Sick – Kurahashi Tomo

sick kurahashi tomo

KURAHASHI Tomo 倉橋トモ
ISBN: 9782368774717
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784801952263 (JP)
Takeshobo, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Taquiner celui qu’on aime pour attirer son attention, puis son regard et enfin son amour.

Dans ce one-shot, Kurahashi Tomo sensei narre une comédie romantique entre un étudiant capricieux qui aime embêter un garçon plus âgé. Elle s’amuse à confronter deux caractères opposés, avec un seme antipathique qui finit par devenir gentil. Tout oppose les deux héros: leur classe sociale, leur situation familiale et leurs goûts. Alors que Sudô est très tactile, Kishi est réservé et ne supporte pas le contact. Le comportement un peu enfantin de Keito évolue au fur et à mesure; ses petites farces basculent pour ainsi dire en harcèlement sexuel. De plus, leur relation est assez ambigüe: le seme a une approche à la limite contraignante tandis que son partenaire a tendance à se laisser faire. Heureusement, l’évolution des protagonistes permet de développer les sentiments. La narration alterne entre le point de vue de Sudô et Kishi. Les personnages secondaires, en particulier la famille, apportent une touche humoristique.

Le graphisme de la mangaka est doux. Son style assez classique utilise des traits fins et délicats. Pour rendre les visages expressifs, elle n’hésite pas à simplifier ses traits. Elle équilibre avec dextérité les trames et les décors. La dynamique des cadrages facilite la lecture. Pour les scènes érotiques, la censure occulte les parties génitales mais un certain érotisme se dégage des images. Chaque chapitre se conclut sur un croquis donnant une anecdote amusante.

En résumé

Sudô Keito est un bel étudiant riche, entouré d’amis et ayant du succès auprès des filles. Tout lui réussit et il prend la vie comme elle vient. Pourtant, il est obnubilé par Kishi Shôta, un étudiant boursier âgé de deux ans de plus que lui. Il n’arrête pas de l’embêter en espérant faire tomber son masque stoïque. Mais c’est pour une raison infantile qu’il s’acharne sur le calme Shôta: ce dernier lui rappelle son premier amour de primaire qui l’avait rejeté. Ses petites blagues ne l’atteignant pas, il le force alors à participer à un gôkon. Mais contrairement à ses attentes, voir son senpai dragué par une fille l’irrite. La jeune femme renverse un verre sur Kishi, mais à peine a-t-elle le temps de réagir que Sudô entraîne le jeune homme dans les toilettes. Là, il finit par l’embrasser…

En conclusion

On retrouve déjà les thèmes principaux de la mangaka comme la famille et les câlins dans cette deuxième œuvre. L’auteure exprime avec facilité les sentiments de ses personnages, les rendant attachants. Il est amusant de voir que malgré une commande de l’éditeur, elle a repris la main sur son scénario, transformant Sudô en un amant attendrissant et prévenant. J’aime beaucoup Kurahashi Tomo sensei, et même si ce manga propose une histoire plutôt simple et légère, je vous en recommande la lecture. Il a obtenu la seconde place du manga doux au Chill Chill BL award 2016.

The seesaw game of distorted love – Kashima Chiaki

the seesaw game of distorted love kashima chiaki

KASHIMA Chiaki 嘉島ちあき
ISBN: 9782368775271
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784796407984 (JP)
Kaiohsha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Quand un policier donne de son corps pour tenter d’arrêter un voleur!

Dans ce one-shot, Kashima Chiaki sensei narre les mésaventures d’un inspecteur à la poursuite d’un voleur surdoué. Le scénario est simple; chaque chapitre consiste en un vol et une confrontation entre les deux héros. L’histoire est traitée sur le ton de l’humour. Comme le voleur Grey est spécialisé dans les déguisements, le lecteur n’attend qu’une chose: voir tomber l’inspecteur Sudô dans ses pièges. Car notre voleur est plus intéressé par une partie de jambe en l’air avec son policier préféré plutôt que son butin, qu’il abandonne sans regret. De plus, il néglige complètement le consentement de son partenaire. L’auteure cumule des situations loufoques et exagérées amusantes, au point d’oublier l’essentiel de l’intrigue. Finalement, la conclusion se précipite légèrement et laisse supposer l’identité de Grey et ses motivations, bouclée par un retournement de situation qui pourra frustrer certains.

Le graphisme épuré de la mangaka donne un côté mignon aux personnages. Cependant la simplification des traits, plutôt anguleux, rend parfois les expressions faciales impersonnelles. Les personnages sont presque tous sveltes. Les trames servent avant tout à coloriser les pages. Quelques effets transcrivent bien l’ambiance de certains passages. Les cadrages des scènes érotiques permettent de visualiser immédiatement l’action sans trop en montrer et en restant dans l’érotisme.

En résumé

L’inspecteur Sudô Reiichi essaie en vain d’arrêter le voleur Grey, même s’il récupère à chaque fois son butin. En réalité, il a conclu un marché avec ce dernier : coucher avec lui en échange des produits volés. Arrivera-t-il cependant à le mettre un jour sous les verrous?

En conclusion

Cette histoire humoristique sans prétention offre des scènes érotiques à chaque chapitre. Tout est prétexte pour que le uke dominant abuse du héros. Ce manga est avant tout divertissant.

Liquor & cigarette – Zariya Ranmaru

liquor and cigarette zariya ranmaru

ZARIYA Ranmaru 座裏屋蘭丸
ISBN: 9782375061718
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784344842281 (JP)
Gentosha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

Deux amis d’enfance qui ont conscience d’être plus que des amis mais…

Dans ce one-shot, Zariya Ranmaru sensei offre une tendre romance entre deux amis d’enfance. L’approche entre les deux partenaires se fait tout en douceur, avec Camilo qui reste à l’écoute des angoisses de Teo et qui ne profite pas vraiment de l’ivresse de son ami. Le récit est assez réaliste. L’auteure décortique en détail le sentiment amoureux dans une relation homosexuelle, son évolution et ses inconvénients. Elle n’hésite pas à intégrer les amis du couple pour augmenter les exemples divers, avec la relation amicale et de confiance entre Diego et Marino, ou l’ouverture d’esprit d’Elando. La narration est faite du point de vue de Teo qui partage ses questionnements, s’informe et expérimente, doucement guidé par Camilo. Leur relation se développe avec confiance puis respect.

La mangaka dessine des hommes virils. Malgré son trait fin, elle conserve un style réaliste. Cependant, elle simplifie ses traits pour les scènes humoristiques. Elle porte un soin particulier aux expressions des visages. Les trames d’ambiance sont discrètes. Le découpage est cinématographique, intégrant beaucoup de cases silencieuses. Par exemple, on ressent bien la gêne de Teo face aux regards extérieurs quand il tient la main de Camilo dans la rue. Les scènes érotiques ne sont pas censurées mais les organes génitaux restent couverts ou cachés.

En résumé

Teo a repris le commerce d’alcool de ses parents. En face, son ami d’enfance Camilo tient une boutique de tabac. Camilo, bisexuel et beau garçon, assume ouvertement sa sexualité et a beaucoup de succès auprès des filles. Il partage un secret avec Teo: ce dernier ne tient pas l’alcool à sa grande honte. Tous deux ont conscience d’être plus que des amis. Un jour, Camilo déclare même ses sentiments à son ami. Provoqué par son concurrent et ami Diego, Teo s’inscrit au tournoi de dégustation à l’aveugle du festival des vendanges. Il décide alors de s’entraîner, soutenu par Camilo qui lui réclame une récompense en échange…

En conclusion

Une histoire tendre et sensuelle, sans prétention, mais qui permet de passer un agréable moment. Et puis un couple qui communique et s’interroge ensemble est tellement délectable. Cela fait du bien!
Mise à jour: Ce one-shot a obtenu la première place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2019.

Golden sparkle – Suzumaru Minta

golden sparkle suzumaru minta

SUZUMARU Minta 鈴丸みんた
ISBN: 9782368776773
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784834264241 (JP)
Homesha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommadation: beaucoup

Une romance pure et sincère entre deux lycéens tourmentés.

Dans ce one-shot, Suzumaru Minta sensei s’amuse à mettre en scène un garçon au cœur pur peu dégourdi en amour avec un adolescent blessé qui a peur du regard des autres suite à de mauvaises expériences. Elle alterne les points de vue narratifs entre Uehara et Akida tout en partageant leurs questionnements. Même si Gaku semble profiter de la situation, il se montre pédagogique. Ainsi, ce couple se découvre, communique et s’interroge en toute tendresse. D’abord curieux, leurs sentiments s’éveillent et évoluent. L’approche est assez réaliste. Le contraste entre les caractères d’Akida et Uehara est bien équilibré, rendant les protagonistes attachants. L’auteure apporte un soin particulier en dépeignant leur passé et en s’attardant sur leurs sentiments. Le chapitre final se déroule un mois plus tard et permet de voir comment le couple évolue.

La mangaka n’hésite pas à simplifier les expressions du visage, leur donnant un côté mignon. Elle utilise les trames d’ambiance avec parcimonie. De même, les décors ne sont pas envahissants. Son découpage est presque filmique : les scènes érotiques détaillent assez bien les mouvements. La censure se résume à des bandelettes blanches qui ne gâchent en rien les images. L’auteure s’attarde sur les réactions et les physionomies, offrant une large palette d’expressions différentes.

En résumé

Suite à un traumatisme d’enfance, Uehara Himari n’est pas à l’aise avec les filles. Alors, il s’est inscrit dans un lycée non-mixte pour garçons. Dans sa classe, il sympathise très vite avec son voisin de table, Akida Gaku. Ce dernier était considéré comme un tombeur au collège. Tout irait pour le mieux si Himari ne tâchait pas son caleçon chaque nuit. L’adolescent, dont le père est souvent en déplacement à l’étranger, est perturbé par ces pollutions nocturnes dont il ignore l’origine. Au hasard d’une conversation, Gaku lui apporte des explications et lui propose même de lui montrer comment régler son problème…

En conclusions

Ce one-shot a obtenu la cinquième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2019. L’approche tendre et presque pédagogique sur la masturbation innove le genre gakuenmono. De plus, le dessin doux de la mangaka rend la lecture encore plus agréable. Un petit bijou de bonheur!

Orpheus of midnight – Billy Balibally

orpheus of midnight billy balibally

BILLY Balibally ビリー・バリバリー
ISBN: 9782375061435
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784799731697 (JP)
Libre, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

« Je ne peux pas dormir, j’ai peur de rêver. »

Dans ce one-shot, Billy Balibally sensei propose de suivre la guérison de l’insomniaque Fujimine Kazushi grâce à une cohabitation un peu spéciale. Sous forme de tranches de vie, elle présente l’évolution du cauchemar, retissant le lien avec le passé puis les connexions entre le fils et le père. L’auteure se focalise principalement sur la psychologie de ses personnages, exprimant bien leurs sensations. De ce fait, elle ne développe pas trop la relation romantique, ni les questionnements que se posent les protagonistes. De plus, la dépendance entre Fujimine et Wakuba brouille légèrement la compréhension de leurs sentiments. Au cours de l’histoire, Billy sensei introduit d’autres personnages également touchés par l’évènement qui a bouleversé la vie des Fujimine.

La mangaka possède un style graphique assez classique des BL contemporains mais son traitement des yeux est assez particulier. Son trait est doux et fin. Elle utilise des déformations, des simplifications ou des exagérations pour rendre les passages humoristiques ou renforcer l’expressivité avec de grands yeux brillants tous mignons. Les visages sont ovales, les carrures de certains personnages bien masculines. Les trames d’ambiance renforcent l’atmosphère. Les cadrages dynamiques accompagnent le mouvement de lecture. Les cauchemars se détachent de l’ensemble, jouant sur les clairs-obscurs. Les illustrations de début de chapitre rappellent les œuvres d’art nouveau, mêlant loup et mouton en symbolique. Les scènes érotiques restent plutôt sobres. Le chapitre bonus mêle à la fois des yonkoma et des planches. La couverture a obtenu la première place, méritée, au classement du Chill Chill BL award 2017.

En résumé

Fujimine Kazushi est insomniaque: suite à un stress post-traumatique lié à son enfance, il a peur de dormir car le même cauchemar hante ses nuits. Après avoir cumulé quelques nuits blanches au bureau, il tente de combattre la fatigue en prenant un café. Mais en entendant la voix douce et grave de Wakuba, du services des ventes, il s’effondre en succombant au sommeil. A l’infirmerie, à moitié endormi, il demande à son sauveur de continuer à parler car sa voix l’apaise. Surpris, Wakuba décide de rester avec lui pour la nuit. En voyant Kazushi rafraîchi après une bonne nuit de sommeil, il propose alors de dormir chaque soir avec lui…

En conclusion

J’aurais bien aimé voir une romance entre le thérapeute Kota Harumi et son ami Fujimine Kazuomi. Même si le thème de départ était intéressant, je trouve que Billy sensei perd par la suite le fil de son récit en se focalisant trop sur le jeu des cauchemars et des ténèbres. Alors que l’histoire avait un ton réaliste, une touche un peu fantastique s’ajoute au tout, tombant dans le côté mignon. C’est dommage!

Dans un coin de ciel nocturne – Hayakawa Nojico

dans un coin de ciel nocturne hayakawa nojico

HAYAKAWA Nojico
ISBN: 9782368774533
Boy’s love IDP, 2015
ISBN : 9784813030270 (JP)
Taiyohtosho, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: si on s'ennuie

Quand des sentiments enfouis au plus profond de soi depuis onze ans refont surface…

Dans ce one-shot, Hayakawa Nojico sensei s’intéresse aux retrouvailles, onze ans plus tard, entre deux amis épris l’un par l’autre lorsqu’ils étaient lycéens. Ses personnages ont des caractères assez extrêmes, renforçant leur sentimentalisme: Hoshino a enfoui ses sensations troubles au point de les oublier. De plus, sa naïveté lui donne un côté peu crédible en tant que professeur des écoles. Le scénario avance lentement au gré des atermoiements et des hésitations des protagonistes, jusqu’à l’acceptation de leur amour. L’auteure joue beaucoup sur les non-dits et les flash-back. Elle n’approfondit pas les diverses problématiques pourtant présentes comme la monoparentalité, les difficultés de l’adoption, le regard de la société, la relation homosexuelle compliquée entre un professeur et un parent d’élève… Même les secrets entourant la mère de Shôta ne sont pas expliqués. Par contre, les enfants apportent une petite touche humoristique bien venue.

La mangaka a un style shôjo très épuré, avec des traits fins simplifiés. Elle n’hésite pas à utiliser des déformations pour renforcer les expressions ou les effets comiques. Par exemple, Hoshino devient mécanique face au cumul des surprises. De même, elle travaille particulièrement les expressions des visages, en priorité les regards. Les trames d’ambiance sont bien intégrées. L’auteure joue avec les contrastes et les ellipses, grâce à des cadrages déstructurés, des cases vides et des métaphores graphiques s’incrustant en arrière-plan. Le peu de décors renforce cet effet de vide. Les scènes érotiques sont justes suggérées. En fin de chapitre, des yonkoma donnent quelques anecdotes. Sous la jaquette, deux planches concluent l’histoire deux ans après. Les illustrations en couleurs sont poétiques avec leur fond étoilé et des couleurs diffuses.

En résumé

Par hasard, Hoshino (28 ans) retrouve Sudô Akihiro, son senpai qu’il admirait au lycée. A sa grande surprise, ce doux rêveur qui souhaitait devenir pilote de ligne s’avère être le père de Shôta, un de ses élèves à problèmes. Alors qu’il était convoqué suite à une bagarre provoquée par son fils, Sudô s’effondre de sommeil dans les bras du professeur…

En conclusion

Ce titre a obtenu la seizième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2014. Bien que l’histoire effleure plusieurs questions, l’auteure reste dans une approche purement romantique, se focalisant finalement sur les sentiments. Certes, c’est beau et poétique. Mais même si les personnages sont attachants, je reste sur ma faim.

Une lumière dans la pénombre – Hayakawa Nojico

une lumiere dans la penombre hayakawa nojico

HAYAKAWA Nojico ハヤカワノジコ
ISBN: 9782368775738
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784864421225 (JP)
Tokyo mangasha, 2013 (JP)
Titre original: くらやみにストロボ
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Quand l’amitié se transforme en amour.

Dans ce one-shot, Hayakawa Nojico sensei s’intéresse à la transformation d’une amitié en amour. La narration se fait du point de vu d’Arata, qui a été légèrement traumatisé au collège en voyant un senpai gay se faire martyriser. Il est donc constamment écartelé entre ses sentiments et ses appréhensions. De plus, Shôtarô est direct. L’auteure dépeint en détails les questionnements de son héros, les différents sentiments qui l’habitent ainsi que les réactions de leurs amis en découvrant leur relation homosexuelle. Un chapitre spécial permet justement d’approfondir la vision de Tôru Sawamiya qui tolère une relation tendue avec Kôichi Hase, alors que ce dernier tente de la faire évoluer.

La mangaka utilise un trait fin épuré. L’agencement des cases laisse souvent des blancs et les décors se font rares. Ces ellipses confèrent un style dépouillé à ses pages. Elle n’hésite pas à utiliser des déformations. Les visages sont facilement rougissants. Ses trames servent uniquement à ombrer ou colorer. Elle use des passages sans dialogue, détaillant les petits gestes. Son image est très expressive. Des saynètes en quatre cases terminent les chapitres avec humour. De même, sous la jaquette, Sakaki et Miyamoto sont soumis à un interrogatoire humoristique. L’illustration de la couverture, jouant sur l’aquarelle et l’harmonie des couleurs, donne une touche poétique.

En résumé

De parents photographes et étant membre du club de photographie, Sakaki Arata revend aux filles les photographies des beaux garçons du lycée qu’il s’amuse à prendre. Son voisin et ami d’enfance, Miyamoto Shôtarô, joue au basketball et a la côte auprès des lycéennes. Cependant, il refuse toujours de sortir avec elles. Le photographe amateur qui a pris l’habitude de l’espionner lors des déclaration, est un jour surpris en entendant le sportif répondre qu’il est amoureux de quelqu’un. Qui cela peut-il bien être, alors qu’ils sont toujours ensemble?

En conclusion

Ce gakuenmono pudique allie poésie graphique et réflexions adolescentes sur l’homosexualité. Une très bonne approche, même si le traitement principal est léger et reste dans la relation mignonne.

Coup de foudre pour Cupidon – Suzumaru Minta

coup de foudre pour cupidon suzumaru minta

SUZUMARU Minta 鈴丸みんた
ISBN: 9782368776513
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784864423120 (JP)
Tokyo mangasha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Que se passe-t-il quand Cupidon est touché par un coup de foudre?

Dans ce one-shot, Suzumaru Minta sensei offre deux amitiés naissantes qui se transforment vite en amour. Pour son premier manga, elle insuffle suffisamment de psychologie à ses protagonistes et maîtrise déjà bien son scénario même si le récit se déroule assez vite. Les relations dégagent de la douceur. La narration suit le point de vue de Shingo et d’Ao, en écho à leur attachement et au déroulement scénaristique; le jeune couple s’interroge sur ses sentiments, sur sa première fois. « Fétichisme à l’heure du bain » paraît moins abouti mais la relation entre Taira et Ryônosuke propose une approche divertissante sur l’émoi que peut ressentir un homosexuel face à des provocations innocentes et inconscientes. Les personnages, attendrissants, ont des caractères originaux et les amis exercent une bonne influence sur leurs décisions, sans être intrusifs. Le chapitre final met en avant la forte amitié des amis d’Ao.

Le trait de la mangaka est fin, doux et simplifié, en particulier dans les moments humoristiques. Son style graphique rappelle celui des shôjo, avec des visages ronds et des déformations donnant un aspect mignon aux bouilles larmoyantes, surprises ou tristes. Les trames d’ambiance sont discrètes. La présence des décors est équilibrée. Les cadrages sont dynamiques, avec des angles recherchés. Les chapitres se terminent sur des yonkoma offrant une anecdote amusante. Les scènes érotiques allient à la fois sensualité et humour. La censure se fait par le cadrage et l’absence de détails. Sous la jaquette, une illustration des personnages donne quelques informations et un comic strip narre la création de l’histoire.

En résumé

Un coup de foudre pour Cupidon / VIVA! à la plage… / Attaque à la maison! / Les vacances continuent / Avant les vacances d’été – meilleurs amis: A la demande des filles, Shingo Nagata (16 ans) enquête sur les beaux garçons du lycée, en échange de nourriture. Il se retrouve donc à jouer indirectement les entremetteurs. Mais alors qu’on lui demande de s’informer sur l’origine de la cicatrice au front d’Ao Totoki (17 ans), le cupidon se trouve confronté à son premier échec. En effet, le lycéen n’est pas d’abord facile. Mais cela motive encore plus Shingo à devenir son ami, surtout depuis qu’il a découvert par hasard que son senpai a peur de l’orage.
Fétichisme à l’heure du bain: Taira Mikami (19 ans) aide volontiers sa famille qui gère un sento. Passionné par les muscles, il peut alors se rincer l’œil et même tripoter les clients consentants. Ryûnosuke Shinoda (21 ans), croyant que le jeune homme est agressé, vient à sa rescousse. Une nouvelle amitié naît…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la huitième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2018. Une histoire mignonne et touchante, où l’évolution des sentiments se passe tout en douceur. Il est agréable d’accompagner ce petit couple attendrissant. Cependant, le récit peut paraître un peu trop léger pour certains lecteurs exigeants.

Allégeance sous les cerisiers – Fukiya Furo

allegeance sous les cerisiers fukiya furo

FUKIYA Furo 吹屋フロ
ISBN: 9782368776841
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784864570961 (JP)
Julian, 2014 (JP)
Titre original: 桜花咎の契
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Les aventures de Minamoto no Yoshitsune et Benkei d’un point de vue BL.

Dans ce one-shot, Fukiya Furo sensei nous emmène au XIIe siècle, en plein conflit entre les Taira et les Minamoto. Dans sa postface, elle dit s’être inspirée du Dit des Heike (平家物語 Heike monogatari) et des pièces de . Ainsi, en suivant la mise en place du shogunat de Kamakura, l’histoire se concentre sur certains passages historiques forts de la guerre de Genpei (1180-1185), tout en incluant une part fantastique du récit comme la formation de Yoshitsune par des tengu. L’auteure décrit également la vie dans les temples où certains moines entretenaient des relations charnelles avec leurs disciples. Elle propose quatre couples principalement influencés par leurs relations légendaires entre grands guerriers et vassaux. L’héroïsme et le folklore sont mis en avant. Le chapitre bonus s’intéresse à Taira no Tsunemasa.

Le graphisme de la mangaka est assez anguleux mais charmant. Elle fournit un travail soigné sur les décors et les costumes d’époque; de même, elle détaille les petits gestes et les regards. L’action est bien rendue. Les trames servent principalement à la colorisation et à l’ombrage. Les cadrages sont dynamiques même si le découpage restent plutôt classique. Les scènes érotiques sont vite expédiées.

En résumé

L’île aux démons: Ariou se rend sur l’île où son maître, le moine Shunken, a été exilé, banni par les Taira. Mais ce dernier, touché par la folie, oscille entre violence et tendresse…
Minamoto no Yoshitsune et le tengu de Kurama / Yoshitsune et Yoritomo / Yoshitsune prend la mer: Lors d’un hanami, le tengu de Kurama enlève le jeune Ushiwakamaru qui n’hésite pas à lui répondre. Ce jeune Minamoto, destiné à devenir moine, rêve de se venger des Taira qui ont tué ses parents. Le yôkai lui confie alors l’épée légendaire de Bishamonten. Quelques années plus tard, celui qui deviendra Minamoto Kurou Yoshitsune défait le moine guerrier Musashibo Benkei qui collectionne les armes. Ce dernier devint alors son fidèle vassal et l’accompagne dans le soutien de la révolte du prince Minamoto no Yoritomo.
Le son mélodieux de Seizan: Taira no Tsunemasa, en formation auprès du moine Gyoukei, adore jouer de son biwa Seizan…

En conclusion

On se laisse facilement prendre par le récit, particulièrement si l’on apprécie cette époque. Les relations homosexuelles sont anecdotiques et ne gênent pas l’histoire. Par contre, la fresque historique étant résumée à certains passages, elle peut paraître décousue pour les non-initiés. J’adore particulièrement la version de l’auteure du tengu.

Ma raison de vivre – Kasai Uka

ma raison de vivre kasai uka

KASAI Uka カサイウカ
ISBN: 9782368776896
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784775527863 (JP)
Oakla, 2018 (JP)
Titre original: 例えば雨が降ったなら
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

A la recherche de son premier amour adolescent à 45 ans.

Dans ce one-shot, Kasai Uka sensei présente les retrouvailles entre deux quarantenaires qui avaient partagé un amour platonique au lycée. Plongé dans une situation critique, le naïf Kuga se raccroche à la vie en cherchant à se racheter d’une faute commise lorsqu’il était lycéen. Mais en côtoyant Mitsuru, il découvrira la face cachée de son premier amour que les années et les épreuves ont marqué. Alors que l’auteure joue sur les non-dits et s’applique à décrire avec pudeur les sentiments des personnages, elle reste dans une approche légèrement nostalgique. Cependant, en ne s’attardant pas sur les détails du passé et en restant dans l’univers descriptif de la vie quotidienne du club de strip-tease, on ressent un sentiment d’inachevé en terminant la lecture de ce tome. Sous la jaquette, l’auteure promet dans sa postface, de développer un peu plus le passé et le futur du couple.

Le style graphique de la mangaka est plutôt réaliste, avec des carrures viriles et des visages burinés anguleux qui marque bien l’âge. Mitsuru, ancien ikemen, conserve un certain charme. Les trames d’ambiance se font discrètes, Kasai sensei privilégiant les décors et les contrastes noir et blanc. Elle s’attarde également sur les gestes du quotidien. Ses cadrages, au service de la lecture, conservent un découpage plutôt classique. La pluie, très présente, fait écho au titre japonais « Par exemple, si la pluie était tombée ». Les illustrations en début de chapitre suivent l’évolution des sentiments des deux héros. Il y a peu de scènes érotiques, résumées à quelques cases. Une illustration amusante complète la postface sous la jaquette. La couverture a obtenu la dix-septième place au classement du Chill Chill BL award 2019.

En résumé

Kuga Tatsuhiko (45 ans) a tout perdu: son associé s’est enfui avec l’argent de l’entreprise et sa femme l’a quitté. Ruiné, il hésite à mettre fin à ses jours en sautant du toit d’un immeuble. La faim le ramène à la raison et en cherchant un souvenir heureux, il se rappelle de son premier amour: Handa Mitsuru. Il demande alors à son ami détective Harisawa de le retrouver. Deux semaines plus tard, il retrouve Kijima Mitsuru dans un club de strip-tease

En conclusion

Alors que le titre japonais insère de la poésie, le choix du titre français colle parfaitement à l’histoire. En effet, les deux héros blessés par la vie vont trouver une raison de vivre dans cet amour nimbé de regrets. Cependant, Kuga semble bien pur pour un homme d’âge mûr! Dommage que la conclusion soit si ouverte.