans), un agent d’entretien de l’établissement aussi solitaire et taciturne que lui. L’ouvrier tolère sa présence à condition qu’il ne lui parle pas. Mais à jouer les terreurs, Dai s’attire les foudres d’un gang du lycée. Alors que les voyous essayaient de l’humilier, le bas-ventre du lycéen finit par réagir. Sugimura, qui a surpris la scène, trouve alors des paroles réconfortantes. Intrigué par l’agent technique, Hara essaie de sympathiser avec lui mais les collègues de Manabu l’avertissent que ce dernier a un casier judiciaire. Pourtant, le lycéen refuse de le juger sans explication. Plus tard, le chef des voyous l’agresse sexuellement…

En conclusion

Une histoire mignonne avec pourtant un background plutôt lourd. La relation entre Dai et Sugimura paraît pure et innocente. En effet, l’adulte a bien conscience de leur situation mais leurs sentiments l’emportent. La beauté intérieure et extérieure apparait ici comme influencée par l’amour. J’aime beaucoup ce récit même si il peut paraître sans saveur et peu approfondi. Je trouve que l’auteure a tout de même réussi à insuffler assez de matière pour un one-shot.

Endless sound – cielo

endless sound cielo
cielo
ISBN: 9782368775981
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784801957664 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

« Quand la musique exprime ce qui ne peut être dit avec des mots. »

Cielo sensei narre la romance entre deux lycéens passionnés de musique techno. Malgré des profils de personnages soigneusement réfléchis, le format court empêche de les exploiter pleinement. L’univers musical n’est qu’un prétexte pour créer un lien entre les deux héros. Tandis que Sanjô était un tombeur hétérosexuel mais ouvert, il va découvrir le véritable amour avec Ikarashi. Sa vision du sexe change radicalement. Le seme inexpérimenté avec les hommes communique sans honte avec son uke habitué. Alors que la relation consentie débute en tant que sex friend, les sentiments viennent vite s’en mêler. En introduisant DJ Julian, l’auteure permet d’ajouter quelques tensions et précipiter les évènements. Elle traite avec humour la relation à distance dans une histoire bonus. Elle complète ce volume avec un court récit aux thèmes intéressants comme le sado-masochisme, la prostitution, la solitude, le manque d’amour mais le format court empêche d’approfondir l’évolution des sentiments.

La mangaka a un trait plutôt léché, dans un style graphique assez classique rappelant certains shôjo. Elle n’hésite pas à simplifier ses traits pour les passages humoristiques et à transformer ses personnages en super deformed. En outre, les héros rougissent facilement. Les trames d’ambiance variées alternent avec les décors. Par ailleurs, la mise en page est dynamique. En fin de chapitre, une vignette conclut graphiquement le récit. Sous la jaquette, des fiches personnages les présentent en détails. Les scènes érotiques paraissent un peu brouillon, les parties intimes étant intégralement hachurées. En plus, les cadrages permettent d’en montrer moins.

En résumé

Endless sound / After story Promesse éternelle / Allô? Chuuut!: Sanjô (18 ans) adore la musique techno. Comme ses amis sont peu intéressés, il décide d’aller seul au concert de DJ Imai. Dans la classe, Ikarashi Minami (20 ans) qui a toujours des écouteurs sur les oreilles, préfère rester seul dans son coin. Sanjô n’ose donc pas l’aborder, mais quand il le croise au game center à la borne du jeu vidéo musical qu’il adore, il lui propose de venir au concert avec lui. La remarque d’Ikarashi lui rappelant que le club est interdit aux mineurs le vexe. Néanmoins, Sanjô réussit tout de même à s’infiltrer dans la boîte de nuit. Quand la musique de DJ Minami lui procure un effet excitant, quelle n’est pas sa surprise de découvrir son camarade de classe aux platines. Au bar, Ikarashi l’empêche alors de boire une bière mais ne supportant pas l’alcool, il s’effondre. Le responsable du club, Higa (38 ans) demande au lycéen de le ramener chez lui. En partant, Minami l’embrasse. Mais pourquoi rougit-il?
Interdiction d’aimer ce chat abandonné: Yamada Daisuke (40 ans) a hérité d’un immeuble de sa tante qui l’a élevé. Un jour débarque Kawachi Ayumu (22 ans) qui serait de la famille éloignée. Mais le jeune homme orphelin est arrivé trop tard pour voir la tante. Yamada lui propose alors un logement. Mais depuis, les voisins, en particulier l’étudiant Nakamura (20 ans), ne cessent de se plaindre du bruit. Venu voir, il surprend Ayumu avec deux hommes qui le violentent…

En conclusion

Ce recueil a obtenu la onzième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2018. Il a beaucoup de potentiel, abordant des thèmes intéressants. J’ai même trouvé « Interdiction d’aimer ce chat abandonné » plus accrocheur. Malheureusement, le traitement reste un peu léger: par exemple, Minami, réservé au premier abord, communique plus facilement grâce à la musique. Mais cela n’est pas clairement mis en avant. Néanmoins, la beauté du graphisme nous fait oublier son manque d’originalité. On passe tout de même un excellent moment à la lecture de ce manga. Et il est agréable de voir un uke entreprenant pour les parties de jambes en l’air.

Hide and seek 3 – Sakuragi Yaya

hide and seek 3 sakuragi yaya
SAKURAGI Yaya 桜城やや
ISBN: 9782351809358
Taifu comics, 2015
ISBN: 9784041211328 (JP)
Kadokawa, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Je ne peux pas passer mon temps à rêver. Je veux aussi avoir un avenir avec toi. »

Sakuragi Yaya sensei s’intéresse toujours à la stabilisation d’une relation. Après l’évolution des sentiments, elle s’attarde sur l’avenir et l’engagement. Ainsi, elle aborde la difficulté à gérer le lourd passé de son partenaire et la peur de reproduire l’échec du mariage. Les deux hommes qui discutent plus facilement cherchent à s’harmoniser sur les besoins de l’autre en faisant des concessions mutuelles. En participant à la narration, Chisuzu apporte une touche d’humour avec son regard enfantin sur son père et le médecin. D’ailleurs, l’auteure dévoile un peu plus le passé de Tanihara ainsi que la situation particulière de la fillette. Elle questionne aussi sur la famille et le rôle du père. Indirectement, elle met en avant la disparition des petits bazars avec la baisse de natalité et les modes de consommations différents. L’histoire bonus donne une anecdote amusante sur les fantasmes de cosplay de Shûji.

Malgré un trait épuré et anguleux, la mangaka dessine des pommes d’Adam bien saillantes et des hommes aux visages masculins. Par ailleurs, elle varie beaucoup les expressions faciales, en particulier Tanihara qui affiche différentes moues adorables. Les décors sont détaillés. Par exemple, l’ambiance du bazar paraît presque authentique et nostalgique. Les trames d’ambiance transcrivent les émotions. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Sakuragi sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Comme dans le tome précédent, elle présente deux illustrations des héros au dos de la couverture. Par contre, ici, les dessins donnent une anecdote amusante du recto, avec un échange de tenue rappelant le cosplay du chapitre bonus.

En résumé

Tanihara Shûji et Saji Takafumi deviennent de plus en plus intimes. Toutefois, le gérant du bazar n’aime pas être câliné après l’amour. Le médecin essaie alors de savoir ce qui le gêne. Mais son amant finit par fuir suite à une remarque. Lors d’une visite de Ryômei à la boutique, Tanihara réalise au fil de leur discussion, qu’il doit simplement faire des efforts pour s’habituer à sa nouvelle situation, tout comme il réfléchit constamment à des solutions pour maintenir sa boutique à flot suite à la baisse des ventes de magazines et de cigarettes. Il décide donc de montrer un peu plus ses concessions à son partenaire qui accepte volontiers d’aller à son rythme…

En conclusion

La conclusion de cette romance adulte me transporte de bonheur. En effet, bien que les thèmes abordés concernent l’installation d’un couple gay, les solutions proposées peuvent s’appliquer à tout le monde en réalité. Car l’auteure se focalise principalement sur la construction du bonheur et sur l’harmonie du couple et de la famille qui peut ainsi surmonter toutes les épreuves extérieures. Une note positive et agréable.

Hide and seek 2 – Sakuragi Yaya

hide and seek 2 sakuragi yaya
SAKUTAGI Yaya 桜城やや
ISBN: 9782351809334
Taifu comics, 2015
ISBN: 9784041207222 (JP)
Kadokawa, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Je me sens comme une veuve qui se fait draguer… »

Sakuragi Yaya sensei dévoile le passé de Saji. Comparé au tome précédent, elle développe un peu plus la psychologie de ses personnages. Ainsi, le pédiatre se révèle plutôt peu sûr de lui derrière sa franchise, marqué par des échecs répétés. En effet, il essaie de retenir son amour étouffant. Tanihara réalise que ses sentiments pour le médecin évoluent mais a peur de s’attacher. En introduisant le profiteur Yukihisa, l’auteure bouscule un peu le couple et l’oblige à se confronter à leurs véritables désirs. Elle s’intéresse aux doutes et aux hésitations qui naissent lorsqu’une relation devient sérieuse. De même, elle met en avant les efforts fournis mutuellement pour maintenir un équilibre dans une relation. La narration alterne entre les deux héros, partageant ainsi leurs réflexions profondes. Le manque de franchise envers soi-même ne compense pas les discussions entre amoureux.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle dessine des nez et des mentons pointus et longs qui donnent un profil très découpé. De même, elle travaille beaucoup les regards, offrant une variété d’expressions. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors, plutôt détaillés, s’estompent pour ne pas surcharger la case. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Sakuragi sensei censure les parties intimes en jouant sur les angles de vue ou en les cachant avec des trames. De même, elle ne les détaille pas. Les illustrations en début de chapitre sont en lien avec le récit sans pour autant en dévoiler trop. Les illustrations couleurs sont magnifiques et dégagent de la sensualité. En particulier, au dos de la jaquette, les deux héros semblent très complices dans une activité commune.

En résumé

Depuis que Tanihara Shûji a vu Saji Takafumi embrasser un autre homme, il s’interroge sur leur relation. D’autant plus que le pédiatre passe à la boutique pour offrir un cadeau à Chisuzu et le prévenir qu’ils ne se verront plus pendant un certain temps. Au supermarché, le commerçant croise par hasard celui qu’il soupçonne être l’amant du médecin et se retrouve même à le raccompagner à la clinique en partageant un parapluie. Quand Saji arrive, Tanihara, se sentant mal à l’aise face à leur complicité apparente, décide de rentrer. Mais le pédiatre le raccompagne et tente de s’expliquer: Sudô Yukihisa est un collègue qui s’est installé temporairement chez lui et qui l’entraine souvent dans ses problèmes. Arrivé devant chez lui, Tanihara embrasse alors Saji avant de rentrer, confus de son propre comportement.

En conclusion

Cette romance adulte aborde avec réalisme la distinction entre sentiment et sexe. Le couple est attendrissant car tout à fait conscient et respectueux des attentes de l’autre. Les voir chercher le bonheur en s’adaptant, quitte à avoir une relation bancale, est rafraichissant. J’aime beaucoup l’évolution du couple qui se pose les bonnes questions. Un titre sans prétention au premier abord mais qui parle d’amour avec simplicité.