Tadaima, okaeri 5 Jours sans nuages – Ichikawa Ichi

Couverture de Tadaima, okaeri 5 d'Ichikawa Ichi, édité par Hana

ICHIKAWA Ichi いちかわ壱
ISBN: 9782382765333
Hana, 2025
ISBN: 9784865897791 (JP)
Fusion product, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« C’est sa première dispute avec un copain! »

Ichikawa Ichi sensei continue de développer le quotidien paisible de la famille Fujiyoshi et leurs amis. Ainsi, elle s’attarde d’abord sur l’amitié de Hikari avec Michiru puis le festival universitaire avec Hirai Yûki et Matsuo Tomohiro. D’ailleurs, elle aborde la question de destinée à travers la relation entre alpha et bêta ainsi que la peur constante qui pèse face à une âme sœur. Ainsi, le protecteur Tomohiro exprime facilement son débordement d’amour pour Yûki qui surpasse peu à peu ses difficultés à communiquer. L’arrivée de Shigetomi Taki, l’ex-fiancé de Fujiyoshi Hiromu, permet d’introduire de nouveaux thèmes tels que l’attachement des alphas à un statut, le mariage arrangé, la construction d’une famille. Ainsi, l’autrice s’intéresse à la discrimination et à l’accouplement, mettant en avant la question du consentement de l’alpha et de l’oméga ainsi que le sentiment de possessivité qui en découle. Dans la postface, elle annonce la sortie de l’anime.

La mangaka a un trait épuré plutôt en rondeur. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Comparé au tome précédent, Ichikawa Ichi sensei arrête les scènes érotiques aux préliminaires. Sous la jaquette, elle apporte une anecdote sur l’exposition de la nuque et les morsures dans deux planches. Elle présente également les personnages en début de tome ainsi que les explications sur l’omegaverse.

En résumé

Fujiyoshi Hikari (alpha) et Mochizuki Michiru (oméga) s’entendent à merveille malgré leurs caractères opposés. Mais au parc, alors que Michi dessinait des glands, il frappe brusquement la main de son ami. Pourtant, Hikaru voulait juste retirer un gland sans cupule. Malheureusement, la pluie interrompt leur première dispute. Les deux enfants arriveront-ils à se réconcilier?

En conclusion

Ce tome obtient la quinzième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2025. Ichikawa Ichi sensei trouve encore des sujets à développer sur son univers pourtant doux et simple. A travers des tranches de vie, elle met en valeur la famille, la communication et l’entraide. Son graphisme agréable retranscrit avec finesse les émotions des personnages. Bien que ce tome soit très épais (274 pages), il se laisse lire d’une traite. Je ne me lasse pas des aventures des Fujiyoshi, Matsuo et Mochizuki. Et j’apprécie cette petite incursion dans le passé de Hiromu et Ogiwara Masaki. Une lecture charmante.

L’étranger du zéphyr 5 – Kii Kanna

l etranger du zephyr 5 kii kanna

KII Kanna 紀伊カンナ
ISBN: 9782382762301
Hana, 2023
ISBN: 9784396785529 (JP)
Shodensha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Le couple entame une nouvelle vie.

Kii Kanna sensei se recentre sur le couple. Elle fait mûrir ses personnages. Elle s’intéresse par ailleurs à la charge mentale, l’importance de la communication dans un couple ainsi que le besoin d’un peu d’intimité. Ainsi, Shun a enfin conscience de sa flemme et prend de plus en plus d’initiatives. Il observe un peu plus son partenaire et décrypte mieux ses émotions. Bien que mal à l’aise avec la foule des grandes villes, Mio s’adapte toujours aussi vite à son nouvel environnement et sympathise facilement. Les deux héros s’interrogent sur le mariage ou l’adoption. D’ailleurs, l’écrivain montre un peu plus son affection à son partenaire. Comme dans le tome précédent, l’auteure aborde avec une touche d’humour l’impuissance et le manque de libido, la tendance à fuir les problèmes, la gestion de la jalousie. Elle introduit de nouveaux personnages: le nouveau responsable éditorial Fukichi et un fan de chevaux, Kusano Shintaro.

La mangaka a un trait épuré tout en rondeur mais pourtant marqué par les pleins et déliés. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Elle dessine de grands yeux expressifs et n’hésite pas à doubler les mouvements pour plus d’effet. Son graphisme conserve une touche croquée dynamique, privilégiant les hachures. De même, les décors tracés à la main dégagent un aspect brut. Ils s’estompent autour des personnages. Les animaux apportent une note mignonne et humoristique en arrière-plan. La palette de trames plutôt restreinte avantage les contrastes noir et blanc. Par contre, les trames d’ambiance renforcent les émotions. La mise en page plutôt classique facilite pourtant la lecture car les vignettes sont assez surchargées. En plus, les bulles participant à la narration avec des formes très variées sont parfois envahissantes. Kii sensei apporte des respirations avec de grandes vignettes. Elle présente les personnages en début de tome.

En résumé

Cela fait maintenant cinq ans que Hashimoto Shun (32 ans) est revenu vivre chez ses parents à Hokkaido, avec son petit ami. Dernièrement, il remarque d’ailleurs que Chibana Mio (25 ans) se laisse déborder par les tâches ménagères en plus de son travail. Ce dernier refuse même de passer une nuit en amoureux. Suite à une remarque de son petit frère Fumi, Shun réalise alors tous les efforts que son partenaire fait pour bien s’intégrer à la famille. Après réflexion, il lui propose donc de déménager, espérant retrouver plus d’intimité.

En conclusion

Kii Kanna sensei, en plus d’un graphisme agréable, joue beaucoup sur la narration pour créer la surprise et amplifier la sympathie envers ses personnages. Elle excelle à rendre passionnant les petits tracas du quotidien, avec humour. Malgré des passages loufoques, son récit garde une empreinte réaliste. J’aime cette touchante tranche de vie qui met en avant de simples petits bonheurs. Je pense que cette série doit être amusante à lire en couple.

3 minutes de silence – Ichinashi Kimi

3 minutes de silence ichinashi kimi
ICHINASHI Kimi 市梨きみ
ISBN: 9782382760277
Hana, 2022
ISBN: 9784865541847 (JP)
Overlap, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

Refuser l’amour désespérément malgré des sentiments forts et réciproques.

Ichinashi Kimi sensei propose une romance dramatique entre deux demi-frères, sans lien de sang, qui luttent désespérément contre leur sentiment amoureux pour ne pas briser leur fort lien fraternel. Elle centre principalement la narration sur Aki avant de basculer à la fin sur la version de Saku. Ainsi, elle aborde le poids du lien familial même dans une famille recomposée, la douleur d’admettre des sentiments jugés inconvenants, la peur du jugement extérieur. Malgré des sentiments réciproques, les deux frères construisent une relation bancale, ne communiquant pas. Aki ressent énormément de culpabilité à entrainer son cadet hétérosexuel dans l’homosexualité. Pourtant, il cache difficilement sa jalousie. Saku, quant à lui, préfère fuir à chaque confrontation. Par ailleurs, l’auteure développe particulièrement le background d’Aki en révélant petit à petit son passé complexe, expliquant ainsi ses traumatismes. Avec l’intervention de son ex Takahashi, elle relance les réflexions sur cette relation presque incestueuse.

La mangaka a un trait épuré plutôt classique. Elle exagère les expressions et utilise des trames d’ambiance pour renforcer les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. Le style graphique évolue un peu au fil des chapitres. Par exemple, Ichinashi sensei exprime de deux manières différentes les flash-back: un fond noir pour les souvenirs sombres, un double cadrage pour les moments heureux. De même, elle tire profit de toutes les techniques du shôjo pour dynamiser sa mise en page. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques tout en évitant tout de même de trop détailler les parties intimes.

En résumé

Tôjô Aki et Saku sont devenus demi-frères suite au remariage de leurs parents. Ils s’entendent très bien malgré des caractères opposés: introverti, Aki a peur des femmes tandis que le frivole Saku cumule les conquêtes. Le cadet, à l’université, vit maintenant avec son frère devenu salaryman. Toutefois, Aki ne supporte plus ses absences, Saku découchant souvent sans prévenir. Depuis ses remontrances, ce dernier, plus présent, participe même aux tâches ménagères. Pour le remercier, Aki lui achète alors des gâteaux. Interpellé dans la rue par deux conquêtes de Saku qui le taquinent, il commence à paniquer. Alerté, Saku vole à son secours puis s’éclipse avec les filles, provoquant la colère de son aîné. A son retour, le cadet tente de s’expliquer et finit même par l’embrasser langoureusement. Cédant à leurs pulsions, les deux hommes couchent alors ensemble mais bien qu’amoureux, l’aîné regrette déjà cet élan…

En conclusion

Ichinashi sensei offre une romance sans prétention mais plutôt bien traitée. En plus, son graphisme reste agréable. J’ai néanmoins passé un bon moment de lecture.

L’étranger du zéphyr 4 – Kii Kanna

l etranger du zephyr 4 kii kanna
KII Kanna 紀伊カンナ
ISBN: 9782382760437
Hana, 2021
ISBN:‎ 9784396785048 (JP)
Shodensha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Des beaux-parents et un adolescent en crise à gérer.

Kii Kanna sensei effectue un bon de cinq ans après le tome précédent. Elle s’intéresse principalement à la crise d’adolescence de Fumi. L’adolescent gère mal ses sentiments et déverse sa colère sur son frère. En effet, l’homosexualité de Shun étant devenue publique, les répercussions sur l’entourage se font sentir. L’écrivain a un passage à vide et manque encore plus confiance en lui. En plus, Mio se retrouve surchargé. Ainsi, l’auteure développe les difficultés d’un couple à entretenir la passion sur la durée, d’autant plus quand les activités quotidiennes dévorent les moments intimes. De même, elle met en avant l’influence de la cohabitation avec la belle-famille, entrainant des responsabilités supplémentaires. Pourtant, Mio et Shun semblent endurer sans trop de problèmes l’espacement des câlins grâce à la communication.

La mangaka a un style immédiatement reconnaissable, avec un trait épuré. Elle privilégie les stries et hachures pour les volumes, en plus de quelques trames, qui renforcent ainsi les contrastes noir et blanc. Elle exagère les expressions et apporte une touche d’humour. D’ailleurs, les animaux actifs en arrière-plan y contribuent également. Les décors sont tracés à la main, donnant un aspect chaleureux au dessin. La mise en page est dynamique. Kii sensei n’inclut pas de scènes érotiques car elle se concentre surtout sur Fumi et les problèmes de couple.

En résumé

Cela fait 5 ans que Hashimoto Shun (32 ans) est rentré chez ses parents à Hokkaido accompagné de son petit ami Chibana Mio. L’écrivain, qui fait une pause dans sa carrière, passe ses journées désœuvrées à ne rien faire. Il patiente tranquillement dans un game center lorsque Mio vient le chercher, chargé des sacs de courses. Depuis que Hashimoto Yuriko souffre de fatigue à cause de la ménopause, Chibana l’aide aux tâches ménagères en plus de son travail dans un garage. Comme il a encore préparé un curry pour le dîner, Fumi (13 ans) préfère aller à la supérette. En pleine crise d’adolescence, le jeune garçon s’énerve souvent contre le couple, en particulier Shun qu’il accuse de tous ses malheurs. Mais Sakurako, dont il est amoureux, arrive à le calmer. Elle le rassure même pour sa décoloration de cheveux ratée…

En conclusion

Toujours aussi précise et délicate sur les tranches de vie, l’auteure continue à s’intéresser à toute la famille Hashimoto et son interaction avec le couple de Shun et Mio. Les purs fans d’histoire de BL pourront être un peu frustrés par ce tome. Pour ma part, j’apprécie les différents sujets abordés, très ancrés dans la réalité.

L’étranger du zéphyr 3 – Kii Kanna

l etranger du zephyr 3 kii kanna

KII Kanna 紀伊カンナ
ISBN: 9782368776124
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784396784201 (JP)
Shodensha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Après quelques épreuves, la famille Hashimoto trouve enfin son équilibre.

Kii Kanna sensei met plus en avant les familles recomposées que la romance homosexuelle. Entre l’adoption de Fumi, l’accueil de Mio, mais également l’homme au foyer, Wada, marié à une femme divorcée, elle présente une palette des différents liens qui se nouent, les efforts et les inquiétudes pour former une famille. Parallèlement, elle s’intéresse aux différents états d’âme d’un écrivain: le manque d’inspiration et le stress des délais, les doutes et la gestion du succès, l’instabilité et la remise en question constante. Prenant un ton comique, la narration devient encore plus dynamique avec des réactions exagérées. Par ailleurs, les souvenirs s’infiltrent entre les discussions. En réintroduisant les amis d’Okinawa, l’auteure offre au passage une petite critique de la presse. Elle ajoute également un chapitre bonus mettant en avant l’épanouissement du couple, qui communique franchement.

La mangaka utilise les codes du style comique, avec des yeux exorbités, des déformations, des exagérations. Par exemple, elle simplifie les traits des personnages, en ajoutant d’énormes yeux leur donnant un aspect de smiley. De même, pour exprimer les émotions, elle n’hésite pas à ajouter des éléments graphiques: Shun avec des oreilles et une queue de chat ou l’espace entourant constamment sa tête quand il est déconnecté. La mise en page est dynamique, jouant sur les vides et l’absence de cadrage. Les quelques trames d’ambiance sont plutôt discrètes. Dans les scènes érotiques, peu nombreuses, Kii sensei ne dessine pas les parties intimes.

En résumé

La mère de Shun ayant attrapé le rhume de Fumi, elle envoie son fils avec Mio à la journée de visite des parents à l’école. Stressé de rencontrer d’anciennes connaissances, Hashimoto se réfugie aux toilettes. Mais en sortant, il croise Wada, dont il était amoureux au collège. En plus, sa fille Chiho est dans la même classe que Fumi. Mio a déjà rejoint la classe du garçon tout heureux que son frère soit venu, même s’il traîne aux toilettes. Chibana provoque l’hilarité de la classe en donnant une mauvaise réponse à un calcul sur lequel séchait Fumi. Dans les couloirs, Chiho se dispute d’abord avec son beau-père, vexée que sa mère n’ait pu venir. Elle passe ensuite sa colère sur Fumi, un peu bruyant, en s’attaquant à sa « fausse » famille. Alors, le petit garçon craque et la frappe!

En conclusion

Comme l’orientation prise au tome précédent, la série se bonifie mais s’intéresse principalement à l’interaction entre les personnages. Ainsi, le lecteur ne se lasse pas de suivre les tranches de vie de toute la famille. Le shetland Poco et la chatte Tama continuent à apporter une touche amusante et tendre en arrière-plan. Le défilement du temps s’accélère et à la fin, le rebelle Fumi de 13 ans donne le ton du prochain volume à suivre. Trop hâte!

L’étranger du zéphyr 2 – Kii Kanna

l etranger du zephyr 2 kii kanna

KII Kanna 紀伊カンナ
ISBN: 9782368775479
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784396783884 (JP)
Shodensha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Avec la reprise d’une vie de famille chaleureuse, les confidences affluent.

Kii Kanna sensei continue à développer l’installation de Shun et Mio à Hakodate. Elle s’intéresse principalement à la vie de famille, aux problèmes de chacun, aux sentiments et aux liens qui se créent. Les personnages se connaissant un peu mieux, commencent à faire des confidences: la dépression du père, les inquiétudes de Fumi qui a été adopté, la douleur de la pénétration anale. Les situations sont réalistes: par exemple, quand Shun explique sa relation homosexuelle à son petit-frère, il l’invite à réfléchir par lui-même pour développer son propre jugement. L’écrivain réalise également son approche différente de la vie comparé à Shun. Il se sent misérable de ne pas supporter aussi bien leur couple et de laisser Mio gérer un peu tout, même l’organisation de moments intimes. Ainsi, l’auteure construit un couple très attentif l’un à l’autre. Par ailleurs, elle dévoile la gourmandise et un côté un peu sombre de Mio.

Le trait de la mangaka a légèrement évolué: les visages de ses personnages sont un peu plus carrés. Les réactions de Fumi sont graphiquement excessives mais renforcent leur expressivité. Kii sensei joue sur les fonds avec des trames plus ou moins sombres. Ses décors sont toujours autant travaillés. Les animaux, actifs en arrière-plan, apporte discrètement un peu d’humour. La mise en page devient plus dynamique, avec des vignettes de formes ou de tailles différentes. Les différents espaces ainsi créés aèrent la page qui semble donc moins chargée. Les scènes érotiques deviennent encore plus pudiques, les cadrages coupant les détails trop intimes.

En résumé

Hashimoto Shun et Chibana Mio ayant décidé de rester à Hokkaido, ils emménagent dans l’ancienne boutique attenante à la demeure des Hashimoto. Cependant, Fumi vient souvent les voir. Le soir de Noël, alors qu’il aurait dû être couché, il surprend le couple en pleins ébats et fuit. Le matin, il continue à éviter violemment le couple et se réfugie chez Kaoruko. Comme il se pose pleins de questions et qu’il redoute d’être renvoyer à l’orphelinat, la jeune femme lui conseille de parler directement avec son frère. Après l’avoir rassuré, tous deux retrouvent Mio et Shun dans un restaurant. Les garçons expliquent alors à l’enfant qu’ils sont amoureux, malgré les remarques les jugeant bizarres et dégoutants. Fumi décide donc, avec Sakurako, d’accompagner le couple au marché acheter du crabe pour le repas de nouvel an.

En conclusion

Ce tome a obtenu la 17ème place de la meilleure série au Chill Chill BL award 2017. Tous comme les protagonistes, les lecteurs découvrent au fur et à mesures les situations, les inquiétudes et les petits secrets de chacun. D’ailleurs, l’auteure s’amuse à insérer des indices au fil des pages, permettant d’anticiper légèrement les évènements. Elle termine encore son récit sur un suspense donnant envie de se jeter sur la suite!

L’étranger du zéphyr 1 – Kii Kanna

l etranger du zephyr 1 kii kanna

KII Kanna 紀伊カンナ
ISBN: 9782368775127
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784396783648 (JP)
Shodensha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Shun retourne chez lui, accompagné de son petit ami. Comment vont se passer les retrouvailles?

Kii Kanna sensei continue la romance de Shun et Mio en les confrontant à la famille Hashimoto. Elle s’intéresse à l’angoisse qui perdure malgré la résolution des problèmes, aux difficultés à renouer avec sa famille après avoir fui, à préserver de l’intimité en famille ou à supporter les rumeurs. L’introduction de Fumi (7 ans) et des animaux de compagnie apporte une touche humoristique et dynamique. Le récit prend une note beaucoup plus réaliste. L’auteure continue de dévoiler les différentes souffrances du passé de Shun. En outre, elle donne un sacré caractère aux parents Hashimoto: le père est têtu voire bourru et la mère, conciliante, appuie là où cela fait mal. Le couple évolue et communique plus. Ainsi, Shun se montre de plus en plus démonstratif avec son amant. Justement, l’histoire bonus démontre ce changement quand ils étaient encore à Okinawa.

Le style shôjo de la mangaka donne beaucoup de douceur à son trait. Les visages ronds aux grands yeux un peu enfantins contrastent avec les carrures sveltes et adultes des personnages. Ces derniers affichent clairement leurs émotions, en particulier Mio quand il essaie de discuter avec le père de Shun. Les décors détaillés sont très présents. Kii sensei évite les trames d’ambiance et préfère dessiner des motifs exprimant les émotions, comme des fleurs pour le bonheur, des étoiles d’excitation et des cœurs d’affection. Elle varient beaucoup ses trames. La mise en page reste dynamique malgré un agencement plutôt classique. Les scènes érotiques évitent de montrer les détails des parties intimes. Les illustrations couleurs sont de toute beauté, dans des tons réalistes. D’ailleurs, la couverture a obtenu la onzième place au Chill Chill BL award 2016.

En résumé

Suite à la visite de Sakurako, Hashimoto Shun (27 ans) décide de rentrer chez ses parents à Hokkaido, inquiet pour la santé de son père. Son petit ami, Chibana Mio (20 ans), l’accompagne. Mais le jeune homme est terrorisé par son premier vol en avion. Arrivés à Tokyo, l’écrivain annule donc leur correspondance. En attendant le ferry, ils passent à la maison d’édition où il avait débuté, puis visitent la Tour de Tokyo. Mio n’étant pas très à l’aise avec la foule, son partenaire le rassure en montrant son affection. Mais les réactions des passants inquiètent un peu Mio. De plus, les souvenirs de Shun remontent peu à peu à la surface: son attirance pour les garçons date de l’enfance. Rejeté par un camarade de classe avant même de s’être déclaré, et sa première expérience avec un homosexuel n’ayant pu aboutir, il a alors cherché en vain à devenir normal.

En conclusion

Le one-shot précédent installait l’histoire. L’auteure approfondit vraiment son scénario et prend son temps pour développer les aventures de ce couple de plus en plus attendrissant. En effet, elle ne se focalise pas que sur la romance et prend en compte l’entourage, les relations avec les amis, la famille. Elle traite donc le vécu de l’homosexualité du point de vue de tous. Ce tome se termine sur un suspense insoutenable.

Tadaima, okaeri 4 Une petite pause – Ichikawa Ichi

tadaima okaeri 4 une petite pause ichikawa ichi

ICHIKAWA Ichi いちかわ壱
ISBN: 9782368776940
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784865895582 (JP)
Fusion product, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Matsuo Tomohiro et Hirai Yûki prennent enfin conscience de leurs sentiments.

Comme le titre l’indique, Ichikawa Ichi sensei invite les lecteurs à faire une petite pause en partageant quelques anecdotes sur Hikari et en développant la romance entre Matsuo et Yûki. Elle met donc en avant les personnages secondaires. Entre divers évènements et fêtes et la rencontre avec Ran, le chien de Mme Iwata, le petit garçon apprend à affronter ses peurs et grandit entouré de la bienveillance de tous. L’auteure a une approche plus réaliste des réactions enfantines. Elle consacre l’autre moitié du tome à l’évolution des sentiments du couple secondaire, s’intéressant aux difficultés de différence d’âge (12 ans), de compréhension et de partage des sentiments. Même si elle s’éloigne du terme principal de l’omegaverse, elle confronte l’innocence de Yûki qui a vécu sans connaître les discriminations aux maladresses de Tomohiro, qui tient compte des regards extérieurs. Justement, ils forment déjà un couple pour ceux qui l’entourent.

La mangaka apporte un soin particulier aux expressions des visages, couvrant une large palette de sentiments. De plus, elle n’hésite pas à simplifier ses traits pour les renforcer. Elle utilise aussi beaucoup de trames d’ambiance. Les décors permettent de situer principalement l’action. La mise en page dynamique joue sur des angles de vue variés. Par ailleurs, Ichikawa sensei intègre les commentaires de Hinata ou ses propres remarques aux vignettes, apportant une touche humoristique. Sur la jaquette, elle a représenté les héros de ce tome, avec le couple secondaire et Hikari, dans des tons pastels et doux. En dessous, deux planches continuent avec humour le chapitre de la journée familiale en entreprise, avec un Hiromu galvanisé par les compliments sur son époux. Il n’y a pas de scène érotiques, l’attention étant portée sur les sentiments, mais en compensation, de tendres câlins et des baisers apportent un peu de douceur.

En résumé

Chaque matin finit en crise de larmes au départ de Hiromu. En effet, depuis qu’il a vu une émission à la télévision, Hikari veut aller au travail avec son père. Justement, l’entreprise de construction de Fujiyoshi organise un Family day où les proches sont invités à visiter les locaux avec quelques activités pour les enfants. Tout excité, Hikari charme le personnel. Même si les murmures sur son passage le troublent, Masaki surmonte sans problème ses appréhensions, ne ressentant aucune animosité. Sa beauté et sa douceur surprennent les employés, tout autant ébahis par le visage gâteux de leur patron. Yûki accompagne également la famille, inscrit comme un proche de Matsuo. Cependant, le salaryman n’arrivant pas à expliquer leur relation, il s’attire les foudres inconscientes de l’étudiant…

En conclusion

Ce tome a obtenu la quatorzième place de la meilleure série au Chill Chill BL award 2020. Une place de moins que l’année précédente et pourtant, il s’agit du couple secondaire dont le lien avance très lentement. Pour ma part, je suis comblée de voir mon couple préféré, alpha et beta, évoluer tranquillement dans la discussion et le partage. J’ai donc hâte d’en découvrir plus. Par ailleurs, la relation entre les jumeaux Matsuo et Mochizuki Aoto prend une tournure intéressante, même si peu développée.

Tadaima, okaeri 3 A demain – Ichikawa Ichi

tadaima okaeri 3 a demain ichikawa ichi

ICHIKAWA Ichi いちかわ壱
ISBN: 9782368776391
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784865894813 (JP)
Fusion product, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

Hikari a un nouvel ami du même âge que lui: Mochizuki Michiru.

Ichikawa Ichi sensei propose diverses aventures en introduisant de nouveaux personnages. D’abord elle approfondit sa série omegaverse en développant la vision discriminante du côté des omega et les problèmes des chaleurs quand les inhibiteurs ne fonctionnent pas. Mochizuki a des préjugés sur les alphas et les couples entre castes. En fréquentant Masaki, il s’ouvrira peu à peu. En plus, vu de l’extérieur, l’accouplement n’a pas forcément une connotation positive, mettant en jeu la dominance de l’alpha ou le profit de l’omega. Parallèlement, l’auteure aborde les questionnements d’un veuf qui ne s’impliquait pas au départ dans l’éducation de son enfant. Elle transcrit également les pensées de Hinata, apportant une touche comique. Ensuite, elle introduit les frères jumeaux espiègles de Matsuo, Yûto et Shûto, qui apportent également beaucoup d’humour. Ils feront prendre conscience à Yûki et leur aîné Tomohiro que leur relation est plus forte que de l’amitié.

La mangaka n’hésite pas à simplifier ses traits, donnant une certaine efficacité graphique au service de l’histoire. Elle équilibre les décors et les trames d’ambiance. Elle varie également les angles de vue, dynamisant la lecture. Les détails sont particulièrement mis en avant. Ainsi, les difficultés de contrôle des alpha sont dépeints avec finesse. Les scènes érotiques dégagent beaucoup de sensualité, même si elle s’arrêtent aux préliminaires. En effet, elles mettent en scène principalement les périodes de chaleurs. Sous la jaquette, deux planches narrent avec humour la rencontre des jumeaux Matsuo avec le père de Michiru.

En résumé

Au parc, Hikari rencontre un jeune garçon de son âge, Michiru. En discutant avec le père du petit, Masaki apprend que Mochizuki est veuf depuis un mois et qu’ils se sont installés récemment dans le quartier. Il sympathise alors très vite avec cette famille d’omega, les retrouvant tous les jours au parc. Alors que Mochizuki doit reprendre le travail, Fujiyoshi lui propose de garder Michiru. En effet, voir les deux enfants jouer naturellement sans retenue et sans discrimination de castes lui procure du pur bonheur.

En conclusion

Cette série est toujours aussi bien classée au Chill Chill BL award 2019 en obtenant la treizième place. La candeur des enfants contraste avec les problèmes sociétaux dans lesquels sont plongés leurs parents. La réaction forte et violente de Mochizuki apporte une certaine tension, complètement à l’opposé du comportement de son fils calme et sage, même face aux frasques des jumeaux. J’adore trop Michiru!

Tadaima, okaeri 2 Jours heureux – Ichikawa Ichi

tadaima okaeri 2 jours heureux ichikawa ichi

ICHIKAWA Ichi いちかわ壱
ISBN: 9782368775943
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784865893588 (JP)
Fusion product, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Avec la naissance de Hinata, les Fujiyoshi reprennent contact avec leurs familles.

Ichikawa Ichi sensei continue sa série omegaverse. Elle développe un peu plus le regard porté par les autres castes sur les omega. En s’intéressant aux relations en général, elle s’attarde particulièrement sur les difficultés à renouer avec la famille délaissée. D’abord, les parents Fujiyoshi évoluent suite à l’abcès percé grâce aux enfants, puis le cousin beta de Masaki, Ogiwara Kazuhiko, resté coincée sur le passé, tente d’imposer sa vision du bonheur. Parallèlement, l’auteure montre les nouveaux défis à relever lors d’une nouvelle naissance. Par exemple, comment faire comprendre à Hikari son rôle de grand frère, l’organisation à acquérir avec deux enfants, comment donner autant d’amour sans faire de préférence. D’ailleurs, elle met en avant la fragilité de la confiance en soi et le soutien de l’amour pour construire son bonheur. L’histoire bonus en fin de tome présente une aventure attendrissante de Hikari sans sa mère.

La mangaka fait grandir graphiquement Hikari. Elle pense également à améliorer son langage. Elle dessine des bébés potelés avec de grands yeux ronds. Les traits sont simplifiés dans les scènes humoristiques ou quand les enfants sont surpris. La mise en page reste toujours aussi dynamique. En revanche, il y a moins de décors et beaucoup plus de trames d’ambiance. Les scènes érotiques s’arrêtent au baiser et au câlin avant les préliminaires. Un yonkoma en fin de tome dévoile les expressions de Hinata quand elle voit quelqu’un. Sous la jaquette, deux planches mettent en scène Yûki et Matsuo lors d’un déjeuner.

En résumé

La famille Fujiyoshi va faire du shopping accompagnée de Matsuo et Yûki. Enceint, Masaki commence à s’interroger sur la manière d’élever une fille. Ils croisent alors un collaborateur du père de Hiromu qui ne peut s’empêcher de féliciter la caste de Hiraki. Mais cela fait remonter de douloureux souvenirs chez Masaki. En plus du stress de la grossesse, il commence à redouter d’avoir un enfant omega, ne souhaitant pas qu’il vive le même enfer que lui. Mais son mari trouve les mots justes pour le rassurer, lui rappelant tous les soutiens de ceux qui l’entourent maintenant. De son côté, motivé par son entourage, Hikari a hâte d’accueillir le futur bébé, Hinata…

En conclusion

Ce deuxième tome a obtenu la 19e place de la meilleure série au Chill Chill BL award 2018. Bien que toujours aussi légère, l’histoire s’intéresse un peu plus à la famille et aux problèmes des omega. La relation entre Yûki et Matsuo me laisse espérer plus, Ichikawa sensei s’amusant à montrer uniquement de simples gestes tendres ou de petits mots. Attention, cette série risque de vous donner envie de faire des bébés!