Viens-là, mon amour – Michinoku Atami

viens la mon amour michinoku atami

MICHINOKU Atami みちのくアタミ
ISBN: 9782368775691
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784865891287 (JP)
Fusion product, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Une romance réaliste entre deux étudiants voisins dont la première rencontre commence plutôt mal.

Pour son premier manga publié, Michinoku Atami sensei propose une romance réaliste entre deux étudiants. Alors que Nishino collectionne les filles, Suzuhara préfère cacher son orientation sexuelle, à part avec son ami Nakayama. Leur rencontre d’abord tendue commence par des méprises mais à force de se fréquenter et se découvrir, elle aboutira à une belle histoire d’amour. L’auteure décrit avec finesse l’évolution des sentiments de ses héros en partageant la narration entre eux. Elle conclut son récit sur une anecdote amusante en fin de tome dans un love hotel. Elle complète ce one-shot avec une aventure se déroulant sur un chapitre. Akio et Yûsuke s’interrogent sur l’amour, l’aspect physique et la position de dominant et dominé dans un couple gay. Avec principalement l’envie de faire plaisir à leur partenaire, ils offrent une ode au respect mutuel dans une couple.

La mangaka utilise des traits fins, avec un graphisme assez réalistes. Elle simplifie tout de même les expressions dans les scènes humoristiques. Elle joue beaucoup sur les vides, les blancs et des parties effacées. Ses personnages super-deformed sont mignons et donnent des anecdotes amusantes en fin de chapitre. Les angles de vue recherchés participent à la dynamique de la mise en page. Michinoku sensei équilibre les décors et les trames. Elle ne censure pas les scènes érotiques, détaillées avec parfois des coupes intérieures. Par contre, comme elle privilégie les sensations, les images dégagent une certaine sensualité. Sous la jaquette, une histoire bonus propose quelques images tendres avec Suzuhara qui tente d’économiser malgré la chaleur.

En résumé

Viens-là, mon amour / Une vie de luxe: Etudiant, Suzuhara loue un studio à bas prix aux murs malheureusement mal insonorisés. Même avec des écouteurs sur les oreilles, il entend encore les gémissements d’une fille chez le voisin. Excédé, il tape alors contre le mur pour la faire taire. Son voisin, Nishino, sonne presque immédiatement à sa porte. Comme la fille s’est enfuie, il commence à le draguer. En effet, il se méprend sur les regards insistants de Suzuhara, qui bavait en réalité sur son pack de bière. Les deux jeunes hommes vont à la même université et Suzuhara découvre que son voisin collectionne les conquêtes. Le jour où son ami Nakayama lui demande de lui prêter son appartement pour passer une nuit avec sa petite amie, il accepte. Mais il rentre trop tôt et se retrouve à la porte. Croisant son voisin qui le provoque à nouveau, il accepte de coucher avec lui. Nishino comprend alors que Suzuhara est gay et secrètement amoureux de son ami.
L’amour sans mode d’emploi: Le travesti Akio dégage encore plus de charme que certaines femmes. Mais il se fait souvent plaquer par ses partenaires au moment de passer à l’acte. Ainsi, il est donc encore vierge. Son ami gay, Yûsuke, a également du mal à garder une relation stable. Son dernier petit ami était un échangiste. Les deux amis, plutôt passifs, s’apprécient énormément. Comme Yûsuke accepte d’essayer de devenir dominant, subjugué par le charme d’Akio, ils décident de tenter l’expérience…

En conclusion

Ce titre a obtenu la dixième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2017. Pour une première publication, c’est une belle réussite: l’auteure maîtrise déjà bien son graphisme et son scénario. Je suis complètement sous le charme de ce couple. Et j’adore également la courte histoire « L’amour sans mode d’emploi ». Une valeur sûre qui peut se relire indéfiniment et que je recommande.

The capricious love is moderate – Nohagi Aki

the capricious love is moderate nohagi aki

NOHAGI Aki 野萩あき
ISBN: 9782368775288
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784796408288 (JP)
Kaiohsha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Des amours capricieux avec des manipulateurs tout aussi surprenants.

Nohagi Aki sensei propose un recueil mettant en scène trois manipulateurs capricieux à la recherche de l’amour. Le format court ne permet pas d’approfondir les histoires, tout de même développée sur deux chapitres. L’auteure aime brouiller les pistes: les seme ne sont pas forcément ceux à qui le lecteur s’attendait. Par exemple, la première histoire narre les déboires d’un prétentieux dragueur qui se fait prendre à son propre jeu. Le seme très dominant l’entraîne donc dans des relations peu consenties, presque punitives. « Intérêt » met en avant la manipulation d’un uke narcissique qui plonge son partenaire dans une relation tordue presque SM. Le dernier récit présente un amour réciproque entre deux lycéens homosexuels qui se cachent. Tandis que Mizoguchi, le narrateur, évite tout contact, Sawahara joue les hétéros. Leur rencontre va leur permettre de dépasser leur peur du rejet et la douleur des paroles blessantes.

La mangaka utilise des traits fins et épurés, dans un style graphique assez classique. Certains de ses personnages ont malheureusement tendance à se ressembler. La mise en page est par contre dynamique. Et Nohagi sensei équilibre très bien les trames d’ambiance et les décors. Même ses trames d’ombres et de coloration donnent un certain naturel à ses pages. En plus, ses angles de vue sont recherchés dans certaines vignettes. Les illustrations de début de chapitre introduisent l’ambiance du récit à venir. Les scènes érotiques sont censurées en évitant de dessiner tout simplement les parties intimes.

En résumé

Jouer, mais pas trop / Après le jeu: Tanihana s’est lassé des femmes et souhaite essayer la sodomie avec un homme. Il insiste auprès de son ami et collègue Kinoshita pour qu’il lui présente un ami gay. Ce dernier lui propose de rencontrer Shimakawa qui travaille dans une boutique de costumes sur mesure. Ce dernier envoie balader le prétentieux fils de PDG. Mais cela ne fait que motiver encore plus le salaryman. Remarquant que le vendeur est amoureux de son patron marié, Tanihana le provoque mais la suite ne se déroule pas vraiment comme il l’avait calculé.
Intérêt / Je suis ton chien de Pavlov: Kishi est l’un des rares amis de Someya. En effet, ce dernier, narcissique, n’aime que lui-même. Après les cours, il a pris l’habitude de se soulager aux toilettes. Comme Kishi l’attend patiemment à l’extérieur, Someya lui propose un jour de se masturber ensemble. Kishi cache d’abord son trouble, mais il se demande de plus en plus ce qu’écoute son ami pendant sa petite affaire…
Ton parfum / Je ne peux pas vivre sans toi: Mizoguchi Yûsuke préfère rester tranquille et isolé. Il se contente d’apprécier les beaux garçons assis à côté de lui. Mais avec le dernier changement de places, le bruyant Sawahara Takuto se retrouve devant lui et entame à chaque fois la discussion. En outre, il met un parfum insupportable. Excédé, le lycéen lui fait la remarque. Découvrant que Yû apprécie son odeur naturelle, Taku réussit enfin à sympathiser avec lui.

En conclusion

« Ton parfum » est mon histoire préférée. Son ton plus réaliste et abouti et ses personnages attachants me touchent vraiment. De même, le couple de « Intérêt » suscite ma curiosité. L’auteure brouille parfaitement les pistes de dominant et dominé, avec la relation étrange qu’entretiennent Kishi et Someya. En effet, c’est le uke qui domine complètement son seme. Une lecture distrayante donc!

A boring man – Yamamoto Kotetsuko

a boring man yamamoto kotetsuko

YAMAMOTO Kotetsuko 山本小鉄子
ISBN: 9782368771396
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784877244897 (JP)
Kaiohsha, 2007 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Trois tendres romances avec des uke blessés et de jeunes seme compréhensifs.

Yamamoto Kotetsuko sensei offre un recueil de trois romances touchantes avec des uke blessés. Elle développe suffisamment la psychologie de ses personnages malgré le format court. Comme les seme sont attentifs à l’être aimé, les relations se font tout en douceur. Les personnages sont donc attachants. Le premier récit donne son titre au manga. L’auteure se focalise principalement sur l’évolution de la relation entre les deux collègues, l’un deux ayant perdu confiance en lui suite à la remarque d’un ex. Elle donne un aperçu de l’avenir du couple dans l’histoire bonus. « Sweet room » joue sur l’esprit de contradiction du héros pour apporter une touche humoristique. Le dernier récit occupe la moitié du tome. Cette romance met principalement en œuvre le pouvoir de l’amour pour surmonter un traumatisme. La douceur et la patience du seme sont bien rendues.

Les traits épurés de la mangaka donnent une certaine douceur à son graphisme. De plus, ils sont très expressifs. Les visages sont plutôt ronds, avec de grands yeux. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. De même, Yamamoto sensei utilise les trames avec parcimonie, ne chargeant pas ses pages. Les angles de vue variés dynamisent la mise en page. Les scènes érotiques sont pudiques et portent attention aux sensations des personnages. Cela leur confère donc une agréable tendresse.

En résumé

A boring man/ A troubled man: Hashimoto (26 ans) s’est fait plaqué par son petit ami qui le trouvait trop ennuyeux et banal. Il noie alors son chagrin dans l’alcool. En se rendant dans la salle de bain commune de la résidence, il croise son voisin de chambre et collègue Karasuma (23 ans). Devant la beauté et l’intelligence du jeune salaryman prometteur, il se sent encore plus minable. Alors que Karasuma le rejoint dans la salle de bain, Hashimoto s’endort dans la grande baignoire. Heureusement, son jeune collègue le sauve de la noyade. Mais quand son senpai reprend ses esprits, il lui fait alors une déclaration d’amour.
Sweet room: Kotobuki Kazumi (2e année) cherche un nouveau colocataire. Bien qu’il soit mignon physiquement, son côté économe à l’extrême le rend presque tyrannique. Intéressé par l’annonce, Fujiya Ryôsuke (1e année) demande alors à visiter l’appartement le soir même et décide de faire une semaine d’essai. Mais Kazumi a le coup de foudre pour son nouveau résidant. Redoutant que ce dernier découvre ses sentiments, il décide de se montrer encore plus exigeant pour le faire partir…
Serre fort ma main / Toujours main dans la main: Chaque matin, Kitanaka Atsushi (20 ans) est réveillé par le même cauchemar. Alors qu’il travaillait sur le continent dans une entreprise, il est revenu au bout de deux ans aider ses parents dans leur restaurant. Croisant son ami d’enfance, Kinjô Satoru (16 ans), il lui propose de faire le trajet à vélo ensemble. Mais depuis son retour, le lycéen se montre assez froid avec lui. Le soir, Atsushi lui demande alors des explications. Satoru avoue être tombé amoureux. Les deux amis commencent donc à sortir ensemble. Cependant, lors de leur premier baiser, assaillis par de douloureux souvenirs, Atsushi le repousse, tremblant.

En conclusion

Malgré le format court, l’auteure arrive à me toucher avec ces couples tellement attendrissants. Ces romances vous feront passer un agréable moment.

The song of Yoru & Asa Ec – Harada

the song of yoru and asa ec harada

Harada はらだ
ISBN: 9782368777077
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784801964365 (JP)
Takeshobo, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Asaichi et Yoru filent enfin le parfait amour. Réussiront-ils à percer avec leur groupe?

Dans un commentaire, Harada sensei demande de prendre ce tome comme un rappel à un concert. Elle offre des histoires mieux construites que dans le premier tome. Ainsi, les évènements s’enchaînent plus naturellement. L’auteure décrit l’univers musical indépendant, l’apport des réseaux sociaux pour l’autopromotion mais également leurs risques. Elle questionne les doutes sur la carrière: le problème de la stabilité introduit par l’ancien bassiste Yûji, les différences d’ambition portées par le mâture Hirukawa et la pression familiale avec la petite amie de Kayoi. De même sous la jaquette, deux planches abordent avec humour les discussions du groupe sur les rappels et les changements de style des rockeurs vieillissants. Bien que Yoru et Asaichi partagent de plus en plus leurs sentiments, leurs caractères sont toujours aussi tordus. L’introduction de Hiyori montre les extrêmes de certaines fans hystériques dans une approche assez réaliste.

La mangaka utilise des traits fins et les simplifie dans les moments humoristiques. Elle illustre graphiquement l’imagination folle de Hiyori. Ses personnages ont des muscles fins et bien dessinés. Les décors bien répartis alternent avec quelques trames d’ambiance. Même si la mise en page semble assez classique, les angles de vue variés la rendent dynamique. De plus, le travail des contrastes jouent sur les trames et les aplats. Le découpage cinématographique donne une certaine sensualité aux scènes érotiques. Ces dernières ne sont pas censurées, mais parfois des phylactères cachent quelques détails. Malgré leur nombre, elles sont bien intégrées.

En résumé

Le rêve d’Asaichi d’un concert de son groupe au Budôkan tourne au cauchemar, le réveillant. Le chanteur surprend alors Yoru en train de le sucer et ne résiste pas à ses avances. Ils arrivent donc de justesse au studio. En effet, le groupe aspire à un peu plus de succès et s’entraine ardemment. Mais en rentrant le soir, le bassiste prévient son amant qu’il est harcelé par une fan depuis quelques jours. Asaichi lui donne alors le double des clés de son appartement, l’invitant à partager sa vie. Devant sa joie, il ne peut se retenir de l’embrasser devant la porte. Mais la fan en question les a vu!

En conclusion

En écrivant cette suite, Harada sensei démontre tout son talent pour à la fois écrire des histoires très sexe mais au scénario bien développé. L’équilibre permet au lecteur de se plonger plus facilement dans le récit et de s’attacher aux différents personnages. La série est classée 17ème au Chill Chill BL award 2019. Quel plaisir de retrouver ce duo particulier et de découvrir leur évolution. Une excellente lecture!

The song of Yoru & Asa – Harada

the song of yoru and asa harada

Harada はらだ
ISBN: 9782368775387
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784801953505 (JP)
Takeshobo, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Entre l’amour fou de Yoru pour Asaichi et les sentiments mitigés de ce dernier envers le bassiste, comment leur relation va évoluer?

Harada sensei nous invite à suivre une romance entre deux membres d’un même groupe de rock. Même si elle rend bien l’ambiance musicale, elle semble privilégier la description des liens qui se nouent entre musiciens, fans et spectateurs. Ses héros ont des personnalités complexes, même tordues: Yoru se comporte comme un stalker et accepte vraiment tout de celui qu’il aime. Asaichi a un caractère exécrable; complexé, imbu de lui-même, il est rongé par la jalousie et le dégoût. L’auteure développe une relation de domination totale, satisfaisant le désir de supériorité du chanteur. Elle enchaîne les relations agressives, ainsi qu’un viol par simple vengeance. Par ailleurs, elle survole totalement les sentiments de ses personnages, même si le ressenti est compréhensible graphiquement. Ainsi la fin semble précipitée, édulcorant le traumatisme subi.

Les traits fins de la mangaka sont légèrement épurés, avec des visages un peu dans le style shôjo. Elle n’hésite pas à simplifier ses traits pour rendre ses expressions incisives. Par exemple, la tête penaude de Yoru est craquante et le dégoût d’Asaichi se lit sur son visage. La mise en page est dynamique. Harada sensei joue sur les clairs-obscurs et les contrastes avec des aplats noirs et des dégradés de trames, rendant nettement les effets d’ombre et lumière. Elle utilise les décors principalement pour situer les actions. Elle aime faire des travellings allant du général au détail, avec un effet presque cinématographique. Dans les scènes érotiques, il y a beaucoup de fluides corporels. Par ailleurs, des hachures blanches censurent les parties intimes.

En résumé

Shiori convainc son frère de l’accompagner au concert de Yoru, en réalité pour qu’il porte toutes ses affaires. A sa surprise, Iori tombe sous le charme du chanteur aux traits androgynes. Il en vient même à fantasmer sur lui et devient, avec sa sœur, un fan assidu. Un an après la séparation de son groupe, Yoru est devenu bassiste dans un petit groupe de rock. En réalité, il y admire le chanteur Asaichi. Pourtant, ce dernier jalouse le succès du nouveau auprès des filles. En effet, le batteur Futsu et lui ont l’habitude de rencontrer intimement quelques fans féminines après leurs concerts. Ce soir-là, après le départ du guitariste Kayoi, Asaichi et Futsu sélectionnent le groupe d’amie de Shiori. La soirée alcoolisée dégénère ensuite en orgie. Yoru étant peu intéressé préfère se coucher. Mais dans le noir, Asaichi le confond avec une fille et couche avec lui.

En conclusion

L’auteure est connue pour ses manga sombres à l’ambiance parfois malsaine. Ici, elle fait passer l’amour après le désir de domination et de supériorité. Le soumis Yoru correspond donc bien au suffisant Asaichi. Malheureusement, la foison de scènes érotiques, parfois violentes, gâche un peu l’appréciation de cette romance. Sauf si l’on est adepte de ce genre. Ce titre était classé dixième meilleur manga au Chil Chil BL award 2016.

My little inferno 2 – Asada Nemui

my little inferno 2 asada nemui

ASADA Nemui 朝田ねむい
ISBN: 9782368777114
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784396784690 (JP)
Shodensha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Une personne droite et pure peut-elle tomber amoureuse d’un criminel?

Asada Nemui sensei continue à nous surprendre avec l’étrange cohabitation entre Makun et Hitoshi. Tout en nous sensibilisant sur les risques du stockage des données personnelles, elle présente quelques techniques de piratage informatique. Alors que Mayumi prend le piratage comme un jeu, Nakamoto Tatsumi le monopolise. Ainsi, leur relation toxique voit leurs ambitions diverger peu à peu. En effet, Makun prend peu à peu conscience des effets néfastes de ses actions. Admirant l’innocence de Hitoshi et confronté à ses principes, le hacker a finalement trouvé un divertissement plus jouissif, cherchant à abattre ses murs de protection un à un. Leur relation évolue, sans romantisme, mais avec respect des remarques et négociations. Cela donne un ton humoristique bien venu après toute la tension du volume précédent. Dans sa postface en fin de tome, l’auteure offre une surprise dans les profils personnages sur Arai Mai.

La carrure de Mayumi, bien musclé, contraste avec la frêle stature de Hitoshi. La mangaka travaille particulièrement le regard de l’étudiant, généralement fuyant, mais qui s’agrandit lorsqu’il est déterminé et devient alors si expressif. Elle privilégie les aplats, même pour les trames. La mise en page est plutôt classique avec quelques pages dynamiques mais cela colle parfaitement au style graphique d’Asada sensei. Les couvertures jouent sur la nuance de deux couleurs dominantes complémentaires, comme peinte au pinceau. Les illustration de début de chapitre introduisent le ton du récit à venir. Les scènes érotiques donnent peu à voir, respectant le côté pudique de Hitoshi. Cela permet d’imaginer la frustration dans laquelle se trouve le seme qui devra se surpasser pour faire tomber les murs de protection de son amant peu à peu.

En résumé

Hitoshi a reçu un appel de l’hôpital: sa mère a fait un malaise. Accompagné de Makun, il se rend immédiatement à son chevet mais la retrouve chez elle. Fatiguée, elle confie alors à son fils qu’elle reçoit depuis une semaine des appels et des lettres à propos de remboursements. Son fils la rassure en concluant qu’il s’agit d’une attaque. Mais Mayumi, suspicieux, découvre que les données de Mai Arai ont été volées et ont servi à contracter une dette de 30 millions de yens. Sur le chemin du retour, Hitoshi s’effondre en apprenant la somme colossale et les difficultés à prouver l’innocence de sa mère. Son colocataire, ayant déjà une idée de qui pourrait être derrière cette action, décide de prendre les choses en mains…

En conclusion

J’ai du mal à croire en la rédemption du hacker mais il est tellement amusant de le voir céder aux demandes de Hitoshi. Je suis finalement conquise par la fin et l’évolution de ce couple original et touchant. Ne vous arrêtez pas aux premières scènes du tome 1, l’auteure a su exploiter et approfondir ses personnages et donne un ton particulier à cette romance.

My little inferno 1 – Asada Nemui

my little inferno asada nemui

ASADA Nemui 朝田ねむい
ISBN: 9782368777107
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784396784683 (JP)
Shodensha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Le sombre destin de Hitoshi, pris en otage par un squatteur louche.

Asada Nemui sensei propose de suivre l’étrange cohabitation entre un homme menaçant sans morale et un étudiant peureux mais droit. Ses deux héros sont amenés tous deux à évoluer peu à peu. Elle s’amuse donc à confronter leurs caractères opposés. Bien que Hitoshi ait un air ahuri, il manque seulement de confiance en lui. Même s’il semble malchanceux, il s’accroche et s’accommode peu à peu de Makun. Justement, le squatteur a toujours obtenu ce qu’il veut comme il veut. Surdoué intéressé par les défis, il s’est laissé mené au jeu par son ancien complice Nakamoto qui voyait en lui un moyen facile de s’enrichir. Le comportement du malfrat est paradoxal: il prend soin de sa victime tout en la harcelant sexuellement, sans toutefois la forcer. On le voit particulièrement dans l’histoire bonus, où Makun semble vraiment sous le charme de l’étudiant. L’auteure nous offre principalement une romance ambigüe.

La mangaka utilise des traits épais et anguleux qui donnent un certain cachet à son style. Ses personnages ont diverses corpulences et s’ancrent plutôt dans la réalité. Cependant, elle simplifie les traits dans les passages humoristiques. Cela sied surtout au regard blasé de Hitoshi. Asada sensei joue beaucoup sur les clairs-obscurs et les contrastes noir et blanc. Ses décors plutôt détaillés sont bien présents. La mise en page semble assez classique. Par contre, le découpage est parfois cinématographique. Les scènes érotiques évitent de montrer les détails en jouant sur les angles de vue. Par ailleurs, l’agression sexuelle est bien représentée tel un acte cruel; même s’il n’y a pas de pénétration, l’auteure insiste sur le malaise de la victime.

En résumé

Arai Hitoshi (19 ans) n’a pas vraiment d’ami et a tendance à rester isolé. Harcelé au lycée, il a raté les examens des universités de Tokyo qu’il visait et a fini dans une faculté près de chez lui. Pour soutenir sa mère qui travaille dans un ryokan et est souvent absente, il a également un petit boulot dans un restaurant. Un soir, il entend un bruit dans le coffre d’une voiture garée dans la rue. Alors qu’il cherche de l’aide, un imposant homme en sort. Après lui avoir soutiré portefeuille et téléphone portable, Magami Mayumi (28 ans) s’installe chez l’étudiant. Bien que ce dernier tente de résister, Makun le menace et finit par l’agresser sexuellement. Commence alors une étrange cohabitation entre le pervers squatteur et sa victime terrorisée…

En conclusion

Depuis Loved circus, le trait de la mangaka a bien évolué. J’aime beaucoup son style graphique dans cette série. En donnant sa version du syndrome de Stockholm, elle invite les lecteurs à suivre les déboires de Hitoshi. Les personnages, même antipathiques, sont intéressants. J’ai donc hâte de voir comment va évoluer cette relation.
Mise à jour: La série a obtenu la dixième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2020.

L’oiseau de Shangri-la 1 – Zariya Ranmaru

l oiseau de shangri-la zariya ranmaru

ZARIYA Ranmaru 座裏屋蘭丸
ISBN: 9782368777152
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784829686171 (JP)
Printemps, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Le parcours d’un hétérosexuel engagé dans une maison close uniquement d’hommes.

Zariya Ranmaru sensei partage le quotidien de la maison close Shangri-la en suivant la formation d’Apollon. Elle donne l’image d’un bordel paradisiaque où le patron ne cherche pas à s’enrichir. Pourtant, en dehors de cette belle cage dorée, la vision de la prostitution reste négative. Pour l’instant, ce premier tome installe les personnages et le contexte. Entre tendresse et sensualité, l’auteure s’amuse à confronter Fee, un prostitué venant de la rue, à Apollon, son étalon hétérosexuel et consciencieux. En effet, les deux hommes nouent une relation plutôt particulière, l’oiseau cherchant à faire réagir son placide apprenti. De plus, la droiture de ce dernier tranche avec cet univers de débauche. Les deux hommes semblent avoir un passé assez sombre et traumatisant, révélé au compte-gouttes.

La mangaka offre un graphisme très réaliste, aussi bien au niveau des personnages que des décors, détaillés. Elle se focalise également sur quelques détails. Le travail des ombres est très précis. Il y a beaucoup de beaux hommes de différentes statures et styles. Par exemple, Fee a la peau basané et tatouée et Apollon porte parfaitement son nom, transpirant la sensualité. La mise en page est dynamique, avec des plongées, des contre-plongées, des illustrations pleine page, mettant en avant l’esthétique. Certaines pages silencieuses invitent même à la contemplation, permettant de respirer (ou se rincer l’œil). Les trames d’ambiance sont discrètes. Des motifs de tatouage ethnique séparent les chapitres. Vu le thème, les scènes érotiques sont très présentes. Zariya sensei joue sur les angles de vue et les trames pour cacher ce qui est nécessaire. D’ailleurs, les cœurs flottants occultant les entrejambes donnent une touche humoristique.

En résumé

Apollon, hétérosexuel en instance de divorce, est embauché comme étalon à Shangri-la, une maison close élitiste. Privilégiant le bonheur de ses prostitués qu’il appelle ses « oiseaux », le riche patron de ce bordel sélectionne ses clients. Afin de préparer ces travailleurs du sexe, les boute-en-train s’occupent de les exciter ou les dorloter avant et après chaque client. Ainsi, le nouvel employé est confié à Fee, l’un des prostitué, pour sa formation. Cet hétérosexuel parviendra-t-il à s’adapter à ses nouvelles fonctions?

En conclusion

Cette vision idyllique de la prostitution dérange et plait à la fois. En outre, la forme de la maison close entourée du jardin me rappelle les cages à oiseaux tropicaux. L’auteure nous offre un manga très esthétique, avec des pages contemplatives, sur un thème plutôt difficile. Après avoir fondu devant les muscles et la tendresse d’Apollon, j’ai hâte de découvrir comment va évoluer cette romance.
Mise à jour: Ce tome a obtenu la troisième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2020.

Un démon au paradis 1 – Aga Naomi et Oyoshikawa Kyôko

un demon au paradis 1 oyoshikawa kyoko aga naomi

AGA Naomi 阿賀直己
OYOSHIKAWA Kyôko お吉川京子
ISBN: 9782375061855
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784801964440 (JP)
Takeshobo, 2018 (JP)
Manga
Titre original: 鬼と天国 上
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Lorsqu’un pervers manipulateur domine son jouet idéal en lui ouvrant la porte d’autres plaisirs.

Aga Naomi sensei propose une romance basée sur la manipulation psychologique, entre un pervers et un masochiste. Tengoku utilise son statut d’infirmier pour pratiquer des attouchements en toute impunité sous couvert de traitement thérapeutique. Aoki, quant à lui, a développé un traumatisme suite à l’éducation stricte de sa mère qui mêlait punitions corporelles et récompenses. Ainsi, le pervers infirmier s’amuse de l’innocence de ses victimes, aimant les voir s’ouvrir à des plaisirs plutôt déviants comme le soft SM, l’exhibition. Les relations sont donc charnelles et sans consentement. Le côté fuyant et passif du professeur qui n’a aucune estime de soi en fait un jouet idéal. Par contre, l’étrange lien entre les deux hommes évolue doucement au fil du récit. L’histoire bonus laisse pourtant croire à un peu de tendresse du sadique. Le jeu de mot sur le nom de l’infirmier est bien trouvé, tengoku (天国) signifiant paradis en japonais.

Le style d’Oyoshikawa Kyôko sensei est assez réaliste malgré ses traits simples, répétés, donnant de l’épaisseur. Par exemple, la fatigue marque graphiquement le visage d’Aoki. Ce trait de croquis contraste avec la finesse du traitement des décors. Les personnages se détachent donc clairement des fonds. En outre, les trames d’ambiance soutiennent l’expression des vignettes. La mise en page joue sur les découpages pour dynamiser le récit, avec des blancs, des cases vides, des ellipses et des détails. Même les angles de vue varient. En fin de tome, des fiches présentent les personnages secondaires. De même, sous la jaquette, Aoki est mis en avant. Les scènes érotiques ne sont pas censurées mais la mangaka joue sur les cadrages pour éviter de montrer trop de détails.

En résumé

Aoki Atsurô est un professeur désabusé qui fuit le contact avec les autres. Traumatisé par l’éducation très stricte de sa mère quand il était enfant, il n’a pas réellement choisi son métier. Suite aux nombreuses absences de son élève Kasai qui passe du temps à l’infirmerie, le professeur coordinateur Horio Katsumi lui demande de régler le problème. Ayant entendu des rumeurs circulant parmi les élèves sur l’infirmerie, Aoki prend sur lui pour interroger l’infirmier scolaire Tengoku Manabu. Mal à l’aise avec le praticien qui l’accule de questions, il perd ses moyens quand il réalise que ce dernier l’embrasse de force…

En conclusion

La situation un peu floue sur la relation entre Tengoku et Sakai pourra déranger. Mais la scénariste mène très bien son récit. Il est difficile d’avoir de l’empathie pour le pervers infirmier et on a envie de secouer Aoki. Le trait expressif de la mangaka colle parfaitement à l’ambiance. D’abord mitigée, je me suis laissée prendre par l’histoire. Je me demande vraiment comment la relation entre les deux hommes va évoluer. Avec ce titre, l’auteure a obtenu la première place dans la catégorie meilleure nouvelle venue au Chill chill BL award 2019

Le chien innocent et le chat hypocrite – Niyama

le chien innocent et le chat hypocrite niyama

Niyama にやま
ISBN: 9782368777152
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784801955172 (JP)
Takeshobo, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Lorsque le masque de l’homme parfait finit par tomber à force de côtoyer l’innocence de la jeunesse…

Premier manga relié de Niyama sensei, ce one-shot s’intéresse à la naissance des sentiments durant une cohabitation, la différence d’âge et le sentiment de solitude, en particulier quand le rythme de travail du couple est décalé. Même si certaines coïncidences paraissent un peu exagérées, l’auteure développe la psychologie de ses personnages avec réalisme. Alors que Yagi fuit les problèmes, son comportement parfois enfantin le rend attachant. De même, le côté innocent de Tôru détonne avec son comportement légèrement sans gêne. Mettant en avant le contraste entre ce que pense et ce que dit Yagi, la narration donne principalement son point de vue. Cependant, un chapitre est consacré à l’avis d’Akasaka. Le couple partage ses sentiments avec consentement, même alcoolisé. D’ailleurs, il prend tout son temps.

La mangaka utilise des traits fins légèrement simplifiés. Ses personnages ont une carrure masculine avec de grands yeux expressifs. Pour les passages humoristiques, Niyama sensei n’hésite pas à simplifier ses dessins à l’extrême. Ainsi, le côté naïf d’Akasaka ressort bien graphiquement. Par contre, Yagi porte parfois des oreilles de chat quand il pousse à fond l’hypocrisie. Il n’y a pas de distinction entre les chapitres, peu marqués. La mise en page, plutôt classique, joue sur les ellipses et quelques angles de vue recherchés pour dynamiser la lecture. L’alternance entre les trames d’ambiance et les décors paraît naturelle. Sous la jaquette, la postface et deux illustrations permettent de découvrir la création du scénario. Parfois, quelques trames ou blancs censurent légèrement les scènes érotiques, plutôt détaillées.

En résumé

Yagi Naohito (39 ans) est invité par son ami Tajima Seiji (39 ans) à un gôkon. Ne cherchant pas à draguer, le salaryman s’isole à une table pour manger. Asakasa Tôru (24 ans) l’aborde et demande à s’installer à sa table. Comme le jeune homme entame immédiatement la conversation et parle sans filtre, Yagi n’est pas à l’aise. En effet, il affiche toujours un sourire conciliant, jouant les hypocrites pour plaire à tout le monde. L’alcool aidant, les deux hommes se confient assez facilement, le quarantenaire étant persuadé de ne jamais revoir son interlocuteur collant. Mais ce dernier s’avère être un employé d’un de ses clients. Un soir, le salaryman recroise l’ouvrier loin de son quartier. Asakasa lui apprend qu’un incendie a détruit son appartement et qu’il a perdu son porte-feuille. Devant tant de malchance, Yagi propose au jeune homme de le loger temporairement malgré son appréhension.

En conclusion

Cette histoire mignonne précède My pretty policeman et met en avant la romance du couple d’amis de Seiji. Le contraste entre Yagi qui fuit les relations alors qu’il a peur d’être seul et Asakasa qui s’attache facilement aux gens me touche énormément. J’adore l’évolution tout en douceur et dans le partage de ce couple.
Mise à jour: Ce one-shot a obtenu la treizième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2017.