Rendez-vous à Udagawachou – Hideyoshico

rendez vous a udagawachou hideyoshico

Hideyoshico 秀良子
ISBN: 9782368775158
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784396783242 (JP)
Shodensha, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandantion: un peu

Pourquoi un garçon populaire au lycée s’habillerait-il en fille?

Hideyoshico sensei invite les lecteurs à réfléchir sur la beauté et le travestissement. Elle développe la relation entre deux lycéens qui découvrent leur sexualité et se confrontent à leurs sentiments. Tandis que Yashiro s’initie dans le doute au plaisir du travestissement, ayant du mal à assumer cette partie de sa personnalité, Momose s’interroge sur ses sentiments, ayant eu le coup de foudre pour le lycéen habillé en femme. L’auteure oblige ses personnages à se questionner sur leur sexualité, sur l’homosexualité, mais également sur leur comportement en les plongeant dans des introspections. Elle alterne la narration entre ses deux héros. Maladroit, grand et taciturne, Momose a du mal à communiquer et a tendance à imposer ses désirs. Grâce à Yashiro, il va apprendre à discuter et être plus doux. Car le travesti exprime clairement son non-consentement et la violence qu’il ressent quand on le force.

La mangaka a un trait épuré assez anguleux et particulier. Ses personnages sont plutôt longilignes. Par ailleurs, elle travaille les tenues. De même, les décors sont plutôt soignés mais se contentent de situer l’action. En outre, les trames d’ambiance alternent avec les vides et les blancs, donnant un style assez dépouillé. Les scènes érotiques évitent la censure grâce à ce style de traits simplifiés. Hideyoshico sensei glisse quelques touches graphiques humoristiques pour détendre l’atmosphère générale assez tendue du manga. Par exemple, une passante porte un chapeau à l’effigie de la célèbre série de robot Gundam. Elle donne également quelques anecdotes de création dans la postface sous la jaquette. Des photos de Shibuya séparent les chapitres. Et les illustrations en début de chapitre sont parfois intégrées à la narration.

En résumé

Dans le quartier de Shibuya, Momose Keigo croit reconnaître Yashiro Tomoya, un élève populaire de son lycée, habillé en fille. Plutôt introverti, il n’ose pas l’aborder mais s’interroge sur ses raisons. Après s’être informé sur le transgenre et l’homosexualité, il se pose alors de plus en plus de questions. Intrigué par le lycéen, il commence à l’observer en classe mais se fait remarquer. Et à force de l’observer, il commence à ressentir d’étranges sentiments. Alors, il se rend à nouveau dans le quartier pour en avoir le cœur net. Momose reconnaît immédiatement Yashiro malgré le maquillage et la perruque. Clairement subjugué par sa beauté, il lui propose alors de sortir ensemble…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la troisième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2012. L’auteure est classée troisième meilleure artiste et Momose Keigo sixième meilleur seme. Malgré le sujet intéressant, il manque un peu de profondeur pour pleinement apprécier ce récit. En effet, Keigo accepte vite Yashiro comme il est et ce dernier ne s’interroge pas plus sur ses propres sentiments réels, donnant l’impression de céder au harcèlement. Cependant, l’originalité du propos est rafraîchissant. Et j’aime quand le thème du travestissement est abordé simplement, sans se moquer!

Moon and sun 2 – Abe Akane

moon and sun 2 abe akane

ABE Akane 阿部あかね
ISBN: 9782375061770
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784403666476 (JP)
Shinshokan, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Des épreuves se dressent entre Masahiro et Tsubaki. Leur amour naissant y survivra-t-il?

Après un premier tome plutôt centré sur Masahiro, Abe Akane sensei s’intéresse un peu plus à Tsubaki. Elle continue à aborder le travestissement et l’univers des yakuza avec une touche réaliste, sans pour autant en faire le thème principal. Elle s’attarde surtout sur la romance et l’évolution de la relation entre le travesti et le yakuza. L’influence de Tsubaki permet à Masahiro de mûrir. De même, le maquilleur perd peu à peu son masque de froideur et prend la vie plus légèrement grâce à son amant. Le couple se découvre tranquillement en discutant. Lors des ébats, ils sont principalement dans l’échange, même si parfois, Tsubaki laisse sa perversité prendre le dessus. Cependant, son amant exprime clairement sa gêne ou son désaccord. Par ailleurs, l’auteure transforme les deux amis du yakuza en éléments comiques, donnant une petite touche légère.

La mangaka exagère les expressions en simplifiant ses traits, donnant un effet comique. De même, elle rend graphiquement le visage de Tsubaki adouci par l’amour. Les décors sont bien intégrés. Il y a quelques trames d’ambiance. La mise en page dynamique joue sur les ellipses et les cadrages et met en valeur les angles de vue variés. Les illustrations de début de chapitre raconte une petite histoire. Sous la jaquette, deux vignettes donnent une anecdote avec les sous-fifres faisant leur rapport. Les scènes érotiques sont censurées par l’absence de traits et de détails. D’ailleurs, il est parfois difficile d’appréhender clairement la scène.

En résumé

Yamada Masahiro s’est installé chez Tsubaki et se laisse donc entretenir. Curieux, il accepte de se maquiller mais se trouve laid malgré les compliments du travesti. Pour se rendre utile, il l’accompagne comme assistant pour porter ses affaires. Mais, alors qu’il prend une pause en déjeunant dans un fast-food, ses deux amis envoyés par son grand-père, le retrouvent. Pris en filature, le jeune homme s’enfuit. Pour ne pas gêner le maquilleur qui se rend à son séminaire, il préfère alors rester au club de travestis. Admirant leur travail acharné durant leur répétition, il commence à réfléchir sur lui-même et ses actions. Après avoir rejoint Tsubaki à son séminaire, il remarque que le sourire passionné du travesti l’émeut plus qu’il ne le pensait. Mais les sous-fifres l’ont suivi…

En conclusion

Abe sensei conclut sa romance avec humour après des échanges tendres et sérieux. Aussi, j’aime beaucoup les changements de Masahiro qui s’essaye partiellement au travestissement pour mieux comprendre son amant et qui l’accepte avec sa double facette. Les tendances un peu perverses de Tsubaki peuvent surprendre mais le contraste entre sa perversité virile et sa douceur féminine donne énormément de profondeur au personnage. Une série que je recommande chaudement!

Moon and sun 1 – Abe Akane

moon and sun 1 abe akane

ABE Akane 阿部あかね
ISBN: 9782375061466
Taifu comics, 2019
ISBN: 978-4403666162 (JP)
Shinshokan, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

En rencontrant le travesti Tsubaki, Masashiro va apprendre que l’amour n’est pas seulement une affaire de beauté physique.

Abe Akane sensei narre l’étrange romance entre un travesti et un yakuza. Elle développe des personnalités compliquées, révélant leurs complexes au fur et à mesure. Le premier chapitre introduit Tsubaki en narrant une aventure avec les personnages d’un autre manga. En effet, l’histoire de Moon and Sun se déroule dans le même univers que Hana to Ikkun. D’abord exécrable, Masahiro s’avère être touchant, un peu idiot et immature mais pas aussi fermé qu’il ne le prétend. Il est donc partagé entre dégoût et attirance. Avec le petit frère gay de Yamada, Shôta, et Hanatarô, l’auteure introduit différentes approches de l’homosexualité et du travestissement. D’ailleurs, elle offre une version de l’androgyne parfait: Tsubaki conserve sa virilité malgré sa beauté féminine. Le contraste d’assurance entre le travesti à l’aise dans sa sexualité et son apparence et le jeune délinquant complètement paumé apporte une touche amusante dans cette relation qui se développe vite.

La mangaka a un trait épuré reconnaissable, très fin. Elle traite le contour des yeux en plusieurs lignes, donnant une certaine profondeur aux regards. Elle n’hésite pas à simplifier ses traits ou exagérer les expressions. Les personnages ont différentes morphologies: grand ou petit, musclé ou légèrement enrobé, le visage rond ou long. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Les angles de vue très variés dynamisent la mise en page assez classique. En revanche, le découpage est presque cinématographique. Sous la jaquette, se trouve une anecdote comique en deux cases sur Hana et Tsubaki. Les scènes érotiques évitent de montrer les parties intimes, tout simplement non dessinées ou tramées.

En résumé

Hana et le professeur / Sortie avec Hana: Hanatarô accueille son professeur de maquillage qui profite d’un séminaire à Osaka pour lui rendre visite. Ikkun est d’abord surpris par la féminité que dégage le travesti mais sa familiarité avec son petit ami éveille sa jalousie…
Moon and sun / Ce jour-là, à ce moment-là: Yamada Masashiro, fils de yakuza désœuvré, se rend dans un club de travestis avec des amis. Mais ils se montrent grossiers, en faisant du tapage. Le travesti Hana, reconnaissant son ami d’enfance, l’arrête et l’amène alors dans les coulisses. Pourtant, le têtu délinquant refuse de s’excuser. Alerté par le problème, Tsubaki donne donc une fessée à ce dernier pour le corriger. Ivre de vengeance, Masahiro revient alors au club dans le but de jeter des ballons de baudruche remplis de peinture. Trouvant porte close, il s’acharne sur cette dernière quand Tsubaki ouvre la porte…

En conclusion

Abe sensei aborde le thème du travestissement avec justesse, sans clichés, en toile de fond de sa romance. Ses personnages assument donc leur choix et leurs goûts. Elle tient également compte des différentes raisons de chacun. Son manga précédent Hana to Ikkun a été classé sixième meilleur manga profond au Chill Chill BL award 2018. J’espère que nous pourrons le lire un jour dans nos contrées car j’adore également ce couple!

Tokyo en avril… 1 – Haru

tokyo en avril 1 haru

Haru ハル
ISBN: 9782368777190
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784813032304 (JP)
Taiyohtosho, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Après dix ans sans contact, que cache Ren à Kazuma?

Haru sensei propose de suivre une romance entre un premier amour réciproque perdu de vue depuis 10 ans. Elle alterne la narration entre Kazuma et Ren tout en intégrant des flash-back permettant de remonter les évènements au fil des chapitres, maintenant ainsi le suspense. D’ailleurs, elle donne le point de vue de chacun des héros sur un même évènement. Tandis que les sentiments de Takizawa sont restés suspendus depuis leur séparation abrupte involontaire, Ishihara, qui culpabilise, a peur que son ami découvre ce qui lui est arrivé. En outre, Ren doute toujours des sentiments de Kazuma, hétérosexuel à la base. L’auteure travaille particulièrement la psychologie de ses personnages. Elle s’attarde principalement sur leurs sentiments, leurs réflexions et leurs questionnements. Ainsi, les incompréhensions et méprises polluent leur relation, même amicale. L’introduction de Yagami Ryûnosuke, ami gay de Ren, permet de secouer un peu Kazuma.

La mangaka a un trait assez fin et épuré. Elle s’attache aux détails et petits gestes. De même, elle joue beaucoup sur les expressions des regards. Ses personnages sont longilignes. Pour les passages humoristiques, Haru sensei simplifie ses traits, arrondissant légèrement les visages. Le style général un peu shôjo dégage une certaine douceur et met en avant l’esthétique des personnages. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Par ailleurs, la mise en page est dynamique. Les scènes érotiques détaillées sont censurées par de fines bandelettes blanches.

En résumé

Takizawa Kazuma, de retour des États-Unis, débute dans une nouvelle entreprise japonaise de publicités, à la section ressources humaines. Cela fait dix ans qu’il n’a pas mis les pieds à Tokyo, n’y ayant vécu qu’un an avec sa mère divorcée. A peine arrivé, il reconnaît soudain son ami de collège Ishihara Ren. Ce dernier, en pleine dispute avec le chef de la section RH, Sanada Hayato, est responsable de l’équipe design 1. Mais il se montre distant avec lui. Comme Ren avait changé de nom, Kazuma n’avait pu reprendre contact avec son ami. Se remémorant leur rencontre, il se souvient de l’accueil de Saotome. Pourtant, comme Ren se renfermait sur lui-même, il l’avait un jour suivi. Il a alors découvert que son ami, gay, avait l’intention de coucher avec un inconnu. Il lui a donc proposé de le remplacer…

En conclusion

Ce manga a obtenu la seizième place au classement du Chill Chill BL award 2020. Même si le scénario semble simple au premier abord, la manière de remonter le passé des protagonistes est intéressant. De même, l’auteure développe peu les questionnements des personnages mais elle décrit parfaitement leurs chemins de pensées. Il est donc facile de deviner leurs sentiments. Je suis touchée par ce couple, le ton réaliste du récit ainsi que le graphisme de la mangaka. Laissez-vous porter par leurs retrouvailles électriques!

It can’t be helped – Matsuda Usachiko

it cant be helped matsuda usachiko

MATSUDA Usachiko 松田うさち子
ISBN: 9782368775998
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784801956124 (JP)
Takeshobo, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

Différents amours désespérés sombres mais tendres, entre inceste, jeux érotiques, initiation et abandon avec un inconnu.

Matsuda Usachiko sensei offre un recueil d’histoires au ton assez réaliste et légèrement sombre. Le format court ne permet pas d’approfondir réellement les histoires et les psychologies. Pourtant, des thèmes intéressants comme le harcèlement, l’inceste, le suicide, la différence d’âge, avaient un fort potentiel. Le premier récit, qui donne son titre au manga, aborde une forte dépendance entre deux frères qui se transforme en inceste. La narration alterne entre les deux garçons. Bien que l’auteure transcrit bien l’immoralité, elle reste trop floue sur leurs sentiments, entre amour et possessivité. « Adam’s romance » est une comédie romantique légère jouant sur le fan service, avec fundoshi et kimono. Malgré son fort potentiel, la troisième histoire présente une romance entre un lycéen et un homme mûr blessés qui se réconfortent dans le sexe, avec une initiation en douceur. Le dernier récit maintient le suspense jusqu’à la fin en brouillant réalité et rêve.

La mangaka a déjà un beau dessin, avec des traits anguleux épurés qui gardent une touche réaliste. Elle apporte un certain soin aux regards. Cependant, ses personnages se ressemblent parfois. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. D’ailleurs, les trames sombres renforcent le ton dramatique de certains passages. La mise en page est assez classique mais efficace. Des hachures blanches censurent les parties génitales, mais les scènes érotiques restent tout de même sensuelles. Sous la jaquette, deux planches mettent en scène tous les personnages qui présentent respectivement leurs petits amis avec humour.

En résumé

Doushiyou mo nai It can’t be helped / What should I do / We’ll find a way / Au quotidien: Takahiro et son petit frère Kôki ont l’habitude de dormir ensemble depuis l’enfance, leurs parents étant souvent absents. Mais quand l’aîné s’est installé seul, travaillant à domicile, Kôki est devenu insomniaque en son absence et a dû le rejoindre, ayant besoin de son odeur pour s’endormir. Passé la vingtaine, il décide enfin de s’installer seul, ayant une petite amie. Mais un mois après, il revient mort de fatigue et trouve son aîné dans un état plus lamentable que lui.
Adam’s romance: Yamato, vendeur de gâteaux traditionnels, aime faire des jeux érotiques costumés avec son petit ami Adam, un homme d’affaires étranger passionné de culture japonaise…
Appelle-moi « Onii-san »: Se faisant harceler au lycée parce qu’il est gay, depuis sa déclaration à un ami, Takeru veut se suicider en se jetant du haut du toit d’un immeuble. Suzuka, le propriétaire de l’immeuble, essaie de le raisonner et lui propose en échange de lui faire perdre sa virginité.
Happy dream man: Himekawa est insomniaque et subit du harcèlement moral à son travail. Un jour, alors qu’il pensait se suicider par ingestion de cachets, un bel inconnu apparaît et lui fait l’amour. Depuis, chaque soir, il a hâte de retrouver Yume dans ses rêves.

En conclusion

Ce recueil a obtenue la septième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2017. Pour sa première œuvre, Matsuda sensei propose des récits ambitieux, comblant les défauts scénaristiques par de nombreuses scènes érotiques. C’est d’autant plus dommage car elle travaille avec soin les psychologies de ses personnages. « Appelle-moi « Onii-san » » est mon histoire préférée: le bonus humoristique sous la couverture permet d’en apprendre un peu plus sur ce couple à la grande différence d’âge ayant beaucoup de points communs. Par contre, la relation incestueuse entre Takashiro et Kôki pourra gêner certains lecteurs, surtout que le cadet a tendance à se montrer parfois violent. Je suis curieuse de voir comment va évoluer l’auteure par la suite.

Juste parce que je t’aime – Tokita Honoji

juste parce que je t aime tokita honoji

TOKITA Honoji ときたほのじ
ISBN: 9782368776407
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784865893922 (JP)
Fusion Product, 2017 (JP)
Titre original: ただただ好きというだけで
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Une tendre romance entre un bon élève beau gosse et un yankee plus sensible qu’il ne paraît.

Pour son premier manga, Tokita Honoji sensei présente une romance assez classique entre un bon élève beau gosse et un délinquant. Elle s’intéresse principalement aux jugements sur l’apparence et à l’évolution de leur relation. Le couple prend son temps pour se découvrir, discuter, s’interroger sur l’amour et partager leurs sentiments. Il est donc dans une relation saine où le consentement est bien présent. Par ailleurs, l’auteure a une approche réaliste, mettant en scène des personnages plutôt lambdas. Par exemple, conscient de sa possessivité, Teo essaie de se contrôler. De même, Takeru est isolé à cause de son apparence effrayante, mais il s’avère être quelqu’un de gentil et juste maladroit en relations humaines. Alors qu’il change grâce à l’amour, il fait également preuve de motivation personnelle. Totoki est le narrateur principal mais Yoshizawa donne sa version dans l’histoire bonus de fin de tome.

La mangaka a un trait épuré un peu classique mais beau et agréable. Elle n’hésite pas à le simplifier pour renforcer les expressions. Elle se focalise particulièrement sur les regards et les petits gestes. D’ailleurs, ses personnages deviennent presque SD dans les scènes humoristiques. Des trames sombres appuient les moments dramatiques. Les décors situent surtout l’action et quelques trames d’ambiance illustrent les sentiments des protagonistes. Les actions des bagarres sont assez simples et plutôt statiques mais rendent bien la tension. Tokita sensei utilise des angles de vue classiques mais efficaces, avec une mise en page très dynamique. Sous la jaquette, elle donne des anecdotes sur les deux héros en deux planches. Elle censure à peine les scènes érotiques, esquissant les détails.

En résumé

Totoki Takeru est souvent impliqué dans des bagarres à cause de son regard noir. Au lycée, tout le monde l’évite, le prenant pour un délinquant et ayant peur de lui. Pourtant, Yoshizawa Teo remarque que son regard peut être différent quand il est avec lui. Curieux et intéressé, il lui propose alors de sortir ensemble, pour le plus grand bonheur de Totoki qui est en réalité amoureux de lui. Mais en entendant les mises en garde des amis de Yoshizawa, le délinquant se demande s’il ne ferait pas mieux de se séparer de peur qu’il n’arrive quelque chose à son petit ami. Yoshizawa l’arrête immédiatement, encore plus charmé par son regard en larmes.

En conclusion

Malgré les appréciations des lecteurs trouvant le pur yankee Totoki en larmes craquant, l’auteure n’a pu entrer dans le top du classement des meilleures nouvelles venues au Chill Chill BL award 2018. Sûrement parce que son sujet est trop classique, avec des personnages ordinaires. Mais c’est justement ce qui me fait adorer ce récit réaliste. Des héros communs dans une romance commune. Pas de personnes torturées ou traumatisées, juste deux lycéens qui tombent amoureux. De l’amour, de la tendresse, un peu de tension. Ne passez pas à côté de ce récit simple mais tellement attachant!

Therapy game 1 – Hinohara Meguru

therapy game 1 hinohara meguru

HINOHARA Meguru 日ノ原巡
ISBN: 9782375061848
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784403666612 (JP)
Shinshokan, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Le plus dur n’est pas d’aimer mais de faire confiance.

Dans ce spin-off, Hinohara Meguru sensei s’intéresse à la romance des frères des héros de Secret xxx. Avec un ton un peu plus sérieux, elle questionne le jugement sur l’apparence, la trahison et la confiance. Elle prend son temps pour installer le contexte et présenter les points de vue et les caractères des personnages. Shizuma, trop gentil et bienveillant, est peut-être observateur mais a tendance à foncer pour réfléchir après coup. Minato, quant à lui, cache un traumatisme d’enfance et a peur de s’attacher aux gens. Alors que la relation débute plutôt mal entre les deux hommes, les sentiments vont vite la faire évoluer. D’ailleurs, l’auteure s’attarde surtout sur le manque de confiance de ces deux hommes blessés qui surpassent leurs sentiments et polluent leurs liens naissants. Elle introduit leur douloureux passé par des flash-back sans complètement tout dévoiler. Deux histoires bonus apportent une touche d’humour en fin de tome.

La mangaka a un trait épuré, légèrement anguleux, parfois dédoublé donnant un peu d’épaisseur aux lignes principales. Elle soigne particulièrement l’expressivité des regards et n’hésite pas à simplifier les traits pour les passages humoristiques. Les oreilles et les nez sont pointus. Les trames d’ambiance participent à la narration. De même, elles alternent avec les décors. Par ailleurs, l’équilibre entre les trames d’ombres et de colorisation donnent du volume sans surcharger la page. Les angles de vues variés, avec des plongées et contre-plongées soulignant l’action, appuient la dynamique de la mise en page. Les scènes érotiques ne sont pas censurées, mais les détails des préliminaires dégagent un certaine sensualité. En arrière plan, les servals apportent une petite touche humoristique.

En résumé

Ikushima Shizuma se réveille aux côtés de Minato dans un hôtel. Mais il ne se souvient de rien, ayant noyé son chagrin dans l’alcool après sa rupture avec sa petite amie Nishizono Yuka la veille. Il repousse alors Minato qui essaie de lui remémorer leur nuit intense. Blessé d’avoir cru aux paroles d’un hétérosexuel, ce dernier n’arrête pas de se plaindre durant la séance photos au bar. Il accepte alors le pari lancé par les travestis, décidé à séduire Shizuma pour le jeter ensuite. Le jeune homme éconduit va donc lui rendre sa carte d’étudiant oubliée au bar. Mais à l’université, les amis d’Ikushima, Chikawa et Tatsumi, s’incrustent à leur table et se mettent à critiquer ouvertement Yuka puis Minato. Vexé, Shizuma embarque avec lui le visiteur. Comme il pleut, il lui propose alors de le déposer en voiture et en profite pour s’excuser de sa goujaterie du matin.

En conclusion

Ce manga a obtenu la septième place au classement du Chill Chill BL award 2019. Il est vraiment prenant et touchant. Minato a l’air plus traumatisé que Mito par leur passé. J’adore le voir céder aux caresses de Shizuma. En plus, voir Shôhei et Mito soutenir leurs frères respectifs à leur manière est intéressant. J’apprécie vraiment le travail de l’auteure, sa manière d’aborder les sujets avec un ton assez réaliste tout en prenant soin de ses personnages. Le cliffhanger de la fin est insoutenable. Vivement le tome suivant!

Secret xxx – Hinohara Meguru

secret xxx hinohara meguru

HINOHARA Meguru 日ノ原巡
ISBN: 9782375061473
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784403665981 (JP)
Shinshokan, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Une comédie romantique remplie d’adorables lapins avec un seme aussi doux et chaud qu’eux.

Hinohara Meguru sensei propose de suivre une comédie romantique remplie de mignons lapins ayant pour thème principal les secrets. Elle aborde différents sujets avec légèreté comme les liens familiaux, l’allergie, le brother complex, le fonctionnement d’une animalerie et des concours. Son couple se forme vite mais se découvre peu à peu: Mito et Shôhei vont apprendre à se confier, renforçant ainsi leur confiance mutuelle. La narration est principalement faite du point de vue de l’étudiant. En introduisant Minato, le petit frère de Mito, qui a une personnalité exacerbée, l’auteure développe un peu le passé difficile de la famille Itsuki. Elle joue également sur les contrastes: Mito a un caractère doux mais chaud lapin, un aspect longiligne avec une force monstrueuse. De même, l’ambiance des familles Itsuki et Ikushima s’opposent complètement. Les servals et les lapins apportent une touche humoristique. Des fiches personnages des héros complètent les renseignements sur leurs goûts.

La mangaka utilise des traits épurés un peu anguleux, avec un style graphique légèrement shôjo. Dans les scènes humoristiques, elle exagère les expressions et n’hésite pas à simplifier ses traits. Ses personnages, à la carrure plutôt svelte, ont des oreilles pointues parfois décollées mais cela renforce leur côté mignon. Les angles de vue recherchés permettent souvent de remplir les vignettes de lapins ou de mettre en avant l’esthétique des personnages. En plus, les pensées des rongeurs sont transcrites textuellement. Hinohara sensei joue beaucoup sur les fonds et les trames d’ambiance, offrant une variété de motifs. Elle équilibre les vides et les trames d’ombres et de coloration, évitant de surcharger ses pages. En plus, la mise en page dynamique rythme les nombreuses actions. Les illustrations de début de chapitre représentent le couple en amoureux. D’ailleurs, les scènes érotiques peu censurées se concentrent sur les câlins torrides.

En résumé

Avec un père travaillant dans un zoo et une mère vétérinaire, Ikushima Shôhei (21 ans) a grandi entouré d’animaux sauvages. Cependant, il préfère les lapins mais en est malheureusement allergique. Admirant chaque jour la vitrine de l’animalerie spécialisée Trois lapins, il est un jour invité par Itsuki Mito (28 ans) à y entrer. Depuis, Shôhei aide à la boutique en prenant grand soin de tenir secrète son allergie. En effet, il souhaite rester auprès de son supérieur dont il est tombé amoureux…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la troisième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2018. Malgré les nombreux thèmes intéressants abordés, l’auteure privilégie les situations tendres et comiques sans entrer dans les détails. D’ailleurs, elle donne une image idéalisée de l’animalerie, avec des lapins heureux qui peuvent se promener librement, avoir des câlins et qui sont gentils ou taquins. En traduction, on perd malheureusement le jeu de mot entre l’animalerie et le prénom de Mito 三兎 qui s’écrit avec le caractère « 3 » et « lapin ». Même si les évènements s’enchainent, laissant peu de temps pour souffler, on s’amuse tellement avec ce couple câlin et consentant.

Bodysuit fetish – Yamasaki Uni

bodysuit fetish yamasaki uni

YAMASAKI Uni 山佐木うに
ISBN: 9782368775486
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784801955554 (JP)
Takeshobo, 2016
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Derrière les combinaisons moulantes et les tripotages, une ravissante comédie romantique pleine de sentiments.

Yamasaki Uni sensei arrive, malgré le thème sulfureux du fétichisme, à narrer une comédie romantique débordant de sentiments et de positivisme. Alors que Kuroe, otaku de sentai, a une piètre opinion de lui-même, le talentueux Tôma assume pleinement son côté pervers et fétichiste. A partir d’un échange de bons procédés, la relation va évoluer en douceur, les deux garçons se découvrant au fur et à mesure. L’introduction des autres membres du club de cosplay, Kaneda Umi et Ayano Kyôichi, va permettre aux principaux intéressés de comprendre leurs sentiments profonds. L’auteure joue sur les contrastes entre ses personnages, et les écarts entre leurs ressentis et leurs sentiments. Elle met en scène un couple qui communique, cherche à se comprendre, attentif au plaisir de son partenaire. Elle arrive même à donner un aspect innocent au fétichisme pervers de Tôma. S’acceptant tels qu’ils sont, les deux étudiants s’inspirent mutuellement.

La mangaka a un trait fin épuré et anguleux dégageant pourtant de la douceur. Même si son style semble assez classique, elle soigne le traitement des vêtements. Le rendu des tissus est bien fait, en particulier sur les combinaisons moulantes. De plus, ces dernières mettent en valeur les personnages plutôt sveltes et légèrement musclés. Les expressions du visages sont également très travaillées. Yamasaki sensei alterne les décors et les trames d’ambiance. Elle conserve un certain réalisme dans le rendu des ombres et des couleurs. La mise en page dynamique rythme la lecture. Les scènes érotiques, surtout sensuelles, sont assez détaillées, mais des hachures censurent tout de même les organes génitaux en gros plan.

En résumé

Dans l’école de design de Mishima cohabitent un département informatique et un département mode. Kuroe Yôji, en première année d’étude graphique, travaille sur le character design des personnages d’un jeu vidéo indépendant pour son club. Envoyé au département de mode demander au club de cosplay de confectionner les costumes qu’il a dessiné, il aborde le beau et solaire Kishida Tôma, en 2e année. Ce dernier accepte volontiers de concevoir les costumes gratuitement à la seule condition que Kuroe devienne son modèle. D’abord inquiet, Kaneda Umi s’incline devant la détermination de l’otaku. Mais le week-end, après que Kuroe ait enfilé une combinaison moulante, Tôma demande l’autorisation de le toucher, révélant être fétichiste des vêtements. D’abord légèrement apeuré, Kuroe cède au magnifique sourire du designer puis ressent de plus en plus de plaisir au gré des attouchements…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la huitième place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2017. J’adore l’histoire, car malgré un thème sulfureux, le couple reste dans le consentement. En plus, en fin de tome, l’histoire bonus fait allusion à un possible reverse, donnant envie d’une suite. J’aimerais tant découvrir qui fait battre le cœur de Kaneda.

Yankee en danger! – Yao

yankee en danger yao

Yao 八百
ISBN: 9782368776452
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784801961777 (JP)
Takeshobo, 2018 (JP)
Titre original: 素人ヤンキー 危機一発!
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

En tournant un film érotique pour remercier son sauveur, Rika n’aurait pas imaginé trouver l’amour.

Pour son premier manga, Yao sensei présente, sur un ton humoristique et érotique, une romance entre un délinquant et un acteur porno gay. Elle s’intéresse principalement à la relation du couple et au jeu de forcing entre les deux personnages. Même si Rika se rebelle, il cède toujours aux avances de Kaito. L’univers du cinéma pornographique sert de prétexte à mettre plus de scènes érotiques. Bien que l’auteure ait développé les personnalités de ses personnages, elle survole leur passé. Elle les utilise juste pour excuser leur comportement. Pourtant les expériences traumatisantes d’Oda, résigné, avaient du potentiel. En outre, Arikawa s’énerve très facilement, malgré son honnêteté et sa gentillesse. Il réfléchit beaucoup à ses sentiments et cherche à comprendre son partenaire. La narration donne donc principalement le point de vue d’Arikawa. L’introduction de l’acteur ambitieux Ichikawa Yura va permettre de faire évoluer plus vite la relation du couple.

La mangaka a un style graphique anguleux, avec des traits très épurés. En plus, elle déforme ou exagère les expressions. Les personnages ont de grande bouche, des corps fins et musclés. Les décors, peu nombreux, alternent avec les trames d’ambiance. Les flash-back sont intégrés à certaines vignettes, alourdissant un peu les pages. Cependant, la mise en page reste dynamique. Par ailleurs, Yao sensei privilégie les angles de vue variés, peu communs, mettant en avant l’action plutôt que l’esthétique. Les illustrations en début de chapitre reprennent le thème du tournage. Sous la jaquette, deux planches dévoilent quelques secrets amusants sur les personnages. Les scènes érotiques semblent un peu brouillon à cause de la censure: les lignes de mouvements se mêlent aux hachures, l’absence de traits et le choix des cadrages serrés brouillent encore plus la compréhension de certaines vignettes. Pourtant les coupes intérieures et les gros plans sont détaillés.

En résumé

En pleine bagarre, Arikawa Ryûji est sauvé par Oda Kaito, un célèbre acteur pornographique spécialisé dans les vidéos homosexuelles. Voulant le remercier, ce dernier lui demande alors de jouer dans son prochain film. D’abord hésitant, Rika finit par accepter, répondant sans réfléchir aux provocations de l’acteur. A sa surprise, il ressent même du plaisir durant le tournage. Excité par le regard langoureux du délinquant, Oda finit par coucher avec lui après le tournage. Par la suite, Kaito demande à ne pas sortir la vidéo et tente alors de faire chanter le yankee en demandant de rembourser en nature le matériel qu’il avait cassé en s’enfuyant…

En conclusion

Ce tome a obtenu la troisième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2019. Il est amusant de voir l’uke au comportement viril fondre facilement dans les bras de son amant. Les différentes expressions de Rika sont impressionnantes: de la colère à la sensualité, en passant par le visage déformé par le plaisir contenu. Au début, le dessin ne semble pas très stable mais le trait expressif est agréable. Par contre, cette romance légère ne se formalise pas sur l’absence de consentement et respecte le quota d’une scène érotique par chapitre. A réserver à un public averti, donc, et friand de ce genre. Comme j’apprécie le style graphique de l’auteure, j’aimerais découvrir ses autres œuvres.