It can’t be helped – Matsuda Usachiko

it cant be helped matsuda usachiko

MATSUDA Usachiko 松田うさち子
ISBN: 9782368775998
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784801956124 (JP)
Takeshobo, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

Différents amours désespérés sombres mais tendres, entre inceste, jeux érotiques, initiation et abandon avec un inconnu.

Matsuda Usachiko sensei offre un recueil d’histoires au ton assez réaliste et légèrement sombre. Le format court ne permet pas d’approfondir réellement les histoires et les psychologies. Pourtant, des thèmes intéressants comme le harcèlement, l’inceste, le suicide, la différence d’âge, avaient un fort potentiel. Le premier récit, qui donne son titre au manga, aborde une forte dépendance entre deux frères qui se transforme en inceste. La narration alterne entre les deux garçons. Bien que l’auteure transcrit bien l’immoralité, elle reste trop floue sur leurs sentiments, entre amour et possessivité. « Adam’s romance » est une comédie romantique légère jouant sur le fan service, avec fundoshi et kimono. Malgré son fort potentiel, la troisième histoire présente une romance entre un lycéen et un homme mûr blessés qui se réconfortent dans le sexe, avec une initiation en douceur. Le dernier récit maintient le suspense jusqu’à la fin en brouillant réalité et rêve.

La mangaka a déjà un beau dessin, avec des traits anguleux épurés qui gardent une touche réaliste. Elle apporte un certain soin aux regards. Cependant, ses personnages se ressemblent parfois. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. D’ailleurs, les trames sombres renforcent le ton dramatique de certains passages. La mise en page est assez classique mais efficace. Des hachures blanches censurent les parties génitales, mais les scènes érotiques restent tout de même sensuelles. Sous la jaquette, deux planches mettent en scène tous les personnages qui présentent respectivement leurs petits amis avec humour.

En résumé

Doushiyou mo nai It can’t be helped / What should I do / We’ll find a way / Au quotidien: Takahiro et son petit frère Kôki ont l’habitude de dormir ensemble depuis l’enfance, leurs parents étant souvent absents. Mais quand l’aîné s’est installé seul, travaillant à domicile, Kôki est devenu insomniaque en son absence et a dû le rejoindre, ayant besoin de son odeur pour s’endormir. Passé la vingtaine, il décide enfin de s’installer seul, ayant une petite amie. Mais un mois après, il revient mort de fatigue et trouve son aîné dans un état plus lamentable que lui.
Adam’s romance: Yamato, vendeur de gâteaux traditionnels, aime faire des jeux érotiques costumés avec son petit ami Adam, un homme d’affaires étranger passionné de culture japonaise…
Appelle-moi « Onii-san »: Se faisant harceler au lycée parce qu’il est gay, depuis sa déclaration à un ami, Takeru veut se suicider en se jetant du haut du toit d’un immeuble. Suzuka, le propriétaire de l’immeuble, essaie de le raisonner et lui propose en échange de lui faire perdre sa virginité.
Happy dream man: Himekawa est insomniaque et subit du harcèlement moral à son travail. Un jour, alors qu’il pensait se suicider par ingestion de cachets, un bel inconnu apparaît et lui fait l’amour. Depuis, chaque soir, il a hâte de retrouver Yume dans ses rêves.

En conclusion

Ce recueil a obtenue la septième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2017. Pour sa première œuvre, Matsuda sensei propose des récits ambitieux, comblant les défauts scénaristiques par de nombreuses scènes érotiques. C’est d’autant plus dommage car elle travaille avec soin les psychologies de ses personnages. « Appelle-moi « Onii-san » » est mon histoire préférée: le bonus humoristique sous la couverture permet d’en apprendre un peu plus sur ce couple à la grande différence d’âge ayant beaucoup de points communs. Par contre, la relation incestueuse entre Takashiro et Kôki pourra gêner certains lecteurs, surtout que le cadet a tendance à se montrer parfois violent. Je suis curieuse de voir comment va évoluer l’auteure par la suite.

Blue morning 7 – Hidaka Shoko

blue morning 7 hidaka shoko

HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782368775547
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784199606977 (JP)
Tokuma shoten, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Tomoyuki est enfin libre de réaliser ce qu’il désire, sans rien devoir à la famille Kuze.

Hidaka Shoko sensei consacre ce tome principalement à Katsuragi. Elle maintient le suspense en ne dévoilant que quelques brides des nombreuses révélations. D’ailleurs, elle développe surtout la psychologie de ses personnages. La relation entre le maître et son ancien domestique évolue, n’étant plus influencée par une quelconque hiérarchie. Pouvant parler d’égal à égal, Tomoyuki, d’abord perdu, s’émancipe et va ensuite s’ouvrir un peu plus aux autres. Ainsi, il découvre un nouvel intérêt personnel dans l’usine de textile. Son changement entraîne également ceux qui l’entourent à évoluer, en particulier ses frères. Parallèlement, en introduisant le courtier Nakajima, l’auteure présente les stratégies boursières de l’époque, mêlant l’influence des grèves et des médias. Par ailleurs, elle donne un aperçu du développement des chemins de fer.

La mangaka n’hésite pas à simplifier ses traits pour renforcer les expressions, ajoutant une touche d’humour à ce récit plutôt sérieux et réaliste. Afin d’équilibrer les pages contenant beaucoup de dialogues, elle joue sur les respirations grâce aux vides. De même, les trames d’ambiance se font discrètes. Les décors sont bien intégrés. Par ailleurs, les angles de vue variés appuient la mise en page dynamique. Hidaka sensei censure les scènes érotiques en ne dessinant pas les détails des organes sexuels.

En résumé

Katsuragi a changé et commence à se plaindre ou partager ses inquiétudes. Après une nuit torride avec Akihito pour oublier son départ en Angleterre, il retrouve Amamiya dans la calèche qui le mène chez Ishizaki. L’intendant l’avertit alors de l’ire de Sôemon. Comme il a ignoré ses ordres de restructuration, le premier secrétaire croit deviner que sa gestion de l’usine de textile l’a contrarié. Il refuse également de connaître les projets de son amant, sachant pertinemment qu’il cherchera à l’arrêter. De son côté, Kuze désire tout recommencer à zéro. Il rend donc une visite impromptue à Katsuragi Takamasa. Pour cela, il s’adresse directement au cadet, Hiroyuki, conscient que son action risque encore de créer des tensions.

En conclusion

Comparé au volume précédent, ce tome permet à la série de monter à la seconde place au Chill Chill BL award 2017. Kuze Akihito est toujours classé troisième meilleur seme, Katsuragi Tomoyuki remonte à la seconde place du meilleur uke. A noter que l’auteure est une habituée du Chill Chill BL award, ses différentes séries étant souvent classées dans le top 20. En effet, elle arrive à casser puis reconstruire les convictions des lecteurs grâce à une bonne maîtrise du scénario. Toujours aussi passionnant, j’ai hâte de lire le dernier tome!

Blue morning 6 – Hidaka Shoko

blue morning 6 hidaka shoko

HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782368775219
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784199606472 (JP)
Tokuma shoten, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Tomoyuki se résigne à suivre Akihito, n’étant plus sûr de rien à part ses sentiments amoureux pour lui.

Hidaka Shoko sensei continue à semer des indices au fil des chapitres, renouvelant son récit. Elle met en avant la vision moderne d’Akihito et son influence sur Tomoyuki. Indirectement, elle dénonce le rôle de la femme à l’époque, complètement soumise et considérée comme un simple ventre à produire un héritier mâle. Pourtant, Kuze et Katsuragi porte un regard tout autre, appréciant les femmes s’affirmant et les traitant d’égal à égal. En parallèle, l’auteure montre le développement du prêt-à-porter, l’influence américaine dans la conception et la production et quelques différents types de management. Justement, le premier secrétaire apporte également une vision moderne de la gestion. Tandis que la relation entre Akihito et son ancien intendant évolue, leur amour se renforce. La fin de ce tome plonge le lecteur dans un suspense insoutenable.

La mangaka soigne particulièrement les expressions et les postures de ses personnages. Elle simplifie les traits pour certaines scènes humoristiques. Par exemple, les petites têtes ou les moues des personnages sont toutes mignonnes. Hidaka sensei utilise un peu plus de trames d’ambiance. Elle rend avec précision le faste des résidences ou le calme de la campagne, dessinant les décors sur toute la longueur des vignettes. De même, elle différencie le style occidental et le style japonais jusque dans les petits objets du quotidien et les plantes des jardins. La mise en page est toujours aussi dynamique. Les scènes érotiques, assez détaillées, dégagent de la sensualité et jouent sur les cadrages pour éviter la censure.

En résumé

La soirée des Moriyama se conclut sur de grands chamboulements: Kuze Naotsugu ayant refusé de prendre la succession, Akihito se fait alors passer pour souffrant, aidé par les médias. Ne comprenant plus la stratégie de son maître, Tomoyuki se résigne à le laisser faire. Ishizaki Sôemon lui confie alors la direction d’une usine textile endettée avec pour consigne d’augmenter les profits. Il lui donne également un permis de circulation des chemins de fer pour Kuze qui lui permettra de désenclaver ses terres. Mais le premier secrétaire devine les réels desseins de l’entrepreneur qui cherche à s’accaparer de la famille Kuze. Caché dans un hôtel à Tsukiji, Akihito aime découvrir la vie simple du peuple en se promenant incognito, portant des vêtements négligés. En parallèle, il prépare son nouveau plan aidé d’Amemiya, de Katsuragi Takayuki devenu responsable des finances de la famille Kuze et Moriyama Kayoko, divorcée et installée en France.

En conclusion

Ce sixième tome a obtenu la treizième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2016. Kuze Akihito monte à la troisième place du meilleur seme mais Katsuragi Tomoyuki descend à la sixième place du meilleur uke. Il est amusant de voir les deux amants s’aimer enfin sans contrainte mais fuir le moindre conflit entre eux. La résignation de Katsuragi est presque inquiétante. De plus, l’auteure relance les questionnements sur les origines de Tomoyuki avec les Kuze. J’ai tellement envie de le soutenir!

Blue morning 5 – Hidaka Shoko

blue morning 5 hidaka shoko

HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782368774601
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784199605772 (JP)
Tokuma shoten, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Tomoyuki et Akihito ont chacun un plan pour sauver la famille Kuze.

Hidaka Shoko sensei offre un tome intense en rebondissements, révélant au fur et à mesure les projets de Tomoyuki et Akihito. En parallèle, elle présente les mondanités de l’époque avec les réceptions pour se faire voir, la présence des journalistes et les petits jeux des scandales. Elle donne également un aperçu des tensions entre samurai et nobles dûes au système d’abolition des castes. En effet, l’anoblissement de certains au gré des réseaux ou pots de vin ont surtout créé des inégalités. Certains personnages secondaires, se ralliant à la défense du couple, prennent de l’importance, influant encore sur le jeune Akihito. Par exemple, l’auteure met en avant la marquise Moriyama Kayoko, fille de commerçant, à l’esprit moderne qui ne se laisse pas enfermer par son mariage clairement économique. Par ailleurs, elle dévoile tout le travail effectué en amont par Katsuragi depuis des années par de nombreux flash-back.

La mangaka s’attarde particulièrement sur les détails, les petits gestes et les regards. Ce tome étant très dense en dialogues et réflexions intérieures des protagonistes, elle facilite la lecture en aérant ses pages et en jouant sur les gros plans et les vides. D’ailleurs, la mise en page reste très dynamique grâce à la variété des angles de vue et les ellipses. De même, l’équilibre entre les décors et les trames participe à l’ambiance. La plupart des illustrations de début de chapitre met en scène le couple en train de flirter et compense la quasi absence de scènes érotiques.

En résumé

Katsuragi Tomoyuki réfléchit de plus en plus à ses erreurs et ses sentiments envers Kuze Akihito. Comme il couchait facilement pour obtenir ce qu’il voulait, il croyait fermement à une passade de son maître. Mais face à ses déclarations passionnantes, il a fini par lui avouer ses sentiments. N’ayant aucune preuve de son lien filial avec Kuze Naoya, il pense donc confier la direction de la famille Kuze et le potentiel titre de comte au demi-frère d’Akinao, Naotsugu. Ce dernier ayant la santé fragile, il permettrait ainsi à Akihito de revenir plus tard. Mais Katsuragi doit rattraper également les erreurs du jeune héritier. En effet, ce dernier s’est compromis en faisant chanter le marquis Moriyama sur ses anoblissements illégaux. Dans la calèche les menant au bal du marquis, l’ancien domestique hésite encore à appliquer son plan secret, redoutant de perdre l’affection d’Akihito. Pourtant, ce dernier lui accorde toute sa confiance.

En conclusion

Malgré deux années écoulées après le volume précédent, ce tome a réussi à obtenir la septième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2015. Kuze Akihito occupe maintenant la cinquième place du meilleur seme et Katsuragi Tomoyuki, la quatrième place du meilleur uke. Les aventures de ce couple attendrissant qui se bat contre les conventions et les hiérarchies de classe sont tellement prenantes. Il est amusant de les observer opérer dans l’ombre et se trahir mutuellement alors qu’ils agissent en fin de compte pour le même objectif. Et puis voir une femme de caractère à cette époque comme Kayoko est rafraîchissant.

Blue morning 4 – Hidaka Shoko

blue morning 4 hidaka shoko

HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782368774595
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784199605192 (JP)
Tokuma shoten, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

L’origine révélée de Tomoyuki redistribue les cartes et relance à nouveau le jeu des intrigues.

Après un tome plus sentimental, Hidaka Shoko sensei plonge à nouveau les lecteurs dans les intrigues politiques et familiales. Elle dévoile au fur et à mesure les projets de Tomoyuki et d’Akihito, maintenant une tension constante durant le récit. Ishizaki Sôichirô prend un peu plus d’importance, jouant le défenseur de cet amour compromettant. Les autres personnages semblent tous devenir les pions d’un gigantesque échiquier dans les mains des deux héros. Parallèlement, l’auteure présente les différentes méthodes utilisées par les nobles et les bourgeois pour obtenir des renseignements essentiels à leur expansion, entre espions, analyses des rumeurs, manipulations, spéculations. De même, elle aborde le développement des zaibatsu à travers les modèles de la banque Katsuragi, bloquée par une servitude envers leur ancien seigneur et le commerce Ishizaki qui élargit ses investissements. Elle décrit avec finesse et toujours sur un ton réaliste, les difficultés à trancher entre famille et sentiments.

La mangaka soigne particulièrement les petits gestes, les postures et les détails. Par exemple, elle exprime la supériorité en jouant sur le regard en contre-plongée. De même, elle est précise dans les décors, présentant le quotidien et les différents objets et métiers de l’époque. Quelques trames d’ambiance accompagnent les émotions des personnages. La mise en page est dynamique jouant sur les ellipses, les emboîtements, les sorties de cadre. Les scènes érotiques sont sensuelles, un peu plus détaillées, avec un découpage presque cinématographique. Elles mettent parfaitement en scène les sentiments contradictoires à la raison.

En résumé

Kuze Akihito s’est installé dans la chambre que loue Ishizaki Sôichirô pour rencontrer habituellement Kofusa. Curieux, il apprécie de découvrir la vie simple du peuple, en faisant les courses, en apprenant à préparer le bain, la cuisine. Comme il ne va plus à l’école, son ami, inquiet, lui rend visite pour tenter de le raisonner. Mais l’héritier Kuze a d’autres projets, souhaitant même renoncer à son titre de noblesse. En effet, il veut seulement rendre Tomoyuki heureux. Ce dernier travaille maintenant pour Ishizaki Sôemon, ayant quitté la résidence de son maître sans prévenir. Mais en réalité, le domestique continue à soutenir Akihito de l’extérieur. De leur côté, les frères Katsuragi ont découvert que le benjamin est en fait l’enfant illégitime de Kuze Naoya avec une geisha. Afin de préparer son nouveau plan, Kuze convoque alors Amamiya.

En conclusion

Ce tome a obtenu la première place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2012. De même, Kuze Akihito s’empare de la première place de meilleur seme et Katsuragi Tomoyuki de meilleur uke. Katsuragi porte si bien le fundoshi, même sous ses vêtements occidentaux! Plus qu’un BL, cette série offre une tranche de vie historique sur les riches familles durant Meiji. Suite aux révélations, la relation du couple prend une tournure incestueuse mais d’autres secrets semblent pouvoir encore changer la donne.

Blue morning 3 – Hidaka Shoko

blue morning 3 hidaka shoko

HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782368774588
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784199604782 (JP)
Tokuma shoten, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Les révélations sur les familles Katsuragi et Kuze vont chambouler la relation entre le maître et son domestique.

Dans ce troisième tome, Hidaka Shoko sensei dévoile la majorité des secrets sur la famille Katsuragi et la famille Kuze. Parallèlement, elle met en avant le système d’adaptation du gouvernement militaire mis en place par le gouvernement Meiji pour les anciens samurai, ainsi que les inégalités et les difficultés qui en découlent. Par exemple, la reconnaissance des enfants illégitimes pour protéger la lignée se faisait grâce à une déclaration de favorites, c’est-à-dire des maîtresse, rappelant le système des concubines. De même, malgré les mêmes responsabilités, les seigneurs régionaux étaient traités différemment des nobles et des nouveaux riches. En plus, l’obligation de protection des anciens vassaux, malgré l’abolition du gouvernement militaire, persistait. Akihito se montre moderne et cherche à bousculer les règles de sa maisonnée. L’auteure décrit avec justesse les chamboulements intervenant dans la relation entre le maître et son domestique, au fil des révélations.

Les traits épurés de la mangaka conservent tout de même une touche réaliste. Quelques trames appuient l’ambiance des vignettes. De même, comme il y a beaucoup de flash-back, le fond noir permet de les repérer rapidement. Les décors situent principalement les actions. La mise en page dynamique rythme la lecture. Les illustrations en début de chapitre forment des diptyques mettant en scène Kuze puis Katsuragi dans le même environnement. Les scènes érotiques sont plus précises mais l’absence de détails ainsi que le cadrage censurent les parties trop intimes.

En résumé

Kuze Akihiko commence à prendre les rênes de la gestion court-circuitant Katsuragi. Désormais, il consulte personnellement les courriers financiers et les livres de compte. Parallèlement, il fréquente depuis trois mois Sajô Chikako, fille de duc, en vue d’un mariage. Cependant, la mère et la gouvernante affichent clairement leur désaccord face à cette union avec une personne de rang trop inférieur à leur goût. Il demande aussi au chef de la famille Ishizaki d’être son témoin à la place de la marquise Moriyama. De son côté, Amamiya Rinzaburô rend visite chaque jour à Kiku pour essayer de découvrir les motivations du changement de l’ancien maître. Se retrouvant désœuvré, Tomoyuki continue pourtant à subir les assauts du jeune héritier. Alors qu’il avait prévu de dépouiller celui qui lui avait indirectement tout volé en naissant, il réalise de plus en plus que ses sentiments ont changé.

En conclusion

Ce tome a obtenu la quatrième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2011. Et Hidaka sensei est également classé première pour les mangaka. Comparé au tome précédent où les intrigues priment, elle maintient le suspense et se concentre un peu plus sur la relation entre ses deux héros. La scène finale plonge le lecteur dans une appréhension insoutenable. Je recommande surtout cette série à ceux qui aiment les sagas familiales et historiques.

Blue morning 2 – Hidaka Shoko

blue morning 2 hidaka shoko

HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782368774571
Boy’s love IDP, 2015
ISBN: 9784199604430 (JP)
Tokuma shoten, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Malgré sa promesse faite à Katsuragi, Akihito n’arrive pas à contenir ses sentiments intenses.

Hidaka Shoko sensei présente un peu plus Katsuragi. Elle continue à mettre en scène les différences de point de vue entre les anciennes et les nouvelles générations, à travers les regards et les commentaires des nobles, des bourgeois. De même, elle confronte la modernité aux traditions, aussi bien pour les véhicules, les conventions que les traditions. D’autant plus que le système social du gouvernement militaire persiste et impose une certaine hiérarchie entre les familles. En introduisant Amamiya Rinzaburô, un étudiant au pair chargé de l’éducation de Katsuragi, l’auteure ajoute une touche excentrique à son univers plutôt réaliste mais guindé. Elle révèle indirectement les différents secrets par des flash-back et des discussions. Elle présente également les différentes méthodes de spéculation financière, alliant réseaux, connaissances et mariages. Ainsi, les personnages secondaires jouent un rôle assez important. Akihito évolue peu à peu, s’affirmant.

La mangaka utilise des traits épurés assez réalistes. Elle travaille particulièrement l’expressivité des regards, permettant de se passer des dialogues. Elle soigne les trames et les décors, donnant un certain équilibre à ses pages. La mise en page est dynamique. Les scènes érotiques évitent la censure grâce à l’absence de détails.

En résumé

Kuze Akinao était très exigeant sur l’éducation de Katsuragi Tomoyuki mais pourtant, dès la naissance de son fils légitime, il a délaissé l’enfant qu’il avait prévu d’adopter. Cependant, les relations avec la famille Katsuragi restent complexes. En effet, le vicomte utilisait leur ancien lien de vassalité pour soumettre encore cette famille de banquiers. Sa relation ayant évolué avec son maître, Katsuragi se remémore son passé. Bien qu’Akihito regrette d’avoir pris de force son domestique, il est décidé à respecter leur marché consistant à obtenir un titre de noblesse supérieur. Pourtant, consumé par son amour intense, il délaisse l’école. Croyant son ami malade, Ishizaki achète des fruits et croise alors Katsuragi Takayuki, qui dirige les affaires et entame la discussion.

En conclusion

Après un premier tome consacré à Kuze, Hidaka sensei s’intéresse à Katsuragi. Elle arrive à toujours mettre en place son récit tout en développant quelques intrigues. Elle fait passer l’homo-romance au second plan tout en tenant en haleine les lecteurs. La relation entre le maître et son domestiques évolue doucement. Entre devoirs et obligations, les sentiments n’ont pas vraiment leurs places et pourtant, j’ai tellement envie de voir ce couple s’épanouir. Petite précision: l’auteure a été classée meilleure artiste au Chill Chill BL award 2010.

Blue morning 1 – Hidaka Shoko

blue morning 1 hidaka shoko

HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782368774564
Boy’s love IDP, 2015
ISBN: 9784199604027 (JP)
Tokuma shoten, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

La relation complexe entre le jeune vicomte Kuze et son intendant secret Katsuragi.

Hidaka Shoko sensei narre les aventures du jeune vicomte Kuze et de son intendant Katsuragi qui gère les biens de la famille. Elle dépeint les intrigues politiques de la noblesse, les conflits générationnels entre tradition et modernité dans l’ère Meiji (1868-1912), la persistance de la vassalité des familles malgré l’abolition du système guerrier. En jouant sur les non-dits, elle diffuse au fur et à mesure des indices sur les desseins de Katsuragi ou son passé. Kuze est un noble peu commun qui n’apprécie pas les manigances de la noblesse et sympathise facilement avec le fils de commerçant Ishizaki. Pourtant, sous l’influence de son domestique, il se transforme peu à peu, pouvant devenir autoritaire. L’auteure décrit parfaitement les émotions et les sentiments de ses personnages. Elle installe pour l’instant le contexte de sa série, se focalisant sur Kuze. Ainsi, le temps s’écoule rapidement.

Les traits fins, minutieux et épurés de la mangaka ont une touche réaliste. Les décors et les vêtements sont soignés, respectant les références historiques. Les angles de vue recherchés s’attardent sur les regards. Aussi, la mise en page dynamique joue sur des emboitements et des ellipses discrètes. Les trames de fond accompagnent un peu l’ambiance de certaines vignettes, mais le rendu reste réaliste. Par ailleurs, les illustrations en début de chapitre mettent en valeur l’esthétique des personnages, révélant leur allure distinguée. Dans les scènes érotiques, Hidaka sensei ne montre pas les parties intimes. Elle transcrit cependant la violence du premier rapport du couple.

En résumé

Après le décès de sa mère puis de son père, Kuze Akihito prend la succession de vicomte à 10 ans à peine. Son tuteur désigné par le testament du vicomte Akinao, Katsuragi Tomoyuki, assure l’intendance jusqu’à sa majorité. Mais le domestique se montre froid avec son maître. En effet, élevé par sa mère malade à Kamakura dans leur résidence secondaire, l’enfant ne connaît rien à l’étiquette et a quelques lacunes scolaires. Katsuragi s’occupe alors avec sévérité de l’éducation du successeur. En grandissant, Akihito essaie constamment de comprendre son intendant, jalousant les faveurs que ce dernier accorde à Saionji Shigeyuki, fils de marquis, et la marquise Moriyama Kayoko. De même, il s’interroge sur le regard parfois haineux que son domestique lui porte.

En conclusion

Ce tome a obtenu la sixième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2009. L’auteure plonge ses lecteurs dans une sorte de saga familiale, où les secrets, les liens vassaliques persistants et les changements sociétales prennent plus d’importance que la relation sentimentale. Un réel bonheur à suivre!

L’étranger de la plage – Kii Kanna

l etranger de la plage kii kanna

KII Kanna 紀伊カンナ
ISBN: 9782368775110
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784396783488 (JP)
Shodensha, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Une douce romance entre un écrivain gay plutôt lâche qui séduira malgré lui un innocent lycéen.

Kii Kanna sensei présente une romance douce et poétique entre un homosexuel qui ne s’assume pas et un jeune trop franc. Elle dépeint avec finesse les questionnements de ses personnages sur l’homosexualité et l’amour. En introduisant Eri, la cousine de Shun, déjà en couple avec Shizu, elle confronte ses héros aux difficultés de la vie à deux. Malgré le ton réaliste général, le caractère des protagonistes semble un peu exacerbé. Par exemple, Shun, lâche, agit ou parle avec beaucoup de sous-entendus, tandis que l’innocent Mio s’exprime franchement et avec insouciance. De même, l’écrivain culpabilise d’avoir influencé la sexualité de son partenaire. L’auteure aborde d’autres sujets plus légèrement comme le manque de libido, l’éjaculation précoce, la communication au sein du couple. L’arrivée de Sakurako permet de découvrir le passé de Shun. Les chats apportent discrètement une petite touche mignonne et humoristique.

La mangaka a un style graphique très shôjo: ses visages sont ronds, avec de grands yeux, de petits nez. Les personnages ne font pas leur âge mais ont un côté mignon. Elle travaille avec soin les décors. En plus, comme elle utilise beaucoup de trames, ses pages semblent assez chargées. D’ailleurs, ses paysages sont esthétiques et certaines vignettes invitent à la contemplation. Kii sensei s’attache aux détails. Par exemple, les animaux sont actifs en arrière plan. En fin de chapitre, elle présente des illustrations de paysages ou des chats faisant des bêtises. Les scènes érotiques jouent sur l’absence de détails et la simplification des traits pour censurer les parties intimes.

En résumé

Sur une île d’Okinawa, Chibana Mio a perdu ses parents et vit chez son oncle. Mais n’étant pas à l’aise avec eux, il passe ses fins de journée à regarder la mer assis sur un banc. Attiré par le charme du jeune homme, Hashimoto Shun s’inquiète de sa solitude. Un jour, il arrive enfin à entamer la conversation avec le lycéen. Cependant, une remarque de Mio lui rappelle de douloureux souvenirs et il s’évanouit. En effet, Shun a fait son coming out le jour de son mariage arrangé et depuis, a fui chez sa tante où il loue une chambre dans son auberge. Écrivain, il l’aide pour de menus travaux. Intrigué, Mio sympathise alors avec Shun, juste avant de partir vivre sur une autre île. Malgré sa promesse, Mio ne le contacte pas. Pourtant, trois ans plus tard, il revient comme pensionnaire dans l’auberge et lui déclare alors sa flamme.

En conclusion

Une fois habitué aux graphismes mignons, ce récit est touchant et dégage beaucoup de douceur. Ce manga a obtenu la treizième place de la meilleure création de nouvel auteur au Chill Chill BL award 2015. On pourrait regretter que l’auteure n’approfondisse pas les différents thèmes abordés mais ce titre, prévu d’abord à la prépublication en magazine, a eu assez de succès pour une publication reliée puis pour une suite. Une adaptation en film d’animation est même prévue avec une sortie en septembre 2020. Si vous aimez les romances douces, ce titre est fait pour vous!

A boring man – Yamamoto Kotetsuko

a boring man yamamoto kotetsuko

YAMAMOTO Kotetsuko 山本小鉄子
ISBN: 9782368771396
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784877244897 (JP)
Kaiohsha, 2007 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Trois tendres romances avec des uke blessés et de jeunes seme compréhensifs.

Yamamoto Kotetsuko sensei offre un recueil de trois romances touchantes avec des uke blessés. Elle développe suffisamment la psychologie de ses personnages malgré le format court. Comme les seme sont attentifs à l’être aimé, les relations se font tout en douceur. Les personnages sont donc attachants. Le premier récit donne son titre au manga. L’auteure se focalise principalement sur l’évolution de la relation entre les deux collègues, l’un deux ayant perdu confiance en lui suite à la remarque d’un ex. Elle donne un aperçu de l’avenir du couple dans l’histoire bonus. « Sweet room » joue sur l’esprit de contradiction du héros pour apporter une touche humoristique. Le dernier récit occupe la moitié du tome. Cette romance met principalement en œuvre le pouvoir de l’amour pour surmonter un traumatisme. La douceur et la patience du seme sont bien rendues.

Les traits épurés de la mangaka donnent une certaine douceur à son graphisme. De plus, ils sont très expressifs. Les visages sont plutôt ronds, avec de grands yeux. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. De même, Yamamoto sensei utilise les trames avec parcimonie, ne chargeant pas ses pages. Les angles de vue variés dynamisent la mise en page. Les scènes érotiques sont pudiques et portent attention aux sensations des personnages. Cela leur confère donc une agréable tendresse.

En résumé

A boring man/ A troubled man: Hashimoto (26 ans) s’est fait plaqué par son petit ami qui le trouvait trop ennuyeux et banal. Il noie alors son chagrin dans l’alcool. En se rendant dans la salle de bain commune de la résidence, il croise son voisin de chambre et collègue Karasuma (23 ans). Devant la beauté et l’intelligence du jeune salaryman prometteur, il se sent encore plus minable. Alors que Karasuma le rejoint dans la salle de bain, Hashimoto s’endort dans la grande baignoire. Heureusement, son jeune collègue le sauve de la noyade. Mais quand son senpai reprend ses esprits, il lui fait alors une déclaration d’amour.
Sweet room: Kotobuki Kazumi (2e année) cherche un nouveau colocataire. Bien qu’il soit mignon physiquement, son côté économe à l’extrême le rend presque tyrannique. Intéressé par l’annonce, Fujiya Ryôsuke (1e année) demande alors à visiter l’appartement le soir même et décide de faire une semaine d’essai. Mais Kazumi a le coup de foudre pour son nouveau résidant. Redoutant que ce dernier découvre ses sentiments, il décide de se montrer encore plus exigeant pour le faire partir…
Serre fort ma main / Toujours main dans la main: Chaque matin, Kitanaka Atsushi (20 ans) est réveillé par le même cauchemar. Alors qu’il travaillait sur le continent dans une entreprise, il est revenu au bout de deux ans aider ses parents dans leur restaurant. Croisant son ami d’enfance, Kinjô Satoru (16 ans), il lui propose de faire le trajet à vélo ensemble. Mais depuis son retour, le lycéen se montre assez froid avec lui. Le soir, Atsushi lui demande alors des explications. Satoru avoue être tombé amoureux. Les deux amis commencent donc à sortir ensemble. Cependant, lors de leur premier baiser, assaillis par de douloureux souvenirs, Atsushi le repousse, tremblant.

En conclusion

Malgré le format court, l’auteure arrive à me toucher avec ces couples tellement attendrissants. Ces romances vous feront passer un agréable moment.