Effeuiller l’inaccessible 1 – Sakyo Aya

Couverture de Effeuiller l'inaccessible 1 de Sakyo Aya, éditions Hana

SAKYO Aya 左京亜也
ISBN: 9782382765081
Hana, 2025
ISBN: 9784403667220 (JP)
Shinshokan, 2020 (JP)
Titre original: 高嶺の花は、散らされたい 上
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Un omegaverse florissant entre un alpha supérieur et un omega toujours pur. »

Sakyo Aya sensei offre un romance omegaverse plutôt classique, avec un alpha dominant, hautain et égoïste, et un oméga passif, candide et serviable. Elle aborde donc les questionnements classiques du genre comme la discrimination des omégas, les contraintes des chaleurs et du lien en paire. Elle construit également des relations non consensuelles, dominées par les phéromones et les envies du fleuriste. Pourtant, la narration se base principalement du point de vue du barista. Ainsi, le beau Hana, qui a un côté un petit peu stalker, souffre de sa condition d’oméga et a tendance à se laisser mener par le bout du nez. Le bougon Renjaku dégage tout de même une certaine classe malgré son franc parler vulgaire et cru. Il a d’ailleurs la fâcheuse tendance à rabaisser son partenaire. En introduisant Aoba (20 ans), le frère de Yukishita, l’autrice met en avant un alpha encore plus égocentrique et sans morale.

La mangaka a un trait fin légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle varie beaucoup les trames. Par ailleurs, les trames d’ambiance accompagnent les émotions et alternent avec les décors soignés. La mise en page très dynamique joue beaucoup sur les angles de vue, en particulier les contre-plongées et les plongées qui renforcent ainsi l’aspect dominant et dominé de la relation. Sakyo sensei censure subtilement les scènes érotiques en cachant les détails par des onomatopées bien placées. D’ailleurs, elle met en valeur la plastique des personnages, en particulier leur fine musculature. Elle intègre également les explications sur l’omegaverse directement dans le récit. Les illustrations en début de chapitre montrent les personnages dans des poses sexy, toujours accompagnés d’une plante.

En résumé

Bien qu’oméga, Yukishita Hana (26 ans) n’a jamais eu ses chaleurs. Par conséquent, les clientes du café dans lequel il travaille le prennent souvent pour un alpha. Toutefois, le barista craque secrètement pour le célèbre fleuriste Renjaku, un alpha dominant qui vient souvent au café. Mais un jour, alors qu’il était non loin de sa boutique, ses chaleurs se déclenchent. Renjaku l’emmène donc chez lui et lui propose de le soulager…

En conclusion

Ce tome obtient la quatrième place du meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2021. Sakyo Aya sensei prend les côtés les plus dérangeants et négatifs de l’omegaverse et semble plonger ses personnages constamment dans la tourmente. Elle alterne entre tension, érotisme et petites notes d’humour. Son magnifique graphisme sublime les scènes sexy. Ce titre s’adresse à un public averti car il comporte beaucoup de scènes pouvant choquer la sensibilité des lecteurs. J’aime beaucoup la naïveté excessive de Hana qui le rend un peu « con-con » ainsi que son côté fétichiste. J’apprécie également la dynamique entre l’oméga et l’alpha même si elle n’est pas du tout apaisée. Une lecture piquante comme une rose!

La pire âme sœur de tous les temps – Haruta

Couverture de La pire âme sœur de tous les temps de Haruta, éditions Hana

Haruta 春田
ISBN: 9782382765173
Hana, 2025
ISBN: 9784403667435 (JP)
Shinshokan, 2020 (JP)
Titre original: 運命の番がお前だなんて
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Entre disputes et malentendus, qui aurait cru qu’ils seraient des âmes sœurs?! »

Haruta sensei offre une comédie romantique basé sur l’archétype narratif de la haine vers l’amour mais dans l’univers omegaverse. Elle alterne la narration entre les deux héros. Elle base principalement l’humour sur les chamailleries et les quiproquos. Ainsi, les moments romantiques sont constamment détournés. En effet, le narcissique Kotani et le colérique Shishikura parlent franchement mais refusent pendant longtemps d’admettre leurs sentiments réciproques. Malgré une excellente compatibilité sexuelle, le consentement est parfois gris. L’introduction de l’otaku Onoda dans la perspective d’un mariage arrangé met en avant une relation plus apaisée. L’autrice aborde donc la question de l’âme sœur destinée, la pression familiale, la discrimination des omégas.

La mangaka a un trait épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, transformant les personnages en SD. Les trames sont équilibrées malgré une palette restreinte. De même, les trames d’ambiance sont discrètes. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Haruta sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle offre une scène par chapitre et des coupes intérieures. Dans les illustrations en début de chapitre, elle dessine les deux amants dans leur quotidien. Il y a des explications sur l’univers omegaverse en début de tome.

En résumé

L’oméga Shishikura Yû (29 ans) désespère de trouver l’amour alors que tous ses amis autour de lui se marient. Il s’inscrit donc dans une agence spécialisée dans la recherche d’âme sœur. Lorsqu’un nouvel employé, l’arrogant alpha Kotani Haruto (29 ans), se présente, Yû reconnaît immédiatement son ennemi juré du collège avec lequel il se disputait sans cesse. Mais après la soirée de bienvenue, les chaleurs de l’oméga se déclenchent. Shishikura se réfugie alors dans un hôtel tandis que l’alpha va lui prendre des inhibiteurs. Mais à son retour, Kotani cède à l’appel des phéromones…

En conclusion

Ce tome obtient la treizième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2021. Haruta sensei crée une dynamique entraînante entre un oméga qui a du caractère et un alpha narcissique. Sans révolutionner le genre, elle arrive tout de même à amuser le lecteur jusqu’à la fin. Son graphisme agréable avec ses mignonnes transformations en SD est un plaisir pour les yeux. J’ai passé un agréable moment et me demande ce que le tome 2 pourra proposer. Petite information: Shishikura est représenté par un lion et Kotani par un tigre car les kanjis de ces animaux composent une partie de leur nom. Une lecture divertissante!

La fiancée de l’alpha 4 – Iwamoto Kaoru et Yukimura Kanae

Couverture de La fiancée de l'alpha 4 d'Iwamoto Kaoru et Yukimura Kanae, éditions Hana

IWAMOTO Kaoru 岩本薫
YUKIMURA Kanae 幸村佳苗
ISBN: 9782382765043
Hana, 2025
ISBN: 9784813033639 (JP)
Taiyohtosho, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Je veux le voir. Je veux entendre sa voix. Mais je ne peux pas le voir pour l’instant… »

Iwamoto Kaoru sensei continue d’analyser les réflexions de Keiki et Riku sur leur relation mais également leur attitudes influencées par les phéromones. Comme dans le tome précédent, elle interroge sur la pression familiale, le manque de confiance en soi et en son partenaire. Elle s’intéresse également à la séparation, la relation à distance et le long parcours pour recréer une relation solide. Iriya continue de soutenir le couple, devenant indirectement un exemple d’oméga ayant dépassé les préjugés. Conscient de leur amour réciproque, Shutô et Emori font des efforts pour d’abord accepter les défauts de leur nature puis pour mieux gérer leur influence. L’autrice met en avant certains choix difficiles pour avancer vers un avenir plus serein. Elle installe une relation plus consensuelle, dans la discussion et les initiatives. Par ailleurs, elle interroge sur le lien presque fraternel qui s’installe au fil d’une cohabitation.

Yukimura Kanae sensei a un trait léché à peine épuré. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames sont nombreuses et variées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Les décors soignés apportent une touche réaliste. La mise en page dynamique utilise beaucoup les chevauchements et les sorties de cadre. Dans les scènes érotiques, la mangaka censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches. Néanmoins, elle offre aussi des coupes intérieures. Elle fait poser les personnages dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Après avoir rejeté son âme sœur, Shutô Keiki (alpha), qui allait le mordre sans son consentement, Emori Riku (oméga) a trouvé refuge chez Kuô Iriya (oméga). Mais depuis, il culpabilise au point d’en perdre l’appétit. Inquiet, Iriya lui prodigue alors quelques conseils, lui rappelant qu’il est seul maître de son destin. Après un temps de réflexion, Riku décide de devenir digne de Keiki en se plongeant dans les études…

En conclusion

Ce tome obtient la vingt-et-unième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2024. Iwamoto Kaoru sensei conclut son récit avec un peu de douceur mais surtout avec une réflexion sur l’état d’alpha et d’oméga, entre classique omegaverse et possibilité de relation plus consensuelle. Son récit est magnifiquement illustré par Yukimura Kanae sensei. Je suis rassurée par la conclusion et l’évolution de la relation. J’adore Iriya et j’espère que son spin-off sera un jour disponible en France. Une lecture émouvante!

Laisse-moi te détester 4 – Hijiki

couverture de Laisse-moi te détester 4 de Hijiki, éditions Taifu

Hijiki ひじき
ISBN: 9782375064122
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784799758625 (JP)
Libre, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Se pourrait-il qu’elles arrivent prématurément? »

Hijiki sensei introduit un lycéen alpha qui pourrait se poser en tant que rival de Hazuki. Elle interroge sur l’attirance pour une personne déjà liée. Ainsi, elle montre l’évolution plutôt positive d’Iori qui prend d’abord conscience des différences entre sentiments et influence des phéromones, puis des responsabilité, de l’impuissance et du contrôle difficile d’un alpha. Son amie d’enfance Rin et Naoto le recadrent, apportant une note d’humour. De même, les réactions de Tsuchiya Minato et Shizuku détendent l’atmosphère avec une touche mignonne. Par ailleurs, l’autrice aborde la question de l’absence temporaire d’un partenaire, entre gestion des enfants et du manque, surtout pour une âme sœur. Elle donne également une autre vision de la relation à distance avec Asanaga qui frise le harcèlement. A travers Jun et Yanagi, elle présente l’importance des confidents. L’histoire bonus offre quelques moments plus intimes du couple.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle l’arrondit dans les passages humoristiques, reprenant le style SD. Elle utilise les trames avec parcimonie, marquant surtout les ombres et quelques couleurs en aplat. De même, les trames d’ambiance, graphiques, appuient les émotions. Les décors situent principalement l’action. Comme dans le tome précédent, une trame grise recouvre les vignettes des flash-back. Par ailleurs, la mise en page est simplement dynamique. Dans les scènes érotiques, Hijiki sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Elle ajoute même des languettes sur les coupes intérieures. En début de tome, elle donne les bases de l’univers omegaverse. Sous la jaquette, se trouve sa postface.

En résumé

Au lycée, Tsuchiya Naoto (oméga) surprend une lycéenne faire une déclaration d’amour à l’alpha Iori, en seconde. A sa surprise, le lycéen fréquente une fille différente chaque jour. L’ayant remarqué, Iori se méprend alors sur le concierge, le prenant également pour un de ses prétendants. Heureusement, son amie d’enfance Rin intervient pour le recadrer. Le soir, de retour à la maison, Tsuchiya Hazuki (alpha) annonce à Naoto qu’il doit partir deux semaines en voyage d’affaires à la demande de sa mère Mizuki. Mais il s’inquiète car l’oméga aura bientôt ses chaleurs…

En conclusion

Ce tome obtient la septième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2023. Hijiki sensei maîtrise le développement de son scénario, alternant les moments de tension, d’humour et mignons. Par ailleurs, elle s’attarde sur les émotions de ses personnages, laissant libre cours à l’imagination des lecteurs. Ainsi, l’histoire de Rin et Iori ajoute un peu de suspense tout en restant pourtant sur une conclusion ouverte. J’apprécie le traitement d’Iori, pour une fois qu’un rival se comporte « bien ». J’aime également beaucoup les réactions de Shizuku et Minato. C’est toujours un plaisir de retrouver cette petite famille recomposée ainsi que leurs amis.

Love is an illusion 3 – Fargo

couverture de Love is an illusion 3 de Fargo, éditions kbl

Fargo
ISBN: 9782382882764
Kbooks, 2024
Lezhin, 2018 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Tu n’es bon qu’à une chose, vendre ton corps… comme ta mère. »

Fargo s’intéresse à l’intégration de Byul dans la riche famille Park, s’amusant de leurs différentes réactions. Ainsi, elle aborde la question du rôle d’un petit-enfant, l’organisation du couple avec enfant, l’officialisation d’une relation par le mariage, le sentiment de culpabilité qui naît lors d’un rejet. Par ailleurs, elle analyse les différents sentiments ressentis par l’instable Hyesung, mal à l’aise face à ses nouvelles responsabilités de parent, entre regrets, peur et efforts. Avec le soutien de son partenaire, il reprend confiance en lui tout en restant aussi revêche. D’ailleurs, leurs petites chamailleries continuent d’amuser le lecteur. L’introduction de Dojoon, le frère de Dojin, permet de découvrir de nouvelles facettes de Heesoo. Ainsi, l’autrice s’intéresse à la relation compliquée entre alpha et bêta. Elle questionne également sur le marquage ainsi que l’influence des phéromones sur un bébé. En fin de tome, elle offre quelques anecdotes amusantes et mignonnes.

Malgré un trait épuré, Fargo dessine des physionomies variées, permettant de reconnaître facilement les personnages. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Les décors bien que soignés situent principalement l’action. Comme dans le tome précédent, il n’y a que quelques pages en couleurs pastels. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, la manhwaga censure les parties intimes par un cache blanc. En début de tome, une fiche rappelle les règles de l’omegaverse.

En résumé

A son réveil, Park Dojin constate que Kim Hyesung (21 ans) a encore fui en abandonnant à nouveau leur enfant Byul, malgré leur nuit torride. Désabusé, il décide alors de ne plus le poursuivre. L’oméga, qui ne sait plus où se cacher, croise l’alpha qui l’avait dragué quand il travaillait comme serveur. Il compte alors se laisser entretenir par ce riche bavard. Mais au moment de passer à l’acte, il se sent soudainement nauséeux. Aurait-il été marqué?

En conclusion

Fargo continue de nous surprendre avec le couple explosif de Dojin et Hyesung. Elle introduit un nouveau couple possible, donnant envie de découvrir leur histoire plus en détail. Malgré un scénario omegaverse au premier abord classique, elle bouleverse les bases avec des personnages aux caractères contraires à leur genre alpha, bêta et oméga. Le lecteur passe du rire aux larmes! Mais comment Byul reste aussi mignon malgré toute cette bave? Une lecture plaisante!

Love is an illusion 2 – Fargo

couverture de Love is an illusion 2 de Fargo, éditions Kbl

Fargo
ISBN: 9782382882757
Kbooks, 2024
Lezhin, 2018 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Que va pouvoir faire le musicien pour retenir sa muse à ses côtés? »

Fargo s’intéresse à la grossesse, développant toutes les étapes des premiers mois difficiles jusqu’à l’accouchement. Avec un humour acidulé, elle aborde la vision des deux parents, analysant les différentes émotions lors d’une grossesse surprise entre rejet et acceptation. Par ailleurs, elle interroge sur le statut de mère porteuse, la responsabilité du géniteur, l’organisation d’un parent célibataire. Le comportement capricieux de Hyesung apporte une note comique sur des détails tellement réalistes. Par ailleurs, les quiproquos ajoutent quelques tensions. Heesoo devient pour ainsi dire la voix de la raison tandis que les deux amants s’emballent. Comme dans le tome précédent, l’autrice crée le suspense en révélant le dur passé de l’oméga. Ainsi, elle montre encore les discriminations et les clichés entre alphas et omégas. En fin de tome, elle offre quelques anecdotes amusantes. La relation entre le trop docile alpha à la merci du revêche oméga dynamise complètement le récit.

Fargo a un trait épuré qui se simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle exagère les expressions lors des émotions fortes. Le petit Byul apporte une note toute mignonne. Le tome est principalement en noir et blanc mais propose quelques pages couleurs aux tons plutôt pastels. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est plutôt dynamique. Dans les scènes érotiques, la manhwaga censure les parties intimes par un cache blanc. En début de tome, se trouve une fiche explicative sur l’omegaverse.

En résumé

Kim Hyesung est enceint mais ne souhaite pas garder l’enfant. Toutefois, Park Dojin, fou de joie, cède à tous les caprices de l’oméga dans l’espoir de le retenir avec son enfant auprès de lui. Mais arrivera-t-il à convaincre le revêche Hyesung?

En conclusion

Fargo maîtrise parfaitement son scénario oscillant entre moments dramatiques, sensuels et comiques. Elle détaille avec humour tous les changements lors d’une grossesse, aussi bien les désenchantements que les explosions de joie. Son graphisme très expressif permet de comprendre immédiatement les émotions des personnages. Une lecture à la fois hilarante et très instructive!

Love shuttle 2 – Aeju

couverture de Love shuttle 2 de Aeju edité par Nao studio

Aeju
ISBN: 9782959108655
Nao studio publishing, 2024
Lezhin, 2019 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« C’est donc ça qu’on ressent… En embrassant quelqu’un. »

Aeju s’attarde sur les spécificités de Doyun en tant qu’oméga et présente ainsi les contraintes quotidiennes des omégas. Elle aborde entre autres la pression familiale, les préjugés sur les alphas et les omégas ainsi que les difficultés à vivre sous l’influence des phéromones. Alors que Taehan accepte rapidement son attirance et son désir, Doyun a tendance à fuir et s’embourbe dans des complications en ne maîtrisant pas ses propres manigances. Par ailleurs, la mère Lee apporte un note amusante en surprenant le lecteur. L’introduction de Lee Dojun permet d’interroger sur le côté surprotecteur et autoritaire de certains alphas. D’ailleurs, en comparant Jung à d’autres types d’alphas, l’auteure met en avant son côté bienveillant et son contrôle.

Le trait épuré légèrement anguleux de la manhwaga se simplifie dans les passages humoristiques. Comme dans le tome précédent, l’exagération des expressions renforce l’effet comique. Ainsi, les réactions, en particulier du médecin, en arrière-plan sont hilarantes. La palette de tons est variée. De même, les trames d’ambiance surtout colorées, accompagnent les émotions. Par ailleurs, les décors soignés qui apportent une touche réaliste, apparaissent sur les plans larges. La mise en page est classique mais fluide. Aeju ne censure pas les scènes érotiques et offre même des coupes intérieures. Par ailleurs, elle donne un mot personnalisé pour les lecteurs français. En début de tome se trouvent une explication sur l’univers omegaverse et des fiches personnages.

En résumé

Tout en rassurant l’alpha Jung Taehan, le docteur Kim Jinyoung (alpha) administre un inhibiteur à l’oméga Lee Doyun, inconscient. Taehan réalise alors que son rival et ami est un oméga un peu spécial et comprend que son comportement ait pu le froisser. En découvrant son absence au travail le jour suivant, il décide de l’appeler, persuadé que Doyun va désormais le fuir. Pendant ce temps, Kim fait d’abord la morale à Lee puis le raccompagne chez ses parents pour qu’il puisse s’informer auprès de sa mère. En effet, sa méconnaissance sur les contraintes d’un oméga représente une bombe à retardement pour son entourage…

En conclusion

Aeju s’amuse à déconstruire les principes de base de l’omegaverse, créant un couple très attachant. Elle maîtrise parfaitement l’alternance entre comique, tension et érotisme. En plus, l’introduction de nouveaux personnages permet d’approfondir les sujets abordés. Je craque complètement pour ce couple mais également pour l’espiègle médecin. Une lecture entraînante!

Arima veut devenir un oméga! 1 – Fujita Cafeco

couverture arima veut devenir un omega 1 fujita cafeco hana

FUJITA Cafeco 藤田カフェコ
ISBN: 9782382762356
Hana, 2024
ISBN: 9784832291812 (JP)
Houbunsha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« C’est parce que je veux coucher avec des alphas. »

Fujita Cafeco sensei propose un omegaverse interrogeant sur la relation alpha*alpha. Elle aborde d’abord les thèmes classiques à ce genre comme la grossesse, l’attirance sans phéromone, la gestion des chaleurs et le marquage par morsure. Puis, elle s’intéresse aux problématiques de l’homosexualité telles que la peur du jugement extérieur, le rejet de la famille, la construction d’une famille, le poids du secret. Izumi accepte rapidement sa paternité et ses sentiments, ayant une vision plutôt romantique de l’amour. Arima, au contraire, reste obnubilé par le lien entre alpha et oméga, développant ainsi un complexe face à sa « prétendue » anormalité. Il a donc tendance à fuir les relations stables. Ainsi, l’auteure met en avant le doute, la cohabitation, la communication. Elle développe au moins une problématique par chapitre. Elle révèle le point de vue de Kôki sur sa première rencontre avec Nijô à la fin.

La mangaka a un trait légèrement épuré plutôt fin. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle ajoute quelques touches mignonnes avec les bouilles d’Ayumu. Les trames sont équilibrées tandis que les décors alternent avec les trames d’ambiance. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est par ailleurs très dynamique. Dans les scènes érotiques, Fujita sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Néanmoins , elle dessine presque une scène par chapitre. Sous la jaquette, elle offre une anecdote sur le couple ainsi que sa postface. Par ailleurs, elle montre l’évolution du couple dans les illustrations en début de chapitre. Deux illustrations couleur débutent le tome.

En résumé

Bien qu’alpha, Nijô Arima est alpha sexuel, c’est-à-dire qu’il ne tombe amoureux que d’alphas. Pour satisfaire sa libido, après son travail dans l’entreprise de son père, il se prostitue secrètement sous le nom d’Aria tout en se faisant passer pour un oméga. Un soir, alors qu’un client annule son rendez-vous, il croise un bel alpha correspondant à tous ses critères de beauté. S’abandonnant à une attirance mutuelle, les deux hommes passent alors une nuit torride, puis ne se revoient plus. Mais trois ans plus tard, Arima retrouve Izumi Kôki pour lui présenter leur fils Ayumu, fruit de leur seule et unique nuit.

En conclusion

Fujita Cafeco sensei propose un omegaverse original transposant les questions habituelles sur l’homosexualité avec un couple alpha*alpha. Bien que son scénario soit bien structuré, il reste tout de même quelques maladresses et certains enchaînements semblent précipités. Par ailleurs, le graphisme est agréable mais assez commun. Le côté girouette d’Arima est un peu déstabilisant mais c’est ce qui le rend intéressant. Une lecture sympathique. J’ai longuement hésité à le « recommander » entre « un peu » et « beaucoup ». Alors j’attends la suite pour mon avis définitif!

Soleil d’hiver – Nagisa Ayumu

soleil d hiver nagisa ayumu

NAGISA Ayumu 渚アユム
ISBN: 9782382762547
Hana, 2024
ISBN:‎ 9784758023528 (JP)
Ichijinsha, 2022 (JP)
Titre original: 愛日と花嫁
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Il me donne l’impression qu’une autre vie s’offre à moi. »

Nagisa Ayumu sensei offre une romance mêlant fantastique et omegaverse, les alphas étant des dieux à la fois craints et vénérés. Elle s’inspire de différentes légendes pour construite son propre univers, le révélant à travers les découvertes de Lucas. Elle s’intéresse également à l’harmonie avec la nature et aux différentes techniques agricoles. La narration alterne entre les deux héros. Au contact de Crow, Lucas s’ouvre au monde et s’interroge de plus en plus sur sa condition d’oméga en tant que fiancé, sacrifice ou offrande. Le dieu, quant à lui, résiste du mieux qu’il peut aux phéromones. Ainsi, leurs sentiments évoluent durant leur cohabitation. L’auteure aborde la place des sentiments sous l’influence des phéromones, la recherche de la facilité des humains, le sacrifice de soi. Elle ajoute quelques tensions avec les secrets autour de Crow. Le dieu Noé et Kei, le frère de Lucas, soutiennent le couple.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo, avec de grands yeux expressifs. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise beaucoup de trames, rendant ainsi les couleurs, les ombres mais aussi les dégradés. De même, les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors soignés s’estompent autour des personnages ou se simplifie pour ne pas surcharger les vignettes. La mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Nagisa sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Toutefois, elle dessine des coupes intérieures. Sous la jaquette, elle offre une illustration ainsi qu’une planche amusante révélant quelques secrets sur Noé.

En résumé

Lucas vit dans un village menacé par la famine à cause de mauvaises récoltes. Trop gentil, il vient souvent en aide à tous ceux dans le besoin. Mais un jour, après une forte fièvre, on lui apprend qu’il est devenu un oméga et qu’il devra donc se fiancer au dieu protecteur du village. D’abord apeuré, le jeune homme accepte finalement de se sacrifier pour apporter de meilleures récoltes. En réalité, le dieu Crow rassemble les omégas dans un village isolé et fournit en échange des plants. Touché par sa prévenance, Lucas propose alors de l’aider dans ses tâches.

En conclusion

Ce tome obtient la cinquième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2023. Nagisa Ayumu sensei offre un scénario intense dans lequel les évènements s’enchaînent. De même, le récit paraît bien bavard entre les réflexions des personnages, les explications et les conversations. Le graphisme contemporain reste agréable. J’ai passé une excellent moment de lecture, appréciant cet univers rafraîchissant pour un omegaverse. En plus, les relations restent consenties malgré les chaleurs. J’attends la suite avec grand intérêt.

Le mari du yakuza – Kuroi Yodaka

le mari du yakuza kuroi yodaka

KUROI Yodaka 黒井よだか
ISBN: 9782375064023
Taifu comics, 2024
ISBN:‎ 9784047367098 (JP)
Kadokawa, 2021 (JP)
Titre original: オメガの婿取り
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Me marier avec un alpha plus faible que moi?! Jamais de la vie! »

Kuroi Yodaka sensei offre une comédie romantique entre un puissant oméga au fort caractère et un alpha effacé qui se fait passer pour un bêta. Elle alterne la narration entre les deux héros. De même, elle dévoile l’essentiel de leur passé au fil des chapitres. Ainsi, les explications des spécificités de l’univers omegaverse appliquées au monde mafieux sont intégrées au gré des discussions des personnages. Yoshiharu se rebelle face aux règles inégalitaires tandis que Makoto se sacrifie pour le bonheur de son « maître ». Ainsi, les deux hommes cachent leur amour réciproque, prisonniers des conventions. L’auteure présente le mariage arrangé comme un moyen de négociation pour la mafia, certains yakuzas n’hésitant pas à utiliser de viles méthodes pour arriver à leur fin. Elle aborde l’influence des phéromones sur les sentiments, le jugement sur l’apparence, la recherche d’un partenaire idéal, le poids des clichés.

La mangaka a un trait anguleux qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des visages plutôt rectangulaires, avec des airs patibulaires, même pour la grand-mère. Les carrures musclées se devinent à travers les vêtements. Les trames sont variées toutefois, des hachures marquent les ombres fortes. Par contre, les trames d’ambiance se font rares et discrètes. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. Les flash-back se repèrent à leur fond noir mais également, par une trame grise recouvrant les vignettes. La mise en page très dynamique rythme la lecture. Dans les scènes érotiques, Kuroi sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Sous la jaquette, elle offre deux planches amusantes avec une interview du couple. Elle met en avant les attributs des yakuzas dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Héritier d’un clan yakuza, Hanamura Yoshiharu ne peut prendre la suite de la cheffe de clan car il est un oméga. Sa grand-mère organise alors des entrevues en vue d’un mariage arrangé pour qu’il trouve un partenaire alpha et mette au monde rapidement un descendant. En effet, malgré la fin des discriminations entre alphas et omégas, les mafieux continuent de perpétuer la règle que seul un alpha peut arriver au pouvoir. Mais Yoshiharu refuse d’épouser un homme plus faible que lui, n’hésitant pas à utiliser ses poings. Il rêve d’un partenaire idéal qui partagera équitablement la gestion du clan avec lui. D’ailleurs, il se sent trahi par son fidèle assistant Saitô Makoto (bêta) qui ne prend même pas son parti…

En conclusion

Kuroi Yodaka sensei propose un omegaverse dynamique avec un oméga qui ne se laisse pas faire. Elle gère parfaitement le rythme de son récit, l’enchaînement des évènements et alterne entre tension, humour et tendresse. Son graphisme dégage une certaine virilité, très rafraichissante. Je craque complètement pour les protagonistes, même les personnages secondaires peu développés qui ajoutent une note comique discrète. Une lecture entraînante!