Happy of the end 3 – Ogeretsu Tanaka

couverture happy of the end 3 ogeretsu tanaka hana

OGERETSU Tanaka おげれつたなか
ISBN: 9782382764770
Hana, 2024
ISBN: 9784801981843 (JP)
Takeshobo, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Une ordure comme toi ne risque pas d’avoir des amis. »

Ogeretsu Tanaka sensei conclut son récit en confrontant d’abord ses deux héros à une effroyable épreuve. Comme dans le tome précédent, elle s’attarde sur l’évolution des sentiments de ses personnages, en particulier le basculement de Haoren devenu instable suite à un énième traumatisme. Ainsi, elle aborde la difficulté à se reconstruire et à préserver son bonheur, le poids de la culpabilité, la facilité à fuir les responsabilités. Malgré son traumatisme, Chihiro s’efforce de rassurer son partenaire. Haoren, qui a le plus changé, préfère maintenant agir avant tout pour le bonheur de son bien-aimé, quitte à se sacrifier. Malgré les silences, le couple semble se comprendre de mieux en mieux, soutenu par Kaji et Matsuki. Ainsi, l’auteure s’intéresse aux efforts pour réaliser son rêve, l’influence positive de préparer son avenir. Elle maintient le suspense, surprenant le lecteur jusqu’à la dernière page.

La mangaka a un trait léché. Elle exagère légèrement les expressions, simplifiant un peu son trait dans les passages humoristiques. Elle utilise beaucoup de trames, donnant ainsi un effet réaliste, surtout pour les ombres et les motifs des tissus. De même, les décors très présents et soignés renforcent le réalisme. Les paysages d’Enoshima sont ainsi reconnaissables. Au lieu des trames d’ambiance, un jeu de lumière avec des décors estompés donne un effet de contre-jour. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Ogeretsu sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle propose une mise en page très dynamique. Par ailleurs, elle renforce la profondeur avec des hachures au premier plan, permettent ainsi de se focaliser sur les points essentiels. Cette technique discrète fluidifie grandement la lecture. Les illustrations en début de chapitre présentent les personnages assis, dans un style plus dépouillé qui tranche avec le reste.

En résumé

Maya oblige Kashiwagi Chihiro à monter dans sa voiture en menaçant sa collègue lycéenne Komori Misato. Mais énervé par une remarque de Chihiro, il finit par le passer à tabac. Toutefois, des passants les surprennent en filmant la scène avant de prévenir les secours. Quand Chihiro se réveille plus tard à l’hôpital, Kaji vient d’abord prendre de ses nouvelles puis cède sa place à Haoren Kô. A la fois rongé par la culpabilité et en état de choc, Haoren se montre doux avec son bien-aimé en larmes, ne sachant comment le réconforter.

En conclusion

Ce tome obtient la quatrième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2024. Ogeretsu Tanaka sensei offre une fable humaine émouvante qui m’a tiré quelques larmes. Les sentiments des personnages sont palpables. En plus, son graphisme plutôt réaliste et très expressif rend le récit encore plus saisissant. La lecture provoque ainsi une flopée d’émotions. Impossible de rester de marbre face à cette malchance affligeante qui touche ce couple se contentant pourtant de très peu de bonheur!

Anti romance 2 – Hidaka Shoko

couverture anti romance 2 hidaka shoko hana

HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782382764886
Hana, 2024
ISBN:‎ 9784344851276 (JP)
Gentosha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

« Au final… tu vas encore me laisser tout porter, alors… »

Hidaka Shoko sensei mène à son paroxysme la tension entre Ryô et Hiroki. Comme dans le tome précédent, elle analyse le déni et la fuite des deux amis face à leurs sentiments. Ainsi, elle met en parallèle les relations presque similaires de Towada Astushi avec Junichi et Misono avec Sakuma. Alors que Kakitani choisit d’oublier cet amour à sens unique, Suô réalise enfin son comportement abusif et égoïste. Les deux hommes effectuent une introspection salvatrice qui leur permet de mettre à plat l’ambiguïté de leur relation. L’auteure ajoute des notes d’humour à travers les remarques de l’entourage du couple qui devine l’aveuglement de ce dernier face à leur amour réciproque. Elle interroge sur les limites de la réconciliation, Hiroki devenant presque un stalker. Par ailleurs, elle met en avant l’évolution nécessaire de chacun pour accepter ses sentiments, ses peurs et dépasser les barrières que l’on se crée.

La mangaka a un trait épuré et léché utilisant les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames variées ont une dominante claire tandis que les trames d’ambiance alternent avec les décors. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page simplement dynamique est efficace, rythmant la lecture. Dans les scènes érotiques, Hidaka sensei censure les parties intimes avec un cache blanc. Elle fait poser les personnages dans les illustrations en début de chapitre. Elle annonce dans la postface dessiner maintenant en numérique mais la différence ne s’aperçoit pas du tout.

En résumé

Depuis l’enfance, Suô Hiroki et Kakitani Ryô sont inséparables. A la maternelle, quand Hiroki s’était teint les cheveux lui-même en imitant sa mère, coiffeuse, il comprit rapidement que son « anormalité » leur causait du tort. Il décida alors de toujours correspondre aux attentes de la société. A partir du collège, Ryô, quant à lui, a commencé à faire des activités différentes de son meilleur ami. Il cachait ainsi désespérément ses sentiments, conscient de son homosexualité.

En conclusion

Ce tome se classe dixième meilleur manga profond au Chill chill BL award 2023. Hidaka Shoko sensei conclut avec délicatesse sa romance, analysant les différents sentiments de ses personnages. Malgré un scénario classique, elle approfondit son sujet et alterne tension et humour ajoutant même une touche de suspense. Ce dernier tome est d’ailleurs plus épais que la moyenne. J’ai adoré découvrir les tribulations de Ryô et Hiroki. En plus c’est un couple reverse. Si vous aimez les tranches de vie et les amours naissants d’une amitié, foncez! Une lecture prenante, réaliste et adulte.

Black or white 7 – Sachimo

couverture black or white 7 sachimo hana

Sachimo さちも
ISBN: 9782382761168
Hana, 2024
ISBN: 9784041116609 (JP)
Kadokawa, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Il aurait pu me le cacher, mais il a préféré tout me dire. »

Sachimo sensei continue d’exploiter la question des scènes de baisers pour les acteurs déjà en couple. Ainsi, elle montre la difficulté à distinguer vie privée et travail et à mettre de côté ses sentiments. De même, elle révèle quelques techniques utilisées par certaines agences pour manipuler leurs artistes, entre chantage, complot, pression sur les plus petites agences. Shin prend de plus en plus d’initiative tandis que Shige semble plonger dans une sombre folie. En effet, conscient de ses limites, il a constamment peur de mettre la carrière de son bien-aimé en danger. Par ailleurs, Hanasaki, Tatara et Umejima restent à l’écoute du couple. L’auteure aborde le sacrifice de soi, les efforts à faire en commun pour maintenir l’harmonie d’un couple, la difficile gestion d’une popularité montante. Comme à la fin du tome précédent, elle termine son récit en plein suspense. Elle détend l’atmosphère avec une histoire bonus sexy et amusante.

La mangaka a un trait anguleux légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle a un graphisme facilement reconnaissable avec ses yeux effilés offrant un charme particulier au regard de ses personnages. Les trames bien que variées ont une dominante claire. De même, les trames d’ambiance appuient les émotions et alternent avec les décors. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Par ailleurs, la mise en page dynamique rythme la lecture, décomposant certains mouvements. Dans les scènes érotiques, Sachimo sensei censure les parties intimes par une forme tramée ou un cache blanc. Elle présente le quotidien câlin du couple dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Rongé par la culpabilité, Washimiya Shin avoue à Ôsawa Shige que Tatara l’a embrassé par surprise lorsqu’il lui a demandé des conseils pour la scène du baiser. Son petit ami explose d’abord, sautant du lit, puis contient sa rage, conscient de sa possessivité. Mais son sourire forcé blesse Shin qui, le lendemain, lors du tournage, improvise la scène du baiser. Bien qu’elle dégage une certaine force, le producteur insiste lourdement pour refaire la scène de manière à voir leurs lèvres. Pendant ce temps, durant son tournage, Shige profite d’une scène de combat pour se venger discrètement de Tatara.

En conclusion

Sachimo sensei prend vraiment son temps pour développer son récit mais elle arrive pourtant à maintenir le lecteur en haleine en proposant quelques révélations au détour d’une page. Par ailleurs, elle analyse avec finesse les différentes émotions de ses personnages. Ceux qui détestaient le comportement de Shige vont peut être changer d’avis après lecture de ce tome. Vivement la suite!

Blue sky complex 9 – Ichikawa Kei

couverture blue sky complex 9 ichikawa kei hana

Ichikawa Kei 市川けい
ISBN: 9782382764855
Hana, 2024
ISBN: 9784864424738 (JP)
Tokyo mangasha, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« C’est justement parce que l’on fait confiance à son partenaire qu’on ne peut demander ou dire certaines choses… »

Ichikawa Kei sensei s’intéresse à la question de la confiance dans le couple, malgré les inquiétudes et les interrogations, ainsi qu’aux sentiments inavouables pour ne pas troubler son partenaire. Elle décortique l’installation du malaise qui en découle, le poids des silences et la nécessité de crever l’abcès ainsi formé. En parallèle, elle continue de développer la question du coming out à travers l’exemple de Minori qui préfère fuir ses sentiments au point d’en devenir malade. Kurisu Haruomi présente une autre facette de sa personnalité en conseillant subtilement Natsuki. Tôma, qui réalise peu à peu ses sentiments et son orientation sexuelle, s’exclut de plus en plus de sa famille. Avec son exemple, l’auteure met en avant les quiproquos que peut provoquer un excès de gentillesse, la nécessité d’être parfois ferme. Elle montre différentes manières de faire une mise au point. Dans l’histoire bonus, elle détend l’atmosphère avec un peu de mignonnerie.

La mangaka a un trait de plus en plus épuré qui offre parfois un aspect croqué. Elle joue sur les pleins et déliés. Dans les passages humoristiques, elle dessine des personnages SD aux traits plus anguleux et simples. Les trames équilibrées ont une dominante claire tandis que les rares trames d’ambiance, discrètes, renforcent le réalisme. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Bien qu’Ichikawa sensei ne censure pas les scènes érotiques, elle joue sur les angles de vue et les cadrages pour montrer le moins de détails possibles. D’ailleurs, il faut parfois déchiffrer les gros plans pour deviner quelle partie du corps est représentée. Comme dans le tome précédent, sous la jaquette, elle donne la recette secrète des pancakes du père de Terashima ainsi que la postface en manga.

En résumé

Alors que Kugayama Tôma s’apprêtait à embrasser Terashima Natsuki, ce dernier l’arrête en le frappant pour l’éloigner. Le lycéen prétexte alors avoir vu une punaise dans ses cheveux pour expliquer son geste. Narasaki Motochika ayant trouvé Wakamatsu Minori sous la pluie, la raccompagne chez elle avant de rejoindre son bien-aimé comme promis. Le lendemain soir, quand Terashima voit l’ambulance devant leur immeuble, il hésite à avertir Chika qu’il s’agit de Minori, trop fier pour avouer s’inquiéter de leur passé. Le jour suivant, lorsque Narasaki croise Endô Yui avec les affaires de Minori, il s’interroge alors sur la relation entre les deux femmes.

En conclusion

Ce tome obtient la dix-huitième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2024. Ichikawa Kei sensei arrive à aborder différents sujets uniquement en analysant les petits tracas du quotidien. Elle montre différentes réactions, réflexions, permettant ainsi au lecteur de s’interroger sur les comportements humains. Par ailleurs, son graphisme dégage beaucoup de sensualité. Je craque complètement pour ses personnages en SD qui ont une patte graphique particulière mais tellement trognonne! Une tranche de vie qui peut paraître un peu lente pour certains lecteurs mais qui me ravit à chaque tome. J’adore découvrir et partager le quotidien de Natsuki, Chika et tous leurs amis.

Sweet room escape 2 – Owal

couverture sweet room escape 2 owal hana

Owal おわる
ISBN: 9782382764534
Hana, 2024
ISBN: 9784801976719 (JP)
Takeshobo, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Il me répète sans arrêt qu’il m’aime, sans aborder les choses importantes… »

Owal sensei se recentre sur le développement de la relation entre Albrecht et Haruto, révélant quelques secrets. Ainsi, elle aborde la difficulté à transmettre ses sentiments, l’importance de la communication dans un couple, la construction d’une relation de confiance. Elle joue sur les quiproquos pour créer de la tension. De même, l’introduction du majordome Raymond renouvelle les effets comiques. Entre deux confidences sur l’oreiller, nos deux amoureux réalisent l’évolution de leurs sentiments ainsi que leurs changements. Leurs échanges s’équilibrent petit à petit. L’auteure s’intéresse entre autres à l’organisation difficile de la vie à deux quand les partenaires ont souvent des déplacements, aux sentiments tus qui peuvent créer le doute. Elle ajoute une note mignonne en transformant ces deux « pervers » en deux amoureux embarrassés facilement par des amours plus sincères.

La mangaka a un trait épuré proche du style shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, exagérant les expressions. Elle utilise beaucoup de trames. De même, les nombreuses trames d’ambiance appuient les émotions. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page très dynamique joue entre autres sur les sorties de cadre. Ainsi, Owal sensei met en avant la plastique de ses personnages, dont leur fine musculature. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques, offrant même des coupes intérieures. En fin de chapitre, elle donne une anecdote avec une petite illustration dans laquelle les personnages apparaissent en SD. Contrairement au tome précédent, les illustrations en début de chapitre partagent un thème du récit toute en présentant le quotidien des deux héros. Sous la jaquette, deux planches montrent l’imagination débordante et perverse d’Al et Haruto.

En résumé

Naitô Haruto accompagne Albrecht Zweig à Kumamoto pour l’aider à sélectionner les poteries qui décoreront son futur hôtel. Le soir, ils profitent d’une chambre luxueuse. Mais dans le bain, Haruto a du mal à cacher son excitation, d’autant plus qu’ils n’ont plus de moments intimes depuis que le majordome d’Al, Raymond, les interrompt sans cesse.

En conclusion

Owal sensei maîtrise parfaitement sa narration tout en faisant évoluer les effets comiques et en créant des effets de surprise. Elle continue d’offrir de magnifiques scènes épicées. Je me suis laissée happer par l’évolution tellement mignonne de ce couple un peu pervers mais adorables. En plus, les éditions Hana ont proposé cette duologie dans un beau coffret, bien que sobre, reprenant les couvertures des deux tomes, accompagné de trois magnifiques illustrations du couple. De quoi égayer sa bibliothèque. Un beau coup de cœur!

Sweet room escape 1 – Owal

couverture sweet room escape 1 owal hana

Owal おわる
ISBN: 9782382764527
Hana, 2024
ISBN: 9784801976702 (JP)
Takeshobo, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Avoir des sex friends dans le monde entier me convient mieux. »

Owal sensei nous fait voyager à travers le monde avec un jeu du chat et de la souris entre un homme d’affaires frivole et un homme riche mystérieux. Elle base la narration principalement du point de vue de Naitô, sauf pour l’histoire bonus dans laquelle Albrecht donne sa version de leur première rencontre. Elle détourne avec humour le comportement problématique de stalker d’Al qui reste pourtant un gentleman lors de la séduction. L’amour exclusif du riche patron se confronte constamment à la soif de débauche de Haruto. D’ailleurs, ce dernier assume son homosexualité uniquement à l’étranger, offrant un double visage. L’auteure ajoute encore des touches d’humour avec les domestiques d’Albrecht et le collègue ouvertement gay de Naitô, Hazama. Par ailleurs, elle présente les spécificités de certains hôtels. Elle termine ce tome avec un peu de tension et de suspense en introduisant le majordome Raymond.

La mangaka a un trait fin et épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à exagérer les expressions ou à transformer ses personnages en d’adorables SD ou semi SD. Par exemple, la voix intérieure de Haruto exprime son avis contradictoire en SD. L’utilisation de beaucoup de trames donne un côté réaliste, d’autant plus que les décors sont très soignés. Toutefois, de nombreuses trames d’ambiance graphiques participent également à la narration. Ainsi, les ikemen sont toujours entourés d’effet de surbrillance. La mise en page est riche et très dynamique. Owal sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle en dessine presque une par chapitre, mettant en avant la plastique de ses personnages. Par ailleurs, elle inclut les illustrations en début de chapitre dans le récit.

En résumé

Naitô Haruto (25 ans) travaille dans une société d’import-export et se porte toujours volontaire pour les voyages d’affaires à l’étranger. En effet, il aime collectionner les sex friends aux quatre coins du globe. Lors d’un vol pour Paris, il tombe accidentellement sur son voisin de siège à cause des turbulences. Bien que ce passager soit physiquement à son goût, il décide alors de ne pas le séduire. Mais lorsqu’Albrecht recroise Haruto dans un luxueux hôtel, il l’invite à partager un verre. Les deux hommes passent ensuite une nuit torride. Et depuis, Naitô n’arrive pas à l’oublier…

En conclusion

Ce tome se classe à la dix-neuvième place du meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2023. Comme à son habitude, Owal sensei équilibre parfaitement les scènes comiques avec celles sexy, tout en proposant un scénario simplement intéressant. Pour son premier titre en deux tomes, elle maîtrise le développement des actions. Son graphisme très expressif rend parfaitement la sensualité des passages érotiques. De même, les petits côtés mignons qui apparaissent entre deux passages sérieux sont rafraîchissants. J’ai un énorme coup de coeur pour ce couple attendrissant. Un titre qui plaira évidemment à tous les fans de la mangaka mais également aux amateurs de titres épicés!

Boss and the beast – Sachimo

couverture boss and the beast sachimo hana

Sachimo さちも
ISBN: 9782382762066
Hana, 2024
ISBN: 9784041124642 (JP)
Kadokawa, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

« Ma connaissance du monde est aussi étroite que mon anus. »

Sachimo sensei narre une romance dramatique entre deux hommes brisés par la vie qui développent pourtant un amour pur. Elle révèle leur passé au fur et à mesure, maintenant un certain suspense. De même, elle alterne la narration entre ses deux héros, partageant leurs interrogations. Après avoir vu le pire de l’humanité, Léo semble conditionné mais analyse ses nouveaux sentiments. Le boss, quant à lui, habitué a acheter la fidélité de son entourage, a du mal à comprendre son attirance. Les deux hommes d’abord déstabilisés, évoluent en se découvrant mutuellement. Les jumeaux apportent une petite note humoristique rafraîchissante dans cet univers très sombre. L’auteure interroge ainsi sur la « normalité » en jouant sur la dualité entre le bien et le mal. Elle aborde également le manque d’amour, la dépendance affective, le besoin d’être utile. Par ailleurs, elle construit une relation plutôt consensuelle dans ce monde violent.

La mangaka a un trait léché légèrement anguleux. Elle le simplifie dans les rares passages humoristiques. Elle donne un peu de relief grâce à des contours de différentes épaisseurs. D’ailleurs, son style graphique se reconnaît immédiatement avec ses yeux effilés caractéristiques et pourtant tellement expressifs. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance se font discrètes. De même, les décors situent principalement l’action. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page très dynamique rythme la lecture. Dans les scènes érotiques, Sachimo sensei censure les parties intimes par un cache blanc ou une forme tramée. Elle détaille pourtant certaines actions par transparence avec des coupes intérieures. Dans les illustrations en double page au début des chapitres, elle dessine le couple avec un indice sur le récit. Par ailleurs, la représentation esthétique de la violence conserve ainsi un impact sans pour autant choquer.

En résumé

Maltraité puis vendu par ses parents, Léonard est devenu un esclave sexuel jusqu’à ce qu’un jour, on l’abandonne roué de coups dans une rue enneigé. Soigné par le boss de l’organisation « Last home », qui accueille les laissés-pour-compte, il découvre le bonheur de manger trois fois par jour et de dormir sous un toit. Pour ne pas perdre ce nouveau confort, il cherche désespérément à se rendre utile et finit alors par offrir ses services aux jumeaux Rikuo et Kaito. Mais le boss interrompt ses deux sous-fifres et accepte de coucher avec Léo. Toutefois, il ne comprend pas pourquoi ce jeune homme qui refuse son argent l’intéresse autant.

En conclusion

Sachimo sensei maîtrise parfaitement le développement de son scénario, décryptant avec finesse la sensibilité vacillante de ses personnages. Ainsi, elle donne envie au lecteur de soutenir le couple. En plus, son graphisme magnifique devient très sensuel dans les passages érotiques. J’adore ce récit qui questionne indirectement sur le bonheur et l’amour. Je suis touchée par ce couple émouvant et par la pureté de leur histoire d’amour. Par ailleurs, j’adore les couples reversible. Un récit à ne pas mettre entre toutes les mains mais qui plaira aux amateurs d’amour pur dans un univers sombre. Pour moi, un énorme coup de cœur!

Hidamari ga kikoeru 7 Au fil des saisons 2 – Fumino Yuki

Couverture de Hidamari ga kikoeru 7 au fil des saisons 2 fumino yuki hana

FUMINO Yuki 文乃ゆき
ISBN: 9782382762455
Hana, 2024
ISBN: 9784829686744 (JP)
France shoin, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Ça ferait sans doute bizarre de se revoir… »

Fumino Yuki sensei met en avant les difficultés que rencontrent les personnes malentendantes en milieu professionnel, en particulier lors des réunions et des soirées de convivialité qui provoquent beaucoup de fatigue à cause d’un grand effort de concentration. Elle montre comment les quiproquos et les problèmes de compréhension polluent le développement des relations professionnelles. Ainsi, Sudô ne s’intègre pas beaucoup à l’équipe. Bien que motivé, il juge hâtivement et n’assume pas ses fautes. Kôhei, quant à lui, essaie de proposer des solutions mais reste tout de même en retrait. Bien que Taichi s’appuie de plus en plus sur lui, il pense être impuissant. D’ailleurs, il comprend de mieux en mieux Sagawa à force de l’observer. Ainsi, l’auteure aborde le coming out au travail, le jugement sur l’apparence, la frustration contenue. Elle révèle un peu plus l’enfance de Taichi, s’intéressant à sa relation avec son père.

La mangaka a un trait fin légèrement épuré. Avec son style shôjo, elle dessine des yeux très expressifs. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames très variées et les décors soignés, très présents, apportent une touche réaliste. Toutefois, quelques trames d’ambiance plutôt graphiques, appuient les émotions. Comme dans le tome précédent, la mise en page très dynamique reprend les codes du shôjo. Par contre, Fumino sensei marque les souvenirs par un cadre en pointillé. Par ailleurs, elle ne dessine pas de scènes érotiques, la relation s’arrêtant pour l’instant aux câlins. Sous la jaquette, elle donne la suite du chapitre 8.

En résumé

Depuis que Sagawa Taichi a reçu un appel de son père, il est perturbé. Mais il essaie de faire bonne figure devant son petit ami, Sugihara Kôhei, qui s’inquiète. Comme Gen, le grand-père de Taichi, ne dort pas à la maison, Kôhei lui propose de rester avec lui pour la nuit. Les deux hommes finissent alors par parler de leurs pères…

En conclusion

Fumino Yuki sensei décortique avec finesse les émotions et les réactions de ses personnages. Elle prend son temps pour développer les différentes relations mais s’attarde justement sur les barrières que l’être humain se construit, influencé par l’image sociétale idéalisée. En plus, le graphisme très expressif permet de deviner facilement les émotions. Je ne me lasse pas de ce récit qui dégage beaucoup de sensibilité. Une merveilleuse lecture!

Si tu insistes… 2 – Niyama

couverture si tu insistes 2 niyama hikaru de face avec shinobu qui se refleres dans ses yeux

NIYAMA にやま
ISBN: 9782382764961
Hana, 2024
ISBN: 9784801979062 (P)
Takeshobo, 2022 (JP)
Titre original: そんなに言うなら抱いてやる 2
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« On n’est plus censés avoir quelque chose à cacher, l’un comme l’autre… »

Niyama sensei propose de découvrir l’évolution de la relation entre Hikaru et Shinobu. Elle rappelle d’abord l’essentiel du récit et présente les personnages grâce à la narration d’Omoteya. Elle met ensuite un peu plus en avant Sakuma Tôya, le collègue du prince, qui s’amuse de la complicité des deux amoureux. Les jumeaux apportent une note d’humour entre leurs déguisements et leurs remarques narquoises. Les chamailleries et les provocations continuent, apportant quelques tensions entre deux moments sexy. Pourtant, le couple réalise peu à peu leurs grandes différences, la difficulté à dévoiler leurs secrets honteux et leur manque de communication. Ainsi, l’auteure met en avant les efforts à fournir pour faire des compromis, la différence entre relation charnelle et sortie en amoureux. Avec le voyage d’entreprise, elle aborde l’emballement des rumeurs, la question du coming out, la pression sur la vie privée.

La mangaka a un trait épuré légèrement léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle met en avant les belles musculatures de ses personnages, en particulier celle de Nin Nin. Pourtant, ils rougissent facilement, marqués par des hachures envahissantes. Les trames sont équilibrées. De même, les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page est dynamique. Niyama sensei ne censure pas les scènes érotiques. Sous la jaquette, elle continue l’histoire de la couverture. D’ailleurs, la couverture offre le point de vue inversé du tome 1.

En résumé

Omoteya Hikaru et Urukawa Shinobu continuent d’afficher un autre visage au travail. Mais alors qu’ils se câlinaient dans les toilettes du bureau, Nin Nin découvre que son petit ami est complexé. Comme ce dernier refuse de se confier, il s’amuse à le découvrir en le taquinant un peu le soir.

En conclusion

Ce tome obtient la seconde place de la meilleure série au Chill chill BL award 2023. Niyama sensei aborde d’autres thèmes avec son couple trop fier mais tellement amusant. Elle maîtrise toujours autant l’équilibre entre humour, sexy et tension. Elle se permet même un peu de « publicité » avec l’un des jumeaux qui arbore le masque de nuit Nin Nin. L’avez-vous repéré? Une histoire toujours aussi prenante, amusante et adulte. Impossible de ne pas craquer pour le double visage de Shinobu!

Here U are 2 – Djun

couverture here u are 2 djun taifu li huan qui retire son masque

Djun
ISBN: 9782375064436
Taifu comics, 2024
Dongman, 2017 (CN)
Manhua
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Tant de contradictions dans ses propos. »

Djun continue de dénoncer les divers comportements homophobes, en particulier avec la bande de Wang Ming et Zhang Jiefeng. Iel crée des tensions et des quiproquos, rendant avec réalisme les diverses réactions et questionnements. Comme dans le tome précédent, iel détend l’atmosphère avec des petites touches d’humour, apparaissant même en tant que manhuajia dans les dialogues. De même, Xiao Yi ajoute une note mignonne. Les colocataires de Yangyang, Yu Xiao Ji, Lao Jiang et Dabai, soutiennent leur ami avec bienveillance. Par ailleurs, l’introduction de Zhang Jianyu permet d’analyser les limites du déni et du travail sur soi. En effet, bien que la jeune fille ait parfaitement conscience d’un amour impossible, elle continue d’espérer et de provoquer la chance d’un changement. Ainsi, l’auteur.e aborde l’amour à sens unique, le jugement hâtif, le poids des rumeurs et la difficulté à oublier. Avec Li, elle montre la complexité à décrypter ses ressentis.

Dans le sommaire, Djun ajoute un personnage en SD portant un pyjama animal trop chou. Son trait épuré conserve un style réaliste. Il se simplifie et s’arrondit dans les passages humoristiques. Ainsi, certains personnages apparaissent même en semi SD au cours du récit. De même, les teintes plutôt réalistes apparaissent très sombres la nuit. Les décors soignés renforcent également le réalisme. Toutefois, quelques trames colorées retranscrivent l’ambiance. Les rêves se repèrent grâce à un fond noir. La mise en page dynamique a parfois un agencement provoquant quelques hésitations sur l’ordre de lecture, quand il y a des chevauchement de vignettes. En fin de tome se trouve des croquis humoristiques qui étaient en bonus à la fin de certains chapitre lors de la publication en ligne. Un vernis sélectif sur la couverture est du plus bel effet.

En résumé

Avec un peu de patience et d’observation, Yu Yang a enfin réussi à sympathiser avec Li Huan. Il remarque même les timides et discrets sourires de son camarade. Le voyant déjeuner seul, il le rejoint sans hésitation et lui propose alors d’aller à la piscine de l’université ensemble. Les colocataires de Yangyang, remarquant que Zhang Jianyu n’arrête pas d’abuser de la gentillesse de ce dernier, le préviennent que sa bonté débordante peut porter à confusion. En effet, l’étudiante semble en pincer pour lui bien qu’elle sache qu’il soit homosexuel. Inquiet des rumeurs qui peuvent alors circuler, Yu se demande s’il ne devrait pas également prendre ses distances avec son nouvel ami.

En conclusion

Djun maîtrise parfaitement le développement de son récit, alternant tension, humour et « mignonnerie ». Iel commence à révéler quelques secrets sur Yu. Son graphisme est agréable. Les sujets abordés sont complètement d’actualités. Je trouve d’ailleurs que les réactions sont très bien rendues. J’adore la sensibilité de ce récit qui apporte une touche plutôt réaliste dans son propos. Après l’avoir lu en ligne, je n’ai pas hésité à le reprendre en version papier, complètement charmée par les aventures de Yangyang, Li Huan et leurs amis. N’hésitez pas à découvrir cette magnifique histoire!