I don’t know how to love – Machio Yu

i don t know how to love machio yu

MACHIO Yu まちお郁
ISBN: 9782382762677
Hana, 2024
ISBN: 9784047365162 (JP)
Kadokawa, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Tu as bien dit que le premier venu te conviendrait tant qu’il respecte tes conditions? »

Machio Yu sensei offre une romance entre deux étudiants à la conception de l’amour différente. Elle aborde ainsi l’acceptation de l’autre tel qu’il est et la liberté dans un couple. Elle s’intéresse également au développement du sentiment amoureux et à différentes formes d’amour. Le pur et inexpérimenté Kaede surprend par son abnégation dans sa relation amoureuse. Il assume sa bisexualité et se contente de peu. D’abord intrigué, Aimi se retrouve vite déstabilisé face à ses premiers émois amoureux, restant longtemps dans le déni. L’auteure fait intervenir les amis des deux héros pour les conseiller et les recadrer. Elle ajoute également de la tension avec la manipulatrice Akari. Ainsi, elle dévie un peu du sujet principal du couple libre pour tomber rapidement dans une comédie romantique un peu plus classique.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle le simplifie encore plus dans les passages humoristiques. Elle utilise les trames avec parcimonie mais joue beaucoup sur le contraste des tons. De même, les trames d’ambiance, discrètes, accompagnent les émotions. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page est plutôt classique mais cela colle bien au récit qui a un développement apaisant. Toutefois, Machio sensei propose quelques pages plus dynamiques. Dans les scènes érotiques, elle cache les parties intimes grâce aux cadrages et à des angles de vue maîtrisés.

En résumé

Quand il est célibataire, Aimi Shû a pour principe d’accepter de sortir avec n’importe quelle personne qui le lui demande. Mais il impose au préalable quelques conditions: ne jamais demander où il est, avec qui et ce qu’il fait. Ainsi, il continue de profiter de sa liberté. Quand Manato Kaede le voit se faire plaquer par sa petite amie du moment à la cafétéria de l’université, il tente alors sa chance. A la surprise d’Aimi, l’étudiant qui prétend pourtant être transi d’amour pour lui, se contente de le saluer ou d’échanger quelques banalités au téléphone ou lorsqu’ils se croisent. Au bout de deux semaines, il lui propose enfin de déjeuner ensemble. Shû réalise alors qu’il peut parler franchement avec Kaede. Ce dernier lui avoue d’ailleurs admirer son esprit de liberté.

En conclusion

Ce one-shot obtient la quinzième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2022. Machio Yu sensei crée une belle dynamique entre les personnages. En plus, Kaede est tellement mignon dans ses réactions. Néanmoins, je trouve que le sujet avait un beau potentiel malheureusement peu exploité. En effet, le comportement amoureux d’Aimi reprend les clichés des BL tels que la jalousie et la possessivité alors qu’on avait au début une relation bancale qui s’équilibrait naturellement avec l’amour. J’ai tout de même passé un sympathique moment de lecture.

La romance du marionnettiste – Kogarashi Hatoba

la romance du marionnettiste kogarashi hatoba

KOGARASHI Hatoba 凩はとば
ISBN: 9782382762561
Hana, 2024
ISBN: 9784796415651 (JP)
Kaiohsha, 2022 (JP)
Titre original: 人形遊戯録
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Une romance entre un fabricant de poupées de génie manipulant les âmes et un chevalier saint devenu esclave. »

Kogarashi Hatoba sensei s’inspire de l’histoire occidentale pour créer un univers fantastique aux notes réalistes, confrontant un pays dans lequel la religion prime à un pays ayant oublié l’éthique au profit du développement technologique. A travers les automates et la guerre, elle interroge sur les spécificités humaines. Ainsi, elle révèle au fur et à mesure le passé des deux héros permettant de mieux comprendre leur comportement. D’ailleurs, bien que la narration alterne entre les deux protagonistes, le point de vue de l’esclave domine. Avec la cohabitation, Gilbert et Chris se découvrent et nourrissent peu à peu une attirance réciproque. En effet, le prisonnier bénéficie d’une certaine liberté, le sexe étant plus un prétexte au chantage et à la punition. Ainsi, l’auteure enchaine les évènements, parfois maladroitement, introduisant des personnages rapidement oubliables. Elle explique son univers au fil des découvertes du chevalier, ajoutant un peu de magie.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Bien que l’univers soit fictif, elle construit des décors très réalistes, inspirés de l’architecture et de la mode occidentale médiévale et moderne. De même, elle soigne les détails tels que les motifs, la matière, les ombres, utilisant une large palette de trames. Gilbert a un magnifique corps musclé. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, des trames sombres atténuent la violence des passages sanglants. La mise en page est dynamique. Kogarashi sensei joue d’ailleurs sur les angles de vue pour transcrire les rapports entre les personnages. Elle ne censure pas les scènes érotiques mais simplifie néanmoins les parties intimes malgré des coupes intérieures. Il y a presque une scène par chapitre. Les illustrations en début de chapitre présente le quotidien. La couverture se classe dix-huitième au Chill chill BL award 2023.

En résumé

En 1532, Gilbert Grabem, chevalier saint et commandant des chevaliers du Royaume, a perdu la guerre. Prisonnier d’un pays voué à la technologie, il est alors condamné à mort. Mais le capitaine Chris, surnommé le marionnettiste, intervient pour l’épargner à condition qu’il lui cède son âme pour un de ses automates. Refusant de se transformer en « poupée immortelle » mais également de mourir, Gilbert propose alors à son sauveur de devenir son esclave sexuel…

En conclusion

Pour son premier manga, Kogarashi Hatoba sensei offre un graphisme réaliste ainsi qu’un univers bien construit. Toutefois, elle enchaine les évènements avec un peu de maladresse, se noyant dans un foisonnement d’idées plus ou moins intéressantes. Ce petit défaut risque d’ennuyer les lecteurs appréciant les récits bien construits. De même, certaines scènes peuvent choquer la sensibilité des lecteurs, le consentement étant gris. J’ai passé un agréable moment de lecture, à la fois dépaysant et surprenant. J’aime énormément le style graphique. Une mangaka à surveiller!

Indomptable Zono – Shikke

indomptable zono shikke

Shikke しっけ
ISBN: 9782382762615
Hana, 2023
ISBN: 9784047364196 (JP)
Kadokawa, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Demain, c’est sûr, j’aurai mon sandwich au porc pané!! »

Shikke sensei offre une comédie romantique avec une touche dramatique bien équilibrée. Malgré un scénario classique d’ennemis à amants, elle jongle entre des passages humoristiques et un sujet sensible tel que la violence familiale. Elle ménage le suspense en révélant au fur et à mesure les petits secrets des deux héros. Les deux lycéens têtus passent leur temps à se lancer des défis, cherchant à faire céder l’autre d’abord par les poings puis par les caresses. Leurs amis les soutiennent, n’hésitant pas à les recadrer quand ils exagèrent. L’auteure installe des contextes familiaux plutôt compliqués pour des adolescents qui acceptent pourtant leurs limites dans leurs choix d’avenir. Elle s’intéresse également au jugement sur l’apparence, à l’acceptation de soi. Ainsi, Zono assume son homosexualité et son goût pour les choses mignonnes, encouragé par Deto qui l’accepte tel qu’il est.

La mangaka a un trait épuré. Elle le simplifie encore plus dans les passages humoristiques. Elle varient les trames. De même, les trames d’ambiance appuient les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Shikke sensei censure les parties intimes d’abord par de larges languettes blanches puis carrément avec un cache blanc. Sous la jaquette, elle présente sommairement les deux héros et offre une illustration monochrome duveteuse.

En résumé

Chaque midi, Deto Akira attend patiemment les réductions au réfectoire pour pouvoir s’acheter un sandwich au porc pané. Mais alors qu’il s’emparait du dernier sandwich, deux filles venues en acheter un pour leur ami Hanazono Masumi, l’emmènent ensuite voir ce dernier. Zono a d’ailleurs une réputation de délinquant avec ses cicatrices, ses bleus constants ainsi que ses cheveux colorés en rose. Deto se fait alors non seulement battre à plate couture mais également volé son repas. Depuis, tous les midis, la même scène se répète encore et encore avec toujours le même résultat. Mais au cours d’une bagarre, Deto remarque que Zono réagit bizarrement lorsqu’il lui touche le cou. Il est même excité par ses gémissements.

En conclusion

Ce one-shot obtient la cinquième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2021. Shikke sensei alterne avec brio l’humour, la romance et le drame. Elle va à l’essentiel mais insuffle suffisamment d’éléments pour guider le lecteur. J’apprécie particulièrement son graphisme, avec ses personnages mignons malgré leurs petits défauts. Coup de cœur pour ce récit qui n’est certes pas extraordinaire mais qui m’a touchée par les aventures de ce couple simple et attachant. En tout cas, j’ai envie de découvrir d’autres titres de la mangaka.

Dear Gene 2 – Azuma Kaya

dear gene 2 azuma kaya

AZUMA Kaya 吾妻香夜
ISBN: 9782382762691
Hana, 2024
ISBN: 9784778135508 (JP)
Shinkosha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

« A 200 miles seulement… »

Azuma Kaya sensei aborde la question des origines, l’évolution des mœurs au fil des époques, les différences culturelles. Comme dans le tome précédent, elle jongle entre les années 1990 avec le neveu Gene et les années 70 avec l’amish Gene. Elle continue d’analyser leurs interrogations, leurs émotions et les raisons de leur hésitation face à l’avenir. Ainsi, les regrets et les peines viennent perturber les rêves. Walker réalise son amour pour son bienfaiteur devient de plus en plus un obstacle à sa curiosité pour le monde. De même, Edwards comprend qu’il ne peut emprisonner son bien-aimé malgré des sentiments réciproques. Ainsi, l’auteure s’intéresse aux rêves, à la famille, à la dépendance et aux barrières qu’un individu se crée. Elle s’attarde un peu plus sur le passé de Gene, faisant le lien avec Jean, sa nièce. De même, elle équilibre petit à petit les différents liens entre les personnages.

La mangaka a un trait léché légèrement épuré avec une note réaliste. De même, elle soigne les décors très présents. Les trames utilise une large palette de teintes pour rendre toutes les nuances et les ombres, renforçant le réalisme du graphisme. Les flash-back se repèrent à leur fond noir mais des trames rayées recouvrent les vignettes pour les souvenirs, les distinguant clairement. La mise en page classique propose quelques pages plus dynamiques dont des angles de vue variés. Dans les scènes érotiques, Azuma sensei censure les parties intimes par des hachures. Elle joue d’ailleurs sur le cadrage pour les montrer le moins possible. Elle inclut directement les illustrations en début de chapitre dans le récit. Il y a de magnifiques illustrations monochromes et la postface sous la jaquette.

En résumé

En 1992, Edwards Gene continue de nettoyer le bureau de son oncle Trevor. Quand Karen vient leur rendre visite, l’adolescent la reconnaît immédiatement grâce à sa lecture du journal intime de l’avocat. Mais cela intrigue son oncle persuadé de ne pas avoir encore parlé de son amie à son neveu. D’ailleurs, il remarque que le journal est sur une étagère de la bibliothèque vide. En 1975, Gene Walker continue ses études tout en travaillant comme mannequin. Il aime également coucher avec son amant Trevor et prend souvent des initiatives. Néanmoins, il hésite encore pour ses choix d’avenir. En effet, il rêve toujours de découvrir le monde mais hésite à quitter son bienfaiteur. Il remarque aussi que son village natal, pas si loin de New-York, lui manque finalement.

En conclusion

Ce tome obtient la treizième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2023. Azuma Kaya sensei dépeint avec précision les différentes époques. De même, elle offre une romance emplie de sensibilité. Elle arrive aussi à créer un lien logique avec le titre via le neveu et la nièce des deux héros. Ce spin-off de My rumspringa fait également référence avec subtilité à certains évènements du récit d’origine. Impossible de ne pas craquer pour ce doux récit très réaliste, vecteur d’émotions!

Comment réaliser nos destins – Yoshio Akira

comment realiser nos destins yoshio akira

YOSHIO Akira 吉尾アキラ
ISBN: 9782382762363
Hana, 2024
ISBN:‎ 9784866533933 (JP)
Core magazine, 2020 (JP)
Titre original: 繋いだ恋の叶え方
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Une suite douce et amère, qui parle d’estime de soi et de confiance en l’avenir. »

Yoshio Akira sensei offre une suite à Comment défier le destin. Elle alterne la narration entre les deux héros, permettant de découvrir leurs réflexions intérieures. Elle introduit également Arako (Le fil du destin) qui joue les confidents pour le couple. En effet, Kaoru continue de manquer de confiance en lui-même malgré toutes les marques d’affection et les encouragements de son petit ami. Prisonnier de ses expériences passées, il se résigne toujours face au destin mais évolue enfin peu à peu. D’ailleurs, Hara, confiant en ses sentiments, remarque les nombreuses coïncidences qui peuvent influencer le destin lorsque le fil rouge entre en jeu. Ainsi, l’auteure continue d’interroger sur l’amour prédestiné. Elle aborde encore la fuite des sentiments, la peur de l’engagement et de la rupture, la confiance dans un couple. Avec l’introduction de Kawana (36 ans), elle crée du suspense en bousculant un peu le couple.

La mangaka a un trait fin, épuré et légèrement anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Hara a un corps finement musclé tandis que Kaoru se retrouve souvent recouvert de hachures à force de rougir. Les trames très variées apportent une note réaliste. De même, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. Un fond noir indique les cauchemars. La mise en page simplement dynamique utilise beaucoup d’ellipses, de superpositions et des absences de cadre. Dans les scènes érotiques, Yoshio sensei censure les parties intimes par des bandelettes blanches. Elle intègre directement les illustrations en début de chapitre au récit ou donne l’ambiance générale. Il y a la postface sous la jaquette.

En résumé

Kamisawa Kaoru vit avec Hara depuis peu. Mais il ne s’habitue pas aux démonstrations romantiques de son bien-aimé. Son frère Kakeru a offert une bouteille de saké au couple pour fêter leur emménagement et Hara propose donc de le goûter. Curieux de voir comment son petit ami se comporte une fois ivre, il le convainc de se laisser un peu aller. Mais même si Kaoru se montre beaucoup plus collant que d’habitude, sa peur d’être abandonné à cause du fil du destin persiste. Hara se jure alors de lui prouver son amour indéfectible.

En conclusion

Ce tome obtient la quinzième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2021. Hara Kazunori se classe dixième meilleur seme tandis que Kamisawa Kaoru est douzième meilleur uke. Yoshio Akira sensei a exaucé mon vœu avec cette magnifique suite. Elle approfondit les sujets abordés au préalable. Cette romance est toujours aussi attendrissante, romantique avec une note érotique. Par contre, la touche fantastique s’estompe énormément, renforçant le réalisme du récit. Le graphisme magnifique est très sensuel et expressif. Je suis comblée!

Je brûle pour toi 2 – noji

je brule pour toi 2 noji

noji
ISBN: 9782382762059
Hana, 2024
ISBN: 9784865896961 (JP)
Fusion product, 2022 (JP)
Titre original: 焦がれて焦がして 2
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« C’est le seul moment de la journée qu’on peut passer ensemble! »

noji sensei propose de découvrir le quotidien de Sôichi et Yûji, ainsi que leur entourage. Elle aborde la routine dans un couple, la difficulté à maintenir la passion lorsque les amoureux se connaissent depuis longtemps, la question de l’engagement et du coming out à la famille. Elle base principalement la narration du point de vue de Tsunegawa. Cette tranche de vie présente principalement les hauts et les bas que rencontre un jeune couple. De même, la mise en parallèle avec d’autres ménages permet de découvrir diverses optiques de la vie à deux. Par ailleurs, le passé des deux héros se révèle à travers leurs souvenirs. L’auteure interroge sur le coup de foudre avec Kuragano et Nekohara qui croit plutôt en la croissance progressive de l’amour. Elle ajoute une touche d’humour avec l’insaisissable Kamogawa.

La mangaka a un trait légèrement épuré qui joue sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Les autres trames sont équilibrées, avec une dominante claire. Toutefois, des hachures viennent parfois marquer les ombres ou les volumes, offrant une note croquée discrète. La mise en page dynamique accompagne le regard. Par ailleurs, noji sensei représente les phylactères avec une silhouette d’animal pour reconnaître certains protagonistes: un chat pour Nekohara et un lapin pour Kamo. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par une bandelette blanche. D’ailleurs, elle joue sur les cadrages et les angles de vue pour les montrer le moins possible. Comme dans le tome précédent, il y a des anecdotes en fin de chapitre et après la postface. De même, des yonkoma proposent de découvrir quelques secrets sur les protagonistes sous la jaquette.

En résumé

Tsunegawa Sôichi et Furuyama Yûji vivent ensemble depuis un an. Pourtant, avec leurs emplois du temps en horaires décalées, ils passent à peine quelques heures par jour ensemble. Mais ce train-train quotidien leur convient parfaitement. Néanmoins, Sôichi n’arrive pas à cacher son inquiétude face au succès de son petit ami auprès de la gente féminine. Et le nouveau serveur, Kamogawa, le trouble également. Au détour d’une conversation avec ses collègues Nekohara et Kumagai, le salaryman décide de séduire à nouveau son petit ami. Mais cela ne se passe pas vraiment comme il l’escomptait.

En conclusion

noji sensei propose une suite riche en évènements et pourtant elle ne décrit que le simple quotidien des personnages. Elle comble le manque ressenti lors du premier tome avec finesse et bonheur. En plus, comparer les autres couples sur certaines questions permet d’avoir une vision plus large, mais surtout plus réaliste du quotidien. Je suis heureuse de retrouver Yûji, Sôichi, Sagi et sa petite amie, mais je craque également pour le potentiel couple de Nekohara et Kuragano. Moins de gourmandises, mais une lecture toujours aussi tendre!

Dangerous convenience store 2 – 945

dangerous convenience store 2 945

945
ISBN: 9782382882573
Kbooks, 2024
ISBN: 9791192674063 (KR)
OrangeD, 2022 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« J’ai l’impression qu’il me traite différemment des autres… »

945 (Gusao) continue de développer la romance entre Euijoon et Gunwoo. Par contre, iel consacre une large partie de l’histoire aux ébats torrides, le mafieux étant insatiable. La narration alterne entre les deux héros. Comme dans le tome précédent, les quiproquos apportent une touche d’humour. A la base hétérosexuel, Beom s’interroge sur son attirance pour un homme et analyse ses sentiments. Yeo, quant à lui, sortant d’un amour douloureux à sens unique, a tendance à fuir, persuadé de vivre un amour sans lendemain. Ainsi, l’auteur.e aborde le manque de communication, la difficulté à faire confiance et à croire en l’amour, la distinction entre plaisir et amour. L’histoire bonus révèle quelques anecdotes sur le mafieux.

Le trait anguleux et légèrement épuré s’arrondit dans les passages humoristiques. Les personnages se transforment même en SD, avec des expressions exagérées. Les couleurs ont une tonalité plutôt réaliste. Par ailleurs, les décors alternent avec les trames d’ambiance. Ils apparaissent floutés ou estompés lorsqu’ils sont en arrière-plan, évitant ainsi de surcharger la page. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. 945 a une mise en page plutôt classique mais n’hésite pas à intégrer beaucoup d’images en pleine page, mettant alors en avant la plastique des personnages. Iel représente souvent Yeo rougissant, ajoutant des hachures à la couleur. Les scènes érotiques ne sont pas censurées et occupent même deux chapitres entiers, détaillant les ébats torrides.

En résumé

Yeo Euijoon est perdu face à la gentillesse de Beom Gunwoo. Après un début de relation uniquement charnelle, le mafieux l’a invité dans un restaurant chic. Et même s’il est peu loquace, il accepte de converser avec l’étudiant de tout et de rien. Mais quand il raccompagne ce dernier chez lui, il n’ose pas le forcer à coucher à nouveau avec lui, déstabilisé par les larmes du jeune homme. Au travail, le gangster réalise qu’il n’a que son mignon voisin en tête, refusant même les avances de son habituelle informatrice. Toutefois, en se rendant immédiatement à la supérette après son entrevue, Yeo remarque une trace de rouge à lèvres sur le mafieux. Déçu, il en conclut alors n’être qu’une conquête parmi d’autres. Pourtant, quand Yeon Hyeonwoo revient à la charge pour le draguer, l’étudiant le rejette.

En conclusion

Malgré un développement lent, les sentiments bougent assez rapidement. 945 arrive à alterner les moments érotiques et les questionnements, en les saupoudrant de notes humoristiques. Une lecture très sexy, hot mais avec un couple en construction adorable.

Treat me gently, please 10 – Nekota Yonezou

treat me gently please 10 nekota yonezou

NEKOTA Yonezou ねこ田米蔵
ISBN: 9782375063347
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784799752128 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Un an s’est écoulé, et Maya et Nemugasa ont aujourd’hui 20 ans. »

Nekota Yonezou sensei effectue un petit saut dans le temps pour s’attarder sur les débuts de la prise d’indépendance de Maya. Elle présente un peu l’évolution du couple, avec Hideyuki qui se montre plus démonstratif et Takashi qui fait preuve d’initiatives. Par ailleurs, elle base la narration principalement du point de vue de Nemu. L’introduction du lycéen Ao instaure un suspense intenable. Comme annoncé dans le tome précédent, le lecteur découvre enfin l’histoire d’Okino et Kutani. Le couple prend son temps et se parle franchement. Ainsi, l’auteure retrace leur évolution dans le temps en s’appuyant sur divers évènements passés entre Maya et Nemugasa. Elle aborde donc la peur de l’engagement et de la séparation, la souffrance de l’amour, la première expérience sexuelle dont l’anéjaculation. Dans l’histoire bonus, elle donne des nouvelles d’Akira et Shimakawa. Bien que prévenant, Kutani crée la surprise avec un petit côté pervers.

La mangaka a un trait fin légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, ajoutant une note mignonne avec des visages arrondis. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance renforcent les émotions. Par ailleurs, une trame grise recouvre les vignettes lors des flash-back. La mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Nekota sensei censure à peine les parties intimes. Toutefois, elle simplifie ces dernières et joue sur les cadrages pour ne pas trop les montrer. Dans les illustrations en début de chapitre, elle présente le quotidien de Maya et Nemu. Par contre, celles sur Okino et Kutani offre une note plus féérique, rappelant l’univers des contes.

En résumé

Avec sa nouvelle coupe de cheveux, Nemugasa Takashi attire le regard des jeunes étudiantes, ce qui amuse Okino Shôtarô. Depuis que l’étudiant s’est inscrit à un séminaire, il se retrouve souvent sollicité par Tada. Comme promis, Nemu retrouve son petit ami Maya Hideyuki dans une bijouterie afin de racheter des bagues assorties pour fêter, par la même occasion, le déménagement de ce dernier. D’ailleurs, Maya n’hésite pas à montrer son amour en public…

En conclusion

Nekota Yonezou sensei joue au yoyo avec les émotions des lecteurs. Sa maîtrise graphique et scénaristique ne nous laisse pas respirer. En plus, elle arrive à aborder des sujets divers et variés, se renouvelant sans cesse. Je suis complètement sous le charme de Kutani, avec sa maladresse et pourtant son côté très sexy qui se révèle au lit. Un tome empli de romantisme et de sensualité!

Le théâtre des fleurs 7 – Natsume Isaku

le theatre des fleurs 7 natsume isaku

NATSUME Isaku 夏目イサク
ISBN: 9782375063637
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784403667831 (JP)
Shinshokan, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Une séparation inenvisageable.

Natsume Isaku sensei révèle le passé entre Matsukawa Kikuemon et Arai Jûichirô, amis d’enfance qui se sont retrouvés dans une situation similaire à leurs petits-enfants. Comme dans le tome précédent, elle aborde la pression de la transmission d’un héritage artistique, les obligations des familles illustres, le mariage arrangé. Elle compare également les différences entre l’époque des grands-parents et celle des petits-enfants. En effet, Kikuemon a préféré fuir ses sentiments de peur de la pression sociale. Malgré les obstacles, Gensuke et Sôgorô choisissent la résistance. Ils mûrissent en découvrant les contraintes de la vie professionnelle mais également l’amorce de la prise d’indépendance. La distance, l’incompatibilité des emplois du temps, la jalousie, l’anxiété viennent troubler la confiance du couple. L’auteure montre quelques techniques de résistance des deux amoureux. Elle s’intéresse par ailleurs aux différences entre le kabuki et d’autres registres artistiques. Par ailleurs, elle révèle le passé de Tsutamaru.

La mangaka a un trait légèrement épuré qui met en relief les pleins et reliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, ajoutant une touche mignonne avec des visages plus arrondis. De même, elle exprime à merveille le découragement avec un brouillard noir plus ou moins dense. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames d’ambiance appuient les émotions. Les autres trames sont très variées. D’ailleurs, un soin est porté aux motifs des kimonos. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Néanmoins, des trames rayées recouvrent les vignettes lors des souvenirs furtifs. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Natsume sensei ne censure pas les parties intimes mais elle joue sur les cadrages et les angles de vue pour ne pas montrer les détails. Elle présente les personnages en début de tome. Dans les illustrations en début de chapitre, elle dessine le quotidien des personnages.

En résumé

Arai Tsutamaru et Kaneko Takeichi ont demandé qu’Arai Gensuke et Matsukawa Sôgorô se séparent. Depuis, le couple peine à trouver un moment pour élaborer une stratégie étant souvent sous surveillance. Gensuke a alors l’idée de demander l’aide de leurs amis Tsuchiya Hiroto et Nishida. En effet, le mannequin a déjà acheté son propre appartement. Il accepte d’ailleurs de les couvrir mais également de louer une des chambres. Ainsi, le couple pourra se créer des moments d’intimité pour discuter calmement. De retour chez lui, Sôgorô réalise soudain le poids de ses obligations familiales et son manque de liberté en s’identifiant à une héroïne d’une pièce de kabuki que son grand-père regardait. Observant son petit-fils, Matsukawa Kikuemon se replonge alors dans ses souvenirs…

En conclusion

Natsume Isaku sensei plonge le lecteur dans les révélations, mettant en parallèle passé et présent. Elle installe la résistance de l’amour face à la tradition, installant un suspense intense. J’ai hâte de découvrir la suite! D’autant plus que j’apprécie de plus en plus Tsutamaru, malgré son obstination envers son frère. Ce tome intense en évènements procure beaucoup d’émotions. Une série idéale pour découvrir l’univers du kabuki.

Tu me coupes le souffle 1 – Sumiya Zeniko

tu me coupes le souffle 1 sumiya zeniko

SUMIYA Zeniko 澄谷ぜにこ
ISBN: 9782375063767
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784799750926 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Titre original: 息できないのは君のせい
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Shizuki, tu respires mal. »

Sumiya Zeniko sensei propose une tranche de vie, navigant entre le passé et le présent des personnages pour montrer l’évolution de leur relation. Ainsi, elle alterne la narration entre Shizuki et Yano. Elle construit des caractères plus complexes qu’ils ne paraissent. Sous leurs airs à la fois pervers et innocents se cachent en réalité deux cœurs blessés par l’amour. En effet, le gentil et narquois Yukiji donne sans compter tandis que l’égoïste et fuyant Jun se contente de recevoir l’affection de ses partenaires. En apprenant à se connaître, les deux hommes vont réaliser peu à peu le changement de leurs sentiments. L’auteure installe un amour déséquilibré et maladroit mais qui s’harmonise pourtant avec la personnalité des deux musiciens. Ainsi, elle aborde le jugement sur l’apparence, la peur de s’attacher, l’acceptation des « défauts ». Elle joue avec les personnages secondaires pour introduire des quiproquos, ajoutant une note humoristique.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. En plus des trames variées, elle utilise des hachures pour les ombres fortes. Cela colle parfaitement à son style graphique. De même, les décors alternent avec les trames d’ambiance très graphiques. Les flash-back se distinguent à leur fond noir, gris ou par des vignettes recouvertes de trames, selon le contexte dans le récit: une narration, un souvenir éphémère, une réflexion. Par ailleurs, la mise en page dynamique joue principalement sur les sorties de case, l’absence de cadre et les ellipses. Sous la jaquette, Sumiya sensei dévoile quelques secrets sur les personnages à travers deux planches amusantes. A la fin des chapitres, elle offre également une histoire bonus donnant une anecdote. Sauf à la fin du premier chapitre où elle présente les personnages.

En résumé

Shizuki Jun (25 ans), barman, cherche à satisfaire son plaisir avant tout. Il adore jouer du saxophone, ressentant parfois de l’excitation après un concert. Coureur de jupons, il a la fâcheuse manie de complimenter les filles de la fanfare communale dans laquelle il joue. Pourtant, ces dernières préfèrent le flûtiste Yano Yukiji (25 ans), libraire, qui ressemble à un vrai prince. D’ailleurs, Shizuki ne le supporte pas, bien qu’il admire sa maîtrise de la respiration circulaire. Pourtant, les deux hommes se fréquentent en dehors de la fanfare, entretenant une relation de sex friend. Et Yukiji prétexte entraîner son partenaire à respirer pour l’embrasser.

En conclusion

Ce tome obtient la troisième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2022. Sumiya Zeniko sensei choisit un style narratif rafraîchissant, permettant au lecteur de rapidement plonger dans le récit. Elle offre d’ailleurs une romance adulte avec des personnages aux caractères bien trempés. Son graphisme dégage beaucoup d’expressivité malgré un trait épuré. J’avais craqué pour la série en japonais. Je suis donc heureuse de la relire en français. Un énorme coup de cœur!