Tokyo en avril… 1 – Haru

tokyo en avril 1 haru

Haru ハル
ISBN: 9782368777190
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784813032304 (JP)
Taiyohtosho, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Après dix ans sans contact, que cache Ren à Kazuma?

Haru sensei propose de suivre une romance entre un premier amour réciproque perdu de vue depuis 10 ans. Elle alterne la narration entre Kazuma et Ren tout en intégrant des flash-back permettant de remonter les évènements au fil des chapitres, maintenant ainsi le suspense. D’ailleurs, elle donne le point de vue de chacun des héros sur un même évènement. Tandis que les sentiments de Takizawa sont restés suspendus depuis leur séparation abrupte involontaire, Ishihara, qui culpabilise, a peur que son ami découvre ce qui lui est arrivé. En outre, Ren doute toujours des sentiments de Kazuma, hétérosexuel à la base. L’auteure travaille particulièrement la psychologie de ses personnages. Elle s’attarde principalement sur leurs sentiments, leurs réflexions et leurs questionnements. Ainsi, les incompréhensions et méprises polluent leur relation, même amicale. L’introduction de Yagami Ryûnosuke, ami gay de Ren, permet de secouer un peu Kazuma.

La mangaka a un trait assez fin et épuré. Elle s’attache aux détails et petits gestes. De même, elle joue beaucoup sur les expressions des regards. Ses personnages sont longilignes. Pour les passages humoristiques, Haru sensei simplifie ses traits, arrondissant légèrement les visages. Le style général un peu shôjo dégage une certaine douceur et met en avant l’esthétique des personnages. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Par ailleurs, la mise en page est dynamique. Les scènes érotiques détaillées sont censurées par de fines bandelettes blanches.

En résumé

Takizawa Kazuma, de retour des États-Unis, débute dans une nouvelle entreprise japonaise de publicités, à la section ressources humaines. Cela fait dix ans qu’il n’a pas mis les pieds à Tokyo, n’y ayant vécu qu’un an avec sa mère divorcée. A peine arrivé, il reconnaît soudain son ami de collège Ishihara Ren. Ce dernier, en pleine dispute avec le chef de la section RH, Sanada Hayato, est responsable de l’équipe design 1. Mais il se montre distant avec lui. Comme Ren avait changé de nom, Kazuma n’avait pu reprendre contact avec son ami. Se remémorant leur rencontre, il se souvient de l’accueil de Saotome. Pourtant, comme Ren se renfermait sur lui-même, il l’avait un jour suivi. Il a alors découvert que son ami, gay, avait l’intention de coucher avec un inconnu. Il lui a donc proposé de le remplacer…

En conclusion

Ce manga a obtenu la seizième place au classement du Chill Chill BL award 2020. Même si le scénario semble simple au premier abord, la manière de remonter le passé des protagonistes est intéressant. De même, l’auteure développe peu les questionnements des personnages mais elle décrit parfaitement leurs chemins de pensées. Il est donc facile de deviner leurs sentiments. Je suis touchée par ce couple, le ton réaliste du récit ainsi que le graphisme de la mangaka. Laissez-vous porter par leurs retrouvailles électriques!

It can’t be helped – Matsuda Usachiko

it cant be helped matsuda usachiko

MATSUDA Usachiko 松田うさち子
ISBN: 9782368775998
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784801956124 (JP)
Takeshobo, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

Différents amours désespérés sombres mais tendres, entre inceste, jeux érotiques, initiation et abandon avec un inconnu.

Matsuda Usachiko sensei offre un recueil d’histoires au ton assez réaliste et légèrement sombre. Le format court ne permet pas d’approfondir réellement les histoires et les psychologies. Pourtant, des thèmes intéressants comme le harcèlement, l’inceste, le suicide, la différence d’âge, avaient un fort potentiel. Le premier récit, qui donne son titre au manga, aborde une forte dépendance entre deux frères qui se transforme en inceste. La narration alterne entre les deux garçons. Bien que l’auteure transcrit bien l’immoralité, elle reste trop floue sur leurs sentiments, entre amour et possessivité. « Adam’s romance » est une comédie romantique légère jouant sur le fan service, avec fundoshi et kimono. Malgré son fort potentiel, la troisième histoire présente une romance entre un lycéen et un homme mûr blessés qui se réconfortent dans le sexe, avec une initiation en douceur. Le dernier récit maintient le suspense jusqu’à la fin en brouillant réalité et rêve.

La mangaka a déjà un beau dessin, avec des traits anguleux épurés qui gardent une touche réaliste. Elle apporte un certain soin aux regards. Cependant, ses personnages se ressemblent parfois. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. D’ailleurs, les trames sombres renforcent le ton dramatique de certains passages. La mise en page est assez classique mais efficace. Des hachures blanches censurent les parties génitales, mais les scènes érotiques restent tout de même sensuelles. Sous la jaquette, deux planches mettent en scène tous les personnages qui présentent respectivement leurs petits amis avec humour.

En résumé

Doushiyou mo nai It can’t be helped / What should I do / We’ll find a way / Au quotidien: Takahiro et son petit frère Kôki ont l’habitude de dormir ensemble depuis l’enfance, leurs parents étant souvent absents. Mais quand l’aîné s’est installé seul, travaillant à domicile, Kôki est devenu insomniaque en son absence et a dû le rejoindre, ayant besoin de son odeur pour s’endormir. Passé la vingtaine, il décide enfin de s’installer seul, ayant une petite amie. Mais un mois après, il revient mort de fatigue et trouve son aîné dans un état plus lamentable que lui.
Adam’s romance: Yamato, vendeur de gâteaux traditionnels, aime faire des jeux érotiques costumés avec son petit ami Adam, un homme d’affaires étranger passionné de culture japonaise…
Appelle-moi « Onii-san »: Se faisant harceler au lycée parce qu’il est gay, depuis sa déclaration à un ami, Takeru veut se suicider en se jetant du haut du toit d’un immeuble. Suzuka, le propriétaire de l’immeuble, essaie de le raisonner et lui propose en échange de lui faire perdre sa virginité.
Happy dream man: Himekawa est insomniaque et subit du harcèlement moral à son travail. Un jour, alors qu’il pensait se suicider par ingestion de cachets, un bel inconnu apparaît et lui fait l’amour. Depuis, chaque soir, il a hâte de retrouver Yume dans ses rêves.

En conclusion

Ce recueil a obtenue la septième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2017. Pour sa première œuvre, Matsuda sensei propose des récits ambitieux, comblant les défauts scénaristiques par de nombreuses scènes érotiques. C’est d’autant plus dommage car elle travaille avec soin les psychologies de ses personnages. « Appelle-moi « Onii-san » » est mon histoire préférée: le bonus humoristique sous la couverture permet d’en apprendre un peu plus sur ce couple à la grande différence d’âge ayant beaucoup de points communs. Par contre, la relation incestueuse entre Takashiro et Kôki pourra gêner certains lecteurs, surtout que le cadet a tendance à se montrer parfois violent. Je suis curieuse de voir comment va évoluer l’auteure par la suite.

Juste parce que je t’aime – Tokita Honoji

juste parce que je t aime tokita honoji

TOKITA Honoji ときたほのじ
ISBN: 9782368776407
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784865893922 (JP)
Fusion Product, 2017 (JP)
Titre original: ただただ好きというだけで
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Une tendre romance entre un bon élève beau gosse et un yankee plus sensible qu’il ne paraît.

Pour son premier manga, Tokita Honoji sensei présente une romance assez classique entre un bon élève beau gosse et un délinquant. Elle s’intéresse principalement aux jugements sur l’apparence et à l’évolution de leur relation. Le couple prend son temps pour se découvrir, discuter, s’interroger sur l’amour et partager leurs sentiments. Il est donc dans une relation saine où le consentement est bien présent. Par ailleurs, l’auteure a une approche réaliste, mettant en scène des personnages plutôt lambdas. Par exemple, conscient de sa possessivité, Teo essaie de se contrôler. De même, Takeru est isolé à cause de son apparence effrayante, mais il s’avère être quelqu’un de gentil et juste maladroit en relations humaines. Alors qu’il change grâce à l’amour, il fait également preuve de motivation personnelle. Totoki est le narrateur principal mais Yoshizawa donne sa version dans l’histoire bonus de fin de tome.

La mangaka a un trait épuré un peu classique mais beau et agréable. Elle n’hésite pas à le simplifier pour renforcer les expressions. Elle se focalise particulièrement sur les regards et les petits gestes. D’ailleurs, ses personnages deviennent presque SD dans les scènes humoristiques. Des trames sombres appuient les moments dramatiques. Les décors situent surtout l’action et quelques trames d’ambiance illustrent les sentiments des protagonistes. Les actions des bagarres sont assez simples et plutôt statiques mais rendent bien la tension. Tokita sensei utilise des angles de vue classiques mais efficaces, avec une mise en page très dynamique. Sous la jaquette, elle donne des anecdotes sur les deux héros en deux planches. Elle censure à peine les scènes érotiques, esquissant les détails.

En résumé

Totoki Takeru est souvent impliqué dans des bagarres à cause de son regard noir. Au lycée, tout le monde l’évite, le prenant pour un délinquant et ayant peur de lui. Pourtant, Yoshizawa Teo remarque que son regard peut être différent quand il est avec lui. Curieux et intéressé, il lui propose alors de sortir ensemble, pour le plus grand bonheur de Totoki qui est en réalité amoureux de lui. Mais en entendant les mises en garde des amis de Yoshizawa, le délinquant se demande s’il ne ferait pas mieux de se séparer de peur qu’il n’arrive quelque chose à son petit ami. Yoshizawa l’arrête immédiatement, encore plus charmé par son regard en larmes.

En conclusion

Malgré les appréciations des lecteurs trouvant le pur yankee Totoki en larmes craquant, l’auteure n’a pu entrer dans le top du classement des meilleures nouvelles venues au Chill Chill BL award 2018. Sûrement parce que son sujet est trop classique, avec des personnages ordinaires. Mais c’est justement ce qui me fait adorer ce récit réaliste. Des héros communs dans une romance commune. Pas de personnes torturées ou traumatisées, juste deux lycéens qui tombent amoureux. De l’amour, de la tendresse, un peu de tension. Ne passez pas à côté de ce récit simple mais tellement attachant!

Therapy game 1 – Hinohara Meguru

therapy game 1 hinohara meguru

HINOHARA Meguru 日ノ原巡
ISBN: 9782375061848
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784403666612 (JP)
Shinshokan, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Le plus dur n’est pas d’aimer mais de faire confiance.

Dans ce spin-off, Hinohara Meguru sensei s’intéresse à la romance des frères des héros de Secret xxx. Avec un ton un peu plus sérieux, elle questionne le jugement sur l’apparence, la trahison et la confiance. Elle prend son temps pour installer le contexte et présenter les points de vue et les caractères des personnages. Shizuma, trop gentil et bienveillant, est peut-être observateur mais a tendance à foncer pour réfléchir après coup. Minato, quant à lui, cache un traumatisme d’enfance et a peur de s’attacher aux gens. Alors que la relation débute plutôt mal entre les deux hommes, les sentiments vont vite la faire évoluer. D’ailleurs, l’auteure s’attarde surtout sur le manque de confiance de ces deux hommes blessés qui surpassent leurs sentiments et polluent leurs liens naissants. Elle introduit leur douloureux passé par des flash-back sans complètement tout dévoiler. Deux histoires bonus apportent une touche d’humour en fin de tome.

La mangaka a un trait épuré, légèrement anguleux, parfois dédoublé donnant un peu d’épaisseur aux lignes principales. Elle soigne particulièrement l’expressivité des regards et n’hésite pas à simplifier les traits pour les passages humoristiques. Les oreilles et les nez sont pointus. Les trames d’ambiance participent à la narration. De même, elles alternent avec les décors. Par ailleurs, l’équilibre entre les trames d’ombres et de colorisation donnent du volume sans surcharger la page. Les angles de vues variés, avec des plongées et contre-plongées soulignant l’action, appuient la dynamique de la mise en page. Les scènes érotiques ne sont pas censurées, mais les détails des préliminaires dégagent un certaine sensualité. En arrière plan, les servals apportent une petite touche humoristique.

En résumé

Ikushima Shizuma se réveille aux côtés de Minato dans un hôtel. Mais il ne se souvient de rien, ayant noyé son chagrin dans l’alcool après sa rupture avec sa petite amie Nishizono Yuka la veille. Il repousse alors Minato qui essaie de lui remémorer leur nuit intense. Blessé d’avoir cru aux paroles d’un hétérosexuel, ce dernier n’arrête pas de se plaindre durant la séance photos au bar. Il accepte alors le pari lancé par les travestis, décidé à séduire Shizuma pour le jeter ensuite. Le jeune homme éconduit va donc lui rendre sa carte d’étudiant oubliée au bar. Mais à l’université, les amis d’Ikushima, Chikawa et Tatsumi, s’incrustent à leur table et se mettent à critiquer ouvertement Yuka puis Minato. Vexé, Shizuma embarque avec lui le visiteur. Comme il pleut, il lui propose alors de le déposer en voiture et en profite pour s’excuser de sa goujaterie du matin.

En conclusion

Ce manga a obtenu la septième place au classement du Chill Chill BL award 2019. Il est vraiment prenant et touchant. Minato a l’air plus traumatisé que Mito par leur passé. J’adore le voir céder aux caresses de Shizuma. En plus, voir Shôhei et Mito soutenir leurs frères respectifs à leur manière est intéressant. J’apprécie vraiment le travail de l’auteure, sa manière d’aborder les sujets avec un ton assez réaliste tout en prenant soin de ses personnages. Le cliffhanger de la fin est insoutenable. Vivement le tome suivant!

Secret xxx – Hinohara Meguru

secret xxx hinohara meguru

HINOHARA Meguru 日ノ原巡
ISBN: 9782375061473
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784403665981 (JP)
Shinshokan, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Une comédie romantique remplie d’adorables lapins avec un seme aussi doux et chaud qu’eux.

Hinohara Meguru sensei propose de suivre une comédie romantique remplie de mignons lapins ayant pour thème principal les secrets. Elle aborde différents sujets avec légèreté comme les liens familiaux, l’allergie, le brother complex, le fonctionnement d’une animalerie et des concours. Son couple se forme vite mais se découvre peu à peu: Mito et Shôhei vont apprendre à se confier, renforçant ainsi leur confiance mutuelle. La narration est principalement faite du point de vue de l’étudiant. En introduisant Minato, le petit frère de Mito, qui a une personnalité exacerbée, l’auteure développe un peu le passé difficile de la famille Itsuki. Elle joue également sur les contrastes: Mito a un caractère doux mais chaud lapin, un aspect longiligne avec une force monstrueuse. De même, l’ambiance des familles Itsuki et Ikushima s’opposent complètement. Les servals et les lapins apportent une touche humoristique. Des fiches personnages des héros complètent les renseignements sur leurs goûts.

La mangaka utilise des traits épurés un peu anguleux, avec un style graphique légèrement shôjo. Dans les scènes humoristiques, elle exagère les expressions et n’hésite pas à simplifier ses traits. Ses personnages, à la carrure plutôt svelte, ont des oreilles pointues parfois décollées mais cela renforce leur côté mignon. Les angles de vue recherchés permettent souvent de remplir les vignettes de lapins ou de mettre en avant l’esthétique des personnages. En plus, les pensées des rongeurs sont transcrites textuellement. Hinohara sensei joue beaucoup sur les fonds et les trames d’ambiance, offrant une variété de motifs. Elle équilibre les vides et les trames d’ombres et de coloration, évitant de surcharger ses pages. En plus, la mise en page dynamique rythme les nombreuses actions. Les illustrations de début de chapitre représentent le couple en amoureux. D’ailleurs, les scènes érotiques peu censurées se concentrent sur les câlins torrides.

En résumé

Avec un père travaillant dans un zoo et une mère vétérinaire, Ikushima Shôhei (21 ans) a grandi entouré d’animaux sauvages. Cependant, il préfère les lapins mais en est malheureusement allergique. Admirant chaque jour la vitrine de l’animalerie spécialisée Trois lapins, il est un jour invité par Itsuki Mito (28 ans) à y entrer. Depuis, Shôhei aide à la boutique en prenant grand soin de tenir secrète son allergie. En effet, il souhaite rester auprès de son supérieur dont il est tombé amoureux…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la troisième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2018. Malgré les nombreux thèmes intéressants abordés, l’auteure privilégie les situations tendres et comiques sans entrer dans les détails. D’ailleurs, elle donne une image idéalisée de l’animalerie, avec des lapins heureux qui peuvent se promener librement, avoir des câlins et qui sont gentils ou taquins. En traduction, on perd malheureusement le jeu de mot entre l’animalerie et le prénom de Mito 三兎 qui s’écrit avec le caractère « 3 » et « lapin ». Même si les évènements s’enchainent, laissant peu de temps pour souffler, on s’amuse tellement avec ce couple câlin et consentant.

Bodysuit fetish – Yamasaki Uni

bodysuit fetish yamasaki uni

YAMASAKI Uni 山佐木うに
ISBN: 9782368775486
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784801955554 (JP)
Takeshobo, 2016
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Derrière les combinaisons moulantes et les tripotages, une ravissante comédie romantique pleine de sentiments.

Yamasaki Uni sensei arrive, malgré le thème sulfureux du fétichisme, à narrer une comédie romantique débordant de sentiments et de positivisme. Alors que Kuroe, otaku de sentai, a une piètre opinion de lui-même, le talentueux Tôma assume pleinement son côté pervers et fétichiste. A partir d’un échange de bons procédés, la relation va évoluer en douceur, les deux garçons se découvrant au fur et à mesure. L’introduction des autres membres du club de cosplay, Kaneda Umi et Ayano Kyôichi, va permettre aux principaux intéressés de comprendre leurs sentiments profonds. L’auteure joue sur les contrastes entre ses personnages, et les écarts entre leurs ressentis et leurs sentiments. Elle met en scène un couple qui communique, cherche à se comprendre, attentif au plaisir de son partenaire. Elle arrive même à donner un aspect innocent au fétichisme pervers de Tôma. S’acceptant tels qu’ils sont, les deux étudiants s’inspirent mutuellement.

La mangaka a un trait fin épuré et anguleux dégageant pourtant de la douceur. Même si son style semble assez classique, elle soigne le traitement des vêtements. Le rendu des tissus est bien fait, en particulier sur les combinaisons moulantes. De plus, ces dernières mettent en valeur les personnages plutôt sveltes et légèrement musclés. Les expressions du visages sont également très travaillées. Yamasaki sensei alterne les décors et les trames d’ambiance. Elle conserve un certain réalisme dans le rendu des ombres et des couleurs. La mise en page dynamique rythme la lecture. Les scènes érotiques, surtout sensuelles, sont assez détaillées, mais des hachures censurent tout de même les organes génitaux en gros plan.

En résumé

Dans l’école de design de Mishima cohabitent un département informatique et un département mode. Kuroe Yôji, en première année d’étude graphique, travaille sur le character design des personnages d’un jeu vidéo indépendant pour son club. Envoyé au département de mode demander au club de cosplay de confectionner les costumes qu’il a dessiné, il aborde le beau et solaire Kishida Tôma, en 2e année. Ce dernier accepte volontiers de concevoir les costumes gratuitement à la seule condition que Kuroe devienne son modèle. D’abord inquiet, Kaneda Umi s’incline devant la détermination de l’otaku. Mais le week-end, après que Kuroe ait enfilé une combinaison moulante, Tôma demande l’autorisation de le toucher, révélant être fétichiste des vêtements. D’abord légèrement apeuré, Kuroe cède au magnifique sourire du designer puis ressent de plus en plus de plaisir au gré des attouchements…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la huitième place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2017. J’adore l’histoire, car malgré un thème sulfureux, le couple reste dans le consentement. En plus, en fin de tome, l’histoire bonus fait allusion à un possible reverse, donnant envie d’une suite. J’aimerais tant découvrir qui fait battre le cœur de Kaneda.

Yankee en danger! – Yao

yankee en danger yao

Yao 八百
ISBN: 9782368776452
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784801961777 (JP)
Takeshobo, 2018 (JP)
Titre original: 素人ヤンキー 危機一発!
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

En tournant un film érotique pour remercier son sauveur, Rika n’aurait pas imaginé trouver l’amour.

Pour son premier manga, Yao sensei présente, sur un ton humoristique et érotique, une romance entre un délinquant et un acteur porno gay. Elle s’intéresse principalement à la relation du couple et au jeu de forcing entre les deux personnages. Même si Rika se rebelle, il cède toujours aux avances de Kaito. L’univers du cinéma pornographique sert de prétexte à mettre plus de scènes érotiques. Bien que l’auteure ait développé les personnalités de ses personnages, elle survole leur passé. Elle les utilise juste pour excuser leur comportement. Pourtant les expériences traumatisantes d’Oda, résigné, avaient du potentiel. En outre, Arikawa s’énerve très facilement, malgré son honnêteté et sa gentillesse. Il réfléchit beaucoup à ses sentiments et cherche à comprendre son partenaire. La narration donne donc principalement le point de vue d’Arikawa. L’introduction de l’acteur ambitieux Ichikawa Yura va permettre de faire évoluer plus vite la relation du couple.

La mangaka a un style graphique anguleux, avec des traits très épurés. En plus, elle déforme ou exagère les expressions. Les personnages ont de grande bouche, des corps fins et musclés. Les décors, peu nombreux, alternent avec les trames d’ambiance. Les flash-back sont intégrés à certaines vignettes, alourdissant un peu les pages. Cependant, la mise en page reste dynamique. Par ailleurs, Yao sensei privilégie les angles de vue variés, peu communs, mettant en avant l’action plutôt que l’esthétique. Les illustrations en début de chapitre reprennent le thème du tournage. Sous la jaquette, deux planches dévoilent quelques secrets amusants sur les personnages. Les scènes érotiques semblent un peu brouillon à cause de la censure: les lignes de mouvements se mêlent aux hachures, l’absence de traits et le choix des cadrages serrés brouillent encore plus la compréhension de certaines vignettes. Pourtant les coupes intérieures et les gros plans sont détaillés.

En résumé

En pleine bagarre, Arikawa Ryûji est sauvé par Oda Kaito, un célèbre acteur pornographique spécialisé dans les vidéos homosexuelles. Voulant le remercier, ce dernier lui demande alors de jouer dans son prochain film. D’abord hésitant, Rika finit par accepter, répondant sans réfléchir aux provocations de l’acteur. A sa surprise, il ressent même du plaisir durant le tournage. Excité par le regard langoureux du délinquant, Oda finit par coucher avec lui après le tournage. Par la suite, Kaito demande à ne pas sortir la vidéo et tente alors de faire chanter le yankee en demandant de rembourser en nature le matériel qu’il avait cassé en s’enfuyant…

En conclusion

Ce tome a obtenu la troisième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2019. Il est amusant de voir l’uke au comportement viril fondre facilement dans les bras de son amant. Les différentes expressions de Rika sont impressionnantes: de la colère à la sensualité, en passant par le visage déformé par le plaisir contenu. Au début, le dessin ne semble pas très stable mais le trait expressif est agréable. Par contre, cette romance légère ne se formalise pas sur l’absence de consentement et respecte le quota d’une scène érotique par chapitre. A réserver à un public averti, donc, et friand de ce genre. Comme j’apprécie le style graphique de l’auteure, j’aimerais découvrir ses autres œuvres.

Viens-là, mon amour – Michinoku Atami

viens la mon amour michinoku atami

MICHINOKU Atami みちのくアタミ
ISBN: 9782368775691
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784865891287 (JP)
Fusion product, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Une romance réaliste entre deux étudiants voisins dont la première rencontre commence plutôt mal.

Pour son premier manga publié, Michinoku Atami sensei propose une romance réaliste entre deux étudiants. Alors que Nishino collectionne les filles, Suzuhara préfère cacher son orientation sexuelle, à part avec son ami Nakayama. Leur rencontre d’abord tendue commence par des méprises mais à force de se fréquenter et se découvrir, elle aboutira à une belle histoire d’amour. L’auteure décrit avec finesse l’évolution des sentiments de ses héros en partageant la narration entre eux. Elle conclut son récit sur une anecdote amusante en fin de tome dans un love hotel. Elle complète ce one-shot avec une aventure se déroulant sur un chapitre. Akio et Yûsuke s’interrogent sur l’amour, l’aspect physique et la position de dominant et dominé dans un couple gay. Avec principalement l’envie de faire plaisir à leur partenaire, ils offrent une ode au respect mutuel dans une couple.

La mangaka utilise des traits fins, avec un graphisme assez réalistes. Elle simplifie tout de même les expressions dans les scènes humoristiques. Elle joue beaucoup sur les vides, les blancs et des parties effacées. Ses personnages super-deformed sont mignons et donnent des anecdotes amusantes en fin de chapitre. Les angles de vue recherchés participent à la dynamique de la mise en page. Michinoku sensei équilibre les décors et les trames. Elle ne censure pas les scènes érotiques, détaillées avec parfois des coupes intérieures. Par contre, comme elle privilégie les sensations, les images dégagent une certaine sensualité. Sous la jaquette, une histoire bonus propose quelques images tendres avec Suzuhara qui tente d’économiser malgré la chaleur.

En résumé

Viens-là, mon amour / Une vie de luxe: Etudiant, Suzuhara loue un studio à bas prix aux murs malheureusement mal insonorisés. Même avec des écouteurs sur les oreilles, il entend encore les gémissements d’une fille chez le voisin. Excédé, il tape alors contre le mur pour la faire taire. Son voisin, Nishino, sonne presque immédiatement à sa porte. Comme la fille s’est enfuie, il commence à le draguer. En effet, il se méprend sur les regards insistants de Suzuhara, qui bavait en réalité sur son pack de bière. Les deux jeunes hommes vont à la même université et Suzuhara découvre que son voisin collectionne les conquêtes. Le jour où son ami Nakayama lui demande de lui prêter son appartement pour passer une nuit avec sa petite amie, il accepte. Mais il rentre trop tôt et se retrouve à la porte. Croisant son voisin qui le provoque à nouveau, il accepte de coucher avec lui. Nishino comprend alors que Suzuhara est gay et secrètement amoureux de son ami.
L’amour sans mode d’emploi: Le travesti Akio dégage encore plus de charme que certaines femmes. Mais il se fait souvent plaquer par ses partenaires au moment de passer à l’acte. Ainsi, il est donc encore vierge. Son ami gay, Yûsuke, a également du mal à garder une relation stable. Son dernier petit ami était un échangiste. Les deux amis, plutôt passifs, s’apprécient énormément. Comme Yûsuke accepte d’essayer de devenir dominant, subjugué par le charme d’Akio, ils décident de tenter l’expérience…

En conclusion

Ce titre a obtenu la dixième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2017. Pour une première publication, c’est une belle réussite: l’auteure maîtrise déjà bien son graphisme et son scénario. Je suis complètement sous le charme de ce couple. Et j’adore également la courte histoire « L’amour sans mode d’emploi ». Une valeur sûre qui peut se relire indéfiniment et que je recommande.

The capricious love is moderate – Nohagi Aki

the capricious love is moderate nohagi aki

NOHAGI Aki 野萩あき
ISBN: 9782368775288
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784796408288 (JP)
Kaiohsha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Des amours capricieux avec des manipulateurs tout aussi surprenants.

Nohagi Aki sensei propose un recueil mettant en scène trois manipulateurs capricieux à la recherche de l’amour. Le format court ne permet pas d’approfondir les histoires, tout de même développée sur deux chapitres. L’auteure aime brouiller les pistes: les seme ne sont pas forcément ceux à qui le lecteur s’attendait. Par exemple, la première histoire narre les déboires d’un prétentieux dragueur qui se fait prendre à son propre jeu. Le seme très dominant l’entraîne donc dans des relations peu consenties, presque punitives. « Intérêt » met en avant la manipulation d’un uke narcissique qui plonge son partenaire dans une relation tordue presque SM. Le dernier récit présente un amour réciproque entre deux lycéens homosexuels qui se cachent. Tandis que Mizoguchi, le narrateur, évite tout contact, Sawahara joue les hétéros. Leur rencontre va leur permettre de dépasser leur peur du rejet et la douleur des paroles blessantes.

La mangaka utilise des traits fins et épurés, dans un style graphique assez classique. Certains de ses personnages ont malheureusement tendance à se ressembler. La mise en page est par contre dynamique. Et Nohagi sensei équilibre très bien les trames d’ambiance et les décors. Même ses trames d’ombres et de coloration donnent un certain naturel à ses pages. En plus, ses angles de vue sont recherchés dans certaines vignettes. Les illustrations de début de chapitre introduisent l’ambiance du récit à venir. Les scènes érotiques sont censurées en évitant de dessiner tout simplement les parties intimes.

En résumé

Jouer, mais pas trop / Après le jeu: Tanihana s’est lassé des femmes et souhaite essayer la sodomie avec un homme. Il insiste auprès de son ami et collègue Kinoshita pour qu’il lui présente un ami gay. Ce dernier lui propose de rencontrer Shimakawa qui travaille dans une boutique de costumes sur mesure. Ce dernier envoie balader le prétentieux fils de PDG. Mais cela ne fait que motiver encore plus le salaryman. Remarquant que le vendeur est amoureux de son patron marié, Tanihana le provoque mais la suite ne se déroule pas vraiment comme il l’avait calculé.
Intérêt / Je suis ton chien de Pavlov: Kishi est l’un des rares amis de Someya. En effet, ce dernier, narcissique, n’aime que lui-même. Après les cours, il a pris l’habitude de se soulager aux toilettes. Comme Kishi l’attend patiemment à l’extérieur, Someya lui propose un jour de se masturber ensemble. Kishi cache d’abord son trouble, mais il se demande de plus en plus ce qu’écoute son ami pendant sa petite affaire…
Ton parfum / Je ne peux pas vivre sans toi: Mizoguchi Yûsuke préfère rester tranquille et isolé. Il se contente d’apprécier les beaux garçons assis à côté de lui. Mais avec le dernier changement de places, le bruyant Sawahara Takuto se retrouve devant lui et entame à chaque fois la discussion. En outre, il met un parfum insupportable. Excédé, le lycéen lui fait la remarque. Découvrant que Yû apprécie son odeur naturelle, Taku réussit enfin à sympathiser avec lui.

En conclusion

« Ton parfum » est mon histoire préférée. Son ton plus réaliste et abouti et ses personnages attachants me touchent vraiment. De même, le couple de « Intérêt » suscite ma curiosité. L’auteure brouille parfaitement les pistes de dominant et dominé, avec la relation étrange qu’entretiennent Kishi et Someya. En effet, c’est le uke qui domine complètement son seme. Une lecture distrayante donc!

A boring man – Yamamoto Kotetsuko

a boring man yamamoto kotetsuko

YAMAMOTO Kotetsuko 山本小鉄子
ISBN: 9782368771396
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784877244897 (JP)
Kaiohsha, 2007 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Trois tendres romances avec des uke blessés et de jeunes seme compréhensifs.

Yamamoto Kotetsuko sensei offre un recueil de trois romances touchantes avec des uke blessés. Elle développe suffisamment la psychologie de ses personnages malgré le format court. Comme les seme sont attentifs à l’être aimé, les relations se font tout en douceur. Les personnages sont donc attachants. Le premier récit donne son titre au manga. L’auteure se focalise principalement sur l’évolution de la relation entre les deux collègues, l’un deux ayant perdu confiance en lui suite à la remarque d’un ex. Elle donne un aperçu de l’avenir du couple dans l’histoire bonus. « Sweet room » joue sur l’esprit de contradiction du héros pour apporter une touche humoristique. Le dernier récit occupe la moitié du tome. Cette romance met principalement en œuvre le pouvoir de l’amour pour surmonter un traumatisme. La douceur et la patience du seme sont bien rendues.

Les traits épurés de la mangaka donnent une certaine douceur à son graphisme. De plus, ils sont très expressifs. Les visages sont plutôt ronds, avec de grands yeux. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. De même, Yamamoto sensei utilise les trames avec parcimonie, ne chargeant pas ses pages. Les angles de vue variés dynamisent la mise en page. Les scènes érotiques sont pudiques et portent attention aux sensations des personnages. Cela leur confère donc une agréable tendresse.

En résumé

A boring man/ A troubled man: Hashimoto (26 ans) s’est fait plaqué par son petit ami qui le trouvait trop ennuyeux et banal. Il noie alors son chagrin dans l’alcool. En se rendant dans la salle de bain commune de la résidence, il croise son voisin de chambre et collègue Karasuma (23 ans). Devant la beauté et l’intelligence du jeune salaryman prometteur, il se sent encore plus minable. Alors que Karasuma le rejoint dans la salle de bain, Hashimoto s’endort dans la grande baignoire. Heureusement, son jeune collègue le sauve de la noyade. Mais quand son senpai reprend ses esprits, il lui fait alors une déclaration d’amour.
Sweet room: Kotobuki Kazumi (2e année) cherche un nouveau colocataire. Bien qu’il soit mignon physiquement, son côté économe à l’extrême le rend presque tyrannique. Intéressé par l’annonce, Fujiya Ryôsuke (1e année) demande alors à visiter l’appartement le soir même et décide de faire une semaine d’essai. Mais Kazumi a le coup de foudre pour son nouveau résidant. Redoutant que ce dernier découvre ses sentiments, il décide de se montrer encore plus exigeant pour le faire partir…
Serre fort ma main / Toujours main dans la main: Chaque matin, Kitanaka Atsushi (20 ans) est réveillé par le même cauchemar. Alors qu’il travaillait sur le continent dans une entreprise, il est revenu au bout de deux ans aider ses parents dans leur restaurant. Croisant son ami d’enfance, Kinjô Satoru (16 ans), il lui propose de faire le trajet à vélo ensemble. Mais depuis son retour, le lycéen se montre assez froid avec lui. Le soir, Atsushi lui demande alors des explications. Satoru avoue être tombé amoureux. Les deux amis commencent donc à sortir ensemble. Cependant, lors de leur premier baiser, assaillis par de douloureux souvenirs, Atsushi le repousse, tremblant.

En conclusion

Malgré le format court, l’auteure arrive à me toucher avec ces couples tellement attendrissants. Ces romances vous feront passer un agréable moment.