Kiss ariki 1 – Nitta Youka

kiss ariki 1 nitta youka
NITTA Youka 新田祐克
ISBN: 9782351806302
Taifu comics, 2012
ISBN: 9784862639349 (JP)
Libre, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Tu vas aller sur une île avec le fils de Kiria. »

Nitta Youka sensei offre une romance dynamique sur fond de succession d’un clan mafieux. Elle confronte ses deux héros aux manipulations de leurs propres pères. Elle révèle également le passé de Shinya et Kiria Itsuki pour installer les différentes tensions qui touchent le clan. La relation entre Mutsumi et Tôru commence plutôt mal et fluctue constamment entre consentement et rapports forcés, le yakuza rejetant les sentiments amoureux de l’étudiant. L’auteure met en avant les différences entre les générations, en particulier sur la gestion du clan, ainsi que l’adaptation des méthodes pour faire fructifier les fonds, soumises de plus en plus au respect des procédures légales. Elle dénonce également les divers trafics auxquels s’adonnent les mafieux. Dômoto, avec son côté surprotecteur, apporte un peu d’humour. « Tragédie virtuelle » détend l’atmosphère avec une petite romance mettant en avant la communication.

La mangaka a un trait léché légèrement épuré. Elle varie les morphologies des personnages et rend parfaitement les différences d’âge. Il y a donc de beaux garçons comme des voyous à la mine patibulaire. De même, les décors sont soignés et présents. Les trames très variées chargent un peu les pages mais renforcent également le réalisme. La mise en page dynamique joue beaucoup sur les changements d’angles de vue. Dans les scènes érotiques, Nitta sensei censure les parties intimes par des bandelettes ou des caches blancs.

En résumé

Kiss Ariki: Le yakuza Suki Shinya envoie son fils Tôru sur une île isolée pour le protéger d’une guerre de clans. Il lui demande également d’essayer de convaincre Kiria Mutsumi, le fils de son bras droit qui l’accompagne, à rejoindre leur clan. En effet, le brillant étudiant n’a pas du tout l’intention de succéder à son père. D’abord réticent, le frêle mafieux finit par céder avec l’intention d’intervenir si besoin. Même s’il ne s’entend pas trop avec Mutsumi, les deux jeunes hommes finissent au bout d’une semaine pas se soulager ensemble. Mais un soir, l’étudiant tente d’aller plus loin, subjugué par la beauté et la force de caractère du futur héritier du clan. Toutefois, Tôru le rejette et refuse qu’il s’engage uniquement par amour…
Tragédie virtuelle: Aragaki travaille dans la programmation de jeux vidéo en ligne. Asocial, il a du mal à communiquer avec son supérieur, Yonohara, et préfère lui envoyer ses travaux par email. Heureusement, Sakamoto temporise la tension entre eux. Pour se détendre, Aragaki se réfugie souvent dans un jeu, étant tombé sous le charme d’un ami rencontré virtuellement…

En conclusion

Nitta sensei nous plonge rapidement dans l’action. La relation naissante est rapidement occultée par l’univers mafieux, pour notre plus grand plaisir. Par contre, certaines scènes pourront choquer la sensibilité des lecteurs, le consentement étant gris. J’aime beaucoup le développement du récit et des personnages, même si cela va assez vite.

Un baiser au goût de mensonge 5 – Sagami Waka

un baiser au gout de mensonge 5 sagami waka
SAGAMI Waka サガミワカ
ISBN: 9782382760567
Hana, 2022
ISBN: 9784796412575 (JP)
Kaiohsha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Makio est-il prêt à se sacrifier par amour?

Sagami Waka sensei délaisse un peu l’univers de l’arnaque pour s’intéresser aux méthodes des yakuzas. Elle détaille les moyens utilisés par le clan Kaiô pour étendre son territoire et installer une guerre entre mafieux. Elle montre également les tactiques du clan Seiryû pour contrer en douceur ce projet. Entre chantage, menaces, manipulation, vengeance, le suspense et la tension sont constamment maintenus. Le couple est donc mis à l’épreuve malgré lui et les deux hommes évoluent, réalisant la peur de perdre l’autre. Ainsi, l’auteure dépeint avec justesse les sentiments profonds de ses héros. Elle dévoile par ailleurs, l’enfance de Makio en introduisant un nouveau personnage, Igarashi. Dans les histoires bonus, elle met en avant Shirasu et l’amour sincère du couple.

La mangaka a un trait épuré plutôt anguleux. Elle varie les trames tout en respectant un certain équilibre. Par ailleurs, les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors apparaissent dès que le plan s’élargit. La mise en page dynamique joue principalement sur la variation des angles de vue et les sorties de cadre. Sagami sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle présente les personnages dans des fiches en début de tome. Elle confie également les secrets de création dans sa postface sous la jaquette. Les illustrations en couleurs en début de tome sont en rapport avec la couverture. De même, l’illustration sous la jaquette reprend le même thème que le tome précédent, donnant des anecdotes sur Kiyomaru.

En résumé

Au réveil le matin, Makio Hijiri trouve Wachi Daisuke en train de lire le journal tout en lui caressant la tête. Il le taquine alors pour obtenir plus d’attention. Mais il devine également que son petit ami lui cache quelque chose. Le PDG avoue donc avoir refusé une rencontre arrangée d’un client, son amour étant uniquement réservé à son petit ami. Pendant le petit déjeuner, le barman remarque un paquet de cigarettes inconnu trouvé dans leur boîte aux lettres. Bien qu’il ait un doute sur l’expéditeur, il préfère se taire. Plus tard dans la journée, en sortant d’un rendez-vous extérieur accompagné d’Ise, Wachi évite de justesse une voiture qui fonçait sur lui…

En conclusion

Un tome avec un peu plus d’actions et un petit peu de violence, mais le suspense nous retient en haleine jusqu’au bout. L’amour entre Wachi et Makio devient palpable, les sentiments s’éclaircissent et surtout l’évolution des deux hommes les rend adorables. Je fond complètement pour eux, ne souhaitant que leur bonheur!

Un baiser au goût de mensonge 4 – Sagami Waka

un baiser au gout de mensonge 4 sagami waka
SAGAMI Waka サガミワカ
ISBN: 9782382760550
Hana, 2022
ISBN: 9784796410540 (JP)
Kaiohsha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Un certain équilibre entre Wachi et Makio s’installe.

Sagami Waka sensei délaisse un peu le milieu des arnaques pour développer la romance entre Wachi et Makio et leur environnement. Elle s’intéresse également aux personnages secondaires récurrents comme Ise, Kakurai et Morie Ryô. Le passé entre Wachi et son adjoint permet de comprendre immédiatement la relation particulière qui lie les deux amis. Le PDG anticipe de mieux en mieux les manigances de son amant et devine même ses intentions. Toutefois, sa confiance reste ébranlée par une constante inquiétude. Le couple conforte ses sentiments grâce à divers évènements. D’ailleurs, Makio prend conscience de ses nouveaux désirs. A travers Kôtaki Nao, l’auteure aborde l’influence des politiciens, même sur le déclin, dans le milieu des affaires. Faisant suite au tome précédent, elle développe rapidement l’impact des yakuzas dans le milieu politique et économique. Le récit conserve un ton réaliste.

La mangaka a un trait épuré et simple, légèrement anguleux. Elle le simplifie encore plus dans les passages humoristiques. Les décors sont assez présents. Par ailleurs, les trames d’ambiance appuient les émotions fortes. La mise en page est dynamique. Même si Sagami sensei ne censure pas les scènes érotiques, elle s’attarde plutôt sur les sentiments. Elle offre des fiches personnages au début du tome. Sous la jaquette, elle détaille les secrets d’Ise dans une illustration, à lire à la fin. Il y a également sa postface.

En résumé

Wachi Daisuke présente Hijiri Makio à son ami d’enfance et adjoint Ise. Après le départ de son amant, il confie alors ses tourments: depuis quelques temps, il soupçonne le barman de le tromper. Mais Ise le pousse à aller de l’avant et à discuter avec son petit ami. Wachi va alors interroger Makio à la fermeture du bar. Toutefois, reconnaissant le parfum de Kakurai sur les vêtements de son petit ami, il laisse exploser sa jalousie. Mais quand il se réveille le lendemain, il est seul dans le bar. De son côté, Makio a donné rendez-vous à Ise et cherche à le recruter pour le compte de Kakurai, administrateur d’une société de fabrication de vêtements…

En conclusion

L’auteure offre une petite parenthèse pour mieux découvrir les personnages. Quand une relation est violente ou au consentement mitigé, elle la décrit comme telle et n’oublie pas les regrets. Le couple est de plus en plus attachant. Je craque complètement pour les réactions de Makio. Une lecture toujours aussi passionnante qui s’étoffe.

Zantei boyfriend – Takasaki Bosco

zantei boyfriend takasaki bosco
TAKASAKI Bosco 高崎ぼすこ
ISBN: 9782368775653
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784199606984 (JP)
Tokuma shoten, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

S’ouvrir à l’amour en commençant par le plaisir.

Takasaki Bosco sensei offre une comédie romantique légère et sexy. Elle concentre la narration sur Akizuki. Alors que le professeur assistant complexe envers les beaux gosses, il a tendance à se renfermer et refuse d’admettre ses sentiments. Il évoluera grâce à Kitamura qui le soutient et l’aide. L’étudiant franc et direct a jeté son dévolu sur la seule personne qui ne s’intéresse pas à son physique. Ainsi, le couple va apprendre à s’apprécier et développer des sentiments. Toutefois l’auteure dépeint une relation où le consentement n’est pas clair du tout. Reiya force son partenaire et ne tient pas compte de ses protestations, même s’il finit par le regretter. De même, Akizuki a du mal à communiquer et exprimer ses sentiments qui se lisent pourtant facilement sur son visage. Son comportement ambigu avec son supérieur Hayama, qui est très tactile, déstabilise sa relation avec l’étudiant.

La mangaka a un trait fin, épuré et plutôt classique. Elle dessine des personnages sveltes mais finement musclés. Elle simplifie ses traits dans les passages humoristiques les représentant parfois en SD. Par exemple, la tête boudeuse d’Akizuki est tellement chou. Les trames d’ambiance, parfois très graphiques, alternent avec les décors. Le choix des cadrages met en valeur la plastique des personnages. Toutefois, la mise en page reste tout de même très dynamique. Dans les scènes érotiques, Takasaki sensei censure les parties génitales par des hachures. Elle intègre une de ces scènes à chaque chapitre. Par ailleurs, dans les illustrations en début de chapitre, elle présente Kitamura dans des poses avantageuses ou le couple se faisant des câlins.

En résumé

Akizuki Sô, professeur assistant distrait, est souvent la cible de frotteurs dans le train. Mais un jour, Kitamura Reiya vient à son aide. Cet étudiant métisse qui travaille également dans le mannequinat tente de se rapprocher de lui alors qu’il fait tout pour l’éviter. Hayama, son professeur et supérieur hiérarchique, se montre également tactile avec lui et provoque l’étudiant venu rendre son devoir avant de s’éclipser. Mais alors qu’une pile de documents se renverse, Kitamura protège Akizuki. Charmé, il l’embrasse et lui propose de devenir son petit ami.

En conclusion

Ce tome obtient la quatrième place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2017. L’humour dans ce one-shot repose principalement sur du comique de situation. Par contre, certains lecteurs pourront être gênés par le consentement complètement flou. Même si le développement de la romance semble rocambolesque, je m’amuse à suivre les frictions entre les deux héros. Une lecture simple et agréable.

Le théâtre des fleurs 6 – Natsume Isaku

le theatre des fleurs 6 natsume isaku
NATSUME Isaku 夏目イサク
ISBN: 9782375063095
Taifu comics, 2022
ISBN: 9784403667558 (JP)
Shinshokan, 2020 (JP)
Titre original: 花恋つらね6
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

Gensuke et Sôgorô vers l’âge adulte.

Natsume Isaku sensei prend un ton plus sérieux pour aborder les problèmes auxquels est confronté le couple de jeunes acteurs. Après un passage romantique permettant de découvrir Okinawa, elle s’intéresse à la fin des études, au plein engagement des acteurs dans leur carrière, à la question de l’image publique mais également au poids de l’héritage artistique. En effet, le kabuki fonctionne encore de manière très traditionnelle, avec des successions filiales, impliquant certains devoirs de l’héritier. Ainsi, si Gensuke reprend le titre de son grand-père, il devra obligatoirement offrir une descendance. De même, la relation entre les deux acteurs devra toujours rester secrète, les obligeant à vivre dans le mensonge. A travers le questionnement de ses deux héros, l’auteure interroge donc sur la place de l’amour dans cet univers codifié. En fin de tome, elle offre deux histoires bonus qui apportent une touche d’humour.

Le trait épuré et léché de la mangaka est toujours aussi agréable. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les décors alternent avec les trames d’ambiance plutôt graphiques. La mise en page dynamique offre une grande variété d’angles de vue. Comparé au tome précédent, Natsume sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle se concentre plutôt sur les sensations de ses personnages.

En résumé

Matsukawa Sôgorô et Arai Gensuke ont enfin pu aller au bout de leur promesse. Mais en les découvrant nus dans le lit, Arai Tsutamaru n’ose pas les déranger, choqué. La tournée étant terminée, les deux lycéens vont à leurs cours de rattrapage. Sôgorô jubile tellement de bonheur que son ami Tsuchiya Hiroto devine immédiatement ce qu’il s’est passé. Il lui conseille donc de se montrer plus prudent. Comme c’est leur dernière année au lycée, à la Saint-Valentin, Matsukawa reçoit beaucoup plus de chocolats de ses fans. A sa surprise, Gensuke a refusé ceux qu’on lui offrait. Mais il lui en donne en échange d’un peu de temps ensemble. Au théâtre, Kaneko Takeichi remarque l’air désemparé de Tsutamaru et essaie de le réconforter. N’en pouvant plus, ce dernier lui révèle ses soupçons sur la relation de son frère avec Sôgorô, inquiet pour l’avenir de la troupe.

En conclusion

Après les paillettes, nous découvrons les traditions contraignantes du kabuki qui touchent même la vie privée. Ce tome procure immensément d’émotions quand on est attaché à nos deux héros. Les voir mûrir, réfléchir à leur situation et leur avenir, rend le récit très réaliste. J’ai tellement hâte de lire la suite!

The black cat fall in love – Fujikawa Ruri

the black cat fall in love fujikawa ruri
FUJIKAWA Ruri 藤河るり
ISBN: 9782368771938
Boy’s love IDP, 2015
ISBN: 9784796404211 (JP)
Kaiohsha, 2013 (JP)
Titre original: 黒猫はしっぽで甘える
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« A force de le voir, je suis tombé amoureux de lui… »

Fujikawa Ruri sensei offre une comédie romantique légère entre un adulte et un adolescent. Elle alterne la narration entre les deux héros. Même si elle aborde le questionnement de la différence d’âge et de l’immoralité de la relation, elle les développe peu. Toutefois, Sakaguchi culpabilise tout de même un peu de faire du détournement de mineur. Les sentiments du couple se renforcent en surmontant divers petits obstacles et drames du quotidien. L’auteure allie avec justesse romance et humour. Elle travaille néanmoins la psychologie de ses personnages. L’introverti Kazuya s’affirme petit à petit aux côtés de son amant et s’impatiente de devenir adulte. Même si l’écrivain taquine un peu son petit ami, il observe ses changements et respecte son épanouissement sexuel, s’adaptant à ses remarques. Ainsi, le couple se développe dans le consentement. « Alcool love call » narre avec humour les goûts de Sakaguchi en humanisant les alcools qui se concurrencent.

La mangaka a un style graphique plutôt classique qui rappelle celui du shôjo. Elle dessine donc beaucoup de beaux gosses. Le regard paniqué avec des yeux simplifiés ovales donne un côté tout mignon. De même, les uke rougissent facilement. Les trames d’ambiance appuient les émotions des personnages. Les décors situent principalement les actions. La mise en page est dynamique. Fujikawa sensei censure les parties intimes par des bandelettes blanches ou l’absence de détails. Elle met en avant le charme de ses personnages dans les illustrations de début de chapitre.

En résumé

Un jour de pluie, Sakaguchi trouve son jeune voisin, Kazuya, avec un chaton dans les bras, hésitant à rentrer chez lui. L’écrivain l’invite alors à se réchauffer chez lui. Le taciturne lycéen lui explique que sa mère est allergique aux chats. Sakaguchi lui propose donc de s’en occuper mais depuis, l’étudiant vient le voir tous les jours. Pour le remercier, ce dernier lui cuisine un jour un plat mais devant sa maladresse, l’écrivain devine que c’est sa première fois. Tandis qu’il lui montre comment couper les tomates, l’adolescent lui déclare soudain sa flamme. D’abord surpris, Sakaguchi réalise qu’il l’attire également et lui demande de ne plus venir. Pourtant, Kazuya lui avoue qu’il l’aime au point de coucher avec lui…

En conclusion

Ce one-shot nous plonge dans un amour sincère et mignon. Le parallèle entre le comportement de Kazuya et celui d’un chat est amusant. Une histoire simple et agréable à lire!

Un baiser au goût de mensonge 3 – Sagami Waka

un baiser au gout de mensonge 3 sagami waka
SAGAMI Waka サガミワカ
ISBN: 9782368775264
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784796408530 (JP)
Kaiohsha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Quelle est la chose la plus importante à tes yeux? »

Sagami Waka sensei aborde rapidement les ruses et artifices utilisés par les femmes s’adonnant à l’escroquerie. Elle résolve ensuite quelques brides du mystère entourant Makio. Ainsi, elle met en avant le métier d’indicateur et les possibles connexions de certains escrocs avec les yakuzas. La narration alterne entre Makio et Wachi. Par ailleurs, l’introduction d’un des leaders du clan Ryûsei, Morie Ryû, et de son avocat, Shirasu, oriente le récit vers un fil rouge conducteur plus long. L’auteure approfondit encore les profils psychologiques de ses héros. Elle confronte l’homme d’affaires à son passé houleux avec les femmes et remet en avant son manque d’empathie blessant. De même, elle montre la solitude imposée aux escrocs par leur métier. Le couple essaie toujours de deviner ce que prépare l’autre, entre mensonge et vérité. Avec l’intervention de Kiyomaru, Wachi réalise l’écart qui existe entre lui et son petit ami.

Le trait épuré et légèrement anguleux permet d’exprimer la différence d’âge entre les personnages. Ainsi, les quelques rides de Kakurai et Ryû marquent leur maturité. Dans les passages humoristiques, la mangaka simplifie un peu ses traits. Par ailleurs, elle fait attention à l’expression des regards et aux petits gestes. Les décors présents renforcent le réalisme du récit. Toutefois, quelques trames d’ambiance appuient un peu plus les émotions. La mise en page est dynamique. Contrairement au tome précédent, Sagami sensei censure à peine les scènes érotiques.

En résumé

En fait, Hijiri Makio travaille aussi en tant qu’indic. Plus que l’argent, il aime jouer sur le destin des gens grâce aux informations qu’il détient. Une rumeur circule actuellement sur Wachi Daisuke qui fréquenterait une belle jeune femme. Kakurai propose alors au barman de l’héberger si besoin. Lors d’une réunion, le manque de compréhension et d’empathie de Wachi crée des tensions dans le service. Comme d’habitude, Ise tente de calmer les employés. Le PDG retrouve ensuite Ayasaki, une jeune femme avec qui il travaille sur un projet de marketing. Mais dans le café où se tient leur rendez-vous, apparaît Makio déguisé en serveur, l’air de rien. D’abord surpris, Wachi tente ensuite de s’expliquer durant leurs ébats. Mais dehors, une femme observe son appartement…

En conclusion

La relation entre Makio et Wachi avance petit à petit pour notre plus grand plaisir. Même si les deux héros ne disent pas clairement leurs sentiments, le lecteur est amené à les deviner. Je les trouve tellement mignons ensemble. Et j’apprécie également le retour de certains personnages. J’en oublie presque qu’il s’agit d’un BL!

Un baiser au goût de mensonge 2 – Sagami Waka

un baiser au gout de mensonge 2 sagami waka
SAGAMI Waka サガミワカ
ISBN: 9782368772645
Boy’s love IDP, 2015
ISBN: 9784796407182 (JP)
Kaiohsha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Aimer, c’est vouloir tout connaître de son partenaire, jusqu’au moindre détail. »

Sagami Waka sensei continue d’explorer l’univers de l’escroquerie, s’intéressant aux divers profils des arnaqueurs et mettant ici en avant l’arnaque aux placements financiers. En effet, certains escrocs, attirés avant tout par le défi et le jeu de la manipulation, ne cherchent pas forcément à faire fortune. De nouveaux personnages font leur apparition, en particulier le directeur adjoint Ise, qui remarque les changements de son patron. Ainsi, après Makio dans le tome précédent, l’auteure développe un peu plus l’environnement autour de Wachi. De même, elle dévoile petit à petit le mystère entourant Makio en laissant des indices. Elle fait grandement avancer la relation du couple, révélant encore d’autres facettes. L’intuitif PDG découvre pour la première fois le sentiment de solitude et le barman peut se montrer protecteur à sa manière. Mais tous deux continuent à jouer au chat et à la souris.

La mangaka a un trait épuré assez anguleux. Elle travaille particulièrement les expressions du visage pour transmettre les émotions de ses personnages, qu’elle renforce parfois avec des trames d’ambiance. D’ailleurs, Makio rougit facilement et se retrouve donc hachuré jusqu’aux épaules. Les corps sont finement musclés et les tenues varient, donnant une touche réaliste au récit. De même, les décors sont plutôt présents. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Sagami sensei ne montre pas les détails des parties intimes, jouant sur les angles de vue ou même les phylactères. Elle dessine des illustrations couleurs agréables, avec des contrastes de tons équilibrés.

En résumé

Le patron de bar Hijiri Makio retient facilement les noms et les goûts de ses clients. Pourtant, il reste réservé dans ses relations, déclinant les invitations, sauf celle de Wachi Daisuke avec qui il sort maintenant. D’ailleurs, il n’hésite pas à le provoquer devant ses clients. Même s’ils vivent ensemble, le PDG ne sait rien d’autre sur son petit ami. Dernièrement, ce dernier s’éclipse la nuit et ne rentre qu’au matin. Même Kakurai, l’ami de Wachi qui connaît le barman depuis 6 ans, ou un détective n’ont réussi à percer son secret. Alors l’homme d’affaires décide de suivre Makio. Mais il se fait agresser par un inconnu…

En conclusion

L’auteure ballote les lecteurs entre « amour et sournoiserie ». Elle arrive à faire ressentir les sentiments latents entre les deux amants. Sa romance prend un ton légèrement mystérieux. Comme la narration maintient constamment le suspense, la lecture reste palpitante. J’adore de plus en plus cette relation particulière, avec des hommes adultes. Ce titre me donne également envie de m’informer plus sur les différents types d’arnaques.

Un baiser au goût de mensonge 1 – Sagami Waka

un baiser au gout de mensonge 1 sagami waka
SAGAMI Waka サガミワカ
ISBN: 9782368771822
Boy’s love IDP, 2015
ISBN: 9784796404976 (JP)
Kaiohsha, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Les péripéties amoureuses d’un homme d’affaires insensible et d’un ancien escroc. »

Sagami Waka sensei offre une romance entre deux hommes à la base indifférents aux autres. A travers des indices semés dans les chapitres, elle montre l’évolution de leurs sentiments tout en laissant toujours planer un certain doute. Ainsi, Wachi qui considérait les gens comme de simples pions, finit par s’attacher à Makio au point d’en perdre la raison, et même mettre en péril sa société. Le barman quant à lui, apprécie ce nouveau pigeon qui le satisfait sexuellement mais surtout le surprend dans ses paroles parfois excessives. La narration alterne entre les deux héros. Par ailleurs, l’auteure détaille les procédés utilisés par les arnaqueurs ainsi que la manipulation psychologique pour amadouer leur cible. Elle installe un jeu tendu entre suspicion et confiance entre les deux amants, l’un cherchant constamment à faire tomber l’autre dans ses filets. Elle fait également intervenir divers personnages autour du couple.

La mangaka a un trait anguleux régulier, au style plutôt classique. Elle joue sur les pleins et les déliés pour l’adoucir. Elle porte attention aux détails et aux regards. Comme ses personnages rougissent facilement, des hachures recouvrent souvent leurs visages. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Sagami sensei censure les parties intimes par des rectangles blancs.

En résumé

Bien que Wachi Daisuke gère avec efficacité les affaires de son entreprise, il ne s’investit dans aucune relation, surtout amoureuse. Il peut même se montrer odieux avec ses conquêtes dès que cela devient trop sérieux. Un soir, son ami Kakurai l’emmène dans un bar. Wachi reconnaît alors le patron, Hijiri Makio, qu’il avait croisé dans le train le matin même. Intrigué par d’autres coïncidences, le PDG croit alors à un signe du destin. Séduit par la sensualité de Makio, il se met à fréquenter quotidiennement le bar jusqu’à finir par passer une nuit torride avec le barman. Mais au matin, Makio a disparu, avec le costume et le portefeuille de Wachi…

En conclusion

Cette romance au premier abord légère, est entrainante. Malgré les sales caractères des héros, on s’attache à eux et on s’amuse de les voir tendre des pièges ou céder au danger. J’aime beaucoup la franchise des personnages qui ne cachent pas leurs défauts. Et j’apprécie également les sentiments qui semblent naître malgré eux. Une relation bancale et incertaine que j’ai envie de voir durer longtemps!

Mignon et incompréhensible – Owal

mignon et incomprehensible owal
Owal おわる
ISBN: 9782368770758
Hana, 2021
ISBN: 9784801964662 (JP)
Takeshobo, 2018 (JP)
Titre original: 理解不能クソキューティ
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Il est instable et incompréhensible, mais son corps est si sexy, totalement mon type! »

Owal sensei offre une romance sexy entre un professeur gay avare et son étudiant effronté. Elle commence d’abord son récit comme une simple comédie romantique mais intègre ensuite des thèmes de plus en plus sérieux. Ainsi, elle aborde le jugement sur l’apparence, la prostitution et le sacrifice de soi pour réaliser ses rêves. Malgré son air sévère, Nakahara est très gentil. Il ne s’attache plus à ses partenaires suite à une mauvaise expérience. Au contraire, Hirose cache sa situation critique derrière son enthousiasme. Même s’il se montre insouciant, il a clairement conscience des risques de son petit boulot et de sa dépendance envers Kiryû. L’auteure développe les sentiments entre les deux héros, faisant évoluer petit à petit leur relation. Elle alterne la narration entre Tatsuya et Tsumugi. Elle oblige le lecteur à s’interroger sur le sugar daddy Kiryû au comportement à la fois généreux mais abusif.

La mangaka a un trait épuré et fin. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, dessinant des bouilles adorables toutes rondes. De même, elle met en avant la plastique de ses personnages, jouant sur le fan service, en particulier avec la musculature de Tatsuya et les mignonnes expressions de Tsumugi. L’équilibre les trames offre une bonne balance entre les clairs-obscurs. Par ailleurs, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. En revanche, les décors situent principalement l’action. Owal sensei utilise des angles de vue parfois osés et originaux et n’hésite pas à déstructurer sa mise en page pour renforcer la dynamique. Elle ne censure pas les scènes érotiques, présentes à chaque chapitre. Parfois, un halo vient légèrement atténuer les détails. Elle intègre les illustrations en début de chapitre directement au récit. Sous la jaquette, deux dessins présentent une tranche de vie du couple sous forme d’une publication sur les réseaux sociaux.

En résumé

Le designer graphique Nakahara Tatsuya (26 ans) donne des cours à temps partiel dans une université spécialisée dans la mode. Dans son cours, il éprouve quelques difficultés avec le jeune Hirose Tsumugi. Le déluré et bruyant étudiant arrive à chaque fois de justesse en cours à cause de son petit boulot qui se termine tard la nuit. Mais un jour, il l’attend en fin de journée pour lui demander des explications sur le logiciel de graphisme présenté en cours. Bien que n’aimant pas travailler gratuitement, l’enseignant accepte de le former. Mais à la fin du cours, Tsumugi lui saute dessus pour le remercier en nature…

En conclusion

Ce one-shot ne se classe pas au Chill chill BL award 2019 mais est cité parmi les meilleurs mangas qui fendent le cœur sans arrêt. J’adore les uke entreprenants, je craque donc complètement pour ce récit, d’autant plus en découvrant les circonstances de Hirose. En revanche, il y a beaucoup de scènes sans consentement, pouvant gêner certains lecteurs. Ce titre ne plaira pas à tout le monde. Mais pour ma part, je trouve le couple attachant et la dynamique entre les personnages intéressante.