Mother’s spirit 2 – Enzo

mother s spirit 2 enzo

Enzo エンゾウ
ISBN: 9782375062081
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784199607998 (JP)
Tokuma shoten, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

L’union de deux cultures différentes.

Enzo sensei reprend sa comédie romantique interculturelle en nous faisant découvrir la vie des Lutahs. Elle apporte une touche humoristique plus discrète avec les enfants et en jouant sur les décalages de compréhension. Ainsi, elle rappelle toujours que Qaltaqa est encore en apprentissage de la langue japonaise. A son tour, Ryôichirô fournit des efforts pour s’intégrer et découvrir la culture de son amant. Le couple est aidé par leur entourage. L’auteure met en avant la communication très présente au sein d’un couple mixte, l’ouverture d’esprit nécessaire pour comprendre et accepter son partenaire tel qu’il est. Elle aborde également le rejet par certains d’une relation avec un étranger, d’autant plus homosexuelle, ainsi que les inconvénients extérieurs que peut rencontrer un couple mixte. Deux histoires bonus permettent de découvrir la vision de l’amour de Qaltaqa grâce à un souvenir et le premier contact du couple avec la famille Tsuzuki.

Depuis le tome 1, sorti en 2017 en France, la mangaka a légèrement adouci son trait épuré. Elle le simplifie encore plus dans les passages humoristiques. Les contours sont épais. De même, on reconnaît toujours son style grâce au travail particulier des yeux cernés de noir. Par ailleurs, Enzo sensei met en avant la belle musculature des Lutahs. Elle varie également les trames pour leur peau mate. Elle soigne aussi les décors, rendant l’ambiance tropicale de l’île. La mise en page dynamique accompagne le rythme de lecture, offrant des pauses contemplatives avec les paysages et la plastique des personnages. En revanche, les scènes érotiques sont censurées par des points blancs. Sous la jaquette, se trouvent la postface en images et une planche donnant une anecdote amusante.

En résumé

L’enseignant Tsuzuki Ryôichirô et l’étudiant étranger Qaltaqa filent le parfait amour. De même, le frère du guerrier Lutah, Aknam, vient maintenant régulièrement au Japon pour découvrir les spécificités culinaires régionales, accompagné du directeur de l’université Kôjô. Pour les vacances d’été, Ryô propose alors d’aller dans le village natal de son petit ami. Accueilli chaleureusement, le Japonais s’intègre facilement dans la tribu mais les plus anciens n’apprécient pas sa relation avec le potentiel chef du village…

En conclusion

Même si ce tome ne se classe pas au Chill Chill BL award 2020, les lecteurs le citent parmi les meilleurs séries au scénario captivant. Je l’ai lu d’une traite! Du bonheur, de la douceur et un thème rarement abordé. En plus, le couple est tellement attendrissant. Et j’adore la conclusion. N’hésitez pas à lire cette comédie romantique positive.

Queen and the tailor – Scarlet Beriko

queen and the tailor scarlet beriko

SCARLET Beriko スカーレット・ベリコ
ISBN: 9782375061107
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784403665042 (JP)
Shinshokan, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Plus l’amour est fort et moins on peut se détacher. »

Scarlet Beriko sensei présente une romance amusante entre un jeune décorateur d’intérieur arrogant et un froid tailleur. Elle s’intéresse à la différence d’âge et à l’évolution des personnages grâce à l’amour. En effet, Ôumi cache son manque de confiance derrière son arrogance. Fils de bonne famille, couvé par sa sœur surprotectrice, il commence à se rebeller pour réaliser enfin ce qu’il aime. Cependant, il se confronte à des désillusions sur son travail. Shida le remet à sa place gentiment mais l’écoute et l’encourage. Ainsi, les deux hommes se découvrent petit à petit et tombent amoureux. Le jeu de séduction entre eux prend d’abord l’aspect d’une joute verbale. L’auteure alterne la narration entre les deux héros. Elle fait évoluer ses personnages qui s’ouvrent peu à peu. Elle dépeint une relation qui se développe dans le consentement avec un amour simplement pur.

La mangaka a un trait épuré jouant beaucoup sur les pleins et les déliés. Elle le déforme ou simplifie dans les passages humoristiques. Par exemple, la tête d’Ôumi devient presque SD quant il est énervé ou gêné, lui donnant un côté tellement mignon. Les trames donnent du volume. Il y a aussi quelques trames d’ambiance. Les décors soignés mettent particulièrement en valeur le style ancien de la boutique. La mise en page est dynamique. Scarlet sensei censure à peine les parties intimes dans les scènes érotiques, supprimant juste des détails. D’ailleurs, elle rend bien la sensualité entre les héros. En outre, les illustrations en début de chapitre révèlent l’ambiance à venir. Entre les chapitres, quelques yonkoma donnent des anecdotes amusantes. Sous la couverture, elle offre deux planches pour essayer de découvrir le secret de la cicatrice de Shida.

En résumé

Sur les recommandations de sa supérieure Okazaki, Ôumi Jôno se rend chez le tailleur Shida Tetsuya (37 ans). Selon les rumeurs, ses costumes permettraient à leur porteur de réaliser leur projet. Mais se montrant pressé et arrogant, leur premier contact se passe mal. Pourtant, le décorateur d’intérieur manque d’inspiration sur le projet d’exposition qu’il doit rendre. Un mois plus tard, il revient à la boutique et accepte un rendez-vous à condition de pouvoir venir voir travailler le tailleur. En effet, il envie le sourire de Shida qui semble apprécier son métier. Mais Ôumi ayant perdu sa passion pour son travail, ne pense plus qu’au tailleur.

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la neuvième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2017. A noter que l’auteure a également Jackass! dans le top 10 de ce classement. Ce titre fait aussi partie de mes préférés de l’auteure. La romance mignonne et douce déborde de tendresse. J’aime beaucoup les récits avec des uke plus âgés.

Jackass! – Scarlet Beriko

jackass scarlet beriko

SCARLET Beriko スカーレット・ベリコ
ISBN: 9782375061015
Taifu comics, 2018
ISBN: 9784403665288 (JP)
Shinshokan, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

Comment distinguer le sentiment amoureux lorsque le fantasme d’un fétichisme se réalise?

Scarlet Beriko sensei propose de suivre trois romances homosexuelles différentes de trois lycéens. Elle traite avec subtilité le sujet du fétichisme, en prenant en compte le refus de devenir un objet. De même, elle développe différents questionnements selon les couples. Ainsi, Keisuke et Masayuki s’interrogent énormément sur leur attirance mutuelle et leur rapprochement suite à la découverte d’un secret. Toutefois, tous deux ont peur de perdre définitivement leur forte amitié et s’inquiètent de l’influence de leur différence sociale sur leur possible couple. Avec Aramaki et Katsumi, l’auteure aborde la différence d’âge, les doutes dans une relation entre homosexuel et hétérosexuel. Elle présente également l’homophobie d’un gay refoulé avec Miyoshi qui trouvera conseil auprès de Hosoka. Elle dévoile au fur et à mesure la fragilité de ses personnages, leurs sentiments. Ainsi, après avoir tâtonné, chacun apprend à se confier, communiquer et s’accepter.

La mangaka a un trait épuré, jouant sur les pleins et les déliés. Dans les passages humoristiques, elle n’hésite pas à déformer ou simplifier ses traits, exagérant certaines expressions pour les renforcer. Les trames servent principalement à ombrer et colorer. D’ailleurs, les trames d’ambiance sont rares, laissant la place aux décors. Scarlet sensei met en avant les petits gestes et les expressions, proposant un découpage précis des angles de vue. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties trop intimes par de fines bandelettes blanches. Par ailleurs, les illustrations en début de chapitre présentent des moments tendres des couples. Sous la jaquette, deux planches conclusives permettent de découvrir ce que deviennent Katsumi et Miyoshi, à lire donc à la fin.

En résumé

Tous les matins, Shinohara Katsumi passe prendre son ami, Hara Keisuke, chez lui pour ensuite aller au lycée. En chemin, ils croisent Shimoda Masayuki qui arrive au lycée en bicyclette. Ce dernier, délégué de classe, est très proche de Kei, qui le seconde comme sous-délégué. Pourtant, les deux garçons n’ont pas vraiment le même caractère et les mêmes goûts. Alors qu’il se changeait pour aller au cours de sport, Keisuke enfile le collant noir que sa sœur, Akiko, a laissé par mégarde dans son survêtement qu’elle avait emprunté. Remarquant sa gêne, Masa lui vient en aide et l’emmène à l’infirmerie. Ils surprennent sans le vouloir, Katsu qui allait embrasser l’infirmier scolaire, Aramaki. Mais avant que Kei se déshabille, son ami lui fait une demande particulière. En effet, Shimoda est fétichiste des collants noirs sur les belles jambes…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la cinquième place au classement du Chill Chill BL award 2017. Shimoda Masayuki est classé 25ème meilleur seme et Hara Keisuke 29ème meilleur uke. En effet, l’auteure arrive à insuffler beaucoup de sentiments dans son œuvre, avec une touche d’humour. Alors que le sujet du fétichisme aurait pu devenir un simple prétexte, elle préfère au contraire le développer. Parmi les œuvres traduites en français de la mangaka, c’est mon manga préféré. Bien qu’elle n’ait pas encore la maîtrise que l’on retrouve dans ses autres titres, j’aime l’approche des différents questionnements avec trois couples attachants. C’est mignon et touchant.

Mon voisin le fudanshi 3 – Kuroiwa Chihaya

mon voisin le fudanshi 3 kuroiwa chihaya

KUROIWA Chihaya 黒岩チハヤ
ISBN: 9782368776483
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784796409971 (JP)
Kaiohsha, 2017 (JP)
Titre original: ましたの腐男子くん 3
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Motoi désire devenir un seme digne d’un BL mais y arrivera-t-il?

Kuroiwa Chihaya sensei conclut la romance entre le fudanshi Motoi et le salaryman pur Sokabe. Commme dans le tome précédent, elle continue à s’intéresser aux produits dérivés: ici, avec les jeux vidéo, pas forcément BL, les séries aux nombreux personnages inspirant diverses possibilités de couples. Elle répète le gag confrontant l’imaginaire de Mashita avec la réalité. Ainsi, Shijô, l’ami de Yoshinari, représente au début le super seme ikemen idéal. Le couple évolue doucement; leurs rapports sont toujours consentis. Sokabe prend peu à peu de l’assurance tandis que Motoi s’interroge sur ses performances de seme. L’auteure aborde le questionnement du coming out et de la différence d’âge, l’étudiant ne cachant rien alors que le salaryman pense qu’il vaut mieux se taire. Par ailleurs, elle détourne avec humour les poncifs du BL.

La mangaka a un style shôjo, au trait fin, dégageant beaucoup de douceur. Elle dessine de grands yeux expressifs. De même, elle exagère certaines expressions fortes. Les trames d’ambiance renforcent également les émotions. Les décors sont soignés. Par ailleurs la mise en page dynamique rythme la lecture. Kuroiwa sensei censure à peine les scènes érotiques, utilisant de très fines bandelettes blanches ou en esquissant les organes génitaux avec des trames. L’illustration de la jaquette résume à elle seule, avec humour, le fonctionnement du couple.

En résumé

Mashita Motoi rumine de ne pas être un seme aussi classe qu’il espérait et se demande comment s’améliorer. Sokabe Yoshinori, quant à lui, n’arrive plus à dormir dans sa chambre depuis qu’il y a couché avec son petit ami. Excité par sa gène, l’étudiant installe alors une ambiance pour l’embrasser. Mais Furuichi les interrompt en sonnant à la porte. Le fudanshi est venu s’excuser auprès du salaryman. Mis de côté, Motoi s’imagine déjà le pire, suspectant une romance naissante entre eux. Toutefois, Furuichi s’excuse également auprès de lui à la grande joie de Sokabe. L’étudiant réalise alors qu’il n’a jamais rencontré les amis de Yoshinori…

En conclusion

Malgré certains gags qui deviennent répétitifs, j’adore voir cet adorable couple se développer en partageant leur passion. La communication entre eux devient de plus en plus fluide et leur amour s’en retrouve presque décuplé. Une comédie romantique douce et agréable à lire.

Reverse – Yuitsu

reverse yuitsu

Yuitsu ゆいつ
ISBN: 9782368777305
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784866532400 (JP)
Core magazine, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

Apaiser l’excitation du danger grâce à l’amour.

Yuitsu sensei mélange enquête policière et érotisme. Elle maintient le suspense en révélant les indices par brides. La relation entre Hayato et Akira tout d’abord charnelle ne laisse pas la place au consentement. Néanmoins, le caractère pervers du policier semble s’en accommoder. Le langage est donc parfois cru pendant les ébats et leur relation pas toujours saine. La narration se concentre principalement sur Ukishima. L’auteure équilibre assez bien les passages érotiques et les parties d’enquête. Elle aborde divers thèmes comme la confiance, la trahison, les flics ripoux. Elle conclut son récit par une histoire bonus sur le devenir du couple.

La mangaka utilise un trait légèrement épuré assez réaliste. Elle dessine de beaux hommes finement musclés. Les personnages secondaires ont aussi différentes morphologies. Les décors très présents et les trames assez variées renforcent le ton réaliste du récit. En revanche, la mise en page reste plutôt classique. Malgré des scènes érotiques explicites, Yuitsu sensei censure les parties intimes avec de fines bandelettes blanches, des trames ou l’absence de détails. D’ailleurs, elle transcrit la violence des ébats avec des onomatopées envahissantes et des lignes de mouvement. Toutefois, cela brouille parfois la compréhension du dessin. Sous la couverture se trouvent des fiches personnages.

En résumé

Le danger excite le policier Ukishima Hayato (33 ans) qui n’hésite pas à prendre des risques. Cependant, quand l’adrénaline redescend, il se retrouve souvent en érection. D’habitude, il arrive à se soulager rapidement dans les toilettes mais l’enquête sur le meurtrier arrêté ce jour ayant pris du temps et de l’énergie, il ressent beaucoup plus d’effet. Déclinant l’invitation de ses collègues pour fêter leur succès, il préfère chercher un partenaire d’un soir. Dans une ruelle, il trouve un jeune homme à moitié conscient après avoir été battu. Il emmène alors Makabé Akira (25 ans) dans un hôtel pour le soigner. Remarquant son excitation, le blessé le viole. Mais Ukishima ressent tellement de plaisir qu’il n’arrive pas à l’oublier. Alors qu’il enquête encore sur l’affaire dans une boîte de nuit, il y recroise Makabé qui est videur…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la douzième place au classement du meilleur manga érotique Chill Chill BL award 2019. En effet, le dessin est beau et les scènes érotiques plutôt viriles. Cependant, l’auteure ne semble pas encore maîtriser le genre policier car j’ai deviné facilement certains évènements bien avant leur apparition, faisant tomber la surprise et le suspense. En plus, la relation plutôt violente du couple pourra déranger certains lecteurs. Je suis un petit peu déçue que le couple ne soit pas reversible mais j’apprécie leur lien adulte et complètement assumé.

Glare at you, because I love you 1 – Yukue Moegi

glare at you because I love you 1 yukue moegi

YUKUE Moegi ゆくえ萌葱
ISBN: 9782368771419
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784796404440 (JP)
Kaiohsha, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Ne jamais juger sur les apparences.

Yukue Moegi sensei développe une romance mettant en avant le jugement sur l’apparence et les différences de goût. Ainsi, Shima trouve un certain charme à certains visages jugés disgracieux. Par exemple, il s’attache au chat Busamen. De part le passé de son frère aîné délinquant Kajimoto Toranosuke (25 ans), Ryûnosuke est considéré comme un voyou, impliqué souvent dans des bagarres à cause de son regard de tueur et sa manie à répondre aux provocations. Pourtant, il dégage en réalité beaucoup de douceur, étant attentionné avec sa famille et ses amis. Heta Reiji apporte une touche humoristique avec son admiration pour Ryûnosuke. L’auteure s’amuse à jouer sur les contrastes. Elle développe doucement l’attirance entre ses deux héros qui apprennent à se connaître peu à peu. Elle aborde encore le regard acéré dans une histoire bonus narrant une romance entre un ancien voyou et un gosse de riche devenu délinquant par admiration.

La mangaka a un trait épuré mais les contours jouent sur les épaisseurs. Elle les simplifie dans les passages humoristiques. Les trames et les décors sont équilibrés. D’ailleurs, les trames d’ambiance sont discrètes. La mise en page paraît plutôt classique, pourtant les angles de vue, les ellipses et les cadrages la dynamisent. Les scènes érotiques évitent de montrer les détails. Yukue sensei offre des préliminaires peu romantiques mais elles correspondent au caractère direct des personnages. Elle met en avant le consentement, même si les demandes sont parfois insistantes, sauf dans « The dragon of memories ». Les illustrations en début de chapitre résument ce qui s’y passe.

En résumé

Glare at you, beacause I love you / After glaring: Shima (en première), membre du conseil des élèves, a remarqué que Kajimoto Ryûnosuke (en terminale) le fusille du regard. Mais alors qu’il est invité chez Eigo, le président du conseil des élèves, pour voir les chatons de Busako, il découvre que le prétendument voyou est un ami d’enfance d’Ayame, la petite soeur d’Eigo. A force de l’observer, il remarque sa gentillesse et son discret sourire. Il comprend alors que son aspect un peu sévère n’a rien à voir avec son caractère. Le trouvant mignon, il ne peut s’empêcher de toucher sa ride entre ses sourcils froncés. Mais Ryûnosuke lui demande froidement de ne pas le toucher.
The dragon of memories: Kisaki Eiko saute les cours pour fumer ou draguer les filles. Mais le nouveau gardien de l’école remplaçant Kawada hospitalisé, Nishida Tetsurô, a reçu la mission de s’occuper des délinquants. Il lui confisque donc ses cigarettes et lui en donne en chocolat à la place. Néanmoins, le lycéen a la vague impression de déjà le connaître.

En conclusion

Malgré un thème assez classique avec une romance entre bon élève et yankee, ce récit met en scène un couple original et touchant. D’ailleurs, l’auteure préfère développer l’évolution des sentiments de ses personnages. J’apprécie la relation entre les deux héros, dans l’observation, la découverte et la discussion. En revanche, l’histoire bonus est assez anecdotique, d’autant plus que le consentement y est inexistant.

Twinkling star dial – Natsume Isaku

twinkling star dial natsume isaku

NATSUME Isaku 夏目イサク
ISBN: 9782351806296
Taifu comics, 2012
ISBN: 9784862637031 (JP)
Libre, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

La médecine peut-elle soigner deux maladroits en amour?

Natsume Isaku sensei propose de suivre une romance entre un médecin citadin qui se retrouve à la campagne et son hébergeur taciturne. Elle met en avant la vie à la campagne entre entraide, travail harassant et un grand nombre de personnes âgées. Elle ménage aussi le suspense en dévoilant au fur et à mesure des détails dramatiques sur les deux héros. Ainsi, la narration se concentre sur Toba. Malgré un premier contact difficile, le médecin cherche d’abord à comprendre le comportement différent de Kazushige. Certains personnages extravagants permettent de détendre l’atmosphère. Grâce à Ichirô, l’auteure fait avancer la romance, obligeant Toba à se questionner sur ses sentiments. Elle décrit avec finesse comment se crée le lien entre le médecin et Kazu. Finalement, leur passé douloureux leur permet de s’ouvrir peu à peu l’un à l’autre.

La mangaka a un trait épuré et simple. Elle rend tout de même les pleins et déliés des contours. Dans les passages humoristiques, elle exagère les expressions. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. D’ailleurs, les trames pour colorer ou ombrer sont équilibrées. La mise en page dynamique et efficace fluidifie la lecture. Natsume sensei montre peu de détails dans les scènes érotiques, jouant sur les cadrages. Elle met en scène le couple à différents stades de leurs relations dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Le jeune médecin Toba Yôsuke (28 ans) vient s’installer à Yamanomachi, en pleine campagne, mais il s’est perdu en chemin. Il croise alors Suga Kazushige (23 ans), un jeune homme bourru qui le guide. Alors que les habitants accueillent chaleureusement le médecin, très attendu, Suga se montre froid. Malheureusement, en inspectant le logis fraichement rénové, son futur assistant, Sawamura Ichirô (23 ans), casse les tatamis de la chambre. Toba se retrouve donc hébergé par son voisin, Kazu. Ce dernier se montre désagréable avec son hôte. Quand Toba essaie de briser la glace, admirant les étoiles si rares dans le ciel de Tokyo, le jeune homme lui saute dessus pour le draguer. Mais il n’a pas le temps d’en discuter car dès le matin, il reçoit la visite de la vieille Ume qui a le dos coincé. Toutefois, Yôsuke se demande pourquoi Suga vit seul, reclus, dans sa grande maison.

En conclusion

Au premier abord simple, le scénario est plus profond qu’il n’y paraît, sans tomber dans le mélodrame. Au contraire, l’auteure propose une approche positive, avec une solution réaliste. De même, elle a vraiment bien développé le caractère de ses personnages. J’aime beaucoup le côté enfantin de Kazushige qui se fait rééduquer gentiment par Yôsuke, qui lui fait comprendre que le non consentement est primordial dans une relation. Même si le médecin cède parfois aux avances, il ne se gêne pas de secouer le jeune homme avec douceur. Cette dynamique entre eux me plaît et je regrette même que le tome se termine si vite!

The half of happiness – Yuuya

the half of happiness yuuya

Yuuya 祐也
ISBN: 9782368770399
Boy’s love IDP, 2013
ISBN: 9784796401913 (JP)
Kaiohsha, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Deux hommes malchanceux qui se complètent.

Yuuya sensei narre une romance entre deux hommes plutôt malchanceux. Tandis que Chiharu évitait de provoquer les risques de malchance, il croise Kôichi qui accepte ses mésaventures avec philosophie. D’abord humoristique, le récit prend vite un ton un peu plus dramatique. En effet, suite à un accident, Katsura a développé des troubles de la mémoire. Avec une approche réaliste, l’auteure dévoile au fur et à mesure les symptômes et les conséquences de la maladie de l’étudiant. Elle met parfaitement en avant le combat journalier du couple pour maintenir leur amour et leurs souvenirs. Avec le petit frère Katsuya Yukihiro, paraplégique, elle ajoute quelques épreuves à surmonter pour le couple. De même, le rejet de l’homosexualité du frère de Chiharu augmente encore leur tragédie. Entre douleurs et peur de l’oubli, les deux amants devront faire preuve d’adaptation.

La mangaka possède un trait ferme parfois épais. Elle dessine des mentons pointus qui renforcent la courbe ovale des visages. Elle rend très bien le regard perdu de Kôichi, ses yeux étant grands avec de longs cils. Dans les passages humoristiques, discrets, les traits se simplifient et donne un côté mignon. Les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, un fond noir permet de distinguer immédiatement les flash-back. Ainsi, la mise en page est dynamique. Yuuya sensei censure les scènes érotiques en occultant les traits et les détails des parties génitales.

En résumé

Hayama Chiharu (26 ans), plutôt malchanceux, a raté son train à cause d’une fuite d’eau. Dans le train bondé, il remarque un pervers tripoter une lycéenne. Toutefois, un beau jeune homme intervient. Mais l’étudiante, le confondant avec le criminel, l’emmène au poste de police. Chiharu arrive à arrêter le coupable qui fuit pour l’emmener au poste. Pour le remercier, Katsuya Kôichi (24 ans) l’invite au restaurant. Ce dernier étant encore plus malchanceux, tous deux sympathisent vite et se rencontrent tous les trois jours. Cependant, Kôichi semble bien étourdi, oubliant facilement. Un soir, alors qu’ils avaient rendez-vous, Chiharu croise le médecin Odagiri avec son ami, inquiet pour l’étudiant depuis un grave accident dont il subit encore les séquelles. Un peu ivres, les deux jeunes hommes couchent ensemble. Mais au matin, alors qu’ils rencontrent la lycéenne par hasard, Kôichi ne la reconnait pas…

En conclusion

Malgré le ton dramatique de ce one-shot, l’auteure arrive à conclure sur une touche positive. Elle met en scène des sentiments purs, profonds. Je trouve intéressant son approche où l’amour ne devient pas réellement le sauveur. A cause de la maladie, Chiharu devra persévérer, s’acharner à maintenir les souvenirs à la place de son petit ami. J’aimerais bien voir également la romance suggérée entre le docteur surprotecteur Ikuina et Yukihiro. Un récit agréable à lire qui ne laisse pas indifférent!

On entend son cri, sans que l’on voie ses larmes, corbeau sous la pluie – Unohana

on entend son cri sans que l on voie ses larmes corbeau sous la pluie unohana

Unohana ウノハナ
ISBN: 9782368775912
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784537131956 (JP)
Nihonbungeisha, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Au coeur de l’été, dans la chaleur de la vieille capitale, se dévoilent les affres de l’amour. »

Dans ce one-shot, Unohana sensei nous invite à suivre une romance entre deux étudiants aux caractères opposés. Malgré l’ambiance poétique, elle donne un ton réaliste à son récit. Alors que le souriant et opiniâtre Aizawa a le coup de foudre pour le bougon Ugôda, ce dernier préfère l’utiliser comme sex friend. Cependant, les sentiments larvés s’expriment peu à peu au fil des petites attentions de Seiji. La narration alterne entre les deux héros. Par ailleurs, l’auteure dévoile au fur et à mesure la situation complexe de Rin, abordant le devoir familial, le poids de l’héritage d’une grande entreprise familiale et les combines pour garder le pouvoir. Ainsi, le fils légitime, Kiyoto, et son demi-frère, sont traités comme de simples pions sans aucune considération pour leurs rêves. Le chapitre final permet de découvrir l’avenir du couple deux ans et demi plus tard, complété par une histoire bonus.

La mangaka utilise un trait épuré anguleux. Les visages ovales ont de grandes bouches. Le travail des yeux, fins, est assez particulier: comme les pupilles se fondent avec l’iris, l’expressivité passe par la forme générale des yeux. Unohana sensei n’hésite pas à exagérer et simplifier ses traits pour exprimer les sentiments de ses personnages. Elle dessine même Aizawa en wanko sur une vignette. Les trames d’ambiance alternent avec des décors détaillés. Malgré une impression de surcharge de certaines planches, à cause de l’utilisation de beaucoup de trames, la mise en page reste tout de même dynamique. D’épaisses hachures blanches censurent les parties génitales dans les scènes érotiques. Le ton poétique général du récit s’exprime également à travers la couverture qui a obtenu la quinzième place au Chill Chill BL award 2015.

En résumé

Un jour, le beau Aizawa Seiji (20 ans) remarque que son voisin semble pleurer sous la pluie. Depuis, il a pris l’habitude de l’observer et tente à chaque fois de sympathiser avec lui. L’asocial Ugôda Rin (23 ans) est à la même université que lui. Des rumeurs circulent sur lui: il serait le fils de la maîtresse d’un grand chef d’entreprise de Kyoto, le groupe Kugumiya. Alors que Rin s’interpose entre un couple qui se dispute en pleine rue, Seiji ne peut retenir son fou rire face à la répartie de son senpai. Excédé d’être suivi, Ugôda avoue alors son homosexualité et refuse clairement l’amitié d’Aizawa. Il le laisse après lui avoir donner un baiser volé…

En conclusion

En réalité, le nom de plume Unohana représente une équipe de deux mangaka: Tsukuba au scénario et Iroha au dessin. Dans la postface, l’auteure précise que cette histoire est le spin-off de Hybrid stardust, dont Kiyoto et son petit ami Yakyô sont les héros. J’espère que l’on pourra le lire un jour! Au début du tome, l’édition française explique la traduction du titre, qui a la forme d’un haiku. J’approuve totalement cette initiative. En effet, le poème illustre parfaitement le comportement de Rin, alors que le sous-titre anglais résume en fait le récit. Une romance au premier abord simple mais fort intéressante sur le fond.

Blue morning 8 – Hidaka Shoko

blue morning 8 hidaka shoko

HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782368777657
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784199607714 (JP)
Tokuma shoten, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Kuze et Katsuragi vont enfin décider de leur avenir: entre amour et projets, le choix sera difficile.

Hidaka Shoko sensei conclut sa saga historique en offrant un dernier tome rempli de surprises et de révélations. Comme dans le tome précédent, Katsuragi continue encore à évoluer. Toutefois, tandis que Kuze réforme sa famille, l’ancien majordome a encore du mal à vraiment décider par lui-même, prisonnier de son passé. Mais l’entourage de Tomoyuki le guide doucement vers l’émancipation totale. Le mouvement révolutionnaire en marche se ressent déjà avec les jeunes générations. L’auteure continue à dénoncer les méthodes de la noblesse pour préserver coûte que coûte son rang sans pour autant mélanger son sang. De même, elle met en avant les industries montantes de l’époque: la construction navale, ferroviaire, le textile, avec la modernisation des techniques apprises à l’étranger. Le couple est partagé entre leurs projets et leurs sentiments enfin partagés, redoutant la séparation.

La mangaka a toujours un trait épuré aussi beau. Elle soigne les expressions des visages mais n’hésite pas à simplifier ses traits dans les rares passages humoristiques. De même, les décors sont soignés, en particulier les paysages qui s’étalent sur de grandes vignettes ou en pleine page. Les trames d’ambiance se font discrètes. La mise en page est dynamique avec des angles de vue variés jouant beaucoup sur les plongées et contre-plongées, des ellipses ou des emboîtements de cases. Les scènes érotiques montrent peu les parties intimes, jouant sur les cadrages. D’ailleurs, Hidaka sensei préfère se concentrer sur le partage des sentiments, s’attardant sur les gestes tendres et les regards langoureux. Preuve de son talent, l’histoire bonus en fin de tome n’a pas besoin de dialogue pour être émouvante. Le titre en argenté donne une petite touche somptueuse à la couverture.

En résumé

Kuze Akihito a rendez-vous avec les dix candidats sélectionnés par Amamiya Rinzaburô pour devenir étudiants au pair de la famille Kuze. Contrairement à ses instructions, il s’agit de descendants des anciens vassaux de la famille. En effet, le niveau d’excellence exigé par le vicomte n’a pas laissé trop de choix. Mais en entendant leur conversation à travers la porte et l’aversion pour certains de l’ancien système, il décide tout de même de leur exposer son plan. Même si l’ancien intendant trouve encore insensé de former tous ces jeunes en Angleterre pendant deux ans, il ne contredit plus Akihito. Ainsi, Katsuragi profite du calme de Kamakura pour réfléchir à son avenir avec son amant.

En conclusion

Ce tome a obtenu la première place de la meilleure série au Chill Chill BL award 2019. Kuze Akihito est classé deuxième meilleur seme et Katsuragi Tomoyuki premier meilleur uke. Plus épais, il mérite grandement sa place au classement. La fin positive et romantique me comble de bonheur. Mon cœur palpitait à chaque page. Un manga à lire absolument!