Arima veut devenir un oméga! 2 – Fujita Cafeco

Couverture de Arima veut devenir un oméga 2 de Fujita Cafeco, éditions Hana

FUJITA Cafeco 藤田カフェコ
ISBN: 9782382765227
Hana, 2025
ISBN: 9784832292222 (JP)
Houbunsha, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Si ça se trouve avec mon corps bizarre je ne pourrai pas avoir de deuxième enfant. »

Fujita Cafeco sensei continue d’interroger sur la relation alpha*alpha et d’analyser la construction d’un couple. Avec l’introduction de Hayato, gynécologue obstétricien, elle aborde de nouveaux sujets comme les problèmes de fertilité et la « procréation médicalement assistée ». Elle analyse également à travers Arima et Ayumu, la dure gestion des effets secondaires ainsi que la pression qui s’installe. Par ailleurs, le passé de Kôki permet de mieux comprendre sa vision un peu idyllique de la vie de famille. Kudô Makoto (oméga) continue d’apporter un peu de tendresse en jouant la baby-sitter. Le couple discute dès qu’un malaise s’installe, développant un amour sincère. Ainsi, l’autrice met en avant la communication au sein du couple en s’appuyant sur des thèmes classiques de l’omegaverse comme les chaleurs et la perte de contrôle à cause des phéromones. Elle s’intéresse aussi à l’acceptation de soi.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Comme dans le tome précédent, elle ajoute des touches mignonnes avec les bouilles d’Ayumu. Les trames équilibrées ont une teinte à dominante claire. Les trames d’ambiance, discrètes mais plutôt graphiques, accompagnent les émotions. Par ailleurs, les décors soignés sont très présents. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Fujita sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Dans les illustrations en début de chapitre, les personnages posent.

En résumé

Chaque matin, Ayumu pleure lorsque ses parents le déposent à la maternelle. Izumi Kôki (alpha) et Nijô Arima (alpha) profitent alors de leur intimité pour se rapprocher. Comme Kôki remarque que les chaleurs de son époux sont en retard, il lui propose de consulter le médecin. D’ailleurs, Arima serait heureux d’avoir un second enfant. Malheureusement, à cause d’un déséquilibre avec ses hormones d’alpha, sa fertilité baisse. Mais en apprenant qu’Izumi Hayato, le frère aîné de Kôki, travaille sur un nouveau médicament provoquant les chaleurs, il se porte volontaire…

En conclusion

Ce tome obtient la dixième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2024. Fujita Cafeco sensei aborde des sujets d’actualités malgré un univers omegaverse, analysant avec finesse les émotions de ses personnages. Son graphisme est toujours aussi efficace. Malgré la surprise à la fin du récit, je la trouve prévisible mais la conclusion fait tout de même plaisir. Un titre qui touchera plus certains lecteurs que d’autres selon leur sensibilité. Une lecture divertissante que je recommande principalement aux fans du genre.

Love is an illusion 4 – Fargo

couverture de Love is an illusion 4 de Fargo, éditions Kbl

Fargo
ISBN: 9782382883433
Kbooks, 2025
Lezhin, 2018 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Alpha dominants, Bêta neutres et Oméga soumis. Une hiérarchie prête à se transformer sous les coups du destin? »

Fargo développe l’histoire de Heesoo et Dojoon, s’intéressant à la relation entre alpha et bêta. Ainsi, elle aborde la peur de l’engagement suite à un premier échec, l’écart d’âge, le doute persistant à cause de l’absence des phéromones. Elle questionne également sur le jugement extérieur et la pression familiale en introduisant Lee Chowon, un oméga dominant manipulateur, possessif et maladivement jaloux. Dojoon et Heesoo affrontent quelques épreuves qui les font évoluer. Les deux hommes communiquent de mieux en mieux, consolidant leur relation. Ainsi l’alpha devient plus prévenant tandis que le bêta accepte honnêtement ses sentiments. Par ailleurs, l’autrice continue de nous amuser avec les chamailleries entre Kim Hyesung et Park Dojin, interrogeant sur le mariage. Elle offre quelques tranches de vie du couple sur des sujets plus légers développés en quelques chapitres comme la gestion de l’absence du partenaire, le scandale, la sensualité d’un bronzage.

Fargo a un trait épuré qui se simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle exagère les expressions. Byul apporte une note mignonne. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. Par ailleurs, la mise en page est dynamique. Comme dans le tome précédent, la manhwaga propose quelques pages couleurs aux tons plutôt réalistes. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc mais offre tout de même des coupes intérieures détaillées. En fin de tome, elle narre quelques anecdotes amusantes en quelques planches. Au début du tome se trouve les explications sur l’omegaverse.

En résumé

Park Dojoon (alpha) a compris que Yoon Heesoo (bêta) était en réalité inexpérimenté. Depuis, il regrette amèrement de ne pas s’en être rendu compte plus tôt. Alors quand Heesoo l’invite au restaurant et se saoule pour se donner du courage, Dojoon accepte volontiers de retenter l’expérience, bien décidé à satisfaire enfin le jeune bêta.

En conclusion

Fargo continue de nous divertir avec l’histoire d’un nouveau couple, abordant ainsi d’autres sujets. Elle bouleverse la hiérarchie de l’omegaverse classique avec des personnages aux caractères forts et marqués. Les chamailleries de Dojin et Hyesung détendent un peu l’atmosphère. J’aime particulièrement le graphisme très expressif de la manhwaga. Une lecture passionnante!

Mon partenaire est un oméga talentueux – Arata Licca

Couverture de Mon partenaire est un oméga talentueux d'Arata Licca, éditions Hana

ARATA Licca あらた六花
ISBN: 9782382767641
Hana, 2025
ISBN: 9784866693606 (JP)
J Publishing, 2021 (JP)
Titre original: 僕の番はサラブレットΩ
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« C’est à cause de types frivoles comme toi que les fils d’artistes ne sont pas pris au sérieux! »

Arata Licca sensei narre une romance omegaverse dans le milieu artistique. Ainsi, elle s’intéresse à la discrimination des omégas, à la question de l’âme sœur destinée ainsi qu’aux préjugés sur les enfants de stars. Elle s’amuse en confrontant des caractères opposés irrésistiblement attirés l’un par l’autre. Eito et Natsume cachent leur second genre, redoutant d’être rejetés. Leo s’interroge sur son attirance, ayant tendance à trop s’impliquer dans un rôle. Au fur et à mesure du récit, les faiblesses de chacun des acteurs se révèlent derrière des caractères pourtant forts. De même, le manager Ito apporte un peu de bienveillance. Par ailleurs, l’autrice aborde le poids des secrets, l’acceptation de soi grâce à l’amitié ou l’amour, la gestion des paparazzi.

La mangaka a un trait épuré mis en relief par les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des corps finement musclés. Les trames sont nombreuses tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Arata sensei censure les parties intimes par des hachures et quelques points blancs diffus. Elle dessine également des coupes intérieures. Sous la jaquette, elle présente brièvement les caractéristiques des personnages. En début de tome, il y a une explication sur l’omegaverse.

En résumé

L’alpha Asaka Leo (19 ans) se donne à fond dans son travail d’acteur et de mannequin, n’appréciant pas qu’on le compare sans cesse à son célèbre père. Un jour, il décroche un rôle important d’alpha mais doit jouer avec Yanagi Eito (20 ans), fils d’une célèbre mannequin. Toutefois, ce dernier, frivole, cumule les scandales. Lors de la première présentation des acteurs, Eito et Leo se chamaillent immédiatement. Ainsi, Ôga Natsume (24 ans) et Chitose Kotarô (22 ans, bêta) les calment durant chaque tournage. Néanmoins, Leo reconnaît rapidement le talent d’Eito. Comme le réalisateur leur demande de se rapprocher comme de vraies âmes sœurs, Eito emmène alors Leo dans un hôtel sous prétexte de s’entraîner…

En conclusion

Ce one-shot se classe premier meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2022. Arata Licca sensei offre un omegaverse plutôt classique mais avec une dynamique entre les différents personnages très entraînante. La romance se développe plutôt vite mais va à l’essentiel. Son graphisme dégage beaucoup de sensualité. A part les relations sous influence des phéromones qui jouent sur les limites, le consentement est plutôt présent. J’ai beaucoup aimé la dynamique entre les personnages et j’espère que l’on pourra découvrir un jour le spin-off avec le couple secondaire de Kota et Natsume. Une lecture sexy et divertissante!

La souris & le renard 2 – Hanasawa Namio

couverture de La souris & le renard 2 de Hanasawa Namio, éditions Hana

HANASAWA Namio はなさわ浪雄
ISBN: 9782382767603
Hana, 2025
ISBN: 9784861239809 (JP)
Brite, 2023 (JP)
Titre original: ごちそうΩはチュウと鳴く 2
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Je peux pas m’empêcher de me dire… qu’il essaie de m’engraisser pour me dévorer… »

Hanasawa Namio sensei continue de développer son omegaverse basé sur des relations proie et prédateur. D’ailleurs, elle crée des problèmes propres à son univers tels que le toilettage, les risques de morsure, les transformations incontrôlables, la rivalité entre prédateurs, apportant tensions, jeux érotiques et moments très comiques. Elle s’intéresse également à l’influence des phéromones, les chaleurs irrégulières, la morsure pour se lier et la discrimination des omégas. Sachio qui éprouve une perte d’inspiration, trouve conseil auprès du mangaka Momoi Sahara (29 ans), écureuil volant bêta, alias Momo Tea. Comme dans le tome précédent, Ukano lutte constamment contre son instinct et se montre très prévenant envers son petit ami. Le couple atteint peu à peu son équilibre. Ainsi, l’autrice aborde la question de l’engagement avec les risques que cela comporte. Elle montre également le dur travail de mangaka.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle l’arrondit et le simplifie dans les passages humoristiques. Elle met en avant la plastique des personnages mais également leur côté mignon lors des transformations animales ou semi-animales. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. D’ailleurs, elles reprennent parfois les fleurs et scintillements décoratifs des shôjo. Les décors très soignés s’estompent autour des personnages. La mise en page très dynamique joue souvent sur les sorties de cadres, les formes des cases adaptées au contenu. Hanasawa sensei ne censure pas les scènes érotiques. Sous la jaquette, elle offre une histoire sexy en une planche et la postface.

En résumé

Le mangaka Kurumizawa Sachio (souris oméga) a encore du mal à réaliser que son éditeur Ukano Shinobu (renard alpha) soit autant aux petits soins pour lui. D’ailleurs, à chaque fois que son petit ami dort chez lui, ce dernier lui prépare un bon petit déjeuner équilibré. Alors qu’ils étaient en rendez-vous amoureux, la souris découvre des facettes encore plus romantiques et prévenantes du renard. Et lorsque Sachio voit Ukano réfléchir sérieusement à leur amour, ses chaleurs se déclenchent. Mais son petit ami le prend vite en charge.

En conclusion

Ce tome se classe second meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2024. Hanasawa Namio sensei étoffe son univers en créant des problèmes propres aux risques entre proie et prédateur. Elle mène parfaitement son scénario et l’introduction de nouveaux personnages secondaires lance de nouveaux thèmes intéressants. La dynamique entre le renard et la souris est toujours aussi entraînante et bien menée. Le graphisme est très expressif et les versions animales toutes mignonnes. Je fonds complètement pour cette suite! Une lecture réconfortante.

Le pauvre bêta ne connaît pas l’amour 2 – Yashiki Shima

couverture de Le pauvre bêta ne connaît pas l'amour 2 de Yashiki Shima, éditions Hana

YASHIKI Shima 屋敷シマ
ISBN: 9782382767672
Hana, 2025
ISBN: 9784861239540 (JP)
Brite, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Je ferai de toi mon destin. »

Yashiki Shima sensei plonge ses deux héros dans une relation encore plus malsaine. Elle continue d’approfondir les questionnements abordés précédemment. Ainsi, elle s’intéresse à la pression sociale et parentale. A cause d’un amour possessif débordant, Ryôsuke a tendance à imposer sa vision de l’amour. Grâce à la cohabitation, Suzuharu découvre de nouvelles facettes de son maître. Il se retrouve constamment écartelé entre son devoir de majordome et ses sentiments amoureux, s’interrogeant sur leur relation. Ses difficulté à se comporter en amoureux et sa méconnaissance apportent une note humoristique. L’autrice dévoile les différentes causes du manque de confiance en soi de Seno. Ainsi, elle aborde la question du destin, le doute qui persiste malgré des démonstrations d’affection, le poids de la position sociale, le manque de communication qui crée des quiproquos. Elle continue de confronter ses deux héros à des obstacles souvent provoqués par la jalousie.

La mangaka a un trait léché légèrement anguleux. Elle varie beaucoup les trames, jouant par ailleurs sur les dégradés. Les trames d’ambiance accompagnent les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. La mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Yashiki sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Pourtant, comme dans le tome précédent, elle dessine des coupes intérieures.

En résumé

Depuis qu’Isezaki Ryôsuke a couché avec Seno Suzuhara, il le séquestre dans une résidence secondaire. Le majordome n’a plus le droit de travailler et se sent de plus en plus inutile. Ses seules activités consistent à nourrir son maître et à apaiser sa colère sexuellement. A chaque fois qu’il désobéit, leurs rapports deviennent plus intenses et violents. Mais quand Seno fond en larmes, désespéré, Ryôsuke lui propose alors un jeu: le majordome pourra retourner à sa vie d’avant s’il fait semblant d’être son petit ami pendant une semaine…

En conclusion

Yashiki Shima sensei interroge sur l’amour destiné pour un bêta. Elle joue avec les émotions des lecteurices en brisant à chaque instant la moindre lueur d’espoir, maintenant ainsi constamment le suspense. Comme le récit se fait plus violent et sérieux, elle reste constante dans son travail graphique, délaissant les transformations en SD. A noter qu’il y a beaucoup de scènes sans consentement. Pour ma part, je suis fascinée par Ryôsuke qui exprime son amour possessif débordant comme la pire ordure qui soit. J’ai donc hâte de découvrir la suite. Une lecture déconcertante!

Le pauvre bêta ne connaît pas l’amour 1 – Yashiki Shima

couverture de Le pauvre bêta ne connaît pas l'amour 1 de Yashiki Shima, éditions Hana

YASHIKI Shima 屋敷シマ 
ISBN: 9782382767665
Hana, 2025
ISBN: 9784861239700 (JP)
Brite, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« En tant qu’homme bêta, je ne pourrai jamais être choisi… »

Yashiki Shima sensei propose une romance omegaverse interrogeant sur la place des bêtas. Elle s’intéresse particulièrement au lien d’âme sœur. A travers Uezono (alpha) et Isezaki Ritsu (oméga), elle questionne sur la place de l’amour dans les mariages arrangés ou les relations sous influence de phéromones. La narration se base principalement du point de vue de Suzuharu. Le bêta nourrit un énorme complexe sur sa condition, rêvant d’une relation aussi fusionnelle qu’entre alpha et oméga. Il reste donc constamment dans le déni de ses sentiments. Le manipulateur Ryôsuke se montre très possessif, exprimant maladroitement ses émotions. Malgré un amour réciproque, le majordome et son maître vivent un amour contrarié. L’autrice construit une relation toxique avec un alpha abusant de son autorité. Toutefois, elle détend un peu l’atmosphère avec les personnages secondaires, en particulier Arai.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle le simplifie et l’arrondit dans les passages humoristiques, dessinant par ailleurs de mignons SD. Les nombreuses trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. De même, un fond noir indique les flash-back ou les secrets mis en image. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page très dynamique guide le regard, s’attardant sur les détails. Dans les scènes érotiques, Yashiki sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Pourtant, elle offre au moins une scène par chapitre et dessine même des coupes intérieures.

En résumé

Le remarquable majordome Seno Suzuharu (bêta) est souvent sollicité pour ses compétences sans faille. Il prend bien soin de son maître Isezaki Ryôsuke (alpha) qui préfère une vie de débauche avec plusieurs omégas au lieu de chercher à se ranger. D’ailleurs, ce dernier refuse d’hériter des groupes pharmaceutiques Achiya. Ainsi, Seno passe son temps à le recadrer et à repousser ses avances, demandant même à son collègue Asai d’espionner un peu leur patron pour découvrir ses goûts en matière de femmes. Mais un soir, Ryôsuke emmène son majordome à une soirée libertine…

En conclusion

Ce tome se classe premier meilleur manga profond au Chill chill BL award 2023. Yashiki Shima sensei offre une romance omegaverse plutôt dérangeante avec une relation toxique dans laquelle l’amour devient blessant. Toutefois, elle aborde des thèmes intéressants, en particulier la place des bêtas. Son beau graphisme devient par ailleurs tout mignon dans les passages humoristiques. Les constantes confrontations entre Suzuharu et Ryôsuke et les révélations diffusées au fil des chapitres portent toute la dynamique du récit. Une lecture prenante!

Effeuiller l’inaccessible 2 – Sakyo Aya

Couverture de Effeuiller l'inaccessible 2 de Sakyo Aya, éditions Hana

SAKYO Aya 左京亜也
ISBN: 9782382765098
Hana, 2025
ISBN: 9784403667237 (JP)
Shinshokan, 2020 (JP)
Titre original: 高嶺の花は散らされたい 下
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Je veux le féconder, le remplir, le mordre. »

Sakyo Aya sensei continue de développer la relation chaotique entre Hana et Renjaku qui hésitent constamment à se lier ou non. Ainsi, elle crée une relation toujours aussi violente dans laquelle les sentiments ont du mal à se faire une place, entre manipulation et exploitation de l’autre. Elle met plus en avant le point de vue de l’alpha même si la narration alterne avec l’oméga. Le barista persiste dans un amour à sens unique, oscillant entre espoir et appréhension. Le fleuriste, quant à lui, prend conscience que son attirance dépasse l’influence des phéromones. Sa rivalité avec Aoba intensifie la tension générale du récit. Par ailleurs, l’autrice s’intéresse au lien particulier d’âme sœur, à la satisfaction personnelle durant le sexe, au non consentement malgré des sentiments réciproques. Elle détend l’atmosphère avec des quiproquos et la naïveté de Hana.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle met souvent en avant la musculature de Renjaku, frisant avec les limites du fan service. Les trames sont équilibrées et variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page très dynamique joue sur les superpositions, les sorties de cadre ainsi que les formes des vignettes selon leur contenu. Dans les scènes érotiques, Sakyo Aya sensei cache les détails des parties intimes juste avec des onomatopées. Dans les illustrations en début de chapitre, elle dessine encore les personnages avec des fleurs mais dans des positions beaucoup moins sexy que le tome précédent. Les premières pages sont en couleurs.

En résumé

Fuyant son frère Aoba, Yukishita Hana se réfugie chez Renjaku. A cause de ses chaleurs, l’oméga lui demande alors de se lier avec lui par une morsure. Mais bien que l’alpha perde le contrôle durant leurs rapports, il refuse de se laisser manipuler par l’instinct. Pourtant, il se montre de plus en plus possessif avec Hana malgré ses doutes envers le lien d’âme sœur…

En conclusion

Sakyo Aya sensei ne ménage pas les lecteurs mais analyse en détails l’évolution d’une relation sous influence de phéromones. Elle alterne entre scènes sexy plutôt violentes, tension entre les personnages, et notes d’humour et de tendresse. Son graphisme sensuel est un régal pour les yeux. Pour public averti, car il y a encore des scènes pouvant choquer la sensibilité des lecteurs. J’aime toujours autant Hana et son côté complètement à côté de la plaque par moment. Et puis, cela me fait plaisir de le voir enfin réagir et ne plus se laisser autant faire! J’attends donc la suite avec impatience. Une lecture douce-amère!

Effeuiller l’inaccessible 1 – Sakyo Aya

Couverture de Effeuiller l'inaccessible 1 de Sakyo Aya, éditions Hana

SAKYO Aya 左京亜也
ISBN: 9782382765081
Hana, 2025
ISBN: 9784403667220 (JP)
Shinshokan, 2020 (JP)
Titre original: 高嶺の花は、散らされたい 上
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Un omegaverse florissant entre un alpha supérieur et un omega toujours pur. »

Sakyo Aya sensei offre un romance omegaverse plutôt classique, avec un alpha dominant, hautain et égoïste, et un oméga passif, candide et serviable. Elle aborde donc les questionnements classiques du genre comme la discrimination des omégas, les contraintes des chaleurs et du lien en paire. Elle construit également des relations non consensuelles, dominées par les phéromones et les envies du fleuriste. Pourtant, la narration se base principalement du point de vue du barista. Ainsi, le beau Hana, qui a un côté un petit peu stalker, souffre de sa condition d’oméga et a tendance à se laisser mener par le bout du nez. Le bougon Renjaku dégage tout de même une certaine classe malgré son franc parler vulgaire et cru. Il a d’ailleurs la fâcheuse tendance à rabaisser son partenaire. En introduisant Aoba (20 ans), le frère de Yukishita, l’autrice met en avant un alpha encore plus égocentrique et sans morale.

La mangaka a un trait fin légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle varie beaucoup les trames. Par ailleurs, les trames d’ambiance accompagnent les émotions et alternent avec les décors soignés. La mise en page très dynamique joue beaucoup sur les angles de vue, en particulier les contre-plongées et les plongées qui renforcent ainsi l’aspect dominant et dominé de la relation. Sakyo sensei censure subtilement les scènes érotiques en cachant les détails par des onomatopées bien placées. D’ailleurs, elle met en valeur la plastique des personnages, en particulier leur fine musculature. Elle intègre également les explications sur l’omegaverse directement dans le récit. Les illustrations en début de chapitre montrent les personnages dans des poses sexy, toujours accompagnés d’une plante.

En résumé

Bien qu’oméga, Yukishita Hana (26 ans) n’a jamais eu ses chaleurs. Par conséquent, les clientes du café dans lequel il travaille le prennent souvent pour un alpha. Toutefois, le barista craque secrètement pour le célèbre fleuriste Renjaku, un alpha dominant qui vient souvent au café. Mais un jour, alors qu’il était non loin de sa boutique, ses chaleurs se déclenchent. Renjaku l’emmène donc chez lui et lui propose de le soulager…

En conclusion

Ce tome obtient la quatrième place du meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2021. Sakyo Aya sensei prend les côtés les plus dérangeants et négatifs de l’omegaverse et semble plonger ses personnages constamment dans la tourmente. Elle alterne entre tension, érotisme et petites notes d’humour. Son magnifique graphisme sublime les scènes sexy. Ce titre s’adresse à un public averti car il comporte beaucoup de scènes pouvant choquer la sensibilité des lecteurs. J’aime beaucoup la naïveté excessive de Hana qui le rend un peu « con-con » ainsi que son côté fétichiste. J’apprécie également la dynamique entre l’oméga et l’alpha même si elle n’est pas du tout apaisée. Une lecture piquante comme une rose!

La pire âme sœur de tous les temps – Haruta

Couverture de La pire âme sœur de tous les temps de Haruta, éditions Hana

Haruta 春田
ISBN: 9782382765173
Hana, 2025
ISBN: 9784403667435 (JP)
Shinshokan, 2020 (JP)
Titre original: 運命の番がお前だなんて
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Entre disputes et malentendus, qui aurait cru qu’ils seraient des âmes sœurs?! »

Haruta sensei offre une comédie romantique basé sur l’archétype narratif de la haine vers l’amour mais dans l’univers omegaverse. Elle alterne la narration entre les deux héros. Elle base principalement l’humour sur les chamailleries et les quiproquos. Ainsi, les moments romantiques sont constamment détournés. En effet, le narcissique Kotani et le colérique Shishikura parlent franchement mais refusent pendant longtemps d’admettre leurs sentiments réciproques. Malgré une excellente compatibilité sexuelle, le consentement est parfois gris. L’introduction de l’otaku Onoda dans la perspective d’un mariage arrangé met en avant une relation plus apaisée. L’autrice aborde donc la question de l’âme sœur destinée, la pression familiale, la discrimination des omégas.

La mangaka a un trait épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, transformant les personnages en SD. Les trames sont équilibrées malgré une palette restreinte. De même, les trames d’ambiance sont discrètes. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Haruta sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle offre une scène par chapitre et des coupes intérieures. Dans les illustrations en début de chapitre, elle dessine les deux amants dans leur quotidien. Il y a des explications sur l’univers omegaverse en début de tome.

En résumé

L’oméga Shishikura Yû (29 ans) désespère de trouver l’amour alors que tous ses amis autour de lui se marient. Il s’inscrit donc dans une agence spécialisée dans la recherche d’âme sœur. Lorsqu’un nouvel employé, l’arrogant alpha Kotani Haruto (29 ans), se présente, Yû reconnaît immédiatement son ennemi juré du collège avec lequel il se disputait sans cesse. Mais après la soirée de bienvenue, les chaleurs de l’oméga se déclenchent. Shishikura se réfugie alors dans un hôtel tandis que l’alpha va lui prendre des inhibiteurs. Mais à son retour, Kotani cède à l’appel des phéromones…

En conclusion

Ce tome obtient la treizième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2021. Haruta sensei crée une dynamique entraînante entre un oméga qui a du caractère et un alpha narcissique. Sans révolutionner le genre, elle arrive tout de même à amuser le lecteur jusqu’à la fin. Son graphisme agréable avec ses mignonnes transformations en SD est un plaisir pour les yeux. J’ai passé un agréable moment et me demande ce que le tome 2 pourra proposer. Petite information: Shishikura est représenté par un lion et Kotani par un tigre car les kanjis de ces animaux composent une partie de leur nom. Une lecture divertissante!

La fiancée de l’alpha 4 – Iwamoto Kaoru et Yukimura Kanae

Couverture de La fiancée de l'alpha 4 d'Iwamoto Kaoru et Yukimura Kanae, éditions Hana

IWAMOTO Kaoru 岩本薫
YUKIMURA Kanae 幸村佳苗
ISBN: 9782382765043
Hana, 2025
ISBN: 9784813033639 (JP)
Taiyohtosho, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Je veux le voir. Je veux entendre sa voix. Mais je ne peux pas le voir pour l’instant… »

Iwamoto Kaoru sensei continue d’analyser les réflexions de Keiki et Riku sur leur relation mais également leur attitudes influencées par les phéromones. Comme dans le tome précédent, elle interroge sur la pression familiale, le manque de confiance en soi et en son partenaire. Elle s’intéresse également à la séparation, la relation à distance et le long parcours pour recréer une relation solide. Iriya continue de soutenir le couple, devenant indirectement un exemple d’oméga ayant dépassé les préjugés. Conscient de leur amour réciproque, Shutô et Emori font des efforts pour d’abord accepter les défauts de leur nature puis pour mieux gérer leur influence. L’autrice met en avant certains choix difficiles pour avancer vers un avenir plus serein. Elle installe une relation plus consensuelle, dans la discussion et les initiatives. Par ailleurs, elle interroge sur le lien presque fraternel qui s’installe au fil d’une cohabitation.

Yukimura Kanae sensei a un trait léché à peine épuré. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames sont nombreuses et variées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Les décors soignés apportent une touche réaliste. La mise en page dynamique utilise beaucoup les chevauchements et les sorties de cadre. Dans les scènes érotiques, la mangaka censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches. Néanmoins, elle offre aussi des coupes intérieures. Elle fait poser les personnages dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Après avoir rejeté son âme sœur, Shutô Keiki (alpha), qui allait le mordre sans son consentement, Emori Riku (oméga) a trouvé refuge chez Kuô Iriya (oméga). Mais depuis, il culpabilise au point d’en perdre l’appétit. Inquiet, Iriya lui prodigue alors quelques conseils, lui rappelant qu’il est seul maître de son destin. Après un temps de réflexion, Riku décide de devenir digne de Keiki en se plongeant dans les études…

En conclusion

Ce tome obtient la vingt-et-unième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2024. Iwamoto Kaoru sensei conclut son récit avec un peu de douceur mais surtout avec une réflexion sur l’état d’alpha et d’oméga, entre classique omegaverse et possibilité de relation plus consensuelle. Son récit est magnifiquement illustré par Yukimura Kanae sensei. Je suis rassurée par la conclusion et l’évolution de la relation. J’adore Iriya et j’espère que son spin-off sera un jour disponible en France. Une lecture émouvante!