Megumi & Tsugumi 5 – Si Mitsuru

Couverture de Megumi & Tsugumi 5 de Si Mitsuru, éditions Taifu

SI Mitsuru S井ミツル
ISBN: 9782375065280
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784801982437 (JP)
Takeshobo, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Ils se fichent complètement de piétiner nos sentiments. »

Si Mitsuru sensei continue de développer les questions de l’engagement pour l’avenir et de l’entêtement des parents qui décident à la place de leur progéniture. Elle aborde le jugement sur l’apparence ainsi que les différences des classes sociales. Comme dans le tome précédent, elle alterne la narration entre les deux héros. A notre surprise, Tsugumi accepte enfin quelques compromis mais il ne peut s’empêcher de relever des défis. Megumi, quant à lui, arrive de mieux en mieux à anticiper les réactions de son petit ami. Les parents Yamada, Harutsugu et Kuroji, offrent une vision différente de l’éducation comparé à Kokonoe Makoto. D’ailleurs, le directeur d’école a tendance à mélanger ses convictions personnelles avec ses fonctions professionnelles. Ainsi, l’autrice analyse les relations entre parents et enfants adolescents. Avec le collier pour oméga, elle interroge sur le double sens qui de dégage entre afficher sa possession et protéger l’être aimé.

La mangaka a un trait épuré avec des angles plutôt marqués. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées malgré une palette de teinte plutôt restreinte. De même, les trames d’ambiance, plutôt graphiques, accompagnent les émotions. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page classique mais efficace rythme la lecture. Si Mitsuru sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle détaille peu les parties intimes, ce qui correspond parfaitement à son style général. En fin de chapitre, elle résume un peu l’ambiance avec les personnages en SD. Sous la jaquette, deux planches font suite à la dernière histoire bonus, à lire donc à la fin.

En résumé

Alors que Kokonoe Megumi (alpha) pensait discuter de son avenir avec son père Makoto, ce dernier lui a organisé un rendez-vous avec Inami (alpha). L’étudiant qui hésite à intégrer le lycée Kokonoe a également été piégé par son père. Megumi s’oppose alors courageusement à son géniteur, inspirant aussi Inami qui ose enfin se rebeller. Mais Yamada Tsugumi (oméga) débarque soudain dans le restaurant. Cédant à ses supplications, le père Kokonoe accepte d’écouter enfin son fils et de rencontrer la famille Yamada.

En conclusion

Si Mitsuru sensei maîtrise parfaitement le développement de son récit, décortiquant point par point ses différents sujets. En plus des interrogations autour des principes de l’omegaverse, elle offre une belle comédie romantique. Elle analyse également l’évolution des adolescents ainsi que des parents. Son graphisme reconnaissable est expressif et agréable. Certains lecteurs pourront regretter le changement du style des débuts à cause de la simplification de certains détails. J’apprécie particulièrement ce tome dans lequel les deux amoureux se battent pour faire reconnaître la sincérité de leurs sentiments. Une lecture plaisante!

Laisse-moi te détester 5 – Hijiki

Couverture de Laisse-moi te détester 5 de Hijiki, éditions Taifu

Hijiki ひじき
ISBN: 9782375065594
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784799762912 (JP)
Libre, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

« Maman, tu as eu peur des chaleurs? »

Hijiki sensei continue de développer la gestion de la vie de famille avec plusieurs enfants. Ainsi, elle s’intéresse à la jalousie, le rapprochement en douceur, l’accompagnement nécessaire des parents et le sentiment de responsabilité de l’aînée. Hazuki et Shizuku s’impliquent beaucoup plus pour aider Naoto. D’ailleurs, le père gâteux apporte beaucoup d’humour avec ses réactions exagérées. Le faible écart d’âge entre Minato et Aoi permet d’aborder de nouveaux sujets. Comme dans le tome précédent, l’importance des confidents est mise en avant, en particulier lors d’un premier amour. Le professeur Asanaga se confronte à la discrimination dans sa classe mais se montre plutôt pédagogue. A travers Kasamoto Daiki, l’autrice aborde les difficultés rencontrées lors d’un coming out de second genre, l’inquiétude des parents d’enfants omégas, l’influence des parents sur la diffusion des clichés sur les omégas. Elle montre également une réaction totalement différente avec le réservé Riku, face aux remarques blessantes.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise les trames avec parcimonie. De même, les trames d’ambiance plutôt graphiques, alternent avec les décors. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page est plutôt classique. Dans les scènes érotiques, Hijiki sensei censure les parties intimes avec un cache blanc. En début de tome, elle donne les explications sur l’omegaverse. Par ailleurs, sous la jaquette, il y a la postface.

En résumé

Depuis qu’Aoi, le petit dernier de la famille Tsuchiya, est à la maison, Minato a du mal avec son petit frère qui accapare sa mère. Shizuku (alpha), quant à elle, aide au mieux Naoto (oméga). Toutefois, Hazuki (alpha) remarque leur épuisement et leur propose d’aller se reposer chez la mère de Naoto un week-end pendant qu’il garde Aoi et Minato…

En conclusion

Ce tome obtient la troisième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2024. Hijiki sensei bonifie à chaque tome son récit en développant différents sujets suivant la croissance des enfants. Elle offre une tranche de vie familiale, oscillant entre moments tendres et comiques, et quelques scènes érotiques. Même les personnages secondaires sont attachants. Son graphisme très expressif propose une grande variété de physionomies. J’aime beaucoup la relation qui se construit entre Daiki et Shizuku. Une lecture pleine de tendresse.

Love shuttle 3 – Aeju

Couverture de Love shuttle 3 d'Aeju, éditions Nao Studio publishing

Aeju
ISBN: 9782487899018
Nao studio publishing, 2025
Lezhin, 2019 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Comment vont-ils gérer cette nouvelle épreuve? »

Aeju s’intéresse à l’évolution de la relation entre Doyun et Taehan, en particulier sous l’influence de leurs phéromones ainsi que leur cohabitation. Ainsi, malgré une grande compatibilité sexuelle, les deux hommes analysent calmement leurs sentiments avant de les confirmer, respectant le rythme de l’autre. Doyun, beaucoup trop fier, s’avère plus honnête lorsqu’il dort. Pour un oméga, il assume sa libido et se montre entreprenant. A l’opposé, bien qu’alpha, le patient Taehan est prévenant, à l’écoute de son partenaire et redoute de perdre le contrôle durant son rut. D’ailleurs, l’autrice détaille les risques des relations durant le rut et les chaleurs, avec les accès de violence et l’influence de l’instinct. Avec le couple entre Dojun et Jinyoung, elle aborde une relation entre alphas, déconstruisant encore les principes classiques de l’omegaverse. Alors que le médecin a un côté sadique typique des alphas dominants, l’agent immobilier bourré de complexes montre involontairement ses faiblesses.

Aeju a un trait anguleux légèrement épuré, avec un contour plus épais qui donne du relief. Dans les passages humoristiques, elle exagère les expressions, tout en simplifiant son trait. Les couleurs réalistes détaillent les ombres et les dégradés. Par ailleurs, les décors alternent avec les couleurs d’ambiance parfois accompagnées de trames plus graphiques. Par contre, un fond sépia indique les flash-back. La mise en page classique propose toutefois quelques agencements plus dynamiques qui oublient complètement le format vertical d’origine. D’ailleurs, la lecture est fluide, avec des angles de vue très variés même durant une simple discussion. Comme dans le tome précédent, la manhwaga ne censure pas les scènes érotiques. Au début du tome, il y a des explications sur l’omegaverse et de succinctes présentations des personnages.

En résumé

Jung Taehan (alpha) propose à Lee Doyun (oméga) de vivre avec lui car ses phéromones l’aident à se stabiliser. Bien que l’oméga soit enchanté par la proposition, il se montre hésitant, trop fier pour l’admettre. Il remarque toutefois que l’alpha est encore plus nerveux que lui.

En conclusion

Aeju conclut cette première saison sur un débordement de sentiments. Elle offre en bonus les aventures d’un couple secondaire alpha x alpha. Ses personnages déconstruisent les principes de l’omegaverse, surprenant constamment. Le graphisme met en avant la plastique des personnages mais également transcrit avec dextérité les moments comiques par des expressions exagérées. J’adore toujours autant. Si vous aimez les omegaverse sexy, foncez! Une lecture excitante.

Arima veut devenir un oméga! 2 – Fujita Cafeco

Couverture de Arima veut devenir un oméga 2 de Fujita Cafeco, éditions Hana

FUJITA Cafeco 藤田カフェコ
ISBN: 9782382765227
Hana, 2025
ISBN: 9784832292222 (JP)
Houbunsha, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Si ça se trouve avec mon corps bizarre je ne pourrai pas avoir de deuxième enfant. »

Fujita Cafeco sensei continue d’interroger sur la relation alpha*alpha et d’analyser la construction d’un couple. Avec l’introduction de Hayato, gynécologue obstétricien, elle aborde de nouveaux sujets comme les problèmes de fertilité et la « procréation médicalement assistée ». Elle analyse également à travers Arima et Ayumu, la dure gestion des effets secondaires ainsi que la pression qui s’installe. Par ailleurs, le passé de Kôki permet de mieux comprendre sa vision un peu idyllique de la vie de famille. Kudô Makoto (oméga) continue d’apporter un peu de tendresse en jouant la baby-sitter. Le couple discute dès qu’un malaise s’installe, développant un amour sincère. Ainsi, l’autrice met en avant la communication au sein du couple en s’appuyant sur des thèmes classiques de l’omegaverse comme les chaleurs et la perte de contrôle à cause des phéromones. Elle s’intéresse aussi à l’acceptation de soi.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Comme dans le tome précédent, elle ajoute des touches mignonnes avec les bouilles d’Ayumu. Les trames équilibrées ont une teinte à dominante claire. Les trames d’ambiance, discrètes mais plutôt graphiques, accompagnent les émotions. Par ailleurs, les décors soignés sont très présents. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Fujita sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Dans les illustrations en début de chapitre, les personnages posent.

En résumé

Chaque matin, Ayumu pleure lorsque ses parents le déposent à la maternelle. Izumi Kôki (alpha) et Nijô Arima (alpha) profitent alors de leur intimité pour se rapprocher. Comme Kôki remarque que les chaleurs de son époux sont en retard, il lui propose de consulter le médecin. D’ailleurs, Arima serait heureux d’avoir un second enfant. Malheureusement, à cause d’un déséquilibre avec ses hormones d’alpha, sa fertilité baisse. Mais en apprenant qu’Izumi Hayato, le frère aîné de Kôki, travaille sur un nouveau médicament provoquant les chaleurs, il se porte volontaire…

En conclusion

Ce tome obtient la dixième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2024. Fujita Cafeco sensei aborde des sujets d’actualités malgré un univers omegaverse, analysant avec finesse les émotions de ses personnages. Son graphisme est toujours aussi efficace. Malgré la surprise à la fin du récit, je la trouve prévisible mais la conclusion fait tout de même plaisir. Un titre qui touchera plus certains lecteurs que d’autres selon leur sensibilité. Une lecture divertissante que je recommande principalement aux fans du genre.

Love is an illusion 4 – Fargo

couverture de Love is an illusion 4 de Fargo, éditions Kbl

Fargo
ISBN: 9782382883433
Kbooks, 2025
Lezhin, 2018 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Alpha dominants, Bêta neutres et Oméga soumis. Une hiérarchie prête à se transformer sous les coups du destin? »

Fargo développe l’histoire de Heesoo et Dojoon, s’intéressant à la relation entre alpha et bêta. Ainsi, elle aborde la peur de l’engagement suite à un premier échec, l’écart d’âge, le doute persistant à cause de l’absence des phéromones. Elle questionne également sur le jugement extérieur et la pression familiale en introduisant Lee Chowon, un oméga dominant manipulateur, possessif et maladivement jaloux. Dojoon et Heesoo affrontent quelques épreuves qui les font évoluer. Les deux hommes communiquent de mieux en mieux, consolidant leur relation. Ainsi l’alpha devient plus prévenant tandis que le bêta accepte honnêtement ses sentiments. Par ailleurs, l’autrice continue de nous amuser avec les chamailleries entre Kim Hyesung et Park Dojin, interrogeant sur le mariage. Elle offre quelques tranches de vie du couple sur des sujets plus légers développés en quelques chapitres comme la gestion de l’absence du partenaire, le scandale, la sensualité d’un bronzage.

Fargo a un trait épuré qui se simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle exagère les expressions. Byul apporte une note mignonne. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. Par ailleurs, la mise en page est dynamique. Comme dans le tome précédent, la manhwaga propose quelques pages couleurs aux tons plutôt réalistes. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc mais offre tout de même des coupes intérieures détaillées. En fin de tome, elle narre quelques anecdotes amusantes en quelques planches. Au début du tome se trouve les explications sur l’omegaverse.

En résumé

Park Dojoon (alpha) a compris que Yoon Heesoo (bêta) était en réalité inexpérimenté. Depuis, il regrette amèrement de ne pas s’en être rendu compte plus tôt. Alors quand Heesoo l’invite au restaurant et se saoule pour se donner du courage, Dojoon accepte volontiers de retenter l’expérience, bien décidé à satisfaire enfin le jeune bêta.

En conclusion

Fargo continue de nous divertir avec l’histoire d’un nouveau couple, abordant ainsi d’autres sujets. Elle bouleverse la hiérarchie de l’omegaverse classique avec des personnages aux caractères forts et marqués. Les chamailleries de Dojin et Hyesung détendent un peu l’atmosphère. J’aime particulièrement le graphisme très expressif de la manhwaga. Une lecture passionnante!

Mon partenaire est un oméga talentueux – Arata Licca

Couverture de Mon partenaire est un oméga talentueux d'Arata Licca, éditions Hana

ARATA Licca あらた六花
ISBN: 9782382767641
Hana, 2025
ISBN: 9784866693606 (JP)
J Publishing, 2021 (JP)
Titre original: 僕の番はサラブレットΩ
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« C’est à cause de types frivoles comme toi que les fils d’artistes ne sont pas pris au sérieux! »

Arata Licca sensei narre une romance omegaverse dans le milieu artistique. Ainsi, elle s’intéresse à la discrimination des omégas, à la question de l’âme sœur destinée ainsi qu’aux préjugés sur les enfants de stars. Elle s’amuse en confrontant des caractères opposés irrésistiblement attirés l’un par l’autre. Eito et Natsume cachent leur second genre, redoutant d’être rejetés. Leo s’interroge sur son attirance, ayant tendance à trop s’impliquer dans un rôle. Au fur et à mesure du récit, les faiblesses de chacun des acteurs se révèlent derrière des caractères pourtant forts. De même, le manager Ito apporte un peu de bienveillance. Par ailleurs, l’autrice aborde le poids des secrets, l’acceptation de soi grâce à l’amitié ou l’amour, la gestion des paparazzi.

La mangaka a un trait épuré mis en relief par les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des corps finement musclés. Les trames sont nombreuses tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Arata sensei censure les parties intimes par des hachures et quelques points blancs diffus. Elle dessine également des coupes intérieures. Sous la jaquette, elle présente brièvement les caractéristiques des personnages. En début de tome, il y a une explication sur l’omegaverse.

En résumé

L’alpha Asaka Leo (19 ans) se donne à fond dans son travail d’acteur et de mannequin, n’appréciant pas qu’on le compare sans cesse à son célèbre père. Un jour, il décroche un rôle important d’alpha mais doit jouer avec Yanagi Eito (20 ans), fils d’une célèbre mannequin. Toutefois, ce dernier, frivole, cumule les scandales. Lors de la première présentation des acteurs, Eito et Leo se chamaillent immédiatement. Ainsi, Ôga Natsume (24 ans) et Chitose Kotarô (22 ans, bêta) les calment durant chaque tournage. Néanmoins, Leo reconnaît rapidement le talent d’Eito. Comme le réalisateur leur demande de se rapprocher comme de vraies âmes sœurs, Eito emmène alors Leo dans un hôtel sous prétexte de s’entraîner…

En conclusion

Ce one-shot se classe premier meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2022. Arata Licca sensei offre un omegaverse plutôt classique mais avec une dynamique entre les différents personnages très entraînante. La romance se développe plutôt vite mais va à l’essentiel. Son graphisme dégage beaucoup de sensualité. A part les relations sous influence des phéromones qui jouent sur les limites, le consentement est plutôt présent. J’ai beaucoup aimé la dynamique entre les personnages et j’espère que l’on pourra découvrir un jour le spin-off avec le couple secondaire de Kota et Natsume. Une lecture sexy et divertissante!

La souris & le renard 2 – Hanasawa Namio

couverture de La souris & le renard 2 de Hanasawa Namio, éditions Hana

HANASAWA Namio はなさわ浪雄
ISBN: 9782382767603
Hana, 2025
ISBN: 9784861239809 (JP)
Brite, 2023 (JP)
Titre original: ごちそうΩはチュウと鳴く 2
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Je peux pas m’empêcher de me dire… qu’il essaie de m’engraisser pour me dévorer… »

Hanasawa Namio sensei continue de développer son omegaverse basé sur des relations proie et prédateur. D’ailleurs, elle crée des problèmes propres à son univers tels que le toilettage, les risques de morsure, les transformations incontrôlables, la rivalité entre prédateurs, apportant tensions, jeux érotiques et moments très comiques. Elle s’intéresse également à l’influence des phéromones, les chaleurs irrégulières, la morsure pour se lier et la discrimination des omégas. Sachio qui éprouve une perte d’inspiration, trouve conseil auprès du mangaka Momoi Sahara (29 ans), écureuil volant bêta, alias Momo Tea. Comme dans le tome précédent, Ukano lutte constamment contre son instinct et se montre très prévenant envers son petit ami. Le couple atteint peu à peu son équilibre. Ainsi, l’autrice aborde la question de l’engagement avec les risques que cela comporte. Elle montre également le dur travail de mangaka.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle l’arrondit et le simplifie dans les passages humoristiques. Elle met en avant la plastique des personnages mais également leur côté mignon lors des transformations animales ou semi-animales. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. D’ailleurs, elles reprennent parfois les fleurs et scintillements décoratifs des shôjo. Les décors très soignés s’estompent autour des personnages. La mise en page très dynamique joue souvent sur les sorties de cadres, les formes des cases adaptées au contenu. Hanasawa sensei ne censure pas les scènes érotiques. Sous la jaquette, elle offre une histoire sexy en une planche et la postface.

En résumé

Le mangaka Kurumizawa Sachio (souris oméga) a encore du mal à réaliser que son éditeur Ukano Shinobu (renard alpha) soit autant aux petits soins pour lui. D’ailleurs, à chaque fois que son petit ami dort chez lui, ce dernier lui prépare un bon petit déjeuner équilibré. Alors qu’ils étaient en rendez-vous amoureux, la souris découvre des facettes encore plus romantiques et prévenantes du renard. Et lorsque Sachio voit Ukano réfléchir sérieusement à leur amour, ses chaleurs se déclenchent. Mais son petit ami le prend vite en charge.

En conclusion

Ce tome se classe second meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2024. Hanasawa Namio sensei étoffe son univers en créant des problèmes propres aux risques entre proie et prédateur. Elle mène parfaitement son scénario et l’introduction de nouveaux personnages secondaires lance de nouveaux thèmes intéressants. La dynamique entre le renard et la souris est toujours aussi entraînante et bien menée. Le graphisme est très expressif et les versions animales toutes mignonnes. Je fonds complètement pour cette suite! Une lecture réconfortante.

Le pauvre bêta ne connaît pas l’amour 2 – Yashiki Shima

couverture de Le pauvre bêta ne connaît pas l'amour 2 de Yashiki Shima, éditions Hana

YASHIKI Shima 屋敷シマ
ISBN: 9782382767672
Hana, 2025
ISBN: 9784861239540 (JP)
Brite, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Je ferai de toi mon destin. »

Yashiki Shima sensei plonge ses deux héros dans une relation encore plus malsaine. Elle continue d’approfondir les questionnements abordés précédemment. Ainsi, elle s’intéresse à la pression sociale et parentale. A cause d’un amour possessif débordant, Ryôsuke a tendance à imposer sa vision de l’amour. Grâce à la cohabitation, Suzuharu découvre de nouvelles facettes de son maître. Il se retrouve constamment écartelé entre son devoir de majordome et ses sentiments amoureux, s’interrogeant sur leur relation. Ses difficulté à se comporter en amoureux et sa méconnaissance apportent une note humoristique. L’autrice dévoile les différentes causes du manque de confiance en soi de Seno. Ainsi, elle aborde la question du destin, le doute qui persiste malgré des démonstrations d’affection, le poids de la position sociale, le manque de communication qui crée des quiproquos. Elle continue de confronter ses deux héros à des obstacles souvent provoqués par la jalousie.

La mangaka a un trait léché légèrement anguleux. Elle varie beaucoup les trames, jouant par ailleurs sur les dégradés. Les trames d’ambiance accompagnent les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. La mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Yashiki sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Pourtant, comme dans le tome précédent, elle dessine des coupes intérieures.

En résumé

Depuis qu’Isezaki Ryôsuke a couché avec Seno Suzuhara, il le séquestre dans une résidence secondaire. Le majordome n’a plus le droit de travailler et se sent de plus en plus inutile. Ses seules activités consistent à nourrir son maître et à apaiser sa colère sexuellement. A chaque fois qu’il désobéit, leurs rapports deviennent plus intenses et violents. Mais quand Seno fond en larmes, désespéré, Ryôsuke lui propose alors un jeu: le majordome pourra retourner à sa vie d’avant s’il fait semblant d’être son petit ami pendant une semaine…

En conclusion

Yashiki Shima sensei interroge sur l’amour destiné pour un bêta. Elle joue avec les émotions des lecteurices en brisant à chaque instant la moindre lueur d’espoir, maintenant ainsi constamment le suspense. Comme le récit se fait plus violent et sérieux, elle reste constante dans son travail graphique, délaissant les transformations en SD. A noter qu’il y a beaucoup de scènes sans consentement. Pour ma part, je suis fascinée par Ryôsuke qui exprime son amour possessif débordant comme la pire ordure qui soit. J’ai donc hâte de découvrir la suite. Une lecture déconcertante!

Le pauvre bêta ne connaît pas l’amour 1 – Yashiki Shima

couverture de Le pauvre bêta ne connaît pas l'amour 1 de Yashiki Shima, éditions Hana

YASHIKI Shima 屋敷シマ 
ISBN: 9782382767665
Hana, 2025
ISBN: 9784861239700 (JP)
Brite, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« En tant qu’homme bêta, je ne pourrai jamais être choisi… »

Yashiki Shima sensei propose une romance omegaverse interrogeant sur la place des bêtas. Elle s’intéresse particulièrement au lien d’âme sœur. A travers Uezono (alpha) et Isezaki Ritsu (oméga), elle questionne sur la place de l’amour dans les mariages arrangés ou les relations sous influence de phéromones. La narration se base principalement du point de vue de Suzuharu. Le bêta nourrit un énorme complexe sur sa condition, rêvant d’une relation aussi fusionnelle qu’entre alpha et oméga. Il reste donc constamment dans le déni de ses sentiments. Le manipulateur Ryôsuke se montre très possessif, exprimant maladroitement ses émotions. Malgré un amour réciproque, le majordome et son maître vivent un amour contrarié. L’autrice construit une relation toxique avec un alpha abusant de son autorité. Toutefois, elle détend un peu l’atmosphère avec les personnages secondaires, en particulier Arai.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle le simplifie et l’arrondit dans les passages humoristiques, dessinant par ailleurs de mignons SD. Les nombreuses trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. De même, un fond noir indique les flash-back ou les secrets mis en image. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page très dynamique guide le regard, s’attardant sur les détails. Dans les scènes érotiques, Yashiki sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Pourtant, elle offre au moins une scène par chapitre et dessine même des coupes intérieures.

En résumé

Le remarquable majordome Seno Suzuharu (bêta) est souvent sollicité pour ses compétences sans faille. Il prend bien soin de son maître Isezaki Ryôsuke (alpha) qui préfère une vie de débauche avec plusieurs omégas au lieu de chercher à se ranger. D’ailleurs, ce dernier refuse d’hériter des groupes pharmaceutiques Achiya. Ainsi, Seno passe son temps à le recadrer et à repousser ses avances, demandant même à son collègue Asai d’espionner un peu leur patron pour découvrir ses goûts en matière de femmes. Mais un soir, Ryôsuke emmène son majordome à une soirée libertine…

En conclusion

Ce tome se classe premier meilleur manga profond au Chill chill BL award 2023. Yashiki Shima sensei offre une romance omegaverse plutôt dérangeante avec une relation toxique dans laquelle l’amour devient blessant. Toutefois, elle aborde des thèmes intéressants, en particulier la place des bêtas. Son beau graphisme devient par ailleurs tout mignon dans les passages humoristiques. Les constantes confrontations entre Suzuharu et Ryôsuke et les révélations diffusées au fil des chapitres portent toute la dynamique du récit. Une lecture prenante!

Effeuiller l’inaccessible 2 – Sakyo Aya

Couverture de Effeuiller l'inaccessible 2 de Sakyo Aya, éditions Hana

SAKYO Aya 左京亜也
ISBN: 9782382765098
Hana, 2025
ISBN: 9784403667237 (JP)
Shinshokan, 2020 (JP)
Titre original: 高嶺の花は散らされたい 下
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Je veux le féconder, le remplir, le mordre. »

Sakyo Aya sensei continue de développer la relation chaotique entre Hana et Renjaku qui hésitent constamment à se lier ou non. Ainsi, elle crée une relation toujours aussi violente dans laquelle les sentiments ont du mal à se faire une place, entre manipulation et exploitation de l’autre. Elle met plus en avant le point de vue de l’alpha même si la narration alterne avec l’oméga. Le barista persiste dans un amour à sens unique, oscillant entre espoir et appréhension. Le fleuriste, quant à lui, prend conscience que son attirance dépasse l’influence des phéromones. Sa rivalité avec Aoba intensifie la tension générale du récit. Par ailleurs, l’autrice s’intéresse au lien particulier d’âme sœur, à la satisfaction personnelle durant le sexe, au non consentement malgré des sentiments réciproques. Elle détend l’atmosphère avec des quiproquos et la naïveté de Hana.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle met souvent en avant la musculature de Renjaku, frisant avec les limites du fan service. Les trames sont équilibrées et variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page très dynamique joue sur les superpositions, les sorties de cadre ainsi que les formes des vignettes selon leur contenu. Dans les scènes érotiques, Sakyo Aya sensei cache les détails des parties intimes juste avec des onomatopées. Dans les illustrations en début de chapitre, elle dessine encore les personnages avec des fleurs mais dans des positions beaucoup moins sexy que le tome précédent. Les premières pages sont en couleurs.

En résumé

Fuyant son frère Aoba, Yukishita Hana se réfugie chez Renjaku. A cause de ses chaleurs, l’oméga lui demande alors de se lier avec lui par une morsure. Mais bien que l’alpha perde le contrôle durant leurs rapports, il refuse de se laisser manipuler par l’instinct. Pourtant, il se montre de plus en plus possessif avec Hana malgré ses doutes envers le lien d’âme sœur…

En conclusion

Sakyo Aya sensei ne ménage pas les lecteurs mais analyse en détails l’évolution d’une relation sous influence de phéromones. Elle alterne entre scènes sexy plutôt violentes, tension entre les personnages, et notes d’humour et de tendresse. Son graphisme sensuel est un régal pour les yeux. Pour public averti, car il y a encore des scènes pouvant choquer la sensibilité des lecteurs. J’aime toujours autant Hana et son côté complètement à côté de la plaque par moment. Et puis, cela me fait plaisir de le voir enfin réagir et ne plus se laisser autant faire! J’attends donc la suite avec impatience. Une lecture douce-amère!