Canis the speaker 2 – ZAKK

canis the speaker 2 zakk

ZAKK
ISBN:9782368775899
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784863496484 (JP)
Akaneshinsha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Les difficiles recherches de Samuel et Harold pour retrouver leur ami d’enfance.

Après Tadanobu dans le tome précédent, ZAKK sensei s’intéresse au passé de Samuel et Harold. Cependant, elle survole leur adolescence pour nous plonger directement dans une enquête à deux entrées, entre trafic d’enfants et recherche de leur ami. Les retrouvailles entre les trois amis d’enfance permettra de faire corréler les différents indices récoltés par chacun. Un nom se dégage alors: Rick Aldo. Même si leur adoption se passe en douceur, l’auteure décrit avec finesse les dégâts psychologiques qui touchent Sam, rongé par la culpabilité, et la rage intérieure qui dévore Har. Elle met en avant leur changement de personnalité qui s’opère petit à petit. Par ailleurs, elle tisse sa toile en semant des indices au gré des pages, invitant les lecteurs à réfléchir avec le trio, tout en ménageant le suspense. Le ton dramatique général semble aussi pesant que les détails des découvertes sur le trafic d’enfants.

Le trait de la mangaka devient encore plus réaliste. De même, elle utilise principalement les trames pour colorer ou ombrer. Certaines trames renforcent surtout l’effet de narration. ZAKK sensei joue beaucoup sur les détails graphiques pour transmettre les sentiments intérieurs des héros, s’attardant sur les regards en coin, les petits mouvements des lèvres ou les gestes discrets. La mise en page paraît plus sobres avec seulement quelques planches qui se démarquent par leur esthétique. Les scènes érotiques ne montrent aucun détail. Le récit se concentrant sur les sentiments entre les personnages, les retrouvailles dégagent plutôt de la chaleur et des émotions. L’illustration de la couverture a obtenu la huitième place au Chill Chill BL award 2018. Il faut dire que le jeu de lumière avec la fumée de cigarette et la pluie nimbant une partie du visage de Harold est fort esthétique.

En résumé

Samuel Murphy a intégré le lycée d’élite Stanley M. Gun et y a retrouvé Benjamin, un ancien de l’orphelinat. Harold Richardson a lui aussi rejoint un pensionnat réputé. Mais les deux garçons, encore amers de la disparition de leur ami Tadanobu, refusent les cadeaux que sœur Mary Ross leur envoie. Ils essaient donc, avec le peu de moyen qu’ils possèdent, de ne plus dépendre d’elle, exaspérés de n’entendre que des compliments sur la religieuse qui manipule en réalité les enfants comme des marchandises. En 1987, les deux lycéens arrivent enfin à reprendre contact lors d’un évènement éducatif. Ils décident alors de choisir un métier qui leur permettra de chercher Nobu: Har souhaite intégrer l’armée tandis que Sam se spécialise en économie…

En conclusion

L’auteure propose plutôt une enquête et une plongée dans l’univers de la mafia. Le lien entre les trois orphelins est tellement profond qu’il se transforme en une relation threesome, pour mon plus grand plaisir. J’arrive donc à être touchée par le destin de ces trois criminels…

Canis the speaker 1 – ZAKK

canis the speaker 1

ZAKK
ISBN: 9782368775882
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784863496095 (JP)
Akaneshinsha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Comment Tadanobu est devenu Kazumasa Iwaki.

ZAKK sensei aborde le passé de Tadanobu, Harold et Samuel qui vont se retrouver mêlés à un trafic d’enfants dans leur orphelinat. Elle suit d’abord les mésaventures de Nobu dans un soap land tenu par la mafia japonaise, entre prostitution et torture. Elle décrit les différentes techniques mafieuses pour engranger du chiffre et tenir le personnel sous son emprise : chantage, affaiblissement psychologique, menace. Après six ans de sévices, Tadanobu va se prendre en main et évoluer petit à petit pour survivre. L’auteure montre également les conséquences des dissensions entre chefs de clan sur le personnel considéré comme de simples objets : entre assassinat et redistribution à d’autres proxénètes. Ainsi, elle donne une image sombre de la pègre japonaise qui s’internationalise.

La mangaka a un trait plus réaliste, légèrement épuré et anguleux. Comparé à la série précédente, elle n’utilise pas de caricature. En plus, les paupières sont moins grandes et moins marquées. La mise en page, assez classique, propose quelques planches dynamiques. ZAKK sensei privilégie le jeu des clairs-obscurs pour transcrire l’ambiance et utilise donc avec parcimonie les trames d’ambiance. Par ailleurs, les scènes érotiques évitent les détails et se focalisent plus sur la violence subie.

En résumé

Février 1980. Harold, Samuel et Tadanobu (11 ans) partagent la même chambre à l’orphelinat. Comme ils sont très proches, ils aimeraient rester soudés à leur sortie quand ils travailleront. Après le départ de Makayla et Lucy, Nobu remarque qu’Aria n’est plus présente elle aussi alors qu’il devait lui rendre son crayon. La religieuse refuse de leur donner son adresse mais leur promet de le lui rendre. Cependant, Sam réalise que les goûters d’au revoir sont toujours fêtés pour deux enfants alors qu’ils sont trois par chambre et que le troisième enfant, souvent discret, disparaît lui aussi dans une maison inconnue. Pourquoi?

En conclusion

Bien que cité parmi les meilleures séries par les lecteurs au Chill Chill BL award 2018, ce volume n’est pas classé, laissant sa place au tome 2 pour le vote des meilleures couvertures. Parmi les trois orphelins, Nobu est mon préféré: ayant une personnalité discrète au départ, il est celui qui va le plus changer pour devoir survivre. Son côté froid et triste, mais avec tout de même une certaine douceur, est superbement rendu par l’auteure.

Canis Dear Hatter 2 – ZAKK

canis dear hatter 2 zakk

ZAKK
ISBN: 9782368774960
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784863495210 (JP)
Akaneshinsha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

Est-ce que le passé de Ryô sera un frein à l’amour?

Zakk sensei développe un peu plus l’autre facette de Ryô, révélant son passé au sein de la mafia. Elle met en avant de nouveaux personnages comme le hackeur Chase, l’ancien boss Harold Aldo Hugues mais également d’autres stylistes. Ainsi, elle aborde encore un autre versant de la mode avec les collaborations, le réseautage. Les deux héros ne peuvent s’empêcher de penser l’un à l’autre, analysant alors leurs sentiments. Même si Kutsuna met du temps à admettre les siens, il se prend enfin en main. Entre réflexions et émotions, l’auteure décrit avec finesse l’évolution des sentiments de ses différents personnages. Avec humour et délicatesse, elle met en scène une relation consentie entre renseignements, discussion et tentatives. Un chapitre bonus final dévoile la rencontre du chapelier avec ses deux acolytes : Yuishima Eiko, alias Ako et Gazuo Ebena, surnommé Gabé.

La mangaka adoucit un peu son trait. Elle joue beaucoup plus sur les détails des mouvements et des réactions avec des gros plans. D’ailleurs, le style caricatural se fait plus discret dans les scènes humoristiques. Zakk sensei utilise quelques trames d’ambiance. Ses décors sont réalistes et plutôt présents. Sa mise en page reste toujours autant dynamique. Par ailleurs, les scènes érotiques ne montrent pas les détails grâce aux choix des cadrages et des angles de vue. Le verso de la couverture est dans la continuité de celui du tome précédent, offrant un beau diptyque résumant l’histoire.

En résumé

Kashiba Ryô a décidé de rester aux États-Unis. A peine arrivé au Japon, Kutsuna Satoru doit se rendre aux funérailles de sa chère grand-mère. Il y croise alors son ami d’enfance, et fournisseur de tissus, Yôsuke. En rangeant son appartement, il constate avoir pris plus que de raison des vêtements pour son colocataire temporaire. Cependant, les commandes affluent à l’atelier mais l’ambiance est lourde, le chapelier passant ses nerfs sur ses employés. Ako finit par craquer et même Gabé se blesse. Réalisant que tout ce qui lui fait penser à Ryô l’énerve, Satoru réfléchit alors à sa relation avec le jeune homme: qu’est-il vraiment pour lui ?

En conclusion

Ce tome obtient la onzième place du meilleur manga original au Chill Chill BL award 2016. J’adore l’évolution de ce couple avec une séparation qui leur permet de mieux se comprendre! Néanmoins, je ressens tout de même une petite frustration de voir Kutsuna proposer de devenir reversible pour son partenaire mais de ne pas en voir la conclusion!

Canis Dear Hatter 1 – ZAKK

canis dear hatter 1 zakk

ZAKK
ISBN: 9782368774953
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784863495128 (JP)
Akaneshinsha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Plongée dans l’univers de la mode!

ZAKK sensei continue Canis Dear Mr Rain. Elle nous plonge dans l’univers de la mode en décrivant le déroulement d’un défilé pour un chapelier de sa préparation à l’après, avec les démonstration pour décrocher des contrats ou commandes. Elle développe un peu plus les personnages secondaires autour de Kutsuna, en particulier Gabé et Ako qui travaillent à la boutique et l’ami d’enfance, Shimizu Yôsuke, qui fournit les tissus. La romance entre les deux hommes avance très lentement. Leur complicité galvanise leurs sentiments cependant, le chapelier préfère les nier. L’auteure s’intéresse particulièrement à Satoru, abordant avec justesse ses ressentis et difficultés de création. En effet, elle met l’accent sur les paroles blessantes de certaines personnes qui renient indirectement l’investissement dans un travail manuel en ramenant tout à la chance. Au contraire, Ryô, observateur et attentif aux besoins de son bienfaiteur, devient un soutien et même une source d’inspiration pour l’artisan.

La mangaka a un trait anguleux très agréable qui a légèrement évolué. Elle marque particulièrement les paupières. Les déformation caricaturales lors des scènes comiques, plus discrètes, restent très expressives. ZAKK sensei s’attarde sur les petits détails, les gestes. Elle n’abuse pas des trames d’ambiance. Elle privilégie même les aplats noirs, jouant plutôt sur les clairs-obscurs. Par ailleurs, les décors sont détaillés et réalistes. La mise en page est dynamique. En fin de tome, Ako donne des explications sur le plan de l’atelier.

En résumé

L’ami et rival de Kutsuna Satoru, Gotô, l’attend dans son atelier pour lui annoncer qu’il l’a inscrit à la prochaine Fashion week qui a pour thème les chapeaux. Kutsuna devra donc défiler à New-York tandis que Gotô participera au défilé en France. Mais le chapelier n’est pas du tout motivé. En effet, depuis qu’il s’est fait mondialement connaître il y a 4 ans en obtenant le premier prix du concours mondial des chapeliers amateurs en France avec un chapeau rouge, il a perdu confiance dans son talent. Il s’est rapidement lancé, poussé par son mentor alors qu’il n’était pas encore sûr de lui, et avait l’impression de n’exister qu’à travers son unique œuvre. Il confie alors ses peurs à Kashiba Ryô qui lui traduit gentiment les mails en anglais pour ce défilé…

En conclusion

L’auteure s’intéresse d’abord à la relation entre Kutsuna et Kashiba. Leurs échanges prennent parfois une tournure comique. Mais ce couple paraît tellement vivant. Justement, j’en oublie même que c’est un BL. Ce volume se termine en plein suspense, impossible de patienter pour découvrir la suite!

Canis – Dear Mr Rain – ZAKK

canis dear mr rain zakk

ZAKK
ISBN: 9782368774946
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784863493735 (JP)
Akaneshinsha, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Une rencontre entre deux hommes qui modifiera leur destin.

Pour son premier manga, Zakk sensei narre la rencontre entre deux hommes ayant des difficultés relationnelles à cause de leur caractère particulier. Elle maîtrise déjà parfaitement la narration. Par exemple, dans un chapitre, elle enchaîne les flash-back en alternant le passé de Kutsuna et de Kashiba grâce à un thème conducteur faisant la jonction entre les scènes. Elle s’intéresse surtout à l’éveil des sentiments de Satoru et Ryô: profondément blessés durant leur enfance, ils sont attirés l’un par l’autre. Devant l’obéissance aveugle de Ryô, le chapelier a tendance à le considérer comme son chien adoré Kotaro. Par ailleurs, l’auteure révèle peu à peu l’environnement et le passé des deux héros. Elle laisse tout de même planer le mystère sur le lien entre Kashiba et la mafia américaine. Un chapitre bonus présente le quotidien des deux hommes tout en révélant le caractère ambigu de Kutsuna et le côté innocent de Ryô.

La mangaka a un trait particulier, à la fois anguleux et rond. Dans les passages humoristiques, son trait se déforme et se rapproche même du style caricatural. De même, les corps deviennent longilignes. Les expressions et les réactions sont parfois exagérées. Les quelques trames d’ambiance se remarquent fortement car souvent graphiques. La mise en page est légèrement dynamique. D’ailleurs, Zakk sensei préfère jouer sur les détails et les effets de style. Comme elle s’attache à narrer les liens entre ses héros, il n’y a aucune scène érotique. Elle donne quelques crayonnés en fin de chapitre. En fin de tome, le plan de l’appartement permet de se repérer dans les décors.

En résumé

Le chapelier Kutsuna Satoru (29 ans) a encore fait fuir un de ses vendeurs la veille d’un évènement commercial. En effet, se montrant très exigeant, seul deux employés arrivent à supporter son caractère. Ayant essayé de trouver un remplaçant en vain, il tombe sur un homme inconscient dans le caniveau alors qu’il rentrait chez lui. Kashiba Ryô (19 ans), tombé d’inanition, vient des États-Unis. En échange du repas et du logis, il accepte donc d’aider l’artisan pendant ses deux jours libres. Mais au détour d’une conversation, le mystérieux jeune homme lui révèle être venu au Japon pour mourir…

En conclusion

L’auteure nous invite à simplement suivre les aventures d’un « homme à chapeau » et d’un « homme à parapluie ». Elle entremêle avec finesse l’univers de la mode et celui de la mafia new-yorkaise, présentant l’esprit familial des deux univers avec ses tensions et ses codes. Elle joue également sur le charme de ses personnages, malgré des caractères bien trempés. Ce tome devient une entrée en matière de la série qui va suivre. J’ai tout de suite apprécié le style graphique de la mangaka mais il pourra en rebuter certains. Ne vous arrêtez pas à cela, l’histoire est prenante et magnifiquement bien contée.

Yata Momo 3 – Harada

yata momo 3 harada

Harada はらだ
ISBN: 9782368775790
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784801959217 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Momo arrivera-t-il à se réconcilier avec sa mère? Et à enfin trouver le bonheur?

Harada sensei conclut son récit avec une touche positive pour tous ses personnages. Dans la continuité du tome précédent, elle dévoile l’adolescence de Momota. Elle fait encore allusion à la prostitution des mineurs. Ainsi, elle dénonce la société de consommation et l’argent facile pour satisfaire des désirs matériels ou un manque d’affection. Momo, par son introspection, arrive enfin à mieux définir ses sentiments et ses besoins. L’auteure distingue parfaitement l’amour et le sexe dans les rapports de ses personnages. Par ailleurs, elle offre une image de la mère différente des clichés habituels, entre celle de Momo torturée par des sentiments paradoxaux et la femme de Suda oscillant entre masochisme et sadisme. Elle arrive encore à faire rire le lecteur avec des histoires bonus. De même, les personnages de The song of Yoru & Asa apparaissent, grâce à Tomoda Tomoki, également ami de Yata.

La mangaka donne des bouilles à ses personnages tellement expressives. Elle indique clairement les flash-back avec la transition de bandes noires et un fond noir. Par ailleurs, elle utilise les trames principalement pour ombrer ou colorer. Les angles de vue sont variés, dynamisant la mise en page. Des hachures blanches censurent les parties intimes. Cependant, Harada sensei détaille ses scènes érotiques avec des gros plans. Elle arrive à exprimer ainsi graphiquement l’avidité des amants. L’illustration couleur en début de tome reprend des tons plus rouges et chatoyants que le premier, presque brûlants. Sous la jaquette, la couverture de la nouvelle œuvre de Kuriyama Kukuri, alias Kurita, laisse entendre qu’il a publié une romance inspirée par ses deux voisins, embarrassés.

En résumé

En se remémorant la bague que recherche sa mère, les souvenirs amers de Momota remontent à la surface. Adolescent, il trouvait facile de se faire de l’argent en vendant son corps. Sur un coup de tête, il avait acheté une bague de peu de valeur à sa mère mais comme elle ne l’avait jamais portée, le fossé entre eux s’était agrandi. Perdu dans ses pensées, ses pas l’emmènent devant chez Yata. Désirant se faire câliner, Momo propose alors à son petit ami de coucher avec lui une seule fois. Mais ce dernier l’épuise jusqu’au petit matin. C’est alors que Momo se souvient avoir oublié sa bague chez… Suda!

En conclusion

Grâce à ce tome, la série est classée cinquième au Chill Chill BL award 2018. Yata obtient la place du neuvième meilleur seme et Momo celle du dixième meilleur uke. L’auteure crée encore des surprises jusqu’au bout pour nous faire rire. Elle présente avec finesse l’insouciance comme une arme pour affronter les difficultés de la vie. J’adore la femme de Suda qui n’hésite pas à brocarder son mari, qui le mérite grandement: un vrai modèle du pardon mais après pénitence. Le bonheur pour tous paraît invraisemblable mais cela fait beaucoup de bien après toutes les misères que les personnages ont traversé, non?

Yata Momo 2 – Harada

yata momo 2 harada

Harada はらだ
ISBN: 9782368775783
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784801959200 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

La confrontation entre Momo et sa mère va le pousser dans ses derniers retranchements.

Après un tome plutôt léger, Harada sensei plonge le lecteur dans le drame en révélant le passé de Momota. Elle introduit un nouveau personnage, Kurita, qui apporte un regard extérieur sur le couple. Entre tension et craquage, Momo change doucement mais sûrement. Yata ayant remarqué l’ambivalence du caractère de son petit ami, attend patiemment qu’il se confie enfin à lui. La confrontation entre la mère et le fils est assez violente psychologiquement, pourtant l’auteure maintient le suspense jusqu’au bout en en montrant peu. De même, elle aborde la prostitution, les conséquences d’un viol et la pédophilie crûment, justifiant ainsi le manque d’affection et les mécanismes de protection de Momo. Par ailleurs, elle donne le point de vue des différents protagonistes. Le lecteur obtient donc une vision globale de la situation. De même le chapitre sur Suda permet de cerner ses sentiments.

La mangaka porte son attention sur les détails. Elle utilise quelques angles de vue originaux mettant en avant l’érotisme ou la réaction de ses personnages, avec des regards malicieux, provocateurs ou des petits gestes. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. La mise en page est assez dynamique. Des croquis amusants terminent les chapitres, sauf celui le plus dramatique. Il y a un clin d’œil à son autre œuvre, avec Kurita qui met en rayon le manga The song of Yoru & Asa. Harada sensei offre un schéma des liens entre les personnages en début de tome, ainsi qu’un yonkoma amusant avec le sans-abri O-chan. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par des hachures blanches mais dessine quelques coupes intérieures. Sous la couverture, les héros commentent l’œuvre de Kurita.

En résumé

Yata et Momo sont très bruyants durant leurs ébats charnels. Comme les murs sont fins, le voisin Kurita entend tout et n’arrive pas à travailler sur son livre. L’écrivain amateur décide donc de leur faire la remarque. D’abord apeuré, il est surpris par la familiarité de Momo. Plus tard, il reçoit même un gâteau de la part de Yata pour s’excuser. D’ailleurs, il sympathise vite avec ce dernier, fan de fantaisie. En les voyant discuter avec passion, Momo ressent de la jalousie et préfère les laisser. De retour chez lui, Yata trouve une femme devant sa porte : la mère de Momo a eu son adresse grâce à Suda.

En conclusion

La scène dans laquelle Momota lâche tout ce qu’il gardait au fond de lui est poignante. Impossible de rester indifférent à sa peine! J’apprécie beaucoup Kurita et Yata qui soutiennent Momo et le sortent avec douceur et douleur de sa sombre enfance. Le trait de Harada sensei arrive à transcrire les émotions de ses personnages et provoque beaucoup l’attachement du lecteur pour ses protagonistes.

Yata Momo 1 – Harada

yata momo 1 harada

Harada はらだ
ISBN: 9782368774656
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784812487600 (JP)
Takeshobo, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Sortir du fond du trou grâce à une âme charitable.

Harada sensei mêle à la fois douceur et violence, humour et drame dans cette comédie érotique narrant la romance entre le gentil Yata et l’insolent Momo. Elle aborde divers sujets comme l’addiction, la prostitution, l’abus de pouvoir. Elle joue beaucoup sur les contrastes. Par exemple, Yata aime prendre soin des gens mais s’avère être brutal durant les ébats charnels. Momo paraît d’abord antipathique à coucher avec n’importe qui. Par ailleurs, l’auteure révèle peu à peu son passé. Elle joue sur la différence entre compassion et amour. Avec le pervers Suda, elle met en avant un amour qui s’exprime dans l’humiliation, profitant des faiblesses de Momo. Au contraire, les attentions non intéressées de Yata vont permettre à Momota de changer. L’amour se développe entre les deux personnages qui s’acceptent tel qu’ils sont. Le dernier chapitre reboucle sur le premier, donnant l’impression d’un énorme flash-back.

La mangaka a un beau trait épuré. Toutefois, elle exagère les expressions. Elle utilise peu de trames d’ambiance. Les cheveux sont traités en aplat, avec des mèches rebelles donnant du volume. L’équilibre des trames et la présence des décors donnent un ton réaliste. De même, la mise en page est dynamique sans être surchargée. Harada sensei censure les parties intimes par de fines hachures blanches. Même si les scènes érotiques sont détaillées, il s’en dégage tout de même beaucoup d’érotisme. Et il y en a à chaque chapitre! En fin de chapitre, un dessin présente un personnage en donnant des statistiques comme un jeu vidéo. L’illustration couleur de début de tome a un trait doux et des tons chaleureux, contrastant avec l’ambiance plutôt sombre du récit. Sous la jaquette, le dessin répond à celui de la couverture avec humour. Deux yonkoma permettent également d’en savoir plus sur Suda.

En résumé

Yata prend soin de Momota qui a tendance à se laisser vivre. Quand il arrive à son appartement, il y trouve les poubelles entassées car Momo n’arrive pas à se lever le matin pour les descendre. Ce dernier se jette immédiatement sur lui et entame une fellation pour lui demander en échange de l’argent, ce qui vexe son bienfaiteur. Le soir, Yata se plaint à un ami et demande conseil autour d’un verre. Mais en rentrant, il voit une femme fuir Momo en train de remonter son pantalon. Hors de lui, il le prend alors assez brutalement dans une ruelle…

En conclusion

Ce tome a obtenu la troisième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2015. Yata est neuvième meilleur seme et Momota onzième meilleur uke. La tension entre comique et glauque pourra déranger certains lecteurs. Pour ma part, j’apprécie le travail de l’auteure qui met souvent en scène des anti-héros et qui aborde des sujets plutôt difficiles. Elle arrive parfaitement à doser les moments drôles qui détendent l’atmosphère lourde de certains contextes.

Kachô fûgetsu – beauties of nature 1 – Shimizu Yuki

kacho fugetsu 1 shimizu yuki

SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782375062012
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784403663819 (JP)
Shishokan, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« A partir de maintenant, je vais vivre seul. Je ne veux plus aller vers les gens. Je ne veux plus espérer. »

Dans ce tome d’introduction, Shimizu Yuki sensei présente les personnages principaux de son récit. Elle met en avant trois romances différentes. Comme à son habitude, elle révèle peu à peu le background de ses personnages, souvent dur, dramatique ou traumatisant. Ces derniers ont des caractères ou des comportements parfois extrêmes. Par exemple, Kuroi Sawato et ses amis Sagara Sôsuke (alias Gara) et Yaya Fujio, continuent à faire vivre leur groupe de rock indé Black velvet kiss en encourageant les travailleurs agricoles locaux, tout en s’occupant de la restauration du village. Pour l’instant, chacun d’eux a ses propres raisons de vivre à la campagne. L’auteure joue donc beaucoup sur le comique de situation. Elle aborde légèrement les liens entre les personnages. Elle met d’abord en avant le couple formé par Itokawa qui assume mal son homosexualité avec Hitomi, un gay manipulateur et pervers puis celui de Daiki et Satowa.

La mangaka a un trait fin et épuré, facilement reconnaissable avec ses visages ovales et ses lèvres pulpeuses. Elle travaille également beaucoup les mèches de cheveux. Elle n’hésite pas à simplifier ses lignes dans les passages humoristiques. Les décors sont détaillés, les trames utilisées avec parcimonie. Des mosaïques recouvrent les insectes vus par Ito mais les petits asticots ont un côté mignon. La mise en page très dynamique rythme la lecture. Les illustrations en début de chapitre présentent les personnages en train de poser. Shimizu sensei censure ses scènes érotiques par des points blancs sur certaines parties intimes, détaillant avant tout les sentiments des personnages. Ainsi, elle permet au lecteur de deviner certains liens entre eux.

En résumé

Suite au remariage de sa mère et un coming-out involontaire traumatisant, Itokawa Kazuto s’installe à la campagne dans la maison de son grand-père décédé. Malgré sa phobie des insectes, il entame le ménage. Mais quand il prend sa douche, pleins d’asticots lui tombent dessus. Choqué et effrayé, il fuit dehors, nu, et croise son voisin, Hitomi Masataka. Le nouveau médecin qui emménage également, lui apporte son aide. Reprenant ses esprits, Ito rencontre alors Kanze Daiki qui aurait dû préparer la maison mais qui s’est trompé sur sa date d’arrivée. Ce dernier en informe Kuroi Satowa, alias Sabbat, responsable de la restauration et nouvel employeur d’Ito. Pour se faire pardonner, il propose ensuite à Ito de dîner avec lui et Hitomi. Mais le médecin en profite pour embrasser son jeune voisin après l’avoir enivré…

En conclusion

Difficile de se faire une idée franche sur ce premier tome. Au Japon, il était sorti simultanément avec le second tome qui continue à présenter le contexte. Comme j’adore l’auteure et que j’ai pu lire la série en japonais, je suis déjà conquise car je sais qu’elle prend toujours son temps pour installer ses histoires qui s’avèrent poignantes. Alors ne vous découragez pas, cela deviendra vite prenant et passionnant!

On entend son cri, sans que l’on voie ses larmes, corbeau sous la pluie – Unohana

on entend son cri sans que l on voie ses larmes corbeau sous la pluie unohana

Unohana ウノハナ
ISBN: 9782368775912
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784537131956 (JP)
Nihonbungeisha, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Au coeur de l’été, dans la chaleur de la vieille capitale, se dévoilent les affres de l’amour. »

Dans ce one-shot, Unohana sensei nous invite à suivre une romance entre deux étudiants aux caractères opposés. Malgré l’ambiance poétique, elle donne un ton réaliste à son récit. Alors que le souriant et opiniâtre Aizawa a le coup de foudre pour le bougon Ugôda, ce dernier préfère l’utiliser comme sex friend. Cependant, les sentiments larvés s’expriment peu à peu au fil des petites attentions de Seiji. La narration alterne entre les deux héros. Par ailleurs, l’auteure dévoile au fur et à mesure la situation complexe de Rin, abordant le devoir familial, le poids de l’héritage d’une grande entreprise familiale et les combines pour garder le pouvoir. Ainsi, le fils légitime, Kiyoto, et son demi-frère, sont traités comme de simples pions sans aucune considération pour leurs rêves. Le chapitre final permet de découvrir l’avenir du couple deux ans et demi plus tard, complété par une histoire bonus.

La mangaka utilise un trait épuré anguleux. Les visages ovales ont de grandes bouches. Le travail des yeux, fins, est assez particulier: comme les pupilles se fondent avec l’iris, l’expressivité passe par la forme générale des yeux. Unohana sensei n’hésite pas à exagérer et simplifier ses traits pour exprimer les sentiments de ses personnages. Elle dessine même Aizawa en wanko sur une vignette. Les trames d’ambiance alternent avec des décors détaillés. Malgré une impression de surcharge de certaines planches, à cause de l’utilisation de beaucoup de trames, la mise en page reste tout de même dynamique. D’épaisses hachures blanches censurent les parties génitales dans les scènes érotiques. Le ton poétique général du récit s’exprime également à travers la couverture qui a obtenu la quinzième place au Chill Chill BL award 2015.

En résumé

Un jour, le beau Aizawa Seiji (20 ans) remarque que son voisin semble pleurer sous la pluie. Depuis, il a pris l’habitude de l’observer et tente à chaque fois de sympathiser avec lui. L’asocial Ugôda Rin (23 ans) est à la même université que lui. Des rumeurs circulent sur lui: il serait le fils de la maîtresse d’un grand chef d’entreprise de Kyoto, le groupe Kugumiya. Alors que Rin s’interpose entre un couple qui se dispute en pleine rue, Seiji ne peut retenir son fou rire face à la répartie de son senpai. Excédé d’être suivi, Ugôda avoue alors son homosexualité et refuse clairement l’amitié d’Aizawa. Il le laisse après lui avoir donner un baiser volé…

En conclusion

En réalité, le nom de plume Unohana représente une équipe de deux mangaka: Tsukuba au scénario et Iroha au dessin. Dans la postface, l’auteure précise que cette histoire est le spin-off de Hybrid stardust, dont Kiyoto et son petit ami Yakyô sont les héros. J’espère que l’on pourra le lire un jour! Au début du tome, l’édition française explique la traduction du titre, qui a la forme d’un haiku. J’approuve totalement cette initiative. En effet, le poème illustre parfaitement le comportement de Rin, alors que le sous-titre anglais résume en fait le récit. Une romance au premier abord simple mais fort intéressante sur le fond.