Je préfère que tu sois sage – Niyama

je prefere que tu sois sage niyama
Niyama にやま
ISBN: 9782382760192
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784801969117 (JP)
Takeshobo, 2020 (JP)
Titre original: ごほうびは躾のあと
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Qu’est-ce que j’ai raté dans ton éducation? »

Niyama sensei narre une comédie romantique entre Godai Minoru et le jeune homme qu’il a élevé, Fûtarô. Dans ce spin-off de Je préfère en nature, elle met en avant la reconversion du créancier, mais également celle de Manami. Par ailleurs, elle aborde l’évolution des sentiments ainsi que la difficulté à bien les cerner quand les rapports changent. En effet, Fûtarô passe d’une admiration pour son sauveur à un amour passionné. Minoru, quant à lui, considère encore Toi comme un enfant naïf et maladroit à protéger. L’auteure oblige ses personnages à évoluer en semant quelques obstacles. Le comique joue donc sur des situations assez rocambolesques et des contrastes. Par exemple, Godai cache son grand cœur derrière son regard sévère. L’entourage du couple les soutient, en particulier Ruri qui résout tous les problèmes avec sa douce autorité. Le chapitre « Badass » présente les motivations un peu futiles de Moriyama Tetsurô pour sa carrière.

La mangaka a un trait épuré. Elle dessine des hommes virils. Par ailleurs, elle joue sur les contrastes. Par exemple, Fûtarô a un visage très doux par rapport à sa carrure. Il devient même un wanko dans certaines vignettes humoristiques. Les spitz ajoutent une énorme touche de « mignonnerie ». Quelques trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Niyama sensei ne censure pas ses scènes érotiques. Malgré la consigne d’inclure une scène par chapitre, elle arrive à varier les situations ou à présenter d’autres couples. Elle termine par une postface en images.

En résumé

Abandonné par ses parents endettés, Toi Fûtarô a été adopté par leur créancier, Godai Minoru. Maintenant, à 21 ans, il prend soin de la maisonnée aidé par Ruri, la gouvernante, et s’occupe de la meute de spitz. L’étudiant aimerait montrer sa reconnaissance envers son bienfaiteur en travaillant à ses côtés mais Minoru refuse catégoriquement. Le jeune homme est en réalité secrètement amoureux de Godai et souhaite rester auprès de lui. Mais un soir, l’ancien créancier, devenu patron de bar à hôtes, le surprend en train de se masturber dans sa chambre. Devant le regard froid de son sauveur, Toi s’enfuit.

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la quinzième place des meilleurs mangas profonds au Chill Chill BL award 2021. L’auteure présente son tome comme le « paradis des petits chiens ». En effet, les adorables spitz nains participent réellement au récit. En plus, j’adore les toutous donc, je suis conquise d’avance. J’admire beaucoup la maîtrise de Niyama sensei qui équilibre parfaitement comédie, érotisme et romance, sans lasser. Je suis heureuse de découvrir également ce que sont devenus Tetsu et Manami. Une histoire mignonne et agréable à lire.

Hitorijime my hero 4 – Arii Memeco

hitorijime my hero 4 arii memeco
ARII Memeco ありいめめこ
ISBN: 9782382760123
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784758074087 (JP)
Ichijinsha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Le bonheur peut être une souffrance.

Arii Memeco sensei aborde quelques évènements un peu dramatiques. Elle arrive à détendre l’atmosphère avec équilibre en intégrant quelques moments humoristiques. Ainsi, elle révèle un peu l’enfance de Masahiro. Le lycéen ressent constamment une certaine peur en parallèle de son bonheur, ayant l’habitude d’enchaîner les désillusions. Même s’il s’ouvre de plus en plus, il a encore du mal à partager ses angoisses. De même, Hasekura n’arrive pas à exprimer ses frustrations envers Kensuke dont le comportement, encore immature, empêche d’approfondir leur relation. A la suite du tome précédent, l’auteure continue à présenter les réactions de rejet de Fukushige qui cible maintenant Kôsuke. Elle installe également une aura de mystère autour du comportement de Natsuo. Dans les chapitres bonus, elle donne des anecdotes sur le quotidien ou développe les personnages secondaires. Par exemple, Matsuzawa Monika, complexée depuis l’enfance et obnubilée par l’apparence, est fascinée par Ayaka.

La mangaka n’hésite pas à déformer son trait déjà simple pour exagérer certaines expressions. L’humour devient percutant avec ces métaphores graphiques. Les trames d’ambiance également sont plutôt graphiques. Pour ne pas surcharger la page, les décors sont parfois réduits à l’essentiel et mettent donc en avant les personnages. La mise en page est d’ailleurs très dynamique. Arii sensei ne développe pas les scènes érotiques, s’arrêtant souvent aux préliminaires. Pourtant, elle transcrit bien la passion entre les deux amants qui ont des relations charnelles plus intenses. Sous la jaquette, elle présente deux dessins humoristiques avec encore un cosplay de Setagawa.

En résumé

Setagawa Masahiro rêve de son enfance, quand sa mère s’écroulait ivre à la maison et que ses amies lui demandaient de se comporter en homme en la protégeant. Il se demandait alors qui le protègerait, lui. Au matin, Ôshiba Kôsuke trouve son petit ami blotti dans ses bras. Bien qu’appelé par sa mère pour le petit déjeuner, il attend patiemment que Masahiro se réveille. Le lycéen prépare le petit déjeuner avec l’aide de la famille Ôshiba. Il se rappelle déjà les goûts de chacun, pour leur plus grand plaisir. Mais face à ce bonheur extrême, il ne peut s’empêcher de ressentir aussi une certaine inquiétude…

En conclusion

L’histoire gagne en intensité mais prend son temps. J’ai aussi envie de chouchouter Masahiro. L’auteure installe doucement les évènements à venir. Les passages tranches de vie sont vraiment agréables à suivre et permettent de voir la réaction de l’entourage.

Hitorijime my hero 3 – Arii Memeco

hitorijime my hero 3 arii memeco
ARII Memeco ありいめめこ
ISBN: 9782382760116
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784758073073 (JP)
Ichijinsha, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Réactions quand le secret de Kôsuke et Masahiro est éventé.

Arii Memeco sensei commence par un flash-back introduisant Hôjô avant de reprendre directement le cours de l’histoire. Comme dans le tome précédent, elle continue à explorer le regard extérieur sur une relation professeur et élève en montrant deux réactions différentes. D’abord, Ayaka se focalise surtout sur la différence d’âge et le statut social. Puis, parmi le groupe d’amis, Fukushige réagit violemment, dégouté à l’idée qu’un ami qu’il considère viril puisse être passif. D’ailleurs, le lycéen a une personnalité plutôt complexe, s’inspirant des clichés de la virilité, mais se fait rabrouer par ses amis quand il devient trop indélicat. L’auteure insère des demi-chapitres, apportant des anecdotes supplémentaires. Elle montre l’inquiétude des adolescents face à l’incertitude des changements de classes ou des relations au sein d’un groupe, la difficulté à se réconcilier suite à une violente dispute. De même, Masahiro et Kôsuke expriment plus facilement leur jalousie.

La mangaka a un trait simple qui colle parfaitement au style humoristique du récit. En plus, elle n’hésite pas à déformer complètement les visages en exagérant les expressions. Par ailleurs, elle introduit Kaide, la nouvelle assistante de Kôsuke, qui, de par sa poitrine opulente, apporte une série de gags visuels. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page est dynamique. Arii sensei ne montre pas les détails des scènes érotiques, se contentant des baisers et câlins préliminaires. Elle donne des anecdotes amusantes dans des croquis en fin de chapitre. De même, elle offre, au début de certains chapitres, de magnifiques illustrations du quotidien avec un ton festif comme sur la couverture. Sous la jaquette, il y a deux dessins humoristiques.

En résumé

Le dernier jour des vacances d’été, Ôshiba Kensuke et ses amis essaient de finir leurs devoirs sous l’œil railleur de Kôsuke. Désespérés face à la montagne de travail, les garçons commencent à réfléchir aux méthodes de triche, incités par le professeur. Mais Setagawa Masahiro tente de recentrer les esprits qui se dispersent. Kôsuke se rappelle alors ses frasques de jeunesse avec Hôjô Tsunehito, le mari d’Ayaka, la sœur ainée de Hasekura. Quand les lycéens apprennent que Masahiro a déjà rencontré l’ami du professeur, ils réclament plus de détails. Mais Setagawa, trop honteux, refuse de parler du policier farfelu qui aime les sous-vêtements.

En conclusion

J’aime beaucoup le côté « mère-poule » de Setagawa. Je trouve dommage que les raisons de la violente réaction de Fukushige ne soient pas plus approfondie, mais l’essentiel est là. L’humour et les échanges entre amis priment donc sur la romance. Cette série permet de passer un agréable moment de lecture.

Our house love trouble – Owal

our house love trouble owal
Owal おわる
ISBN: 9782368776025
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784801959682 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« La vie en communauté n’est pas toujours facile, alors si en plus l’amour s’en mêle… »

Owal sensei offre une comédie érotique avec des seme sadiques et des uke naïfs. Elle expédie les sentiments pour inclure des scènes érotiques à chaque chapitre. Le scénario léger joue surtout sur les quiproquos et les situations comiques. Le consentement n’existe pas mais les uke réagissent également très passivement, cédant immédiatement au plaisir. D’ailleurs, l’auteure alterne la narration entre les personnages et installe trois couples. Elle développe cependant beaucoup plus la romance entre Hibiki et Nonohiko, décrivant la naissance de leurs sentiments. En outre, elle dépeint des caractères extrêmes. Ainsi la naïveté et la pureté des uke leur donnent un côté un peu benêt adorable. Chacun a des complexes qui deviennent le jeu des seme pervers. Par ailleurs, l’esprit familial de la share house est bien mis en valeur.

La mangaka a un trait épuré et fin, rappelant le style shôjo. Elle dessine des ikemen, pour certains musclés, avec des visages légèrement ovales aux grands yeux. Les personnages rougissent facilement. Les trames d’ambiance alternent avec les décors assez détaillés. Cependant les pages ont une dominance blanche car les trames d’ombres et de couleurs sont claires. Par ailleurs, la mise en page très dynamique utilise parfois des angles de vue originaux. Owal sensei censure ses scènes érotiques en cachant les parties génitales par des hachures et des masques blancs. Pourtant, elle fait de gros plans sur les détails, augmentant tout de même l’impression sensuelle de certaines vignettes. Des illustrations en fin de chapitres présentent les personnages ou donnent des anecdotes. Sous la jaquette, il y a deux yonkoma amusants sur ce qu’aime Hibiki et une planche très chaude sur l’hôte qui a arnaqué Yûsuke.

En résumé

Nojima Nonohiko travaille dur pour payer ses études. Mais la résidence étudiante où il logeait ferme pour vétusté. Il trouve alors une chambre dans une magnifique share house tenue par un travesti, Kitora Kaoru. Le jour de son déménagement, après avoir visité le quartier, il réalise qu’il n’a pas encore les clés et ne peut rentrer. Arrive un des locataires, Kaido Hibiki. Ce dernier lui propose alors de prendre un bain ensemble. Complexé par ses tétons inversés, Nonohiko se cache comme il peu. Toutefois, Hibiki détend l’atmosphère en le complimentant, puis commence à le tripoter sans pudeur…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la première place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2018. Même si je recommande seulement un peu le titre, sachant que la légèreté du scénario sur les viols peut choquer, j’aime beaucoup ce titre. L’auteure joue sur les contrastes entre les statures des héros. Elle arrive à émouvoir en quelques cases. En plus, j’adore les trois couples. D’abord, le grand et fort Nonohiko qui se sous-estime mais se prend en main, arrivant à calmer la libido débordante de Hibiki. Ensuite, le couple surprenant entre Kaoru et l’étudiant Tatsuki Kotarô qui déteste les travestis. Enfin, le taciturne sculpteur Isurugi Kaname qui craque pour le côté innocent et inexpérimenté de l’hôte Sasaura Yûsuke. Je suis heureuse de les voir heureux, même si les uke sont clairement manipulés par leur seme! Et le chapitre final en rajoute, dévoilant leur coopération pour assouvir leurs fantasmes!

Same difference !!! 6 Secret play – Hiiragi Nozomu

same difference 6 secret play hiiragi nozomu
HIIRAGI Nozomu 柊のぞむ
ISBN: 9782368776094
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784796409964 (JP)
Kaiohsha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Les deux seme continuent à se chamailler mais Ozaki cède de plus en plus au courroux de son amant…

Après un tome sérieux, Hiiragi Nozomu sensei nous replonge dans les chamailleries de notre couple fétiche en s’intéressant à leur quotidien. Un nouvel employé, Nutahara, apporte une touche rafraichissante avec son admiration pour Ozaki et sa candeur le rendant trop franc. En effet, bien que casé, le salaryman bisexuel continue à jouer les charmeurs en participant à des gôkon. Entre jalousie, fantasmes et possessivité, l’auteure s’amuse à bousculer le « quotidien d’adorables pervers ». Elle développe un peu plus le personnage de Shiba, durant deux chapitres, le rendant un peu plus sympathique. En fin de tome, elle offre un peu de fan service avec nos deux salarymen d’élite déguisés en prince lors d’une fête au bureau. Tous les personnages évoluent. Ainsi, Tsuburaya applique des punitions ressemblant plus à des jeux érotiques et se montre plus entreprenant quand il est ivre. Katsumata, quant à lui, devient le protecteur du couple.

Les trames d’ambiance dominent par rapport aux décors. Le jeu des ellipses, des emboîtements de vignettes et l’absence de certains cadrages dynamise la mise en page. De même, les flash-back sont bien intégrés dans le récit, reconnaissables par un fond noir. Les scènes érotiques ne sont pas censurées mais évitent de donner trop de détails grâce aux cadrages et aux angles de vue. En fin de tome, une planche conclut la confrontation entre Shiba et Katsumata.

En résumé

Ayant été pris pour un fumeur à cause de l’odeur de tabac sur ses vêtements, Tsuburaya exige qu’Ozaki (39 ans) arrête de fumer. Ce dernier accepte en échange d’un cosplay sexy de son partenaire. Mais cela s’avère plus difficile qu’il ne croyait. Katsumata lui confie alors sa technique: compenser le manque en mangeant des sucreries. Ozaki, qui a le bec sucré, apprécie d’autant plus en réalisant que les chocolats de luxe lui apportent également du succès auprès des filles. Mais lors d’un câlin, Tsuburaya lui fait remarquer sa prise d’embonpoint. Ozaki tente de résister au mieux en machouillant ses crayons. Mais excédé, il finit par craquer face aux provocations de Shiba qui laisse tomber exprès son paquet de cigarettes après l’avoir nargué en fumant. Ce dernier en informe immédiatement Tsuburaya. Le salaryman surprend donc son amant en pause cigarette…

En conclusion

Ozaki, penaud et tout obéissant devant son amant, est adorable à craquer. Il a failli devenir uke mais a réussi à s’en sortir cette fois. Combien de tomes tiendra-t-il encore? Vivement la suite!

Same difference !!! 5 Demande en mariage – Hiiragi Nozomu

same difference 5 demande en mariage hiiragi nozomu
HIIRAGI Nozomu 柊のぞむ
ISBN: 9782368775257
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784796408547 (JP)
Kaiohsha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Place à l’officialisation de la relation entre Tsuburaya et Ozaki.

Hiiragi Nozomu sensei prend un ton plus sérieux. Elle montre la différence entre les homosexuels en Occident et au Japon à travers le regard de Tsuburaya et Ozaki lors d’une escapade à Londres. Faisant suite aux évènements du tome précédent, elle aborde le coming-out avec la présentation du partenaire aux amis proches et à la famille, en donnant le point de vue d’Ozaki puis de Tsuburaya. Elle s’intéresse donc à l’officialisation d’une relation auprès des proches et à la question du mariage et de la descendance. Tandis que le père Ozaki, traditionnel, a du mal à accepter la situation, la mère se montre plus ouverte. Pourtant, l’auteure présente des parents ayant un certain respect dans les décisions de leur fils. Elle dévoile également l’enfance d’Ozaki. Par ailleurs, elle tourne en dérision les plans de harcèlement de Shiba dans le chapitre final.

La mangaka utilise des traits épurés et simples mais très expressifs. Elle souligne parfois les contours par un trait plus épais, donnant un peu plus de volume. Elle arrive à rendre des silences très significatifs et débordant de sensualité. Par exemple, un simple déboutonnage de chemise devient très sexy. Les trames d’ambiance sont plutôt graphiques. Les scènes érotiques sont légèrement censurées par l’absence de quelques traits. D’ailleurs, des trames assombrissent les détails. Les illustrations en début et fin de tome mettent en scène les héros avec la version enfant de son partenaire dans les bras. En fin de volume, quelques yonkoma amusants narrent la rencontre des parents Ozaki.

En résumé

Au réveil, Tsuburaya Kazuomi trouve vraiment mignon son partenaire Ozaki Aisuke mais s’interroge sur ses anciennes conquêtes, en particulier masculines. Comme c’est bientôt son anniversaire, il essaie de lui faire accepter de prendre la place de dominé mais Ozaki refuse catégoriquement. Même attaqué par derrière, ce dernier se défend. Tsuburaya se demande alors s’il ne devrait pas recourir à des somnifères. Pourtant, Katsumata remarque que son senpai résiste de moins en moins violemment aux avances de son petit ami. Il propose de tester Tsuburaya en lui offrant un aphrodisiaque. Mais ce dernier, bien que crédule, refuse d’en faire usage, ne désirant pas blesser la fierté de son amant. Le soir, Ozaki n’arrive pas à réprimer son sourire de satisfaction devant la droiture de son petit ami et décide de continuer à le tester en faisant croire qu’il a bu l’aphrodisiaque par erreur…

En conclusion

Ce tome est magnifique, émouvant. Hiiragi sensei arrive à nous amuser sur un thème sérieux. L’engagement entre les deux héros se précise pour notre plus grand bonheur. Même si leur entourage est majoritairement bienveillant, j’apprécie l’approche de l’auteure qui pense à tout de même mentionner les risques et les réactions négatives. Et il est amusant de constater qu’Ozaki commence à céder un tout petit peu aux demandes de son amant…

Je préfère en nature – Niyama

je prefere en nature niyama
Niyama にやま
ISBN: 9782382760017
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784801960985 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Titre original: ご利用は計画的に
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Un escroc au cœur d’artichaut qui craque pour une victime trop gentille et innocente.

Niyama sensei offre une comédie romantique et érotique avec un usurier trop gentil et obsédé pour se maintenir à flots. Elle alterne la narration entre Manami et Makoto. Malgré les nombreux passages érotiques, elle arrive à développer la psychologie de ses deux héros. Bien que leur premier rapport charnel soit forcé, Kanekura s’intéresse à son créancier et finit même par sympathiser avec lui, développant son sentiment amoureux. L’auteure entoure les deux hommes d’une palette de personnages amusants et intéressants comme le frère ainé surprotecteur, Godai Minoru (38 ans) ou l’insolent petit frère Kanekura Haruki (17 ans). Elle s’appuie beaucoup sur les caractères pour renforcer l’humour des situations. Elle complète ce volume avec une histoire en un chapitre jouant sur la métaphore de la banane.

La mangaka a un style reconnaissable avec des morphologies viriles. En plus, elle a un trait légèrement épuré. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques, donnant une bouille à ses personnages. D’ailleurs, ces expressions sont en général détaillées, de même que les petits gestes. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Les angles de vue plutôt variés dynamisent la mise en page. Niyama sensei ne censure pas les scènes érotiques. Au contraire, elle rend même les corps transparents pour montrer encore plus de détails. Il y a d’ailleurs une scène par chapitre. Sous la jaquette, se trouvent une planche d’anecdotes amusantes et la postface en image à lire à la fin du tome.

En résumé

Je préfère en nature / Retour à la nature: Godai Manami (28 ans) dirige une société de prêts illégaux avec Tetsu (23 ans). Mais ses finances sont plutôt mauvaises car il a tendance à accepter les paiements en nature quand le client lui plaît. Tetsu lui signale la disparition d’un de leur plus gros débiteur, Kanekura Shinji (58 ans), dont la société avait fait faillite. Ce dernier leur doit encore 18 millions de yens, intérêts compris. Ils décident donc de s’arranger avec la famille Kanekura, en particulier le fils Makoto (28 ans). Ce dernier cumule actuellement deux emplois pour subvenir aux besoins de sa famille. Toutefois, Manami, gay, craque immédiatement pour le jeune homme honnête, beau et musclé. Il lui propose alors de coucher avec lui pour 30000 yens par séance afin d’éponger la dette…
Magical Banana: Suma Ryôtarô (32 ans) apprend qu’il existe une banane légendaire qui rend heureux. Le chercheur passionné de bananes décide alors de partir à sa recherche. Mais il se blesse en glissant et est recueilli par Ryû (18 ans) qui vit seul sur l’île…

En conclusion

Le premier tome de My pretty policeman étant déjà classé neuvième dans les meilleurs manga au Chill Chill BL award 2018, ce titre se retrouve juste cité parmi les meilleurs manga originaux. Même si l’histoire est légère et met surtout en avant l’érotisme, je trouve que l’auteure a réussi à insuffler suffisamment de vie autour de ses personnages et à développer l’intrigue. On reconnaît son style narratif et graphique immédiatement. J’adore la conclusion de l’histoire principale. En plus comme j’aime les chiens, je suis complètement gaga devant les spitz nains, tellement chou.

Hitorijime my hero 2 – Arii Memeco

hitorijime my hero 2 arii memeco
ARII Memeco ありいめめこ
ISBN: 9782382760109
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784758072618 (JP)
Ichijinsha, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Difficile de passer du statut de héros à celui de petit ami.

Arii Memeco sensei continue à développer la tumultueuse histoire d’amour entre Setagawa et son héroïque professeur. Comparé au premier tome, elle se recentre sur le couple. Elle aborde encore la différence d’âge, remettant en question leur relation. Même si Kôsuke semble insouciant, il a tout à fait conscience que sa liaison pose problème pour son métier. Il est d’ailleurs tiraillé par ses sentiments, entre la joie de voir Masahiro s’ouvrir enfin aux autres et la jalousie provoquée par sa possessivité. L’auteure met en avant la surcharge de travail des jeunes professeurs qui cumulent les remplacements. Elle montre d’autres facettes des deux héros. Ainsi, Setagawa semble développer une certaine dépendance envers son petit-ami. De même, Ôshiba culpabilise de voler la jeunesse du lycéen. L’humour tourne principalement autour des quiproquos, des taquineries de Kôsuke ainsi que des interactions avec le groupe d’amis autour de Kensuke.

La mangaka a un trait épuré plutôt classique de style shôjo. En revanche, elle le simplifie à l’extrême et le déforme dans les passages humoristiques: par exemple, les visages se liquéfient littéralement avec la gêne. Elle utilise également beaucoup de trames graphiques. D’ailleurs, les décors alternent avec les trames. Le fond noir permet d’immédiatement identifier les flash-back. La mise en page dynamique est très efficace pour les gags. Arii sensei censure les scènes érotiques en se contentant d’y faire allusion ou en les suggérant. Elle dessine tout de même quelques préliminaires mais les cadrages leur procurent beaucoup de pudeur. Sous la jaquette, elle donne des dessins amusants.

En résumé

Ôshiba Kôsuke aime câliner Setagawa Masahiro mais le lycéen est beaucoup trop gêné quand il y a du monde comme à l’école ou chez les Ôshiba. Après avoir repoussé le professeur, il se lamente auprès de Hasekura qui n’a vraiment pas envie de l’écouter. Alors il le soudoie avec des coupons de ramen gratuites. Le soir, Kôsuke semble encore énervé d’autant plus qu’il doit également corriger les copies d’un collègue malade. Prétextant une sortie pour faire des courses, il emmène avec lui Masahiro mais se rend dans un love hotel. En réalité, il veut juste se réconforter de sa fatigue dans les bras de son bien-aimé. Mais il semblerait que ce soit encore trop gênant pour le lycéen…

En conclusion

L’auteure arrive à mélanger légèreté et questionnement. Elle prend donc un peu plus de temps pour développer son histoire mais la lecture reste vraiment agréable. J’adore le contraste entre l’apparence innocente de Masahiro et son côté pourtant entreprenant. Sa maladresse en amour est adorable. Je ne peux que souhaiter son bonheur!

10 dance 5 – Inoue Satoh

10 dance 5 inoue satoh
INOUE Satoh 井上佐藤
ISBN: 9782368777572
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784065167311 (JP)
Kodansha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

Suzuki arrivera-t-il à devenir le dieu de la danse comme l’espère Sugiki?

Inoue Satoh sensei présente le système des compétitions en nous plongeant directement dans un concours de danse. Elle s’intéresse d’abord à l’organisation, l’ambiance, aux sensations des compétiteurs et des juges. Par ailleurs, elle enchaîne les explications avec fluidité au fil des réflexions des personnages, sans interruption. Les danseurs rivalisent pour capter l’attention du public. Ainsi galvanisés entre défis et performances, ils se provoquent entre eux, incitant à se surpasser ou au contraire cassant le rythme. Le retour aux bases de Shinya permet de mettre en avant la différence d’appréciation entre public et jury. Comme dans le tome précédent, l’auteure continue de développer la relation entre les deux héros. Elle décrit avec finesse la difficulté à gérer leurs émotions. En effet, Sugiki se perd dans l’intensité de ses sentiments entre possessivité, dominance, attirance sexuelle, tandis que Suzuki préfère fuir l’évidence.

La mangaka a toujours un trait fin et réaliste. Néanmoins, elle exagère les expression en les simplifiant, augmentant l’impact humoristique. Elle travaille encore la sensualité des mouvements de danse latine. Les costumes et les décors sont soignés et variés. Par ailleurs, la mise en page très dynamique utilise la largeur des cases ou des pages pour exprimer l’ampleur des mouvements. Inoue sensei préfère transcrire la tension entre les personnages dans le seul passage érotique du tome, ne dessinant pas les organes génitaux. Elle donne des explications sur la création à la fin du tome. Sous la couverture, elle présente deux planches encore en croquis supprimées du chapitre 26. La jaquette ouverte reprend l’illustration du frontispice.

En résumé

C’est l’effervescence avant le grand prix du Japon. Le public attend beaucoup des têtes d’affiche de l’Open d’Asie, les champions du monde Alberto et Dolorès Bemer ainsi que les seconds, le couple formé par Gabriel Wilkins et Chloe Lindley. Depuis l’interview de Suzuki Shinya, le journaliste Mukai espère le voir battre les meilleurs. Mais son collègue Urashima essaie de lui faire comprendre qu’il sera malheureusement toujours troisième, d’autant plus qu’il fait partie des têtes de série. Même le directeur de la compétition, Matsunaga, incite le danseur à seulement défendre sa place. Pourtant, Sugiki Shinya a hâte de voir le féroce et terrible dieu de la danse qu’est devenu son ami. Contre toute attente, alors que son père fait parti du comité exécutif de la compétition, Suzuki décide de trahir ses attentes en participant aux premières séries de qualification avec Tajima Aki.

En conclusion

Ce tome a obtenu la dix-septième place de la meilleure série au Chill Chill BL award 2020. L’image dans laquelle Suzuki offre son cœur au public est à la fois magnifique et terrifiante. En plus, la fin du tome est riche en émotions et en rebondissements, faisant tomber d’un seul coup toute la tension accumulée durant la lecture. J’aime beaucoup l’image de l’amour donnée par les deux héros. En effet, leur admiration mutuelle les invite à surpasser l’autre mais le sentiment amoureux, bien que motivant, symbolise également une défaite car cela implique de céder à l’autre. Je trouve la réaction des deux partenaires très réaliste et logique. Laissez donc palpiter votre cœur en admirant Al, Gabe et Shinya danser!

Mother’s spirit 2 – Enzo

mother s spirit 2 enzo
Enzo エンゾウ
ISBN: 9782375062081
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784199607998 (JP)
Tokuma shoten, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

L’union de deux cultures différentes.

Enzo sensei reprend sa comédie romantique interculturelle en nous faisant découvrir la vie des Lutahs. Elle apporte une touche humoristique plus discrète avec les enfants et en jouant sur les décalages de compréhension. Ainsi, elle rappelle toujours que Qaltaqa est encore en apprentissage de la langue japonaise. A son tour, Ryôichirô fournit des efforts pour s’intégrer et découvrir la culture de son amant. Le couple est aidé par leur entourage. L’auteure met en avant la communication très présente au sein d’un couple mixte, l’ouverture d’esprit nécessaire pour comprendre et accepter son partenaire tel qu’il est. Elle aborde également le rejet par certains d’une relation avec un étranger, d’autant plus homosexuelle, ainsi que les inconvénients extérieurs que peut rencontrer un couple mixte. Deux histoires bonus permettent de découvrir la vision de l’amour de Qaltaqa grâce à un souvenir et le premier contact du couple avec la famille Tsuzuki.

Depuis le tome 1, sorti en 2017 en France, la mangaka a légèrement adouci son trait épuré. Elle le simplifie encore plus dans les passages humoristiques. Les contours sont épais. De même, on reconnaît toujours son style grâce au travail particulier des yeux cernés de noir. Par ailleurs, Enzo sensei met en avant la belle musculature des Lutahs. Elle varie également les trames pour leur peau mate. Elle soigne aussi les décors, rendant l’ambiance tropicale de l’île. La mise en page dynamique accompagne le rythme de lecture, offrant des pauses contemplatives avec les paysages et la plastique des personnages. En revanche, les scènes érotiques sont censurées par des points blancs. Sous la jaquette, se trouvent la postface en images et une planche donnant une anecdote amusante.

En résumé

L’enseignant Tsuzuki Ryôichirô et l’étudiant étranger Qaltaqa filent le parfait amour. De même, le frère du guerrier Lutah, Aknam, vient maintenant régulièrement au Japon pour découvrir les spécificités culinaires régionales, accompagné du directeur de l’université Kôjô. Pour les vacances d’été, Ryô propose alors d’aller dans le village natal de son petit ami. Accueilli chaleureusement, le Japonais s’intègre facilement dans la tribu mais les plus anciens n’apprécient pas sa relation avec le potentiel chef du village…

En conclusion

Même si ce tome ne se classe pas au Chill Chill BL award 2020, les lecteurs le citent parmi les meilleurs séries au scénario captivant. Je l’ai lu d’une traite! Du bonheur, de la douceur et un thème rarement abordé. En plus, le couple est tellement attendrissant. Et j’adore la conclusion. N’hésitez pas à lire cette comédie romantique positive.