Le théâtre des fleurs 5 – Natsume Isaku

le theatre des fleurs 5 natsume isaku
NATSUME Isaku 夏目イサク
ISBN: 9782375062982
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784403667145 (JP)
Shinshokan, 2020 (JP)
Titre orignal: 花恋つらね5
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

Gensuke se retrouve pour la première fois face à un mur.

Natsume Isaku sensei s’intéresse à Gensuke qui n’arrive pas à cerner ce qui manque à son jeu. Elle met en évidence les sentiments complexes qui apparaissent lorsqu’un écart de niveau se creuse, que le doute s’installe jusqu’à en déprimer. De même, elle montre l’impuissance de l’entourage pour le soutenir. En effet, l’acteur se retrouve face à ses propres limites et ne peut que se surpasser. Ainsi, l’auteure s’intéresse à l’endurance et au mental des acteurs, à la pression qu’ils subissent constamment. Comme dans le tome précédent, elle continue à présenter les spécificités du kabuki comme le style de jeu, les préparatifs en coulisses, certains classiques. Elle dévoile un peu le passé de Kikuemon et Arai Juichirô, à travers le regard de Kumonosuke. D’ailleurs, son ancienne rivalité se répercute un peu sur la jeune génération. Les histoires bonus donnent des anecdotes amusantes sur l’état d’esprit du couple après leur première fois.

La mangaka a un trait épuré et léché. Elle lui donne du relief avec des pleins et déliés. De même, elle le simplifie dans les passages humoristiques. L’exagération des expressions et les personnages en SD apportent un côté mignon supplémentaire. La mise en page accompagne le regard et rythme la lecture. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors, présents sur les plans larges, sont soignés. D’ailleurs, Natsume sensei travaille également avec précision les costumes et les maquillages particuliers du kabuki. Dans les scènes érotiques, elle ne détaille pas les parties intimes. Pour introduire ses chapitres, elle dessine des illustrations représentant le quotidien des héros, au théâtre ou à la maison.

En résumé

Le grand acteur de kabuki Takamura Kumonosuke rend visite aux jeunes artistes pendant leur répétition. En réalité, Matsukawa Kikuemon lui a demandé de surveiller secrètement le bon développement du jeu d’Arai Gensuke. L’acteur, qui se montre déjà sévère avec tout le monde, juge alors durement le jeu de Shûgo. D’abord choqué et peu habitué à des critiques cinglantes, le jeune talent lui demande alors des détails. Le vétéran l’invite donc à un cours mais ne lui donne pas de réels conseils d’amélioration ou de travail. Alors pour se remonter le moral, Gensuke se confie auprès de son petit ami, Matsukawa Sôgorô. Les deux amoureux arrivent ensuite à se motiver pour doubler d’efforts.

En conclusion

Cette série va vous faire adorer le kabuki. L’univers est tellement bien transcrit que la romance, pourtant bien développée et présente, semble passer au second plan. Avec son merveilleux dosage entre petit drame et humour, l’auteure nous éblouit et nous fait vibrer à chaque chapitre. En plus, le couple s’épanouit dans le consentement et la bienveillance. Du pur bonheur! Mais je crois que je me répète…

Anti romance 1 – Hidaka Shoko

anti romance 1 hidaka shoko
HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782382760369
Hana, 2021
ISBN:‎ 9784344846258 (JP)
Gentosha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Pourquoi démêler ses sentiments quand la situation actuelle convient?

Hidaka Shoko sensei revisite le classique thème de la romance entre amis d’enfance avec son style narratif réaliste et incisif. Elle alterne entre passé et présent, révélant au fil des chapitres, l’étrange lien tacite qui s’installe entre les deux héros. L’intervention de leur entourage, en particulier de Towada Atsushi (32 ans) et de Sakuma (35 ans), va bousculer le fragile équilibre qu’ils préservaient farouchement. Ryô réalise rapidement ses sentiments mais préfère les taire face à son ami fuyant. En revanche, Suô reste dans le déni malgré sa jalousie évidente. Ainsi, les sentiments deviennent presque palpables. L’auteure s’intéresse donc à la différence ténue entre amour et amitié et à la peur du changement. Elle alterne la narration entre Kakitani et Hiroki, partageant ainsi leurs points de vue. Elle installe doucement une tension entre eux, décortiquant leur malaise et pourtant le besoin presque vital d’être ensemble.

Le trait épuré et discontinu de la mangaka adoucit les angles. Elle donne un peu de volume avec des contours parfois épais. Elle distingue les flash-back marqués par l’habituel fond noir, des souvenirs qui sont introduits par diverses méthodes plus subtiles, comme par exemple un regard dans le vide, des trames vaporeuses. D’ailleurs, les trames d’ambiance se font discrètes tandis que les autres trames ont une dominante claire. De même, les décors apparaissent dans les plans larges. La mise en page très dynamique rythme la lecture. Hidaka sensei joue beaucoup sur les emboitements de case, les disparitions de cadres, les ellipses. En fin de chapitre, elle donne des renseignements complémentaires sur les personnages. Un livret proposé en supplément permet d’admirer les magnifiques illustrations couleurs de l’artiste.

En résumé

Kakitani Ryô (24 ans) vit depuis déjà 6 ans, en colocation avec son ami d’enfance. Il travaille comme rédacteur dans une petite entreprise tandis que Suô Hiroki (24 ans) est devenu coiffeur pour reprendre un jour le salon de sa mère. Leur entourage se pose des questions sur leur relation, les deux hommes étant inséparables. Pourtant, tous deux cachent au plus profond de leur cœur des sentiments qui commencent petit à petit à s’éveiller…

En conclusion

Ce tome a obtenu la onzième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2021. Comme d’habitude, Hidaka sensei prend son temps. Mais ce n’est pas pour me déplaire. Je craque pour tous les protagonistes, avec chacun des caractères qui se dévoilent au fur et à mesure. J’adore le style graphique de l’auteure ainsi que sa manière de développer ses scénarios. Vous l’aurez compris, c’est encore un énorme coup de cœur pour ce titre.

Black or white 5 – Sachimo

black or white 5 sachimo
Sachimo さちも
ISBN: 9782382760239
Hana, 2021
ISBN: 9784041098028 (JP)
Kadokawa, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Tu n’es pas un prince, Shige. »

Sachimo sensei inverse petit à petit le rapport de force dans le couple. Elle dépeint les diverses émotions que ressentent les personnages, durant une absence, un doute. Par exemple, Tatara, n’étant pas homosexuel, s’interroge de plus en plus sur ses sentiments envers Washimiya. Les managers et les confidents apportent à la fois un soutien psychologique et un soutien logistique. Par ailleurs, l’auteure montre la pression que subissent les célébrités dans leur quotidien. Elle aborde les petits gestes qui peuvent être mal interprétés, le comportement de certains fans, les risques de l’exposition publique malgré des déguisements. Elle s’intéresse également à la perte de personnalité à force de jouer des rôles différents. Ainsi, Hanasaki qui était idole, gère plus facilement les groupies intrusives contrairement aux acteurs. De même, Tatara et Shin frisent la paranoïa. L’histoire bonus offre un moment à la fois torride et mignon du couple.

La mangaka simplifie à l’extrême son trait fin et épuré dans les passages humoristiques. Elle dessine des corps finement musclés et des SD tous mignons. Par exemple, les super deformed de la postface sont à croquer. Ils sont d’ailleurs plus petits que dans le tome précédent. Les trames d’ambiance appuient les émotions tandis que les décors situent surtout l’action. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Sachimo sensei censure les parties intimes par des caches blancs. Pourtant, une sensualité se dégage encore des images.

En résumé

Ôsawa Shige commence à perdre confiance en lui, son nouveau rôle étant très éloigné de ce qu’il joue d’habitude. Il redoute que l’on découvre son manque de talent. Mais Washimiya Shin lui propose de répéter ensemble, comme lorsqu’ils étaient au lycée. En endossant le rôle de Tatara pour l’aider, il comprend alors que son petit ami n’arrive plus à se montrer tel qu’il est, à force de se cacher sous son masque de prince. En lui citant tous ses défauts, il arrive ainsi à remotiver Shige. Ensuite, les deux amoureux profitent de leur dernière nuit ensemble, devant se séparer longuement pour leur tournage. Le lendemain, le jeu de Ôsawa fait sensation auprès de ses collègues. De son côté, Shin demande à Hanasaki d’arrêter d’être trop tactile avec lui en public, ayant peur d’être pris pour des homosexuels…

En conclusion

L’auteure prend son temps pour faire évoluer ses personnages donnant une touche très réaliste. En parallèle, elle dénonce indirectement la pression que le métier d’acteur entraîne. Ce couple est tellement adorable que j’ai envie de le protéger. Comme suggéré dans la postface de l’auteure, j’avoue que j’aimerais bien découvrir les couples Tatara et Hanasaki ou les deux managers. Ce serait explosifs.

Twilight outfocus overlap – Jyanome

twilight outfocus overlap jyanome
Jyanome じゃのめ
ISBN: 9782382760529
Hana, 2021
ISBN: 9784065206034 (JP)
Kodansha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Le BL c’est une question d’amour! »

Jyanome sensei propose des petites tranches de vie à la suite de Twilight outfocus. Elle alterne la narration entre Mao et Hisashi. Elle développe la relation du jeune couple qui s’épanouit, discute et teste. Ainsi, leur lien presque fusionnel permet de découvrir de nouvelles facettes. Hisashi s’ouvre de plus en plus aux autres tandis que Mao essaie de prendre maladroitement des initiatives. Par ailleurs, l’auteure aborde encore la vie du club de cinéma, entre concours, réception différente des projets par le public extérieur, les doutes provoqués par les commentaires. De même, elle met en avant les différentes interrogations du couple sur l’avenir, le coming out auprès des proches. L’histoire bonus présente l’enregistrement du drama CD. De même, un petit prologue introduit le spin-off concernant Ichikawa.

La mangaka mêle les traits anguleux et les courbes voluptueuses. Elle dédouble parfois les contours, donnant du relief à la finesse du trait épuré. Ainsi, elle découpe bien les profils, avec des lèvres pulpeuses. Les trames d’ambiance sont plutôt en fond. Les décors, présents, apportent une touche réaliste. La mise en page dynamique offre quelques enchainements de cases avec un découpage cinématographique. De même, Jyanome sensei détaille les regards et les petits gestes. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par des formes tramées, donnant peu de détails. En arrière plan, deux peluches apportent une touche humoristique. Sous la jaquette, il y a des fiches sur les personnages principaux.

En résumé

Malgré l’insistance d’Ichikawa Giichi, Ôtomo Hisashi décide de rejoindre le club de théâtre. Depuis que le tournage est terminé, Tsuchida Mao rentre plus tôt, le film du club étant encore en post-production. Il aime discuter de sa journée dans les bras de son bien-aimé. Les deux garçons s’encouragent et se motivent mutuellement. Mais dès qu’ils sont trop collés l’un contre l’autre, ils ne résistent plus à leur désir…

En conclusion

Ce tome est beaucoup plus érotique que le premier, pour notre plus grand plaisir. Avec toujours autant de délicatesse et de tendresse, Jyanome sensei met en avant la confiance en l’amour. C’est un réel plaisir de pouvoir continuer les aventures de Mao et Hisashi!

Notre paradis – Uehara Ari

notre paradis uehara ari
UEHARA Ari 上原あり
ISBN: 9782375062920
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784801959408 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Deux hommes dépendants à la recherche d’un nouveau paradis.

Uehara Ari sensei nous présente une étrange cohabitation entre deux jeunes hommes qui dépendent des autres et se laissent vivre. Elle aborde avec une certaine pudeur la peur de la solitude, le corps comme objet de consommation ainsi que la prostitution. Nos deux héros ont une vision différente du bonheur amoureux: l’otaku développe une dépendance affective tandis que le gigolo évite de s’attacher pour profiter surtout de la tendresse qu’il reçoit. L’auteure maintient le suspense en ne montrant pas le visage de Nahoko. En tardant à nommer ses deux héros, elle montre en parallèle l’évolution de leur relation. De même, elle révèle au compte-gouttes des brides de leur passé, plutôt sombre. La narration alterne entre les deux hommes et revêt un style particulier, en partageant leur dialogue intérieur avec leur hôtesse. En plus, le destin offre des connexions surprenantes, renforçant l’effet de limite à leur petit paradis.

La mangaka a un trait fin et épuré. Même si son style un peu shôjo ne se démarque pas, il dégage beaucoup de douceur. Les trames d’ambiance renforcent principalement les émotions. Le reste des trames est équilibré. Par contre, les décors sont détaillés et très présents, ajoutant une touche réaliste. La mise en page est dynamique. Uehara sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessine même en détail les coupes intérieures. Pourtant, la sensualité domine. Sous la jaquette, un dessin mignon est en lien avec le chapitre bonus final.

En résumé

Dans un cybercafé, un otaku (25 ans) est dérangé par les gémissements d’un couple en pleins ébats dans le box voisin. Excité par leurs voix, il finit même par se masturber. Mais le gigolo (22 ans) qui a fini son affaire l’interrompt. Il entame alors la conversation en remarquant un tatouage de papillon au bas du dos du solitaire, puis lui montre fièrement son tatouage d’un quetzal dans le dos. Depuis, les deux hommes logent chez la généreuse Nahoko qui les entretient en échange de quelques câlins. Ils se chamaillent souvent à cause de leur caractère opposé. Pourtant, un jour, alors que le gigolo taquinait l’otaku qui avait reçu les faveurs de leur hôtesse, ce dernier réagit à ses caresses…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la seizième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2018. Dur de parler du titre sans nommer les personnages! Mais j’ai voulu respecter le choix de l’auteure, car cela a de l’importance dans le déroulé de l’histoire. Un petit coup de cœur pour ce titre mais beaucoup d’attachement. Je suis subjuguée par le style narratif qu’a adopté Uehara sensei pour approfondir la personnalité des personnages, chapitre par chapitre, en révélant beaucoup avec peu. Toutefois, cela pourra désorienter certains lecteurs. En plus, l’effet se perd lors des relectures. De même, vu le contexte du récit, le consentement n’est pas forcément au rendez-vous mais cela correspond (malheureusement) au caractère des protagonistes.

Let’s be together 2 – Kurahashi Tomo

let s be together 2 kurahashi tomo
KURAHASHI Tomo 倉橋トモ
ISBN: 9782375062937
Taifu comics, 2021
ISBN:‎ 9784801967489 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

Après les premiers émois, la réalité rattrape le jeune couple.

Kurahashi Tomo sensei continue de développer l’évolution de la relation entre Chiaki et Kazuma qui s’engagent petit à petit vers l’âge adulte. Elle s’intéresse également à leur première fois, à leurs interrogations. Elle offre une relation qui s’épanouit dans la discussion et le respect du partenaire. La narration donne principalement le point de vue de Kazuma. Les deux amis avancent à leur rythme, avec parfois quelques tensions. Ils prennent vite conscience de la pression sociale, de l’attente des parents et du poids des secrets. Ainsi, Chiaki ressent de la culpabilité tandis que Kazuma préfère fuir. En plus, ils arrivent dans la période des choix d’avenir, tiraillés entre incertitude et rêve. Par ailleurs, l’auteure montre comment le couple mûrit grâce à quelques soutiens compréhensifs. Elle développe suffisamment les personnages secondaires comme la perspicace Honjô ou le gay assumé Kanda pour déclencher l’attachement des lecteurs.

La mangaka a un trait fin et épuré. Elle dédouble parfois les contours, apportant un peu de relief fort agréable. Comme dans le tome précédent, les trames claires dominent. De même, les trames d’ambiance sont discrètes. Les décors apparaissent sur les plans larges. Par contre, la mise en page dynamique offre des respirations bien venues après l’intensité de certains passages. D’autant plus que Kurahashi sensei ne censure pas les scènes érotiques, très sensuelles.

En résumé

Bien qu’ils sortent ensemble depuis plusieurs mois, la relation entre Chiaki et Kazuma n’a pas beaucoup évolué. Ils continuent à se fréquenter comme avant et seuls les petites attentions et les cadeaux mutuels marquent discrètement leur amour. Au restaurant, pendant que Chiaki va aux toilettes, Kazuma découvre par inadvertance un site de vidéos érotiques gay sur le smartphone de son petit ami. Il se met alors à réfléchir sérieusement à la suite de leur relation. Pour le nouvel an, Chiaki, dont les parents sont partis en voyage à l’étranger, loge chez Kazuma. La sœur de ce dernier, Miki, est également de passage avec Tomoe. En prenant leur bain ensemble, l’adolescent tente maladroitement de cacher la réaction de son bas-ventre mais son petit ami lui fait comprendre qu’il est enfin prêt…

En conclusion

Ce second tome laisse la part belle à la confiance en l’amour et à la réflexion sur la nature des sentiments. Je trouve également que Kurahashi sensei effleure avec justesse les préoccupations adolescentes. Une histoire tendre et pleine de douceur.

Hand wich – Suzuki Tsuta

hand which suzuki tsuta
SUZUKI Tsuta 鈴木ツタ
ISBN: 9782351806685
Taifu comics, 2012
ISBN: 9784812464625 (JP)
Takeshobo, 2006 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Un recueil d’histoires courtes sur le développement du sentiment amoureux.

Suzuki Tsuta sensei offre un recueil de plusieurs romances pour son premier manga publié. Elle se focalise principalement sur le développement des sentiments amoureux. Néanmoins, elle n’approfondit pas le sujet à cause du format très court. Les deux premières histoires s’intéressent à un groupe d’amis dans lequel des couples se forment, mettant en avant les questionnements sur l’attirance. En effet, Udaka et Kuroshima cachent plus ou moins leur homosexualité alors que Takada affirme clairement sa bisexualité. Sawazu va réaliser quant à lui la primauté des sentiments sur le genre. Dans « Un coeur déterminé » puis « Force d’attraction à 10 mètres de distance », développés en deux chapitres, l’auteure alterne les points de vue des protagonistes. Ainsi, elle met en avant des uke plutôt maladroits pour exprimer leurs sentiments. La quatrième histoire se dénote des autres récits, avec une relation plutôt ambiguë mais une excellente surprise au final.

La mangaka a un trait légèrement épuré et anguleux. Elle fait passer les expressions principalement par le travail des regards. Même si ses personnages rougissent facilement, ils dégagent une certaine maturité. Les décors situent l’action. De même, les trames d’ambiance se font discrètes. Suzuki sensei censure les scènes érotiques en jouant sur les angles de vue et les cadrages. Toutefois, les images restent assez suggestives. La postface en manga apporte une touche humoristique. Sous la jaquette, il y a un dessin sexy et au verso du livre, une étiquette amusante qui s’adresse aux lecteurs.

En résumé

Hand which: Lors d’une soirée de beuverie avec ses amis, Sawazu déclame haut et fort qu’il veut devenir gay après s’être fait plaquer par sa petite amie. Le lendemain matin, il se réveille complètement nu aux côtés de son discret ami Udaka…
Shake hand / Bonus: Kuroshima a toujours été le confident d’Udaka. Mais en réalité il est amoureux de lui. Maintenant que son ami sort avec Sawazu, il essaie d’oublier sa jalousie. Un soir, il invite Takada à dîner pour tromper sa peine. Mais son ami ayant deviné son secret, commence à l’aguicher…
Un cœur déterminé / Des paroles précises: Chikuba surprend un salaryman, qui vient de lui acheter un bento avec un air dégouté, en train de donner la viande à un chaton abandonné. Comme Tsuzuki est allergique aux chats, il lui propose alors de s’en occuper et lui offre en échange un autre repas. Mais le salaryman récemment divorcé est très difficile sur les aliments. Le traiteur décide donc de relever le défi de le faire manger.
Je m’en remets à vous: Iwata écrit des livres pour enfants mais passe ses nerfs sur Aono, qui s’occupe des tâches ménagères. Ce dernier, amoureux, commence même à apprécier les coups de l’écrivain…
Force d’attraction à 10 mètres de distance / 8 mètres en ligne droite: Hideaki est envoyé chez son voisin pour récupérer les sous-vêtements de sa mère qui sont tombés. Mais il surprend Kameoka Bunzô en plein ébat avec un homme.

En conclusion

Réalisé à ses débuts, on sent parfois quelques faiblesses dans l’enchaînement des scènes mais le graphisme déjà maîtrisé permet de se plonger sans problème dans ces histoires courtes. On retrouve déjà les bases du style de l’auteure: une pointe de comédie dans des récits dramatiques ou romantiques. Une lecture facile qui nous livre un agréable divertissement.

Flaver – Sachimo

flaver sachimo
Sachimo さちも
ISBN: 9782368775776
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784813031499 (JP)
Taiyohtosho, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Entre enquêtes, magouilles et érotisme, une relation tendue entre deux seme amoraux.

Sachimo sensei offre une romance entre deux seme privilégiés par la vie mais au comportement abject depuis l’adolescence. En effet, ils prennent plaisir à manipuler les gens et, malgré une certaine droiture, sont prêt aux pires vilenies pour passer du bon temps. Comme Shimojô se qualifie de gay dominant sadique, il n’a jamais cédé à son attirance pour Kuze, privilégiant leur rivalité. Leur relation est donc encore tendue et tous deux essaient toujours de rabaisser l’autre. Ce jeu leur permet donc de tromper leur ennui. Pourtant, Kuze semble rechercher une certaine égalité. La majorité de la narration se base sur le point de vue de Shimojô sauf dans un chapitre. L’auteure révèle petit à petit le passé entre les deux hommes ainsi que l’évolution de leur relation. Elle interroge sur l’ambivalence entre la haine et l’amour. Elle installe doucement les sentiments dans le jeu de magouilles des deux protagonistes.

La mangaka a un trait épuré fin et anguleux. Elle dessine des hommes grands finement musclés. Elle alterne constamment entre souvenirs et présents. Toutefois, elle change le code graphique habituel en présentant le présent sur fond noir. De même, les trames de ces passages sont plus sombres. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Par ailleurs, Sachimo sensei sème des indices et des petits détails, guidant les lecteurs vers les révélations. Dans les scènes érotiques, elle censure à peine les parties intimes par de fines bandelettes blanches. En plus, elle offre à chaque chapitre des passages torrides plutôt développés.

En résumé

Shimojô a toujours eu des facilités dans la vie au point de la trouver insipide. Pour tromper son ennui, il aime mépriser les gens et les faire chanter. Bien qu’issu d’une bonne famille, il est alors devenu yakuza. Un soir, en rentrant du travail, il croise un homme agressé par des voyous et le ramène chez lui. Malgré la tenue négligée, il reconnaît rapidement le seul rival qu’il a eu: Kuze. Ce fils de maire l’avait alors battu aux élections du conseil des élèves au lycée. Mais maintenant, il ressemble plus à un « dépravé » prêt à tout pour un peu d’argent. En effet, Kuze le remercie même en nature. Shimojô, refusant d’être passif, propose alors à son ancien rival de devenir son chien…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la seconde place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2018. En effet, le style narratif est vraiment intéressant et permet de maintenir un certain suspense. La joute entre les deux héros les rend moins antipathiques malgré leur sale caractère. Je trouve dommage de ne pas voir en images Kuze en uke, surtout en lisant les remarques de son partenaire. J’apprécie beaucoup leur relation conflictuelle qui pourtant déborde petit à petit de sentiments plus profonds. Une lecture très agréable.

Aisyû – Minase Masara

aisyu minase masara
MINASE Masara 水名瀬雅良
ISBN: 9782351806425
Taifu comics, 2012
ISBN: 9784813053095 (JP)
Taiyohtosho, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

La fuite d’un premier amour douloureux qui ne résout rien.

Minase Masara sensei plonge le lecteur dans une romance légèrement mélancolique. Elle s’intéresse au premier amour non abouti, aux sentiments amoureux à sens unique et donc aux relations déséquilibrées. Elle précise d’ailleurs dans sa postface qu’elle voulait mettre en scène des « garçons arrogants qui tombent sous l’influence de garçons passifs ». Justement, l’égoïste Aragaki qui n’hésite pas à user du chantage pour obtenir ce qu’il désire, s’avère en fait complètement dépendant de Kaoru. Le consentement entre eux paraît trouble, l’étudiant cédant facilement aux ordres de son ami. Pourtant, ils vont évoluer petit à petit et faire des efforts en discutant, guidé par le manager Koshiba. L’auteure oriente la narration du point de vue de Haneji. Elle met en avant la souffrance d’un amour non partagé. Elle reprend ce même thème dans « Dernières lueurs d’été » qui complète ce tome.

La mangaka a un trait épuré et léché, avec une petite touche de style shôjo. Elle dessine des personnages élancés, au visage plutôt long. Elle porte attention aux regards et aux petits gestes. De même, les trames d’ambiance viennent renforcer les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. Par contre, comme Minase sensei ne représente que les ombres fortes, le rendu des pages, bien que dynamique, conserve un aspect simplement dessiné. Par ailleurs, elle ne montre pas les parties intimes dans les scènes érotiques, jouant sur les cadrages. Ces passages sont en plus succincts mais transmettent tout de même assez d’émotions.

En résumé

Aisyû / Happy birthday: Au lycée, Haneji Kaoru entretenait une relation sex friend avec son ami Aragaki Jin. Mais en réalité, il était amoureux de lui. En plus, Jin, mannequin, couchait également avec les femmes qui lui montraient de l’intérêt. En entrant à l’université, Kaoru a coupé tout contact avec son ami en espérant oublier ce premier amour. Mais deux ans, après, Aragaki, devenu un acteur célèbre, vient le chercher à la sortie de son petit boulot pour demander des explications. L’étudiant cède alors au baiser de Jin, ses sentiments étant encore présents.
Dernières lueurs d’été: Rikuto, secrètement amoureux de son tuteur Hibiki, a pris de la distance avec lui depuis qu’il est entré à l’université. Mais ses sentiments persistent…

En conclusion

Minase Masara sensei excelle dans les romances où le déséquilibre de la relation s’inverse. Ici, c’est un plaisir de voir Jin torturé par l’amour tout en ne le comprenant pas. Je préviens tout de même que le comportement de certains personnages pourrait choquer la sensibilité de certains lecteurs. Pour ma part, j’aime beaucoup le jeu d’inversion quand un uke trop passif se rebelle enfin. Une lecture agréable et divertissante.

Rends-moi beau! – Sachimo

rends moi beau sachimo
Sachimo さちも
ISBN: 9782368776681
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784041067239 (JP)
Kadokawa, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Et si l’amour rendait beau?

Sachimo sensei s’intéresse à la différence d’âge dans cette romance entre un agent d’entretien et un lycéen. Elle explique leur isolement en dévoilant leur passé. Ainsi, Sugimura, gay, se méfie des gens suite à une tromperie qui l’a pénalement condamné. Dai, quant à lui, a pris l’habitude d’être seul depuis l’enfance. Les deux héros cachent leur beauté pour passer inaperçu. L’auteure donne d’abord le point de vue de Hara qui découvre le sentiment amoureux, puis s’attarde sur Manabu. Ainsi, elle met en avant l’évolution de ces deux cœurs solitaires. Elle aborde également la pression et le jugement du regard extérieur, l’isolement qui poursuit ancien condamné, la beauté intérieure qui ne s’apprécie qu’en découvrant la personnalité de quelqu’un. Le lycéen conserve un côté innocent qui le rend attendrissant. Malgré les doutes sur l’avenir et le manque de confiance, le couple réfléchit calmement à leur bonheur.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle épaissit parfois les contours. Dans les passages humoristiques, elle simplifie son trait à l’extrême. Par exemple, comme Dai rougit facilement, il a souvent de grandes hachures qui lui recouvrent la moitié du visage. Par contre, les trames d’ambiance sont discrètes. Les décors sont aussi souvent réduits à l’essentiel. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Sachimo sensei alterne entre censure des parties intimes en ne les dessinant pas ou au contraire, des organes sexuels assez détaillés.

En résumé

Hara Dai aime la solitude et pour avoir la paix, il décide de jouer les délinquants en entrant au lycée. Par ailleurs, il a trouvé un coin tranquille dans le jardin du lycée où il aime passer du temps sous un arbre. Mais un jour, il y trouve Sugimura Manabu (39 ans), un agent d’entretien de l’établissement aussi solitaire et taciturne que lui. L’ouvrier tolère sa présence à condition qu’il ne lui parle pas. Mais à jouer les terreurs, Dai s’attire les foudres d’un gang du lycée. Alors que les voyous essayaient de l’humilier, le bas-ventre du lycéen finit par réagir. Sugimura, qui a surpris la scène, trouve alors des paroles réconfortantes. Intrigué par l’agent technique, Hara essaie de sympathiser avec lui mais les collègues de Manabu l’avertissent que ce dernier a un casier judiciaire. Pourtant, le lycéen refuse de le juger sans explication. Plus tard, le chef des voyous l’agresse sexuellement…

En conclusion

Une histoire mignonne avec pourtant un background plutôt lourd. La relation entre Dai et Sugimura paraît pure et innocente. En effet, l’adulte a bien conscience de leur situation mais leurs sentiments l’emportent. La beauté intérieure et extérieure apparait ici comme influencée par l’amour. J’aime beaucoup ce récit même si il peut paraître sans saveur et peu approfondi. Je trouve que l’auteure a tout de même réussi à insuffler assez de matière pour un one-shot.