Un assistant de rêve 3 – White Eared

couverture de Un assistant de rêve 3 de White Eared, éditions Kbl

White Eared
ISBN: 9782382881200
Kbooks, 2024
Polarfox (KR)
Webtoon
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« De retour dans le monde réel, Yibeom et Jeong-oh vont-ils parvenir à s’avouer leurs sentiments? »

White Eared détaille les dangers du germe onirique, en particulier lors d’une possession et d’un exorcisme. Le passé du chaman dévoile ses motivations ainsi que sa dure formation. La narration alterne entre les deux héros, présentant leurs réflexions. En effet, Shin se montre constamment fuyant tandis que son assistant fait des efforts pour le comprendre. Comme dans le tome précédent, la relation entre Yibeom et Jeong-oh semble régresser à chaque avancée. Le couple évolue grâce au soutien des amis et de la famille. D’ailleurs, le père de Shin ajoute une touche de tendresse amusante. L’auteurice aborde le poids de la culpabilité, l’impuissance et la jalousie. Le suspense se maintient jusqu’à la fin.

White Eared a un trait épuré qui se simplifie et s’arrondit dans les passages humoristiques. Les couleurs aux tons réalistes jouent toutefois sur des contrastes marqués clairs et obscurs. Par ailleurs, pour les ambiances, des trames colorées appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est plutôt classique. Dans les scènes érotiques, le.a manhwaga censure les parties intimes par un cache blanc. Comme le récit était plutôt sain jusqu’à présent, il y a un avertissement au début des chapitres contenant des scènes non consenties.

En résumé

A la fin de la mission, Shin Yibeom constate que leur client ne voulait pas que son rêve se termine. Il confie alors sa peine à son assistant. Mais Han Jeong-oh trouve immédiatement les mots pour le réconforter. Le chaman, réalisant enfin ses sentiments amoureux envers son assistant, décide donc de le rejoindre pour lui faire sa déclaration…

En conclusion

White Eared conclut son récit avec beaucoup d’intensité. L’humour contrebalance les moments dramatiques et la tension. Le graphisme très expressif peut passer de la sensualité au mignon en une case. Comme ce tome contient énormément de révélations, il m’est impossible de vous détailler mon avis. Mais n’hésitez pas à découvrir cette merveilleuse romance qui procure beaucoup d’émotions. J’adore le père de Yibeom qui croit en la force des câlins! Une lecture captivante!

Un assistant de rêve 2 – White Eared

Couverture de Un assistant de rêve 2 de White Eared, éditions Kbl

White Eared
ISBN: 9782382881194
Kbooks, 2024
Polarfox (KR)
Webtoon
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Jeong-Oh et Yibeom font face à un nouveau cauchemar! Parviendront-ils à réussir leur mission? »

White Eared continue de développer son univers, expliquant en détail les spécificités et les dangers du germe onirique et des rêves corrompus. Durant les explorations des rêves, les deux hommes dévoilent de nouvelles facettes, se comportant différemment. Ils acceptent d’ailleurs de plus en plus leur attirance réciproque, malgré l’installation d’un malaise entre eux. Ainsi, Jeong-oh devient trop bavard et cru durant le sexe tandis que Yibeom prend des initiatives tout en étant fuyant. La relation complexe avance donc difficilement, régressant à chaque évolution. L’auteurice détourne avec humour les clichés des scènes très érotiques tels que les lianes perverses, les rapports à plusieurs suite à une duplication. Iel s’intéresse à la cohabitation, au rapprochement, à l’influence du passé. Chaque client est prétexte pour aborder un thème différent. Yihyung continue d’apporter quelques tensions.

White Eared a un trait épuré. Dans les passages humoristiques, les personnages se transforment en SD, avec des expressions exagérées. Les couleurs bien que pimpantes restent réalistes. De même, les décors réalistes apparaissent sur les plans larges. Par ailleurs, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page est plutôt classique. Dans les scènes érotiques, le.a manhwaga censure les parties intimes par un cache blanc. Comme dans le tome précédent, il y a une image marquante du chapitre suivant à la fin des chapitres.

En résumé

Hon Jeong-oh trouve Shin Yibeom aux prises d’une plante maléfique. Mais émoustillé par son patron qui prend tellement de plaisir avec les lianes, l’assistant accepte de participer à cette débauche pour mettre fin à l’effet de l’étrange parfum de la plante…

En conclusion

White Eared joue au yoyo avec les émotions des lecteurices, satisfaisant d’abord leur attente pour ensuite tout détourner et proposer un autre développement. Le scénario semble se relancer constamment mais reste pourtant cohérent. Le graphisme très expressif nous fait oublier la censure des scènes érotiques pourtant très chaudes. Une lecture qui retient en haleine!

La transformation de Natsume – Mamita

couverture de La transformation de Natsume de Mamita, éditions Hana

Mamita マミタ
ISBN: 9782382765074
Hana, 2025
ISBN:‎ 9784403668135 (JP)
Shinshokan, 2022 (JP)
Titre original: なつめさんは開発かれたい
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Je vais faire en sorte que le sexe avec moi devienne inoubliable. »

Mamita sensei offre une comédie romantique très sexy, mettant en avant l’importance du partage et de la communication durant les ébats. Elle crée une relation consensuelle, d’abord charnelle, dans laquelle, ensuite, les sentiments se mêlent. Par ailleurs, elle révèle le passé des deux héros au fil des chapitres, créant quelques surprises. Sawaya Kô affiche deux visages bien différents entre simple employé de ménage le jour et séducteur la nuit. Pourtant, il se montre toujours bienveillant. Les réactions de Shima Natsume apporte une touche à la fois comique et mignonne, entre son plan de vengeance étonnant et son manque d’expérience. Ainsi, l’auteure aborde la nécessité de s’adapter au rythme de son partenaire pour avancer dans une relation amoureuse. Elle crée quelques tensions lorsque l’attirance mutuelle vient gêner la relation bien établie entre escort et client. Elle montre également l’impact des paroles blessantes malgré des sentiments partagés.

La mangaka a un trait épuré qui joue sur les pleins et déliés. Elle le simplifie parfois à l’extrême dans les passages humoristiques. Les trames d’ambiance alternent avec les décors tandis que les autres trames sont variées. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page est très dynamique. Mamita sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessin même des coupes intérieures. Dans les illustrations en début de chapitre, elle montre le quotidien des personnages.

En résumé

L’ingénieur Shima Natsume (35 ans) finit toujours par se faire plaquer par ses petits amis. Le dernier en date, Takeda, lui reproche d’ailleurs son manque de performance au lit. Natsume décide alors de se venger et fait appel à un escort boy dans le but de devenir le meilleur coup du Japon. Mais l’escort Kô s’avère être son homme de ménage, Sawaya. D’abord mal à l’aise, Shima finit tout de même par lui confier son objectif. Kô décide alors de lui montrer comment prendre du plaisir durant le sexe et commence par un long baiser langoureux.

En conclusion

Ce tome obtient la huitième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2023. Mamita sensei arrive à étoffer son scénario dans un registre pourtant purement érotique. Elle insuffle suffisamment d’humour et de tendresse pour rendre le récit attrayant. En plus, son graphisme sensuel est de toute beauté. Je craque complètement pour Kô qui rassure et explique tout à son partenaire, cherchant avant tout le plaisir de ce dernier avant le sien. Une pure douceur à lire! J’ai donc hâte de découvrir la suite.

House backer – Natsume Isaku

Couverture de House backer de Natsume Isaku, édité par Hana

NATSUME Isaku 夏目イサク
ISBN: 9782382765128
Hana, 2025
ISBN: 9784403667374 (JP)
Shinshokan, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« C’est mon travail de m’occuper de toi. »

Natsume Isaku sensei propose un recueil d’histoires courtes publiées chez différents éditeurs. Malgré le format, elle maîtrise parfaitement le développement des scénarios, allant à l’essentiel et diffusant les informations complémentaires via la narration à travers quelques remarques. Elle crée des relations plutôt consensuelles, malgré la présence de quelques baisers volés. L’histoire principale qui donne son titre au manga, représente la moitié du tome. L’humour se base principalement sur l’imagination débordante de l’écrivain ainsi que ses réactions immatures. Le couple apprend à mieux communiquer entre deux chamailleries. La deuxième, la troisième et la cinquième histoire abordent l’amour secret réciproque et la difficulté à transmettre ses sentiments. Dans « Une douce odeur », l’autrice s’intéresse également aux stéréotypes genrés et au jugement extérieur. Par ailleurs, elle offre un court récit sur son chien en bonus.

La mangaka a un trait légèrement épuré qui se simplifie dans les passages humoristiques. Elle a un style graphique assez constant bien que certaines histoires datent. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance plutôt graphiques, appuient les émotions. Le fond noir indique aussi bien les flash-back que les cauchemars. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Natsume sensei joue sur les cadrages pour cacher l’essentiel. D’ailleurs, elle ne détaille pas trop les parties intimes sans pour autant les censurer.

En résumé

House backer / Après le travail: Le romancier Azumi (27 ans) fait souvent appel à une femme de ménage pour gérer ses tâches ménagères. Mais à cause de son comportement capricieux qui les fait toutes fuir, l’agence lui a envoyé le jeune Wakui (21 ans). Toutefois, le très doué homme de ménage oblige le négligent écrivain à manger équilibré, n’hésitant pas à le traiter comme un enfant.
La jeunesse et l’amour: Depuis le collège, Sano Wataru admire le génie de la course, Shimizu Kenta. Ils sont ainsi devenus amis en fréquentant le même club d’athlétisme et sont actuellement colocataires à l’université. Toutefois, depuis que Wataru a abandonné le club, un malaise s’est installé entre eux.
L’amour en fuite: Le solitaire Oikawa Mitsuya reçoit toujours du réconfort auprès de Yamana qui sait l’encourager à chaque fois qu’il stresse. Malgré des caractères opposés, ils ont vite sympathisé, devenant même voisins à l’université. Toutefois Micchi trouve vraiment Yamana trop tactile!
Une douce odeur / La Saint-Valentin du pâtissier: Depuis son enfance, Ishikawa aime la pâtisserie et il en a même fait son métier. Durant son apprentissage, il a aidé Hashimoto qui bavait devant la vitrine, affamé. Depuis, ce dernier a également intégré la pâtisserie et ne le lâche plus. Serait-il amoureux?
Avec toi, à jamais: Un étudiant universitaire trouve chez lui son ami lycéen qui déborde d’amour pour lui mais ne le lui dit jamais directement.

En conclusion

Natsume Isaku sensei maîtrise vraiment n’importe quel format. Avec son graphisme expressif, il est facile de comprendre les émotions des personnages. Et le découpage des planches montre l’essentiel. J’adore les bouilles des personnages dans les passages humoristiques, avec leur air un peu niais mais si mignon! Bien que j’ai apprécié tous ces récits, j’ai une préférence pour « House backer » et « Une douce odeur » qui semblent plus abouties. Une lecture divertissante et une valeur sûre.

La cage de la mante religieuse 5 – Psyche Delico

le cage de la mante religieuse 5 psyche delico

PSYCHE Delico 彩景でりこ
ISBN: 9782382762714
Hana, 2024
ISBN: 9784396785413 (JP)
Shodensha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Des destins brisés par la vie, la folie et la malchance. »

Psyche Delico sensei continue de révéler les secrets de la famille Tôma à travers le regard de Sachiko et Iida. Comme dans le tome précédent, elle plonge le lecteur dans la noirceur humaine, abordant le pardon, la folie, l’inceste et les manipulations. Elle interroge également sur la diversité du bonheur, la pression sociale ainsi que la construction d’une image d’un bonheur unique. En effet, bien que libéré de ses obligations, Ikurô continue à se sentier prisonnier, son amour déviant et sa vision du bonheur ne correspondant pas aux conventions sociales. Il a clairement conscience de ne pas se sentir à l’aise dans une vie « normale ». Sachiko, quant à elle, prend en main son avenir. Ranzô évolue également. Ainsi, l’auteure s’attarde sur la fragilité de l’estime de soi, la contiguïté entre bonheur et malheur, la difficulté à sortir d’une relation toxique et dépendante. Elle aborde également le sentiment de culpabilité.

La mangaka a un trait épuré. Elle le simplifie discrètement dans les passages humoristiques. Elle retranscrit l’ambiance dramatique du récit en jouant principalement sur les contrastes noir et blanc, en particulier avec les trames d’ambiance très sombres qui semblent envahir les espaces. En plus, un fond noir marque également les flash-back. Par ailleurs, les trames sont très variées. Les décors soignés qui apparaissent sur les plans larges ajoutent une note réaliste. Psyche Delico sensei propose une mise en page très dynamique, avec des superpositions, des sorties de cadres et des angles de vue variés. Dans les scènes érotiques, elle censure à peine les parties intimes mais utilise des contours discontinus et des cadrages pour limiter leur exposition.

En résumé

Iida Yukinari qui enquête sur l’affaire de corruption de Honda Kôzô, recueille en fin de compte Tôma Ranzô et Ikurô qui fuyaient leur manoir en flamme. Le journaliste se trouvait sur les lieux car son ami d’université semble impliqué dans l’affaire. Dans la voiture, Ikurô, complètement sonné, se souvient alors de ses sentiments ambivalents pour Miyama Norihiko. Il réalise qu’il apprécie les mains du majordome au point d’accepter que ce dernier lui donne la mort. Soudain, il panique de l’avoir repoussé dans la cage en flamme et cherche désespérément à le rejoindre. Pendant ce temps-là, au manoir, Nishimura Ken’ichi tente de sauver Norihiko qui a réussi à sortir de sa prison mais ce dernier le poignarde avant de disparaître…

En conclusion

Ce tome obtient la neuvième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2023. Psyche Delico sensei conclut sa série avec brio en révélant les derniers secrets de la famille Tôma. Elle incite les lecteurs à s’interroger sur le bonheur et le déroulement de la vie en oscillant constamment entre espoir et noirceur. D’ailleurs, elle offre un tome très sombre dans lequel les moments les plus lumineux semblent soudain se détacher. Ainsi, son graphisme retranscrit parfaitement l’ambiance générale. Je suis subjuguée par le style narratif de l’auteure ainsi que sa capacité à créer de la curiosité envers des personnages aussi sinistres. Une lecture intrigante!

Un assistant de rêve 1 – White Eared

un assistant de reve 1 white eared

White Eared
ISBN: 9782382881187
Kbooks, 2024
Webtoon
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Les cauchemars corrompus sont répétitifs et laissent des traces sur le corps physique. »

White Eared offre une comédie romantique avec un employé et son employeur chaman qui se provoquent constamment. Iel explique les spécificités du pouvoir de Yibeom au fil de l’apprentissage de Jeong-oh. Les quiproquos et les plans foireux portent principalement l’humour. Quand le maladroit Han élabore un plan pour taquiner ou séduire le chaman, cela se retourne contre lui. Shin reste dans le déni de son attirance qui se développe en côtoyant le volontaire étudiant. L’auteur.e dévoile au fur et à mesure le passé des personnages, maintenant un certain suspense autour des complexes de Yibeom. Iel crée quelques tensions avec le frère aîné Shin Yihyung. Ainsi, iel aborde la difficulté à s’intégrer dans une famille adoptive, l’influence des rêves et des cauchemars sur la santé.

White Eared a un trait épuré et anguleux. Iel le simplifie dans les passages humoristiques, dessinant des personnages en adorables SD. Les couleurs, plutôt en aplat, utilisent tout de même quelques dégradés au ton approchant pour marquer les ombres et donner du volume. Les décors détaillés alternent avec les couleurs d’ambiance. Par ailleurs, quelques trames d’ambiance plus graphiques (par exemple, des cœurs, des pois, des roses) renforcent les émotions. La mise en page classique propose des angles de vue variés. Dans les scènes érotiques, le.a manhwaga censure les parties intimes par un cache blanc. En fin de chapitre, il y a une image marquante du chapitre suivant. Un avertissement se trouve au verso de la couverture et du frontispice. Ce tome très épais inclut également un poster.

En résumé

Han Jeong-oh, étudiant en année de césure, postule à une petite annonce un peu particulière: assistant chaman. Même si cela paraît louche, le salaire et les conditions de travail l’intéressent. Intrigué, il se présente donc sans prévenir à l’adresse indiquée et est accueilli par une grand-mère enthousiaste qui lui confie qu’il travaillera avec son petit-fils, Shin Yibeom. Alors qu’il patientait sur la véranda, il suit un chat et surprend alors son futur employeur en pleine méditation. Ce dernier organise un entretien malgré l’indélicatesse du visiteur mais il ne l’apprécie guère. Jeong-oh devra donc faire ses preuves lors d’une prochaine séance dans deux jours.

En conclusion

White Eared a un graphisme efficace qui accompagne les différentes ambiances du récit. L’humour domine sur les passages plus dramatiques mais surprend les lecteurs en arrivant parfois dans les moments où ils l’attendent le moins. Les plongées dans les rêves s’intègrent dans le récit avec finesse. Les chapitres courts permettent de suivre le récit à son rythme. Une lecture divertissante avec un couple très dynamique.

Calling Darling, Las Vegas – Jugatsu

calling darling las vegas jugatsu

Jugatsu 十月
ISBN: 9782382763988
Hana, 2023
ISBN: 978479975459 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Un amour naissant d’un pari entre un garde du corps et un jeune propriétaire fringuant. »

Jugatsu sensei narre une romance entre un garde du corps désabusé et un patron de casino qui souhaite aider les gens à réaliser leurs rêves. Elle donne une vision un peu trop idéalisée du monde des jeux d’argent, avec Aloïs qui travaille pour le bien de la ville avant de faire des bénéfices. Jôno, qui a pourtant subi du harcèlement à cause de ses origines métissées, semble fuir son propre bonheur. Pourtant, en côtoyant son expansif patron, il va évoluer petit à petit et exprimer plus facilement ses sentiments. L’auteure sème quelques épreuves sur la route amoureuse des deux héros mais ne maîtrise pas trop l’enchainement des évènements. Elle révèle leur passé au gré de leurs discussions et de leurs jeux. Elle aborde entre autres l’exploitation des rêves, la gentillesse parfois douloureuse et blessante, le dur investissement de soi pour réussir, la difficulté d’instituer de nouvelles méthodes de management.

La mangaka a un trait légèrement épuré et anguleux, avec une touche de style shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle offre quelques pages fan service mettant en avant la plastique de ses personnages, surtout le beau Aloïs. Les trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique varie beaucoup les angles de vue. Dans les scènes érotiques, Jugatsu sensei censure les parties intimes par un cache blanc ou de larges bandelettes. Elle présente les personnages secondaires dans sa postface.

En résumé

Jôno Izaya travaille dans un casino à Las Vegas. Bien qu’il se montre stricte avec les clients violents, il fait preuve d’une grande gentillesse et s’entend bien avec ses collègues. Un jour, il protège même un jeune pickpocket en l’empêchant de commettre un vol. Depuis sa voiture, le patron du casino, Aloïs Elias Teness, le remarque et s’intéresse alors à lui, le convoquant dans son bureau. Il lui propose donc de devenir son garde du corps. Mais Jôno, influencé par les rumeurs circulant sur son patron, hésite. Alors Aloïs fait un pari avec lui: après avoir travaillé pendant deux semaines à ses côtés, s’il ne change pas d’avis, il pourra retourner à son ancien poste mais s’il apprécie ce nouveau travail, il devra accepter sa nouvelles mission.

En conclusion

Jugatsu sensei offre une romance un peu trop mièvre pour l’univers des jeux d’argent. En plus, elle annule l’effet de surprise en ne maîtrisant pas certains enchainements. Toutefois, elle se rattrape avec des histoires bonus adorables, qui collent d’ailleurs bien mieux aux caractères des personnages. Et son dessin est beau. Malgré ces petits défauts, j’ai craqué pour cette histoire mignonne et positive dès sa sortie en japonais. Je suis donc ravie de la découvrir en français. Mais je suis décontenancée par certaines erreurs et certains choix de traduction qui transforment complètement ma première impression et même l’ambiance du récit. D’autant plus que la traductrice (Valentine Seyteur) se débrouille très bien sur d’autres titres. J’avais l’impression de lire complètement autre chose et c’est bien dommage. En espérant que cela n’affectera pas autant les nouveaux lecteurs.

Des détectives au poil – Noji

des detectives au poil noji

noji
ISBN: 9782382761663
Hana, 2022
ISBN: 9784829686539 (JP)
Printemps, 2021 (JP)
Titre original: 探偵事務所の飼い主さま
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Entre deux enquêtes, Rô tente toujours de faire chavirer le cœur de son patron.

noji sensei propose de suivre différentes enquêtes en compagnie de l’excentrique Fumika et de son assistant entreprenant Rô. Elle maintient un certain suspense en révélant le passé des héros avec parcimonie. Par ailleurs, elle aborde les sujets récurrents dans les enquêtes de détectives comme l’adultère, la disparition de personnes ou d’animaux domestiques, mais s’intéresse également aux dangers auxquels les enquêteurs s’exposent. Néanmoins l’humour prime sur la romance et l’action, avec le caractère égocentrique de Fumi et son recadrage constant des avances de Rô. Le jeune assistant transforme leur bureau en ménagerie. D’ailleurs, les animaux apportent aussi une touche presque impertinente. Ainsi, l’auteure joue également sur la différence de statut social et de caractère entre les deux détectives. A travers les enquêtes, elle montre aussi les comportements parfois vils, fous ou lâches des êtres humains. Dans l’histoire bonus, elle révèle comment le couple s’harmonise enfin.

La mangaka a un trait épuré qui se simplifie dans les passages humoristiques. Les décors soignés alternent avec les trames d’ambiance graphiques. Par ailleurs, les autres trames sont variées. La mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, noji sensei s’arrête aux préliminaires. Dans les illustrations en début de chapitre, elle présente le quotidien des personnages, les intégrant parfois dans le récit. De même, elle donne des anecdotes dans des yonkoma en fin de chapitre. La couverture obtient la quinzième place au classement du Chill chill BL award 2022.

En résumé

Assistant du détective Sako Fumika, Nakamura Rô tente désespérément de séduire son patron qui le recadre immédiatement. Avec sa grande carrure et ses cheveux roses, il se fait facilement remarquer durant les filatures. Néanmoins, il a un don pour attirer les animaux. Si bien que l’agence de détectives a depuis la réputation d’être spécialisée dans la recherche d’animaux perdus. D’ailleurs, un jour, Fumi et Rô reçoivent une requête très particulière: retrouver Justine, un exotic short hair avec un collier en diamant. En effet, le félin est une célébrité sur les réseaux sociaux…

En conclusion

Malgré le format one-shot, noji sensei crée une parfaite balance entre suspense, humour et sérieux. Elle arrive même à développer plusieurs enquêtes intéressantes de par leur sujet, malgré une fin prévisible. En plus, elle recadre toujours les assauts et mauvais comportements de Rô. Je fonds pour cette mignonne comédie romantique! En plus, il y a pleins d’animaux adorables.

Kuroneko – La tourmente – Sakyo Aya

kuroneko la tourmente sakyo aya
SAKYO Aya 左京亜也
ISBN: 9782351809884
Taifu comics, 2016
ISBN: 9784403664717 (JP)
Shinshokan, 2015 (JP)
Titre original: 不機嫌彼氏のなだめ方
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Une unique et furtive nuit d’amour à l’insu de tous… »

Sakyo Aya sensei développe la relation compliquée entre Yûjin et Takamizawa. Elle alterne quelques tranches de vie et des flash-back, et reboucle ainsi en un chapitre avec les évènements se déroulant dans Kuroneko – La passion 1 et 2. Elle base donc principalement la narration du point de vue de Yûjin. L’aîné des Kagami, trop fier, n’ose pas se rebeller contre les traditions et en souffre. En outre, il n’arrive pas à se départir de sa relation hiérarchique avec son majordome malgré ses sentiments et a donc du mal à communiquer. La rebelle secrétaire, Sarah, apporte alors une touche humoristique dans cette ambiance tendue. L’auteure aborde le poids des valeurs familiales dans les grandes familles. Elle maintient un certain suspense au fil du tome en révélant l’origine des complexes de Yûjin. Par ailleurs, elle dévoile à la fin le réel caractère de Takamizawa qui se cache sous son masque impassible.

La mangaka a un trait épuré et fin. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les décors pourtant soignés situent principalement l’action. De même, les trames d’ambiance plutôt graphiques renforcent les émotions. Les nombreux flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page dynamique rythme la lecture. Dans les scènes érotiques, Sakyo sensei censure les parties intimes avec les onomatopées. Elle en intègre presque à chaque chapitre. En fin de chapitre, elle reprend une tête toute mignonne de Leo. Les illustrations en début de chapitre sont inclues dans l’histoire. Il y a en prime quelques pages couleurs au début et au milieu du tome.

En résumé

Kagami Yûjin connaît Takamizawa Ei depuis l’enfance. Il est rapidement tombé amoureux de ce dernier, qui est à moitié chat d’appartement mais qui n’arrive pas à se transformer. Bien qu’il ait couché avec lui une seule et unique fois, il s’est ensuite plié à ses obligations familiales en épousant une femme léopard. Pourtant, Takamizawa est toujours resté à ses côtés en devenant son majordome. Il l’aide même à élever son fils, Leo, depuis son divorce. En lisant le journal, Yûjin découvre alors que son frère Keiichi a pris pour partenaire un chat. Devant se rendre au Japon pour le travail, il compte bien lui rappeler ses obligations. Mais à sa grande surprise, Takamizawa lui annonce ne pas le suivre, devant voir ses parents pour un projet de mariage…

En conclusion

Ce tome obtient la treizième place du meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2016. Malgré les nombreuses scènes érotiques, j’apprécie particulièrement le changement des liens qui s’opère entre les deux héros. D’ailleurs, Sakyo sensei arrive a bien construire des amours torturés et possessifs. C’est un réel plaisir d’accompagner ces personnages attachants dans leurs émotions.

Hand wich – Suzuki Tsuta

hand which suzuki tsuta
SUZUKI Tsuta 鈴木ツタ
ISBN: 9782351806685
Taifu comics, 2012
ISBN: 9784812464625 (JP)
Takeshobo, 2006 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Un recueil d’histoires courtes sur le développement du sentiment amoureux.

Suzuki Tsuta sensei offre un recueil de plusieurs romances pour son premier manga publié. Elle se focalise principalement sur le développement des sentiments amoureux. Néanmoins, elle n’approfondit pas le sujet à cause du format très court. Les deux premières histoires s’intéressent à un groupe d’amis dans lequel des couples se forment, mettant en avant les questionnements sur l’attirance. En effet, Udaka et Kuroshima cachent plus ou moins leur homosexualité alors que Takada affirme clairement sa bisexualité. Sawazu va réaliser quant à lui la primauté des sentiments sur le genre. Dans « Un coeur déterminé » puis « Force d’attraction à 10 mètres de distance », développés en deux chapitres, l’auteure alterne les points de vue des protagonistes. Ainsi, elle met en avant des uke plutôt maladroits pour exprimer leurs sentiments. La quatrième histoire se dénote des autres récits, avec une relation plutôt ambiguë mais une excellente surprise au final.

La mangaka a un trait légèrement épuré et anguleux. Elle fait passer les expressions principalement par le travail des regards. Même si ses personnages rougissent facilement, ils dégagent une certaine maturité. Les décors situent l’action. De même, les trames d’ambiance se font discrètes. Suzuki sensei censure les scènes érotiques en jouant sur les angles de vue et les cadrages. Toutefois, les images restent assez suggestives. La postface en manga apporte une touche humoristique. Sous la jaquette, il y a un dessin sexy et au verso du livre, une étiquette amusante qui s’adresse aux lecteurs.

En résumé

Hand which: Lors d’une soirée de beuverie avec ses amis, Sawazu déclame haut et fort qu’il veut devenir gay après s’être fait plaquer par sa petite amie. Le lendemain matin, il se réveille complètement nu aux côtés de son discret ami Udaka…
Shake hand / Bonus: Kuroshima a toujours été le confident d’Udaka. Mais en réalité il est amoureux de lui. Maintenant que son ami sort avec Sawazu, il essaie d’oublier sa jalousie. Un soir, il invite Takada à dîner pour tromper sa peine. Mais son ami ayant deviné son secret, commence à l’aguicher…
Un cœur déterminé / Des paroles précises: Chikuba surprend un salaryman, qui vient de lui acheter un bento avec un air dégouté, en train de donner la viande à un chaton abandonné. Comme Tsuzuki est allergique aux chats, il lui propose alors de s’en occuper et lui offre en échange un autre repas. Mais le salaryman récemment divorcé est très difficile sur les aliments. Le traiteur décide donc de relever le défi de le faire manger.
Je m’en remets à vous: Iwata écrit des livres pour enfants mais passe ses nerfs sur Aono, qui s’occupe des tâches ménagères. Ce dernier, amoureux, commence même à apprécier les coups de l’écrivain…
Force d’attraction à 10 mètres de distance / 8 mètres en ligne droite: Hideaki est envoyé chez son voisin pour récupérer les sous-vêtements de sa mère qui sont tombés. Mais il surprend Kameoka Bunzô en plein ébat avec un homme.

En conclusion

Réalisé à ses débuts, on sent parfois quelques faiblesses dans l’enchaînement des scènes mais le graphisme déjà maîtrisé permet de se plonger sans problème dans ces histoires courtes. On retrouve déjà les bases du style de l’auteure: une pointe de comédie dans des récits dramatiques ou romantiques. Une lecture facile qui nous livre un agréable divertissement.