Hitorijime my hero 1 – Arii Memeco

hitorijime my hero 1 arii memeco

ARII Memeco ありいめめこ
ISBN: 9782368777695
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784758071789 (JP)
Ichijinsha, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

L’admiration d’un faible et impuissant lycéen pour son beau héros se transformera-t-elle en amour?

Arii Memeco sensei offre une comédie romantique entre un professeur atypique et un lycéen renfermé ayant une mauvaise opinion de lui-même. Elle met clairement en avant les 12 ans de différence entre les deux héros qui s’interrogent sur l’immoralité de leur relation. Néanmoins, elle exagère beaucoup les caractères des personnages. Ainsi, Setagawa est tellement gentil qu’il se fait facilement exploiter. Son manque de confiance en lui l’empêche d’accepter l’évidence de ses sentiments. Kôsuke ressemble plus à un délinquant qu’à un professeur, aimant manipuler les jeunes. Autour de Ken gravite tout un groupe d’amis qui apportent une touche d’humour. L’auteure développe peu la peur de Masahiro d’être homosexuel, la tournant en effet comique. Elle s’appuie beaucoup sur le couple formé par Hasekura et Kensuke, développé dans son autre manga Hitorijime boyfriend. Malheureusement, cela brouille un peu la compréhension de l’histoire.

La mangaka a un trait épuré et fin. Elle le déforme dans les passages humoristiques, abusant du comique graphique. Par exemple, le personnage se décompose en dégoulinant ou la raison de Masahiro s’envole sur une fusée. Les trames d’ambiance et les décors sont équilibrés. La mise en page reste dynamique malgré quelques pages surchargées. Arii sensei évite de montrer les passages érotiques. Elle conclut ses chapitres par des croquis humoristiques. De même, elle présente ses croquis en fin de tome. Sous la jaquette, deux illustrations amusantes donnent des anecdotes hors contexte. Au contraire, l’illustration couleurs du frontispice met en avant le quotidien des deux héros.

En résumé

Avec son enfance difficile, Setagawa Masahiro ne croit pas aux héros. Il se contente donc de faire le larbin pour une bande de voyous menée par Tôru, préférant éviter de rentrer chez lui. Mais ces derniers sont battus par le légendaire « Kumagoroshi », un professeur de mathématiques qui corrige les délinquants. Dans un parc, il croise alors un ami de primaire, Ôshiba Kensuke, qui a trouvé un chaton abandonné. Il l’accompagne chez lui pour le conseiller, mais Ken redoute le retour de son frère aîné. En effet, Ôshiba Kôsuke s’avère être le redresseur de torts. Depuis, admiratif, Setagawa est devenu son disciple. Mais le professeur remarquant son regard envieux sur le couple formé par son petit frère et Hasekura Asaya, essaie de lui faire comprendre ses sentiments profonds.

En conclusion

Ce tome a obtenu la dix-septième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2012. La série a également eu droit à une adaptation animée en 2017. Le côté passif de Setagawa peut énerver. Mais je suis rapidement tombée sous le charme de cette série. J’apprécie beaucoup l’ambiance entre les différents personnages. La romance n’est pas forcément le thème principal de ce titre mais plutôt l’évolution de Masahiro.

Twinkling star dial – Natsume Isaku

twinkling star dial natsume isaku

NATSUME Isaku 夏目イサク
ISBN: 9782351806296
Taifu comics, 2012
ISBN: 9784862637031 (JP)
Libre, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

La médecine peut-elle soigner deux maladroits en amour?

Natsume Isaku sensei propose de suivre une romance entre un médecin citadin qui se retrouve à la campagne et son hébergeur taciturne. Elle met en avant la vie à la campagne entre entraide, travail harassant et un grand nombre de personnes âgées. Elle ménage aussi le suspense en dévoilant au fur et à mesure des détails dramatiques sur les deux héros. Ainsi, la narration se concentre sur Toba. Malgré un premier contact difficile, le médecin cherche d’abord à comprendre le comportement différent de Kazushige. Certains personnages extravagants permettent de détendre l’atmosphère. Grâce à Ichirô, l’auteure fait avancer la romance, obligeant Toba à se questionner sur ses sentiments. Elle décrit avec finesse comment se crée le lien entre le médecin et Kazu. Finalement, leur passé douloureux leur permet de s’ouvrir peu à peu l’un à l’autre.

La mangaka a un trait épuré et simple. Elle rend tout de même les pleins et déliés des contours. Dans les passages humoristiques, elle exagère les expressions. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. D’ailleurs, les trames pour colorer ou ombrer sont équilibrées. La mise en page dynamique et efficace fluidifie la lecture. Natsume sensei montre peu de détails dans les scènes érotiques, jouant sur les cadrages. Elle met en scène le couple à différents stades de leurs relations dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Le jeune médecin Toba Yôsuke (28 ans) vient s’installer à Yamanomachi, en pleine campagne, mais il s’est perdu en chemin. Il croise alors Suga Kazushige (23 ans), un jeune homme bourru qui le guide. Alors que les habitants accueillent chaleureusement le médecin, très attendu, Suga se montre froid. Malheureusement, en inspectant le logis fraichement rénové, son futur assistant, Sawamura Ichirô (23 ans), casse les tatamis de la chambre. Toba se retrouve donc hébergé par son voisin, Kazu. Ce dernier se montre désagréable avec son hôte. Quand Toba essaie de briser la glace, admirant les étoiles si rares dans le ciel de Tokyo, le jeune homme lui saute dessus pour le draguer. Mais il n’a pas le temps d’en discuter car dès le matin, il reçoit la visite de la vieille Ume qui a le dos coincé. Toutefois, Yôsuke se demande pourquoi Suga vit seul, reclus, dans sa grande maison.

En conclusion

Au premier abord simple, le scénario est plus profond qu’il n’y paraît, sans tomber dans le mélodrame. Au contraire, l’auteure propose une approche positive, avec une solution réaliste. De même, elle a vraiment bien développé le caractère de ses personnages. J’aime beaucoup le côté enfantin de Kazushige qui se fait rééduquer gentiment par Yôsuke, qui lui fait comprendre que le non consentement est primordial dans une relation. Même si le médecin cède parfois aux avances, il ne se gêne pas de secouer le jeune homme avec douceur. Cette dynamique entre eux me plaît et je regrette même que le tome se termine si vite!

Celui que j’aime, ou presque – Harada

celui que j aime ou presque harada

Harada はらだ
ISBN: 9782368776209
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784864421805 (JP)
Tokyo mangasha, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

Du harcèlement moral au harcèlement sexuel, il n’y a qu’un pas. Et l’amour dans tout ça?

Harada sensei propose de suivre une romance entre un chef de bureau autoritaire et son subordonné timide. Elle s’intéresse à la position et l’inversion du dominant et dominé dans un couple où la hiérarchie s’impose déjà fortement. Même si la relation débute surtout par des rapports forcés, elle développe les sentiments des personnages. L’amour naît peu à peu entre les deux hommes. Yoneda paraît d’abord antipathique avec un sale caractère. Obstiné, colérique, fier, il comble son manque de confiance en s’acharnant sur Iida. Ainsi, l’auteure joue donc sur le harcèlement moral et sexuel pour construire son histoire. Elle introduit deux collaborateurs qui vont tenter de semer la zizanie entre les deux salarymen: Mugita et Ineda. La narration donne principalement le point de vue d’Iida. Les dialogues sont parfois vulgaires. Le chapitre « Une bonne correction » complète ce tome, abordant sous un autre angle la manipulation par le dominé.

La mangaka a un trait épuré, légèrement plus simple que ses séries actuelles. Elle rend parfaitement le regard mauvais ou fuyant de Yoneda, avec divers degré de frustration ou de gêne. Elle privilégie le contraste du noir et blanc. Cependant, il y a toute de même quelques trames d’ambiance. Les décors permettent de situer les actions. L’usage des trames est équilibré. Par ailleurs, la mise en page reste dynamique bien que classique. Harada sensei censure les parties intimes par des hachures dans les scènes érotiques. Elle en met à presque chaque chapitre et détaille les moments érotiques où les caractères basculent. Sous la jaquette, elle présente les personnages.

En résumé

Celui que j’aime, ou presque / Bonus / Se vanter de son petit ami / Le dire en mots: Le timide Iida subit chaque jour les remontrances de son supérieur Yoneda, qui n’hésite pas à lui crier dessus. Un soir, lors d’une sortie entre collègues, le sermon du supérieur légèrement alcoolisé dérive sur la sexualité et les amours de l’employé. Apprenant qu’Iida est puceau, Yoneda demande alors de sortir avec lui. Pourtant, il continue à le harceler moralement et à l’humilier pendant leurs ébats. Mais un jour, Iida craque suite à une parole de trop et ne se laisse plus faire. Désespéré, Yoneda accepte alors de faire ce que son partenaire demande pour se réconcilier.
Une bonne correction: Seta tient fièrement une boutique de gadgets mais n’a malheureusement pas de clients. En parallèle, il vend en ligne des jouets érotiques pour homosexuels. Un jour, il surprend un étudiant, Migita, en plein vol à l’étalage mais le gamin le menace. Le vendeur décide alors de le punir à sa manière.

En conclusion

Ce manga a obtenu la vingt-deuxième place au classement du Chill Chill BL award 2015. Le style de l’auteure se reconnaît immédiatement avec son approche parfois dure et sombre de certains sujets, en particulier dans les rapports charnels. Pourtant, l’inversion entre le seme et l’uke démontre que la position dans un couple gay n’est pas forcément une question de physique ou de caractère. Ce n’est pas aussi profond que les dernières créations de la mangaka, mais je me suis tout de même amusée à suivre les frasques des quatre protagonistes. Un titre pour les fans de Harada sensei!

Despicable – Psyche Delico

despicable psyche delico

PSYCHE Delico 彩景でりこ
ISBN: 9782368775370
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784801953819 (JP)
Takeshobo, 2015 (JP)
Titre original: 犬も喰わない
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Même un chien ne s’interposerait pas dans une querelle entre trois hommes insatisfaits. »

Psyche Delico sensei propose de suivre deux triangles amoureux avec des amours contrariés où la manipulation prend le dessus sur les sentiments. En parallèle, elle présente également l’aventure amoureuse d’un autre membre de l’agence de détectives, s’amusant sur la différence d’âge et le comportement inversé avec le lycéen qui se montre plus sensé que l’adulte. Comme à son habitude, ses personnages ont des penchants déviants, n’arrivent pas à exprimer normalement leurs sentiments et passent par des moyens détournés pour arriver à leurs fins, s’enlisant dans des liens toxiques. L’auteure met en scène des relations cyniques, maintenant un certain suspense sur les réactions des protagonistes. Néanmoins, dans le dernier récit, elle aborde différemment la narration, remontant les souvenirs pour dévoiler au fur et à mesure les différents liens entre les personnages.

La mangaka a un trait fin et épuré mais avec une petite touche réaliste, n’oubliant pas les rides naissantes des hommes mûrs. Néanmoins, elle simplifie ses traits dans les passages humoristiques. Parfois, elle dédouble certains contours, donnant un aspect croquis. Quelques trames d’ambiance renforcent les sentiments des protagonistes. De même, les décors sont soignés. La mise en page assez classique offre parfois des planches très dynamiques. Les scènes érotiques sont censurées par des hachures sur les parties génitales ou simplement par l’absence de traits. D’ailleurs, Psyche sensei évite de montrer trop de détails en jouant sur les cadrages et en écourtant les passages.

En résumé

Despicable: Utsugi travaille pour l’agence de détectives Nakashima Akira. Actuellement, il est en filature pour le professeur Yamashiro Seinosuke qui cherche des preuves sur l’infidélité de sa femme. En effet, l’épouse semble le tromper avec Okuzono Shûji, un professeur de la même université. Comme son client ne manifeste aucune surprise à cette annonce mais nie connaître ce collègue, le détective approfondit l’enquête et découvre que les deux hommes ont un passé commun depuis le lycée: Okuzono séduit systématiquement les conquêtes de Yamashiro. Cependant Utsugi connaît également Okuzono qu’il avait rencontré dix ans auparavant quand il travaillait dans un café. Il en était tombé amoureux mais l’homme l’avait rejeté, prétextant être prisonnier d’un amour sale et monstrueux. Alors, il propose à Yamashiro de le libérer de cette relation toxique.
Crise de la trentaine: Après sept ans de vie commune, la petite amie de Shôji (30 ans), Saito Mayumi, l’a quitté. Le détective déprime mais le lycéen Shiina Akane (18 ans), qui travaille dans l’agence, n’arrête pas de lui faire la morale. Un soir, l’adolescent le prend même en filature…
Photographie / Déclaration / Os: Otohiro est décédé seul dans son appartement. Ses deux amis de longue date, Daigo et Masaki, se retrouvent dans son studio à ressasser les souvenirs. Les langues se délient alors. En effet, depuis que Daigo avait épousé Katsuko, la sœur d’Otohiko, les deux amis ne se fréquentaient plus. Et Masaki entretenait également une relation secrète avec son ami décédé.

En conclusion

Ce recueil obtient la sixième place du meilleur manga original au Chill Chill BL award 2016. Cependant, comparé à sa série phare La cage de la mante religieuse, la noirceur de ce titre est plus légère. Le chapitre « Crise de la trentaine » introduit même une touche d’humour, dénotant avec le reste du tome. Malgré le format court qui ne permet pas d’approfondir le scénario, l’auteure arrive tout de même à transmettre l’essentiel. J’apprécie particulièrement la présence d’hommes mûrs. En revanche, les fans de ce genre risquent d’être un peu déçu par le manque de profondeur dans le drame psychologique.

Sur un malentendu, ça peut marcher! – Owal

sur un malentendu ca peut marcher owal

Owal おわる
ISBN: 9782368776131
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784801956148 (JP)
Takeshobo, 2016 (JP)
Titre original: 思い違いが恋の種
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Parfois, un malentendu peut être l’élément déclencheur qui fait naître un amour sincère! »

Owal sensei offre une romance érotique plus profonde qu’elle ne paraît au premier abord. Elle maintient un certain suspense en ne révélant le passé douloureux de Hôjô que par brides. Elle développe également les personnalités de ses personnages au fil des chapitres. Ainsi, l’expert en chirurgie cardiaque, Misaki Yôsuke, devient de plus en plus détestable. Kurono, épris d’amour, se montre persévérant et honnête sur ses sentiments. Néanmoins, Hôjô évolue le plus: s’ouvrant petit à petit, il devient adorable, fragilisé par la peur d’être à nouveau blessé par un hétérosexuel. Même si la relation commence par un quiproquos et une mauvaise interprétation des réactions, l’auteure met en avant le consentement. Ainsi, quand Kurono agit brusquement, poussé par la jalousie et les provocations, il regrette immédiatement son comportement. Les sentiments grandissent doucement, entre discussions et sorties en amoureux. L’histoire bonus présente la réalisation d’un fantasme de Kurono.

La mangaka a un trait fin épuré. Elle dessine des visages ovales avec des yeux très expressifs. Dans les passages humoristiques, elle simplifie ses traits, donnant parfois un aspect super deformed aux têtes trop mignon. Les trames d’ambiance graphiques, comme les fleurs, les étoiles, accompagnent les fortes émotions, rappelant le style shôjo. D’ailleurs, la mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Owal sensei censure les parties intimes par des hachures ou des caches blancs. Pourtant, elle dessine également des gros plans, avec quelques vignettes presque pornographiques. Elle résume l’évolution de la relation du couple dans les illustrations de début de chapitre. Sous la jaquette, il y a deux planches conclusives non censurées.

En résumé

Kurono Shingo (31 ans), délégué médical pour l’industrie pharmaceutique Takeda, n’hésite pas à amadouer les médecins en comblant leurs passions pour conclure des contrats. Un jour, un des médecins lui propose de le présenter à Hôjô Reiji, anesthésiste dans le grand hôpital Teizan. Mais ce dernier têtu et froid, déteste les délégués médicaux. Toutefois, cela motive encore plus le représentant. Pourtant, il trouve très peu de renseignements sur lui. Un jour, le voyant gêné entouré de femmes, il vient naturellement à son secours. En effet, de plus en plus intéressé par le médecin lui-même, il cherche à sympathiser sincèrement avec lui. Alors Hôjô l’invite à un congrès médical. Mais il n’y a qu’un seul futon dans leur chambre. Serait-ce une invitation? Des avances? Peut-il céder à ses pulsions?

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la sixième place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2017. Pour moi, Kurono ressemble à un chien tout foufou adorable et débordant d’amour. Ainsi, ses galères à séduire Hôjô en deviennent touchantes. J’ai un coup de cœur pour cette romance qui allie développement des sentiments et scènes très érotiques. D’après sa postface, l’auteure a pris du temps pour écrire ce récit (plus de 2 ans) en y mettant tout ce qu’elle aime. Et cela s’en ressent par la qualité narrative. Si vous avez aimez Les fantaisies du roi, ce titre vous plaira sûrement tout autant.

Same difference !! 2 – Hiiragi Nozomu

same difference 2 hiiragi nozomu

HIIRAGI Nozomu 柊のぞむ
ISBN: 9782368771082
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784796404204 (JP)
Kaiohsha, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Céder une fois ne veut pas dire toujours!

Hiiragi Nozomu sensei offre une suite aux chamailleries des deux salarymen d’élite. Le combat pour la place de seme continue plus subtilement, comparé au premier tome. Les deux héros s’opposent sur presque tout, même le petit déjeuner et leur vision de l’amour. L’auteure développe un peu plus le caractère de ses personnages. Elle présente l’enfance de Tsuburaya, qui n’était pas si parfait, grâce à la rencontre avec sa mère. Ozaki s’avère un peu pervers, cherchant à réaliser ses fantasmes. Tsuburaya, quant à lui, découvre la jalousie. Un tiers du tome est complété par deux autres histoires. « Je suis sérieux » offre une romance légère entre deux amis d’enfance. L’autre récit avait à la base pour thème les fesses mais les facéties du héros tsundere prennent le dessus.

La mangaka a un trait plutôt fin et dépouillé. Elle dessine tout de même une musculature fine pour les deux beaux gosses. Elle renforce l’humour en exagérant les expressions. Ses SD plutôt en rondeurs sont adorables. Les trames sont très graphiques et dominent les décors qui situent principalement l’action. La mise en page dynamique accompagne les actions et les détails. Hiiragi sensei censure les scènes érotiques par des trames, l’absence de traits et les cadrages. En fin de volume, elle offre un yonkoma amusant sur la passion de Tsuburaya pour son patron.

En résumé

Same difference!! / Final round: Tsuburaya a enfin cédé à Ozaki. Comme à chaque matin, ce dernier admire l’immeuble de son bureau par sa grande baie vitrée en prenant son café. Mais au réveil, Tsuburaya se montre distant. Et il reste également froid au bureau. En effet, Ozaki continue à charmer les femmes qu’il croise sur son passage. En plus, il accepte d’aller au golf avec le patron de Tsuburaya tout en se réjouissant de la présence d’une belle femme. Alors à la pause, le calme salaryman teste son amant en abordant avec sérieux le devenir de leur relation.
Je suis sérieux: Après trois ans d’absence, Jun rentre chez ses parents à la campagne pour le nouvel an. Parmi tous les invités, il retrouve Aki, son ami d’enfance, qui fait chaque an du baby-sitting. Mais alors que certaines mères essaient de caser leurs filles avec les deux garçons, Aki annonce qu’il est gay
It is unavoidable if it is you!: Endô ne s’intègre pas dans son équipe de travail et se montre plutôt grincheux. Izumi tente tout de même de briser la glace. Son collègue lui avoue donc subir presque chaque soir des attouchements d’un pervers dans le train. Inquiet, Izumi lui propose alors de le raccompagner.

En conclusion

Au départ, ce tome devait conclure la série, mais l’auteure a décidé de continuer pour notre plus grand plaisir. Comme le format s’allonge, elle prend donc son temps pour mieux développer les personnages et leurs sentiments. L’humour est toujours aussi présent. Je ne me lasse pas de leurs confrontations!

Chroniques d’un écrivain et de son éditeur – London Pariko

chroniques d un ecrivain et de son editeur london pariko

LONDON Pariko 倫敦巴里子
ISBN: 9782368770665
Boy’s love IDP, 2013
ISBN: 9784796402125 (JP)
Kaiohsha, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Comment faire comprendre l’amour à un naïf candide?

London Pariko sensei offre deux romances mettant en scène des héros naïfs face à l’amour. Elle joue sur le contraste des caractères: la pureté de Namiki face à la perversité d’Inomata et la naïveté de Taichi opposée aux arrière-pensées de Kyôsuke. De même, elle s’amuse à inverser les clichés du BL en transformant un sadique en uke. Les sentiments de l’éditeur bisexuel évoluent doucement comparé à son partenaire. L’auteure présente ses deux récits sous forme de tranches de vie. Elle confronte le premier couple sur leur point de vue différent de l’amour, mais développe une relation plus tendre entre deux lycéens dans sa seconde histoire. Bien que faisant parti de l’élite intellectuelle, Natori ne dénigre pas les personnes manuelles et apprécie la spontanéité de son ami. Alors que Katahira marche à l’instinct, son petit ami a peur du jugement des autres mais apprend à se libérer à ses côtés.

La mangaka a un trait doux et rond, rappelant un peu le style shôjo. Déjà épuré, elle le simplifie encore plus dans les passages humoristiques. Les personnages ont donc de grands yeux expressifs. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page est dynamique et reprend les codes du shôjo. Par ailleurs, London sensei censure les scènes érotiques en ajoutant seulement quelques points lumineux sur les parties intimes. Elle offre beaucoup de scènes pour la première histoire, Namiki trouvant l’inspiration dans l’expérimentation, mais n’hésite pas à les tourner en dérision.

En résumé

Je compte sur vous, sensei / Monopoly / The technical knockout / The love game of angel and devil / Prize: Namiki Kôji est un auteur à succès de romans policiers. Son responsable éditorial, Inomata, lui conseille alors d’inclure une scène érotique dans son récit en cours. Mais l’écrivain encore puceau n’arrive pas à trouver l’inspiration. Alors son éditeur, s’amusant de son innocence, décide à lui donner un peu de plaisir par une fellation. Mais les mignonnes réactions du romancier l’excitent et il ne peut s’empêcher de continuer. En plus, Namiki commençe à créer de magnifiques phrases…
Please, tell me! / Please, love me!: Natori Kyôsuke est le meilleur élève de son lycée. Et il fréquente Katahira Taichi, en classe professionnelle, avec qui il s’entend bien. En réalité, il est amoureux de son ami au caractère innocent, mais pas facile de le lui faire remarquer.

En conclusion

Deux histoires simples, un peu rapides mais divertissantes. L’auteure arrive pourtant à aborder quelques thèmes intéressants, même si elle les survole, comme la vision de l’amour différente, la jalousie et la force de l’innocence, proche de l’idiotie. Et puis c’est tellement amusant de voir tomber peu à peu Inomata sous le charme du romancier.

The half of happiness – Yuuya

the half of happiness yuuya

Yuuya 祐也
ISBN: 9782368770399
Boy’s love IDP, 2013
ISBN: 9784796401913 (JP)
Kaiohsha, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Deux hommes malchanceux qui se complètent.

Yuuya sensei narre une romance entre deux hommes plutôt malchanceux. Tandis que Chiharu évitait de provoquer les risques de malchance, il croise Kôichi qui accepte ses mésaventures avec philosophie. D’abord humoristique, le récit prend vite un ton un peu plus dramatique. En effet, suite à un accident, Katsura a développé des troubles de la mémoire. Avec une approche réaliste, l’auteure dévoile au fur et à mesure les symptômes et les conséquences de la maladie de l’étudiant. Elle met parfaitement en avant le combat journalier du couple pour maintenir leur amour et leurs souvenirs. Avec le petit frère Katsuya Yukihiro, paraplégique, elle ajoute quelques épreuves à surmonter pour le couple. De même, le rejet de l’homosexualité du frère de Chiharu augmente encore leur tragédie. Entre douleurs et peur de l’oubli, les deux amants devront faire preuve d’adaptation.

La mangaka possède un trait ferme parfois épais. Elle dessine des mentons pointus qui renforcent la courbe ovale des visages. Elle rend très bien le regard perdu de Kôichi, ses yeux étant grands avec de longs cils. Dans les passages humoristiques, discrets, les traits se simplifient et donne un côté mignon. Les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, un fond noir permet de distinguer immédiatement les flash-back. Ainsi, la mise en page est dynamique. Yuuya sensei censure les scènes érotiques en occultant les traits et les détails des parties génitales.

En résumé

Hayama Chiharu (26 ans), plutôt malchanceux, a raté son train à cause d’une fuite d’eau. Dans le train bondé, il remarque un pervers tripoter une lycéenne. Toutefois, un beau jeune homme intervient. Mais l’étudiante, le confondant avec le criminel, l’emmène au poste de police. Chiharu arrive à arrêter le coupable qui fuit pour l’emmener au poste. Pour le remercier, Katsuya Kôichi (24 ans) l’invite au restaurant. Ce dernier étant encore plus malchanceux, tous deux sympathisent vite et se rencontrent tous les trois jours. Cependant, Kôichi semble bien étourdi, oubliant facilement. Un soir, alors qu’ils avaient rendez-vous, Chiharu croise le médecin Odagiri avec son ami, inquiet pour l’étudiant depuis un grave accident dont il subit encore les séquelles. Un peu ivres, les deux jeunes hommes couchent ensemble. Mais au matin, alors qu’ils rencontrent la lycéenne par hasard, Kôichi ne la reconnait pas…

En conclusion

Malgré le ton dramatique de ce one-shot, l’auteure arrive à conclure sur une touche positive. Elle met en scène des sentiments purs, profonds. Je trouve intéressant son approche où l’amour ne devient pas réellement le sauveur. A cause de la maladie, Chiharu devra persévérer, s’acharner à maintenir les souvenirs à la place de son petit ami. J’aimerais bien voir également la romance suggérée entre le docteur surprotecteur Ikuina et Yukihiro. Un récit agréable à lire qui ne laisse pas indifférent!

Hebikuidori – Megu Iroha

hebikuidori megu iroha

MEGU Iroha 芽玖いろは
ISBN: 9782368775097
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784829685563 (JP)
Printemps shuppan, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Quand l’amour laisse place à une passion obsessionnelle dépassant la raison.

Megu Iroha sensei offre deux romances dans lesquelles la passion dépasse la raison. Elle aborde légèrement la manipulation, le traumatisme du rejet à cause de l’homosexualité et des rumeurs, ainsi que la difficulté à gérer ses sentiments, en particulier la jalousie. Ainsi, son approche réaliste développe principalement les sentiments et l’évolution de la relation. L’histoire principale, qui donne son titre au manga, maintient un certain suspense en dévoilant petit à petit l’origine des sentiments de Chidori. L’attirance mutuelle entre les deux héros devient vite obsessionnelle. L’intensité de leurs sentiments est presque palpable à travers leurs comportements et leurs réflexions. La première œuvre de l’auteure, « Rumeurs », possède déjà un scénario intéressant même si le format court ne permet pas de l’approfondir. Les deux amis d’enfance découvrent peu à peu leurs sentiments réciproques mais essaient de rester prudents face aux rumeurs qui ont déjà fait souffrir Yura auparavant.

La mangaka a un style assez original et beau. Elle utilise un trait épais dédoublé, anguleux, qui conserve un aspect croqué. Les visages sont longs avec des nez plutôt pointus; les carrures sont longilignes. Malgré que ce soit son premier manga, Megu sensei maîtrise déjà son graphisme. Elle porte attention aux détails des regards et des petits gestes. Quelques trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page dynamique rythme la lecture. Les scènes érotiques ne sont pas censurées. Sous la jaquette, deux planches donnent des anecdotes amusantes se déroulant à la fin des récits.

En résumé

Hebikuidori / Fin du repas: En sortie un soir avec ses amis, Nijô Taichi entend un couple gay coucher dans les toilettes du bar. Mais le lendemain, il reconnaît l’un des hommes. Chidori Shirô travaille au secrétariat de son université et semble pourtant très sérieux. Intrigué par cette double facette, l’étudiant s’intéresse de plus en plus à cet homme mystérieux mais séduisant qui l’ignore à la faculté mais lui parle facilement en extérieur, quand il le croise à son petit boulot. Mais rien ne va plus pour Nijô quand il imagine Chidori tout en se masturbant devant un film romantique que l’employé avait emprunté…
Rumeurs / Nouvelles rumeurs: Môri et Yura sont deux amis plutôt beaux gosses. Mais comme ils sont inséparables, des rumeurs folles circulent à leur sujet. Après avoir aidé une jeune fille acculée par un chien, Môri attire ses faveurs. La lycéenne l’attend même le soir pour lui demander de sortir avec lui. Le lendemain, Yura l’évite. Mais quand Môri le rejoint sur le toit, son ami l’embrasse!

En conclusion

Ce manga a obtenu la septième place de la meilleure création de nouvel auteur au Chill Chill BL award 2015. En effet, la maîtrise du dessin et du scénario se ressent déjà. En plus, les uke sont entreprenants, ce qui change un peu. J’ai totalement apprécié la surprise à la fin du chapitre 2 de « Hebikuidori » où Chidori montre son vrai visage! J’espère que l’on pourra lire d’autres œuvres de la mangaka en France!

Black x Black – Yuuya

black x black yuuya

Yuuya 祐也
ISBN: 9782368770412
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784796403528 (JP)
Kaiohsha, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

La fierté masculine mise en jeu entre un hétérosexuel curieux et un homosexuel tachi.

Yuuya sensei propose de suivre la bataille pour la position de dominant entre un hétérosexuel et un homosexuel. Elle aborde pourtant les thèmes du viol et du non consentement. Arrogant, Kuroi va remettre en question son comportement en s’interrogeant sur les différences entre relation homosexuelle et hétérosexuelle, ainsi que la position de tachi et neko. En rencontrant Shirakami, il prend conscience du besoin de consentement. Kurokawa, déjà blessé par ses anciens partenaires, n’espère plus de relation longue mais se laissera convaincre par les changements de son collègue. L’auteure décrit avec réalisme les émotions de ses personnages, leurs questionnements sur les difficultés rencontrées par les homosexuels entre rumeurs en entreprise, incertitudes d’avenir. Même si la romance débute d’abord par provocation et curiosité, les sentiments naissent par la suite. Un chapitre reprenant les personnages d’un autre manga complète ce tome, narrant une pièce de théâtre avec la personnification des planètes.

La mangaka a un style graphique rappelant les anciens shôjo. Ses personnages ont des mentons pointus, de grands yeux aux longs cils, des cheveux méchés tombant en cascade. Même si les hommes sont beaux et sveltes, ils ont l’air un peu efféminés. Les quelques trames d’ambiance se font discrètes. Néanmoins, les décors sont assez présents. La mise en page est également dynamique. Dans les scènes érotiques, Yuuya sensei censure les parties génitales simplement par l’absence de traits.

En résumé

Dans l’entreprise publicitaire Act.moment, le designer Kuroi Kazutaka drague toutes les jolies filles mais les jette une fois lassé. Au contraire, le coordinateur Kurokawa Mamoru représente la beauté taciturne à lunettes inaccessible. Tous deux, réputés au sein du personnel, s’entendent comme chien et chat, même s’ils doivent souvent collaborer. Un soir, alors que Kuroi se baladait dans le quartier gay avec un collègue, il remarque au coin d’une ruelle Kurokawa en train de rompre avec un homme. Ayant découvert son secret, il se rapproche et cherche à le séduire, tenté par une première expérience homosexuelle. Mais cela s’avère plus difficile que prévu, le coordinateur étant un tachi bien décidé à ne pas céder sa place de dominant.

En conclusion

Malgré l’humour, certains sujets sont abordés avec sérieux. J’aime beaucoup le revirement de Kuroi qui prend conscience de la nécessité du consentement dans des rapports amoureux. La relation du couple devient alors tendre et romantique. Personnellement, j’adore le style graphique, mais il ne plaira pas à tout le monde.