Hitorijime my hero 7 – Arii Memeco

hitorijime my hero 7 arii memeco
ARII Memeco ありいめめこ
ISBN: 9782382760154
Hana, 2021
ISBN: 9784758077781 (JP)
Ichijinsha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

L’amour vu par un groupe d’adolescents.

Arii Memeco sensei fait une pause narrative en proposant quelques tranches de vie. Elle présente donc un peu le passé de Hasekura et Kensuke et développe le personnage secondaire, Fukushige Mitsuru. Ce dernier, en manque d’affection, nourrit un attachement particulier envers son ami. L’humour s’appuie principalement sur les réactions ou les situations insolites. Alors que la relation entre Kôsuke et Masahiro devient plus sérieuse, celle de Hasekura et Kensuke semble se dégrader. Ainsi, la différence de maturité entre les deux amis se fait sentir. L’auteure met en avant la difficulté à résister aux doutes et à l’attente placée dans le partenaire. Par ailleurs, elle met en évidence le comportement puéril de Shige qui influence son entourage et pose parfois problème. Elle brise également l’image du père de famille avec Ôshiba Takamori.

La mangaka a un trait épuré qui joue sur les pleins et déliés. Elle n’hésite pas à le déformer pour exagérer les expressions, renforçant ainsi l’humour. Les décors situent principalement l’action. Les trames d’ambiance, très graphiques, renforcent les émotions. La mise en page dynamique rythme la lecture. Comparé au tome précédent, Arii sensei arrête les scènes érotiques aux préliminaires. En fin de chapitre, un croquis apporte une anecdote amusante. De même, sous la jaquette, il y a un cosplay avec Shige mis en avant dans ce volume.

En résumé

Bien que Hasekura Asaya ait clairement conscience que son amour possessif et exclusif diffère de celui d’Ôshiba Kensuke, il ne peut s’empêcher d’espérer un changement réciproque. Alors quand son petit ami lui propose de coucher ensemble, il a du mal à y croire. Paniqué par sa propre audace, Kensuke fonce demander conseil à Setagawa Masahiro. Et après les cours, il va chez Hasekura. Toutefois, trop tendus tous les deux, ils finissent surtout par discuter.

En conclusion

Même si ce tome ne se classe pas parmi les meilleures séries au Chill chill BL award 2019, il est cité dans les meilleures séries accessibles. Ôshiba Kôsuke est dix-huitième meilleur seme et Setagawa Masahiro vingtième meilleur uke. Ayant lu Hitorijime boyfriend en japonais, j’apprécie beaucoup d’en apprendre un peu plus sur ce couple. Une lecture divertissante idéale pour se détendre!

Hitorijime my hero 6 – Arii Memeco

hitorijime my hero 6 arii memeco
ARII Memeco ありいめめこ
ISBN: 9782382760147
Hana, 2021
ISBN: 9784758076999 (JP)
Ichijinsha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Rien ne se passe comme on veut dans la vie. »

Arii Memeco sensei dilue l’humour pour aborder des sujets un peu plus sérieux. Elle met en avant les doutes qui apparaissent quand la différence d’âge et d’expérience se fait ressentir. Ainsi, Masahiro essaie par lui-même de dépasser ses inquiétudes et sa jalousie en communiquant mieux. Il prend même des initiatives dans les échanges avec son partenaire, pour notre plus grand plaisir. Kôsuke, quant à lui, confirme son amour en exposant de plus en plus son couple. Par ailleurs, l’auteure développe également la relation entre Hasekura et Kensuke en les mettant à l’épreuve. Elle interroge sur la différence et la limite entre amitié et amour. Elle met également en avant la nécessité de discuter dans un couple dès qu’un problème se présente. En parallèle, Yunge et Natsuo montrent d’autres facettes de leur personnalité. Les histoires bonus complètent certains chapitres en apportant des anecdotes amusantes ou tendres.

Le trait épuré de la mangaka s’affine. Elle exagère toujours autant les expressions en simplifiant son trait dans les passages humoristiques. Les décors apparaissent sur les plans larges, permettant de profiter un peu des paysages pendant la petite excursion. Les trames d’ambiance renforcent les émotions tandis que l’utilisation des autres trames reste équilibrée. La mise en page est dynamique et au service de l’action et de l’humour. Dans les scènes érotiques, Arii sensei évite de montrer les parties intimes en jouant sur les cadrages. Dans sa postface en manga, elle annonce la sortie du drama CD et de l’adaptation en anime. Sous la jaquette, elle offre un cosplay gothique lolita de Masahiro mais comparé au tome précédent, il est accompagné de Hasekura et Kensuke.

En résumé

Au ryokan, Hasekura Asaya semble sur le point d’embrasser Setagawa Masahiro. Mais il prend juste une photo qu’il souhaite envoyer à Ôshiba Kensuke pour le rendre jaloux. En effet, il ne supporte plus le comportement trop amical de son petit ami tandis que Masahiro file le grand amour sous ses yeux. Ce dernier tente de le raisonner, en vain. Ils sont interrompus par Kôsuke qui ne cache pas son agacement. De retour dans leur chambre, le lycéen finit par confier ses inquiétudes à l’enseignant. Kôsuke essaie alors de lui transmettre ses sentiments. Mais son petit ami, ému, fond en larmes avant de montrer plus franchement son désir…

En conclusion

Ce tome se classe à la dix-septième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2018. Ôshiba Kôsuke est dixième meilleur seme et Setagawa Masahiro huitième meilleur uke. L’humour absurde vient détendre l’atmosphère parfois tendue. D’ailleurs, l’auteure arrive encore à surprendre les lecteurs en faisant encore évoluer ses personnages peu à peu. Quel plaisir de voir Masahiro assumer ses désirs! En plus, j’aime beaucoup la réaction de Kensuke qui se torture les méninges pour comprendre les attentes de son petit ami. Une série toujours aussi agréable à suivre et sans baisse de rythme.

J’en peux plus, Sensei! 2 – Kashima Chiaki

j en peux plus sensei 2 kashima chiaki
KASHIMA Chiaki 嘉島ちあき
ISBN: 9782382760222
Hana, 2021
ISBN: 9784832291294 (JP)
Houbunsha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Comment peut-on dire « je t’aime » aussi facilement?

Kashima Chiaki sensei continue à malmener Satoru qui s’interroge sur le sentiment amoureux. Elle développe un peu plus son passé, donnant ainsi quelques explications à ses appréhensions. Par ailleurs, elle aborde la peur de l’abandon et du changement ainsi que la difficulté à se mettre à nu face à quelqu’un que l’on connaît à peine. Les apparitions d’Ayumu et Hasegawa apportent un peu de tendresse. Shishiô se montre patient et compréhensif avec son partenaire, s’adaptant à son rythme et à sa vision biaisée de l’amour. Après Masumi dans le premier tome, l’auteure développe les questionnements de Satoru. D’ailleurs, elle dépeint parfaitement les sentiments de ses personnages. Elle met en avant les compromis et les partages dans un couple, leur fragile équilibre. Un chapitre centré sur les héros d’Akihabara fall in love permet de montrer l’évolution de leur relation.

Le trait épuré de la mangaka allie à la fois la volupté des pleins et déliés et la rigueur des lignes anguleuses. Elle détaille les regards et les réactions avec finesse. De même, elle dessine des hommes aux traits virils. Les exagérations des expressions ajoutent une note humoristique, détendant l’atmosphère parfois mélancolique. D’ailleurs, quelques trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors apparaissent dès que les plans s’élargissent. De même, les trames sont équilibrées. La mise en page reste sobrement dynamique, privilégiant les interactions et les émotions des personnages. Kashima sensei censure à peine les scènes érotiques en simplifiant les parties intimes.

En résumé

Afin d’améliorer le récit de son manga, Satoru teste la colocation avec Shishiô Masumi depuis déjà plus d’un mois. Mais ils n’ont pas du tout les mêmes attentes. Alors que Shishiô tombe petit à petit amoureux du mangaka, ce dernier est de plus en plus convaincu qu’il ne connaîtra jamais l’amour. En effet, il a beau prendre du plaisir durant leurs ébats, il n’arrive pas à cerner le sentiment amoureux et reste de marbre devant les démonstrations d’affection. En plus, les doutes de Satoru commencent à impacter sa créativité, bridée par son côté perfectionniste. Persuadé que ses efforts sont vains, il préfère donc mettre fin à leur colocation…

En conclusion

Je fonds pour cette comédie romantique entre deux hommes qui s’interrogent beaucoup sur leur orientation sexuelle. Voir les uke prendre des initiatives est un pur régal. En plus, la dynamique du couple maintient un certain suspense.

J’en peux plus, Sensei! 1 – Kashima Chiaki

j en peux plus sensei 1 kashima chiaki
KASHIMA Chiaki 嘉島ちあき
ISBN: 9782382760215
Hana, 2021
ISBN: 9784832291287 (JP)
Houbunsha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Jusqu’où aller pour produire le meilleur manga boy’s love?

Kashima Chiaki sensei interroge sur l’essence-même du BL. Elle s’intéresse aux différences avec le shôjo, à la place de l’homme dans l’édition de ce genre considéré comme féminin. Elle revisite également quelques clichés. Ainsi, Masumi, tout en s’investissant dans son travail, se pose des questions sur la différence entre couple hétérosexuel et homosexuel. Il analyse constamment ses propres sentiments naissants face au mangaka impassible. Par ailleurs, l’auteure installe une dynamique intéressante avec un jeu de séduction ardu entre un uke entreprenant et un seme prévenant. Elle met également en évidence l’importance de l’amour et de la romance dans un récit BL. De même, elle dépeint une relation plutôt consentie qui se développe dans la discussion, l’explication et l’expérimentation. Le chapitre bonus s’attarde sur d’âpres négociations amusantes.

La mangaka a un trait épuré au premier abord simple mais efficace. Elle le simplifie davantage dans les passages humoristiques. De même, elle renforce l’humour avec les trames d’ambiance. L’utilisation des autres trames est plutôt équilibrée. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. J’apprécie particulièrement le jeu de la double vision avec une case scindée en deux représentant d’une part le fantasme et d’autre part la réalité. Kashima sensei censure à peine les scènes érotiques. Toutefois, elle détaille peu les parties intimes et joue sur les cadrages, privilégiant la sensualité des images.

En résumé

Shishiô Masumi, qui travaillait pour un magazine shôjo, a été transféré à la section boy’s love du département éditorial Kaen. Bien qu’il ait encore du mal à comprendre le concept et les attentes du public, sa supérieure Aoyama lui confie des dôjinshi pour repérer de nouvelles auteures. Le travail de Miss Akina, en particulier la précision de son graphisme des attributs masculins, retient l’attention du jeune éditeur et il lui donne donc rendez-vous. A sa surprise, un jeune commercial en costume se présente à lui: Akiba Satoru accepte alors de réaliser un premier manga. Mais un jour, il l’appelle, gêné. Ayant besoin d’un modèle pour dessiner, il lui demande de jouer les mannequins. Et les deux hommes se retrouvent donc dans un love hotel

En conclusion

Ce spin-off de Akihabara fall in love présente la romance du frère d’Ayumu. Une histoire mignonne avec des personnages tellement attachants. L’auteure pointe du doigt les stéréotypes sur le BL avec pertinence et invite les lecteurs du genre à s’interroger un peu sur leur passion. J’apprécie particulièrement de voir Shishiô s’interroger sur son orientation sexuelle. Du pur bonheur!

Familiar relation between you and me – Koshino

familiar relation between you an me koshino
Koshino 腰乃
ISBN: 9782368774830
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784796407069 (JP)
Kaiohsha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Pourquoi je serais amoureux de toi? C’est toi qui es amoureux de moi! »

Koshino sensei offre une comédie érotique avec un seme égoïste et un uke râleur. Elle aborde avec humour un thème différent à chaque chapitre: par exemple, l’impuissance, le rasage des poils pubiens, le bondage, les sex toys. Takashi, un gay pervers assumé, manipule son ami d’enfance pour expérimenter divers jeux sexuels. Il a malheureusement tendance à le forcer. Malgré des relations au premier abord non consenties, on remarque que Satoru résiste bien quand il ne veut réellement pas faire quelque chose. L’auteure base justement la dynamique de son récit sur les contestations de l’uke jusqu’à ce qu’il cède. Elle décrit avec finesse les sentiments partagés entre les deux héros qui n’arrivent à communiquer qu’en se chamaillant. D’ailleurs, elle concentre la narration uniquement sur le point de vue de Satoru. En fin de chapitre, des répliques marquantes sont reprises.

La mangaka a un trait particulier reconnaissable, simple et incisif. Elle dessine des corps finement musclés. De même, elle ne respecte pas forcément les proportions, privilégiant la dynamique du dessin. Ses contours sont assez épais. Les réactions extrêmes déforment les expressions. Comme les pages sont très chargées, Koshino sensei évite de les alourdir avec des trames consacrées à l’ombre et à la coloration. Elle intègre les décors dès que le cadrage s’élargit. La mise en page d’abord classique reste tout de même efficace et dynamique. Dans les scènes érotiques, des bandelettes blanches censurent les parties intimes. Il y a une scène érotique à chaque chapitre. En fin de tome, des yonkoma donnent la version de l’histoire du point de vue de Tamotsu.

En résumé

Satoru (23 ans) découvre que son ami d’enfance Takashi (23 ans) est revenu vivre dans la maison en face de chez eux. Très proches jusqu’au lycée, ils n’ont plus communiqué depuis qu’il a surpris son ami en train de se masturber sur ses photos de classe. En plus, il a appris qu’il déménageait à Nagano par la mère de Takashi. Mais sa mère et son frère, Tamotsu, lui confient un logiciel et de la nourriture à lui ramener. Toutefois, Satoru est choqué en voyant Takashi se comporter comme si rien ne s’était passé. Alors qu’il s’est morfondu tout en pensant à lui pendant cinq ans…

En conclusion

Ce one-shot obtient la huitième place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2016. L’auteure est assez connue dans l’univers des BL pour ses comédies et gag manga avec des personnages souvent maladroits en amour. J’adore la dynamique entre ses seme et uke. Ici, le scénario semble un peu léger mais j’apprécie beaucoup Satoru qui réalise très bien qu’il provoque indirectement Takeshi en plongeant dans ses pièges. Même si ce n’est pas le meilleur titre de la mangaka que j’ai lu, j’espère que l’on aura d’autres de ses œuvres.

Repeat after me? 2 – Fuwa Shinri

repeat after me 2 fuwa shinri
FUWA Shinri 不破慎理
ISBN: 9782351805497
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784862638335 (JP)
Libre, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Des amours interculturels entre professeurs de langue.

Fuwa Shinri sensei continue sa comédie romantique sur les échanges internationaux en développant l’histoire de deux couples d’enseignants. Bien qu’elle aborde les différences culturelles et la difficulté à communiquer quand on ne maîtrise pas une langue ou que l’on a des préjugés sur une nationalité, elle met surtout en avant des personnages au caractère opposé. Ainsi, le désinvolte Français Cyrille exaspère le sérieux Anglais Siegfried. Au contraire, l’enjoué Américain Diego Lopez (30 ans) cherche à mieux cerner le froid et taciturne Allemand Erhard Frühling (28 ans). La narration se base principalement du point de vue de Sieg et Diego. Comme dans le tome précédent, l’auteure montre le développement du sentiment amoureux entre ses héros ainsi que l’évolution de leur relation. Elle donne toutefois une image idéalisée de l’enseignement. En bonus, elle laisse planer le mystère sur l’amour d’Imai.

Le style graphique de la mangaka est reconnaissable: yeux longs et fins, corps longilignes et anguleux, visages plutôt pointus. Elle a un trait épuré et léché qu’elle simplifie dans les passages humoristiques, rendant ainsi les expressions explicites et mignonnes. Les trames d’ambiance renforcent les fortes émotions. Par contre, les décors soignés situent surtout l’action. La mise en page est dynamique. Fuwa sensei résume les scènes érotiques à l’essentiel, ne dessinant aucun détail et écourtant même les préliminaires.

En résumé

Le professeur anglais Siegfried Hugo Forgus (25 ans) se réveille aux côtés de son collègue français Cyrille Berthollet (32 ans), après une soirée bien arrosée. Comme il ne se souvient de rien, le dragueur invétéré l’embrasse sans prévenir. Choqué, l’Anglais se demande comment il aurait pu céder au désinvolte Français qu’il déteste. Mais les deux professeurs vont devoir travailler ensemble, ayant accepté de donner des cours dans un club huppé de Ginza. Sieg perd soudain son sang-froid en découvrant que les hôtesses possèdent une photo d’un baiser entre lui et son collègue. En fuyant, il bouscule un client éméché qui le prend pour une femme à cause de ses longs cheveux. Mais Cyrille vient à son secours et lui vole encore un baiser en guise de remerciement. Le lendemain, Forgus se fait sermonner par Imai Atsushi qui a également reçu la photographie compromettante.

En conclusion

Le côté un peu fleur bleue ainsi que le comportement un peu limite de Cyrille, qui se passe de consentement clair, pourra déranger certains lecteurs. Pour ma part, entre la galerie de beaux gosses et le romantisme du récit, j’ai passé un agréable moment de lecture. J’adore particulièrement les bouilles des personnages très expressives et mignonnes dans les passages humoristiques! Une courte série idéale pour se détendre.

Repeat after me? 1 – Fuwa Shinri

repeat after me 1 fuwa shinri
FUWA Shinri 不破慎理
ISBN: 9782351804759
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784862636461 (JP)
Libre, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Je vais te faire maîtriser l’anglais en trois mois! »

Fuwa Shinri sensei narre une comédie romantique entre un professeur d’anglais américain et un salaryman japonais bourré de préjugés. Elle aborde ainsi les différences culturelles entre étrangers et Japonais et l’investissement personnel à fournir pour apprendre une langue. En effet, Yûnosuke a tendance à fuir les difficultés et ne voit pas l’utilité d’apprendre une langue étrangère. Nigel, polyglotte et pratiquant également la langue des signes, apprécie ceux qui font des efforts, fortement influencé par son frère sourd, Jared. L’auteure présente les autres professeurs et élèves au fil des rencontres. Toutefois, elle n’évite pas quelques stéréotypes comme le Français dragueur ou le Chinois privilégiant la médecine traditionnelle. Elle développe principalement l’évolution de la relation entre le professeur et son élève. Leur attirance mutuelle va leur permettre de s’ouvrir l’un à l’autre. En bonus, un échange culturel ajoute une touche humoristique.

La mangaka a un trait épuré, léché et anguleux, avec un style graphique immédiatement reconnaissable. Elle dessine des visages ovales aux yeux souvent effilés. Dans les passages humoristiques, elle simplifie son trait, n’hésitant pas à arrondir complètement les têtes. Les personnages, plutôt sveltes, offrent une véritable palette de beaux gosses que l’on peut admirer sur le poster d’introduction. Les décors soignés alternent avec les trames d’ambiance. D’ailleurs, ces dernières accompagnent les émotions. De même, les trames sont variées et équilibrées. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Fuwa sensei ne montre que l’essentiel, jouant sur les angles de vue pour cacher les parties intimes. En fin de chapitre, elle présente les personnages en utilisant Imai Atsushi, qui s’occupe des tâches administratives de SLA. De même, il y a des poupées de papier des personnages en SD à la fin du tome pour jouer au sumo.

En résumé

Shiga Yûnosuke (26 ans) travaille dans le secrétariat d’une grande entreprise mais il ne maîtrise pas du tout l’anglais. Son chef l’envoie en stage à la Shiratori language academy (SLA) où il devra se former en 3 mois. Devant le manque de motivation de son employé, il le menace de le virer s’il échoue. Mais Shiga doute du sérieux de l’école qui paraît un peu trop luxueuse. En plus, son professeur Rhodes Nigel (23 ans), américain, cache un double visage. Alors qu’il affiche toujours un sourire avenant dans les cours en groupe, il se transforme en vrai démon tyrannique durant les cours individuels. Comme Yûnosuke ne progresse pas, n’arrivant pas à saisir l’utilité de cette langue, il se dispute souvent avec son professeur. Ce dernier décide alors de le prendre en stage intensif en interne.

En conclusion

J’adore l’évolution de Shiga, qui se comportait comme un enfant gâté au départ. Même si il prend du temps pour comprendre son caractère buté et fermé, ses réactions sont amusantes. Comme à son habitude, l’auteure maîtrise la dynamique entre ses personnages. D’autres couples apparaissent en arrière-plan mais Fuwa sensei se concentre uniquement sur la relation entre les deux héros, offrant un récit plutôt abouti. Du bonheur, de la romance et des frictions interculturelles!

Si tu insistes… – Niyama

si tu insistes niyama
Niyama にやま
ISBN: 9782382760727
Hana, 2021
ISBN: 9784801969827 (JP)
Takeshobo, 2020 (JP)
Titre original: そんなに言うなら抱いてやる
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

Un jeu de séduction entre deux hommes fiers.

Niyama sensei offre une comédie romantique avec deux salarymen aux caractères exacerbés qui s’affrontent dans un jeu de séduction. Shinobu, gay, se préserve des confrontations et des relations approfondies en cachant son physique attrayant et son orientation sexuelle au travail. Son côté sournois le rend un peu taquin. Hikaru, quant à lui, narcissique, aime être le centre de l’attention et cherche constamment à prouver son charme. Pourtant, il possède encore un côté naïf qui le rend adorable. En se découvrant, les deux hommes vont faire tomber leurs préjugés l’un sur l’autre et leurs sentiments vont petit à petit évoluer. L’auteure aborde ainsi le jugement sur l’apparence et la double vie que les deux hommes mènent entre travail et privé. Elle alterne la narration entre Urakawa et Omoteya, permettant aux lecteurs de découvrir leurs réflexions. Les jumeaux du bar apportent en plus une touche mignonne et loufoque avec leur cosplay.

La mangaka a un trait épuré légèrement léché. Elle porte attention aux petits gestes mais travaille surtout l’expression des visages. Shinobu a une magnifique musculature mais Hikaru, qui paraît plus sec, possède également des muscles fins. Les trames d’ambiance renforcent principalement les effets comiques. Par exemple, Omoteya étincelle littéralement entouré de roses. De même, l’utilisation des trames en général est variée mais reste équilibrée. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page dynamique rythme la lecture, avec des cases contemplatives. Niyama sensei ne censure pas les scènes érotiques. Sous la jaquette, elle dévoile l’art du camouflage de Shinobu.

En résumé

Au bureau, Urakawa Shinobu joue à l’employé médiocre en se camouflant derrière une tenue négligée et des lunettes aux verres épais. D’ailleurs, il ne supporte pas Omoteya Hikaru, un employé beau gosse et prétentieux considéré comme un prince. Ce dernier veut toujours le conseiller sur sa tenue. En réalité, Urakawa cache sa réelle apparence pour ne pas attirer les femmes. Gay, il aime draguer tranquillement le soir dans son bar préféré, Caprice, où il n’hésite pas à afficher son magnifique physique. Mais un jour, Omoteya remarque que son ami Tôya lit un magazine sur l’amour entre hommes. Comme leur rendez-vous avec des filles est annulé, il lui propose alors de venir avec lui dans un bar, ayant envie de tester son charme sur les hommes. Nin Nin désespère en le découvrant par hasard dans son petit paradis.

En conclusion

Ce one-shot obtient la deuxième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2021. Urakawa Shinobu est classé premier meilleur seme tandis qu’Omoteya Hikaru est septième meilleur uke. L’auteure mène parfaitement le jeu entre les deux personnages, équilibrant l’humour, la romance et les scènes érotiques. Malgré des caractères désagréables, les personnages sont attachants. Quel plaisir de voir Shinobu et Hikaru céder peu à peu à l’amour, chacun ayant l’impression de se faire mener par l’autre! Comme d’habitude, Niyama sensei nous offre une histoire prenante, amusante et adulte.

Happy shitty life 2 – Harada

happy shitty life 2 harada
Harada はらだ
ISBN: 9782382760468
Hana, 2021
ISBN: 9784801971448 (JP)
Takeshobo, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« On n’a pas à juger des préférences sexuelles des autres. »

Harada sensei continue à présenter avec humour les frasques de Kasuya et Kuzuya en perpétuelle recherche de satisfaction de leurs fantasmes. Elle joue sur le contraste entre leur libido débordante et les difficultés pour la satisfaire à la campagne. Un certain équilibre s’installe entre eux grâce au partage de pratiques et d’idées farfelues. Toutefois, l’évolution de leurs sentiments reste plutôt absente. Leurs délires s’enchaînent, exacerbés par leurs caractères égoïstes et pourtant naïfs. L’auteure tourne en dérision les fantasmes que l’on retrouve dans les œuvres érotiques. En introduisant Koma Kotarô, qui aime l’ero-guro, elle aborde indirectement les difficultés des minorités sexuelles, dénonçant au passage le jugement du regard extérieur très critique. Par ailleurs, elle brouille la limite entre réalité et fantastique avec les interventions autour du dieu.

Le trait fin et léché de la mangaka est immédiatement reconnaissable. Elle joue sur les pleins et déliés donnant une forte expressivité à son trait. Dans les passages humoristiques, elle exagère les expressions accentuant l’effet comique. Les trames sont très variées. En plus, les trames d’ambiance accompagnent également les émotions. De même, les décors sont très détaillés avec par exemple, la texture des tatamis. Les paysages ajoutent aussi une touche réaliste. Ainsi, les contrastes sombres et clairs ressortent particulièrement. La mise en page dynamique joue surtout sur les variations d’angles de vue et des ellipses bien intégrées. Harada sensei ne censure pas ses scènes érotiques. Sous la jaquette, elle présente Kasuya Kyôtarô (30 ans).

En résumé

Kasuya Kyôtarô, n’arrivant pas à faire du bondage tout seul, demande de l’aide à son voisin Kuzuya Yoshiyuki. Il le trouve également en train de se soulager seul devant une vidéo. Après l’avoir bien attaché, Kuzuya remarque alors qu’il manque des piles dans la télécommande du vibromasseur et va immédiatement en chercher en abandonnant son ami encore ligoté. En chemin, il croise une jeune femme tombée dans une rizière. Tsubaki est venue voir son ex que son père l’a forcée à plaquer. Le jeune homme l’emmène donc au bar de Sakura pour qu’elle puisse emprunter des vêtements secs mais les deux jeunes femmes se connaissent. Elles fêtent donc leurs retrouvailles en compagnie de Kuzuya en papotant autour d’un verre…

En conclusion

Ce tome obtient la cinquième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2021. Kasuya Kyôtarô est classé dix-neuvième meilleur seme. Une histoire toujours aussi amusante et délirante! Par contre, comparé au tome précédent, je trouve que l’humour a un peu moins de mordant. Pour ma part, j’ai beaucoup ri sur l’élevage des vers et cela m’a même donné envie d’en découvrir un peu plus sur l’espèce. J’apprécie beaucoup l’approche saugrenue de l’auteure pour traiter néanmoins en profondeur différents sujets.

Electric delusion 4 – Nekota Yonezou

electric delusion 4 nekota yonezou
NEKOTA Yonezou ねこ田米蔵
ISBN: 9782351807828
Taifu comics, 2013
ISBN: 9784864364911 (JP)
Core magazine, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Encore quelques combats à mener avant de vivre le parfait amour!

Nekota Yonezou sensei conclut sa série en dévoilant ce que deviennent tous les personnages. Elle sème encore quelques obstacles sur le chemin de l’amour du couple, pour renforcer leurs sentiments et leur confiance enfin acquise. Shunpei se confronte à la jalousie, au sentiment de délaissement et à la frustration sexuelle à cause de l’abstinence forcée. Le ton devient plus léger et humoristique, avec les machinations de Satonaka qui arrive à manipuler plusieurs personnes pour arriver à ses fins. L’auteure met en avant l’imagination débordante de Fumi, ainsi que son côté un peu pervers. Elle introduit Sakamoto Nanami afin d’offrir également un happy end pour Hagami. L’humour est très présent dans ce tome et se répercute également dans les chapitres bonus, avec Satonaka puis nos tourtereaux.

La mangaka a un trait épuré plus fin et léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. La tête du chien est très rigolote. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Nekota sensei censure à peine les parties intimes en dessinant moins de détails. Il y a d’ailleurs beaucoup de passages fan service comparé au tome précédent grâce à Nanami et Hagami. Sous la jaquette, elle donne un petit jeu de l’oie personnalisé avec les personnages, une illustration avec une anecdote sur les deux amis d’enfance quand ils étaient petits ainsi que sa postface sous forme de dé.

En résumé

Motoki Fumihiro rayonne de bonheur depuis que Yamana Shunpei arrive enfin à se lier corps et cœur avec lui. Pourtant, le lendemain soir, malgré l’ambiance torride entre eux, son petit ami refuse de coucher avec lui sous prétexte qu’il n’est pas préparé. Il lui avoue alors qu’il l’avait fait la veille car ils finissent toujours au lit à chaque réconciliation. Bien que Fumi assure être content, les jours suivants, il évite Shunpei et passe son temps à observer son téléphone. Persuadé que son petit ami le trompe, Shunpei demande donc à Satonaka Yoshito de lui donner une corde pour le bondage. Mais il l’utilise en fin de compte pour passer par les balcons et espionner Motoki. Il tombe alors nez à nez avec un chien dont Fumi est complètement gaga. Sa mère l’a ramené après une soirée arrosée et l’a en plus appelé Shunpei!

En conclusion

Ce dernier tome, beaucoup moins sérieux, enchaîne les situations comiquse pour mon plus grand plaisir. En plus, l’auteure offre un presque happy end à tous ses personnages.