Laisse-moi te détester 1 – Hijiki

laisse moi te detester 1 hijiki
Hijiki ひじき
ISBN: 9782375062890
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784799743515 (JP)
Libre, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Je te protégerai. Je n’ai pas besoin d’un alpha! »

Hijiki sensei offre un omegaverse original mettant en avant l’amour et la volonté. Elle utilise cet univers pour dénoncer les vices humains. Par exemple, elle aborde la discrimination qui se base sur les différences, le jugement extérieur, la culpabilisation des victimes de viol. Naoto va apprendre petit à petit à surmonter son traumatisme et à accepter l’amour de Hazuki qui se montre franc et bienveillant envers lui. Même si Shizuku paraît un peu trop mûre et précoce pour son âge, son environnement permet de l’accepter facilement. Comme l’auteure s’intéresse beaucoup à l’évolution des sentiments, elle alterne la narration entre Naoto et Hazuki. Elle questionne sur le traumatisme, le dépassement de la peur et l’engagement sur l’avenir. Les relations sont plutôt consentantes, les deux héros débordant de gentillesse.

Bien que ce soit sa première œuvre éditée, la mangaka a déjà un style personnel. Elle donne une forme particulière aux yeux qui sont d’ailleurs très expressifs. De même, elle courbe les nez avec grâce. Son trait est épuré, plutôt léché. Les décors situent surtout l’action. De même, les trames d’ambiance illustrent les émotions. La mise en page est dynamique. Hijiki sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessine même des coupes intérieures et les détails. Sous la jaquette, elle offre quelques anecdotes sous forme d’épilogue.

En résumé

L’oméga Koga Naoto (21 ans) élève seul sa fille Shizuku (5 ans). Au lycée, il est tombé enceint suite au viol de plusieurs alphas, mais il a décidé de garder l’enfant. Maintenant, il cherche activement un travail même si il essuie beaucoup de refus à cause de son genre, n’étant pas lié à une âme sœur. D’ailleurs, sa mère l’a inscrit à une soirée de rencontre pour célibataires. Soudain, un lycéen alpha, Tsuchiya Hazuki (17 ans), lui déclare être son âme sœur. Quelques jours plus tard, Naoto trouve enfin un emploi de concierge dans un lycée. Toutefois, il y retrouve Hazuki qui y est inscrit. Depuis, le lycéen lui déclare son amour à chaque rencontre. Mais Naoto qui déteste les alphas, le rejette, même si son comportement l’intrigue. En effet, l’alpha préfère fuir quand l’oméga émet des phéromones. Kyosuke informe alors Koga que Tsuchiya se fait passer pour un bêta…

En conclusion

Ce tome a obtenu la première place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2020. En effet, l’auteure maîtrise déjà bien son graphisme et son scénario. En plus, elle apporte un peu d’originalité à l’univers omegaverse. Il y a encore de petites maladresses mais elles ne se remarquent pas immédiatement. Ses personnages sont attachants, la relation est plutôt saine, Hazuki s’excusant quand il se montre trop lourd ou acceptant sa punition. D’ailleurs, il communique beaucoup. Shizuku apporte également beaucoup de fraîcheur. Un couple mignon que l’on n’a pas envie de quitter aussi vite!

Comme un adieu 2 – Shimura Takako

comme un adieu 2 shimura takako
SHIMURA Takako 志村貴子
ISBN: 9782382120064
Akata, 2021
ISBN: 9784799740927 (JP)
Libre, 2018 (JP)
Titre original: さよなら、おとこのこ 2
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« J’avais peur d’affronter la réalité… »

Shimura Takako sensei brouille la perception du lecteur en mêlant réalité et fiction, donnant ainsi une touche fantastique à son récit. Elle interroge sur le destin, cumulant les coïncidences dans la vie de ses personnages. C’est comme si elle posait des pièces de puzzle éloignées les unes des autres mais révélant déjà quelques formes. Kanade réalise sa lâcheté et commence à se remettre en question. Il se confronte enfin à la réalité. Toutefois, ses petites tranches de vie semblent se mêler à ses écrits. Son interaction avec Yûta permet de révéler sa perception de lui-même et son art. L’auteure plonge ses personnages et le lecteur dans un « périple à la recherche de l’amour ». Elle dévoile les failles de la relation entre les deux personnages et laisse présager des évènements dramatiques. Comme l’homme mystérieux semble également lié à Kanade, elle maintient le suspense en poussant le lecteur dans des conjonctures.

Le trait très épuré au style cursif apporte de la douceur. La mangaka le simplifie encore plus dans les passages humoristiques. De même, les grands yeux, très expressifs, ont des formes variées. Les décors apparaissent sur les plans larges. Shimura sensei travaille avec précision les trames. D’ailleurs, les trames d’ambiance participent totalement à la narration. La mise en page dynamique accompagne le regard. Par ailleurs, il n’y a pas de scènes érotiques. Ainsi, l’ambiance particulière et mystérieuse du récit est préservée. Comme sur le tome précédent, une fenêtre en vernis recouvre l’illustration de la couverture.

En résumé

Kuwata Yuhki croit devenir fou lorsqu’il remarque que sa voix intérieure s’est matérialisée en un homme mystérieux. Mais il retrouve vite son calme, admettant la situation après quelques échanges. Haijima Kanade s’est réfugié chez Kawasaki Suzume après avoir dit des paroles blessantes à son petit ami. Il lui révèle alors la vérité sur son identité. Toutefois, le chef de la troupe de théâtre reste sceptique, même en découvrant que le garçonnet connaît pourtant le nom de sa femme. Kanade se souvient alors avoir souhaité, lors d’un clair de lune, à redevenir enfant pour vivre avec celui qu’il a toujours aimé. Regrettant son comportement odieux envers Yuhki, il n’ose pas rentrer. Il croise alors Kuwata Yûta qui lui propose de l’accompagner pour qu’il s’excuse…

En conclusion

J’adore la tournure que prend le récit. Je m’amuse à essayer de deviner où l’auteure souhaite nous mener. En effet, plusieurs pistes s’ouvrent à nous. La psychologie des personnages paraît complexe. Pour moi, l’homme mystérieux pourrait représenter l’homosexualité, car Yuhki le perçoit comme sa voix intérieure mais Kanade le voit comme une entrave à sa créativité et ses amours. Comme ses écrits semblent manquer de profondeur, je pense qu’il cherche à se préserver et que cela s’en ressent. Et vous, qu’en déduisez-vous? En tout cas, hâte de vérifier mes suppositions dans le prochain tome!

The monster exposed 2 – Ogeretsu Tanaka

the monster exposed 2 ogeretsu tanaka
OGERETSU Tanaka おげれつたなか
ISBN: 9782375062708
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784403667107 (JP)
Shinshokan, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Avancer sans oublier ni recommencer les mêmes erreurs.

Ogeretsu Tanaka sensei conclut son récit réaliste sur le repentir d’un auteur de violence conjugale. Elle alterne la narration entre Hayashida, Shûna et Yumi, détaillant leurs réflexions. Ainsi, elle permet au lecteur de mieux cerner l’évolution progressive de ses personnages. Shûna se sent impuissant mais comprend que son amant ne peut avancer que par lui-même. En effet, Yumi et Hayashida, marqués physiquement et psychologiquement, garderont toujours leurs souvenirs douloureux. L’auteure dépeint avec finesse les divers sentiments de ses protagonistes. Elle montre le malaise qui s’installe dans le couple ainsi que les difficultés à communiquer sur ce passé traumatisant. Elle distingue clairement la position de chacun, entre victime, bourreau et nouveau partenaire ignorant du passé. La volonté de trouver une solution se détache particulièrement. En fin de tome, des histoires bonus apportent une petite touche d’humour détendant l’atmosphère dramatique générale.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux, avec des contours parfois dédoublés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des corps finement musclés. Les détails des petits gestes et des regards transmettent indirectement les émotions ressenties par les personnages. Les décors, présents, renforcent le réalisme du récit. Ogeretsu sensei varie les nombreuses trames pour jouer principalement sur la luminosité. Elle ne censure pas les scènes érotiques, d’ailleurs très détaillées. Les couleurs des couvertures contrastent avec le caractère des personnages avec pour le premier tome, une dominante bleue pour Shûna et pour ce volume, du rouge chaleureux avec Hayashida.

En conclusion

Shûna Ayumu fait le rapprochement entre Yumi et le garçon visible sur la photographie accrochée dans la chambre de Hayashida Kannosuke. Mais il ne sait pas comment aborder le sujet avec le barman. Quand il réussit enfin à se lancer, Yumi reste vague dans ses réponses. Toutefois Shûna devine qu’ils sortaient ensemble. Alors que Hayashida se montre habituellement distant, il a envoyé des dorayaki à son amant, surpris. Lors de sa visite à Tokyo, Shûna lui propose alors un jeu érotique que son petit ami accepte. Le lendemain, il essaie de discuter de la photo avec Hayashida mais abandonne devant son air triste. En effet, ce dernier a encore du mal à se confier, persuadé d’être incompris.

En résumé

Ce tome obtient la quatrième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2020. Shûna Ayumu est classé huitième meilleur seme et Hayashida troisième meilleur uke. Une petite merveille malgré l’ambiance dramatique. Je trouve vraiment le couple de Shûna et Hayashida touchant. Ils acceptent leurs faiblesses, luttent contre leurs pulsions et cherchent à progresser. D’ailleurs, Hayashida comprend enfin qu’il a le droit d’être heureux tant qu’il résiste et se souvient du « monstre » enfoui au fond de lui. C’est très intéressant de voir ce bourreau se remettre en cause. Un titre à lire et relire sans fin.

The monster exposed 1 – Ogeretsu Tanaka

the monster exposed 1 ogeretsu tanaka
OGERETSU Tanaka おげれつたなか
ISBN: 9782375062531
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784403666087 (JP)
Shinshokan, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Comment construire un couple solide quand le passé empêche d’avancer?

Ogeretsu Tanaka sensei développe un peu plus la romance de Shûna et Hayashida débutée dans The proper way to write love. Elle questionne sur le basculement de la violence, entre maltraitance, harcèlement moral, pression familiale et traumatisme. En parallèle, elle approfondit la psychologie de ses personnages. Ainsi, Ayumu s’avère plus fragile qu’il n’y paraît. Attirant les filles superficielles à cause de sa beauté, il effaçait sa véritable personnalité pour répondre à leur idéal. Mais pour Kan, il souhaite réellement s’investir et devenir un soutien. L’auteure aborde la peur de blesser son partenaire physiquement ou psychologiquement, la difficulté d’une relation à distance, l’inquiétude sur l’avenir. Elle offre un chapitre sur Mayama et Yumi. Dans le livret Azami, elle décrit avec plus de précision comment et pourquoi Hayashida a basculé dans la violence. Malgré des sentiments palpables, le couple a du mal à avancer pour l’instant.

La mangaka a un trait épuré qu’elle n’hésite pas à simplifier dans les passages humoristiques, allant jusqu’à représenter ses personnages en SD. Elle dessine des corps finement musclés qui contrastent un peu avec la douceur des visages ovales. Ses contours sont parfois très épais. Il y a beaucoup plus de trames et de décors que dans Love whispers, even in the rusted night. Les flash-back se repèrent facilement avec leur fond noir. Toutefois, les souvenirs s’intercalent souvent au récit, demandant un petit peu de concentration à la lecture. La mise en page est dynamique. Ogeretsu sensei ne censure pas les scènes érotiques, dessinant même des coupes intérieures. D’ailleurs, elle ajoute parfois un mignon visage au pénis. Le lettrage de JF Leyssène respecte bien le rendu de la violence des mots dans les pages où le texte envahit l’image.

En résumé

Shûna Ayumu couche régulièrement avec son supérieur Hayashida Kannosuke, depuis qu’ils sont devenus sex friends après une soirée arrosée. Toutefois, le jeune salaryman s’étonne de s’attacher de plus en plus à Kan. Mais quand il essaie de montrer ses sentiments, son partenaire préfère fuir. En effet, ce dernier cache de lourdes blessures psychologiques ayant, par le passé, violenté son ex petit ami Yumi. Shûna, de plus en plus curieux du passé de Hayashida, n’ose pourtant pas l’interroger alors qu’il souhaite de tout son cœur le soutenir. Mais voilà que la société le mute pendant deux ans à Ôsaka.

En conclusion

Ce tome a obtenu la quatrième place de la meilleure série au Chill Chill BL award 2018. Shûna Ayumu est classé cinquième meilleur seme et Hayashida troisième meilleur uke. L’auteure continue à aborder le thème de la violence conjugale en s’intéressant à la reconstruction difficile de Hayashida, hanté par son passé. Je trouve intéressant de développer également la vision du responsable des actes de violence. J’ai maintenant envie d’encourager Shûna. Vivement la suite!

The proper way to write love – Ogeretsu Tanaka

the proper way to write love ogeretsu tanaka
OGERETSU Tanaka おげれつたなか
ISBN: 9782375060346
Taifu comics, 2017
ISBN: 9784403664687 (JP)
Shinshokan, 2015 (JP)
Titre original: 恋愛ルビの正しいふりかた
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Des amours maladroits qui blessent plus les partenaires qu’ils n’apportent de joie.

Ogeretsu Tanaka sensei offre deux romances avec des amours maladroits et blessants sans le vouloir. Dans le premier récit, qui donne son titre au manga, elle s’intéresse à la vengeance. Elle base la narration sur le point de vue de Suzuki. Elle dévoile les souvenirs du héros petit à petit, permettant d’éclaircir peu à peu ses sentiments. Ainsi, la cohabitation permet à Hiromu et Natsuo de mieux se découvrir. Le côté ingénu de Washizawa apporte une touche humoristique. Ensuite, l’auteure s’intéresse à ce que devient Hayashida, de Love whispers, even in the rusted night. Elle aborde la peur de redevenir violent envers un partenaire, les regrets et le désir de changer. Shûna se montre très patient avec Kannosuke qui oscille souvent entre acceptation puis rejet de l’être aimé. Toutefois, il lui fait clairement comprendre la différence de traitement entre une relation charnelle et relation amoureuse.

La mangaka a un trait épuré qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des hommes finement musclés, n’hésitant pas à mettre en avant leur plastique. Elle utilise avec parcimonie les trames d’ambiance, appuyant ainsi le côté réaliste du récit. D’ailleurs, les décors sont soignés et très présents. De même, l’équilibre des trames ne surcharge pas les pages qui sont agréables à lire. La mise en page est dynamique. Ogeretsu sensei censure les scènes érotiques par de fines bandelettes blanches qui ne cachent pas grand chose. Elle donne beaucoup de détails sur la création des histoires dans sa postface en deux planches.

En résumé

The proper way to write love: Au lycée, Suzuki Hiromu fréquentait le club d’horticulture et était constamment la cible de délinquants dont Washizawa Natsuo. Pour se venger, il a choisi des études de coiffure mais en fin de compte passionné par ce métier, il en a oublié son objectif premier. Pourtant, un jour, Washizawa vient dans le salon où il travaille. Comme il vient tous les jours, Suzuki a peur d’avoir été reconnu mais son ancien bourreau lui déclare son amour et lui propose de sortir avec lui. Le coiffeur accepte, heureux de pouvoir enfin accomplir sa vengeance…
Le monstre refoulé / Monster sugar: Shûna Ayumu et Hayashida Kannosuke couchent ensemble depuis une soirée trop arrosée. Compatible sexuellement, ils ont une simple relation de sex friends. Mais Shûna s’intéresse de plus en plus à son senpai depuis qu’il a vu son sourire éclatant, quand il était au lycée, sur une photo accrochée à un mur. En plus, Hayashida ne semble pas non plus indifférent à son charme puisqu’il se montre parfois jaloux. Ses sentiments naissants, Ayumu souhaite se rapprocher de Kannosuke mais ce dernier rejette ses petites attentions. En effet, ce dernier reste hanté par la violence qu’il usait contre son ancien petit ami et il a peur de recommencer en s’attachant à un nouveau partenaire. Mais étrangement, il arrive à se confier à Shûna…

En conclusion

Ce manga obtient la quatrième place au Chill Chill BL award 2016. Shûna se classe septième meilleur seme, Hayashida troisième meilleur uke et Washizawa Natsuo quinzième meilleur uke. D’ailleurs, j’adore Natsuo! Il est tellement mignon par son innocence, ses larmes faciles et sa maladresse. De même, impossible de rester indifférente aux changements de Hayashida. Je trouve que l’auteure arrive facilement à émouvoir tout en décrivant avec finesse la psychologie de ses personnages.

Kakurenbo honey – Tobidase Kevin

kakurenbo honey tobidase kevin
TOBIDASE Kevin 鳶田瀬ケビン
ISBN: 9782368775936
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784865891881 (JP)
Fusion product, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Entre le devoir et l’amour, Mitsurô devra faire un choix.

Tobidase Kevin sensei met en avant la romance du froid et sérieux Mitsurô avec le rayonnant Suzume. Elle continue directement la suite d’Abarenbo honey et alterne son récit avec les aventures amusantes de Kuma et Hachi en mode fou amoureux. Elle dévoile le difficile passé de Mitsurô au compte-gouttes. Ainsi, Hanasaki, qui ne croyait pas en l’amour, va s’ouvrir petit à petit aux incitations d’Amatobi, encouragé par son entourage. Le yakuza a tendance à privilégier son sens du devoir avant ses propres sentiments. Il reste donc longtemps prisonnier de sa gratitude envers la famille Hachi. L’auteure narre son histoire par tranche de vie. Elle joue sur les quiproquos et le comique de situation, en particulier la naïveté de Takuma. Elle aborde légèrement les questions classiques d’un jeune couple comme le mariage, le travail, l’avenir. Les relations plus romantiques font oublier qu’il s’agit d’un omegaverse.

La mangaka a un trait épuré et anguleux qu’elle dédouble parfois. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle travaille particulièrement les expressions des visages qui sont très variées. Ainsi, Kuma se transforme souvent en ours. Les corps sont finement musclé. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page est dynamique. Tobidase sensei ne censure pas les scènes érotiques mais détaille peu les parties génitales. Elle offre deux planches d’anecdotes amusantes sous la jaquette, à lire de préférence à la fin.

En résumé

Hanasaki Mitsurô refuse la demande en mariage d’Amatobi Suzume. Le jeune héritier du clan Amatobi n’arrive pas à se rapprocher de son bien-aimé malgré leur petite escapade sur une île déserte. Il l’invite alors au festival de son lycée. A peine arrivé, Mitsurô cherche à fuir, mal à l’aise. Mais Suzume l’arrête et le mène dans l’atelier de sa classe: un massage café travesti. A la surprise du yakuza, les caresses du lycéen l’excitent plus que de raison. Suzume l’emmène alors se soulager dans une classe. Pourtant, l’oméga ne comprend pas pourquoi son corps réagit si facilement aux sollicitations du jeune alpha. Le lycéen lui révèle que l’amour l’influence mais le yakuza refuse d’accepter l’évidence, ne pouvant quitter le clan Hachi.

En conclusion

Ce tome a obtenu la vingt-deuxième place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2017. L’auteure mène beaucoup mieux son scénario mais la discontinuité de la narration pourra gêner certains lecteurs. J’adore le couple formé par Mitsurô et Suzume, terriblement attendrissant. Même si cela ne révolutionne pas beaucoup le genre, j’apprécie les omégas et les alphas que la mangaka a créés, avec assez de caractère pour résister à leur instinct et leurs phéromones.

Comme un adieu 1 – Shimura Takako

comme un adieu 1 shimura takako
SHIMURA Takako 志村貴子
ISBN: 9782369747222
Akata, 2021
ISBN: 9784799734803 (JP)
Libre, 2017 (JP)
Titre original: さよなら、おとこのこ 1
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Au réveil, j’avais le corps d’un enfant… »

Shimura Takako sensei mélange à la fois le drame et le fantastique dans ce récit explorant « les méandres de l’âme humaine ». Elle alterne la narration entre Kanade et Yuhki, entrant petit à petit au plus profond de leur conscience. Elle remet en question les liens du couple, dévoilant au fur et à mesure leur passé. Ainsi, leur relation n’est pas aussi stable qu’elle ne paraît. De même, les héros s’interrogent sur leurs sentiments, leur homosexualité et la notion de famille. D’ailleurs, l’auteure met en parallèle l’univers du théâtre avec le rôle que joue un homosexuel pour se fondre dans la société. Elle dénonce également la prostitution adolescente. Avec Yûta, elle aborde aussi la question de la pédophilie, la complicité entre l’enfant et son frère l’intrigant. Le chapitre « Tamai, l’amour et l’amitié » narre une histoire à part avec un triangle amoureux entre deux demi-frères et une collègue de travail.

La mangaka a un trait épuré qui dégage à la fois de la douceur et une certaine rondeur. Malgré la finesse du trait, elle tire profit des pleins et des déliés pour marquer son style. Elle simplifie à l’extrême son trait dans les passages humoristiques. Les décors apparaissent dans les plans larges. Les trames d’ambiance illustrent les émotions. La mise en page est dynamique avec toutefois un cadrage très marqué. Dans les scènes érotiques, Shimura sensei évite de détailler les parties intimes sauf dans une case. Les éditions Akata ont effectué un travail magnifique sur la couverture avec un vernis en forme de fenêtre qui donne du relief à l’illustration. Cet effet fait également ressortir le titre sur le dos du livre.

En résumé

Kawata Yuhki (30 ans), chauffeur de bus, et Haijima Kanade (25 ans), cumulant petits boulots et participation à une troupe de théâtre, sortent ensemble. Mais un matin, Kanade se réveille avec son corps d’enfant. Tout d’abord surpris, son petit ami le reconnaît rapidement. Alors que Haijima semble prendre la situation avec calme et fatalité, Yuhki s’inquiète. Le chauffeur de bus s’empresse donc d’alerter leurs employeurs de leur absence, se faisant passer pour malades. Mais quand il achète quelques vêtements pour Kanade, il ressent un peu comme un instinct paternel. Cependant, le garçonnet est toujours excité par son partenaire et a encore envie de lui faire plaisir, malgré ses protestations. Mais Yûta (25 ans), le petit frère de Yuhki, débarque et demande à être loger quelques temps…

En conclusion

Ce tome a obtenu la dix-neuvième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2018. La lecture demande un petit peu de concentration pour assimiler tous les détails mais également de prendre de la distanciation avec le récit. Par contre, certains lecteurs sensibles pourront être choqués par les thèmes abordés. Pour ma part, cette histoire est un véritable coup de cœur! J’aime beaucoup le parallèle avec le théâtre, le côté sombre des personnages qui remonte petit à petit et les émotions presque à fleur de peau que j’ai ressenties à la lecture. J’ai tellement hâte de découvrir la suite!

Je préfère que tu sois sage – Niyama

je prefere que tu sois sage niyama
Niyama にやま
ISBN: 9782382760192
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784801969117 (JP)
Takeshobo, 2020 (JP)
Titre original: ごほうびは躾のあと
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Qu’est-ce que j’ai raté dans ton éducation? »

Niyama sensei narre une comédie romantique entre Godai Minoru et le jeune homme qu’il a élevé, Fûtarô. Dans ce spin-off de Je préfère en nature, elle met en avant la reconversion du créancier, mais également celle de Manami. Par ailleurs, elle aborde l’évolution des sentiments ainsi que la difficulté à bien les cerner quand les rapports changent. En effet, Fûtarô passe d’une admiration pour son sauveur à un amour passionné. Minoru, quant à lui, considère encore Toi comme un enfant naïf et maladroit à protéger. L’auteure oblige ses personnages à évoluer en semant quelques obstacles. Le comique joue donc sur des situations assez rocambolesques et des contrastes. Par exemple, Godai cache son grand cœur derrière son regard sévère. L’entourage du couple les soutient, en particulier Ruri qui résout tous les problèmes avec sa douce autorité. Le chapitre « Badass » présente les motivations un peu futiles de Moriyama Tetsurô pour sa carrière.

La mangaka a un trait épuré. Elle dessine des hommes virils. Par ailleurs, elle joue sur les contrastes. Par exemple, Fûtarô a un visage très doux par rapport à sa carrure. Il devient même un wanko dans certaines vignettes humoristiques. Les spitz ajoutent une énorme touche de « mignonnerie ». Quelques trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Niyama sensei ne censure pas ses scènes érotiques. Malgré la consigne d’inclure une scène par chapitre, elle arrive à varier les situations ou à présenter d’autres couples. Elle termine par une postface en images.

En résumé

Abandonné par ses parents endettés, Toi Fûtarô a été adopté par leur créancier, Godai Minoru. Maintenant, à 21 ans, il prend soin de la maisonnée aidé par Ruri, la gouvernante, et s’occupe de la meute de spitz. L’étudiant aimerait montrer sa reconnaissance envers son bienfaiteur en travaillant à ses côtés mais Minoru refuse catégoriquement. Le jeune homme est en réalité secrètement amoureux de Godai et souhaite rester auprès de lui. Mais un soir, l’ancien créancier, devenu patron de bar à hôtes, le surprend en train de se masturber dans sa chambre. Devant le regard froid de son sauveur, Toi s’enfuit.

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la quinzième place des meilleurs mangas profonds au Chill Chill BL award 2021. L’auteure présente son tome comme le « paradis des petits chiens ». En effet, les adorables spitz nains participent réellement au récit. En plus, j’adore les toutous donc, je suis conquise d’avance. J’admire beaucoup la maîtrise de Niyama sensei qui équilibre parfaitement comédie, érotisme et romance, sans lasser. Je suis heureuse de découvrir également ce que sont devenus Tetsu et Manami. Une histoire mignonne et agréable à lire.

Mother’s spirit 2 – Enzo

mother s spirit 2 enzo

Enzo エンゾウ
ISBN: 9782375062081
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784199607998 (JP)
Tokuma shoten, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

L’union de deux cultures différentes.

Enzo sensei reprend sa comédie romantique interculturelle en nous faisant découvrir la vie des Lutahs. Elle apporte une touche humoristique plus discrète avec les enfants et en jouant sur les décalages de compréhension. Ainsi, elle rappelle toujours que Qaltaqa est encore en apprentissage de la langue japonaise. A son tour, Ryôichirô fournit des efforts pour s’intégrer et découvrir la culture de son amant. Le couple est aidé par leur entourage. L’auteure met en avant la communication très présente au sein d’un couple mixte, l’ouverture d’esprit nécessaire pour comprendre et accepter son partenaire tel qu’il est. Elle aborde également le rejet par certains d’une relation avec un étranger, d’autant plus homosexuelle, ainsi que les inconvénients extérieurs que peut rencontrer un couple mixte. Deux histoires bonus permettent de découvrir la vision de l’amour de Qaltaqa grâce à un souvenir et le premier contact du couple avec la famille Tsuzuki.

Depuis le tome 1, sorti en 2017 en France, la mangaka a légèrement adouci son trait épuré. Elle le simplifie encore plus dans les passages humoristiques. Les contours sont épais. De même, on reconnaît toujours son style grâce au travail particulier des yeux cernés de noir. Par ailleurs, Enzo sensei met en avant la belle musculature des Lutahs. Elle varie également les trames pour leur peau mate. Elle soigne aussi les décors, rendant l’ambiance tropicale de l’île. La mise en page dynamique accompagne le rythme de lecture, offrant des pauses contemplatives avec les paysages et la plastique des personnages. En revanche, les scènes érotiques sont censurées par des points blancs. Sous la jaquette, se trouvent la postface en images et une planche donnant une anecdote amusante.

En résumé

L’enseignant Tsuzuki Ryôichirô et l’étudiant étranger Qaltaqa filent le parfait amour. De même, le frère du guerrier Lutah, Aknam, vient maintenant régulièrement au Japon pour découvrir les spécificités culinaires régionales, accompagné du directeur de l’université Kôjô. Pour les vacances d’été, Ryô propose alors d’aller dans le village natal de son petit ami. Accueilli chaleureusement, le Japonais s’intègre facilement dans la tribu mais les plus anciens n’apprécient pas sa relation avec le potentiel chef du village…

En conclusion

Même si ce tome ne se classe pas au Chill Chill BL award 2020, les lecteurs le citent parmi les meilleurs séries au scénario captivant. Je l’ai lu d’une traite! Du bonheur, de la douceur et un thème rarement abordé. En plus, le couple est tellement attendrissant. Et j’adore la conclusion. N’hésitez pas à lire cette comédie romantique positive.

Queen and the tailor – Scarlet Beriko

queen and the tailor scarlet beriko

SCARLET Beriko スカーレット・ベリコ
ISBN: 9782375061107
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784403665042 (JP)
Shinshokan, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Plus l’amour est fort et moins on peut se détacher. »

Scarlet Beriko sensei présente une romance amusante entre un jeune décorateur d’intérieur arrogant et un froid tailleur. Elle s’intéresse à la différence d’âge et à l’évolution des personnages grâce à l’amour. En effet, Ôumi cache son manque de confiance derrière son arrogance. Fils de bonne famille, couvé par sa sœur surprotectrice, il commence à se rebeller pour réaliser enfin ce qu’il aime. Cependant, il se confronte à des désillusions sur son travail. Shida le remet à sa place gentiment mais l’écoute et l’encourage. Ainsi, les deux hommes se découvrent petit à petit et tombent amoureux. Le jeu de séduction entre eux prend d’abord l’aspect d’une joute verbale. L’auteure alterne la narration entre les deux héros. Elle fait évoluer ses personnages qui s’ouvrent peu à peu. Elle dépeint une relation qui se développe dans le consentement avec un amour simplement pur.

La mangaka a un trait épuré jouant beaucoup sur les pleins et les déliés. Elle le déforme ou simplifie dans les passages humoristiques. Par exemple, la tête d’Ôumi devient presque SD quant il est énervé ou gêné, lui donnant un côté tellement mignon. Les trames donnent du volume. Il y a aussi quelques trames d’ambiance. Les décors soignés mettent particulièrement en valeur le style ancien de la boutique. La mise en page est dynamique. Scarlet sensei censure à peine les parties intimes dans les scènes érotiques, supprimant juste des détails. D’ailleurs, elle rend bien la sensualité entre les héros. En outre, les illustrations en début de chapitre révèlent l’ambiance à venir. Entre les chapitres, quelques yonkoma donnent des anecdotes amusantes. Sous la couverture, elle offre deux planches pour essayer de découvrir le secret de la cicatrice de Shida.

En résumé

Sur les recommandations de sa supérieure Okazaki, Ôumi Jôno se rend chez le tailleur Shida Tetsuya (37 ans). Selon les rumeurs, ses costumes permettraient à leur porteur de réaliser leur projet. Mais se montrant pressé et arrogant, leur premier contact se passe mal. Pourtant, le décorateur d’intérieur manque d’inspiration sur le projet d’exposition qu’il doit rendre. Un mois plus tard, il revient à la boutique et accepte un rendez-vous à condition de pouvoir venir voir travailler le tailleur. En effet, il envie le sourire de Shida qui semble apprécier son métier. Mais Ôumi ayant perdu sa passion pour son travail, ne pense plus qu’au tailleur.

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la neuvième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2017. A noter que l’auteure a également Jackass! dans le top 10 de ce classement. Ce titre fait aussi partie de mes préférés de l’auteure. La romance mignonne et douce déborde de tendresse. J’aime beaucoup les récits avec des uke plus âgés.