La fin du monde avec toi 1 – Marukido Maki

la fin du monde avec toi 1 marukido maki

MARUKIDO Maki 丸木戸マキ
ISBN: 9782382762028
Hana, 2023
ISBN: 9784396785369 (JP)
Shodensha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Dans dix jours, un astéroïde géant va frapper la Terre. »

Marukido Maki sensei propose un scénario original avec une romance renaissante dans un contexte de fin du monde à venir. Elle présente une palette de sentiments, de questions et de réactions différentes. De même, elle révèle le passé des deux héros au fur et à mesure, permettant ainsi de mieux comprendre leurs sentiments complexes. Kusakabe et Nishina ont eu une vie complètement différente. Bien qu’il se comporte comme une vraie ordure, multipliant les conquêtes, le manipulateur Ritsu a tout réussi. Au contraire, l’introverti Masumi galère depuis toujours. Pourtant, l’auteure dévoile des personnalités beaucoup plus subtiles avec leurs faiblesses et leurs qualités, créant une dynamique plutôt positive entre les deux hommes. Elle aborde les priorités différentes selon les générations, les apparences trompeuses, le lien parent-enfant. Avec le lycéen Hirose Yûma, elle transforme son récit en périple. La narration se base principalement sur le point de vue de Nishina.

La mangaka a un trait légèrement épuré et léché. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance amplifient les émotions. D’ailleurs, le jeu des contrastes noir et blanc vient amplifier la dramatisation de certaines scènes. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Marukido sensei ne montre pas les parties intimes. D’ailleurs, elle s’arrête à l’essentiel. Par ailleurs, elle inclut les illustrations en début de chapitre directement au récit.

En résumé

Le 11 mai 20XX à 8h05, la télévision annonce qu’une météorite s’écrasera sur la Terre dans dix jours. Sous le choc, Nishina Masumi ne se rend pas à son travail et passe cette journée à ressasser sa vie merdique, à céder parfois à la panique pour ensuite finir par jouer aux jeux sur son smartphone. Mais le jour suivant, il se reprend et décide de réaliser les dernières choses qu’il aurait aimé faire. A sa surprise, la ville est assez calme et il trouve même du monde à la bibliothèque. Il y croise alors Kusakabe Ritsu, son ex de l’université, qui l’avait profondément trahi et blessé. Ce dernier lui propose pourtant de passer leurs derniers jours restants ensemble.

En conclusion

Marukido Maki sensei excelle à rendre les « ordures » beaucoup plus sensibles qu’elles ne paraissent. Pourtant, elle n’excuse jamais leur comportement, les dépeignant simplement tels qu’ils sont. Avec ce premier tome, elle installe principalement le contexte, les personnages, leurs liens complexes et leurs personnalités. Il y a une adaptation en drama, disponible en streaming sur Viki. Je suis complètement happée par ce récit et j’ai donc hâte de découvrir la suite.

I’m sorry – Hakase

I m sorry hakase

Hakase 博士
ISBN: 9782375063590
Taifu comics, 2023
ISBN: 9784758077231 (JP)
Ichijinsha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

« Je l’ai vu se prostituer… »

Hakase sensei narre une romance dramatique entre deux étudiants esseulés qui vont se rapprocher dans des circonstances dramatiques. Elle aborde la solitude mais également l’abus de confiance et la facilité à tomber dans la prostitution lorsque l’on est trop naïf. En effet, la candeur de Kentarô semble presque improbable tellement sa crédulité et sa méconnaissance de la ville l’entrainent de plus en plus dans la destruction. En plus, ses difficultés à communiquer et son manque de confiance en soi l’isolent encore plus. Le comportement ambigu de Yû s’explique avec la révélation de son passé. Toutefois, sa maladresse à exprimer ses sentiments le transforme en stalker opportuniste, malgré lui. L’auteure joue sur les apparences trompeuses pour déstabiliser le lecteur. Elle dépeint des clients vils et profiteurs qui ne pensent qu’à satisfaire leurs plaisirs personnels. D’ailleurs, le récit, avec l’introduction de Saitô, s’enlise malheureusement dans un déballage de jeux SM sans consentement.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle le simplifie lors des réactions excessives des personnages, ajoutant une touche comique très discrète. Elle dessine différentes morphologies, avec des formes variées d’yeux, apportant une note un peu réaliste. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Les autres trames sont nombreuses, d’autant plus que Kentarô a un beau bronzage. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page offre un impact visuel particulier: les cadres noirs épais donnent une certaine rigidité contrebalancée par de plus en plus de vignettes s’adaptant à leur contenu et des angles de vue dynamiques. De même, des métaphores graphiques suggèrent l’état mental des protagonistes. Hakase sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle les décompose même en détail, offrant des coupes intérieures. Dans les illustrations en début de chapitre, elle suggère l’évolution de la relation entre Yû et Kentarô.

En résumé

Kitayama Kentarô quitte sa campagne d’Aomori pour faire ses études universitaires à Tokyo. Il espère se faire plein d’amis et se retrouve rapidement embarqué dans un club étudiant. Mais lors d’une soirée de présentation, son accent ressort avec le stress et tout le monde finit par l’ignorer, ne le comprenant pas. Toutefois, Yû, avec ses beaux cheveux verts, lui demande son numéro Line pour le groupe du club. Complexé par son style campagnard, Kentarô se laisse facilement alpaguer et convaincre par des vendeurs dans la rue qui n’hésitent pas à l’arnaquer. Trois mois plus tard, lorsqu’il revient relooké au club, les membres apeurés le rejettent. Endetté, il tombe alors dans la prostitution, amadoué par un frotteur rencontré dans le train…

En conclusion

Ce one-shot ne se classe pas au Chill chill BL award 2018 mais les lecteurs le citent parmi les meilleurs mangas originaux, appréciant la candeur que conserve Kentarô malgré tous ses déboires. Il n’est pas à mettre entre toutes les mains et contient des scènes explicites pouvant choquer. D’ailleurs, Hakase sensei aborde crûment la prostitution mais abuse également de certains raccourcis scénaristiques pour se perdre en fin de compte dans des scènes érotiques détaillées. Personnellement, je trouve que cela gâche un peu les moments les plus dramatiques. D’autant plus que certaines scènes ont un impact renforcé par des jeux graphiques, comme par exemple la ville représentée en négatif quand Kitayama sombre dans le désespoir. La romance entre Yû et Kentarô dégage parfois quelques échanges mignons. Le sujet et son traitement graphique m’intéressent mais le développement du récit me laisse un peu sur ma faim…

Lonely playground 2 – Dayoo

lonely playground 2 dayoo

Dayoo ダヨオ
ISBN: 9782382763667
Hana, 2023
ISBN: 9784396784898 (JP)
Shodensha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Notre amour est un trésor précieux. »

Dayoo sensei continue d’analyser les sentiments paradoxaux de ses personnages. Elle base d’abord la narration sur Yukifumi avant de basculer ensuite sur Keisuke. Ainsi, elle partage les différents points de vue de ses héros. En découvrant un amour sincère et une relation normale qui s’épanouit dans le partage, Saikawa se sent complètement perdu. Grâce au soutien de Kishino, il va enfin prendre confiance en lui et trouver le courage de se rebeller. Trop narcissique, Utsugi ne jure que par l’argent, les cadeaux et la coercition, pour exprimer ses sentiments, devenant un personnage de plus en plus détestable. A travers son comportement violent, l’auteure aborde ainsi le harcèlement et les dégâts du revenge porn. Elle dépeint parfaitement les difficultés à se libérer du joug de ce genre d’individu. Mais dans une histoire bonus, elle crée la surprise avec Harima Ichirô (26 ans), encore plus pervers et arrogant qu’Utsugi.

La mangaka a un trait anguleux légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à exagérer les expressions. En plus, elle dessine des yeux tombants très expressifs. De même, de grandes hachures envahissent les visages quand les personnages rougissent. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, un fond noir permet d’identifier immédiatement les flash-back. Par ailleurs, les décors apparaissent dès que les plans s’élargissent. La mise en page est également très dynamique. Dayoo sensei censure à peine les scènes érotiques. Toutefois, elle ne détaille pas les parties intimes. Les personnages posent dans les illustrations en début de chapitre. Les couvertures des tomes 1 et 2 mises côte à côte forment une illustration résumant parfaitement l’histoire.

En résumé

Saikawa Yukifumi a trouvé un nouvel appartement. Suite à la déclaration d’amour de Kishino Keisuke, il demande du temps pour réfléchir sincèrement à ses sentiments. Il efface le numéro d’Utsugi Masatsugu mais ce dernier ayant trouvé sa nouvelle adresse lui envoie ses affaires avec un message. Trop gêné, il évite son nouveau prétendant pendant une semaine. Mais à cause d’un incendie dans son immeuble, il se retrouve à errer dans une supérette en attendant que cela se calme. Il croise par hasard Keisuke qui l’invite à dormir chez lui tout en respectant ses distances. Touché par sa bienveillance, quelques jours plus tard, Yukifumi accepte de sortir avec Keisuke et l’embrasse. Le jeune cuisinier lui propose alors de faire une sortie en amoureux…

En conclusion

Dayoo sensei maîtrise parfaitement les enchainements d’action, rendant son récit haletant. J’ai ressenti un plaisir coupable en découvrant la dernière aventure d’Utsugi. Je suis complètement sous le charme du graphisme de la mangaka et j’espère découvrir d’autres de ses œuvres. Avouez qu’Utsugi, en couverture de ce tome, porte toute sa suffisance sur son visage! Une excellent surprise qui m’a donné un beau coup de cœur.

Lonely playground 1 – Dayoo

lonely playground 1 dayoo

Dayoo ダヨオ
ISBN: 9782382763650
Hana, 2023
ISBN: 9784396784881 (JP)
Shodensha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Je veux que tu sois mon jouet à moi seul. »

Dayoo sensei propose de suivre un triangle amoureux, confrontant une relation consensuelle à une relation toxique. Elle base d’abord la narration sur Keisuke avant de basculer à la fin sur Yukifumi. Elle révèle également le passé des personnages au fur et à mesure. Saikawa est complètement sous l’emprise d’Utsugi, qui le traite comme un simple jouet. Keisuke, habitué aux relations sans lendemain, tombe sous le charme du salaryman et a envie de le rendre heureux. Bien qu’il entretient une relation purement charnelle, ses sentiments évoluent peu à peu. Pourtant, il fait passer le bonheur de son partenaire avant le sien, l’acceptant tel qu’il est. L’auteure aborde les relations complexes entre amour et reconnaissance, la manipulation de personnes fragilisées et manquants de confiance en soi. Avec Utsugi, elle s’intéresse donc aux relations SM au consentement flou. Elle joue sur les contrastes, comme par exemple la naïveté de Yukifumi avec sa perversité.

La mangaka a un trait épuré très anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des yeux tombants qui donnent un charme particulier à l’expression des regards. Par ailleurs, des hachures envahissent les visages lors des rougissements. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Dayoo sensei censure à peine les scènes érotiques, ne détaillant pas les parties intimes. Dans les illustrations en début de chapitre, elle fait poser les personnages, permettant d’admirer leur charme.

En résumé

Kishino Keisuke (21 ans) travaille dans un restaurant chinois. Il a eu le coup de foudre pour un salaryman qui passe souvent devant leur établissement sans pour autant y entrer. Un soir de pluie, une collègue le prévient avoir vu son crush sous un pont et l’incite à lui apporter un parapluie. Kishino trouve alors Saikawa Yukifumi (26 ans) en larmes. Ce dernier vient de se faire plaquer par son amant, un homme marié avec un enfant, qu’il fréquente au moins depuis sept ans. Voulant oublier sa tristesse dans les bras d’un inconnu, Keisuke lui propose donc d’être son partenaire. Après une nuit de folie chez Saikawa, il remarque dans le placard une collection de jouets érotiques pour adultes. Mais Utsugi, l’ex de Yukifumi, débarque soudainement dans l’appartement…

En conclusion

Même si ce tome ne se classe pas au Chill chill BL award 2020, les lecteurs le citent parmi les meilleurs mangas au scénario captivant, marqué par la confrontation entre un sombre seme violeur et un lumineux seme salvateur. Dayoo sensei construit des personnalités très intéressantes et maîtrise parfaitement le développement de son scénario, retenant le lecteur en haleine. En plus, son graphisme a un charme particulier qui me plaît totalement. Je suis subjuguée par ce récit qui m’a agréablement surpris. Vivement la suite!

Une relation idéale – Ken et Antstudio

une relation ideale ken antstudio

Ken
Antstudio
45 chapitres, terminé
Piccoma (FR)
Yeondam (KR)
Webtoon
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Sanghwa arrivera-t-il à oublier ses sentiments pour son ami d’enfance grâce à son nouvel ami?

Ken offre une romance axant d’abord son récit sur l’étudiant Sanghwa puis sur le mafieux Eegeum. Ainsi, certains chapitres semblent se répéter mais cela se remarque surtout si on les lit à la suite. A cause de la possessivité de Ryeohan qui crée des quiproquos, Sanghwa s’interroge constamment sur sa sexualité, conscient de l’impasse de son attirance pour son ami d’enfance et de ses sentiments naissants pour Eegeum. En effet, sous sa mine patibulaire, le mafieux cache une sensibilité adorable. Cherchant d’abord à avoir des amis, il va comprendre peu à peu son attirance pour son nouvel ami. L’auteure fait évoluer progressivement les deux héros qui vont alors se libérer de leurs appréhensions. Elle aborde le jugement sur l’apparence, la rivalité, la solitude et les facilités selon le milieu social. Par ailleurs, elle ne bascule pas dans un triangle amoureux, décryptant les sentiments de ses personnages avec finesse.

Antstudio a un style graphique contemporain passe-partout mais agréable. Ses personnages ont des carrures variées. Au début, la verticalité est peu exploitée mais s’améliore par la suite. Ainsi, le défilement se passe avec fluidité. Les décors sont assez simples et deviennent flous sur les gros plans, comme dans un film. Les réflexions en image ou flash-back se repèrent à leur fond noir. Quelques effets d’ambiance viennent renforcer les émotions, comme des éclairs, des bulles, des fleurs, des pois. Les scènes érotiques ne montrent pas les parties intimes, voilées par un cache blanc couvrant l’intégralité du bas ventre.

En résumé

Lee Sanghwa et Soo Ryeohan sont amis d’enfance. Mais Sanghwa cache un lourd secret: il éprouve une attirance irrépressible pour Ryeohan depuis le lycée. Encore confus sur sa sexualité, il décide alors de se changer les idées en jouant à un jeu en ligne. Sous le pseudonyme de Idealize, il se lie très vite d’amitié avec Miraelegrand. Quand ils se rencontrent dans la vraie vie, Sanghwa tombe rapidement sous le charme de Kwon Eegeum, même s’il ressemble à un mafieux…

En conclusion

Bien que le scénario de Ken démarre sur des poncifs, l’histoire devient mignonne au fil des chapitres, mettant principalement en avant les sentiments et les liens qui se construisent entre les personnages. D’ailleurs, le comportement de Ryeohan provoque certainement l’empathie du lecteur pour son rival. J’apprécie particulièrement l’évolution de Sanghwa qui prend peu à peu de l’assurance. J’ai donc passé un agréable moment de lecture. Une histoire simple mais entrainante. Mise à jour: Cette série obtient la vingtième place du meilleur webtoon au Chill chill BL award 2024.

Home far away – Yatsuda Teki

home far away yatsuda teki

YATSUDA Teki 八田てき
ISBN: 9782382761717
Hana, 2023
ISBN: ‎9784829686485 (JP)
Printemps, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Une évasion vers un monde meilleur. »

Yatsuda Teki sensei reprend les techniques scénaristiques du road movie pour nous plonger dans une romance entre deux jeunes hommes avides de liberté qui cherchent leur place en ce monde. Plus que l’évolution de leurs sentiments, elle s’attarde surtout sur leur état d’esprit, révélant dès les premiers chapitres le passé traumatisant d’Alain et Hayden. Ainsi, elle alterne la narration entre les différents personnages. Les deux fugitifs, blessés par la vie, sont prisonniers de leur passé et de leur manque d’amour maternel. En plus, Saverio se trouve limité à cause de sa maladie. Les deux amis vont rapidement s’attacher l’un à l’autre tout en ayant peur de s’ôter mutuellement leur liberté. L’auteure aborde entre autres la violence familiale, le poids de la culpabilité, le refuge dans la drogue, l’alcool ou la religion, les dégâts de la prostitution, la pédophilie et le viol. Elle développe particulièrement les différents aspects du fanatisme religieux.

En début de tome, la mangaka offre deux magnifiques illustrations en couleur, dont la couverture complète. Elle a un trait plutôt réaliste, avec un style graphique déjà personnel. Elle intègre des pages très poétiques, transcrivant l’ambiance générale, avec quelques vignettes contemplatives. D’ailleurs, les trames d’ambiance alternent avec les décors qui sont détaillés. De même, les nombreuses trames renforcent le côté réaliste. La mise en page dynamique joue sur des angles de vue variés et recherchés, qui appuient la narration. Yatsuda sensei soigne les détails et les expressions du visage. Sauf dans les scènes érotiques, dans lesquelles elle sélectionne ses cadrages de manière à ne jamais montrer les parties intimes.

En résumé

Un soir d’hiver, en 1990, à Austin. Hayden Stewart croise Alain Saverio (17 ans) devant le magasin où il travaille. Comme l’adolescent semble déprimé, il discute avec lui. Alain ne supporte plus la pression surprotectrice de ses parents qui ont plongé dans la religion depuis qu’il est atteint d’une maladie. Admirant la liberté d’Hayden qui voyage au gré de ses envies et réconforté par ses paroles, il trouve alors le courage de dire ce qu’il a sur le cœur à ses parents malgré les punitions qui l’attendent. Dès le lendemain, comme Saverio s’attache déjà à lui, Stewart lui propose donc de devenir son ami le temps de son séjour…

En conclusion

Ce one-shot obtient la cinquième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2022. Yatsuda sensei a un graphisme réaliste de toute beauté. Toutefois, elle ne maîtrise pas complètement le rythme parfois précipité sur certains évènements, ce qui pourra ennuyer quelques lecteurs. De même, malgré les 275 pages, elle développe beaucoup de sujets rendant le tout très dense. Par ailleurs, si comme moi vous connaissez bien le film Thelma et Louise de Ridley Scott, vous remarquerez sûrement la proximité de la trame scénaristique avec le film: donc le suspense disparait et vous risquez de vous détacher complètement du récit. Ainsi, j’ai eu du mal à noter ce titre, consciente de sa qualité, éblouie par le dessin mais ne ressentant plus les émotions durant ma lecture. Je trouve d’ailleurs cela un peu dommage!

Une relation basée sur l’argent 2 – Sakurai Nanako

une relation basee sur l argent 2 sakurai nanako

SAKURAI Nanako 櫻井ナナコ
ISBN: 9782382763483
Hana, 2023
ISBN: 9784758023351 (JP)
Ichijinsha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Mon bonheur n’est pas celui de tout le monde, mais… »

Sakurai Nanako sensei propose de découvrir la nouvelle vie de Yanai qui a intégré le clan Takamoto. Elle développe un peu plus le passé de Maki, permettant de comprendre son comportement possessif. Comme dans le tome précédent, elle aborde la question de la confiance dans le couple et le doute. En effet, Makoto a encore du mal à partager ses sentiments avec son partenaire. L’introduction de Shirazawa Meguru, le fils du clan Hitotose, amène quelques tensions et permet de découvrir un peu les conflits de succession dans les clans mafieux. D’ailleurs, l’étudiant sans gêne, cache sa personnalité derrière ses lunettes et apporte une touche d’humour. L’auteure met en évidence deux mondes distincts dans le milieu mafieux, exposés différemment à la violence. Elle s’intéresse donc à la notion de famille étendue ainsi qu’au sentiment de solitude qui en découle selon l’implication dans le clan.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux et qui joue beaucoup sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Maki a des oreilles plutôt pointues. Les décors apparaissent sur les plans larges. Par ailleurs, les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. La mise en page est dynamique. Sakurai sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle cache parfois les parties intimes en jouant sur les angles de vue. Elle offre d’ailleurs une scène par chapitre.

En résumé

Depuis maintenant deux mois, Yanai Makoto travaille comme secrétaire du chef du clan Takamoto. Il apprécie également sa vie amoureuse avec son petit ami yakuza, Maki Ryôhei. Un jour, il croise par hasard les filles de son patron, Suwa, qui tombent alors sous son charme et devient donc leur babysitter. Comme il doit les accompagner avec leur mère Yuri à Kyoto, Maki, inquiet, le harcèle au téléphone et finit même par se disputer avec lui. En effet, le yakuza est très collant au point d’en devenir parfois lourd car il n’arrive pas à lui faire confiance. Mais le soir, Mako regrette déjà ses paroles…

En conclusion

Ce tome était-il nécessaire? C’est un plaisir de découvrir la suite des aventures du couple. Sakurai sensei développe ainsi un peu plus la personnalité des personnages. En introduisant un clan rival, elle élargit même l’exploitation d’un thème intéressant. Toutefois, elle le fait encore avec légèreté. Je trouve donc cela un peu dommage. Une lecture sexy, mignonne et divertissante dans la continuité du tome précédent.

Une relation basée sur l’argent – Sakurai Nanako

une relation basee sur l argent sakurai nanako

SAKURAI Nanako 櫻井ナナコ
ISBN: 9782382763193
Hana, 2022
ISBN: 9784758021333 (JP)
Ichijinsha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Le coup de foudre d’un garde du corps mafieux pour un prostitué désabusé! »

Sakurai Nanako sensei narre une romance alternant entre drame et comédie. Elle base la narration principalement du point de vue de Yanai. Le prostitué goûte à plusieurs paradoxes et sentiments complexes en découvrant peu à peu Maki. En effet, bien que conscient du danger, il est touché par la gentillesse du mafieux, comprenant la sincérité de son amour mais restant méfiant. D’ailleurs, il se découvre quelques points communs avec Ryôhei. Le chauffeur Minami, qui joue les gardes du corps, apporte une touche comique avec son côté trop bavard. Ainsi, l’auteure aborde le doute, la difficulté à refaire confiance après des trahisons, la manipulation. Elle ajoute du suspense avec les interventions de Kurono et du chef du clan Takamoto, Fuwa, brouillant les attentes des lecteurs. Elle fait évoluer ses personnages avec leurs sentiments. Ainsi, bien que possessif et jaloux, Maki reste bienveillant et respectueux envers son petit ami. L’histoire bonus permet de découvrir le devenir du couple.

La mangaka a un trait épuré plutôt anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, exagérant également les expressions. Elle dessine des corps sveltes finement musclés et des oreilles pointues. Les bouilles de Makoto en SD sont rigolotes tandis que Ryôhei passe de la froideur à un côté mignon et presque doux en quelques cases. Par ailleurs, les hachures de rougissement envahissent souvent les visages. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance se font discrètes mais accompagnent tout de même les émotions. La mise en page dynamique varie surtout les angles de vue et utilise les superpositions de cases et les ellipses. Même si Sakurai sensei ne censure pas les scènes érotiques, elle ne détaille pas trop les parties intimes grâce aux onomatopées et aux phylactères.

En résumé

Yanai Makoto (27 ans), ancien employé de bureau, se prostitue depuis six mois, étant garant de la dette d’un ami qui a depuis disparu. Comme il doit plus de 30 millions de yens, il ne peut refuser les lubies de certains clients violents. Un soir, alors qu’il rentrait exténué par un travail plus long que prévu, il croise Maki Ryôhei (26 ans), un yakuza, qui lui propose de le raccompagner. Bien qu’il refuse, le mafieux l’assomme puis l’emmène chez lui. Ayant eu le coup de foudre, il lui demande de devenir son prostitué personnel et lui promet même de le payer cinq fois plus. A l’idée de terminer plus vite son calvaire, Makoto accepte en posant tout de même quelques conditions. Pourtant, il s’étonne de voir le yakuza si prévenant avec lui…

En conclusion

Ce one-shot obtient la dix-huitième place du meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2021. Malgré les nombreuses scènes érotiques et le thème de la prostitution, Sakurai sensei installe une relation consentie, avec des personnages attendrissants. D’ailleurs, dans sa postface, elle explique avoir conscience que son récit semble moins réaliste à cause de l’humour mais elle décrit tellement bien les sentiments que cela passe très bien. Une lecture divertissante, sexy et mignonne!

Monstrueux – Tokiha Kanenari

monstrueux tokiha kanenari
TOKIHA Kanenari 時羽兼成
ISBN: 9782375063392
Taifu comics, 2022
ISBN: 9784799752081 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

« Une bête sauvage incontrôlable qui frappe et mord tout ce qui bouge tel un véritable monstre. »

Tokiha Kanenari sensei nous plonge dans un univers mafieux mais avec des personnages à la grande sensibilité. Ainsi, elle crée un lien particulier entre un yakuza et sa victime collatérale. Elle alterne la narration entre Somo et Jô. Le yakuza d’âge mûr s’engage d’abord dans une rédemption, cherchant à comprendre et découvrir les traumatismes de Jô. Ce dernier contient difficilement ses sentiments qui s’expriment souvent par la violence. Pourtant, les paroles bienveillantes et l’affection de Somo lui permettent de se contrôler. En introduisant le manipulateur Namu Shôtarô, l’auteure ajoute une forte emprise que subit Jô, rendant le récit un petit peu trop mélodramatique. Elle aborde entre autre le jugement sur le physique, la solitude, la peur de faire confiance suite à une trahison, l’acceptation de soi.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Son style rappelle plutôt celui des shônen dans les expressions et la composition. Par exemple, les lignes d’action supplantent les trames d’ambiance. Par ailleurs, Jô est très musclé. Les trames sont variées. Par contre, les décors situent principalement l’action même s’ils sont détaillés. La mise en page est plutôt classique. Tokiha sensei s’attarde sur les petits détails. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc. Dans les illustrations en début de chapitre, les personnages prennent la pose. L’illustration sous la jaquette reprend celle de la couverture mais sans la muselière.

En résumé

Lors d’une descente de recouvrement de dettes, Somo Ryûsaku, Seppa et Namu Shôtarô sont pris dans un incendie. Somo arrive à récupérer un sac en s’enfuyant mais à l’intérieur, il y trouve un enfant couvert de brûlures. Se sentant coupable de la mort de ses parents, il refuse alors de l’abandonner et cherche une solution. Maintenant plus âgé, le yakuza se remémore souvent ce souvenir quand il fait face à la mort. Un soir, il remarque un jeune homme écroulé dans les poubelles. Il reconnaît rapidement l’enfant qu’il avait sauvé grâce à ses brûlures au visage. Mais ce dernier ne semble pas avoir toute sa tête et attaque les yakuzas. Ayant réussi à le maîtriser, Somo décide alors de recueillir Jô, pour expier ses erreurs passées…

En conclusion

Malgré un synopsis très alléchant avec un parallèle sur les kaijû intéressant, ce one-shot enchaine les évènements dramatiques, tombant malheureusement un peu dans le mélodrame et ne laissant pas le temps de s’attacher aux personnages. Pourtant, Tokiha sensei a un magnifique style graphique. J’ai tout de même passé un moment divertissant à la lecture.

Pornographer playback – Marukido Maki

pornographer playback marukido maki
MARUKIDO Maki 丸木戸マキ
ISBN: 9782382763162
Hana, 2022
ISBN: 9784396784935 (JP)
Shodensha, 2019 (JP)
Titre original: 續・ポルノグラファー プレイバック
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

La relation à distance difficile de Kijima et Kuzumi.

Marukido Maki sensei présente les difficultés que rencontrent encore Kijima et Kuzumi. Elle aborde donc le manque d’assurance et de confiance, l’angoisse sur l’avenir après des échecs, la gestion de la page blanche pour un écrivain mais également la famille. Ainsi, Rio a tendance à fuir la moindre difficulté et se déprécie. Il va prendre encore un peu de temps avant de se remettre en question. Haruhiko découvre quant à lui, le monde du travail cruel envers les débutants surexploités. Malgré son amour débordant, il reste incompris. Pourtant, bien que le couple se dispute, il avance doucement en acceptant leurs défauts. Malgré une perception différente des situations, les deux hommes continuent donc de se rapprocher. En introduisant la pimpante Haruko qui n’hésite pas à sermonner et encourager l’écrivain, l’auteure apporte une touche d’humour. Elle base la narration principalement sur Kijima. Le chapitre bonus reboucle sur Mood indigo.

La mangaka a un trait épuré qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, il se stabilise comparé à Pornographer, devenant un peu plus léché. Les trames variées sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance renforcent les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors apparaissent sur les plans larges. Malgré une mise en page plutôt classique, Marukido sensei supprime souvent les cadres. Bien qu’elle ne censure pas les scènes érotiques, elle évite de détailler les parties intimes en jouant sur les cadrages et les onomatopées.

En résumé

Kijima Rio est retourné vivre dans sa famille à la campagne et entretient donc une relation à distance, surtout épistolaire, avec Kuzumi Haruhiko. Ce dernier travaille maintenant dans la publicité et les deux hommes se voient rarement. D’ailleurs, le couple s’était quitté sur une dispute, Kuzumi cachant s’être rendu dans un bar à seins nus pour le travail. Alors qu’il s’était réfugié dans un love hotel pour fuir une fête de famille, l’écrivain vient en aide à une femme violentée. Mais il se blesse au bras gauche, ne pouvant alors plus écrire. Akemi Haruko, propriétaire d’un snack, lui propose alors de loger chez elle suite à un mensonge de l’écrivain. Son fils Shizuo accepte de rédiger ce que lui dicte Kijima. Mais c’est à ce moment que Kuzumi apparaît, désespéré de ne plus recevoir de nouvelles de son petit ami et inquiet en apprenant sa fugue…

En conclusion

Ce tome ne se classe pas au Chill chill BL award 2020 mais les lecteurs le citent dans les meilleurs séries au scénario captivant. Avec le succès du drama (disponible sur Viki), Marukido sensei a pu continuer son récit, proposant une fin sans ambigüité. J’apprécie beaucoup de voir ce couple évoluer positivement. Un indispensable pour ceux qui ont aimé la lecture des tomes précédents!