Le mari du yakuza – Kuroi Yodaka

le mari du yakuza kuroi yodaka

KUROI Yodaka 黒井よだか
ISBN: 9782375064023
Taifu comics, 2024
ISBN:‎ 9784047367098 (JP)
Kadokawa, 2021 (JP)
Titre original: オメガの婿取り
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Me marier avec un alpha plus faible que moi?! Jamais de la vie! »

Kuroi Yodaka sensei offre une comédie romantique entre un puissant oméga au fort caractère et un alpha effacé qui se fait passer pour un bêta. Elle alterne la narration entre les deux héros. De même, elle dévoile l’essentiel de leur passé au fil des chapitres. Ainsi, les explications des spécificités de l’univers omegaverse appliquées au monde mafieux sont intégrées au gré des discussions des personnages. Yoshiharu se rebelle face aux règles inégalitaires tandis que Makoto se sacrifie pour le bonheur de son « maître ». Ainsi, les deux hommes cachent leur amour réciproque, prisonniers des conventions. L’auteure présente le mariage arrangé comme un moyen de négociation pour la mafia, certains yakuzas n’hésitant pas à utiliser de viles méthodes pour arriver à leur fin. Elle aborde l’influence des phéromones sur les sentiments, le jugement sur l’apparence, la recherche d’un partenaire idéal, le poids des clichés.

La mangaka a un trait anguleux qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des visages plutôt rectangulaires, avec des airs patibulaires, même pour la grand-mère. Les carrures musclées se devinent à travers les vêtements. Les trames sont variées toutefois, des hachures marquent les ombres fortes. Par contre, les trames d’ambiance se font rares et discrètes. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. Les flash-back se repèrent à leur fond noir mais également, par une trame grise recouvrant les vignettes. La mise en page très dynamique rythme la lecture. Dans les scènes érotiques, Kuroi sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Sous la jaquette, elle offre deux planches amusantes avec une interview du couple. Elle met en avant les attributs des yakuzas dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Héritier d’un clan yakuza, Hanamura Yoshiharu ne peut prendre la suite de la cheffe de clan car il est un oméga. Sa grand-mère organise alors des entrevues en vue d’un mariage arrangé pour qu’il trouve un partenaire alpha et mette au monde rapidement un descendant. En effet, malgré la fin des discriminations entre alphas et omégas, les mafieux continuent de perpétuer la règle que seul un alpha peut arriver au pouvoir. Mais Yoshiharu refuse d’épouser un homme plus faible que lui, n’hésitant pas à utiliser ses poings. Il rêve d’un partenaire idéal qui partagera équitablement la gestion du clan avec lui. D’ailleurs, il se sent trahi par son fidèle assistant Saitô Makoto (bêta) qui ne prend même pas son parti…

En conclusion

Kuroi Yodaka sensei propose un omegaverse dynamique avec un oméga qui ne se laisse pas faire. Elle gère parfaitement le rythme de son récit, l’enchaînement des évènements et alterne entre tension, humour et tendresse. Son graphisme dégage une certaine virilité, très rafraichissante. Je craque complètement pour les protagonistes, même les personnages secondaires peu développés qui ajoutent une note comique discrète. Une lecture entraînante!

Kachô fûgetsu – beauties of nature 8 – Shimizu Yuki

kacho fugetsu 8 shimizu yuki

SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782375063682
Taifu comics, 2023
ISBN: 9784403666957 (JP)
Shinshokan, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Tu es réapparu dans ma vie aussi brusquement que tu en avais disparu, sans un mot, sans prévenir. »

Shimizu Yuki sensei continue d’explorer l’amitié entre Zaizen, Hitomi Masataka et Kiriya, fragilisée par la culpabilité, l’impuissance et le manque de communication. Elle dévoile les différents quiproquos et les rencontres qui vont entrainer la prise de distance entre le futur yakuza et ses amis. Ainsi, à la suite du tome précédent, elle montre l’influence des mafieux sur les jeunes adolescents paumés et rebelles. En effet, la vision « familiale » du clan Hiraoka par Katsuya intrigue Shun, bien qu’il ait conscience du danger. La narration alterne entre les personnages, permettant de comprendre leurs réflexions intérieures. Malgré des parcours différents, une amitié sincère perdure entre les trois amis. L’auteure joue sur les sentiments tus entre Kiriya et Masumi pour créer une tension constante dans le couple. En introduisant Amagi Makoto, elle relance les approches maladroites des deux hommes qui peinent à se déclarer.

La mangaka a un trait anguleux légèrement épuré, jouant sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les décors situent principalement l’action. Par ailleurs, les trames sont équilibrées mais leur dominante très claire renforce les contrastes avec le noir. Cela donne une impression de planche presque blanche. De même, les trames d’ambiance, bien que graphiques (bulles, scintillement, pois), restent pourtant discrètes. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page est très dynamique. Shimizu sensei ne censure pas les scènes érotiques. Par contre, elle comble le manque de scènes avec une histoire bonus avec Sano Hizuru. Dans les illustrations en début de tome, elle fait poser les personnages.

En résumé

Durant l’été, Zaizen Masumi travaille au bureau d’avocats Hoshikawa. En apprenant que Kiriya Shun travaille dans le teppanyaki dont les pancakes rencontrent du succès actuellement, l’avocat envoie son jeune employé en chercher. Au restaurant, Kiriya est surpris de découvrir que la cliente du tatoueur Shigemi est une hôtesse du bar juste en face. Elle lui explique alors que son petit ami, Akio, est persuadé de faire fortune grâce à son tatouage. Mais quand ce dernier l’appelle, elle sort du restaurant sans payer. Shun la suit et rencontre alors Zaizen. Ruiné à cause de mauvais placement et ayant volé le clan de yakuzas pour lequel il travaille, Akio agresse sa petite amie, la tenant responsable. Kiriya vient à son secours mais son ami s’interpose, recevant un violent coup à la tête…

En conclusion

Ce tome obtient la douzième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2020. Zaizen Masumi se classe douzième meilleur uke. Par contre, Kiriya Shun n’entre pas dans le classement mais les lecteurs le citent parmi les meilleurs seme individualistes, appréciant sa maladresse en amour. En effet, Shimizu Yuki sensei nous amuse avec les frasques de ce couple qui n’arrive pas à sortir d’un amour à sens unique alors que leurs sentiments sont partagés. D’ailleurs, elle dépeint avec finesse tous les obstacles qui se dressent entre eux. Ainsi, elle équilibre avec virtuosité romance, tension, drame et humour. En plus, son graphisme expressif permet d’immédiatement anticiper les émotions des personnages. Une série que j’adore et recommande.

Une relation basée sur l’argent 2 – Sakurai Nanako

une relation basee sur l argent 2 sakurai nanako

SAKURAI Nanako 櫻井ナナコ
ISBN: 9782382763483
Hana, 2023
ISBN: 9784758023351 (JP)
Ichijinsha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Mon bonheur n’est pas celui de tout le monde, mais… »

Sakurai Nanako sensei propose de découvrir la nouvelle vie de Yanai qui a intégré le clan Takamoto. Elle développe un peu plus le passé de Maki, permettant de comprendre son comportement possessif. Comme dans le tome précédent, elle aborde la question de la confiance dans le couple et le doute. En effet, Makoto a encore du mal à partager ses sentiments avec son partenaire. L’introduction de Shirazawa Meguru, le fils du clan Hitotose, amène quelques tensions et permet de découvrir un peu les conflits de succession dans les clans mafieux. D’ailleurs, l’étudiant sans gêne, cache sa personnalité derrière ses lunettes et apporte une touche d’humour. L’auteure met en évidence deux mondes distincts dans le milieu mafieux, exposés différemment à la violence. Elle s’intéresse donc à la notion de famille étendue ainsi qu’au sentiment de solitude qui en découle selon l’implication dans le clan.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux et qui joue beaucoup sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Maki a des oreilles plutôt pointues. Les décors apparaissent sur les plans larges. Par ailleurs, les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. La mise en page est dynamique. Sakurai sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle cache parfois les parties intimes en jouant sur les angles de vue. Elle offre d’ailleurs une scène par chapitre.

En résumé

Depuis maintenant deux mois, Yanai Makoto travaille comme secrétaire du chef du clan Takamoto. Il apprécie également sa vie amoureuse avec son petit ami yakuza, Maki Ryôhei. Un jour, il croise par hasard les filles de son patron, Suwa, qui tombent alors sous son charme et devient donc leur babysitter. Comme il doit les accompagner avec leur mère Yuri à Kyoto, Maki, inquiet, le harcèle au téléphone et finit même par se disputer avec lui. En effet, le yakuza est très collant au point d’en devenir parfois lourd car il n’arrive pas à lui faire confiance. Mais le soir, Mako regrette déjà ses paroles…

En conclusion

Ce tome était-il nécessaire? C’est un plaisir de découvrir la suite des aventures du couple. Sakurai sensei développe ainsi un peu plus la personnalité des personnages. En introduisant un clan rival, elle élargit même l’exploitation d’un thème intéressant. Toutefois, elle le fait encore avec légèreté. Je trouve donc cela un peu dommage. Une lecture sexy, mignonne et divertissante dans la continuité du tome précédent.

Jealousy 5 – Scarlet Beriko

jealousy 5 scarlet beriko

SCARLET Beriko スカーレット・ベリコ
ISBN: 9782375063248
Taifu comics, 2023
ISBN:‎ 9784403667794 (JP)
Shinshokan, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Uichi, l’oiseau de malheur, l’éternel rejeté, aura-t-il une place dans cette happy end? »

Scarlet Beriko sensei conclut sa série sur la jalousie par des révélations. Elle met en avant la nécessité des discussions, même houleuses, pour arriver à l’apaisement. A travers les remarques pertinentes d’Asami, elle pointe les petites différences à peine perceptibles entre Akitora et Uichi. Ainsi, malgré des sentiments réciproques, la relation passionnée entre les deux hommes apporte à la fois souffrance et bonheur intense et nécessite de mûrir encore. Comme dans le tome précédent, l’auteure continue d’analyser les sentiments profonds des personnages. Elle met en avant leur évolution, en particulier Rogi qui, même s’il se comporte parfois comme une ordure, semble tout de même s’être assagi. Par ailleurs, elle aborde la proximité entre gentillesse et pitié, amour et jalousie, le besoin d’affection même pour des personnes infâmes, la possibilité de changer quelque soit l’âge. La révélation des secrets autour de la famille de Raika ajoute un moment fort en émotion.

La mangaka a un trait plutôt réaliste et léché. Elle n’hésite pas à dessiner les rides et les corps voutés par l’âge, donnant pourtant un certain charme. Elle exagère légèrement les expressions dans les passages humoristiques, conservant ainsi l’aspect plutôt réaliste. Pourtant, Akitora a des oreilles très pointues. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. Par ailleurs, les trames d’ambiance et les lignes d’action se font discrètes tandis que le travail sur les autres trames dégage de la finesse. La mise en page est très dynamique. Ainsi, Scarlet sensei joue sur des découpages presque filmiques, décomposant certains mouvements, zoomant sur les détails et faisant correspondre les angles de vue dans les dialogues. Dans les scènes érotiques, elle ne censure par les parties intimes mais s’attarde plutôt sur la sensualité des ébats.

En résumé

Afin d’arrêter Ôyamato Matsumi qui a kidnappé Rogi Uichi et Tatsuyuki, Akitora fonce sur sa voiture pour provoquer un accident. Bien que ligoté, Uichi a le réflexe de protéger le bébé. Tandis qu’Asami et Asoda les mettent en sécurité, Akitora affronte son frère. Pendant ce temps-là, blessé par les remontrances de la mère de famille folle de rage, Uichi s’éclipse…

En conclusion

Ce tome obtient la cinquième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2022. Dans sa postface, Scarlet Beriko sensei explique avoir mis ses propres questionnements dans ce récit et cela s’en ressent, à travers la justesse des sentiments et des paroles de ses personnages. Une fin magnifique pour un coup de cœur entrainant, passionnant et attendrissant, qui nous fait admettre que l’amour peut côtoyer la souffrance.

Monstrueux – Tokiha Kanenari

monstrueux tokiha kanenari
TOKIHA Kanenari 時羽兼成
ISBN: 9782375063392
Taifu comics, 2022
ISBN: 9784799752081 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

« Une bête sauvage incontrôlable qui frappe et mord tout ce qui bouge tel un véritable monstre. »

Tokiha Kanenari sensei nous plonge dans un univers mafieux mais avec des personnages à la grande sensibilité. Ainsi, elle crée un lien particulier entre un yakuza et sa victime collatérale. Elle alterne la narration entre Somo et Jô. Le yakuza d’âge mûr s’engage d’abord dans une rédemption, cherchant à comprendre et découvrir les traumatismes de Jô. Ce dernier contient difficilement ses sentiments qui s’expriment souvent par la violence. Pourtant, les paroles bienveillantes et l’affection de Somo lui permettent de se contrôler. En introduisant le manipulateur Namu Shôtarô, l’auteure ajoute une forte emprise que subit Jô, rendant le récit un petit peu trop mélodramatique. Elle aborde entre autre le jugement sur le physique, la solitude, la peur de faire confiance suite à une trahison, l’acceptation de soi.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Son style rappelle plutôt celui des shônen dans les expressions et la composition. Par exemple, les lignes d’action supplantent les trames d’ambiance. Par ailleurs, Jô est très musclé. Les trames sont variées. Par contre, les décors situent principalement l’action même s’ils sont détaillés. La mise en page est plutôt classique. Tokiha sensei s’attarde sur les petits détails. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc. Dans les illustrations en début de chapitre, les personnages prennent la pose. L’illustration sous la jaquette reprend celle de la couverture mais sans la muselière.

En résumé

Lors d’une descente de recouvrement de dettes, Somo Ryûsaku, Seppa et Namu Shôtarô sont pris dans un incendie. Somo arrive à récupérer un sac en s’enfuyant mais à l’intérieur, il y trouve un enfant couvert de brûlures. Se sentant coupable de la mort de ses parents, il refuse alors de l’abandonner et cherche une solution. Maintenant plus âgé, le yakuza se remémore souvent ce souvenir quand il fait face à la mort. Un soir, il remarque un jeune homme écroulé dans les poubelles. Il reconnaît rapidement l’enfant qu’il avait sauvé grâce à ses brûlures au visage. Mais ce dernier ne semble pas avoir toute sa tête et attaque les yakuzas. Ayant réussi à le maîtriser, Somo décide alors de recueillir Jô, pour expier ses erreurs passées…

En conclusion

Malgré un synopsis très alléchant avec un parallèle sur les kaijû intéressant, ce one-shot enchaine les évènements dramatiques, tombant malheureusement un peu dans le mélodrame et ne laissant pas le temps de s’attacher aux personnages. Pourtant, Tokiha sensei a un magnifique style graphique. J’ai tout de même passé un moment divertissant à la lecture.

Kachô fûgetsu – beauties of nature 7 – Shimizu Yuki

kacho fugetsu beauties of nature 7 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782375063279
Taifu comics, 2022
ISBN: 9784403666407 (JP)
Shinshokan, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Un champ de fleurs inoubliable, flottant sur le dos de Zaizen… »

Shimizu Yuki sensei dévoile la relation particulière entre Kiriya, Zaizen et Hitomi. Elle s’intéresse aux relations entre des garçons adolescents, analysant leurs émois mais également l’évolution de leurs sentiments confrontés à divers évènements tragiques. Ainsi, Kiriya ne partage jamais sa souffrance mais trouve du réconfort auprès de Zaizen. Il s’interroge sur ses sentiments sans pour autant réussir à déterminer leur nature exacte. La narration alterne entre l’avocat et le yakuza. L’auteure dresse également le portrait sombre de certains adultes, dénonçant la pédophilie ou le rejet d’un enfant hors mariage, quelque soit leur milieu social. Elle met en avant la charge ressentie par ces adolescents isolés qui se démènent pour survivre.

La mangaka a un trait fin et légèrement épuré et anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames sont équilibrées malgré une palette restreinte. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. La mise en page très dynamique propose également des angles de vue variés. Shimizu sensei ne censure pas les scènes érotiques. D’ailleurs, elle compense leur rareté grâce à l’histoire bonus avec Yômei et Hizuru, permettant de découvrir ce qu’ils deviennent depuis le tome précédent.

En résumé

Pour se faire pardonner de les avoir mêlés aux affaires du clan Hiraoka, Kiriya Shun invite Zaizen Masumi et Masataka Hitomi dans un grand restaurant. Même si l’avocat réprimande le yakuza, le médecin s’inquiète que son ami finisse toujours par céder aux caprices du chef de clan. Alors que Hitomi s’empresse de rejoindre son hôtel espérant accueillir Itokawa Kazuto qui est à un dîner familial, Kiriya retient Zaizen. Il a réservé une chambre d’hôtel mais l’avocat étant débordé par le travail, n’accepte que de rester à ses côtés jusqu’à ce qu’il s’endorme. Quelques jours plus tard, le yakuza est convié par l’avocat Hoshikawa Kyôichirô, hospitalisé dans l’hôpital de Ranko. Ce dernier lui demande alors de ménager son collaborateur en évitant des interventions futiles…

En conclusion

Ce tome obtient la quinzième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2019. Malgré leur brève apparition, Sano Hizuru se classe treizième meilleur uke tandis que Tsujimoto Yômei est cité parmi les meilleurs seme super darling. Tout en découvrant le passé de Kiriya et Hitomi, Shimizu sensei plonge les lecteurs dans un flot d’émotions et de révélations. Impossible de ne pas craquer pour Zaizen!

Dogs of Tosca – Noici Micro

dogs of tosca noici micro
NOICI Micro 乃一ミクロ
ISBN: 9782382763049
Hana, 2022
ISBN: 9784865544596 (JP)
Overlap, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Qu’est-ce que tu préfères entre la douleur et le plaisir? »

Noici Micro sensei narre une tranche de vie de deux yakuzas de clans opposés qui vont tomber amoureux. Entre manipulations, trahisons et risque de guerre des clans, elle offre une romance emplie de suspense et de rebondissements. Même si la relation entre Nishina et Kuroda débute sur fond de négociation, les sentiments fleurissent au fur et à mesure que certains secrets se révèlent. Les deux mafieux ont du mal à exprimer clairement ce qu’ils ressentent réellement, hésitant car prisonnier de leur fidélité et leur honneur. En introduisant Gojô, le chef administratif du clan Kirigaya, l’auteure montre l’escalade d’un simple désir égoïste qui débute par du chantage en une lutte interne. En semant des indices au fil des pages, elle oblige constamment le lecteur à s’interroger sur celui qui domine les intrigues. Elle le replonge même dans ses doutes avec l’anecdote du chapitre bonus.

La mangaka a un trait épuré et anguleux qui s’adoucit grâce aux pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques ou dans les contre-jours. Elle dédouble parfois les contours, donnant encore plus d’épaisseur à ses personnages qui se détachent donc. Les décors très présents s’estompent quand le plan se resserre. Ils sont variés et parfois, sont tellement détaillés qu’on dirait des modèles photographiques qui ont été noircis. De même, Noici sensei joue également sur différents matériaux pour le tatouage impressionnant de Tôji, entre motifs de trames et touches au pinceau. D’ailleurs, elle privilégie les contrastes noir et blanc, même dans son travail des trames. Les illustrations en début de chapitre utilisent aussi des tons foncés. Ainsi, le tome semble sombre en général. La mise en page dynamique joue beaucoup sur les changements d’angles de vue. Les scènes érotiques ne sont pas censurées.

En résumé

Le premier lieutenant du clan Kirigaya, Nishina Tomoya, attaque Matsuba du clan Kuroda, pour venger la mort d’un de ses hommes. Mais il tombe sur leur premier lieutenant Kuroda Tôji qui le fait prisonnier. Alors que le yakuza avait l’intention de le punir en le violant, il est stoppé dans son élan en découvrant une grande cicatrice de brûlure dans son dos. Nishina en profite alors pour s’enfuir avec ses hommes encore en bas du bâtiment. Mais il redoute les représailles. A la surprise des membres de son clan, Kuroda demande de ne rien dire à leur chef et se renseigne ensuite sur Tomoya. Ce dernier s’appelle en réalité Hina Minato et était orphelin. Peu de temps après, Nishina vient à la rencontre de Tôji…

En conclusion

Le milieu mafieux sous-entend certaines scènes choquantes. Toutefois je trouve que Noici sensei arrive à temporiser, en ne détaillant pas certains passages et en injectant également un peu de tendresse. En plus, son graphisme s’est adouci et affirmé depuis Brother auto spot. Certes, ce one-shot ne se démarque pas de la concurrence sur le même thème, mais je me suis laissée complètement happée par l’histoire, trouvant le couple adorable. Et j’adore particulièrement la conclusion.

Kachô fûgetsu – beauties of nature 6 – Shimizu Yuki

kacho fugetsu beauties of nature 6 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782375063101
Taifu comics, 2022
ISBN: 9784403510281 (JP)
Shinshokan, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« As-tu réfléchi à ta récompense? Je suis prêt à réaliser n’importe lequel de tes désirs. »

Shimizu Yuki sensei conclut l’arc de Yômei et Hizuru. Elle analyse le changement subtil de leur relation maître et chien tout en semant des indices sur l’évolution de leurs sentiments. Les émotions de Sano font le yoyo entre bonheur et déception, le caractère stoïque et les actions parfois tendres, parfois froides de Tsujimoto brouillant la compréhension de ses intentions. D’ailleurs, Yômei reste encore prisonnier des paroles de son frère Katsuya et des règles du clan. Par ailleurs, l’auteure s’intéresse aux victimes collatérales du monde des yakuzas. A travers Kiriya, elle montre la fonction malaisée de chef de clan. De même, avec Katsumata, elle dénonce le fort esprit de responsabilité et de culpabilité d’un yakuza dans ses actions. La balance entre humour et tendresse des interactions de Yômei et Hizuru est rafraichissante, le couple développant une relation consensuelle. En plus, Sano fait preuve de plus d’audace pour notre plus grand plaisir.

La mangaka a un style immédiatement reconnaissable avec son trait épuré et ses contours parfois dédoublés. Elle porte attention aux petits détails comme par exemple les changements d’expression, les ombres et même le reflet des nuages dans les fenêtres. D’ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges et sont plutôt travaillés, en particulier la végétation, le onsen ou le cimetière. Les flash-back, intégrés directement au récit, se remarquent immédiatement avec leur ton plus clair et une trame rayée. De même, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Par ailleurs, la mise en page dynamique joue beaucoup sur les ellipses, les emboîtements de cases, l’absence de cadre et les grandes vignettes. Shimizu sensei ne censure pas les scènes érotiques. Contrairement au tome précédent, elle détaille les parties intimes tout en conférant beaucoup de sensualité aux passages sexys.

En résumé

Grièvement blessé, Sano Hizuru s’évanouit. Sa voiture étant bloquée suite à un accident, Tsujimoto Yômei perd patience. En effet, des charpentes tombées d’un camion bloquent la route. Oubliant toute prudence, le yakuza transporte son compagnon puis vole un camion après avoir frappé le propriétaire. Sur la route, il croise en contre-sens une ambulance qui s’arrête soudain. Il s’agit de Hitomi Masataka, accompagné de Renko. Les deux médecins prennent alors en charge le blessé. Plus tard, Hizuru se réveille à l’hôpital et remarque Yômei à ses côtés qui veille sur lui. Il réalise alors qu’il désire plus que tout rester auprès de celui qu’il aime…

En conclusion

Ce tome obtient la douzième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2018. Tsujimoto Yômei est classé huitième meilleur seme tandis que Sano Hizuru occupe la neuvième place du meilleur uke. L’amour de Hizuru semble déborder du manga. Quel plaisir de suivre les aventures de ce couple si adorable qui mériterait vraiment de quitter le dangereux milieu de la mafia.

Kiss ariki 3 – Nitta Youka

kiss ariki 3 nitta youka
NITTA Youka 新田祐克
ISBN: 9782351808665
Taifu comics, 2015
ISBN: 9784799715147 (JP)
Libre, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Même si je te disais que je ne veux pas devenir chef de clan? »

Nitta Youka sensei continue de nous surprendre avec le jeu de manipulation d’Asato et du père Suki. Mutsumi et Tôru entrent également dans le jeu et s’émancipent. Par ailleurs, le futur héritier, qui a tendance à se sacrifier pour autrui, affronte ses doutes et hésitations, pris entre ses désirs et la pression du clan. Au lieu de s’aligner sur les méthodes traditionnelles des yakuzas, il instaure sa propre vision, plus protectrice et moderne. Il tire donc profit des investissements étrangers dans les paradis fiscaux. Enfin, il assume ses sentiments pour Mutsumi. Ainsi, leur relation s’équilibre. L’auteure répond aux questions du tome précédent, disséminant quelques indices au fil des chapitres. Par ailleurs, à travers Yûri, elle aborde la trahison par amour. Enfin, elle laisse volontairement une fin ouverte, souhaitant reprendre la suite plus tard.

La mangaka a un trait léché immédiatement reconnaissable. Elle utilise quelques trames d’ambiance pour renforcer les émotions. Par ailleurs, les trames très variées sont équilibrées. Les décors soignés ajoutent une touche réaliste. La mise en page est très dynamique. Même si Nitta sensei cache les parties intimes par des trames ou du blanc dans les scènes érotiques, ces dernières dégagent beaucoup de sensualité.

En résumé

Asato a fait mener Kiria Mutsumi dans un bar à hôtesses pour discuter. Il lui demande alors de convaincre son cousin à renoncer à la succession, remettant en question ses compétences à cause de son physique peu viril. Pourtant, il a partiellement averti Suki Tôru de sa rencontre. Inquiet, ce dernier fonce au bureau du clan Hokusai pour les rejoindre. Mais il n’y a que des hommes de main patibulaires. Il refuse de donner son nom, complexé par sa position. Mais subjugués par sa beauté, les yakuzas l’agressent…

En conclusion

Attention, dans ce tome, il y a beaucoup de relations sans consentement et même un viol. La fin peut paraître abrupte mais je l’apprécie beaucoup car cela met en évidence l’équilibre parfait qu’a atteint le couple. Une conclusion intéressante remplie d’émotions.

Nights before night – Natsume Kazki

nights before night natsume kazki
NATSUME Kazki ナツメカズキ
ISBN: 9782368776605
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784864423373 (JP)
Tokyo mangasha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

Hanté par les fantômes du passé, Haru arrivera-t-il à trouver enfin le bonheur?

Natsume Kazki sensei développe l’histoire de Haru dans ce spin-off de Mods. Elle révèle au fur et à mesure son passé, ainsi que celui de Yukitaka, à travers des flash-back très bien insérés. Elle s’attarde un peu plus sur les sentiments et la psychologie de ses personnages. Yukitaka se comporte comme un gamin capricieux mais Haru ne le ménage pas. A force de se côtoyer, ils vont apprendre à s’apprécier. Les quelques apparitions de Shiro permettent de découvrir ce qu’il devient. L’ami d’enfance de Haru, Aki (33 ans), apporte un peu de « normalité » dans cet univers sombre. En effet, l’auteure aborde les liens entre les personnages, les guerres des clans, le chantage subi par les membres souhaitant quitter la pègre. Elle s’intéresse également à l’insomnie et au sentiment de culpabilité. Elle donne deux images différentes de Shigure: froide du point de vue des Ichijô, gentille pour Haru et Shiro.

La mangaka a un trait fin, épuré, anguleux presque parfois aiguisé. Elle dessine des nez longs et pointus. Elle simplifie son trait dans les passages humoristiques. D’ailleurs, Yukitaka affiche une tête très amusante dans ces moments. Il y a également beaucoup de personnes tatouées, et cela sublime même les muscles de Yuki. Les trames sont équilibrées. Les décors, présents, ancrent le récit dans la réalité. La mise en page est dynamique. Natsume sensei ne censure pas les scènes érotiques mais se focalise surtout sur l’intensité des sentiments et des sensations de ses personnages. Sous la jaquette, elle présente en détail les personnages.

En résumé

L’ancien yakuza Haru (33 ans) gère le club de gigolos Rain. Un jour, il trouve la porte de son bureau fracturée. A l’intérieur, Ichijô Yukitaka (26 ans) et son homme de main Tsukimori l’attendent. Sur les recommandations du chef du clan Yagami, Tsukimori lui demande de cacher le fils légitime du clan Ichijô car ce dernier a créé des problèmes en se bagarrant avec des jeunes membres de l’organisation Shidô. Guère enchanté, Haru comprend qu’on ne lui laisse pas le choix alors qu’il espérait arrêter son club et quitter définitivement ce milieu. En plus, le vaurien colérique, arrogant et égoïste ressemble beaucoup physiquement à son demi-frère ainé. Or, Haru était amoureux d’Ichijô Shigure mais depuis son décès, il est devenu insomniaque. La cohabitation forcée avec le jeune bagarreur au corps musclé recouvert de cicatrices s’annonce donc difficile.

En conclusion

Ce one-shot obtient la quatrième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2019. Ichijô Yukitaka se classe neuvième meilleur seme et Haru troisième meilleur uke. Pour son troisième tome relié, l’auteure prend tout son temps pour développer un récit plutôt réaliste, offrant un tome volumineux mais complet. Elle donne suffisamment d’indices pour appréhender la psychologie des personnages. Comparé à Mods, Haru et Shigure prennent beaucoup de profondeur et deviennent très attachants. Natsume sensei joue encore sur les métaphores. En japonais, le prénom de Haru (春) s’écrit avec le kanji de printemps, d’où l’image poétique quand il dort sous les fleurs de cerisiers appréciée par Shigure. De même, le prénom de Yukitaka (雪鷹) s’écrit avec les idéogrammes de neige et de faucon, et son tatouage représente justement un faucon.