Hitorijime my hero 2 – Arii Memeco

hitorijime my hero 2 arii memeco
ARII Memeco ありいめめこ
ISBN: 9782382760109
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784758072618 (JP)
Ichijinsha, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Difficile de passer du statut de héros à celui de petit ami.

Arii Memeco sensei continue à développer la tumultueuse histoire d’amour entre Setagawa et son héroïque professeur. Comparé au premier tome, elle se recentre sur le couple. Elle aborde encore la différence d’âge, remettant en question leur relation. Même si Kôsuke semble insouciant, il a tout à fait conscience que sa liaison pose problème pour son métier. Il est d’ailleurs tiraillé par ses sentiments, entre la joie de voir Masahiro s’ouvrir enfin aux autres et la jalousie provoquée par sa possessivité. L’auteure met en avant la surcharge de travail des jeunes professeurs qui cumulent les remplacements. Elle montre d’autres facettes des deux héros. Ainsi, Setagawa semble développer une certaine dépendance envers son petit-ami. De même, Ôshiba culpabilise de voler la jeunesse du lycéen. L’humour tourne principalement autour des quiproquos, des taquineries de Kôsuke ainsi que des interactions avec le groupe d’amis autour de Kensuke.

La mangaka a un trait épuré plutôt classique de style shôjo. En revanche, elle le simplifie à l’extrême et le déforme dans les passages humoristiques: par exemple, les visages se liquéfient littéralement avec la gêne. Elle utilise également beaucoup de trames graphiques. D’ailleurs, les décors alternent avec les trames. Le fond noir permet d’immédiatement identifier les flash-back. La mise en page dynamique est très efficace pour les gags. Arii sensei censure les scènes érotiques en se contentant d’y faire allusion ou en les suggérant. Elle dessine tout de même quelques préliminaires mais les cadrages leur procurent beaucoup de pudeur. Sous la jaquette, elle donne des dessins amusants.

En résumé

Ôshiba Kôsuke aime câliner Setagawa Masahiro mais le lycéen est beaucoup trop gêné quand il y a du monde comme à l’école ou chez les Ôshiba. Après avoir repoussé le professeur, il se lamente auprès de Hasekura qui n’a vraiment pas envie de l’écouter. Alors il le soudoie avec des coupons de ramen gratuites. Le soir, Kôsuke semble encore énervé d’autant plus qu’il doit également corriger les copies d’un collègue malade. Prétextant une sortie pour faire des courses, il emmène avec lui Masahiro mais se rend dans un love hotel. En réalité, il veut juste se réconforter de sa fatigue dans les bras de son bien-aimé. Mais il semblerait que ce soit encore trop gênant pour le lycéen…

En conclusion

L’auteure arrive à mélanger légèreté et questionnement. Elle prend donc un peu plus de temps pour développer son histoire mais la lecture reste vraiment agréable. J’adore le contraste entre l’apparence innocente de Masahiro et son côté pourtant entreprenant. Sa maladresse en amour est adorable. Je ne peux que souhaiter son bonheur!

Hitorijime my hero 1 – Arii Memeco

hitorijime my hero 1 arii memeco
ARII Memeco ありいめめこ
ISBN: 9782368777695
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784758071789 (JP)
Ichijinsha, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

L’admiration d’un faible et impuissant lycéen pour son beau héros se transformera-t-elle en amour?

Arii Memeco sensei offre une comédie romantique entre un professeur atypique et un lycéen renfermé ayant une mauvaise opinion de lui-même. Elle met clairement en avant les 12 ans de différence entre les deux héros qui s’interrogent sur l’immoralité de leur relation. Néanmoins, elle exagère beaucoup les caractères des personnages. Ainsi, Setagawa est tellement gentil qu’il se fait facilement exploiter. Son manque de confiance en lui l’empêche d’accepter l’évidence de ses sentiments. Kôsuke ressemble plus à un délinquant qu’à un professeur, aimant manipuler les jeunes. Autour de Ken gravite tout un groupe d’amis qui apportent une touche d’humour. L’auteure développe peu la peur de Masahiro d’être homosexuel, la tournant en effet comique. Elle s’appuie beaucoup sur le couple formé par Hasekura et Kensuke, développé dans son autre manga Hitorijime boyfriend. Malheureusement, cela brouille un peu la compréhension de l’histoire.

La mangaka a un trait épuré et fin. Elle le déforme dans les passages humoristiques, abusant du comique graphique. Par exemple, le personnage se décompose en dégoulinant ou la raison de Masahiro s’envole sur une fusée. Les trames d’ambiance et les décors sont équilibrés. La mise en page reste dynamique malgré quelques pages surchargées. Arii sensei évite de montrer les passages érotiques. Elle conclut ses chapitres par des croquis humoristiques. De même, elle présente ses croquis en fin de tome. Sous la jaquette, deux illustrations amusantes donnent des anecdotes hors contexte. Au contraire, l’illustration couleurs du frontispice met en avant le quotidien des deux héros.

En résumé

Avec son enfance difficile, Setagawa Masahiro ne croit pas aux héros. Il se contente donc de faire le larbin pour une bande de voyous menée par Tôru, préférant éviter de rentrer chez lui. Mais ces derniers sont battus par le légendaire « Kumagoroshi », un professeur de mathématiques qui corrige les délinquants. Dans un parc, il croise alors un ami de primaire, Ôshiba Kensuke, qui a trouvé un chaton abandonné. Il l’accompagne chez lui pour le conseiller, mais Ken redoute le retour de son frère aîné. En effet, Ôshiba Kôsuke s’avère être le redresseur de torts. Depuis, admiratif, Setagawa est devenu son disciple. Mais le professeur remarquant son regard envieux sur le couple formé par son petit frère et Hasekura Asaya, essaie de lui faire comprendre ses sentiments profonds.

En conclusion

Ce tome a obtenu la dix-septième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2012. La série a également eu droit à une adaptation animée en 2017. Le côté passif de Setagawa peut énerver. Mais je suis rapidement tombée sous le charme de cette série. J’apprécie beaucoup l’ambiance entre les différents personnages. La romance n’est pas forcément le thème principal de ce titre mais plutôt l’évolution de Masahiro.

Never complex – Aoi Levin

never complex aoi levin
AOI Levin あおいれびん
ISBN: 9782368771617
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784796402811 (JP)
Kaiohsha, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

L’amour demande parfois beaucoup de patience.

Dans ce recueil, Aoi Levin sensei présente quatre romances plutôt légères ayant pour thème l’amour patient. La première histoire donne son titre au manga et est développée sur plusieurs chapitres. Même si les personnages s’interrogent sur les conséquences d’une relation homosexuelle (regard extérieur, enfant, première fois), l’auteure n’approfondit pas le sujet et reste focalisée sur le complexe d’infériorité de Maki envers Hiro. De plus, Maki narre constamment ses états d’âme. Les deux pages bonus anecdotiques transmettent le changement de pensée de l’uke. Aoi sensei introduit assez mal ses flash-back rendant parfois le scénario confus. C’est particulièrement visible sur « Summer vacation » qui propose un triangle amoureux prévisible. « Over drive » sombre dans l’érotisme alors que la relation professeur*élève aurait pu poser des questionnements intéressants. La dernière histoire est toute mignonne avec le seme qui laisse exploser sa passion après s’être retenu pendant longtemps en attendant la majorité de son amant.

Le graphisme de la mangaka est particulier: les visages sont petits mais anguleux, avec des cheveux touffus et méchés. Le traitement des yeux consiste en des traits épais striés, leur donnant un côté un peu vide et inexpressif. Hiro se transforme en wanko. Les décors permettent juste de se situer. L’auteure utilise beaucoup de trames d’ambiance et des angles de vue recherchés mettant en avant la plastique de ses personnages. Elle n’hésite pas à superposer les cases ou à sortir des cadrages. Les scènes érotiques, intenses, semblent un peu brouillon avec des gros plans, des trames et l’absence de traits qui censurent les parties génitales.

En résumé

Never complex / Ce qui doit être là: Maki et Hiro ont grandi ensemble à l’orphelinat. Malgré son QI élevé, Hiro se contente de suivre fidèlement tous les ordres de Maki. Il est simplement heureux d’être à ses côtés et de l’aimer. Mais son ami, qui complexe vis à vis de lui, travaille dur pour réussir. Justement, il obtient un poste en Angleterre…
Over drive: Takizawa Midori est devenu professeur d’arts plastiques en renonçant à ses rêves par amour pour le jeune Tomoki. Mais maintenant, ils sont dans le même lycée…
Summer vacation: Chaque été, Mizuki se rend au centre de vacances Yamaneko et y retrouve ses amis Kazuma et Kôta. Mais l’année dernière, juste avant qu’il ne prenne le train, Kazuma lui a fait une déclaration d’amour. Que va-t-il répondre?
Honey rodeo boys: Ramsey est l’un des meilleurs cow-boys de la ville. Il sort avec Malloy depuis un petit moment cependant le couple n’a jamais dépassé le stade du baiser. Mais aujourd’hui, Malloy fête son anniversaire et devient enfin majeur.

En conclusion

Malgré des histoires à fort potentiel, avec un graphisme plutôt mignon, la mangaka n’approfondit malheureusement pas les questionnements posés et se contente de conclure sur des relations érotiques intenses. De plus, son traitement des flashback et des cadrages ralentissent la lecture et son appréciation.

Please hold like a bouquet – Kinuta Nana

please hold like a bouquet kinuta nana
KINUTA Nana 砧菜々
ISBN: 9782368770467
Boy’s love IDP, 2013
ISBN: 9784796403368 (JP)
Kaiohsha, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: si on s'ennuie

Des amours maladroits incompris.

Ce recueil de Kinuta Nana sensei est son deuxième manga BL et regroupe deux comédies romantiques et deux romances assez classiques. Des chapitres bonus complètent avec humour et tendresse chaque histoire. Le premier récit met en scène des contradictions sentimentales entre les personnages qui partagent en réalité un amour réciproque. Même si elle manque de réalisme, l’intrigue des bouquets fanés n’est révélée qu’à la fin. La deuxième histoire joue sur les quiproquos et l’incompréhension des sentiments de l’autre. Le troisième récit est beaucoup mieux développé et traite du doute. Le colocataire s’interroge sur sa relation et ses sentiments, influencé par les rumeurs et les jugements portés par les autres sur l’apparence de son amant. Un échange érotique un peu froid permet d’approfondir le malaise du couple. Cependant, l’auteur manque encore de maîtrise scénaristique pour susciter de forts émois aux lecteurs. La dernière histoire s’intéresse à une relation entre un professeur et son élève. Le malaise d’une déclaration, puis l’attente pour pouvoir partager ses sentiments sont bien exprimés mais le format court du récit empêche le développement du sujet.

Le dessin shôjo de la mangaka est classique et mignon. Cependant, les personnages paraissent plus jeunes qu’ils ne le sont. Les seme ont les yeux fins, sont assez masculins. Les uke aux grands yeux sont fins et efféminés. Kinuta sensei semble apprécier les héros à lunettes car ils sont très présents. Les trames d’ambiance et les cadrages esthétiques dominent, chargeant un peu la page. L’autocensure des scènes érotiques est assurée simplement par le choix des angles. Les détails sont totalement absents.

En résumé

Hold me like a bouquet / No limit: Depuis qu’il est devenu président de la société de son père, Haneda Atsushi (24 ans) accumule les erreurs, ayant sous-estimé la difficulté de la tâche. De plus, son secrétaire Yazawa Kazuya, qui se montre froid et sévère, décore toujours le bureau de bouquets de fleurs fanées. Malgré les rumeurs sur son incapacité à diriger, le jeune homme souhaiterait avant tout s’améliorer pour se rapprocher de son secrétaire…
Specific medecine for love / Cherry mouse: De constitution fragile, Hoshina Keita (16 ans) désire ne plus attraper de rhume. Surtout depuis qu’il ressent d’étranges sensations quand son voisin et médecin, Mishima Kôichi (26 ans), l’ausculte. Mais sa sélection pour une compétition d’athlétisme va beaucoup jouer sur son état de santé.
I’m yours / Je ne le permettrai pas! / Quelque chose qui m’intrigue…: Yoshiyuki Kaoru, créateur publicitaire célèbre, est surpris de trouver Akiyama Hiroki (23 ans), son colocataire et amant depuis un an, parmi les chroniqueurs de la revue venus l’interviewer…
Sayonara Sensei / Le repas du soir: Le professeur Yagi sympathise avec l’élève studieux Aoi. Comme le lycéen est souvent livré à lui-même, il prend l’habitude de l’inviter à dîner chez lui.

En conclusion

Des romances classiques agréable à lire graphiquement.

Omae wa hitsuji – Takasaki Bosco

omae wa hitsuji takasaki bosco
TAKASAKI Bosco 高崎ぼすこ
ISBN: 9782375060612
Taifu comics, 2017
ISBN: 9784041030677 (JP)
Kadokawa shoten, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Pourquoi compter les moutons pour s’endormir quand on peut en câliner un?

Dans ce one-shot, Takasaki Bosco sensei s’amuse à confronter un couple en devenir avec une différence de taille et d’âge, ainsi que leurs problèmes de communication. Elle développe principalement la naissance de l’amour durant une cohabitation sous l’influence de la générosité et la gentillesse, entre deux personnes qui ont une vision opposée de la vie. Ce récit déborde d’humour et de tendresse, même si Tsukasa a développé un traumatisme qui l’a rendu insomniaque. Les scènes érotiques tranchent avec l’ambiance générale, utilisant un vocabulaire presque pornographique. Cependant, il n’y a pas de relation violente. Les caractères dominant/dominé sont fortement représenté. Sous la jaquette, un yonkoma met en scène la côte des personnages principaux auprès des étudiantes. Il y a également une postface de l’auteur. Bien que ce ne soit que son deuxième manga, elle maîtrise déjà la construction du scénario. Le jeu de mot dans le titre: « Tu es un mouton » met en parallèle l’image du mouton que l’on compte pour dormir avec la tendance à suivre comme un mouton.

La mangaka a un graphisme assez classique, avec un uke efféminé aux grands yeux. Yûya est très souvent rougissant, ce qui fait ressortir encore plus son côté mignon. Les trames sont maîtrisées, entre coloration, ombrage et ambiance. Les moutons illustrant les débuts de chapitres sont adorables et ressemblent à des peluches. Les scènes érotiques sont peu censurées, jouant sur les ombres.

En résumé

Yûya Sahara a tout perdu dans l’incendie de son appartement. Son ami Keigo Masaki lui propose de l’héberger et le jeune homme se retrouve à cohabiter en réalité chez Tsukasa, le frère aîné de son ami. Ce dernier se révèle être professeur dans la même université et lui offre un petit boulot particulier.

En conclusion

Une comédie romantique amusante qui vous fera aimer les moutons!

Sky link – Yamada Shiro

sky link yamada shiro
YAMADA Shiro 山田シロ
ISBN: 978237506551
Taifu comics, 2017
ISBN: 9784813052678 (JP)
Taiyôtosho, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: si on s'ennuie

Ouvrir son cœur en admirant le ciel…

Ce recueil de deux histoires regroupe les premières publications de Yamada Shiro sensei. Même si l’on décèle quelques maladresses scénaristiques, l’auteur offre un premier récit prenant avec des personnages attachants. Le passé de Ritsu n’est pas dévoilé; juste quelques indices permettent de comprendre son comportement actuel, sans malheureusement approfondir sa personnalité. On peut voir évoluer l’étudiant qui s’ouvre peu à peu à ce professeur désinvolte qui l’énerve mais l’intrigue. Leur relation qui débute d’abord par de la curiosité se transforme en intérêt pour autrui puis en amour. Même si cela se passe un peu rapidement, le héros est tiré vers le haut par son partenaire qui lui montre une autre façon de voir la vie. L’apparition d’éventuels rivaux est juste effleurée, précipitant le garçon tsundere dans le lit de son professeur. La deuxième histoire décrit un amour réciproque non déclaré entre deux amis d’enfance. Une approche poétique domine ce récit où les personnages secondaires ne servent qu’à faire évoluer la situation. Un jeu de mots entre le prénom d’Ichinose et la neige (qui se dit yuki 雪 en japonais) vient renforcer ce sentiment romantique…

Le graphisme contemporain de la mangaka est beau mais conserve une certaine froideur. Cela correspond parfaitement à ses personnages tsundere, mais cela dessert les visages qui n’ont presque pas d’expressivité. La mise en page reste classique. Les trames sont utilisées avec parcimonie et servent principalement à de la colorisation ou à traduire des ambiances. La censure se fait discrète, l’auteur évitant les gros plans et choisissant des cadrages ne détaillant pas les scènes érotiques. Elle ne s’attarde pas sur ces passages privilégiant l’histoire. Les cieux décrits, même sans couleurs, sont assez bien travaillés. Pour sa deuxième histoire, Kazu et Ryôhei se ressemblent un peu trop; la coupe de cheveux permet de les distinguer.

En résumé

Sky link: Ban Ritsuki, étudiant renfermé sur lui-même, aime admirer le ciel. Sa première rencontre avec Takagi Shintarô, qui se révèlera être son professeur et un ancien célèbre photographe, ne se passe pas très bien. En effet, l’étudiant qui traîne des problèmes derrière lui, a du mal à gérer ce sans-gêne qui le drague ouvertement…
Toi à travers un kaléidoscope: Kazu aime les belles choses qui brillent, en particulier le kaléidoscope laissé par sa grand-mère et les cheveux blonds de son meilleur ami métis Ichinose Yuki. Par peur de briser et perdre cette beauté, le lycéen se contente de protéger ce qu’il aime sans exprimer ses sentiments. Mais l’arrivée d’éventuels rivaux vont le faire bouger!

En conclusion

Pour ses débuts, Yamada Shiro est une mangaka prometteuse. Espérons qu’elle améliore l’expressivité de son graphisme! Un bon moment à passer avec ces personnages…