Kichiku encount – Owal

kichiku encount owal
Owal おわる
ISBN: 9782368774731
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784801950047 (JP)
Takeshobo, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Une histoire d’amour peut-elle naître de la pire des rencontres avec le pire des pervers?

Owal sensei propose une comédie érotique entre un hôte à la fois tyrannique et attentionné et un salaryman un peu trop romantique et inexpérimenté en amour. Même si Satô se rebelle, il cède toujours au plaisir. Il ressemble tellement à un petit chien qui aboie sans faire peur. D’ailleurs, sa relation avec Chihiro se passe totalement de consentement, débutant même par un viol. L’hôte présente une double personnalité, à la fois pervers manipulateur avec une pureté douce et attentionnée. L’auteure développe les sentiments entre les deux héros malgré les chantages. En introduisant le petit frère de Chihiro, Chikage, elle transforme l’insupportable insolent en un grand frère protecteur, provoquant de l’empathie pour sa situation familiale compliquée. Elle enchaîne les situations loufoques aboutissant à des relations charnelles. Une autre histoire complète ce tome, offrant une romance sur fond de sado-masochisme.

La mangaka a un trait fin et épuré. Elle déforme et exagère les expressions dans les passages humoristiques. Ainsi, Satô affiche une panoplie de bouilles amusantes et adorables. Il se transforme même en démon. Par ailleurs, la musculature de Chihiro est particulièrement mise en avant, les seme étant tous des ikemen. Les trames d’ambiance appuient les émotions. La mise en page dynamique peut paraître parfois confuse avec quelques pages surchargées à cause de l’absence des encadrements. Bien qu’il y ait des scènes érotiques à chaque chapitre, Owal sensei censure les parties intimes par des hachures ou des caches blancs. Elle met en scène les couples dans les illustrations en début de chapitre. Sous la jaquette, elle regroupe les deux couples du recueil dans une planche érotique et amusante. Même la postface est dessinée.

En résumé

Kichiku encount / Bonus: Au petit matin, Satô Hajime (25 ans) rentre enfin chez lui après plusieurs nuits blanches au bureau. Dans son wagon, il remarque un play-boy en train de regarder un film pornographique. Comme ce dernier a mal branché son casque, le salaryman reconnaît immédiatement les gémissements de son actrice fétiche, Itô Chihiro, ce qui l’excite immédiatement. Constatant son état, le jeune homme l’entraîne alors dans les toilettes de la gare pour le soulager. D’abord amusé par la capacité de Satô à réciter par cœur les répliques du film, l’agresseur finit par le violer. Quand Hajime reprend ses esprits plus tard, dans la gare, l’inconnu lui a laissé sa carte de visite: Chihiro, hôte dans un club, lui propose donc de le prendre quand il veut.
Please!! One-night stand: Le russe Vedernikov Adam a terminé ses études au Japon. Devant rentrer au pays, le bar où il travaillait organise une petite fête d’adieu. Le gérant Fûma lui prépare alors ses cocktails préférés. Mais ce n’est pas sans arrières-pensées. En effet, alors que le bisexuel avait renoncé à l’amour à cause de ses penchants SM, il est tombé amoureux du russe. Il espère donc un peu profiter de l’ivresse de son employé.

En conclusion

Ce manga a obtenu la huitième place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2015. La relation qui débute par un viol puis de relations forcées risque de choquer certains. Mais l’auteure arrive à rendre un peu de pureté et de gentillesse à Chihiro en développant son contexte. J’aime beaucoup Hajime qui essaie de comprendre son partenaire, même si il le déteste ouvertement au début. J’apprécie leur relation tumultueuse.

Canis Dear Hatter 2 – ZAKK

canis dear hatter 2 zakk
ZAKK
ISBN: 9782368774960
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784863495210 (JP)
Akaneshinsha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

Est-ce que le passé de Ryô sera un frein à l’amour?

Zakk sensei développe un peu plus l’autre facette de Ryô, révélant son passé au sein de la mafia. Elle met en avant de nouveaux personnages comme le hackeur Chase, l’ancien boss Harold Aldo Hugues mais également d’autres stylistes. Ainsi, elle aborde encore un autre versant de la mode avec les collaborations, le réseautage. Les deux héros ne peuvent s’empêcher de penser l’un à l’autre, analysant alors leurs sentiments. Même si Kutsuna met du temps à admettre les siens, il se prend enfin en main. Entre réflexions et émotions, l’auteure décrit avec finesse l’évolution des sentiments de ses différents personnages. Avec humour et délicatesse, elle met en scène une relation consentie entre renseignements, discussion et tentatives. Un chapitre bonus final dévoile la rencontre du chapelier avec ses deux acolytes : Yuishima Eiko, alias Ako et Gazuo Ebena, surnommé Gabé.

La mangaka adoucit un peu son trait. Elle joue beaucoup plus sur les détails des mouvements et des réactions avec des gros plans. D’ailleurs, le style caricatural se fait plus discret dans les scènes humoristiques. Zakk sensei utilise quelques trames d’ambiance. Ses décors sont réalistes et plutôt présents. Sa mise en page reste toujours autant dynamique. Par ailleurs, les scènes érotiques ne montrent pas les détails grâce aux choix des cadrages et des angles de vue. Le verso de la couverture est dans la continuité de celui du tome précédent, offrant un beau diptyque résumant l’histoire.

En résumé

Kashiba Ryô a décidé de rester aux États-Unis. A peine arrivé au Japon, Kutsuna Satoru doit se rendre aux funérailles de sa chère grand-mère. Il y croise alors son ami d’enfance, et fournisseur de tissus, Yôsuke. En rangeant son appartement, il constate avoir pris plus que de raison des vêtements pour son colocataire temporaire. Cependant, les commandes affluent à l’atelier mais l’ambiance est lourde, le chapelier passant ses nerfs sur ses employés. Ako finit par craquer et même Gabé se blesse. Réalisant que tout ce qui lui fait penser à Ryô l’énerve, Satoru réfléchit alors à sa relation avec le jeune homme: qu’est-il vraiment pour lui ?

En conclusion

Ce tome obtient la onzième place du meilleur manga original au Chill Chill BL award 2016. J’adore l’évolution de ce couple avec une séparation qui leur permet de mieux se comprendre! Néanmoins, je ressens tout de même une petite frustration de voir Kutsuna proposer de devenir reversible pour son partenaire mais de ne pas en voir la conclusion!

Les fantaisies du roi – Owal

les fantaisies du roi owal

Owal おわる
ISBN: 9782368777312
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784801968141 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Titre original: プッシーキングさまの悪癖
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

En proposant à Kadrii de sauver son restaurant par le sexe, Fati ne s’attendait pas à ce que son piège se retourne contre lui.

Dans ce one-shot, Owal sensei narre deux romances mêlant humour et sexe. Elle introduit son histoire principale par un chapitre présentant d’abord le couple secondaire. Elle arrive à développer la psychologie de ses personnages, dévoilant doucement certains traits de caractère. Ainsi, le noble débauché capricieux et tyrannique peut se montrer généreux et le prolétaire naïf s’avère moins crédule qu’il ne paraît. En effet, l’auteure introduit d’autres personnages secondaires pour secouer un peu les deux héros et provoquer l’évolution de leurs sentiments. Elle joue beaucoup sur la confrontation et les échanges entre Kadrii et Fati. Même si les protagonistes s’interrogent sur leurs sentiments et leur sexualité, elle n’approfondit pas leurs réflexions. D’ailleurs, l’humour prime sur tout le reste: l’intérêt est de voir comment un débauché finit par se ranger, touché par l’amour. Ou le plaisir intense?

La mangaka a un trait épuré, fin et légèrement anguleux. Néanmoins, elle n’hésite pas à le simplifier et l’arrondir dans les passages humoristiques. De même, elle transforme parfois ses personnages en super deformed. En plus, Kadrii et Fati sont plutôt musclés. Comme il y a quelques personnages à la peau basanée, les trames sont variées. Avec des protagonistes sortant des vignettes, et beaucoup d’emboîtement, la mise en page semble un peu surchargée mais reste très dynamique. En plus, Owal sensei soigne les décors, les plats et les vêtements. Les scènes érotiques très nombreuses ne sont pas du tout censurées. Les angles de vue et les gros plans mettent même en avant les détails des coïts. On s’éloigne un peu de l’érotisme pour de la représentation presque pornographique. Sous la jaquette, deux planches concluent la romance entre Sadegh et Rabbi.

En résumé

Une ville du Conseil de coopération du Golf. Fati Ar-Rahim, troisième fils d’un noble de la famille royale, se comporte comme un roi absolu et ne se prive pas pour satisfaire ses envies sexuelles insatiables entre deux négociations de contrats. Tandis que son serviteur Rabbi le critique ouvertement, son serviteur Sadegh, quant à lui, obéit aveuglément. Un soir, alors que le capricieux homme d’affaires a réclamé à boire en pleine nuit, ce dernier le trouve en plein ébats avec Rabbi et deux prostitués. D’abord surpris, il reçoit l’ordre de les filmer, le roi désirant punir l’insolence de son serviteur. Mais Sadegh est également sous le charme de son collègue…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la onzième place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2020. Il est amusant de voir ce seme prétentieux devenir reversible, avec un côté o-jôsamauke pour son cuisinier inexpérimenté. Comme j’adore complètement les deux couples, j’apprécie de suivre leurs interactions. En revanche, le côté pornographique pourra gêner certains lecteurs, d’où ma recommandation modérée.

La cage de la mante religieuse 4 – Psyche Delico

la cage de la mante religieuse 4 psyche delico

PSYCHE Delico 彩景でりこ
ISBN: 9782368777138
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784396784829 (JP)
Shodensha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Réalisant les noirs desseins de son serviteur, Ikurô se prend en main.

Après les révélations du tome précédent, Psyche Delico sensei offre un volume intense en émotions où les évènements s’enchaînent. Elle met en avant le côté sombre de l’esprit humain exacerbé par la jalousie, la possessivité, le désespoir, la perte de confiance. L’amour retors de Norihiko entraîne simplement de la violence. Le plaisir qu’il éprouve en voyant les personnes pures se briser ne se focalise pas sur l’être aimé. Ainsi, il s’en prend à d’autres cibles avec plus ou moins de succès. L’auteure présente également les manipulations et les ambitions de la branche secondaire de la famille Tôma pour prendre le pouvoir dans l’entreprise, entre arrangements et trahisons. Elle continue à donner un regard extérieur sur ce milieu perverti à travers Sachiko et Iida. En fin de compte, avec la pureté de leurs sentiments, Sachiko et Ranzô semblent les plus humains.

La mangaka joue sur les traits dédoublés pour épaissir les lignes, ce qui donne une forte impression dans les gros plans dramatiques. Elle fait également attention aux regards et aux détails; par exemple, le sourire discret de Norihiko exprime clairement son plaisir malsain. Les clairs-obscurs remplacent majoritairement les trames d’ambiance. Les décors sont aussi très présents. La mise en page dynamique accompagne le rythme de lecture. Dans les scènes érotiques, l’absence de détails, les cadrages et le choix des angles de vue censurent les parties intimes.

En résumé

Juste après avoir observé Honda profiter du corps d’Ikurô, Norihiko prend violemment son maître. Le jeune héritier ne reconnaît plus son amant aux gestes brutaux et réalise enfin sa folie possessive et destructrice. Effrayé, après plusieurs jours d’abus sexuels répétés, il interdit alors son serviteur de le toucher. De son côté, Sachiko cherche à en apprendre plus sur la famille Tôma. Après avoir découvert la pièce où était enfermé Ranzô, elle rend visite au jeune handicapé mental. Constatant qu’il comprend tout de même ses questions, elle propose alors à Ken’ichi de lui apprendre quelques mots…

En conclusion

Non classé au Chill Chill BL award 2020, les lecteurs citent tout de même ce tome dans les meilleures séries au scénario captivant, appréciant le côté très sombre et l’ambiance de l’ère Shôwa. En effet, après des tomes haletants, Psyche sensei continue à surprendre le lecteur en faisant basculer son récit dans une certaine violence et laissant présager un avenir dramatique pour la famille Tôma. Pourtant, la conclusion de ce tome semble amorcer un peu d’espoir. Vivement la suite!

La cage de la mante religieuse 3 – Psyche Delico

la cage de la mante religieuse 3 psyche delico

PSYCHE Delico 彩景でりこ
ISBN: 9782368776162
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784396784317 (JP)
Shodensha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Ikurô se perd dans ses sentiments et le plaisir charnel.

Psyche Delico sensei met en avant la possessivité excessive qui frise la folie, en particulier celles de Ken’ichi et de Norihiko. Elle dévoile enfin les machinations du majordome. En introduisant le politicien Honda Kôzô, elle continue à révéler quelques secrets sur la famille Tôma et développe en parallèle, les manigances politico-économiques et la corruption qui sévissent à l’époque. La psychologie des personnages évolue. Par exemple, alors qu’Ikurô se montrait plutôt exécrable jusqu’à présent, il s’avère avoir un côté aussi innocent que Ranzô, exacerbé par ses doutes et son amour. L’auteure s’intéresse particulièrement à la force et aux faiblesses de ses protagonistes. Ainsi, elle met en avant la fragilité psychologique de Ken’ichi, la perversité de Norihiko et la force de caractère de Sachiko. Elle dépeint avec finesse l’amour plutôt déviant du serviteur. La réintroduction d’Iida Yasunari, présent dans le tome précédent, permet d’amorcer une nouvelle intrigue.

Malgré un trait épuré, la mangaka dessine ses personnages en conservant un certain réalisme. Elle utilise les clairs-obscurs pour transcrire les ambiances grâce à des dégradés de trames. Elle alterne avec des décors plutôt présents. La mise en page dynamique rythme la lecture. Les scènes érotiques jouent sur les angles de vue et les cadrages pour éviter de montrer trop de détails. Cependant, elles restent assez explicites, d’autant plus qu’elles sont nombreuses dans ce tome. Mais cela correspond parfaitement à la débauche dans laquelle plonge Ikurô. Même si les parties intimes sont parfois hachurées, une certaine sensualité se dégage.

En résumé

Dans la forêt de la propriété, Nishiura Ken’ichi a tué deux intrus qui s’en prenaient à Tôma Ranzô. Quand Fukuyama Norihiko les trouve, il décide d’étouffer l’affaire et lui ordonne donc de se débarrasser des corps. Actuellement, la société dirigée par Tôma Ikurô subit différentes fusions et restructurations. Mais depuis que le jeune dirigeant a enfin couché avec son serviteur, il n’a plus que le corps de son amant en tête. Devant son air languissant, Norihiko s’occupe de son patron dans un hôtel après avoir prévenu Sachiko de l’absence de son mari…

En conclusion

Ce tome a obtenu la première place du meilleur manga profond au Chill Chill BL award 2018. En effet, après avoir maintenu en haleine les lecteurs pendant deux tomes, Psyche sensei les plonge directement dans la folie de la famille Tôma. Ikurô et Ranzô deviennent attachants. La force de l’intrigue occulte même les passages sulfureux. Ainsi, le deséspoir dans ce manga semble souvent accompagner l’amour…

La cage de la mante religieuse 2 – Psyche Delico

la cage de la mante religieuse 2 psyche delico

PSYCHE Delico 彩景でり
ISBN: 9782368775769
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784396784003 (JP)
Shodensha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Le tiraillement d’Ikurô entre devoirs et désirs.

Après un tome introductif, Psyche Delico sensei présente un regard extérieur sur la famille Tôma grâce à Iida Yukinari et Matsukawa Sachiko. Elle aborde l’adultère, la violence sur mineur, la pression dans les familles riches. Par ailleurs, elle dévoile toujours par brides le passé ténébreux d’Ikurô, maintenant constamment un suspense. Comme dans les souvenirs de Tôma, le lecteur n’a jamais l’occasion de voir le visage du père, Seizô. L’auteure fait apparaître divers liens de dépendance: entre Ikurô et Norihiko, entre Ranzô et Ikurô ou entre Ken’ichi et Ranzô. Elle dépeint les difficultés d’être homosexuel à cette époque où le devoir premier est de donner naissance à un héritier. La sensibilité de Sachiko est mise à rude épreuve, cependant, elle se montre réellement forte et réfléchie, tout en conservant sa gentillesse. Elle apporte donc un peu de douceur dans cet univers glauque. Ce tome se termine sur un cliffhanger insoutenable.

La mangaka a un trait épuré et fin, parfois dédoublé pour épaissir certaines lignes. Elle joue beaucoup sur les regards. De même, la perversité de Norihiko se distingue même par de petits gestes. Les trames sont assez équilibrées. Psyche sensei utilise beaucoup les clairs-obscurs. Elle soigne également les décors. Aussi, la mise en page est dynamique et maîtrisée. Les scènes érotiques sont censurées par les cadrages, surtout de gros plans, le découpage et les angles de vue. En plus, les parties intimes ne sont tout simplement pas dessinées.

En résumé

Sur l’idée d’un ami, Iida Yukinari propose à Tôma Ikurô de boire un verre en espérant lui faire payer l’addition. Mais qu’elle n’est pas sa surprise lorsque le jeune héritier leur donne simplement son porte-feuille en refusant l’invitation. Depuis, il cherche à sympathiser avec ce dernier. Au fil du temps, il remarque que Tôma affiche toujours un visage triste et décide donc de le faire sourire, multipliant les sorties. Un soir, comme Ikurô refuse de draguer des filles à une soirée dansante, Iida l’emmène dans une maison close. Tous deux finissent la soirée en s’enivrant. Yukinari pense faire un rêve érotique de son ami avant de réaliser que c’est la réalité. Mais gêné, l’étudiant se replie sur lui-même en s’excusant. Iida comprend alors qu’il est amoureux de son ami. Cependant, ce dernier quitte soudainement l’université pour se marier avec Matsukawa Sachiko…

En conclusion

L’auteure a une approche du récit réaliste, ce qui rend parfois la lecture dérangeante. Mais elle mène rondement ce thriller psychologique. L’homosexualité d’Ikurô ne fait qu’augmenter la pression qu’il subit déjà. Pour ma part, j’ai envie de le voir heureux, toutefois, il semble ne pas avoir choisi le bon partenaire. De même, j’apprécie beaucoup Sachiko.

La cage de la mante religieuse 1 – Psyche Delico

la cage de la mante religieuse 1 psyche delico

PSYCHE Delico 彩景でりこ
ISBN: 9782968775752
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784396783990 (JP)
Shodensha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Les sombres secrets de la famille Tôma.

Psyche Delico sensei offre une histoire de famille sombre et psychologique, dans laquelle des secrets étouffants et la folie latente influencent les émotions. Elle met en scène des personnages tous torturés mais ne dévoile leur background que par brides. Ainsi, le comportement distingué d’Ikurô en extérieur contraste avec sa violence envers son aîné et sa douceur pour son majordome. Ce premier tome met en place le contexte et les liens entre les personnages. La narration alterne entre Tôma Ikurô, Fukuyama Norihiko et Nishiura Ken’ichi. L’auteure dépeint avec finesse le côté sombre de l’âme humaine et l’emprise psychologique de certains liens. Elle aborde divers thèmes tout en respectant le regard porté à l’époque de l’ère Shôwa (1929-1986). Par exemple, le rejet des enfants apportant la honte sur la famille parce qu’ils sont handicapés ou nés d’un viol. L’histoire bonus dégage toute la sensualité de simples gestes lors d’une coupe de cheveux.

La mangaka a un trait épuré et fin, parfois dédoublé, conservant un aspect croquis. Elle n’hésite pas à simplifier au maximum son trait pour renforcer certaines expressions. De même, elle soigne les décors. Le jeu des clairs-obscurs accompagne l’ambiance du récit. L’utilisation des trames en général est équilibrée. Par ailleurs, la mise en page dynamique joue sur les angles de vue, les vides et les fonds. Psyche sensei évite de montrer trop de détails dans les scènes érotiques, les organes sexuels étant dessinés par des traits presque transparents. Les coupes intérieures sont suggestives et originales. Par exemple, le point de vue se fait à partir de l’intérieur du corps.

En résumé

Enfant, alors qu’il cherchait son jouet, Tôma Ikurô a cru entrapercevoir son père dévoré par un monstre dans la pièce du fond d’un bâtiment de la résidence. Sa mère, qui lui avait interdit de s’approcher, le gronda vertement puis le mordit. Suite à cet évènement, elle sombra dans la folie pour mourir peu après. Son père ne faisant pas trop cas de lui, Ikurô a donc grandi dans la solitude. Mais au décès de son père, il découvre que l’héritage revient en totalité à son frère aîné, Tôma Ranzô. Ce dernier, handicapé, vivait enfermé dans la pièce interdite…

En conclusion

Ce tome a obtenu la 24ème place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2017. Malgré certains passages assez sordides (inceste, pédophilie), l’histoire est captivante. En effet, l’auteure maintient un suspense constant, faisant des révélations par parcimonie. J’ai donc hâte de découvrir la suite. Si vous aimez les drames psychologiques, cette histoire est faite pour vous! En plus, la relation homosexuelle n’a rien à voir avec une romance BL habituelle, mais fait bien partie intégrante des éléments nécessaires au développement du récit.

If you want to end love, what should you do? – Takumi You

if you want to end love what should you do takumi you

TAKUMI Yû タクミユウ
ISBN: 9782368770474
Boy’s love, 2013
ISBN: 9784796403313 (JP)
Kaiohsha, 2012 (JP)
Titre original: 恋を終わりにしたければ
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« L’amour n’est pas rationnel, il suffit d’un instant pour qu’il se brise! » Kan-san pourra-t-il accepter un jour l’amour qu’on lui porte?

Takumi You sensei propose, dans ce one-shot, une romance douce amère où le seme est prêt à exploser, ayant tant patienté avant de conquérir cet amour à sens unique. Elle narre, du point de vue de Kanji, des tranches de vie plutôt réalistes, présentant les interrogations sur une relation engagée et sur l’évolution des sentiments. Kan souhaite conserver une certaine distance dans ses relations, ne facilitant pas les approches. De plus, sa fierté l’empêche d’apprécier sa position d’uke. A la fin du tome, une anecdote amusante sur le fétichisme des cheveux de Yôhei allège l’ambiance sérieuse du manga.

Beaucoup de pages silencieuses permettent de faire jouer les expressions graphiques. Même si le graphisme est basé sur le réalisme, les traits sont plutôt simplifiés. Comme l’histoire a été travaillée durant deux ans, on remarque une légère évolution du style au niveau des visages. La mangaka utilise peu de décors. De même, comme il y a beaucoup d’aplats et des drapés réduits au strict minimum, cela donne des pages à dominance blanche. De plus, elle utilise de moins en moins de trames pour coloriser ou donner l’ambiance. Les cadrages et la suppression des lignes explicites censurent les scènes érotiques en supprimant les détails.

En résumé

Kanji, patron d’un petit bar, est secrètement amoureux depuis de longues années de Fujio, un client régulier. Quand ce dernier annonce ses fiançailles, le cuisinier Yôhei incite son patron à se déclarer, connaissant ses sentiments, pour qu’il mette enfin de côté cet amour irréalisable. Il espère ainsi pouvoir le conquérir en le réconfortant. Mais Kan n’est pas très à l’aise face à ce nouvel amour oppressant…

En conclusion

J’ai envie de claquer Kan-san pour qu’il arrête de se faire prier!