A stray dog in the night 3 – Nobara Aiko

a stray dog in the night 3 nobara aiko

NOBARA Aiko のばらあいこ
ISBN: 9782368776179
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784396784270 (JP)
Shodensha, 2017 (JP)
Titre original: 寄越す犬、めくる夜 3
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Pour sauver un être cher ou juste pour un peu d’affection, tuer ou mourir ?

Nobara Aiko sensei offre quelques notes d’espoir avant de plonger encore plus violemment ses héros dans la déchéance. Elle dévoile un peu l’enfance malheureuse de Kikuchi, expliquant ainsi son attachement à Shintani, le seul à lui avoir témoigné de la gentillesse. De même, elle montre la détresse sentimentale de Sudô. D’ailleurs, les sentiments explosent entre Shintani, Kikuchi et le yakuza. Entre frustration, avidité, compassion, pitié, affection, dépravation, la douceur alterne avec la brutalité. L’auteure continue une narration « par petits bouts », néanmoins son récit avance beaucoup plus vite. Elle révèle un peu plus les réflexions de Shintani qui, en fin de compte, est tout à fait conscient de la malhonnêteté de ses sentiments. Les traumatismes de l’enfance de Sudô et Kikuchi influent de plus en plus sur leur caractère, les faisant accepter des conditions de plus en plus blessantes.

La mangaka apporte un soin à l’expression des visages. Toutefois, son style graphique brouille parfois la compréhension et demande un peu d’observation. Les trames sont équilibrées. Les décors sont présents sans être envahissants. Nobara sensei varie toujours ses angles de vue. Elle offre des mises en page dynamiques qui facilitent la lecture. Comparé au tome précédent, elle ne censure aucune scènes érotiques, les détaillant même dans des gros plans.

En résumé

Afin de liquider sa dette, Kikuchi Haruma a accepté la proposition de Saji. Il devra donc éliminer le chef du clan, malade et déclinant, Kiyokane Yoshitsugu. Ce dernier, sentant ses subalternes s’agiter, fait fermer le casino et demande à son amant Sudô de rester éloigné. Pour l’anniversaire de Miyuki, Kikuchi et Shintani vont acheter ensemble un cadeau. Après avoir fait la fête, la lycéenne sort au karaoke avec des amis. Kikuchi profite alors de ces derniers moments de bonheur, persuadé que son futur crime le plongera définitivement dans les ténèbres. En plus, il arrive enfin à déclarer ses sentiments à Shintani.

En conclusion

L’auteure présente un threesome à la fois dérangeant et touchant. Pourtant, ce tome n’a pas permis à la série de se classer dans le Chill Chill BL award 2018 mais les lecteurs le citent souvent, se demandant si il pouvait y avoir une échappatoire à la destruction finale. J’ai envie que ces trois désespérés trouvent enfin un équilibre amoureux. Malgré la violence et la débauche de malheurs, j’accroche complètement à l’histoire et souhaite même un happy end. Laissez-moi espérer!

A stray dog in the night 2 – Nobara Aiko

a stray dog in the night 2 nobara aiko

NOBARA Aiko のばらあいこ
ISBN: 9782368775462
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784396783877 (JP)
Shodensha, 2016 (JP)
Titre original: 寄越す犬、めくる夜 2
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Les personnes les plus pitoyables font vibrer le cœur de Shintani.

Nobara Aiko sensei continue à dévoiler par parcimonie les mésaventures de son étrange triangle amoureux. Après un premier tome d’introduction, elle approfondit un peu plus le passé de chacun. Cependant, elle continue à maintenir le suspense en ne révélant pas tout, laissant le lecteur imaginer et deviner les détails. De plus en plus instable émotionnellement, Kikuchi s’enfonce encore dans le crime, sa rébellion et ses sentiments pour son bienfaiteur l’engageant dans les pires choix. Sudô Fumiya apparaît parfois pitoyable aux yeux de Shintani, l’excitant. D’ailleurs, l’auteure met en évidence le côté tordu de ce dernier, dont la gentillesse sert en fin de compte sa perversité. Elle développe donc une relation bancale, presque malsaine, où les sentiments deviennent une gêne. De même, Saji vient s’ajouter à l’image un peu exagérée du yakuza violent et pourri jusqu’à la moelle.

La mangaka a un trait doux et mélancolique qui contraste avec la violence de certaines images. Elle utilise un trait répété, non assuré, rappelant les ébauches et croquis. Les trames appuient fortement les ambiances, donnant parfois un aspect sombre aux vignettes. La mise en page est très dynamique. Nobara sensei censure à peine les parties génitales, se contentant de les rendre plus claires. Néanmoins, ses scènes érotiques sont tout de même assez détaillées. Et elle ne ménage pas non plus le lecteur en dessinant les scènes de viol.

En résumé

Sudô, de plus en plus dépendant des drogues, fait les caprices de Kiyokane Yoshitsugu pour avoir ses doses journalières. Le propriétaire du casino demande donc à Saji, directeur adjoint, de surveiller son directeur sans céder. Shintani Tôru et Kikuchi étant en congés, Miyuki leur propose d’aller faire du shopping. Mais ils se retrouvent dans une boutique discount. Kikuchi reste en observation devant la vitrine des armes de défense, rêvant d’en posséder pour attaquer son proxénète qui le violente. Miyuki, quant à elle, craque pour un bonnet lapin. Mais son frère reçoit un appel de Sudô lui donnant rendez-vous après sa virée familiale. La lycéenne se confie alors à Kikuchi, inquiète de déranger son frère qui l’élève depuis qu’elle a quitté sa mère remariée. Comme elle fond en larmes, ils rentrent rapidement à l’appartement. Le délinquant réalise alors sa maladresse pour exprimer simplement sa gratitude ou même son amour…

En conclusion

Ce tome permet à la série d’obtenir la dix-huitième place au Chill Chill BL award 2017. En fin de compte, l’univers décrit par l’auteure est tellement sombre, que ses yakuzas rappellent plus l’image un peu exagérée des films. A croire que tous les cas désespérés travaillent dans le même quartier ! D’un côté, cela permet de prendre un peu de distance avec le récit vraiment dur. Je me retrouve donc à tout de même apprécier les personnages, même les plus vénaux, et à espérer une amélioration pour ce triangle amoureux!

A stray dog in the night 1 – Nobara Aiko

a stray dog in the night 1 nobara aiko

NOBARA Aiko のばらあいこ
ISBN: 9782368775134
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784396783570 (JP)
Shodensha, 2015 (JP)
Titre original: 寄越す犬、めくる夜 1
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Shintani est-il trop bon ou bien abonné aux mauvais choix?

Nobara Aiko sensei propose de suivre la descente aux enfers de deux hommes travaillant pour des yakuzas. Entre drogue et prostitution, elle ne ménage pas les lecteurs en présentant crûment la violence. Elle développe bien la psychologie de ses personnages désespérés, perdus et désabusés. Kikuchi, déjà délinquant durant l’adolescence et peu chanceux, s’enfonce inexorablement dans la misère, faisant les mauvais choix. Au contraire, Shintani paraît normal, droit et sensible, mais semble cacher un penchant pervers. Sudô également cache une grande tristesse. L’auteure révèle au compte-gouttes le passé des trois héros. Elle utilise également ce moyen narratif pour installer le contexte, révélant des indices au gré des discussions, par tranche. Elle impose ainsi une certaine distance dans l’implication du récit. Les sentiments des personnages restent pour l’instant flous entre attirance, pitié, affection ou penchant pervers.

La mangaka a un trait fin très épuré, presque dédoublé, conservant un aspect un peu croquis. Ce style rappelle un peu celui de certains shôjo, avec des visages rougissants facilement et plutôt ressemblants. Les trames appuient parfaitement l’ambiance sombre. La mise en page est très dynamique, renforcée par des angles variés. Nobara sensei censure à peine les scènes érotiques, détaillant peu les parties génitales en estompant quelques traits.

En résumé

Takeda entraîne sa petite amie, une serveuse, et le croupier Kikuchi dans une combine pour voler de l’argent au casino où ils sont employés. Mais ce casino est géré par des yakuzas. Le barman Shintani, quant à lui, vit avec sa sœur lycéenne Miyuki. Un soir, il surprend Kikuchi et Mari et les avertit. Cependant, le croupier étant redevable envers Takeda, a peur d’arrêter. Alors qu’ils essaient de payer son silence, le barman refuse de recevoir la somme mais ferme les yeux. En plus, le directeur Sudô, qui semble beaucoup apprécier Shintani, a la réputation de se droguer et de coucher avec le propriétaire…

En conclusion

Ce premier tome a obtenu la quinzième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2016. Le triangle amoureux qui s’installe paraît assez étrange. Même si l’auteure suggère que des sentiments naissent, le comportement des protagonistes ne laisse presque rien transparaître. Shintani qui compare ses partenaires à un chien et un chat m’apparaît de plus en plus louche alors qu’il a l’image la plus normale. Cela est renforcé par son comportement ambivalent, doux avec Kikuchi et violent avec Sudô. Certains passages sont durs, mais je suis tout de même happée par ce drame humain.

Nouveau départ – Yukue Moegi

nouveau depart yukue moegi

YUKUE Moegi ゆくえ萌葱
ISBN: 9782368775905
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784537134582 (JP)
Nihon bungeisha, 2016 (JP)
Titre original: 男やもめも花は咲く
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Un père de famille divorcé, quadragénaire, prend un nouveau départ pour trouver le bonheur.

Yukue Moegi sensei offre une romance douce entre un étudiant et un quadragénaire divorcé qui redécouvre l’amour. Elle marque beaucoup la différence d’âge avec, par exemple, Uematsu qui découvre les fonctionnalités de son smartphone grâce aux jeunes l’entourant. En plus, le comportement irrespectueux avec son supérieur du subordonné Shigenori creuse encore plus cet écart. La narration donne principalement le point de vue du salaryman. L’auteure montre avec pudeur la relation franche qui se construit entre les deux hommes apprenant à se connaître. De même, elle aborde la vision d’un quadragénaire sur l’amour, l’homosexualité et les changements de la société. Elle s’intéresse particulièrement au développement des sentiments d’Uematsu, à ses petits changements de comportement. En effet, bourreau de travail, il s’était replié sur lui-même après son divorce. Sa maturité lui permet d’analyser et de comprendre rapidement les émotions d’Asahikawa. D’ailleurs, son calme constant déstabilise l’étudiant amoureux.

La mangaka a un trait épuré dédoublé, qui conserve un aspect croquis. Elle rend tout de même l’âge avec quelques rides. Elle utilise les trames avec parcimonie, ainsi que quelques trames d’ambiance. En plus, les décors sont parfois succincts et servent surtout à situer l’action. Par ailleurs, les illustrations de début de chapitre sont intégrées au déroulement du récit. Même si Yukue sensei n’a pas développé de scènes érotiques, elle suggère les positions des deux hommes à travers les fantasmes d’Asahikawa.

En résumé

Uematsu, salaryman, la quarantaine et divorcé, est au bord du rouleau avec ses subordonnés incompétents. Cependant, il aime converser avec Asahikawa, un étudiant qui travaille à temps partiel dans un restaurant où il se rend régulièrement. Il apprécie beaucoup sa compagnie apaisante après ses longues et dures journées de travail. Mais un soir, le jeune homme, qui souhaite également le connaître, l’invite à sortir avec lui…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la dix-septième place du meilleur débutant au Chill Chill BL award 2017. L’auteure reste principalement dans le cheminement du nouveau sentiment amoureux, avec ses questionnements et ses acceptations. Ce couple honnête et franc qui discute est touchant et réaliste. Je trouve rafraichissant et intéressant de voir un quadragénaire ressentir à nouveau les premiers émois amoureux.

Un oisillon sur le rivage – Minaduki Yuu

un oisillon sur le rivage minaduki yuu

MINADUKI Yuu 南月ゆう
ISBN: 9782368773946
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784199607431 (JP)
Tokuma shoten, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

A force d’être poli par la mer, un tesson de verre se transforme en trésor.

Minaduki Yuu sensei présente une belle romance ayant pour thème la famille. Elle développe particulièrement bien la psychologie de ses personnages. Ainsi, une complicité naît entre Ryô et Ayumu. L’enfant taciturne et franc essaie de soutenir à sa manière son oncle qui a peur de ne pas être à la hauteur. Contrairement à son aspect mûr, Kurebayashi a parfois un comportement encore enfantin et se montre très possessif. Il cache derrière son sourire sa vraie personnalité blessée et sa solitude. L’auteure dépeint avec finesse l’évolution des sentiments et l’équilibre qui s’instaure entre les trois héros qui s’ouvrent peu à peu l’un à l’autre. Elle aborde également les difficultés de la famille monoparentale entre les reproches des collègues, les remarques blessantes. En introduisant Shimamura Kazuya et sa mère, elle montre comment les liens se forment facilement quand on a des points communs. La narration alterne entre Ryô et Yûichi.

La mangaka a un trait épuré et fin qui conserve tout de même une petite touche réaliste. Elle soigne les décors, très présents. Ainsi, dans la ville, les architectures contemporaines côtoient celles plus anciennes, renforçant le côté réaliste du récit. Les trames variées, servent avant tout à colorer et ombrer. Il y a tout de même quelques trames d’ambiance graphiques. La mise en page est très dynamique. Minaduki sensei censure discrètement ses scènes érotiques par des cadrages évitant d’exposer trop de détails. Sous la jaquette, elle offre une planche amusante avec Ayumu et Ryô se disputant une place au lit, comme des enfants. Il y a également la postface. Les images vers la fin reboucle discrètement sur le début du tome, laissant alors supposer que Ryô est en réalité le héros de ce récit.

En résumé

Depuis le décès de ses parents et de sa sœur, Tachibana Yûichi (28 ans) élève seul son neveu Okano Ayumu. Tous deux s’installent dans un petit appartement proche de la mer. Affamés, ils trouvent une épicerie fine, Beniya, qui vend des plats « maison » à emporter. Le gérant, Kurebayashi Ryô (28 ans), se montre très avenant avec son nouveau client et lui propose même de lui faire visiter la ville en échange de son aide. Le lendemain, ils terminent donc leur promenade au bord de la plage. Comme son oncle apprécie le verre poli par la mer offert par Ryô, l’enfant en ramasse alors chaque soir avec des coquillages, après l’école. Ryô, qui aime aussi passer du temps à la plage, lui confie qu’il a également perdu ses parents jeune et a été élevé par des proches. Quand Ryûichi vient chercher à manger, il ne lui cache également pas son intérêt.

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la neuvième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2019. Il m’a complètement conquise. J’adore la douceur de la narration, les petits détails du quotidien et la relation qui se crée entre les personnages, même avec Kazuya et Mme Shimamura. Je ne me lasse pas de le lire et le relire. Allez-y sans peur!

Dancing colors – Furukawa Tasuku

dancing colors furukawa tasuku

FURUKAWA Tasuku フルカワタスク
ISBN: 9782368775516
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784396783716 (JP)
Shodensha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Une relation compliquée entre deux danseurs opposés.

Furukawa Tasuku sensei offre une romance passionnée dans l’univers des clubs de pole dance. Elle décrit ce milieu avec finesse, abordant la pression de la concurrence, le surpassement de soi, la gestion de carrière, l’exploitation et la forme artistique. La narration alterne entre les deux héros, mais ne dévoile pas pour autant tous leurs secrets. L’évolution de leurs sentiments tout en douceur et leur attirance beaucoup plus violente installent une certaine tension. Kô, prisonnier d’une promesse faite à son père, et Nagisa, sous-estimant ses capacités, vont s’ouvrir l’un à l’autre. Ainsi, ils développent mutuellement leur art, leur admiration réciproque les entrainant dans la passion. L’auteure arrive à transcrire parfaitement les sentiments des protagonistes, le désespoir qui les ronge mais surtout l’alchimie que les deux héros dégagent en dansant. Malgré un premier rapport au consentement flou, elle évite de romantiser ou de sombrer dans le mélodrame en insufflant suffisamment de regrets.

La mangaka a un trait fin et épuré. Elle dessine des yeux très effilés avec un petit iris et une minuscule pupille. Pourtant, en exagérant les expressions, elle arrive à transcrire parfaitement les émotions de ses personnages. La musculature des danseurs est bien rendue, ainsi que la sensualité de certains mouvements. Avec ses tenues extravagantes et ses expressions simplifiées, Shige apporte une touche humoristique discrète à ce récit plutôt sombre. La mise en page est d’ailleurs dynamique. Furukawa sensei apporte un soin particulier au travail des trames pour rendre le jeu des lumières et la brillance des costumes. De même, elle détaille les décors. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties génitales par des formes blanches.

En résumé

Dans le club de pole dance Grand Blue, Hayami Kô est considéré comme le meilleur danseur même s’il dégage une certaine noirceur avec son cache sur l’œil. Ce métier est en fait l’héritage que lui a laissé son père, également danseur, décédé lors d’un tragique incendie. En difficulté financière, le gérant, Shige, a embauché un nouveau danseur populaire, Nagisa. Mais ce dernier ne prend pas beaucoup au sérieux son travail, ce qui lui attire les critiques de Kô. En plus, il finit toujours au lit avec son manager, Kazumi, un homme marié. Mais après avoir observé Kô danser, Nagisa met de côté sa vanité et lui demande un entrainement, conscient de ses lacunes. Les deux danseurs se rapprochent peu à peu et un soir, Kô le rejoint sur scène sans prévenir, ayant envie de danser avec lui.

En conclusion

Pour son premier manga, l’auteure maîtrise déjà son graphisme et son scénario, même si la sensualité des mouvements de danse n’atteint pas la qualité de 10 dance d’Inoue Satoh. Ce one-shot est agréable à lire et offre un couple attachant et émouvant. J’adore Shige qui détend un peu l’atmosphère, mais surtout, qui représente un manager honnête et à l’écoute.

Megumi & Tsugumi – Si Mitsuru

megumi and tsugumi si mitsuru

SI Mitsuru S井ミツル
ISBN: 9782375061909
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784801964112 (JP)
Takeshobo, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

La rencontre explosive entre un omega yankee redresseur de torts et un alpha pro-égalitaire.

Si Mitsuru sensei propose de suivre une comédie romantique omegaverse avec un omega un peu yankee et un alpha rebelle. Tous deux, avec leur fort caractère, aspirent à une relation différente entre alpha et omega. De même, ils essaient de contrôler au mieux leurs instincts. Ainsi, leur comportement étrange va les intriguer mutuellement. Le côté borné de Tsugumi entraîne constamment des discussions enflammées avec Megumi qui cherche absolument à faire comprendre à l’omega les risques de son comportement. En effet, même si il prône le consentement dans une relation, la limite de l’efficacité des inhibiteurs se fait tout de même sentir. Pour l’instant, l’auteure présente surtout la famille Yamada, aimante et protectrice. Elle joue sur le comique de situation, parfois un peu exagéré. Elle alterne la narration entre Tsugumi et Megumi, exposant clairement leurs réflexions. Nos deux héros analysent leurs sentiments avant d’agir, se méfiant de l’influence des phéromones.

La mangaka a un trait épuré dynamique et ferme, épaissi sur les courbes. Elle fait attention aux détails, apportant un soin particulier au regard mauvais de Tsugumi. Elle utilise quelques trames d’ambiance. D’ailleurs les décors et les trames sont équilibrés. De même, le fond noir permet d’identifier immédiatement les flash-back. La mise en page dynamique rythme parfaitement la lecture. Si sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessine des personnages SD trop chou, en fin de chapitre. En outre, les deux héros expliquent à leur manière les spécificités de l’omegaverse en introduction. Le frontispice met en avant la musculature de Tsugumi dans une position un peu lascive. Sous la jaquette se trouvent deux planches hilarantes à découvrir à la fin de la lecture.

En résumé

Un soir, Yamada Tsugumi surprend deux lycéens alphas en train d’agresser une collégienne omega en chaleur et les corrige à sa façon. D’ailleurs, l’omega bagarreur est réputé s’en prendre aux alphas. Les deux blessés se plaignent alors auprès de Kokonoe Megumi. Bien qu’il soit le fils du directeur d’un lycée d’élites d’alphas, ce dernier n’a rien d’un élève modèle. Cependant, il déteste la discrimination entre alpha et omega. Il organise alors un duel avec Tsugumi. Mais l’omega arrive, dégageant des phéromones excitant tous ses adversaires alphas. Contrôlant soit-disant ses chaleurs par sa seule volonté, il ne se démonte pas. Inquiet pour lui, Megumi l’attrape sur son dos et fuit. Il lui propose donc de reporter leur combat mais lui conseille fortement de prendre des inhibiteurs, lui confiant ses propres doses. Pourtant, de retour chez lui Tsugumi préfère se soulager lui-même, excité par l’odeur de l’alpha sur la pochette.

En conclusion

Ce manga occupe la sixième place au classement du Chill Chill BL award 2019. La dynamique entre les deux lycéens est amusante: ils se disputent tout le temps alors qu’à la base, ils rêvent d’un même idéal. Et puis j’adore quand un omega ne se laisse pas faire! A lire sans crainte!

Le monstre & la bête 2 – Renji

le monstre et la bete 2 renji

Renji 蓮地
ISBN: 9782375062340
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784041078273 (JP)
Kadokawa, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Kavo et Liam jouent les sauveteurs.

Renji sensei continue les aventures de Liam et Kavo. Elle révèle petit à petit le passé des deux héros à travers leur discussions, mais maintient tout de même un certain suspense. Elle développe également les caractères. Ainsi, Liam semble un peu possessif et cède tout de même à certaines demandes de son partenaire. La gentillesse et la candeur de Kavo s’expriment à chaque rencontre ou découverte. D’ailleurs, le jeu de séduction qui s’installe entre eux met en contraste la pudeur innocente du monstre et le harcèlement presque sexuel de la « bête ». Le pouvoir de Liam qui lui permet de séduire, sème un temps le doute sur sa relation avec Kavo. Cependant, l’auteure réussit à montrer l’évolution de leurs sentiments par des détails. Avec le sauvetage du village de Naru, elle décrit à la fois comment la confiance peut se construire et comment la peur et le rejet peut blesser.

La mangaka a un trait épuré, anguleux. Elle arrive à exprimer les émotions de Kavo grâce à ses yeux et sa bouche. Elle utilise également quelques trames d’ambiance. Les décors, très présents, sont toujours travaillés, même pour une simple forêt. Des fonds noirs indiquent toujours les flash-back. En plus, la mise en page est dynamique. Pour l’instant, Renji sensei ne montre pas de scènes érotiques. Même si Kavo et Liam se rapprochent, leur relation reste encore pure. Sous la jaquette, deux planches reprennent directement la suite de celles sous la couverture du tome 1.

En résumé

Dans la forêt, Kavo et Liam sont arrêtés par deux hommes armés. Ils poursuivent Liam, qui aurait détruit leur pays sous le nom de Basiliam. L’homme d’âge mûr prépare rapidement une stratégie et demande alors à Kavo de s’occuper d’abord des chevaux pendant qu’il retient les deux guerriers. Mais Patricius arrête immédiatement le monstre. Tandis qu’ils se battent, Liam empêche Roland de rejoindre son partenaire en l’enlaçant grâce à son pouvoir de séduction. Une fois les chevaux libérés, nos deux héros prennent la fuite à travers la forêt mais se perdent. Après une nuit blanche, Kavo somnole en câlinant Liam quand un enfant les percute…

En conclusion

Ce récit est avant tout une aventure entre un humain et un monstre, où l’amour prend tout son temps. Kavo semble influencer un peu Liam qui accepte quelques compromis. J’adore leur duo, le petit jeu de séduction entre eux, les sentiments purs du monstre qui devient mignon malgré sa carrure. Une lecture qui peut plaire à tout le monde!

Canis the speaker 2 – ZAKK

canis the speaker 2 zakk

ZAKK
ISBN:9782368775899
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784863496484 (JP)
Akaneshinsha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Les difficiles recherches de Samuel et Harold pour retrouver leur ami d’enfance.

Après Tadanobu dans le tome précédent, ZAKK sensei s’intéresse au passé de Samuel et Harold. Cependant, elle survole leur adolescence pour nous plonger directement dans une enquête à deux entrées, entre trafic d’enfants et recherche de leur ami. Les retrouvailles entre les trois amis d’enfance permettra de faire corréler les différents indices récoltés par chacun. Un nom se dégage alors: Rick Aldo. Même si leur adoption se passe en douceur, l’auteure décrit avec finesse les dégâts psychologiques qui touchent Sam, rongé par la culpabilité, et la rage intérieure qui dévore Har. Elle met en avant leur changement de personnalité qui s’opère petit à petit. Par ailleurs, elle tisse sa toile en semant des indices au gré des pages, invitant les lecteurs à réfléchir avec le trio, tout en ménageant le suspense. Le ton dramatique général semble aussi pesant que les détails des découvertes sur le trafic d’enfants.

Le trait de la mangaka devient encore plus réaliste. De même, elle utilise principalement les trames pour colorer ou ombrer. Certaines trames renforcent surtout l’effet de narration. ZAKK sensei joue beaucoup sur les détails graphiques pour transmettre les sentiments intérieurs des héros, s’attardant sur les regards en coin, les petits mouvements des lèvres ou les gestes discrets. La mise en page paraît plus sobres avec seulement quelques planches qui se démarquent par leur esthétique. Les scènes érotiques ne montrent aucun détail. Le récit se concentrant sur les sentiments entre les personnages, les retrouvailles dégagent plutôt de la chaleur et des émotions. L’illustration de la couverture a obtenu la huitième place au Chill Chill BL award 2018. Il faut dire que le jeu de lumière avec la fumée de cigarette et la pluie nimbant une partie du visage de Harold est fort esthétique.

En résumé

Samuel Murphy a intégré le lycée d’élite Stanley M. Gun et y a retrouvé Benjamin, un ancien de l’orphelinat. Harold Richardson a lui aussi rejoint un pensionnat réputé. Mais les deux garçons, encore amers de la disparition de leur ami Tadanobu, refusent les cadeaux que sœur Mary Ross leur envoie. Ils essaient donc, avec le peu de moyen qu’ils possèdent, de ne plus dépendre d’elle, exaspérés de n’entendre que des compliments sur la religieuse qui manipule en réalité les enfants comme des marchandises. En 1987, les deux lycéens arrivent enfin à reprendre contact lors d’un évènement éducatif. Ils décident alors de choisir un métier qui leur permettra de chercher Nobu: Har souhaite intégrer l’armée tandis que Sam se spécialise en économie…

En conclusion

L’auteure propose plutôt une enquête et une plongée dans l’univers de la mafia. Le lien entre les trois orphelins est tellement profond qu’il se transforme en une relation threesome, pour mon plus grand plaisir. J’arrive donc à être touchée par le destin de ces trois criminels…

Canis the speaker 1 – ZAKK

canis the speaker 1

ZAKK
ISBN: 9782368775882
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784863496095 (JP)
Akaneshinsha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Comment Tadanobu est devenu Kazumasa Iwaki.

ZAKK sensei aborde le passé de Tadanobu, Harold et Samuel qui vont se retrouver mêlés à un trafic d’enfants dans leur orphelinat. Elle suit d’abord les mésaventures de Nobu dans un soap land tenu par la mafia japonaise, entre prostitution et torture. Elle décrit les différentes techniques mafieuses pour engranger du chiffre et tenir le personnel sous son emprise : chantage, affaiblissement psychologique, menace. Après six ans de sévices, Tadanobu va se prendre en main et évoluer petit à petit pour survivre. L’auteure montre également les conséquences des dissensions entre chefs de clan sur le personnel considéré comme de simples objets : entre assassinat et redistribution à d’autres proxénètes. Ainsi, elle donne une image sombre de la pègre japonaise qui s’internationalise.

La mangaka a un trait plus réaliste, légèrement épuré et anguleux. Comparé à la série précédente, elle n’utilise pas de caricature. En plus, les paupières sont moins grandes et moins marquées. La mise en page, assez classique, propose quelques planches dynamiques. ZAKK sensei privilégie le jeu des clairs-obscurs pour transcrire l’ambiance et utilise donc avec parcimonie les trames d’ambiance. Par ailleurs, les scènes érotiques évitent les détails et se focalisent plus sur la violence subie.

En résumé

Février 1980. Harold, Samuel et Tadanobu (11 ans) partagent la même chambre à l’orphelinat. Comme ils sont très proches, ils aimeraient rester soudés à leur sortie quand ils travailleront. Après le départ de Makayla et Lucy, Nobu remarque qu’Aria n’est plus présente elle aussi alors qu’il devait lui rendre son crayon. La religieuse refuse de leur donner son adresse mais leur promet de le lui rendre. Cependant, Sam réalise que les goûters d’au revoir sont toujours fêtés pour deux enfants alors qu’ils sont trois par chambre et que le troisième enfant, souvent discret, disparaît lui aussi dans une maison inconnue. Pourquoi?

En conclusion

Bien que cité parmi les meilleures séries par les lecteurs au Chill Chill BL award 2018, ce volume n’est pas classé, laissant sa place au tome 2 pour le vote des meilleures couvertures. Parmi les trois orphelins, Nobu est mon préféré: ayant une personnalité discrète au départ, il est celui qui va le plus changer pour devoir survivre. Son côté froid et triste, mais avec tout de même une certaine douceur, est superbement rendu par l’auteure.