Kachô fûgetsu – beauties of nature 5 – Shimizu Yuki

kacho fugetsu beauties of nature 5 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782375062852
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784403665196 (JP)
Shinshokan, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Je vous en supplie… Rien qu’une fois… Est-ce que vous voudriez bien m’embrasser? »

Shimizu Yuki sensei s’intéresse aux circonstances de la mort de Katsuya, le frère de Yômei. Elle délaisse un petit peu la romance, intégrant beaucoup d’actions. Elle montre le côté sombre de l’univers des yakuzas à travers le comportement de Niwa, qui n’hésite pas à impliquer Itokawa Kazuto dans son chantage. De même, Kiriya semble chercher une reconnaissance à travers la violence. Par ailleurs, les flash-back sèment quelques indices. En revanche, la perversité de Hitomi Masataka, qui s’exprime de plus en plus ouvertement, vient détendre un peu l’atmosphère. D’ailleurs, l’auteure aborde sans détailler les liens amicaux entre le médecin, le yakuza et l’avocat Zaizen. Elle développe l’évolution des liens entre les protagonistes. Ainsi, Yômei et Hizuru se rapprochent. De même, Ito exprime plus naturellement ses désirs, acceptant le côté pervers de son petit ami. Par contre, Zaizen et Kiriya semble entretenir une relation complexe.

La mangaka a un trait épuré anguleux mais fin. Elle détaille les petits gestes, portant surtout attention aux humeurs et sentiments des personnages. Par ailleurs, les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Shimizu sensei censure à peine les scènes érotiques. Toutefois, elle détaille peu les parties intimes.

En résumé

Tsujimoto Yômei ayant deviné que les tags sur la maison de Tôko était une diversion fomentée par Kiriya, demande des comptes. Ce dernier finit donc par lui révéler le nom de l’assassin de son frère. De son côté, Niwa ordonne à Sano Hizuru d’éliminer le tueur, un membre du clan, avant son maître. Mais quand le jeune homme se rend au bureau principal, il y croise Yômei, hagard. Après avoir été ensemble au restaurant, ils retournent ensemble à l’hôtel. Prêt à donner sa vie pour son maître, Hizuru lui demande alors deux faveurs: quitter le clan et un baiser d’adieu.

En conclusion

Ce tome obtient la dix-neuvième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2017. Sano Hizuru est classé vingt-quatrième meilleur uke. Shimizu sensei termine son récit sur un suspense intenable. Comme à son habitude, elle développe les psychologies de ses personnages avec finesse. D’ailleurs, j’adore leur évolution. Beaucoup de tensions dans ce volume, mais quel plaisir!

Jealousy 4 – Scarlet Beriko

jealousy 4 scarlet beriko
SCARLET Beriko スカーレット・ベリコ
ISBN: 9782375062913
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784403667480 (JP)
Shinshokan, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Quand la jalousie oscille avec la haine.

Scarlet Beriko sensei met maintenant en avant Matsumi. Elle dépeint avec finesse la noirceur du yakuza qui n’a aucune considération pour ses hommes. Sous son visage plutôt doux, il cache une personnalité froide et cruelle. Son complexe envers Akitora semble le consumer. Ce tome, plus violent que le précédent, expose les diverses méthodes de manipulation utilisées par les mafieux, comme par exemple la torture, le kidnapping, les tournantes. De même, il y a beaucoup d’action et de suspense. Par ailleurs, l’auteure décortique les différentes manifestations et causes de la jalousie à travers Asoda, Akitora et Matsumi. Elle fait également évoluer Uichi, qui prend conscience des conséquences de son comportement immature. Elle continue aussi à dévoiler les sentiments profonds des protagonistes, interrogeant sur la loyauté, l’ouverture d’esprit, la haine et les relations. L’histoire bonus détend l’atmosphère pesante avec une anecdote sur la conception de la couverture.

Le trait léché de la mangaka conserve une touche réaliste. Elle varie les trames avec beaucoup d’équilibre. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Par ailleurs, Scarlet sensei ajoute quelques effets intéressants. Par exemple, la représentation des rêves illustre graphiquement le caractère des personnages. Ainsi, le style doux et vaporeux du rêve de Rogi contraste avec celui très réaliste d’Akitora. Les scènes érotiques ne sont pas censurées. On peut admirer la finesse du tatouage de Matsumi au dos de la couverture.

En résumé

Le patron du clan Ôyamato se meurt, mais son fils essaie de le maintenir en vie de force. Même si Matsumi a kidnappé Rogi Uichi, ce dernier obéit docilement à ses demandes, trop content de pouvoir se venger d’Akitora. De retour à la résidence Hanamura, l’homme farfelu tente de prouver son innocence grâce à un enregistrement audio. Mais malgré les preuves, son amant refuse de punir Asoda, le considérant comme un membre de la famille. Vexé par la différence de traitement d’Akitora qui ne l’intègre toujours pas, Rogi trouve à nouveau refuge auprès d’Ôyamato Matsumi. Mais alors qu’ils se promenaient ensemble, Akitora laisse exploser sa jalousie en les croisant. Son frère jubile à l’idée d’avoir enfin trouvé son point faible…

En conclusion

En révélant d’autres facettes de ses personnages, l’auteure invite les lecteurs à reconsidérer leur approche envers eux. Pour ma part, j’apprécie de plus en plus Asoda qui semble très humain malgré ses contradictions. L’analyse de Scarlet sensei des relations humaines et des sentiments est d’une telle finesse! Attention, les passages violents pourront choquer la sensibilité de certains lecteurs. Ce tome se termine sur un suspense insoutenable, ne laissant rien transparaître du développement à venir.

Kachô fûgetsu – beauties of nature 4 – Shimizu Yuki

kacho fugetsu beauties of nature 4 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782375062722
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784403664748 (JP)
Shinshokan, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Daiki, je suis venu ce soir pour que tu tiennes ta promesse. »

Shimizu Yuki sensei termine l’arc de Sawato et Daiki puis commence celui sur Hizuru. Elle maintient le suspense sur l’amnésie de Daiki en disséminant des indices au fil des pages. Le retour au présent se fait tout en douceur, en basculant la narration sur le potier. Ainsi le lecteur comprend d’un seul coup comment le couple reconstruit sa relation, la différence de caractère de Kanze ainsi que le gouffre qui s’était installé entre les deux hommes. Kuroi affiche une profonde blessure mais est conscient de son impuissance. Comparé au tome précédent, le ton général devient donc un peu plus dramatique. L’auteure décortique ensuite les sentiments de Hizuru, avec son amour devenu souffrance. Elle met également en avant la distinction que fait Yômei entre Tôko, Umi et Hizuru. L’amitié entre Ito et le jeune yakuza s’approfondit petit à petit. De même, on remarque que Hitomi ne contrôle pas totalement son bien-aimé.

La mangaka a un trait fin épuré et anguleux, avec une note rétro mais qui dégage beaucoup de charme. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, plutôt rares dans ce tome. Elle dessine particulièrement des regards expressifs. Par exemple, on devine immédiatement la peur de Sawato ainsi que la souffrance de Hizuru. Les décors soignés et présents ajoutent une touche réaliste. En plus, les trames sont variées. De même, la mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Shimizu sensei censure à peine les parties intimes, mais elle joue sur la lumière pour cacher les détails. Il y a parfois une fine bandelette blanche. Par ailleurs, elle s’attarde sur les sensations des personnages en choisissant des angles de vue originaux. Le lecteur comprend alors clairement que Sawato passe un moment désagréable pour sa première fois.

En résumé

Après avoir donné la belle assiette promise à Kuroi Sawato, Kanze Daiki est emporté dans un glissement de terrain. Aidé de ses amis, Sabbat arrive à le sauver. Mais le potier, ayant subi un choc à la tête, reste dans le coma pendant trois jours. A son réveil, Sawato fond en larmes, rassuré, puis l’embrasse. Gêné, le chef du village fuit alors et laisse la place à Airi qui souhaite faire le point avec son frère pour le travail. En effet, le four a malheureusement disparu. Mais Daiki semble avoir oublié son engagement pour l’exposition. Comme il avait promis une nuit d’amour à Sawato après lui avoir déclaré ses sentiments, le chef du village décide de retrouver le potier le soir de son retour chez lui…

En conclusion

Les évènements s’enchainent, provoquant des vagues d’émotions différentes à la lecture. Comme à son habitude, l’auteure prend son temps pour développer son histoire et ses personnages (souvent torturés) et dépeint avec précision leurs sentiments. Elle ne cache pas la violence de Daiki envers Sawato qui a retiré son premier consentement et la présente comme telle. D’ailleurs cette scène pourra choquer les personnes sensibles. J’ai tellement hâte de découvrir la suite de l’histoire de Yômei!

Kakurenbo honey – Tobidase Kevin

kakurenbo honey tobidase kevin
TOBIDASE Kevin 鳶田瀬ケビン
ISBN: 9782368775936
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784865891881 (JP)
Fusion product, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Entre le devoir et l’amour, Mitsurô devra faire un choix.

Tobidase Kevin sensei met en avant la romance du froid et sérieux Mitsurô avec le rayonnant Suzume. Elle continue directement la suite d’Abarenbo honey et alterne son récit avec les aventures amusantes de Kuma et Hachi en mode fou amoureux. Elle dévoile le difficile passé de Mitsurô au compte-gouttes. Ainsi, Hanasaki, qui ne croyait pas en l’amour, va s’ouvrir petit à petit aux incitations d’Amatobi, encouragé par son entourage. Le yakuza a tendance à privilégier son sens du devoir avant ses propres sentiments. Il reste donc longtemps prisonnier de sa gratitude envers la famille Hachi. L’auteure narre son histoire par tranche de vie. Elle joue sur les quiproquos et le comique de situation, en particulier la naïveté de Takuma. Elle aborde légèrement les questions classiques d’un jeune couple comme le mariage, le travail, l’avenir. Les relations plus romantiques font oublier qu’il s’agit d’un omegaverse.

La mangaka a un trait épuré et anguleux qu’elle dédouble parfois. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle travaille particulièrement les expressions des visages qui sont très variées. Ainsi, Kuma se transforme souvent en ours. Les corps sont finement musclé. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page est dynamique. Tobidase sensei ne censure pas les scènes érotiques mais détaille peu les parties génitales. Elle offre deux planches d’anecdotes amusantes sous la jaquette, à lire de préférence à la fin.

En résumé

Hanasaki Mitsurô refuse la demande en mariage d’Amatobi Suzume. Le jeune héritier du clan Amatobi n’arrive pas à se rapprocher de son bien-aimé malgré leur petite escapade sur une île déserte. Il l’invite alors au festival de son lycée. A peine arrivé, Mitsurô cherche à fuir, mal à l’aise. Mais Suzume l’arrête et le mène dans l’atelier de sa classe: un massage café travesti. A la surprise du yakuza, les caresses du lycéen l’excitent plus que de raison. Suzume l’emmène alors se soulager dans une classe. Pourtant, l’oméga ne comprend pas pourquoi son corps réagit si facilement aux sollicitations du jeune alpha. Le lycéen lui révèle que l’amour l’influence mais le yakuza refuse d’accepter l’évidence, ne pouvant quitter le clan Hachi.

En conclusion

Ce tome a obtenu la vingt-deuxième place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2017. L’auteure mène beaucoup mieux son scénario mais la discontinuité de la narration pourra gêner certains lecteurs. J’adore le couple formé par Mitsurô et Suzume, terriblement attendrissant. Même si cela ne révolutionne pas beaucoup le genre, j’apprécie les omégas et les alphas que la mangaka a créés, avec assez de caractère pour résister à leur instinct et leurs phéromones.

Yondaime Ôyamato Tatsuyuki – Scarlet Beriko

yondaime oyamato tatsuyuki scarlet beriko
SCARLET Beriko スカーレット・ベリコ
ISBN: 9782375061121
Taifu comics, 2018
ISBN: 9784403664809 (JP)
Shinshokan, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Une rencontre du destin qui se renouvelle deux fois.

Scarlet Beriko sensei propose de suivre la romance d’Ôyamato Tatsuyuki, apparu dans Minori no te. Elle aborde avec humour l’amour à sens unique, l’envie de liberté et l’évolution des sentiments. Toutefois, elle maintient un certain suspense en ne révélant que petit à petit les liens entre l’héritier, Koga Nozomi et l’ancien yakuza Rogi. La psychologie des personnages est travaillée. Ainsi, le passé lourd et traumatisant de Koga contraste avec son côté enjoué et mièvre, même s’il montre parfois des moments fragiles. Son comportement de stalker est vite pardonné avec son joli minois de pleurnicheur. D’ailleurs, l’auteure montre clairement l’impact de la rencontre entre les deux amants. Elle décrit avec finesse l’instabilité émotionnelle et les changements de personnalité. Elle joue également sur les contrastes. Malgré sa tête de voyou, Tatsuyuki se révèle très gentil. La noirceur de Rogi, manipulateur, détonne avec son côté père gâteux.

La mangaka a un trait épuré, fin et légèrement anguleux. Malgré un style réaliste, elle exagère les expressions pour renforcer l’impact des émotions. De même, elle dessine des oreilles très pointues à Tatsuyuki. Les trames servent principalement à ombrer ou colorer. Ainsi, les trames d’ambiance se font vraiment rares. La mise en page paraît parfois cinématographique, avec des zooms, le découpage des mouvements ou des changements. Cela donne une dynamique à la lecture tout en mettant en avant la beauté du graphisme. Dans les scènes érotiques, Scarlet sensei censure les organes sexuels par de fines bandelettes ou par l’absence de détails. Même si les ébats avec Rogi tendent à une relation SM, elle porte attention à la sensualité des images. Par ailleurs, les illustrations en début de chapitre mettent en valeur la plastique des personnages. Sous la jaquette, deux planches dénoncent avec humour le côté maternel et surprotecteur d’Asoda.

En résumé

Suite à une déception amoureuse, Ôyamato Tatsuyuki passe ses journées à se morfondre. Pour motiver le quatrième héritier du clan de yakuza régnant sur le Kanto, son homme de main, Asoda, l’envoie à Fukuoka apprendre les bases du métier. Mais le jeune homme n’a pas envie de prendre la succession de son père et préfère passer du bon temps. Complètement ivre, il s’endort sur le banc d’un parc. Il est alors recueilli par un mystérieux homme. Le confondant avec son premier amour, ils finissent par coucher ensemble. Mais au matin, Tatsuyuki panique en découvrant que le bel inconnu semble bien le connaître. En plus, ce dernier l’embrasse de joie de le retrouver enfin…

En conclusion

Ce spin-off de Minori no te a obtenu la sixième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2016. Koga Nozomi occupe la onzième place du meilleur seme et Ôyamato Tatsuyuki, la cinquième place du meilleur uke. Ce titre est parmi mes préférés des œuvres de l’auteure. Son style graphique et narratif est vraiment agréable. J’aime beaucoup la dynamique qui se crée entre Nozomi et Tatsuyuki. Une belle romance touchante!

Canis the speaker 1 – ZAKK

canis the speaker 1
ZAKK
ISBN: 9782368775882
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784863496095 (JP)
Akaneshinsha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Comment Tadanobu est devenu Kazumasa Iwaki.

ZAKK sensei aborde le passé de Tadanobu, Harold et Samuel qui vont se retrouver mêlés à un trafic d’enfants dans leur orphelinat. Elle suit d’abord les mésaventures de Nobu dans un soap land tenu par la mafia japonaise, entre prostitution et torture. Elle décrit les différentes techniques mafieuses pour engranger du chiffre et tenir le personnel sous son emprise : chantage, affaiblissement psychologique, menace. Après six ans de sévices, Tadanobu va se prendre en main et évoluer petit à petit pour survivre. L’auteure montre également les conséquences des dissensions entre chefs de clan sur le personnel considéré comme de simples objets : entre assassinat et redistribution à d’autres proxénètes. Ainsi, elle donne une image sombre de la pègre japonaise qui s’internationalise.

La mangaka a un trait plus réaliste, légèrement épuré et anguleux. Comparé à la série précédente, elle n’utilise pas de caricature. En plus, les paupières sont moins grandes et moins marquées. La mise en page, assez classique, propose quelques planches dynamiques. ZAKK sensei privilégie le jeu des clairs-obscurs pour transcrire l’ambiance et utilise donc avec parcimonie les trames d’ambiance. Par ailleurs, les scènes érotiques évitent les détails et se focalisent plus sur la violence subie.

En résumé

Février 1980. Harold, Samuel et Tadanobu (11 ans) partagent la même chambre à l’orphelinat. Comme ils sont très proches, ils aimeraient rester soudés à leur sortie quand ils travailleront. Après le départ de Makayla et Lucy, Nobu remarque qu’Aria n’est plus présente elle aussi alors qu’il devait lui rendre son crayon. La religieuse refuse de leur donner son adresse mais leur promet de le lui rendre. Cependant, Sam réalise que les goûters d’au revoir sont toujours fêtés pour deux enfants alors qu’ils sont trois par chambre et que le troisième enfant, souvent discret, disparaît lui aussi dans une maison inconnue. Pourquoi?

En conclusion

Bien que cité parmi les meilleures séries par les lecteurs au Chill Chill BL award 2018, ce volume n’est pas classé, laissant sa place au tome 2 pour le vote des meilleures couvertures. Parmi les trois orphelins, Nobu est mon préféré: ayant une personnalité discrète au départ, il est celui qui va le plus changer pour devoir survivre. Son côté froid et triste, mais avec tout de même une certaine douceur, est superbement rendu par l’auteure.

Ma raison de vivre – Kasai Uka

ma raison de vivre kasai uka

KASAI Uka カサイウカ
ISBN: 9782368776896
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784775527863 (JP)
Oakla, 2018 (JP)
Titre original: 例えば雨が降ったなら
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

A la recherche de son premier amour adolescent à 45 ans.

Dans ce one-shot, Kasai Uka sensei présente les retrouvailles entre deux quarantenaires qui avaient partagé un amour platonique au lycée. Plongé dans une situation critique, le naïf Kuga se raccroche à la vie en cherchant à se racheter d’une faute commise lorsqu’il était lycéen. Mais en côtoyant Mitsuru, il découvrira la face cachée de son premier amour que les années et les épreuves ont marqué. Alors que l’auteure joue sur les non-dits et s’applique à décrire avec pudeur les sentiments des personnages, elle reste dans une approche légèrement nostalgique. Cependant, en ne s’attardant pas sur les détails du passé et en restant dans l’univers descriptif de la vie quotidienne du club de strip-tease, on ressent un sentiment d’inachevé en terminant la lecture de ce tome. Sous la jaquette, l’auteure promet dans sa postface, de développer un peu plus le passé et le futur du couple.

Le style graphique de la mangaka est plutôt réaliste, avec des carrures viriles et des visages burinés anguleux qui marque bien l’âge. Mitsuru, ancien ikemen, conserve un certain charme. Les trames d’ambiance se font discrètes, Kasai sensei privilégiant les décors et les contrastes noir et blanc. Elle s’attarde également sur les gestes du quotidien. Ses cadrages, au service de la lecture, conservent un découpage plutôt classique. La pluie, très présente, fait écho au titre japonais « Par exemple, si la pluie était tombée ». Les illustrations en début de chapitre suivent l’évolution des sentiments des deux héros. Il y a peu de scènes érotiques, résumées à quelques cases. Une illustration amusante complète la postface sous la jaquette. La couverture a obtenu la dix-septième place au classement du Chill Chill BL award 2019.

En résumé

Kuga Tatsuhiko (45 ans) a tout perdu: son associé s’est enfui avec l’argent de l’entreprise et sa femme l’a quitté. Ruiné, il hésite à mettre fin à ses jours en sautant du toit d’un immeuble. La faim le ramène à la raison et en cherchant un souvenir heureux, il se rappelle de son premier amour: Handa Mitsuru. Il demande alors à son ami détective Harisawa de le retrouver. Deux semaines plus tard, il retrouve Kijima Mitsuru dans un club de strip-tease

En conclusion

Alors que le titre japonais insère de la poésie, le choix du titre français colle parfaitement à l’histoire. En effet, les deux héros blessés par la vie vont trouver une raison de vivre dans cet amour nimbé de regrets. Cependant, Kuga semble bien pur pour un homme d’âge mûr! Dommage que la conclusion soit si ouverte.

Twittering birds never fly 1 – Yoneda Kou

twittering birds never fly 1 yoneda kou

Yoneda Kou ヨネダコウ
ISBN: 9782351807682
Taifu comics, 2013
ISBN: 9784813030133 (JP)
Taiyohtosho, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

Un yakuza débauché qui ne désire pas être aimé par celui qu’il aime. Le masochisme jusqu’au bout!

Yoneda Kou sensei présente une histoire d’amour dans le milieu de la mafia japonaise, avec un yakuza masochiste et son garde du corps impuissant. Le ton est réaliste. L’auteure maîtrise parfaitement son scénario et la relation amoureuse semble n’être qu’un détail. Elle se concentre surtout sur le psyché de ses personnages. La narration est faite du point de vue de Yashiro. Le passé est révélé au compte goutte: pour Dômeki, l’arrivée de sa sœur permet d’introduire l’essentiel alors que l’enfance de Yashiro occupe un chapitre à part entière. Ce premier tome met surtout en place les protagonistes.

La mangaka utilise un découpage cinématographique. L’équilibre des décors et la maîtrise des trames de coloration et d’ombre permettent d’ancrer facilement les scènes dans le temps et l’espace. Les traits fins sont assez réalistes: les hommes ont différentes carrures. Tous les genres sont représentés, tous les âges. Certains yakuza ont vraiment une tête antipathique ou patibulaire. La censure se fait par abstraction de détails. Les illustrations de début de chapitre mettent en scène les personnages avec un oiseau.

En résumé

Don’t say gold: Yashiro cherche à recruter Kuga (22 ans), un jeune chien fou qui est en train de massacrer ses hommes. Il le laisse chez son ami d’enfance et médecin Kageyama (36 ans). Mais l’homme fétichiste des cicatrices et brûlures est peu à peu attiré par le jeune homme.
Twittering birds never fly: Yashiro est le boss du clan Shinsai. Ce yakuza masochiste dépravé, embauche comme garde du corps Dômeki Chikara (25 ans), un homme taciturne impuissant.
A la dérive,sans couler, sans un cri: Au lycée, Yashiro cache ses bleus sous des manches longues même en été. Mais dans sa classe, Kageyama n’arrête pas de lui offrir des sparadraps. Une amitié se développe entre les deux lycéens solitaires: Yashiro satisfaisant sa libido masochiste avec des hommes peu recommandables et Kageyama, fétichiste des cicatrices…

En conclusion

Pour l’instant, la mise en place de l’histoire permet surtout de repérer les différents liens entre les personnages, spécifiquement la relation ambigüe entre Yashiro et Kageyama. Ce tome a obtenu la première place bien méritée du meilleur manga au Chill Chill BL award 2014.

Links – Kizu Natsuki

links kizu natsuki

KIZU Natsuki キヅナツキ
ISBN: 9782375060384
Taifu comics, 2016
ISBN: 9784799724613 (JP)
Libre, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Quatre couples liés par le fil du destin.

Dans ce one-shot, comme le titre l’indique, Kizu Natsuki sensei s’intéresse aux liens entre les hommes: amoureux, amicaux, serviles, familiaux… Elle aborde différentes formes d’amour et propose un recueil d’histoires mettant en scène quatre couples dont les destinées s’entrecroisent. Un chapitre est dédié à chacun des couples. Puis les épisodes finaux regroupent tous les protagonistes, permettant ainsi au lecteur de voir l’évolution de chacun mais également de mieux appréhender les relations entre eux. Par le fil rouge unique d’un personnage décédé, l’auteure s’interroge sur l’évolution des sentiments dans un couple homosexuel lorsque ce dernier n’est pas issu d’un amour réciproque. Les yonkoma en fin de volume permettent de détendre un peu l’atmosphère en présentant les personnages sous un aspect humoristique. Et sous la couverture, les personnages font malgré eux la publicité d’une autre œuvre de leur créatrice.

Le trait fin et simplifié de la mangaka est agréable. Cependant, on peut lui reprocher un graphisme uniforme pour ses personnages. Surtout ses seme et uke qui ont tendance à avoir la même carrure et la même tête. Les cases dépouillées, avec peu de trame et de décor, aux tonalités dominantes blanches ou noires, renforcent l’ambiance mélancolique du récit. L’esthétique de la page, même lors des déformations comiques, prime. Il n’y a presque pas de scènes érotiques, mais le physique des personnages posant tel des mannequins ou les choix d’angles lors des baisers, des regards ou des câlins suffisent à exprimer l’ambiance chaude ou violente des préliminaires.

En résumé

Ryô Shibata (31 ans), fétichiste des voix et grand bavard, se prend d’affection pour le taciturne animateur de radio Masahito Sekiya (26 ans)… Akiha Niitsu (32 ans) tente d’oublier son premier amour de lycée, dans les bras de son sex friend favori Yahiko Tsubame… Un soir de pluie, Aoi Kameda (25 ans) ramasse un salaryman ivre, Yûsei Oogikawa (26 ans) qui a recueilli un chat abandonné, mais ce dernier lui confie l’animal et s’incruste… Shinobu Nakajô (29 ans), fils de yakuza, se dispute souvent avec son amant Takaaki Sado (29 ans) , futur leader du clan mais est-ce parce que leur histoire d’amour a commencé sur de mauvaises bases?

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la douzième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2015. Des histoires douces-amères aux personnages tellement attachants!