Au plus profond de toi – Yoshio Akira

au plus profond de toi yoshio akira
YOSHIO Akira 吉尾アキラ
ISBN: 9782382760482
Hana, 2021
ISBN: 9784866570488 (JP)
Frontier works, 2017 (JP)
Titre original: 奥まで触れてもいいですか
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Le toucher au plus profond de son être. »

Yoshio Akira sensei offre une comédie romantique entrainante entre un salaryman désinvolte très communicatif et son subordonné sérieux et pudique. Elle alterne la narration entre Yûki et Natsumi. Au fil des chapitres, elle gratte le vernis idyllique qu’elle a construit au départ pour révéler les blessures psychologiques de ses deux héros. Le jeu de provocation de Masumi et la franchise d’Isshin créent une dynamique permettant l’approfondissement de leurs sentiments. Les amoureux s’influencent donc mutuellement, évoluant peu à peu en consolidant leur relation. En parallèle, l’auteure aborde les travers du monde de l’entreprise au Japon, comme le harcèlement des nouveaux employés, la primauté de l’apparence sur les compétences, l’attachement à la réputation. De même, elle met en scène un uke entreprenant et taquin qui s’accorde malgré tout au rythme de son seme taciturne et pudique.

La mangaka a un trait fin, épuré et anguleux mais qui s’arrondit et se simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle dessine des têtes SD avec de grands yeux ovales et verticaux, trop adorables, propre à son style graphique. De même, quand Natsume rougit, les hachures dépassent carrément de son visage, renforçant sa gêne. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page au premier abord classique, se révèle dynamique grâce aux angles de vue qui varient. Ainsi, le lecteur peut se concentrer sur la romance et l’humour. Dans les scènes érotiques, Yoshio sensei censure les parties intimes par des bandelettes blanches. Toutefois, elle privilégie les échanges du couple. Elle montre l’évolution de leur relation à travers les illustrations en début de chapitre. De préférence, lisez son message sous la jaquette à la fin de votre lecture.

En résumé

Alors qu’il aidait Natsume Isshin (22 ans), son subordonné qui avait fait tomber des documents, Yûki Masumi (24 ans) se demande si le jeune homme a peut-être des sentiments pour lui en le voyant tout rougissant. Le trouvant craquant, il n’hésite donc pas à le questionner directement. Pensant qu’il se méprend à cause de son manque d’expérience en amour, il l’emmène le soir dans un bar à hôtesses. Mais Natsume le prend mal et quitte précipitamment les lieux en trainant son supérieur avec lui. Au fil de leur discussion, réalisant que son employé a clairement cerné sa vraie personnalité, Yûki lui propose alors de sortir avec lui. Mais au bout de deux semaines, le jeune salaryman trop innocent, n’a toujours rien tenté. En le taquinant, Masumi se rend compte qu’il craque encore plus pour lui…

En conclusion

Ne vous fiez pas au titre trompeur quand on a « trop » d’imagination. Cette histoire est beaucoup plus douce et mignonne qu’elle ne laisserait penser. J’adore la spontanéité des deux héros, la dynamique de leurs échanges et l’équilibre qui s’installe petit à petit dans leur relation. Ce one-shot est un énorme coup de cœur pour moi! Je ne me lasse pas de le relire.

Proposition idéale – Tsurukame Mayo

proposition ideale tsurukame mayo
TSURUKAME Mayo 鶴亀まよ
ISBN: 9782382760604
Hana, 2021
ISBN: 9784796413831 (JP)
Kaiohsha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Tu m’as oublié, hein? Tu m’avais pourtant promis de m’épouser. »

Tsurukame Mayo sensei reprend le thème classique de la romance entre amis d’enfance perdus de vue. Toutefois, elle y ajoute une touche originale en s’intéressant au surmenage, au harcèlement au travail et à la perte de confiance en soi. Elle concentre la narration sur Hirokuni qui réfléchit beaucoup et analyse ses moindres émotions. La colocation entre les deux amis leur permet ainsi de redécouvrir les qualités et les défauts de chacun. Kaï respecte le rythme de Hiro et se montre prévenant malgré un caractère parfois impertinent. D’ailleurs, l’auteure le rend très attachant en révélant son passé difficile et son caractère un peu résigné. Elle met également en avant l’influence du moindre soutien sur la motivation, à travers le chef de projet Kaneko ou le restaurateur Kenji. La relation s’établit sur des discussions et l’acceptation des sentiments. Le chapitre bonus permet de voir ce que sont devenus les personnages.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Certes, son style paraît assez commun mais dégage tout de même un charme agréable. L’utilisation des trames est équilibrée. De même, quelques trames d’ambiance viennent renforcer les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les flash-back s’entremêlent au présent mais restent facile à deviner. La mise en page est efficace. Tsurukame sensei évite de montrer les parties intimes dans les scènes érotiques. Par ailleurs, elle intègre bien le rendu de la durée en développant principalement une certaine complicité.

En résumé

Surexploité par le patron de son entreprise de développement d’applications numériques, Itari Hirokuni cumule les heures supplémentaires, travaillant même le dimanche. Un samedi soir, il s’effondre dans la rue mais est pris en charge par Fukaya Kaï, un ami d’enfance qui venait justement à sa rencontre. Bien qu’il ne l’ait pas vu depuis 10 ans, ce dernier lui demande de l’héberger temporairement, ayant récemment perdu son emploi. D’ailleurs, la mère de Hiro, inquiète pour son fils, lui a même confié le double des clés. Enfant, Kaï avait promis à Itari de se fiancer avec lui. Et maintenant, il lui avoue être gay et lui promet de ne pas le séduire pour l’instant. D’abord hésitant, le salaryman cède rapidement aux bons petits plats que lui prépare son ami qui s’amuse à prendre soin de lui…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la quinzième place au classement du meilleur manga au Chill chill BL award 2021. J’apprécie énormément la chaleur humaine qui se dégage de ce titre, comme des personnages. Cela donne envie de leur faire des câlins, de les encourager. La romance s’installe doucement, presque naturellement. Pour ma part, c’est un coup de cœur qui m’invite à suivre l’auteure.

Old fashion cupcake – Sagan Sagan

old fashion cupcake sagan sagan
SAGAN Sagan 佐岸左岸
ISBN: 9782382125120
Akata, 2021
ISBN: 9784813032472 (JP)
Taiyohtosho, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

« Les regrets, parfois, c’est le carburant de la vie, ce qui attise l’envie de devenir heureux. »

Sagan Sagan sensei narre une douce romance entre deux salarymen. Elle s’appuie principalement sur le point de vue de Nozue qui a un peu perdu goût à la vie. Elle s’intéresse donc à la lourdeur répétitive du quotidien, l’étiolement des passions, la peur du changement quand on est pris dans une routine rassurante. Notre héros porte un regard pessimiste sur sa vie. Togawa, amoureux de son supérieur, va chambouler petit à petit ses habitudes. L’auteure dépeint avec finesse l’évolution des sentiments de Nozue, ses hésitations. Elle aborde les questionnements du quadragénaire, comme la différence d’âge, le cadre rigide hiérarchique ainsi que l’image de la société sur l’homosexualité. Elle met également en avant les freins qu’un adulte se crée lui-même, la témérité perdue de la jeunesse et la nécessité de construire soi-même le bonheur.

La mangaka a un trait anguleux et fin, assez particulier. En effet, elle le dédouble parfois et il conserve un aspect tracé, légèrement tremblant. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées. De même, les décors sont présents et soignés. D’ailleurs, les chapitres débutent sur l’introduction de l’environnement par de petites vignettes souvent silencieuses, plutôt rares. Cet aspect puzzle se retrouve également dans la mise en page, avec des cases aux formes strictes. Cette absence de fantaisie apporte en réalité un plus au récit, renforçant son réalisme et rappelant la rigueur de la vie adulte. Un fond gris signale discrètement les flash-back. Par ailleurs, Sagan sensei découpe les mouvements en jouant sur les zooms, les plongées et contre-plongées tout en insufflant une touche cinématographique. Elle représente les scènes érotiques de loin, ne montrant donc pas les parties intimes grâce aux angles de vue.

En résumé

Nozue (39 ans) mène actuellement une vie de célibataire monotone entre le travail et la maison. Il porte même un regard indifférent à sa carrière, ne s’investissant plus dans les projets qui pourraient lui procurer une promotion. Pourtant, ses collègues apprécient son efficacité et sa bienveillance. Sa supérieure, Kirishima, essaie de le remotiver en l’invitant à une soirée de rencontres. Mais Nozue refuse, trouvant les échanges avec des inconnues trop fatiguant. Un jour, Togawa Minoru (29 ans) l’invite à manger des pancakes dans un salon de thé à la mode, suite à une remarque du futur quadragénaire qui admirait la joie de vivre des lycéennes. En fait, le jeune subordonné souhaite lui redonner le sourire en jouant les adolescentes qui parlent de tout et de rien et s’amusent à faire des selfies…

En conclusion

Ce titre a obtenu la première place du meilleur manga au Chill chill BL award 2021. Tagawa occupe la neuvième place du meilleur seme tandis que Nozue est classé troisième meilleur uke. Cette histoire d’amour adulte et criante de réalisme, d’abord prévue en un one-shot, a eu droit à une suite. Sagan sensei a un style narratif personnel basé sur la suggestion et l’observation. Elle laisse donc l’imaginaire du lecteur interpréter les petits gestes et mots, le guidant en douceur vers la conclusion du récit. Un petit chef-d’œuvre tout doux qui nous invite à profiter des choses simples.

Comme un adieu 3 – Shimura Takako

comme un adieu 3 shimura takako
SHIMURA Takako 志村貴子
ISBN: 9782382120729
Akata, 2021
ISBN: 9784799747957 (JP)
Libre, 2020 (JP)
Titre original: さよなら、おとこのこ3
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Je veux qu’il sache tout de mon histoire empreinte d’égoïsme… »

Shimura Takako sensei invite les lecteurs à suivre l’introspection de ses héros qui remettent tout à plat. Elle dévoile encore des brides de leur passé. Par ailleurs, elle dilue les réponses aux questions soulevées dans le tome précédent, au fil des chapitres. Malgré une petite touche fantastique, le récit semble très ancré dans la réalité. Le mystère de la transformation résolu, Kanade et Yuhki réfléchissent à leur relation, à leurs sentiments et surmontent petit à petit tout ce qui les freinait. Tout en les accompagnant, l’auteure aborde l’acceptation de soi et de sa sexualité, la prostitution adolescente, le coming out et la fuite de la réalité. Elle met également en avant l’influence bienveillante de confidents ou de soutiens. De même, elle s’intéresse à la nécessité d’équilibrer une relation, surtout quand elle repose sur un lien déjà bancal. Ainsi, Haijima et Kuwata se remettent en question, discutent et reconstruisent leur personnalité.

Le trait épuré et léché de la mangaka apporte beaucoup de douceur. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Toutefois, la différence subtile entre les deux héros se faisant grâce à la forme des yeux, cela porte parfois à confusion. Les trames sont très variées. De même, le choix des trames d’ambiance joue beaucoup sur l’intensité des émotions à transmettre. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les flash-back se repèrent immédiatement par leur fond noir. La dynamique de la mise en page rythme la lecture. D’ailleurs, Shimura sensei glisse des détails permettant d’anticiper certaines actions. Dans les scènes érotiques, elle ne montre pas les parties intimes. En plus, elles sont très sommaires, développées en peu de cases. Le vernis qui donne du relief à la fenêtre sur la couverture sublime l’illustration.

En résumé

Haijima Kanade a enfin retrouvé sa taille adulte. Il a réintégré la troupe de théâtre de Kawasaki Suzume en tant qu’apprenti. Recommençant à zéro, il travaille donc avec Kuwata Yûta, le petit frère de son petit ami. Yuhki, de son côté, a deviné qui était l’homme mystérieux que seuls Kanade et lui pouvaient voir. Grâce à Suzume, Haijima Joe prend discrètement des nouvelles de son fils…

En conclusion

La révélation de l’identité de l’homme mystérieux fait tomber à l’eau toutes mes suppositions. Mais quelle surprise et quel retournement de situation! Un récit instructif et intéressant. Certains passages pourront choquer la sensibilité de certains lecteurs. Par ailleurs je conseille de lire cette série à tête reposée, au calme pour pleinement l’apprécier.

Notre paradis – Uehara Ari

notre paradis uehara ari
UEHARA Ari 上原あり
ISBN: 9782375062920
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784801959408 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Deux hommes dépendants à la recherche d’un nouveau paradis.

Uehara Ari sensei nous présente une étrange cohabitation entre deux jeunes hommes qui dépendent des autres et se laissent vivre. Elle aborde avec une certaine pudeur la peur de la solitude, le corps comme objet de consommation ainsi que la prostitution. Nos deux héros ont une vision différente du bonheur amoureux: l’otaku développe une dépendance affective tandis que le gigolo évite de s’attacher pour profiter surtout de la tendresse qu’il reçoit. L’auteure maintient le suspense en ne montrant pas le visage de Nahoko. En tardant à nommer ses deux héros, elle montre en parallèle l’évolution de leur relation. De même, elle révèle au compte-gouttes des brides de leur passé, plutôt sombre. La narration alterne entre les deux hommes et revêt un style particulier, en partageant leur dialogue intérieur avec leur hôtesse. En plus, le destin offre des connexions surprenantes, renforçant l’effet de limite à leur petit paradis.

La mangaka a un trait fin et épuré. Même si son style un peu shôjo ne se démarque pas, il dégage beaucoup de douceur. Les trames d’ambiance renforcent principalement les émotions. Le reste des trames est équilibré. Par contre, les décors sont détaillés et très présents, ajoutant une touche réaliste. La mise en page est dynamique. Uehara sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessine même en détail les coupes intérieures. Pourtant, la sensualité domine. Sous la jaquette, un dessin mignon est en lien avec le chapitre bonus final.

En résumé

Dans un cybercafé, un otaku (25 ans) est dérangé par les gémissements d’un couple en pleins ébats dans le box voisin. Excité par leurs voix, il finit même par se masturber. Mais le gigolo (22 ans) qui a fini son affaire l’interrompt. Il entame alors la conversation en remarquant un tatouage de papillon au bas du dos du solitaire, puis lui montre fièrement son tatouage d’un quetzal dans le dos. Depuis, les deux hommes logent chez la généreuse Nahoko qui les entretient en échange de quelques câlins. Ils se chamaillent souvent à cause de leur caractère opposé. Pourtant, un jour, alors que le gigolo taquinait l’otaku qui avait reçu les faveurs de leur hôtesse, ce dernier réagit à ses caresses…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la seizième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2018. Dur de parler du titre sans nommer les personnages! Mais j’ai voulu respecter le choix de l’auteure, car cela a de l’importance dans le déroulé de l’histoire. Un petit coup de cœur pour ce titre mais beaucoup d’attachement. Je suis subjuguée par le style narratif qu’a adopté Uehara sensei pour approfondir la personnalité des personnages, chapitre par chapitre, en révélant beaucoup avec peu. Toutefois, cela pourra désorienter certains lecteurs. En plus, l’effet se perd lors des relectures. De même, vu le contexte du récit, le consentement n’est pas forcément au rendez-vous mais cela correspond (malheureusement) au caractère des protagonistes.

Aisyû – Minase Masara

aisyu minase masara
MINASE Masara 水名瀬雅良
ISBN: 9782351806425
Taifu comics, 2012
ISBN: 9784813053095 (JP)
Taiyohtosho, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

La fuite d’un premier amour douloureux qui ne résout rien.

Minase Masara sensei plonge le lecteur dans une romance légèrement mélancolique. Elle s’intéresse au premier amour non abouti, aux sentiments amoureux à sens unique et donc aux relations déséquilibrées. Elle précise d’ailleurs dans sa postface qu’elle voulait mettre en scène des « garçons arrogants qui tombent sous l’influence de garçons passifs ». Justement, l’égoïste Aragaki qui n’hésite pas à user du chantage pour obtenir ce qu’il désire, s’avère en fait complètement dépendant de Kaoru. Le consentement entre eux paraît trouble, l’étudiant cédant facilement aux ordres de son ami. Pourtant, ils vont évoluer petit à petit et faire des efforts en discutant, guidé par le manager Koshiba. L’auteure oriente la narration du point de vue de Haneji. Elle met en avant la souffrance d’un amour non partagé. Elle reprend ce même thème dans « Dernières lueurs d’été » qui complète ce tome.

La mangaka a un trait épuré et léché, avec une petite touche de style shôjo. Elle dessine des personnages élancés, au visage plutôt long. Elle porte attention aux regards et aux petits gestes. De même, les trames d’ambiance viennent renforcer les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. Par contre, comme Minase sensei ne représente que les ombres fortes, le rendu des pages, bien que dynamique, conserve un aspect simplement dessiné. Par ailleurs, elle ne montre pas les parties intimes dans les scènes érotiques, jouant sur les cadrages. Ces passages sont en plus succincts mais transmettent tout de même assez d’émotions.

En résumé

Aisyû / Happy birthday: Au lycée, Haneji Kaoru entretenait une relation sex friend avec son ami Aragaki Jin. Mais en réalité, il était amoureux de lui. En plus, Jin, mannequin, couchait également avec les femmes qui lui montraient de l’intérêt. En entrant à l’université, Kaoru a coupé tout contact avec son ami en espérant oublier ce premier amour. Mais deux ans, après, Aragaki, devenu un acteur célèbre, vient le chercher à la sortie de son petit boulot pour demander des explications. L’étudiant cède alors au baiser de Jin, ses sentiments étant encore présents.
Dernières lueurs d’été: Rikuto, secrètement amoureux de son tuteur Hibiki, a pris de la distance avec lui depuis qu’il est entré à l’université. Mais ses sentiments persistent…

En conclusion

Minase Masara sensei excelle dans les romances où le déséquilibre de la relation s’inverse. Ici, c’est un plaisir de voir Jin torturé par l’amour tout en ne le comprenant pas. Je préviens tout de même que le comportement de certains personnages pourrait choquer la sensibilité de certains lecteurs. Pour ma part, j’aime beaucoup le jeu d’inversion quand un uke trop passif se rebelle enfin. Une lecture agréable et divertissante.

Repeat after me? 1 – Fuwa Shinri

repeat after me 1 fuwa shinri
FUWA Shinri 不破慎理
ISBN: 9782351804759
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784862636461 (JP)
Libre, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Je vais te faire maîtriser l’anglais en trois mois! »

Fuwa Shinri sensei narre une comédie romantique entre un professeur d’anglais américain et un salaryman japonais bourré de préjugés. Elle aborde ainsi les différences culturelles entre étrangers et Japonais et l’investissement personnel à fournir pour apprendre une langue. En effet, Yûnosuke a tendance à fuir les difficultés et ne voit pas l’utilité d’apprendre une langue étrangère. Nigel, polyglotte et pratiquant également la langue des signes, apprécie ceux qui font des efforts, fortement influencé par son frère sourd, Jared. L’auteure présente les autres professeurs et élèves au fil des rencontres. Toutefois, elle n’évite pas quelques stéréotypes comme le Français dragueur ou le Chinois privilégiant la médecine traditionnelle. Elle développe principalement l’évolution de la relation entre le professeur et son élève. Leur attirance mutuelle va leur permettre de s’ouvrir l’un à l’autre. En bonus, un échange culturel ajoute une touche humoristique.

La mangaka a un trait épuré, léché et anguleux, avec un style graphique immédiatement reconnaissable. Elle dessine des visages ovales aux yeux souvent effilés. Dans les passages humoristiques, elle simplifie son trait, n’hésitant pas à arrondir complètement les têtes. Les personnages, plutôt sveltes, offrent une véritable palette de beaux gosses que l’on peut admirer sur le poster d’introduction. Les décors soignés alternent avec les trames d’ambiance. D’ailleurs, ces dernières accompagnent les émotions. De même, les trames sont variées et équilibrées. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Fuwa sensei ne montre que l’essentiel, jouant sur les angles de vue pour cacher les parties intimes. En fin de chapitre, elle présente les personnages en utilisant Imai Atsushi, qui s’occupe des tâches administratives de SLA. De même, il y a des poupées de papier des personnages en SD à la fin du tome pour jouer au sumo.

En résumé

Shiga Yûnosuke (26 ans) travaille dans le secrétariat d’une grande entreprise mais il ne maîtrise pas du tout l’anglais. Son chef l’envoie en stage à la Shiratori language academy (SLA) où il devra se former en 3 mois. Devant le manque de motivation de son employé, il le menace de le virer s’il échoue. Mais Shiga doute du sérieux de l’école qui paraît un peu trop luxueuse. En plus, son professeur Rhodes Nigel (23 ans), américain, cache un double visage. Alors qu’il affiche toujours un sourire avenant dans les cours en groupe, il se transforme en vrai démon tyrannique durant les cours individuels. Comme Yûnosuke ne progresse pas, n’arrivant pas à saisir l’utilité de cette langue, il se dispute souvent avec son professeur. Ce dernier décide alors de le prendre en stage intensif en interne.

En conclusion

J’adore l’évolution de Shiga, qui se comportait comme un enfant gâté au départ. Même si il prend du temps pour comprendre son caractère buté et fermé, ses réactions sont amusantes. Comme à son habitude, l’auteure maîtrise la dynamique entre ses personnages. D’autres couples apparaissent en arrière-plan mais Fuwa sensei se concentre uniquement sur la relation entre les deux héros, offrant un récit plutôt abouti. Du bonheur, de la romance et des frictions interculturelles!

Endless sound – cielo

endless sound cielo
cielo
ISBN: 9782368775981
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784801957664 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

« Quand la musique exprime ce qui ne peut être dit avec des mots. »

Cielo sensei narre la romance entre deux lycéens passionnés de musique techno. Malgré des profils de personnages soigneusement réfléchis, le format court empêche de les exploiter pleinement. L’univers musical n’est qu’un prétexte pour créer un lien entre les deux héros. Tandis que Sanjô était un tombeur hétérosexuel mais ouvert, il va découvrir le véritable amour avec Ikarashi. Sa vision du sexe change radicalement. Le seme inexpérimenté avec les hommes communique sans honte avec son uke habitué. Alors que la relation consentie débute en tant que sex friend, les sentiments viennent vite s’en mêler. En introduisant DJ Julian, l’auteure permet d’ajouter quelques tensions et précipiter les évènements. Elle traite avec humour la relation à distance dans une histoire bonus. Elle complète ce volume avec un court récit aux thèmes intéressants comme le sado-masochisme, la prostitution, la solitude, le manque d’amour mais le format court empêche d’approfondir l’évolution des sentiments.

La mangaka a un trait plutôt léché, dans un style graphique assez classique rappelant certains shôjo. Elle n’hésite pas à simplifier ses traits pour les passages humoristiques et à transformer ses personnages en super deformed. En outre, les héros rougissent facilement. Les trames d’ambiance variées alternent avec les décors. Par ailleurs, la mise en page est dynamique. En fin de chapitre, une vignette conclut graphiquement le récit. Sous la jaquette, des fiches personnages les présentent en détails. Les scènes érotiques paraissent un peu brouillon, les parties intimes étant intégralement hachurées. En plus, les cadrages permettent d’en montrer moins.

En résumé

Endless sound / After story Promesse éternelle / Allô? Chuuut!: Sanjô (18 ans) adore la musique techno. Comme ses amis sont peu intéressés, il décide d’aller seul au concert de DJ Imai. Dans la classe, Ikarashi Minami (20 ans) qui a toujours des écouteurs sur les oreilles, préfère rester seul dans son coin. Sanjô n’ose donc pas l’aborder, mais quand il le croise au game center à la borne du jeu vidéo musical qu’il adore, il lui propose de venir au concert avec lui. La remarque d’Ikarashi lui rappelant que le club est interdit aux mineurs le vexe. Néanmoins, Sanjô réussit tout de même à s’infiltrer dans la boîte de nuit. Quand la musique de DJ Minami lui procure un effet excitant, quelle n’est pas sa surprise de découvrir son camarade de classe aux platines. Au bar, Ikarashi l’empêche alors de boire une bière mais ne supportant pas l’alcool, il s’effondre. Le responsable du club, Higa (38 ans) demande au lycéen de le ramener chez lui. En partant, Minami l’embrasse. Mais pourquoi rougit-il?
Interdiction d’aimer ce chat abandonné: Yamada Daisuke (40 ans) a hérité d’un immeuble de sa tante qui l’a élevé. Un jour débarque Kawachi Ayumu (22 ans) qui serait de la famille éloignée. Mais le jeune homme orphelin est arrivé trop tard pour voir la tante. Yamada lui propose alors un logement. Mais depuis, les voisins, en particulier l’étudiant Nakamura (20 ans), ne cessent de se plaindre du bruit. Venu voir, il surprend Ayumu avec deux hommes qui le violentent…

En conclusion

Ce recueil a obtenu la onzième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2018. Il a beaucoup de potentiel, abordant des thèmes intéressants. J’ai même trouvé « Interdiction d’aimer ce chat abandonné » plus accrocheur. Malheureusement, le traitement reste un peu léger: par exemple, Minami, réservé au premier abord, communique plus facilement grâce à la musique. Mais cela n’est pas clairement mis en avant. Néanmoins, la beauté du graphisme nous fait oublier son manque d’originalité. On passe tout de même un excellent moment à la lecture de ce manga. Et il est agréable de voir un uke entreprenant pour les parties de jambes en l’air.

Gift 3 Le ciel rouge pâle, la spirale sinueuse, le rivage rougeoyant – Ichinose Yuma

gift 3 ichinose yuma
ICHINOSE Yuma 一ノ瀬ゆま
ISBN: 9782368776711
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784344843585 (JP)
Gentosha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

« Si Kei a voulu mourir, c’est parce qu’il a été abandonné. »

Ichinose Yuma sensei offre un final mouvementé, continuant à révéler quelques secrets et à maintenir le suspense jusqu’au bout. Elle s’intéresse d’abord au rétablissement de Kei et détaille le processus de son changement. Ainsi, Shiraishi s’ouvre peu à peu à l’amour, redécouvre les émotions et les sentiments, soutenu par son nouvel entourage, sa nouvelle famille. Il trouve alors un équilibre petit à petit jusqu’à réussir à exprimer par lui-même ses désirs et envies. L’auteure montre aussi bien son évolution extérieure qu’intérieure. Par ailleurs, elle s’intéresse à la différence entre monde professionnel et amateur dans la boxe. A travers Hirota Yasushi, elle met en avant les difficultés et hésitations d’un ancien boxeur champion du monde à retrouver motivation et projet professionnel. De même, Yutaka s’affirme un peu plus.

La mangaka a un trait fin léché avec une petite touche réaliste. Elle simplifie ses traits dans les rares passages humoristiques. Elle privilégie le jeu de contraste clair et sombre, même dans le choix de ses trames. Comme dans le tome précédent, l’inconscient de Kei prend la forme d’une salle de jeu vidéo avec plusieurs personnalités aux sentiments différents qui se confrontent, évoluent et prennent des décisions. Les décors soignés sont présents dans les plans larges. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Ichinose sensei cache les parties intimes grâce aux choix des angles de vue et des cadrages. Elle représente la fin de son récit comme un générique de film, avec quelques extraits montrant ce que sont devenus les personnages par la suite.

En résumé

En échange de l’arrêt du projet de destruction du club de boxe Mikoshiba, Shiraishi Kei accepte d’être poignardé, espérant faire plaisir à Yutaka. Malgré ses blessures, il veut absolument se rendre à son rendez-vous avec son petit ami sous le pont de Misegawa. Cela provoque alors l’hilarité de Che Sebom car le jeune homme ne comprend pas l’amour. Il demande donc à Sensei, 8 et Kô d’accompagner Kei. Quand Yutaka trouve son amant ensanglanté, le poignard encore dans le ventre, il tente désespérément d’appeler les secours. Mais Miké a infecté le numéro d’urgence avec un virus. En effet, il accompagne le docteur Daitômiya en hélicoptère. Sous le pont, Yutaka appelle au secours, en vain…

En conclusion

Ce tome obtient la vingtième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2019. Il est une ode à l’amour et à la joie de vivre tout simplement. L’auteure arrive à insuffler un style particulier à sa narration et à transmettre les émotions de ses personnages. En plus, les personnages sont attachants, même les plus vils. J’avais l’impression d’être sur un ring, dans un match de boxe, avec les informations qui viennent donner des coups pour me happer dans les aventures de Kei et Yutaka. Un titre à ne pas rater!

L’empreinte de la passion – Minase Masara

l empreinte de la passion minase masara
MINASE Masara 水名瀬雅良
ISBN: 9782351804933
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784861342523 (JP)
Frontier works, 2008 (JP)
Titre original: 吐息よりも優しい
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

La passion survivra-t-elle aux secrets?

Minase Masara sensei narre une romance où la passion côtoie les secrets. Elle base la narration sur Masato. De même, elle maintient un certain suspense en ne révélant leur passé commun que par brides. Suite à sa célébrité, Kazaoka est devenu méfiant, étant souvent abordé par intérêt. Comme le couple communique peu, les quiproquos s’accumulent malgré les sentiments. L’introduction d’Ôkubo, l’ami d’Akino, apporte encore un peu plus de tension dans la relation mais permet aux deux hommes de s’ouvrir enfin l’un à l’autre. L’auteure aborde donc la difficulté à faire confiance ainsi que l’influence des secrets et du manque de communication dans une relation. Elle reprend également ce thème dans « Plus éloquent que les mots », qui complète le tome. Par ailleurs, dans l’histoire bonus, la chatte Mako apporte une touche mignonne et humoristique, devenant la narratrice.

La mangaka a un trait épuré et léché. Elle dessine des visages aux longs mentons. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Et la mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Minase sensei cache les parties intimes grâce aux angles de vue. Elle donne sa postface en bande-dessinée. De même, quelques croquis complètent le tome.

En résumé

L’empreinte de la passion / Jeux solitaires: L’étudiant Akino Masato a commencé à travailler dans le salon de thé d’Asano en espérant y croiser l’écrivain Kazaoka Takashi (29 ans), de son nom de plume Okano Tomoharu. En vérité, ils se sont déjà rencontrés une fois mais l’écrivain ne le reconnaît pas. Pourtant, il semble s’intéresser à lui et lui révèle même son identité. Un soir, il l’invite chez lui à récupérer un tome. L’étudiant s’étant endormi, il lui vole alors un baiser. Comme Akino nourrit un amour à sens unique depuis deux ans pour Kazaoka, il décide d’en finir une bonne fois pour toute en acceptant de coucher avec lui juste un soir. Mais le jour suivant, il démissionne aussi du café…
Plus éloquent que les mots: Takase quitte Kiriyû. Hétérosexuel à la base, c’était pourtant lui qui avait demandé à son collègue plus âgé de sortir avec lui. Mais face au manque de réaction de son amant, le salarymen s’emporte…

En conclusion

Ce récit léger et simple permet de passer un agréable moment. L’auteure transcrit facilement les sentiments de ses personnages. Par contre, la première rencontre entre Kazaoka et Masato peut choquer la sensibilité de certains lecteurs, le consentement étant absent. Je trouve un peu dommage de ne plus découvrir d’autres œuvres de la mangaka en France.