Double mints – Nakamura Asumiko

double mints nakamura asumiko
NAKAMURA Asumiko 中村明日美子
ISBN: 9782382761328
Hana, 2022
ISBN: 9784863490888 (JP)
Akaneshinsha, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Deux hommes, un même nom et une complicité.

Nakamura Asumiko sensei développe une romance dramatique emplie de suspense, sur fond d’une enquête policière. Elle alterne entre le passé et le présent, permettant ainsi de mieux appréhender la relation particulière qu’entretiennent les deux héros. Jouant sur le fait qu’ils aient le même nom et prénom, elle interroge sur leurs affinités et leurs ressemblances. Ainsi, leur lien dominé et dominant s’inverse au gré des manipulations. En effet, l’ingénieur système semble nourrir un amour passionnel pour son homonyme, acceptant de devenir son « chien ». Il a presque un côté masochiste car il se laisse maltraiter juste pour admirer le regard perçant de Mitsuo. Le voyou Ichikawa cumule les bévues s’enfonçant de plus en plus dans le crime, manipulé par les yakuzas. L’auteure décrypte l’inversion de leur rapport de force. Elle aborde également les comportements suicidaires. Par ailleurs, elle complète ce tome avec un triangle amoureux savoureux jouant sur le prénom Ichigo.

La mangaka a un trait très épuré, presque dépouillé, et légèrement anguleux. Elle le simplifie encore plus dans les passages humoristiques, exagérant les expressions. Les flash-back, repérables à leur fond noir, sont bien intégrés au récit. La palette restreinte des trames utilise des tons dominants donnant une uniformité agréable et renforçant les contrastes noir et blanc. Par ailleurs, les trames d’ambiance discrètes accompagnent les émotions. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page dynamique abuse des gros plans et des décompositions des mouvements. Même si Nakamura sensei ne censure pas les scènes érotiques, elle évite de trop détailler les parties intimes.

En résumé

Secret / Rain: Un soir, l’ingénieur système Ichikawa Mitsuo reçoit un appel désespéré de son homonyme qui le rackettait au lycée. Le voyou Ichikawa Mitsuo lui demande alors de l’aider à cacher le corps d’une femme qu’il a tuée. Alors qu’il était traité comme un chien au lycée par ce dernier, l’ingénieur système continue pourtant de lui obéir. Mais durant le trajet, son homonyme ivre se comporte comme un enfant et profite des plaisirs du voyage en voiture. Toutefois, une fois le corps enterré dans une forêt, il commence à culpabiliser…
Hothouse fruits: Murakami Ichigo est le secrétaire d’un grand politicien. Mais depuis quelques temps, son patron divague avec la vieillesse. Pour se détendre, il aime voir Ichigo coucher avec un autre homme. L’hôte du club Galaxy, Hasumi, est donc devenu son régulier…

En conclusion

Ce tome obtient la septième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2009. Nakamura sensei excelle également dans un univers sombre et propose une aventure qui retient le lecteur en haleine. Elle installe un jeu de manipulations qui transforme petit à petit la relation entre les deux hommes, interrogeant sur la complicité du couple. Laissez-vous séduire par ces aventures intrigantes.

Boy meets Maria – PEYO

boy meets maria peyo
PEYO
ISBN: 9782375063255
Taifu comics, 2022
ISBN: 9784829686133 (JP)
Printemps, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

« S’il te plaît, soit l’héroïne de ma vie. »

PEYO sensei propose une romance à la fois dramatique et débordante de tendresse. Elle dépeint avec précision les émotions de l’adolescence ainsi que l’évolution des deux héros vers l’âge adulte. Par ailleurs, elle aborde un thème plutôt rare dans le BL: la non-binarité. En effet, Arima ressent une dysphorie de genre suite à plusieurs traumatismes. Il est instable et a donc tendance à s’isoler. Sous son air confiant, Taiga cache également des souvenirs blessants. Il reste superficiel dans ses relations. Les deux adolescents vont alors apprendre à se connaître, à s’apprécier mutuellement. L’auteure maintient le suspense au fil des chapitres en révélant petit à petit le passé des personnages qui s’entremêle. Elle aborde l’amitié et l’amour, la construction de l’identité sexuelle. Elle joue sur l’excès de positivisme de Taiga pour ajouter des touches d’humour. L’histoire bonus en fin de tome s’amuse de la maladresse innocente du couple.

La mangaka a un trait épuré et léché. Elle utilise des métaphores graphiques, dessinant quelques planches poétiques où l’imagination se mêle au réel. Les décors, soignés, apparaissent dans les plans larges. Par ailleurs, les trames sont nombreuses et variées. En revanche, les trames d’ambiance sont très discrètes et plutôt rares. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page très dynamique utilise des sorties de case, des angles de vue originaux, le découpage précis de certains passages. D’ailleurs, PEYO sensei a son propre style, qui apporte une touche rafraichissante. Elle évite de détailler les scènes érotiques, ne montrant pas les parties intimes.

En résumé

Depuis tout petit, Hirosawa Taiga (15 ans) rêve de devenir un super héros qui protège les femmes. Maintenant au lycée, il souhaite intégrer le club de théâtre, poursuivant son rêve en devenant le plus grand acteur du Japon. Mais sa trop grande confiance en lui inquiète ses deux amis: Fukumaru qui le connaît depuis le collège et Tetsu, rencontré récemment. En plus, ils se retrouvent souvent mêlés aux délires de leur ami. Durant une représentation du club de théâtre, Taiga a le coup de foudre pour la belle danseuse Maria. Il l’attend déjà à la fin du spectacle pour lui déclarer sa flamme. Bien que surpris par sa voix masculine, il persévère et refuse de croire le président du club de théâtre qui lui révèle pourtant que Maria est en réalité un garçon qui s’appelle Arima Yû…

En conclusion

Ce one-shot obtient la huitième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2019. Malgré le traitement réservé de PEYO sensei pour ménager les lecteurs, il comporte quelques scènes pouvant choquer les plus sensibles (viol sur mineur). Ce petit bijou, intense en émotions, est à la fois doux et violent, navigant entre humour et drame. De même, le graphisme très expressif permet de comprendre immédiatement les émotions des personnages. J’ai été ébranlée par cette romance prenante et passionnante. Un énorme coup de cœur à découvrir!

Sweet pool 2 – Kurumazaki Mayu et Nitro+CHiRAL

sweet pool 2 kurumazaki mayu
KURUMAZAKI Mayu 車折まゆ
Nitro+CHiRAL
ISBN: 9784799710852 (JP)
Libre, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Yôji a de plus en plus envie de connaître Tetsuo…

Kurumazaki Mayu sensei fait doucement évoluer la relation entre Shironuma et Sakiyama. De même, elle montre une facette peu reluisante de Makoto qui perd le contrôle avec la jalousie. Les deux héros apprennent à se connaître petit à petit, poussés discrètement par le professeur Kamiya. Yôji s’interroge sur les changements dans son corps. Tandis que Tetsuo, taciturne, s’ouvre à son camarade. D’ailleurs, comme il n’a pas l’habitude d’exprimer ses sentiments, il a tendance à se montrer brusque. Il passe donc outre au consentement. L’auteure joue beaucoup sur le suspense. D’ailleurs, elle place des indices au fil des chapitres sans pour autant donner des explications claires pour l’instant. De même, elle révèle le passé des héros par des flash-back parfois silencieux ou rapides, laissant le lecteur deviner la situation. Les histoires bonus s’intéressent à l’enfance de Zen’ya et Kitani.

La mangaka a un trait anguleux marqué. Elle dessine de grands nez proéminents. Elle utilise beaucoup de trames sombres, renforçant le côté inquiétant du récit. De même, les cadrages resserrés augmentent l’impression d’oppression. Ainsi, le lecteur ressent presque les sensations des personnages. Les décors situent l’action. La mise en page rythme la lecture avec beaucoup de cases vides, d’ellipses. Dans les scènes érotiques, Kurumazaki sensei cache les parties intimes par des caches blancs. Comme dans le tome précédent, elle offre une belle illustration noir et blanc en début de chapitre.

En résumé

Okinaga Zen’ya demande à Kitani de lui ramener Shironuma Tetsuo mais il échoue, le lycéen s’étant vaillamment défendu. Le lendemain au lycée, Sakiyama Yôji donne rendez-vous à Shironuma sur le toit pour discuter. En effet, son camarade n’a plus aucune trace de coup. L’intéressé n’a évidemment aucune explication à donner. Ressentant une douleur au plus profond de son corps à chaque contact avec lui, Yôji ne veut plus le fréquenter. D’ailleurs, il se réfugie ensuite aux toilettes car de nouvelles boules de chair sortent de son corps. Mita Makoto, inquiet pour son ami, ne supporte plus son silence. A cause de ses crises de plus en plus fréquentes, Zen’ya décide de révéler ce qu’il sait à Sakiyama. Mais alors qu’il l’agressait, Tetsuo vient à son secours. Bien que Yôji refuse de céder au parfum de son sauveur, son corps le trahit. Et les deux lycéens finissent donc par s’unir…

En conclusion

Les protagonistes ont tous un passé aussi sombre que l’histoire qui se révèle peu à peu. Malheureusement, l’auteure a pris une pause et au bout de 9 ans, Libre a annoncé l’abandon de la série. Il est tout de même possible de jouer au jeu (version censurée) sur Steam. La licence a encore du succès puisqu’une adaptation au théâtre est sortie en mars 2022. J’aime beaucoup le manga qui, même s’il avance doucement dans le récit, ménage ma sensibilité sur les scènes violentes.

Sweet pool 1 – Kurumazaki Mayu et Nitro+CHiRAL

sweet pool 1 kurumazaki mayu
KURUMAZAKI Mayu 車折まゆ
Nitro+CHiRAL
ISBN: 9784862638694 (JP)
Libre, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Entre hallucinations et attirance, Yôji semble perdre la raison…

Kurumazaki Mayu sensei offre une adaptation manga du jeu vidéo sur PC Sweet pool développé par Nitro+CHiRAL, dans lequel elle s’occupe du character design. Elle mêle à la fois suspense, surnaturel et horreur. Elle installe d’abord le contexte, révélant petit à petit les situations familiales complexes des personnages ainsi que leurs personnalités plutôt tordues. Yôji, qui vit seul depuis le mariage de sa sœur, s’avère être un « hôte femelle », soit le sujet expérimental d’une organisation secrète qui manipule son destin. De même, Tetsuo semble faire partie du projet malgré lui. D’ailleurs, les deux lycéens sont manifestement attirés l’un par l’autre. L’auteure base la narration sur Sakiyama, partageant ses troubles d’identité, ses peurs et ses sensations. Dans un chapitre bonus, elle met en avant Makoto, qui cache en réalité un attachement obsessionnel derrière son air enjoué.

Le graphisme de la mangaka sied bien à l’histoire: des traits légèrement épurés, plutôt réalistes. Elle maîtrise également les jeux de trames et les noirs pour créer des planches sombres et rendre l’ambiance dramatique. Toutefois, elle joue sur les cadrages pour réduire la violence de certaines scènes. L’arrière-plan semble parfois se fondre avec le dessin. La mise en page est très dynamique. Néanmoins, l’enchainement des cases paraît parfois brusque mais transcrit avec finesse les troubles de Yôji. Kurumazaki sensei censure les scènes érotiques par des bandelettes blanches. Elle sépare les chapitres par une illustration. En début de tome, un poster à déplier en couleurs regroupe deux illustrations: celle du recto, réalisée par Onitsuka Seiji, illustrateur du light novel, a un trait plus seinen et mêle à la fois érotisme et gore. Au contraire, celle de Kurumazaki Mayu au verso offre une tranche de vie scolaire avec un trait doux.

En résumé

Sakiyama Yôji, à la santé fragile, reprend les cours au lycée après une longue absence. Il a toujours eu du mal à s’intégrer dans sa classe mais son ami Mita Makoto l’accueille joyeusement. En revanche, Shironuma Tetsuo, un élève plutôt froid, l’intrigue. En effet, il dégage un étrange parfum qui affole ses sens. D’ailleurs, les deux lycéens sont de corvée de ménage ensemble. Par contre, Makoto le prévient de se méfier d’Okinaga Zen’ya, fils de yakuza, qui a un comportement instable et étrange. A la fin de la journée, Yôji fait un malaise mais un homme le soutient. A peine conscient, il croit alors reconnaître le parfum de Tetsuo. N’osant l’interroger le lendemain, les deux garçons continuent à discuter uniquement pendant leurs tâches ménagères. Mais un soir dans son bain, Sakiyama croit voir ses bras recouvert de sang et ressent une forte excitation…

En conclusion

Le manga se suffit à lui-même, le lecteur n’étant pas obligé de jouer au jeu pour comprendre le déroulement du récit. D’ailleurs, le scénario promet d’être aussi palpitant et glauque que l’original. Les passages érotiques sont bien intégrés et semblent naturels, suivant les hallucinations de Yôji. Ma couardise m’empêche d’avancer rapidement sur le jeu mais il est disponible (en version censurée) sur Steam en anglais. J’ai hâte de connaître la suite!

La couleur de l’eau – Maki Ebishi

la couleur de l eau maki ebishi
MAKI Ebishi 槇えびし
ISBN: 9782382763070
Hana, 2022
ISBN: 9784813031024 (JP)
Taiyohtosho, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Mon sang était de la couleur de l’eau. »

Maki Ebishi sensei propose un drame psychologique empreint de suspense. Elle révèle donc au fur et à mesure le passé des personnages ainsi que leurs desseins. Elle aborde entre autres la confiance, la manipulation, l’amour déviant. La ville de Paradis regroupe tous les travers de la noirceur humaine, entre meurtre, prostitution même de mineurs, trafic, violence. Les personnages survivent et s’adaptent à ce milieu sans foi ni loi. Setsu cumule les traumatismes ainsi qu’un handicap invisible qui perturbe un peu son quotidien. Il reste d’ailleurs prisonnier de son passé, malgré les efforts de ceux qui l’aiment pour le sauver. A travers ses personnages, l’auteure invite les lecteurs à réfléchir sur le concept de bonheur. Ainsi, elle construit des psychologies complexes et profondes. De même, elle s’attarde principalement sur les sentiments vacillants des protagonistes.

La mangaka a un trait très épuré qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise les trames avec parcimonie. D’ailleurs, elle privilégie les contrastes noir et blanc, renforçant ainsi les moments dramatiques. La mise en page dynamique rythme la lecture entre action, passage rapide et intense puis calme. Maki sensei ne développe pas les scènes érotiques, s’arrêtant aux préliminaires.

En résumé

Il y a deux ans, le tueur à gages Setsu a recueilli un jeune enfant amnésique. Il l’a alors appelé Lithia. Tout deux vivent dans la ville Paradis, une zone de non droit où les crimes restent impunis. Étant souvent la cible de vengeance, le tueur protège Lithia mais n’hésite pas à l’utiliser pour éliminer ses assaillants. Comme son bienfaiteur parle peu de lui, l’enfant ne sait pas grand chose sur lui, à part qu’il est recouvert de cicatrices et qu’il a très peur des ciseaux. Mais un jour, un certain Romanée qui semble bien connaître Setsu, s’impose dans la maisonnée et ne ménage pas Lithia.

En conclusion

Maki sensei traite ses lecteurs avec égard en suggérant la violence, même si quelques images restent marquantes. Pourtant le récit continue d’être bouleversant car les personnages sont attachants. Le one-shot comporte beaucoup de pages (289 pages) permettant ainsi de bien développer l’histoire. Si vous aimez les drames psychologiques, ce BL pourra vous plaire.

Faker – Chiyozaki

faker chiyozaki
Chiyozaki 千代崎
ISBN: 9782382762875
Hana, 2022
ISBN: 9784813032809 (JP)
Taiyohtosho, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Si vous m’aimez, je vous ferai mourir de plaisir. »

Chiyozaki sensei propose une comédie alliant romance et drame. Elle concentre d’abord la narration sur Segawa durant deux chapitres puis alterne ensuite avec le point de vue de Mikami. Elle installe donc un jeu de séduction entre les deux salarymen, dévoilant au fur et à mesure leur passé et leur psychologie complexe. Ainsi, Mikami qui a une forte confiance en lui, aime manipuler les gens pour obtenir ce qu’il désire mais se lasse rapidement une fois une proie conquise. Il fuit également les conflits. Segawa, quant à lui, s’attache désespérément à une relation qu’il sait déjà perdue. Le chantage et les attentions de Mikami vont l’obliger à réfléchir sur ses réels sentiments. Par ailleurs, l’auteure interroge sur le jugement du physique, surtout quand il ne semble pas correspondre au caractère. Elle aborde également la fragilité de la confiance, l’adultère.

La mangaka a un trait légèrement épuré et léché. Elle dessine des corps finement musclés qu’elle met en avant. Elle varie beaucoup les trames, donnant un aspect réaliste. De même, les décors soignés apparaissent sur les plans larges. Toutefois, quelques trames d’ambiance viennent discrètement renforcer les émotions des personnages. Un chapitre entier présente le passé de Sagawa, Abe et Mikami, évitant ainsi le classique fond noir. Par ailleurs, Chiyozaki sensei alterne entre une mise en page classique et dynamique. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches, sans pour autant détailler l’enchainement des actions.

En résumé

Malgré son beau visage, Segawa Hiroki (28 ans), responsable adjoint de la section publicité n°2, se montre pourtant cassant envers les nouveaux. Ces derniers l’évitent donc au mieux, sauf Mikami Rui (24 ans) qui travaille dans la section publicité n°1. D’ailleurs, ce jeune talentueux arrivé il y a deux ans, n’hésite pas à partager sa vision différente du management avec lui. Alors Hiroki ne l’apprécie guère. En plus, il entretient une liaison secrète avec le chef de secteur publicité, Abe (38 ans), déjà marié. Même s’ils ne se fréquentent plus depuis six mois, il croient encore au partage de leurs sentiments. Mais lors d’une soirée trop arrosée, Segawa, complètement ivre, couche avec Mikami. Et le lendemain, tandis qu’il essaie de fuir en douce, son jeune collègue lui montre soudain une photo de lui et son amant et lui propose alors de sortir avec lui…

En conclusion

Ce one-shot propose une histoire plutôt classique mais très intéressante malgré quelques problèmes de rythme. Malgré le prétexte du chantage, Chiyozaki sensei évite de montrer les relations non consenties jouant sur les limites. J’apprécie particulièrement le caractère espiègle de Mikami et celui effronté de Segawa. Je trouve que la dynamique entre eux correspond parfaitement. J’ai donc beaucoup aimé cette histoire.

Under grand hotel 2 – Sadahiro Mika

under grand hotel 2 sadahiro mika
SADAHIRO Mika 定広美香
ISBN: 9782351805503
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784575727135 (JP)
Futabasha, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Je ne fais plus la différence entre l’amour et la haine. »

Sadahiro Mika sensei décrypte les fluctuations de la relation entre Sword et Sen. Elle aborde donc la trahison, la manipulation, l’influence des rumeurs, l’incompréhension et le manque de communication. Comme dans le tome précédent, elle montre le mécanisme des trafics de drogue et les meurtres ainsi que la complicité des gardiens. Bien que les personnages soient emprisonnés à vie, ils dégagent une certaine soif de vivre et ont des ébats charnels très intenses malgré la promiscuité. Les sentiments exaspérés poussent à des réactions extrêmes et parfois violentes. Pourtant, l’amour naît tout de même dans cette ambiance où le bonheur côtoie sans cesse le désespoir. L’auteure révèle les secrets de Sen, suscitant des revirements. Par ailleurs, elle installe volontairement une fin ambiguë à son récit, transcrivant parfaitement la dualité des personnages. Elle offre une histoire bonus sur Walter O’Brian et Norman Haze, qui ont pris de l’importance dans ce tome.

La mangaka a un trait légèrement anguleux et léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, rappelant parois le style des mangas comiques des années 90. Elle détaille les musculatures des personnages, offrant quelques images fan service. Les décors plutôt détaillés alternent avec quelques trames d’ambiance. Par ailleurs, comme il y a beaucoup de trames variées, seules les ombres fortes sont marquées. La mise en page dynamique rythme la lecture. Dans les scènes érotiques, Sadahiro sensei censure à peine les parties intimes en y ajoutant quelques points blancs. Elle précise quelques choix de création dans son commentaire final, laissant la postface à une romancière qu’elle apprécie, Kurimoto Kaoru. Il y a une galerie d’illustrations en fin de tome.

En résumé

Sen Owari travaille pour le directeur de la prison Travis Mutô et a l’impression de retrouver un peu une vie normale. Il arrive même à parler facilement de son passé avec son nouveau patron. Mais Sword Fish, influencé par les remarques de Norman Haze, n’apprécie pas leur rapprochement. Mutô refuse toutefois de céder aux menaces du shut-call. Lors d’une fouille de cellule, les gardiens retrouvent la photo de la mère de Mutô dans les affaires de Sen. Choqué, le directeur l’envoie donc à l’isolement. Mais la nuit, un gardien masqué rend visite au Japonais prisonnier et le viole avant de lui laisser un étrange message…

En conclusion

Comme l’histoire se déroule dans le milieu carcéral, la violence est constamment présente. Certaines scènes pourront donc choquer la sensibilité des lecteurs. Pourtant, j’aime beaucoup cette romance. Nos héros partagent leur soif de soleil aux lecteurs. Je trouve également intriguant de voir leur envie de liberté passer après leur amour. Le suspense se maintient jusqu’à la fin et j’apprécie particulièrement la conclusion laissant libre court à l’imagination. Un classique passionnant!

Under grand hotel 1 – Sadahiro Mika

under grand hotel 1 sadahiro mika
SADAHIRO Mika 定広美香
ISBN: 9782351805169
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784575727128 (JP)
Futabasha, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Une relation sauvage et intense » entre deux condamnés enfermés jusqu’à la fin de leur vie.

Sadahiro Mika sensei narre une romance sexy mais violente dans le milieu carcéral. Elle instaure un jeu de provocations entre ses deux héros, oscillant entre haine et amour. Ainsi, elle s’intéresse aux émotions et réactions exacerbées dans ce lieu clos, entre peur, jalousie, possessivité et attirance. Sen et Sword s’affirmant hétérosexuel malgré leurs ébats charnels, luttent constamment contre l’amour. La narration se base sur le point de vue de Sen. Les indices semés au fil des chapitres permettent de découvrir le passé sombre ainsi que la psychologie des protagonistes. De même, certains personnages secondaires se détachent particulièrement. Par exemple, l’introduction du nouveau directeur, Travis Mutô, ajoute quelques tensions. Par ailleurs, à travers Norman Haze, l’auteure aborde la prostitution. Elle ne ménage pas les lecteurs, décrivant la violence constante entre viol, tournante, lynchage, bagarre, dispute, trafic, vengeance et racisme. Les histoires bonus, publiées d’abord en dôjinshi, apportent quelques informations supplémentaires.

La mangaka a un trait légèrement épuré et léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, exagérant les expressions. Par ailleurs, elle met en valeur la plastique des hommes finement musclés. Les carrures sont variées ainsi que la représentation des différentes ethnies présentes dans le milieu carcéral américain. Les décors très détaillés renforcent le réalisme du récit. De même, les trames sont variées. Toutefois, quelques trames d’ambiance se font discrètes. La mise en page très dynamique utilise les superpositions de cases. En plus, Sadahiro sensei estompent les images qui se chevauchent, sans pour autant brouiller la lecture. D’ailleurs, elle utilise beaucoup cette technique pour censurer à peine les scènes érotiques. Toutefois, un cache blanc recouvre parfois les parties intimes.

En résumé

L’étudiant japonais Sen Owari (22 ans) a écopé de 80 ans ferme pour le meurtre du mari de son enseignante avec qui il entretenait une relation adultère. Il se retrouve donc incarcéré au niveau 3 de l’Under ground hotel, la prison fédérale souterraine américaine, qui rassemble les pires criminels. A peine arrivé, il s’oppose déjà à son voisin de cellule, Swordfish (21 ans), qui faisait trop de bruit en couchant avec son colocataire. Cet ancien chef de gang de Brooklin, dealer et meurtrier, a pris le pouvoir dans le pénitencier. Mais Sen ne se méfie pas de son compagnon de cellule, Lane Brody, un gay qui n’hésite pas à lui faire des avances…

En conclusion

Malgré des scènes érotiques à chaque chapitre, Sadahiro sensei arrive à construire une intrigue haletante, avec un couple qui rencontre constamment des hauts et des bas. Elle aborde les thèmes habituels sur le milieu carcéral, sans filtres. Pourtant, le lecteur ressent de l’empathie pour certains protagonistes touchants. Une série à ne pas mettre entre toutes les mains, mais passionnante.

3 minutes de silence – Ichinashi Kimi

3 minutes de silence ichinashi kimi
ICHINASHI Kimi 市梨きみ
ISBN: 9782382760277
Hana, 2022
ISBN: 9784865541847 (JP)
Overlap, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

Refuser l’amour désespérément malgré des sentiments forts et réciproques.

Ichinashi Kimi sensei propose une romance dramatique entre deux demi-frères, sans lien de sang, qui luttent désespérément contre leur sentiment amoureux pour ne pas briser leur fort lien fraternel. Elle centre principalement la narration sur Aki avant de basculer à la fin sur la version de Saku. Ainsi, elle aborde le poids du lien familial même dans une famille recomposée, la douleur d’admettre des sentiments jugés inconvenants, la peur du jugement extérieur. Malgré des sentiments réciproques, les deux frères construisent une relation bancale, ne communiquant pas. Aki ressent énormément de culpabilité à entrainer son cadet hétérosexuel dans l’homosexualité. Pourtant, il cache difficilement sa jalousie. Saku, quant à lui, préfère fuir à chaque confrontation. Par ailleurs, l’auteure développe particulièrement le background d’Aki en révélant petit à petit son passé complexe, expliquant ainsi ses traumatismes. Avec l’intervention de son ex Takahashi, elle relance les réflexions sur cette relation presque incestueuse.

La mangaka a un trait épuré plutôt classique. Elle exagère les expressions et utilise des trames d’ambiance pour renforcer les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. Le style graphique évolue un peu au fil des chapitres. Par exemple, Ichinashi sensei exprime de deux manières différentes les flash-back: un fond noir pour les souvenirs sombres, un double cadrage pour les moments heureux. De même, elle tire profit de toutes les techniques du shôjo pour dynamiser sa mise en page. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques tout en évitant tout de même de trop détailler les parties intimes.

En résumé

Tôjô Aki et Saku sont devenus demi-frères suite au remariage de leurs parents. Ils s’entendent très bien malgré des caractères opposés: introverti, Aki a peur des femmes tandis que le frivole Saku cumule les conquêtes. Le cadet, à l’université, vit maintenant avec son frère devenu salaryman. Toutefois, Aki ne supporte plus ses absences, Saku découchant souvent sans prévenir. Depuis ses remontrances, ce dernier, plus présent, participe même aux tâches ménagères. Pour le remercier, Aki lui achète alors des gâteaux. Interpellé dans la rue par deux conquêtes de Saku qui le taquinent, il commence à paniquer. Alerté, Saku vole à son secours puis s’éclipse avec les filles, provoquant la colère de son aîné. A son retour, le cadet tente de s’expliquer et finit même par l’embrasser langoureusement. Cédant à leurs pulsions, les deux hommes couchent alors ensemble mais bien qu’amoureux, l’aîné regrette déjà cet élan…

En conclusion

Ichinashi sensei offre une romance sans prétention mais plutôt bien traitée. En plus, son graphisme reste agréable. J’ai néanmoins passé un bon moment de lecture.

Le cri du désespoir 2 – Shinou Ryo

le cri du desespoir 2 shinou ryo
SHINOU Ryo 紫能了
ISBN: 9782382761120
Hana, 2022
ISBN: 9784396785192 (JP)
Shodensha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Cette fausse relation est terminée. »

Shinou Ryo sensei continue directement les révélations laissées en suspens suite au tome précédent. Elle dénoue d’abord les secrets autour de la corruption dans l’entreprise pour ensuite s’attarder sur le changement des sentiments des deux héros. Elle développe également un peu plus Saeki. L’ancien chef de section est aussi égoïste qu’Akamine mais son côté sombre transparaît beaucoup moins. En plus, étant fuyant, il est difficile à saisir réellement. Utsumi et Akamine s’interrogent sur leurs réels sentiments, développant une relation de plus en plus saine. Ainsi, l’auteure aborde la trahison, le sentiment de solitude à cause de l’incompréhension, la douleur d’un amour à sens unique, la difficulté à se comprendre malgré des discussions, la fragilité de la confiance. Elle décortique également les sentiments contradictoires d’Utsumi lorsqu’il réalise son amour pour son ancien bourreau.

La mangaka a un trait anguleux et un travail très fin et précis des expressions du visage. Elle soigne les décors qui apparaissent sur les plans larges. Les sauts dans le temps sont indiqués subtilement, à travers les dialogues. Les trames sont variées et équilibrées. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Shinou sensei censure à peine les parties intimes. Elle y ajoute un effet de transparence gommant ainsi les détails. Par ailleurs, elle dessine des corps sensuels et des regards langoureux. En fin de tome, des fiches révèlent quelques secrets sur les deux héros.

En résumé

Utsumi Eito travaille en réalité pour le président directeur général et enquêtait secrètement sur le vrai traitre qu’il piège en diffusant une vidéo compromettante dans le service. Le PDG convoque donc le suspect mais il a en fin de compte l’intention de le faire définitivement disparaître. Le chef de section a d’abord du mal à croire à la trahison de son adjoint mais, refusant de dénoncer son complice, il préfère alors renoncer à la vie. Les sbires du PDG forcent Akamine Eito à ingurgiter une grande quantité d’alcool avant de l’abandonner dans une forêt dans un état comateux. Toutefois, nourrissant des regrets, Utsumi vient à sa rescousse. Quand le chef de section reprend ses esprits à l’hôpital, il trouve Utsumi qui a veillé sur lui. Troublé, il s’interroge donc de plus en plus sur les desseins de son subordonné.

En conclusion

Énorme coup de cœur pour ce récit qui mêle à la fois suspense et psychologie. Le viol n’est pas du tout romancé. Shinou sensei analyse d’ailleurs les changements et les sentiments ressentis par les personnages, rappelant que le traumatisme sera toujours présent. J’adore son style graphique et je trouve qu’elle a acquis une excellente maîtrise de narration. J’espère découvrir encore d’autres de ses œuvres.