Jackass! – Scarlet Beriko

jackass scarlet beriko

SCARLET Beriko スカーレット・ベリコ
ISBN: 9782375061015
Taifu comics, 2018
ISBN: 9784403665288 (JP)
Shinshokan, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

Comment distinguer le sentiment amoureux lorsque le fantasme d’un fétichisme se réalise?

Scarlet Beriko sensei propose de suivre trois romances homosexuelles différentes de trois lycéens. Elle traite avec subtilité le sujet du fétichisme, en prenant en compte le refus de devenir un objet. De même, elle développe différents questionnements selon les couples. Ainsi, Keisuke et Masayuki s’interrogent énormément sur leur attirance mutuelle et leur rapprochement suite à la découverte d’un secret. Toutefois, tous deux ont peur de perdre définitivement leur forte amitié et s’inquiètent de l’influence de leur différence sociale sur leur possible couple. Avec Aramaki et Katsumi, l’auteure aborde la différence d’âge, les doutes dans une relation entre homosexuel et hétérosexuel. Elle présente également l’homophobie d’un gay refoulé avec Miyoshi qui trouvera conseil auprès de Hosoka. Elle dévoile au fur et à mesure la fragilité de ses personnages, leurs sentiments. Ainsi, après avoir tâtonné, chacun apprend à se confier, communiquer et s’accepter.

La mangaka a un trait épuré, jouant sur les pleins et les déliés. Dans les passages humoristiques, elle n’hésite pas à déformer ou simplifier ses traits, exagérant certaines expressions pour les renforcer. Les trames servent principalement à ombrer et colorer. D’ailleurs, les trames d’ambiance sont rares, laissant la place aux décors. Scarlet sensei met en avant les petits gestes et les expressions, proposant un découpage précis des angles de vue. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties trop intimes par de fines bandelettes blanches. Par ailleurs, les illustrations en début de chapitre présentent des moments tendres des couples. Sous la jaquette, deux planches conclusives permettent de découvrir ce que deviennent Katsumi et Miyoshi, à lire donc à la fin.

En résumé

Tous les matins, Shinohara Katsumi passe prendre son ami, Hara Keisuke, chez lui pour ensuite aller au lycée. En chemin, ils croisent Shimoda Masayuki qui arrive au lycée en bicyclette. Ce dernier, délégué de classe, est très proche de Kei, qui le seconde comme sous-délégué. Pourtant, les deux garçons n’ont pas vraiment le même caractère et les mêmes goûts. Alors qu’il se changeait pour aller au cours de sport, Keisuke enfile le collant noir que sa sœur, Akiko, a laissé par mégarde dans son survêtement qu’elle avait emprunté. Remarquant sa gêne, Masa lui vient en aide et l’emmène à l’infirmerie. Ils surprennent sans le vouloir, Katsu qui allait embrasser l’infirmier scolaire, Aramaki. Mais avant que Kei se déshabille, son ami lui fait une demande particulière. En effet, Shimoda est fétichiste des collants noirs sur les belles jambes…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la cinquième place au classement du Chill Chill BL award 2017. Shimoda Masayuki est classé 25ème meilleur seme et Hara Keisuke 29ème meilleur uke. En effet, l’auteure arrive à insuffler beaucoup de sentiments dans son œuvre, avec une touche d’humour. Alors que le sujet du fétichisme aurait pu devenir un simple prétexte, elle préfère au contraire le développer. Parmi les œuvres traduites en français de la mangaka, c’est mon manga préféré. Bien qu’elle n’ait pas encore la maîtrise que l’on retrouve dans ses autres titres, j’aime l’approche des différents questionnements avec trois couples attachants. C’est mignon et touchant.

Mon voisin le fudanshi 3 – Kuroiwa Chihaya

mon voisin le fudanshi 3 kuroiwa chihaya

KUROIWA Chihaya 黒岩チハヤ
ISBN: 9782368776483
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784796409971 (JP)
Kaiohsha, 2017 (JP)
Titre original: ましたの腐男子くん 3
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Motoi désire devenir un seme digne d’un BL mais y arrivera-t-il?

Kuroiwa Chihaya sensei conclut la romance entre le fudanshi Motoi et le salaryman pur Sokabe. Commme dans le tome précédent, elle continue à s’intéresser aux produits dérivés: ici, avec les jeux vidéo, pas forcément BL, les séries aux nombreux personnages inspirant diverses possibilités de couples. Elle répète le gag confrontant l’imaginaire de Mashita avec la réalité. Ainsi, Shijô, l’ami de Yoshinari, représente au début le super seme ikemen idéal. Le couple évolue doucement; leurs rapports sont toujours consentis. Sokabe prend peu à peu de l’assurance tandis que Motoi s’interroge sur ses performances de seme. L’auteure aborde le questionnement du coming out et de la différence d’âge, l’étudiant ne cachant rien alors que le salaryman pense qu’il vaut mieux se taire. Par ailleurs, elle détourne avec humour les poncifs du BL.

La mangaka a un style shôjo, au trait fin, dégageant beaucoup de douceur. Elle dessine de grands yeux expressifs. De même, elle exagère certaines expressions fortes. Les trames d’ambiance renforcent également les émotions. Les décors sont soignés. Par ailleurs la mise en page dynamique rythme la lecture. Kuroiwa sensei censure à peine les scènes érotiques, utilisant de très fines bandelettes blanches ou en esquissant les organes génitaux avec des trames. L’illustration de la jaquette résume à elle seule, avec humour, le fonctionnement du couple.

En résumé

Mashita Motoi rumine de ne pas être un seme aussi classe qu’il espérait et se demande comment s’améliorer. Sokabe Yoshinori, quant à lui, n’arrive plus à dormir dans sa chambre depuis qu’il y a couché avec son petit ami. Excité par sa gène, l’étudiant installe alors une ambiance pour l’embrasser. Mais Furuichi les interrompt en sonnant à la porte. Le fudanshi est venu s’excuser auprès du salaryman. Mis de côté, Motoi s’imagine déjà le pire, suspectant une romance naissante entre eux. Toutefois, Furuichi s’excuse également auprès de lui à la grande joie de Sokabe. L’étudiant réalise alors qu’il n’a jamais rencontré les amis de Yoshinori…

En conclusion

Malgré certains gags qui deviennent répétitifs, j’adore voir cet adorable couple se développer en partageant leur passion. La communication entre eux devient de plus en plus fluide et leur amour s’en retrouve presque décuplé. Une comédie romantique douce et agréable à lire.

Reverse – Yuitsu

reverse yuitsu

Yuitsu ゆいつ
ISBN: 9782368777305
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784866532400 (JP)
Core magazine, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

Apaiser l’excitation du danger grâce à l’amour.

Yuitsu sensei mélange enquête policière et érotisme. Elle maintient le suspense en révélant les indices par brides. La relation entre Hayato et Akira tout d’abord charnelle ne laisse pas la place au consentement. Néanmoins, le caractère pervers du policier semble s’en accommoder. Le langage est donc parfois cru pendant les ébats et leur relation pas toujours saine. La narration se concentre principalement sur Ukishima. L’auteure équilibre assez bien les passages érotiques et les parties d’enquête. Elle aborde divers thèmes comme la confiance, la trahison, les flics ripoux. Elle conclut son récit par une histoire bonus sur le devenir du couple.

La mangaka utilise un trait légèrement épuré assez réaliste. Elle dessine de beaux hommes finement musclés. Les personnages secondaires ont aussi différentes morphologies. Les décors très présents et les trames assez variées renforcent le ton réaliste du récit. En revanche, la mise en page reste plutôt classique. Malgré des scènes érotiques explicites, Yuitsu sensei censure les parties intimes avec de fines bandelettes blanches, des trames ou l’absence de détails. D’ailleurs, elle transcrit la violence des ébats avec des onomatopées envahissantes et des lignes de mouvement. Toutefois, cela brouille parfois la compréhension du dessin. Sous la couverture se trouvent des fiches personnages.

En résumé

Le danger excite le policier Ukishima Hayato (33 ans) qui n’hésite pas à prendre des risques. Cependant, quand l’adrénaline redescend, il se retrouve souvent en érection. D’habitude, il arrive à se soulager rapidement dans les toilettes mais l’enquête sur le meurtrier arrêté ce jour ayant pris du temps et de l’énergie, il ressent beaucoup plus d’effet. Déclinant l’invitation de ses collègues pour fêter leur succès, il préfère chercher un partenaire d’un soir. Dans une ruelle, il trouve un jeune homme à moitié conscient après avoir été battu. Il emmène alors Makabé Akira (25 ans) dans un hôtel pour le soigner. Remarquant son excitation, le blessé le viole. Mais Ukishima ressent tellement de plaisir qu’il n’arrive pas à l’oublier. Alors qu’il enquête encore sur l’affaire dans une boîte de nuit, il y recroise Makabé qui est videur…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la douzième place au classement du meilleur manga érotique Chill Chill BL award 2019. En effet, le dessin est beau et les scènes érotiques plutôt viriles. Cependant, l’auteure ne semble pas encore maîtriser le genre policier car j’ai deviné facilement certains évènements bien avant leur apparition, faisant tomber la surprise et le suspense. En plus, la relation plutôt violente du couple pourra déranger certains lecteurs. Je suis un petit peu déçue que le couple ne soit pas reversible mais j’apprécie leur lien adulte et complètement assumé.

Glare at you, because I love you 1 – Yukue Moegi

glare at you because I love you 1 yukue moegi

YUKUE Moegi ゆくえ萌葱
ISBN: 9782368771419
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784796404440 (JP)
Kaiohsha, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Ne jamais juger sur les apparences.

Yukue Moegi sensei développe une romance mettant en avant le jugement sur l’apparence et les différences de goût. Ainsi, Shima trouve un certain charme à certains visages jugés disgracieux. Par exemple, il s’attache au chat Busamen. De part le passé de son frère aîné délinquant Kajimoto Toranosuke (25 ans), Ryûnosuke est considéré comme un voyou, impliqué souvent dans des bagarres à cause de son regard de tueur et sa manie à répondre aux provocations. Pourtant, il dégage en réalité beaucoup de douceur, étant attentionné avec sa famille et ses amis. Heta Reiji apporte une touche humoristique avec son admiration pour Ryûnosuke. L’auteure s’amuse à jouer sur les contrastes. Elle développe doucement l’attirance entre ses deux héros qui apprennent à se connaître peu à peu. Elle aborde encore le regard acéré dans une histoire bonus narrant une romance entre un ancien voyou et un gosse de riche devenu délinquant par admiration.

La mangaka a un trait épuré mais les contours jouent sur les épaisseurs. Elle les simplifie dans les passages humoristiques. Les trames et les décors sont équilibrés. D’ailleurs, les trames d’ambiance sont discrètes. La mise en page paraît plutôt classique, pourtant les angles de vue, les ellipses et les cadrages la dynamisent. Les scènes érotiques évitent de montrer les détails. Yukue sensei offre des préliminaires peu romantiques mais elles correspondent au caractère direct des personnages. Elle met en avant le consentement, même si les demandes sont parfois insistantes, sauf dans « The dragon of memories ». Les illustrations en début de chapitre résument ce qui s’y passe.

En résumé

Glare at you, beacause I love you / After glaring: Shima (en première), membre du conseil des élèves, a remarqué que Kajimoto Ryûnosuke (en terminale) le fusille du regard. Mais alors qu’il est invité chez Eigo, le président du conseil des élèves, pour voir les chatons de Busako, il découvre que le prétendument voyou est un ami d’enfance d’Ayame, la petite soeur d’Eigo. A force de l’observer, il remarque sa gentillesse et son discret sourire. Il comprend alors que son aspect un peu sévère n’a rien à voir avec son caractère. Le trouvant mignon, il ne peut s’empêcher de toucher sa ride entre ses sourcils froncés. Mais Ryûnosuke lui demande froidement de ne pas le toucher.
The dragon of memories: Kisaki Eiko saute les cours pour fumer ou draguer les filles. Mais le nouveau gardien de l’école remplaçant Kawada hospitalisé, Nishida Tetsurô, a reçu la mission de s’occuper des délinquants. Il lui confisque donc ses cigarettes et lui en donne en chocolat à la place. Néanmoins, le lycéen a la vague impression de déjà le connaître.

En conclusion

Malgré un thème assez classique avec une romance entre bon élève et yankee, ce récit met en scène un couple original et touchant. D’ailleurs, l’auteure préfère développer l’évolution des sentiments de ses personnages. J’apprécie la relation entre les deux héros, dans l’observation, la découverte et la discussion. En revanche, l’histoire bonus est assez anecdotique, d’autant plus que le consentement y est inexistant.

Twinkling star dial – Natsume Isaku

twinkling star dial natsume isaku

NATSUME Isaku 夏目イサク
ISBN: 9782351806296
Taifu comics, 2012
ISBN: 9784862637031 (JP)
Libre, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

La médecine peut-elle soigner deux maladroits en amour?

Natsume Isaku sensei propose de suivre une romance entre un médecin citadin qui se retrouve à la campagne et son hébergeur taciturne. Elle met en avant la vie à la campagne entre entraide, travail harassant et un grand nombre de personnes âgées. Elle ménage aussi le suspense en dévoilant au fur et à mesure des détails dramatiques sur les deux héros. Ainsi, la narration se concentre sur Toba. Malgré un premier contact difficile, le médecin cherche d’abord à comprendre le comportement différent de Kazushige. Certains personnages extravagants permettent de détendre l’atmosphère. Grâce à Ichirô, l’auteure fait avancer la romance, obligeant Toba à se questionner sur ses sentiments. Elle décrit avec finesse comment se crée le lien entre le médecin et Kazu. Finalement, leur passé douloureux leur permet de s’ouvrir peu à peu l’un à l’autre.

La mangaka a un trait épuré et simple. Elle rend tout de même les pleins et déliés des contours. Dans les passages humoristiques, elle exagère les expressions. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. D’ailleurs, les trames pour colorer ou ombrer sont équilibrées. La mise en page dynamique et efficace fluidifie la lecture. Natsume sensei montre peu de détails dans les scènes érotiques, jouant sur les cadrages. Elle met en scène le couple à différents stades de leurs relations dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Le jeune médecin Toba Yôsuke (28 ans) vient s’installer à Yamanomachi, en pleine campagne, mais il s’est perdu en chemin. Il croise alors Suga Kazushige (23 ans), un jeune homme bourru qui le guide. Alors que les habitants accueillent chaleureusement le médecin, très attendu, Suga se montre froid. Malheureusement, en inspectant le logis fraichement rénové, son futur assistant, Sawamura Ichirô (23 ans), casse les tatamis de la chambre. Toba se retrouve donc hébergé par son voisin, Kazu. Ce dernier se montre désagréable avec son hôte. Quand Toba essaie de briser la glace, admirant les étoiles si rares dans le ciel de Tokyo, le jeune homme lui saute dessus pour le draguer. Mais il n’a pas le temps d’en discuter car dès le matin, il reçoit la visite de la vieille Ume qui a le dos coincé. Toutefois, Yôsuke se demande pourquoi Suga vit seul, reclus, dans sa grande maison.

En conclusion

Au premier abord simple, le scénario est plus profond qu’il n’y paraît, sans tomber dans le mélodrame. Au contraire, l’auteure propose une approche positive, avec une solution réaliste. De même, elle a vraiment bien développé le caractère de ses personnages. J’aime beaucoup le côté enfantin de Kazushige qui se fait rééduquer gentiment par Yôsuke, qui lui fait comprendre que le non consentement est primordial dans une relation. Même si le médecin cède parfois aux avances, il ne se gêne pas de secouer le jeune homme avec douceur. Cette dynamique entre eux me plaît et je regrette même que le tome se termine si vite!

The half of happiness – Yuuya

the half of happiness yuuya

Yuuya 祐也
ISBN: 9782368770399
Boy’s love IDP, 2013
ISBN: 9784796401913 (JP)
Kaiohsha, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Deux hommes malchanceux qui se complètent.

Yuuya sensei narre une romance entre deux hommes plutôt malchanceux. Tandis que Chiharu évitait de provoquer les risques de malchance, il croise Kôichi qui accepte ses mésaventures avec philosophie. D’abord humoristique, le récit prend vite un ton un peu plus dramatique. En effet, suite à un accident, Katsura a développé des troubles de la mémoire. Avec une approche réaliste, l’auteure dévoile au fur et à mesure les symptômes et les conséquences de la maladie de l’étudiant. Elle met parfaitement en avant le combat journalier du couple pour maintenir leur amour et leurs souvenirs. Avec le petit frère Katsuya Yukihiro, paraplégique, elle ajoute quelques épreuves à surmonter pour le couple. De même, le rejet de l’homosexualité du frère de Chiharu augmente encore leur tragédie. Entre douleurs et peur de l’oubli, les deux amants devront faire preuve d’adaptation.

La mangaka possède un trait ferme parfois épais. Elle dessine des mentons pointus qui renforcent la courbe ovale des visages. Elle rend très bien le regard perdu de Kôichi, ses yeux étant grands avec de longs cils. Dans les passages humoristiques, discrets, les traits se simplifient et donne un côté mignon. Les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, un fond noir permet de distinguer immédiatement les flash-back. Ainsi, la mise en page est dynamique. Yuuya sensei censure les scènes érotiques en occultant les traits et les détails des parties génitales.

En résumé

Hayama Chiharu (26 ans), plutôt malchanceux, a raté son train à cause d’une fuite d’eau. Dans le train bondé, il remarque un pervers tripoter une lycéenne. Toutefois, un beau jeune homme intervient. Mais l’étudiante, le confondant avec le criminel, l’emmène au poste de police. Chiharu arrive à arrêter le coupable qui fuit pour l’emmener au poste. Pour le remercier, Katsuya Kôichi (24 ans) l’invite au restaurant. Ce dernier étant encore plus malchanceux, tous deux sympathisent vite et se rencontrent tous les trois jours. Cependant, Kôichi semble bien étourdi, oubliant facilement. Un soir, alors qu’ils avaient rendez-vous, Chiharu croise le médecin Odagiri avec son ami, inquiet pour l’étudiant depuis un grave accident dont il subit encore les séquelles. Un peu ivres, les deux jeunes hommes couchent ensemble. Mais au matin, alors qu’ils rencontrent la lycéenne par hasard, Kôichi ne la reconnait pas…

En conclusion

Malgré le ton dramatique de ce one-shot, l’auteure arrive à conclure sur une touche positive. Elle met en scène des sentiments purs, profonds. Je trouve intéressant son approche où l’amour ne devient pas réellement le sauveur. A cause de la maladie, Chiharu devra persévérer, s’acharner à maintenir les souvenirs à la place de son petit ami. J’aimerais bien voir également la romance suggérée entre le docteur surprotecteur Ikuina et Yukihiro. Un récit agréable à lire qui ne laisse pas indifférent!

On entend son cri, sans que l’on voie ses larmes, corbeau sous la pluie – Unohana

on entend son cri sans que l on voie ses larmes corbeau sous la pluie unohana

Unohana ウノハナ
ISBN: 9782368775912
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784537131956 (JP)
Nihonbungeisha, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Au coeur de l’été, dans la chaleur de la vieille capitale, se dévoilent les affres de l’amour. »

Dans ce one-shot, Unohana sensei nous invite à suivre une romance entre deux étudiants aux caractères opposés. Malgré l’ambiance poétique, elle donne un ton réaliste à son récit. Alors que le souriant et opiniâtre Aizawa a le coup de foudre pour le bougon Ugôda, ce dernier préfère l’utiliser comme sex friend. Cependant, les sentiments larvés s’expriment peu à peu au fil des petites attentions de Seiji. La narration alterne entre les deux héros. Par ailleurs, l’auteure dévoile au fur et à mesure la situation complexe de Rin, abordant le devoir familial, le poids de l’héritage d’une grande entreprise familiale et les combines pour garder le pouvoir. Ainsi, le fils légitime, Kiyoto, et son demi-frère, sont traités comme de simples pions sans aucune considération pour leurs rêves. Le chapitre final permet de découvrir l’avenir du couple deux ans et demi plus tard, complété par une histoire bonus.

La mangaka utilise un trait épuré anguleux. Les visages ovales ont de grandes bouches. Le travail des yeux, fins, est assez particulier: comme les pupilles se fondent avec l’iris, l’expressivité passe par la forme générale des yeux. Unohana sensei n’hésite pas à exagérer et simplifier ses traits pour exprimer les sentiments de ses personnages. Elle dessine même Aizawa en wanko sur une vignette. Les trames d’ambiance alternent avec des décors détaillés. Malgré une impression de surcharge de certaines planches, à cause de l’utilisation de beaucoup de trames, la mise en page reste tout de même dynamique. D’épaisses hachures blanches censurent les parties génitales dans les scènes érotiques. Le ton poétique général du récit s’exprime également à travers la couverture qui a obtenu la quinzième place au Chill Chill BL award 2015.

En résumé

Un jour, le beau Aizawa Seiji (20 ans) remarque que son voisin semble pleurer sous la pluie. Depuis, il a pris l’habitude de l’observer et tente à chaque fois de sympathiser avec lui. L’asocial Ugôda Rin (23 ans) est à la même université que lui. Des rumeurs circulent sur lui: il serait le fils de la maîtresse d’un grand chef d’entreprise de Kyoto, le groupe Kugumiya. Alors que Rin s’interpose entre un couple qui se dispute en pleine rue, Seiji ne peut retenir son fou rire face à la répartie de son senpai. Excédé d’être suivi, Ugôda avoue alors son homosexualité et refuse clairement l’amitié d’Aizawa. Il le laisse après lui avoir donner un baiser volé…

En conclusion

En réalité, le nom de plume Unohana représente une équipe de deux mangaka: Tsukuba au scénario et Iroha au dessin. Dans la postface, l’auteure précise que cette histoire est le spin-off de Hybrid stardust, dont Kiyoto et son petit ami Yakyô sont les héros. J’espère que l’on pourra le lire un jour! Au début du tome, l’édition française explique la traduction du titre, qui a la forme d’un haiku. J’approuve totalement cette initiative. En effet, le poème illustre parfaitement le comportement de Rin, alors que le sous-titre anglais résume en fait le récit. Une romance au premier abord simple mais fort intéressante sur le fond.

Blue morning 8 – Hidaka Shoko

blue morning 8 hidaka shoko

HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782368777657
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784199607714 (JP)
Tokuma shoten, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Kuze et Katsuragi vont enfin décider de leur avenir: entre amour et projets, le choix sera difficile.

Hidaka Shoko sensei conclut sa saga historique en offrant un dernier tome rempli de surprises et de révélations. Comme dans le tome précédent, Katsuragi continue encore à évoluer. Toutefois, tandis que Kuze réforme sa famille, l’ancien majordome a encore du mal à vraiment décider par lui-même, prisonnier de son passé. Mais l’entourage de Tomoyuki le guide doucement vers l’émancipation totale. Le mouvement révolutionnaire en marche se ressent déjà avec les jeunes générations. L’auteure continue à dénoncer les méthodes de la noblesse pour préserver coûte que coûte son rang sans pour autant mélanger son sang. De même, elle met en avant les industries montantes de l’époque: la construction navale, ferroviaire, le textile, avec la modernisation des techniques apprises à l’étranger. Le couple est partagé entre leurs projets et leurs sentiments enfin partagés, redoutant la séparation.

La mangaka a toujours un trait épuré aussi beau. Elle soigne les expressions des visages mais n’hésite pas à simplifier ses traits dans les rares passages humoristiques. De même, les décors sont soignés, en particulier les paysages qui s’étalent sur de grandes vignettes ou en pleine page. Les trames d’ambiance se font discrètes. La mise en page est dynamique avec des angles de vue variés jouant beaucoup sur les plongées et contre-plongées, des ellipses ou des emboîtements de cases. Les scènes érotiques montrent peu les parties intimes, jouant sur les cadrages. D’ailleurs, Hidaka sensei préfère se concentrer sur le partage des sentiments, s’attardant sur les gestes tendres et les regards langoureux. Preuve de son talent, l’histoire bonus en fin de tome n’a pas besoin de dialogue pour être émouvante. Le titre en argenté donne une petite touche somptueuse à la couverture.

En résumé

Kuze Akihito a rendez-vous avec les dix candidats sélectionnés par Amamiya Rinzaburô pour devenir étudiants au pair de la famille Kuze. Contrairement à ses instructions, il s’agit de descendants des anciens vassaux de la famille. En effet, le niveau d’excellence exigé par le vicomte n’a pas laissé trop de choix. Mais en entendant leur conversation à travers la porte et l’aversion pour certains de l’ancien système, il décide tout de même de leur exposer son plan. Même si l’ancien intendant trouve encore insensé de former tous ces jeunes en Angleterre pendant deux ans, il ne contredit plus Akihito. Ainsi, Katsuragi profite du calme de Kamakura pour réfléchir à son avenir avec son amant.

En conclusion

Ce tome a obtenu la première place de la meilleure série au Chill Chill BL award 2019. Kuze Akihito est classé deuxième meilleur seme et Katsuragi Tomoyuki premier meilleur uke. Plus épais, il mérite grandement sa place au classement. La fin positive et romantique me comble de bonheur. Mon cœur palpitait à chaque page. Un manga à lire absolument!

You’re my sex star 2 – Tamekou

youre my sex star 2 tamekou

Tamekou ためこう
ISBN: 9782368777091
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784396784782 (JP)
Shodensha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

La cohabitation avec une star du porno n’est pas de tout repos.

Après trois chapitres, Tamekou sensei continue les aventures d’Ibuki et Yûki. Elle s’intéresse particulièrement à l’évolution de leur relation qui se veut égalitaire, même si leurs ébats donnent à voir une position de dominant et dominé. Elle approfondit également la psychologie de ses deux héros. Le couple progresse au fil des discussions. Par exemple, Ibuki complexe sur la différence d’âge et son manque d’expérience. Chihiro, quant à lui, a du mal à maîtriser sa jalousie. En introduisant Usa, un acteur rival, l’auteure permet à Ibuki de prendre conscience de sa passivité. De même, elle présente l’image péjorative de la pornographie à travers le regard de Kurosaki, le kôhai d’Ibuki au club universitaire de base-ball. Par ailleurs, elle interroge sur l’égalité dans un couple, la confiance, les fantasmes, les moments intimes sans sexe. Les deux héros ont un regard neutre, sans préjugés sur la pornographie mais tout de même réaliste.

La mangaka a un trait épuré mais ferme. Elle simplifie ses traits pour les passages humoristiques. Par ailleurs, elle arrive à transmettre les émotions de ses protagonistes juste avec l’expression de leur visage. De même, les trames participent à la narration en appuyant les sentiments et alternent avec les décors assez détaillés. Les angles de vue sont toujours aussi recherchés, en particulier dans les passages érotiques. L’utilisation des trames est équilibrée. La mise en page dynamique rythme la lecture. Les scènes érotiques à peine censurées jouent sur l’absence de quelques traits. Tamekou sensei arrive à respecter le quota d’une scènes érotiques par chapitre tout en les intégrant avec naturel.

En résumé

Se fréquentant depuis trois mois, Ibuki Hikaru (26 ans) s’est installé chez Yûki Chihiro (21 ans). Mais depuis, à chaque fois qu’il doit rédiger des articles, il se laisse séduire par son petit ami et passe donc des nuits de folie. Menacé par son patron, il demande alors à s’abstenir de rapports charnels jusqu’à la fin de son article. A sa surprise, l’acteur accepte facilement et semble bien supporter le manque comparé à lui. Le journaliste se met alors à douter de leur relation…

En conclusion

Ce tome a obtenu la dix-neuvième place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2020. J’adore Ibuki: il prend tout avec sérieux, même l’amour. Sa vision pure, sans préjugés, est tellement motivante, aussi bien dans le rapport amoureux, sexuel que dans son métier ou celui de son petit ami. L’uke n’est plus une « étoile de mer » qui attend mais qui revendique la position « passive » durant les ébats. L’auteure arrive à nous divertir et nous amuser tout en nous faisant réfléchir. Son approche du Boys’love s’affranchit un peu des poncifs avec un couple ouvert et consentant prônant l’égalité dans leurs rapports.

Le fantôme sadique qui ne me laissait pas dormir 1 – Tokishiba

le fantome sadique qui ne me laissait pas dormir 1 tokishiba

Tokishiba ときしば
ISBN: 9782368777169
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784879197771 (JP)
Sankosha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Que faire quand un fantôme sadique jette son dévolu sur vous?

Tokishiba sensei tourne en dérision les scènes de drague violentes. Malgré le manque de consentement sur les deux premiers chapitres, elle arrive à retourner la situation en développant des sentiments forts et possessifs. Elle développe des personnalités recherchées et complexes. Yûji exprime clairement son mécontentement et s’interroge constamment sur les réactions de son corps et ses sentiments, alors qu’il espère le grand amour. Par ailleurs, Kôsuke joue sur le contraste entre sadique pervers et tendre amant. L’auteure introduit un autre fantôme, Akiyama qui permet de faire avancer la relation et les sentiments. Elle maintient un suspense jusqu’à la fin. Elle met surtout en avant le point de vue de Yûji mais Kôsuke donne sa version à la fin. L’histoire bonus donne un threesome humoristique.

La mangaka a un trait anguleux assez simplifié. Elle exagère les expressions et n’hésite pas à épurer encore plus ses traits dans les scènes humoristiques. Les yeux sont fins, les nez droits. Et les personnages en super deformed sont adorables. Bien que le style graphique soit assez classique, il possède son charme. Les trames d’ambiance dominent par rapport aux décors. La mise en page est dynamique, avec souvent des gros plans. En fin de chapitre, des fiches personnages donnent quelques détails. Par ailleurs, sous la jaquette, Tokishiba sensei présente les amis de Kôsuke et donne trois yonkoma humoristiques à lire à la fin. Dans les scènes érotiques, présentes presque à chaque chapitre, elle censure les parties intimes par de grands caches blancs. En revanche, elle dessine les coupes intérieures. Néanmoins, quelques vignettes chargées ne permettent pas d’appréhender facilement l’action, la profusion des onomatopées, lignes de mouvements cachant les détails.

En résumé

Matsuzaka Yûji (24 ans), employé gay, noie son chagrin dans l’alcool en apprenant que le collègue qu’il aimait secrètement, Yamashiro Haruki (24 ans), va se marier. Au matin, il se réveille avec du sperme dans la bouche. Alors qu’il se confie à son ami, ce dernier pense qu’il a affaire à un fantôme sexuel. Ces spectres tourmenteraient les personnes frustrées sexuellement. Mais alors que Haruki propose d’exorciser le fantôme, ce dernier prend possession du salaryman pour questionner Yûji. Après avoir libéré son hôte, le fantôme sadique se jette alors sur le locataire et l’agresse sexuellement. Malgré ses réticences, Yûji ne comprend pas pourquoi son corps réagit. Décidé à le faire tomber amoureux en le tourmentant, l’esprit de Terada Kôsuke réitère chaque soir ses agressions sexuelles de plus en plus intimes…

En conclusion

Ce tome a obtenu la deuxième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2018. Malgré un premier abord classique, l’uke est tellement râleur qu’il en devient comique. Les scènes sans consentement peuvent choquer mais font parties intégrantes du scénario. Si vous avez le courage de les surmonter, vous apprécierez la fin avec plaisir.