Sasaki et Miyano anthologie officielle – Harusono Shou

couverture Sasaki et Miyano anthologie officielle Harusono Shou édité par Akata

HARUSONO Shou 春園ショウ
ISBN: 9782385690274
Akata, 2024
ISBN: 9784046813299 (JP)
Kadokawa, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Sasaki et Miyano comme vous ne les avez jamais vus! »

Harusono Shou sensei propose de découvrir les histoires de la bande de Sasaki et Miyano à travers le regard d’une quinzaine de mangaka de talent. Les récits très courts s’attardent principalement sur un échange ou une interaction, avec une note romantique, mélancolique, mignonne et/ou comique. Les thèmes variés permettent de découvrir d’autres aspects inédits du quotidien des héros et de leurs amis. Ainsi, le lecteur découvre entre autres que Miyano n’est pas à l’aise avec les chats, que Kagiura et Hirano se chamaillent facilement pour des broutilles, que Sasaki a une imagination débordante. Comme dans le récit original, les caractères, les relations et l’ambiance générale sont respectés. Le détournement des clichés BL et romantiques ajoutent une note comique supplémentaire. Les trois dernières histoires en fin de tome proposent chacune un cross over original avec les personnages des séries phares de trois mangaka.

En plus de Harusono Shou sensei, ce recueil contient des illustrations de deux autres mangaka ainsi que les mangas de quatorze mangaka. Ainsi, chacun.e garde son propre style graphique, du trait brut à celui très doux, avec un aspect croqué, léché ou shôjo. Même le traitement des trames et des mises en page conservent les habitudes de chacun.e. A la fin des chapitres ou des illustrations, il y a une présentation d’une œuvre originale du participant.e ainsi que leur commentaire. Toutefois, iels précisent pour la plupart avoir apporté un soin particulier au travail des mains, comme Harusono sensei.

En résumé

En allant récupérer un polycopié qui s’était envolé, Miyano est abordé par un chat. Peu à l’aise, Sasaki lui explique alors comment apprivoiser la bête…

En conclusion

Harusono Shou sensei semble touchée par les différentes versions que les mangaka lui ont offertes. Toutefois, les graphismes variés ne plairont pas à tous les lecteurs. Pour ma part, habituée à ce genre de recueil, je me devais d’avoir ce tome, Mika sensei, auteure de I cannot reach you, participant à l’anthologie. C’est d’ailleurs son récit et son cross over mes préférés! A découvrir si vous êtes fan de la série!

Le théâtre des fleurs 8 – Natsume Isaku

couverture de Le théâtre des fleurs 8 de Natsume Isaku, édition taifu

NATSUME Isaku 夏目イサク
ISBN: 9782375063965
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784403668203 (JP)
Shinshokan, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Je deviendrai ton partenaire privilégié. »

Natsume Isaku sensei, après avoir présenté l’évolution du quotidien de Sôgorô et Gensuke deux ans plus tard, s’attarde sur le secret de la dispute entre Matsukawa Kikuemon et Ôtaniya Juichirô. En impliquant Tsutamaru et Takeichi, elle crée une enquête amusante tout en analysant la spécificité du partenaire privilégié dans le kabuki. Ainsi, elle montre l’influence de l’amitié et la rivalité sur la motivation ainsi que les différentes méthodes pour progresser. La participation à un rôle principal de Sôgo permet de découvrir les différents obstacles rencontrés par les acteurs pour construire leurs personnages, souvent historiques. Par ailleurs, Nishida et Tsuchiya Hiroto apportent leur soutien au couple, permettant également de se projeter sur les difficultés de l’avenir. Ainsi, comme dans le tome précédent, l’auteure aborde la difficulté à gérer le privé et le travail ainsi que les limites pour cacher une relation quand des rumeurs naissent.

La mangaka a un trait léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle soigne les motifs des kimonos. Ainsi, les trames sont très variées. De même, les trames d’ambiance plutôt graphiques, appuient les émotions. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Les décors apparaissent sur les plans larges. Par contre, la mise en page est simplement dynamique. Dans les scènes érotiques, Natsume sensei censure à peine les parties intimes par une languette blanche. Dans les illustrations en début de chapitre, elle présente le quotidien des personnages. Par ailleurs, des fiches sur les personnages en début de tome permettent de mieux se repérer.

En résumé

Arai Gensuke et Matsukawa Sôgorô refusent d’obéir à Arai Tsutamaru et Kaneko Takeichi qui leur recommandent de se séparer pour leur carrière. Et les deux jeunes acteurs ont pour l’instant réussi à tenir leur promesse d’être prudent en n’affichant plus leur amour en public durant déjà deux ans. D’ailleurs, Gensuke vit maintenant seul, le couple y ayant construit leur nid d’amour. Les deux acteurs de kabuki jouent même dans des séries TV ou des publicités. En plus, Sôgorô travaille occasionnellement en tant que mannequin. Pourtant, Tsutamaru et Takeichi continuent de les surveiller, se demandant pourquoi Matsukawa Kikuemon, bien qu’au courant de la relation entre les deux héritiers, n’intervient toujours pas.

En conclusion

Natsume Isaku sensei continue de nous émerveiller avec le kabuki, s’attardant sur le dur travail des acteurs mais également les spécificités de cet art. Son graphisme léché et soigné rend parfaitement l’ambiance des scènes ainsi que la décontraction du quotidien. J’adore Tsutamaru, malgré ses petits défauts. Et j’ai hâte de découvrir la performance de Sôgorô dans ce rôle à la fois masculin et féminin. Vivement la suite!

Dangerous convenience store 3 – 945

couverture de Dangerous convenience store de 945 édition kbl

945
ISBN: 9782382882658
Kbooks, 2024
ISBN: 9791170950035 (KR)
OrangeD, 2023 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Est-il enfin temps pour Gunwoo de révéler à Euijoon qui il est réellement? »

945 (Gusao) s’attarde sur les interrogations d’Euijoon, questionnant sur la différence entre relation purement charnelle et relation amoureuse. Ainsi l’analyse des émotions du couple ainsi que leurs activités en commun retient en haleine le lecteur. En effet, Gunwoo après avoir accepté son attirance pour un homme, ne change en rien son comportement et accepte facilement son éventuelle homosexualité. Comme il continue de garder le secret sur son passé et son emploi, les quiproquos s’accumulent. Peu bavard, ses interactions avec Yeo deviennent amusantes. Ainsi, l’auteur.e aborde la peur de l’engagement, le conflit entre raison et sentiment. Iel dévoile tout de même aux lecteurs l’univers dans lequel évolue le mafieux, ainsi que les desseins de Cha Chahyeon (32 ans), directeur général de CIK. Les amis de Euijoon, Lee Juyeon et Kim Taeyeong, ajoutent une touche bienveillante.

Le trait épuré légèrement anguleux de la manhwaga se simplifie et s’arrondit dans les passages humoristiques. Les trames aux teintes réalistes utilisent principalement une gamme de tons discrets et neutres comme le noir, le blanc, les beiges, les bleus. Toutefois, les trames d’ambiance, plus colorées ou graphiques, rehaussent les émotions. Un fond noir indique les flash-back mais également les rêves. Les décors s’estompent en arrière-plan ou apparaissent plus détaillés sur les plans larges. Comme dans le tome précédent, la mise en page plutôt classique met tout de même en valeur la plastique des personnages. Par ailleurs, 945 ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

Depuis que Beom Gunwoo a avoué ses sentiments, Yeo Euijoon, troublé, hésite à lui répondre. Toujours peiné par la fin de sa relation avec Hyeonwoo, alors qu’il en est pourtant l’initiateur, il est persuadé de ne plus pouvoir aimer. Mais surtout, l’étudiant a l’impression de profiter des sentiments de son voisin. Légèrement fiévreux, il réalise néanmoins qu’il apprécie de pouvoir se confier à Gunwoo et qu’il a vraiment envie de le connaître plus.

En conclusion

945 fait faire un bon à son récit, s’attardant sur l’évolution de la relation entre Gunwoo et Euijoon. Les scènes érotiques suivent toujours de tendres échanges, paraissant naturelles. Ce tome se dévore avec délice. J’adore la dynamique entre les deux héros ainsi que les réactions de leur entourage. En effet, ils dégagent tous deux un côté naïf et maladroit alors qu’ils ont un petit côté pervers. Une lecture hot mais un couple adorable.

Cherry blossoms after winter 2 – Bamwoo

couverture cherry blossoms after winter 2 bamwoo taifu

Bamwoo
ISBN: 9782382882139
Kbooks, 2024
Orange Agency, 2017 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Tout le monde parle de vous! Ça ne te fait rien? »

Bamwoo continue de développer en détail la question du harcèlement. Iel met en avant les différentes stratégies de Taesung pour contrer les assauts de Junseung, mettant en avant les conséquences de l’indifférence, de la manipulation, de l’isolement ainsi que l’engrenage facile vers la violence. Par ailleurs, Jia, Yonghee et Inje apportent à la fois soutien et note comique par leur maladresse malgré leur bienveillance. Comme dans le tome précédent, le passé révélé par brides permet de mieux définir la relation entre Seo et Jo mais également avec Madame Ha. Ainsi, Haebom reste prisonnier de sa culpabilité, persuadé d’incommoder son entourage. Taesung, quant à lui, s’interroge de plus en plus sur l’homosexualité. Ainsi, l’auteur.e aborde le coming out, la difficulté à distinguer ses sentiments lorsque l’on est déjà proche, le poids d’un secret, les répercussions des rumeurs. La narration alterne entre Seo et Jo, présentant leur réflexion en détail.

Le trait épuré de la manhwaga dégage beaucoup de douceur, renforcée par des tons pastels. Pourtant, les couleurs restent plutôt réalistes. Dans les passages humoristiques, le trait s’arrondit et se simplifie. Ainsi, les expressions exagérées deviennent toutes mignonnes. Les décors bien que très présents utilisent un dégradé de tons monochrome, mettant en valeur le premier plan. Par ailleurs, les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page plutôt classique respecte le travail numérique de Bamwoo, avec des respirations et des points d’attention dans le récit.

En résumé

Pour protéger Seo Haebom du harcèlement de Kim Junseung, Jo Taesung s’installe à côté de lui en classe. Mais des rumeurs sur leur relation enflent de plus en plus. Alors que deux camarades de classe interrogent Haebom sur sa possible homosexualité, Nam Jia, l’amie de Taesung, vient à son secours. D’ailleurs, les autres amis de Jo, Baek Inje et Jo Yonghee, essaient également d’intégrer petit à petit Seo à leur groupe. Taesung, quant à lui, cherche à se rapprocher de plus en plus de son ami d’enfance.

En conclusion

Bamwoo avance dans son récit pour mieux reculer, à notre grande frustration mais également pour notre plus grand bonheur! En effet, l’analyse détaillée des sentiments et des réflexions des personnages permet de bien comprendre leur évolution. Avec un arrière-goût réaliste, ce récit rappelle constamment que l’Amour ne sauve pas tout et que les efforts ne paient pas forcément immédiatement. Le suspense maintient le lecteur en haleine. Et le graphisme, surtout les bouilles mignonnes dans les passages comiques, renforcent les moments attendrissants. Une lecture réconfortante!

Juste un rêve pervers? – Yoshimoto Senco

couverture juste un reve pervers yoshimoto senco taifu

YOSHIMOTO Senco 由元千子
ISBN: 9782375064368
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784910526195 (JP)
Shucream, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

« C’est si important que ça de ne se focaliser que sur une seule personne? »

Yoshimoto Senco sensei pose lentement son univers tout en plongeant immédiatement le lecteur dans l’érotisme. Elle crée des personnages assez simples dont l’objectif commun concorde. En effet, l’innocent incube Foni dépend de l’énergie vitale des humains qu’il consomme en rêve ou en couchant directement tandis que Harumi n’arrive pas à s’attacher exclusivement à un partenaire. Ainsi, sous prétexte d’apprentissage, le couple va d’abord construire une relation purement charnelle de nourrissage avant de réaliser l’évolution de leurs sentiments. De même, le démon qui se déprécie, va peu à peu prendre de l’assurance, encouragé par son hôte. L’auteure aborde donc la cohabitation, le manque de confiance en soi, la différence entre relation charnelle et relation amoureuse. En introduisant l’incube Rumi, elle pousse le couple à s’interroger sur leurs liens, ajoutant une note d’humour. De même, la candeur de Foni contraste avec son côté pervers.

La mangaka a un trait légèrement épuré et anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à transformer les personnages en SD. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance très graphiques, complètent les émotions. La mise en page est simplement dynamique. Dans les scènes érotiques, Yoshimoto sensei censure les parties intimes par un cache blanc ou en les fondant dans les trames. Elle offre pourtant une scène par chapitre. Sous la jaquette, elle donne quelques anecdotes sur les personnages. De même, il y a des croquis amusants en fin de chapitre.

En résumé

Un soir, Harumi qui travaille comme hôte dans un bar, est sollicité par un de ses collègues qui a trouvé un homme à moitié mort d’inanition. Il le recueille alors chez lui. Mais pendant qu’il dormait, le jeune inconnu apparaît dans son rêve et lui demande à boire son sperme. En effet, Foni se présente comme un démon des rêves, puisant sa force dans l’énergie vitale des humains…

En conclusion

Yoshimoto Senco sensei ne maîtrise pas le format one-shot, précipitant certains évènements qui font avancer l’intrigue un peu abruptement. Toutefois, elle construit un univers intéressant et un couple plutôt mignon. Les nombreuses scènes érotiques divertissent également. Un scénario en fin de compte simple qui permet de se détendre sans se prendre la tête.

L’amour au micro-onde! 2 – Kakine

couverture de L'amour au micro-onde! 2 de Kakine, édition taifu

Kakine カキネ
ISBN: 9782375064917
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784799749678 (JP)
Libre, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Quoi que les gens puissent dire, c’est moi, ton petit ami. »

Kakine sensei continue d’analyser le lien qui se crée entre les gens durant les repas. Elle s’intéresse également à l’engouement pour la cuisine à travers les émissions télévisées et les réseaux sociaux. Ainsi, à travers Ukie, elle montre les différences entre amateur et professionnel. Ainsi, la comparaison entre les deux mères des deux héros, aux caractères totalement opposés, interroge sur la construction du palais durant l’enfance et la perception des repas préparés. Les personnages secondaires apportent principalement une note comique. D’ailleurs, le comportement ambigu de Taguchi le rend très intéressant. A travers les médias, l’auteure aborde l’influence des réseaux sociaux et des scandales sur la vie privée, la séparation entre privé et public, l’image que l’on se construit à la télévision. Elle s’intéresse également au coming out à la famille, analysant deux réactions différentes lors de la présentation du partenaire.

La mangaka a un trait épuré mit en relief par les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. De même, les décors apparaissent sur les plans larges. Contrairement au tome précédent, les flash-back se repèrent plus classiquement à leur fond noir. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Kakine sensei ne montre pas les parties intimes qui se fondent dans les trames.

En résumé

L’émission de Waki Shôgo a évolué. Maintenant, il partage l’antenne avec une belle assistante, Ukie. Il rentre également de plus en plus tard. Pourtant, il envoie toujours à son petit ami Kami Yoshitarô (32 ans), une photo de son bento vide pour le remercier de s’être régalé. Mais un soir, un journaliste du Bunshû magazine aborde Kami et lui révèle qu’un scoop sur Waki et son assistante sera publié. Bien qu’ébranlé, l’ouvrier continue de croire en son petit ami. Mais lorsque ce dernier oublie de lui envoyer la photo de son bento, sa confiance s’ébranle. Pour tromper sa tristesse, Yoshitarô sort avec ses collègues. Buvant plus que de raison, Taguchi Kei lui propose alors de rester chez lui.

En conclusion

Kakine sensei offre une suite très intéressante, développant d’autres sujets mais toujours autour de la cuisine. Elle développe les personnages secondaires apportant une touche très « familiale » au récit. Ses regards semblent s’adoucir. Je craque complètement pour les deux mères. Leurs réactions sont tellement opposées et pourtant, je les trouve attendrissantes. Une délicieuse conclusion qui nous laisse un peu sur notre faim, si on apprécie Taguchi!

L’amour au micro-onde! 1 – Kakine

couverture de L'amour au micro-onde! 1 de Kakine, taifu comics

Kakine カキネ
ISBN: 9782375064351
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784799737422 (JP)
Libre, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Il n’y a pas que le goût dans la nourriture. »

Kakine sensei narre une douce romance tout en abordant le bonheur de manger ensemble. Elle révèle le passé des deux héros par brides, créant un certain suspense. Ainsi, l’enjoué Waki est un glouton fonceur, un peu sans gêne, qui redécouvre les goûts. Le fuyant Kami, quant à lui, culpabilise sur son homosexualité et prend en fait plaisir à voir les autres manger. Les deux hommes vont se découvrir des points communs à travers la cohabitation. Malgré un lien fort qui se crée entre eux, ils ont tous les deux tendance à faire passer le bonheur de l’autre avant. L’auteure analyse en détails les interactions qui se créent durant les repas. Avec Taguchi, elle s’intéresse à l’homophobie et la question du coming out au travail. Par ailleurs, elle aborde la peur de l’engagement, le poids du devoir filial et la difficulté à séparer privé et public.

La mangaka a un trait légèrement anguleux adouci par les pleins et déliés qui donnent au passage du volume. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle n’hésite pas à représenter Waki en wanko. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance, parfois très graphiques, accompagnent les émotions. De même, les décors détaillés apparaissent sur les plans larges. La mise en page est très dynamique. Pour les flash-back, Kakine sensei utilise parfois un fond gris mais elle privilégie une trame rayée, parfois brouillée par des marques blanches, qui ne recouvre que le dessin. Ainsi, elle ajoute un effet d’effacement, transcrivant les souvenirs flous. Dans les scènes érotiques, les cadrages évitent de montrer en détail les parties intimes, même dans une coupe intérieure. Par contre, l’histoire bonus offre des scènes plus sexy compensant les passages trop courts du récit.

En résumé

Bien que célibataire, Kami Yoshirô aime se préparer de bons plats. Néanmoins, il a tendance à trop en cuisiner. En effet, avant il partageait son bento avec un collègue mais depuis le départ de ce denier, il se retrouve seul le midi. Un soir, le présentateur Waki Shôgo, qui anime une rubrique culinaire, débarque à l’improviste chez Kami. Bien qu’il ne distingue pas bien les goûts, il tombe tout de même sous le charme des plats de l’ouvrier. Depuis, il s’invite à la pause déjeuner de ce dernier, les studios étant proches du travail de Yoshirô…

En conclusion

Kakine sensei propose de partager une tranche de vie de Waki et Kami, autour de délicieux plats. Elle détaille avec finesse l’ambiance et le bonheur de partager les repas ainsi que le réconfort que la cuisine apporte. Son graphisme qui conserve un peu un aspect croqué, dégage un charme particulier. Par ailleurs, la romance se développe avec naturel. Je craque complètement pour le couple! Une lecture gourmande qui dépeint des émotions très intéressantes.

Barbarities 4 – Suzuki Tsuta

couverture barbarities 4 suzuki tsuta taifu

Suzuki Tsuta
ISBN: 9782375064443
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784799755631 (JP)
Libre, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Le rideau se lève sur le dernier acte de l’histoire d’amour de Joël et Adam… »

Suzuki Tsuta sensei conclut sa série en dévoilant par brides les tenants et les aboutissants du complot, faisant des allers-retours entre les évènements et les flash-back. Elle offre un sauvetage bourré d’actions et de surprises, malgré des images se résumant à l’essentiel et plutôt statiques. Ainsi, elle maintient un certain suspense. Les princes Chris et Lucas font preuve d’une certaine maturité qui contraste avec leur âge mais exprime parfaitement l’assurance qu’ils ont acquis. Paul, le valet d’Adam, apporte quant à lui une note d’humour. De même l’impertinence d’Adam surprend tout en décontractant les moments en tension. L’auteure essaie d’être exhaustive en dévoilant également l’évolution du couple du prince Louis et son « valet » Gilles. De même, elle révèle enfin les secrets autour d’Adam en introduisant la reine du Xehana. Joël devient un peu plus entreprenant pour notre plus grand plaisir.

La mangaka a un trait anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les décors bien que soignés, apparaissent principalement sur les plans larges. Par ailleurs, la mise en page est très dynamique, mettant en valeur les quelques scènes d’action. Dans les scènes érotiques, Suzuki sensei ne montre presque pas les parties intimes qui se fondent dans les trames, n’ayant pas de contours. Elle joue également sur les angles de vue, les cadrages et même des phylactères bien placés. En début de tome, elle permet au lecteur de se repérer facilement grâce à des fiches personnages et une carte du pays.

En résumé

Lors de l’opération de sauvetage du seigneur Montagu, le vicomte Adam Canning se fait capturer. Montagu Joël Letreux cherche donc à le libérer rapidement. Pendant ce temps, le capitaine de la garde Lionel essaie désespérément de faire parler Adam, en vain. Et même sous la torture et les coups de Simon, l’oncle du roi Christopher, le bras droit de Montagu reste cantonné sur ses positions, prêt à se sacrifier en s’accusant à la place de son bien-aimé. Fou de rage, Simon ordonne alors son exécution…

En conclusion

Suzuki Tsuta sensei conclut son récit en dénouant à peu près tous les mystères installés jusqu’à présent. Son graphisme est toujours un régal entre les costumes luxueux, les décors soignés, même si moins présents que le tome précédent, les chevelures longues ou bouclées. Toutefois, je trouve que la partie avec la reine du Xehana a un goût d’inachevé, étant un peu expéditif. Mais cela ne gâche en rien la lecture. Un coup de cœur!

Hosaka & Miyoshi 2 – Scarlet Beriko

couverture hosaka and miyoshi 2 scarlet beriko taifu

SCARLET Beriko スカーレット・ベリ子
ISBN: 9782375064849
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784403668395 (JP)
Shinshokan, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Que ce soit ses qualités ou ses défauts, il n’a jamais peur de se montrer tel qu’il est. »

Scarlet Beriko sensei montre les différences entre professionnels et amateurs dans l’univers de la création de mode. Elle développe également les coups bas entre créateurs, entrainant dans leurs défis les divers intervenants. Ainsi, elle maintient un certain suspense sur Kugi, dévoilant au fur et à mesure les raisons de sa confrontation avec Hosaka. En effet, le célèbre créateur se révèle être un fin manipulateur. Miyoshi évolue le plus, travaillant sur lui-même pour construire une relation équilibrée avec son petit ami. Le couple accepte donc les défauts de l’un et l’autre, même les petits pervers. L’auteure s’intéresse encore à la différence d’âge, à la difficulté à assumer son homosexualité ainsi que faire son coming out. Par ailleurs, elle continue d’analyser les conséquences des vidéos Youtube. En effet, Miyoshi est devenu malgré lui un symbole de la lutte LGBT, alors qu’il se remet à peine des vagues de haine.

La mangaka a un trait léché très expressif. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Par contre, les décors bien que soignés situent principalement l’action. La mise en page est plutôt classique. Dans les scènes érotiques, Scarlet sensei censure à peine les parties intimes, y ajoutant simplement des languettes blanches. Comme dans le tome précédent, elle dessine des indices sur le récit dans les illustrations en début de chapitre. Les personnages posent ou sont représentés dans leur quotidien. Sous la jaquette, deux planches offrent des anecdotes mignonnes. De même, en fin de chapitre, un petit croquis apporte une anecdote amusante.

En résumé

Kugi, très influent dans la mode, propose une collaboration avec la marque JDLR de Hosaka Kôjirô à condition que Miyoshi Haruomi soit le mannequin de la marque. D’abord réticent, l’étudiant se laisse convaincre par son petit ami qui lui confirme qu’il s’agit d’un piège pour le ridiculiser…

En conclusion

Scarlet Beriko sensei arrive à surprendre le lecteur jusqu’à la fin. Elle alterne avec dextérité les passages comiques, dramatiques et romantiques. En plus, le couple est tellement craquant! J’ai par ailleurs envie de découvrir l’histoire de Kugi. Une très belle lecture procurant de belles émotions!

Hosaka & Miyoshi 1 – Scarlet Beriko

couverture hosaka and miyoshi 1 scarlet beriko taifu

SCARLET Beriko スカーレット・ベリ子
ISBN: 9782375064832
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784403668388 (JP)
Shinshokan, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Malheureusement, pas moyen de faire passer ma joie avant ma gêne face au regard des autres. »

Scarlet Beriko sensei développe la suite des aventures de Miyoshi et Hosaka dans ce spin-off de Jackass!. Elle fait apparaître furtivement Katsumi, qui conseille maintenant Haruomi, ainsi que Masayuki et Kei. Elle s’intéresse principalement à la différence d’âge et à la peur du jugement extérieur. Miyoshi manque cruellement de confiance en lui et continue d’avoir honte bien qu’il assume enfin son homosexualité. Au contraire, Hosaka, franc et sans gêne, se montre tel qu’il est mais s’adapte pourtant au rythme de son petit ami. Ses collègues, Riku et Mio, apportent une touche comique. Par ailleurs, l’auteure aborde avec habilité la question des comportements problématiques, en particulier sur l’usage des vidéos. Elle montre indirectement les conséquences du partage des vidéos sans consentement mais également les risques de captation de la vie privée par un logiciel espion. Ainsi, elle incite le lecteur à réfléchir à travers les remarques et les réactions.

La mangaka a un trait léché qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle met en image l’imagination de Miyoshi tout un l’incluant directement dans l’histoire, créant de la surprise. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. De même, les décors s’estompent autour des personnages pour ne pas surcharger. La mise en page plutôt classique propose quelques agencements plus dynamiques. Dans les scènes érotiques, Scarlet sensei censure à peine les parties intimes avec de fines languettes blanches. Sous la jaquette, elle offre deux planches amusantes à lire de préférence à la fin. En fin de chapitre, elle propose parfois un petit dessin amusant, dans le style croquis. Les illustrations en début de chapitre présentent avec esthétisme les personnages qui posent, donnant au passage des indices sur le récit.

En résumé

Trois jours avant Noël, Miyoshi Haruomi (19 ans) découvre qu’une vidéo de la fête du lycée dans laquelle il encourageait Katsumi à rejoindre son petit ami fait le buzz sur Youtube. Alors, quand Hosaka Kôjirô (39 ans) lui propose de vivre ensemble quelques jours plus tard, il récupère la clé discrètement, gêné par les réactions des clients du restaurant autour d’eux. Toutefois, il prend soudain ses distances avec son petit ami. Pourtant, huit mois plus tard, il croise par hasard le créateur de mode qui agit comme si de rien n’était et l’invite à son atelier. Comme ce dernier le taquine un peu, Miyoshi décide alors de se venger… en l’espionnant.

En conclusion

Scarlet Beriko sensei offre une adorable romance abordant comme à son habitude, divers sujets avec habileté. Ainsi, elle traite la question de la différence d’âge et de l’espionnage vidéo en analysant les problématiques mais également les divers points de vue. Son magnifique graphisme rend les scènes sensuelles toutes mignonnes. Et les différentes expressions de Miyoshi le rendent tellement craquant. Si vous avez autant aimé Jackass! que moi, cette lecture est indispensable!