Black or white 4 – Sachimo

black or white 4 sachimo
Sachimo さちも
ISBN: 9782368777589
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784041094792 (JP)
Kadokawa, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Shige perd ses repères tandis que Shin s’ouvre de plus en plus.

Sachimo sensei recentre son récit sur le couple. Elle présente de nouvelles facettes des deux héros. Elle dénonce en parallèle l’influence des critiques du public qui juge sévèrement l’acteur. Ainsi, Shige sombre dans la frustration et le désarroi. En effet, sa jalousie exacerbe sa possessivité et une certaine violence. En plus de perdre confiance en lui, il devient presque paranoïaque en voyant des rivaux partout. De même, il perd sa motivation principale en réalisant que Shin a d’autres protecteurs. Heureusement, divers soutiens discrets tentent de l’orienter. Comparé au tome précédent, l’humour se fait plus discret, plutôt porté par Hanasaki. L’auteure dévoile encore quelques brides du passé des deux amants. Elle aborde les difficultés à se plonger dans un nouveau rôle et l’impact que cela peut avoir sur la personnalité. Ainsi, les deux acteurs sont amenés à sortir de leur zone de confort en interprétant des rôles contraires à leur habitude.

La mangaka a un trait épuré assez classique. Elle le simplifie dans les passages humoristiques et n’hésite pas à transformer les personnages en semi super deformed. Les visages très ovales s’arrondissent alors, donnant un côté trop mignon. Les trames d’ambiance appuient parfaitement les émotions et alternent avec les décors. De même, les flash-back sont facilement repérables avec leur fond noir. La mise en page oscille entre classique et dynamique. Sachimo sensei censure les scènes érotiques avec des caches blancs recouvrant les parties génitales. Les onomatopées viennent même les recouvrir.

En résumé

Suite à la mauvaise audience du dernier drama dans lequel il a joué, Ôsawa Shige voit sa popularité chuter. Le président de son agence, Asakusa, le réprimande sur sa mauvaise performance mais cherche d’autres moyens pour exploiter son beau physique autant que possible, sans tenir compte de ses compétences. Mais pour la prochaine série, l’acteur joue avec Tatara Kengo. Ce dernier, remarquant sa perte de motivation et de confiance, le menace de révéler sa relation avec Washimiya Shin. Quand SHige rentre à la maison, il trouve son petit ami dans les bras de Hanasaki Tôri. Fou de rage, il décide alors de le punir dès le départ de l’idole…

En conclusion

Malgré son comportement, Shige devient touchant. Il semble considérer son amour pour son petit-ami comme un sacrifice. Par conséquent, il n’arrive plus à ressentir l’affection que lui porte son bien-aimé, aveuglé par sa piètre opinion de lui-même. J’ai l’impression qu’à force de jouer un rôle même dans la vie courante, il se trouve complètement perdu. Pourtant, il semble cacher un réel potentiel pour la suite. Tout comme Shin, j’ai envie de le soutenir et l’encourager. L’auteure arrive à provoquer beaucoup d’empathie pour ses personnages. Un réel bonheur à suivre leurs aventures!

10 dance 5 – Inoue Satoh

10 dance 5 inoue satoh
INOUE Satoh 井上佐藤
ISBN: 9782368777572
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784065167311 (JP)
Kodansha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

Suzuki arrivera-t-il à devenir le dieu de la danse comme l’espère Sugiki?

Inoue Satoh sensei présente le système des compétitions en nous plongeant directement dans un concours de danse. Elle s’intéresse d’abord à l’organisation, l’ambiance, aux sensations des compétiteurs et des juges. Par ailleurs, elle enchaîne les explications avec fluidité au fil des réflexions des personnages, sans interruption. Les danseurs rivalisent pour capter l’attention du public. Ainsi galvanisés entre défis et performances, ils se provoquent entre eux, incitant à se surpasser ou au contraire cassant le rythme. Le retour aux bases de Shinya permet de mettre en avant la différence d’appréciation entre public et jury. Comme dans le tome précédent, l’auteure continue de développer la relation entre les deux héros. Elle décrit avec finesse la difficulté à gérer leurs émotions. En effet, Sugiki se perd dans l’intensité de ses sentiments entre possessivité, dominance, attirance sexuelle, tandis que Suzuki préfère fuir l’évidence.

La mangaka a toujours un trait fin et réaliste. Néanmoins, elle exagère les expression en les simplifiant, augmentant l’impact humoristique. Elle travaille encore la sensualité des mouvements de danse latine. Les costumes et les décors sont soignés et variés. Par ailleurs, la mise en page très dynamique utilise la largeur des cases ou des pages pour exprimer l’ampleur des mouvements. Inoue sensei préfère transcrire la tension entre les personnages dans le seul passage érotique du tome, ne dessinant pas les organes génitaux. Elle donne des explications sur la création à la fin du tome. Sous la couverture, elle présente deux planches encore en croquis supprimées du chapitre 26. La jaquette ouverte reprend l’illustration du frontispice.

En résumé

C’est l’effervescence avant le grand prix du Japon. Le public attend beaucoup des têtes d’affiche de l’Open d’Asie, les champions du monde Alberto et Dolorès Bemer ainsi que les seconds, le couple formé par Gabriel Wilkins et Chloe Lindley. Depuis l’interview de Suzuki Shinya, le journaliste Mukai espère le voir battre les meilleurs. Mais son collègue Urashima essaie de lui faire comprendre qu’il sera malheureusement toujours troisième, d’autant plus qu’il fait partie des têtes de série. Même le directeur de la compétition, Matsunaga, incite le danseur à seulement défendre sa place. Pourtant, Sugiki Shinya a hâte de voir le féroce et terrible dieu de la danse qu’est devenu son ami. Contre toute attente, alors que son père fait parti du comité exécutif de la compétition, Suzuki décide de trahir ses attentes en participant aux premières séries de qualification avec Tajima Aki.

En conclusion

Ce tome a obtenu la dix-septième place de la meilleure série au Chill Chill BL award 2020. L’image dans laquelle Suzuki offre son cœur au public est à la fois magnifique et terrifiante. En plus, la fin du tome est riche en émotions et en rebondissements, faisant tomber d’un seul coup toute la tension accumulée durant la lecture. J’aime beaucoup l’image de l’amour donnée par les deux héros. En effet, leur admiration mutuelle les invite à surpasser l’autre mais le sentiment amoureux, bien que motivant, symbolise également une défaite car cela implique de céder à l’autre. Je trouve la réaction des deux partenaires très réaliste et logique. Laissez donc palpiter votre cœur en admirant Al, Gabe et Shinya danser!

Dancing colors – Furukawa Tasuku

dancing colors furukawa tasuku
FURUKAWA Tasuku フルカワタスク
ISBN: 9782368775516
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784396783716 (JP)
Shodensha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Une relation compliquée entre deux danseurs opposés.

Furukawa Tasuku sensei offre une romance passionnée dans l’univers des clubs de pole dance. Elle décrit ce milieu avec finesse, abordant la pression de la concurrence, le surpassement de soi, la gestion de carrière, l’exploitation et la forme artistique. La narration alterne entre les deux héros, mais ne dévoile pas pour autant tous leurs secrets. L’évolution de leurs sentiments tout en douceur et leur attirance beaucoup plus violente installent une certaine tension. Kô, prisonnier d’une promesse faite à son père, et Nagisa, sous-estimant ses capacités, vont s’ouvrir l’un à l’autre. Ainsi, ils développent mutuellement leur art, leur admiration réciproque les entrainant dans la passion. L’auteure arrive à transcrire parfaitement les sentiments des protagonistes, le désespoir qui les ronge mais surtout l’alchimie que les deux héros dégagent en dansant. Malgré un premier rapport au consentement flou, elle évite de romantiser ou de sombrer dans le mélodrame en insufflant suffisamment de regrets.

La mangaka a un trait fin et épuré. Elle dessine des yeux très effilés avec un petit iris et une minuscule pupille. Pourtant, en exagérant les expressions, elle arrive à transcrire parfaitement les émotions de ses personnages. La musculature des danseurs est bien rendue, ainsi que la sensualité de certains mouvements. Avec ses tenues extravagantes et ses expressions simplifiées, Shige apporte une touche humoristique discrète à ce récit plutôt sombre. La mise en page est d’ailleurs dynamique. Furukawa sensei apporte un soin particulier au travail des trames pour rendre le jeu des lumières et la brillance des costumes. De même, elle détaille les décors. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties génitales par des formes blanches.

En résumé

Dans le club de pole dance Grand Blue, Hayami Kô est considéré comme le meilleur danseur même s’il dégage une certaine noirceur avec son cache sur l’œil. Ce métier est en fait l’héritage que lui a laissé son père, également danseur, décédé lors d’un tragique incendie. En difficulté financière, le gérant, Shige, a embauché un nouveau danseur populaire, Nagisa. Mais ce dernier ne prend pas beaucoup au sérieux son travail, ce qui lui attire les critiques de Kô. En plus, il finit toujours au lit avec son manager, Kazumi, un homme marié. Mais après avoir observé Kô danser, Nagisa met de côté sa vanité et lui demande un entrainement, conscient de ses lacunes. Les deux danseurs se rapprochent peu à peu et un soir, Kô le rejoint sur scène sans prévenir, ayant envie de danser avec lui.

En conclusion

Pour son premier manga, l’auteure maîtrise déjà son graphisme et son scénario, même si la sensualité des mouvements de danse n’atteint pas la qualité de 10 dance d’Inoue Satoh. Ce one-shot est agréable à lire et offre un couple attachant et émouvant. J’adore Shige qui détend un peu l’atmosphère, mais surtout, qui représente un manager honnête et à l’écoute.

Lost virgin – Nagi Wataru

lost virgin nagi wataru
NAGI Wataru 那木渡
ISBN: 9782368777619
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784801965553 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Un homosexuel refoulé trouve le grand amour avec un travesti.

Nagi Wataru sensei propose de suivre un couple original avec un acteur homosexuel inavoué, Emoto Takeru, et un travesti, Kirishima Chôji, alias Chôko. La narration donne le point de vue d’Emoto, qui a développé une violente homophobie. Les deux artistes, légèrement perdu dans leur sexualité, vont évoluer ensemble. Ainsi, Chôji est très ouvert comparé à son partenaire qui s’interroge beaucoup sur ses sentiments. L’auteure s’intéresse donc aux problèmes d’identité sexuelle, aux réactions violentes que peut engendrer un rejet, à la difficulté de distinguer réalité et fiction. Elle développe le passé d’Emoto pour mieux comprendre ses réactions. De même, elle oppose le comportement de Kirishima avec celui de Matsuzaka Keishi, jouant sur le contraste de leur carrure. Chôji et Takeru préfèrent partager le plaisir dans leurs rapports charnels. Un chapitre met en avant les héros de Passions réfrénées, permettant de découvrir ce qu’ils sont devenus six mois plus tard.

La mangaka a un trait épuré et plutôt fin. Elle utilise beaucoup de trames variées ainsi que quelques trames d’ambiance plus graphiques. Cependant, elle essaie de rester réaliste. Certaines cases offrent des angles de vue originaux. Pourtant, la mise en page est déjà très dynamique. Nagi sensei ne censure pas du tout les scènes érotiques. Elle les détaille même avec des angles de vue mettant parfois en valeur les attributs masculins. Elle inclut également quelques coupes intérieures. A la fin de certains chapitres, une planche humoristique avec Chôko en héroïne nous apprend un peu de vocabulaire et dévoile les goûts du travesti.

En résumé

Emoto Takeru, acteur en vogue, affiche clairement son homophobie devant son nouveau manager Nishizawa ou avec le travesti vedette Chôko, alias Kirishima Chôji. En réalité, il refoule désespérément son homosexualité. Depuis qu’il a agressé Wakamiya Kurama à l’université, il cherche à s’excuser auprès de lui. Comme le jeune homme est devenu un styliste réputé, il n’ose pas l’aborder, passant pour un stalker. Mais quand Chôko l’oblige à s’expliquer en partageant un verre dans un bar, il finit par révéler qu’en tant qu’homosexuel inavoué, il a du mal avec les personnes assumant leur sexualité différente. Ivre, il se laisse alors cajoler par le travesti et finit même par coucher avec lui…

En conclusion

Ce spin-off a obtenu la neuvième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2020. Même si les sentiments des personnages se développent vite, il est agréable de voir un homophobe se remettre en question et mettre des mots sur son mal-être au fur et à mesure qu’il s’épanouit dans une relation amoureuse partagée et rapidement consentie. De même, j’apprécie Chôji à la virilité débordante mais qui se contient pour ne pas brusquer son amant. Leur amour et leurs ébats sont aussi torrides que leurs sentiments longuement refoulés. L’auteure arrive réellement à traiter des thèmes sérieux tout en intégrant un grand nombre de scènes érotiques. Personnellement, j’adore, tout simplement!

10 dance 4 – Inoue Satoh

10 dance 4 inoue satoh
INOUE Satoh 井上佐藤
ISBN: 9782368777336
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784065114667 (JP)
Kodansha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Après un baiser dans le feu de l’action, les deux danseurs se perdent dans leurs sentiments.

Inoue Satoh sensei s’intéresse un peu plus à l’évolution de la relation entre Suzuki et Sugiki. Les deux hommes réalisent peu à peu leur attirance mutuelle mais leur passion de la danse les freine. Justement, le danseur de danse latine va énormément changer, suite à sa rencontre avec les champions mondiaux de danse latine, Alberto et Dolores Bemer. Grâce à ce couple, l’auteure développe les différences entre les formations, l’esprit de compétition, l’investissement physique et psychologique que demande la préparation. En parallèle, elle montre les difficultés à concilier vie privée et entrainement intensif, l’importance de la connexion entre partenaires de danse, l’influence du guidage et le lien entre les différents types de danses. Elle dévoile également l’enfance et l’adolescence de Suzuki, abordant légèrement la culture cubaine et les contraintes sociales et politiques de ce pays. L’histoire bonus hilarante met en scène les danseurs découvrant les bas résille.

Comme dans le tome précédent, la mangaka travaille avec soin les détails comme les changements et les petits gestes. Ainsi, elle rend parfaitement les conversations du regard entre les personnages. De même, elle joue sur les différentes expressions de Fusako, ajoutant même un chapitre où la danseuse doit s’entraîner. Les mouvements de danse sont toujours bien découpés. Le ressenti des personnages et les connexions s’expriment même de manière figurée. D’ailleurs, les trames d’ambiance arrivent aussi à transcrire les conflits intérieurs, contrastant avec les images. Inoue sensei fait apparaître des grenouilles autour de Sugiki pour transcrire les questionnements : l’humour graphique devient donc discret. Sous la jaquette, elle offre une histoire délirante avec Félix, l’ami d’enfance de Suzuki.

En résumé

Suzuki Shinya a du mal à réaliser qu’il a embrassé Sugiki Shinya. Cela le perturbe au point de perdre sa concentration à l’entrainement. En plus, Sugiki ayant l’habitude de fréquenter des homosexuels depuis l’enfance, est persuadé que son ami est gay. Les deux hommes redoutent de se voir au cours suivant. Yagami Fusako commence à trouver leur comportement louche. Mais face à un Sugiki nonchalant, Suzuki ressent à la fois de la peine et une certaine frustration. A la pause, Sugiki apprend alors par Aki que Shinya n’a aucune attirance pour les hommes. Alors pourquoi ce baiser fougueux ?

En conclusion

Ce tome a obtenu la onzième place de la meilleure série au Chill Chill BL award 2019. La romance s’accélère mais la compétition approche. Ce couple qui se tourne autour est tellement craquant. Le comportement contradictoire de Suzuki, avec son machisme confronté à ses sentiments, est hilarant. Vive la danse !

10 dance 3 – Inoue Satoh

10 dance 3 inoue satoh
INOUE Satoh 井上佐藤
ISBN: 9782368777299
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784065101476 (JP)
Kodansha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Sugiki est bien décidé à faire reconnaître le talent de Suzuki.

Inoue Satoh sensei fait évoluer doucement les sentiments entre ses personnages. A travers le regard d’autres danseurs, comme Nino et Norman Owen, ou les médias représentés par Urashima et Mukai, elle décrit les petits changements de leur relation et la perception de ces deux talents. Comparé au tome précédent, les deux héros se disputent moins, apprenant à se connaître. Ainsi, leur incompréhension du sentiment amoureux quand ils sont concernés contraste avec le jeu de séduction qu’ils pratiquent lors des danses, l’excitation portant à confusion. Par ailleurs, l’auteure dévoile un peu leur enfance et leur vision de la danse. Elle donne des explications sur les compétitions internationales de danses et comment Sugiki gagne sa vie. Elle joue aussi sur l’ambivalence de Suzuki, perçu par certains comme un surdoué ou au contraire, par d’autres, comme quelqu’un de vulgaire ne respectant pas les règles.

Malgré un trait légèrement épuré, la mangaka conserve un graphisme plutôt réaliste. Elle rend particulièrement bien les différents muscles, ainsi que leurs mouvements. Le style, le dessin et la mise en page sont surtout au service de la narration. Même les détails en arrière-plan sont mobiles comme par exemple les servals ou les spectateurs. Inoue sensei maîtrise la répartition des trames; de même, elle utilise toujours les trames d’ambiance dans un contexte précis, avec parcimonie. Elle joue sur les angles de vue, en plongée et contre-plongée, augmentant la magnificence des danses ou en mettant en parallèle certaines scènes. Les pas et les mouvements sont décomposées avec finesse. Suzuki cumule les poses lascives. Sous la jaquette, les personnages se plaignent à l’auteure des poses à prendre pour réaliser couverture et illustrations.

En résumé

Au matin, Sugiki Shinya et Suzuki Shinya sont réveillés par des passants dans le parc. En effet, ils se sont endormis dans la neige après avoir dansé toute la nuit. Sugiki regrette que son partenaire soit un homme, alors qu’il a enfin trouvé quelqu’un aussi endurant que lui, qui accepte de s’entraîner sans relâche. A l’entrainement le soir même, Suzuki et Tajima Aki éprouvent encore quelques difficultés avec le temps de la valse. Quant à Sugiki et Yagami Fusako, ils n’arrivent pas à être sensuel durant les danses latines. Suzuki leur suggère donc de jouer la comédie. Mais Sugiki, trop direct avec les femmes en général, ne dégage aucun charme. En échangeant le rôle féminin chacun leur tour, les deux hommes tentent de développer leur jeu de séduction en dansant sur de la rumba. Et soudain, Sugiki se laisse complètement prendre par son rôle à la surprise de son partenaire.

En conclusion

Ce tome a obtenu la onzième place de la meilleure série au Chill Chill BL award 2018. L’auteure arrive à transcrire l’influence réciproque entre ses deux héros aussi bien dans leur comportement que graphiquement. Elle exprime parfaitement la tension entre eux. Le lecteur se laisse donc facilement happer par leurs joutes. Je ne me lasse pas de leurs aventures!

Black or white 3 – Sachimo

black or white 3 sachimo
Sachimo さちも
ISBN: 9782368777206
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784041086032 (JP)
Kadokawa, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Shige et Shin sur le même plateau mais adversaires.

Comme dans le tome précédent, Sachimo sensei continue à développer le rôle du manager en s’intéressant particulièrement à Umejima et Kôsuge. Même si leurs gestions diffèrent, ils ont le même objectif. Cependant, Kôsuge, sensible aux humeurs de son poulain, s’intéresse beaucoup à Shin, ayant compris son influence. Umejima préfèrerait se débarrasser des problèmes à venir mais comprend qu’il pourrait perdre sa vedette en devenir. L’auteure partage les pensées et points de vue des différents personnages, permettant de donner un aperçu des regards extérieurs. Elle introduit quelques passages humoristiques, même dans les scènes érotiques. Elle développe l’évolution des sentiments du couple. Alors que Shin devient entreprenant et exprime clairement son désir, l’amour de Shige devient presque obsessionnel. Leur lien devient de plus en plus fort. L’histoire bonus montre le contraste entre l’image publique pure et princière d’Ôsawa et son comportement pervers avec son petit ami.

La mangaka n’hésite pas à simplifier ses traits dans les passages humoristiques et exagérer les expressions. Les personnages sont tellement mignons dans ces scènes, représentés tout en rondeur. Elle soigne particulièrement les regards. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page dynamique joue beaucoup sur les vides, les cadrages et les angles de vue. Une certaine sensualité se dégage des scènes érotiques, tout de même censurées. Sachimo sensei suggère les organes sexuels par des trames ou des formes blanches. Sur les couvertures, elle joue sur les contrastes noir et blanc, semblant changer la couleur des vêtements selon le contenu du tome.

En résumé

Washimiya Shin participe à une émission de variétés en prime time à laquelle est présent Ôsawa Shige. Pour le déstresser, Tatara Kengo lui donne le même conseil que son petit ami: jouer la comédie. Le groupe d’idols ODD participe également au quiz. Dès le début de l’émission, Tatara soutient son équipe en taquinant Washimiya et Hosoda Daichi. Mais à une question, Shin se fait remarquer en levant la main au lieu d’appuyer sur le buzzer. Sa réaction charme immédiatement le public. Shige vient alors à sa rescousse en répondant à sa place. Néanmoins, durant l’émission, les amoureux jettent souvent un regard en direction de l’autre. Tandis que Washimiya jalouse l’actrice Horikiri Mai, Ôsawa lance des regards noirs au tactile vétéran. Mais leurs managers remarquent leur petit manège. A la pause, Shige laisse éclater sa jalousie dans les coulisses dès que Shin le rejoint. Mais Tatara a tout entendu.

En conclusion

Ce tome n’est pas classé au Chill Chill BL award 2020 mais les lecteurs le citent parmi les meilleures séries au scénario captivant. Il faut dire que l’auteure maîtrise bien l’équilibre entre romance et évolution des personnages, avec une touche constante de suspense. Elle offre une approche plutôt réaliste et ne tombe pas dans le mélodrame. Je tremble pour le couple à chaque page tournée…

Black or white 2 – Sachimo

black or white 2 sachimo
Sachimo さちも
ISBN: 9782368776667
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784041076248 (JP)
Kadokawa, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Shin commence à avoir du succès…

Après avoir abordé leur passé, Sachimo sensei s’intéresse à la dépendance entre les deux héros. Elle développe plus les personnages secondaires. Ainsi, Hanasaki, confident de Shin, apporte une touche humoristique. Tatara, dont Washimiya est fan, explique comment faire sa promotion via le networking. De même, Hosoya représente le modèle type de l’idol employé comme acteur principal alors qu’il n’en a pas forcément le niveau. L’auteure dépeint ainsi le rôle de certaines agences qui privilégient l’image et le business sans tenir compte des compétences ou des affinités de leurs artistes, les considérant comme de la simple marchandise. Elle décrit aussi la concurrence et la médisance entre acteurs. Face au succès grandissant de Shin, Shige se montre de plus en plus possessif, n’arrivant pas à contrôler sa jalousie. Et son petit ami prend conscience que sa réussite implique des limites. Un chapitre bonus narre le fantasme de Shige sur les costumes.

La mangaka a un trait fin épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, arrondissant les visages et les yeux. Parfois, les personnages deviennent même SD. Les trames d’ambiance alternent souvent avec les décors. Cependant, Sachimo sensei préfère jouer sur les contrastes clairs-obscurs et le noir et blanc. La mise en page est discrètement dynamique. L’illustration en couleurs représentant les personnages en kimono en début de tome met en valeur le style de l’auteure. La censure cache les organes sexuels par des caches blancs. Néanmoins, certains détails se devinent par le jeu de trames.

En résumé

Après avoir fait l’amour pour la première fois, Washimiya Shin se remémore sa dernière année au lycée avec Ôsawa Shige. Timide, il effrayait ses interlocuteurs par son regard gêné. Comme il bégayait, il avait peu d’amis, d’autant plus qu’il était mal à l’aise avec les garçons. Un jour, il remarque que Shige joue en réalité le garçon avenant quand il est entouré de filles. Il lui propose donc de rejoindre le club de théâtre. Malheureusement, pour la fête de l’école, les membres du club étant peu nombreux, ils n’obtiennent pas l’autorisation pour jouer leur pièce. Shige propose alors de le faire dans leur salle de club. Par la suite, alors que les deux garçons rangent la salle de club pour la léguer au club de shôgi, Shin demande à continuer à être ami avec Shige. Mais ce dernier refuse avant de lui déclarer son amour.

En conclusion

Comme dans le tome précédent, la mangaka apporte un regard assez réaliste sur le show-business. Elle arrive à équilibrer humour et situations tendues, maintenant le suspense au fil des chapitres. La tendresse dans le couple est touchante. Même les lecteurs ont envie de protéger leur amour!

Black or white 1 – Sachimo

black or white 1 sachimo
Sachimo さちも
ISBN: 9782368776550
Boy’s live IDP, 2019
ISBN: 9784041067222 (JP)
Kadokawa, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Les aventures de deux acteurs homosexuels qui doivent concilier carrière et vie privée.

Sachimo sensei narre les difficultés d’un couple d’acteurs homosexuels. Elle s’intéresse à l’influence des réseaux sociaux et des journalistes sur la carrière, les effets de modes et les difficultés d’être homosexuel dans ce milieu, en particulier lorsque le physique est source de succès. Ainsi Shige a clairement conscience que son succès sera éphémère. De même, Tatara Kengo représente l’acteur sur le déclin qui tente de se refaire. L’auteure développe également la psychologie de ses personnages. Elle joue sur les contrastes entre images publiques et privées: Shige cache son côté sombre et Shin devient très lumineux une fois à l’aise. Par ailleurs, Kazushige se bat contre ses sentiments contradictoires. Shin s’affirme grâce à son ami gay, Hanasaki, membre du groupe d’idols ODD. La relation du couple s’épanouit dans le respect de l’autre, le soutien, le consentement et la communication. L’histoire bonus raconte avec humour comment Shige gère son abstinence forcée.

La mangaka utilise des traits épurés et fins. Elle les simplifie pour renforcer les expressions ou dans les passages humoristiques. Les personnages ont des yeux fins tout de même expressifs, des carrures plutôt sveltes et finement musclées. Les protagonistes en SD dans la postface sont adorables. Les trames d’ambiance assez discrètes alternent avec les décors. Les noirs et blancs ou les clairs-obscurs jouent sur les contrastes et l’équilibre. La mise en page est dynamique. La couverture reprend le thème du noir et blanc. Pour l’instant, les scènes érotiques évitent de montrer trop de détails grâce aux cadrages et aux choix de positions.

En résumé

Tatebanashi Kazushige et Himemiya Shin sortent ensemble depuis la fin du lycée et vivent ensemble. Cependant ils n’ont pas encore consommé leur amour car Shin a peur de passer à l’acte. Alors Shige se retient, se contentant de baisers langoureux et de plaisirs solitaires. Cependant, tous deux sont acteurs mais leurs carrières s’opposent. Tandis qu’Ôsawa Shige passe pour un prince, cumulant les rôles populaires, Washimiya Shin joue souvent des rôles de méchants à cause de sa timidité et son côté taciturne, entraînant l’antipathie de son entourage. Pourtant, ce dernier travaille dur. Néanmoins, leur relation secrète menace cet équilibre. Réalisant la frustration sexuelle de son petit ami, Shin décide de faire plus d’efforts pour passer à l’acte.

En conclusion

Bien que non classée au Chill chill BL award de 2019, ce tome a été beaucoup cité comme série palpitante par les lecteurs. La relation entre les deux héros est déjà établie dès le début. Tout l’intérêt se trouve dans l’évolution de leurs liens confrontés aux difficultés du succès et comment Shin s’ouvre aux rapports charnels. Une certaine tension se dégage du récit, comme une bombe prête à exploser avec leur secret. Cependant, leur relation est tellement adorable, le jeu des opposés (managers, caractères, carrières, comportement) tellement entraînant! Beaucoup de détails apparaissent à la relecture. Un manga que je recommande!

The song of Yoru & Asa Ec – Harada

the song of yoru and asa ec harada
Harada はらだ
ISBN: 9782368777077
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784801964365 (JP)
Takeshobo, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Asaichi et Yoru filent enfin le parfait amour. Réussiront-ils à percer avec leur groupe?

Dans un commentaire, Harada sensei demande de prendre ce tome comme un rappel à un concert. Elle offre des histoires mieux construites que dans le premier tome. Ainsi, les évènements s’enchaînent plus naturellement. L’auteure décrit l’univers musical indépendant, l’apport des réseaux sociaux pour l’autopromotion mais également leurs risques. Elle questionne les doutes sur la carrière: le problème de la stabilité introduit par l’ancien bassiste Yûji, les différences d’ambition portées par le mâture Hirukawa et la pression familiale avec la petite amie de Kayoi. De même sous la jaquette, deux planches abordent avec humour les discussions du groupe sur les rappels et les changements de style des rockeurs vieillissants. Bien que Yoru et Asaichi partagent de plus en plus leurs sentiments, leurs caractères sont toujours aussi tordus. L’introduction de Hiyori montre les extrêmes de certaines fans hystériques dans une approche assez réaliste.

La mangaka utilise des traits fins et les simplifie dans les moments humoristiques. Elle illustre graphiquement l’imagination folle de Hiyori. Ses personnages ont des muscles fins et bien dessinés. Les décors bien répartis alternent avec quelques trames d’ambiance. Même si la mise en page semble assez classique, les angles de vue variés la rendent dynamique. De plus, le travail des contrastes jouent sur les trames et les aplats. Le découpage cinématographique donne une certaine sensualité aux scènes érotiques. Ces dernières ne sont pas censurées, mais parfois des phylactères cachent quelques détails. Malgré leur nombre, elles sont bien intégrées.

En résumé

Le rêve d’Asaichi d’un concert de son groupe au Budôkan tourne au cauchemar, le réveillant. Le chanteur surprend alors Yoru en train de le sucer et ne résiste pas à ses avances. Ils arrivent donc de justesse au studio. En effet, le groupe aspire à un peu plus de succès et s’entraine ardemment. Mais en rentrant le soir, le bassiste prévient son amant qu’il est harcelé par une fan depuis quelques jours. Asaichi lui donne alors le double des clés de son appartement, l’invitant à partager sa vie. Devant sa joie, il ne peut se retenir de l’embrasser devant la porte. Mais la fan en question les a vu!

En conclusion

En écrivant cette suite, Harada sensei démontre tout son talent pour à la fois écrire des histoires très sexe mais au scénario bien développé. L’équilibre permet au lecteur de se plonger plus facilement dans le récit et de s’attacher aux différents personnages. La série est classée 17ème au Chill Chill BL award 2019. Quel plaisir de retrouver ce duo particulier et de découvrir leur évolution. Une excellente lecture!