Hebikuidori – Megu Iroha

hebikuidori megu iroha

MEGU Iroha 芽玖いろは
ISBN: 9782368775097
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784829685563 (JP)
Printemps shuppan, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Quand l’amour laisse place à une passion obsessionnelle dépassant la raison.

Megu Iroha sensei offre deux romances dans lesquelles la passion dépasse la raison. Elle aborde légèrement la manipulation, le traumatisme du rejet à cause de l’homosexualité et des rumeurs, ainsi que la difficulté à gérer ses sentiments, en particulier la jalousie. Ainsi, son approche réaliste développe principalement les sentiments et l’évolution de la relation. L’histoire principale, qui donne son titre au manga, maintient un certain suspense en dévoilant petit à petit l’origine des sentiments de Chidori. L’attirance mutuelle entre les deux héros devient vite obsessionnelle. L’intensité de leurs sentiments est presque palpable à travers leurs comportements et leurs réflexions. La première œuvre de l’auteure, « Rumeurs », possède déjà un scénario intéressant même si le format court ne permet pas de l’approfondir. Les deux amis d’enfance découvrent peu à peu leurs sentiments réciproques mais essaient de rester prudents face aux rumeurs qui ont déjà fait souffrir Yura auparavant.

La mangaka a un style assez original et beau. Elle utilise un trait épais dédoublé, anguleux, qui conserve un aspect croqué. Les visages sont longs avec des nez plutôt pointus; les carrures sont longilignes. Malgré que ce soit son premier manga, Megu sensei maîtrise déjà son graphisme. Elle porte attention aux détails des regards et des petits gestes. Quelques trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page dynamique rythme la lecture. Les scènes érotiques ne sont pas censurées. Sous la jaquette, deux planches donnent des anecdotes amusantes se déroulant à la fin des récits.

En résumé

Hebikuidori / Fin du repas: En sortie un soir avec ses amis, Nijô Taichi entend un couple gay coucher dans les toilettes du bar. Mais le lendemain, il reconnaît l’un des hommes. Chidori Shirô travaille au secrétariat de son université et semble pourtant très sérieux. Intrigué par cette double facette, l’étudiant s’intéresse de plus en plus à cet homme mystérieux mais séduisant qui l’ignore à la faculté mais lui parle facilement en extérieur, quand il le croise à son petit boulot. Mais rien ne va plus pour Nijô quand il imagine Chidori tout en se masturbant devant un film romantique que l’employé avait emprunté…
Rumeurs / Nouvelles rumeurs: Môri et Yura sont deux amis plutôt beaux gosses. Mais comme ils sont inséparables, des rumeurs folles circulent à leur sujet. Après avoir aidé une jeune fille acculée par un chien, Môri attire ses faveurs. La lycéenne l’attend même le soir pour lui demander de sortir avec lui. Le lendemain, Yura l’évite. Mais quand Môri le rejoint sur le toit, son ami l’embrasse!

En conclusion

Ce manga a obtenu la septième place de la meilleure création de nouvel auteur au Chill Chill BL award 2015. En effet, la maîtrise du dessin et du scénario se ressent déjà. En plus, les uke sont entreprenants, ce qui change un peu. J’ai totalement apprécié la surprise à la fin du chapitre 2 de « Hebikuidori » où Chidori montre son vrai visage! J’espère que l’on pourra lire d’autres œuvres de la mangaka en France!

Black x Black – Yuuya

black x black yuuya

Yuuya 祐也
ISBN: 9782368770412
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784796403528 (JP)
Kaiohsha, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

La fierté masculine mise en jeu entre un hétérosexuel curieux et un homosexuel tachi.

Yuuya sensei propose de suivre la bataille pour la position de dominant entre un hétérosexuel et un homosexuel. Elle aborde pourtant les thèmes du viol et du non consentement. Arrogant, Kuroi va remettre en question son comportement en s’interrogeant sur les différences entre relation homosexuelle et hétérosexuelle, ainsi que la position de tachi et neko. En rencontrant Shirakami, il prend conscience du besoin de consentement. Kurokawa, déjà blessé par ses anciens partenaires, n’espère plus de relation longue mais se laissera convaincre par les changements de son collègue. L’auteure décrit avec réalisme les émotions de ses personnages, leurs questionnements sur les difficultés rencontrées par les homosexuels entre rumeurs en entreprise, incertitudes d’avenir. Même si la romance débute d’abord par provocation et curiosité, les sentiments naissent par la suite. Un chapitre reprenant les personnages d’un autre manga complète ce tome, narrant une pièce de théâtre avec la personnification des planètes.

La mangaka a un style graphique rappelant les anciens shôjo. Ses personnages ont des mentons pointus, de grands yeux aux longs cils, des cheveux méchés tombant en cascade. Même si les hommes sont beaux et sveltes, ils ont l’air un peu efféminés. Les quelques trames d’ambiance se font discrètes. Néanmoins, les décors sont assez présents. La mise en page est également dynamique. Dans les scènes érotiques, Yuuya sensei censure les parties génitales simplement par l’absence de traits.

En résumé

Dans l’entreprise publicitaire Act.moment, le designer Kuroi Kazutaka drague toutes les jolies filles mais les jette une fois lassé. Au contraire, le coordinateur Kurokawa Mamoru représente la beauté taciturne à lunettes inaccessible. Tous deux, réputés au sein du personnel, s’entendent comme chien et chat, même s’ils doivent souvent collaborer. Un soir, alors que Kuroi se baladait dans le quartier gay avec un collègue, il remarque au coin d’une ruelle Kurokawa en train de rompre avec un homme. Ayant découvert son secret, il se rapproche et cherche à le séduire, tenté par une première expérience homosexuelle. Mais cela s’avère plus difficile que prévu, le coordinateur étant un tachi bien décidé à ne pas céder sa place de dominant.

En conclusion

Malgré l’humour, certains sujets sont abordés avec sérieux. J’aime beaucoup le revirement de Kuroi qui prend conscience de la nécessité du consentement dans des rapports amoureux. La relation du couple devient alors tendre et romantique. Personnellement, j’adore le style graphique, mais il ne plaira pas à tout le monde.

A stray dog in the night 3 – Nobara Aiko

a stray dog in the night 3 nobara aiko

NOBARA Aiko のばらあいこ
ISBN: 9782368776179
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784396784270 (JP)
Shodensha, 2017 (JP)
Titre original: 寄越す犬、めくる夜 3
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Pour sauver un être cher ou juste pour un peu d’affection, tuer ou mourir ?

Nobara Aiko sensei offre quelques notes d’espoir avant de plonger encore plus violemment ses héros dans la déchéance. Elle dévoile un peu l’enfance malheureuse de Kikuchi, expliquant ainsi son attachement à Shintani, le seul à lui avoir témoigné de la gentillesse. De même, elle montre la détresse sentimentale de Sudô. D’ailleurs, les sentiments explosent entre Shintani, Kikuchi et le yakuza. Entre frustration, avidité, compassion, pitié, affection, dépravation, la douceur alterne avec la brutalité. L’auteure continue une narration « par petits bouts », néanmoins son récit avance beaucoup plus vite. Elle révèle un peu plus les réflexions de Shintani qui, en fin de compte, est tout à fait conscient de la malhonnêteté de ses sentiments. Les traumatismes de l’enfance de Sudô et Kikuchi influent de plus en plus sur leur caractère, les faisant accepter des conditions de plus en plus blessantes.

La mangaka apporte un soin à l’expression des visages. Toutefois, son style graphique brouille parfois la compréhension et demande un peu d’observation. Les trames sont équilibrées. Les décors sont présents sans être envahissants. Nobara sensei varie toujours ses angles de vue. Elle offre des mises en page dynamiques qui facilitent la lecture. Comparé au tome précédent, elle ne censure aucune scènes érotiques, les détaillant même dans des gros plans.

En résumé

Afin de liquider sa dette, Kikuchi Haruma a accepté la proposition de Saji. Il devra donc éliminer le chef du clan, malade et déclinant, Kiyokane Yoshitsugu. Ce dernier, sentant ses subalternes s’agiter, fait fermer le casino et demande à son amant Sudô de rester éloigné. Pour l’anniversaire de Miyuki, Kikuchi et Shintani vont acheter ensemble un cadeau. Après avoir fait la fête, la lycéenne sort au karaoke avec des amis. Kikuchi profite alors de ces derniers moments de bonheur, persuadé que son futur crime le plongera définitivement dans les ténèbres. En plus, il arrive enfin à déclarer ses sentiments à Shintani.

En conclusion

L’auteure présente un threesome à la fois dérangeant et touchant. Pourtant, ce tome n’a pas permis à la série de se classer dans le Chill Chill BL award 2018 mais les lecteurs le citent souvent, se demandant si il pouvait y avoir une échappatoire à la destruction finale. J’ai envie que ces trois désespérés trouvent enfin un équilibre amoureux. Malgré la violence et la débauche de malheurs, j’accroche complètement à l’histoire et souhaite même un happy end. Laissez-moi espérer!

A stray dog in the night 2 – Nobara Aiko

a stray dog in the night 2 nobara aiko

NOBARA Aiko のばらあいこ
ISBN: 9782368775462
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784396783877 (JP)
Shodensha, 2016 (JP)
Titre original: 寄越す犬、めくる夜 2
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Les personnes les plus pitoyables font vibrer le cœur de Shintani.

Nobara Aiko sensei continue à dévoiler par parcimonie les mésaventures de son étrange triangle amoureux. Après un premier tome d’introduction, elle approfondit un peu plus le passé de chacun. Cependant, elle continue à maintenir le suspense en ne révélant pas tout, laissant le lecteur imaginer et deviner les détails. De plus en plus instable émotionnellement, Kikuchi s’enfonce encore dans le crime, sa rébellion et ses sentiments pour son bienfaiteur l’engageant dans les pires choix. Sudô Fumiya apparaît parfois pitoyable aux yeux de Shintani, l’excitant. D’ailleurs, l’auteure met en évidence le côté tordu de ce dernier, dont la gentillesse sert en fin de compte sa perversité. Elle développe donc une relation bancale, presque malsaine, où les sentiments deviennent une gêne. De même, Saji vient s’ajouter à l’image un peu exagérée du yakuza violent et pourri jusqu’à la moelle.

La mangaka a un trait doux et mélancolique qui contraste avec la violence de certaines images. Elle utilise un trait répété, non assuré, rappelant les ébauches et croquis. Les trames appuient fortement les ambiances, donnant parfois un aspect sombre aux vignettes. La mise en page est très dynamique. Nobara sensei censure à peine les parties génitales, se contentant de les rendre plus claires. Néanmoins, ses scènes érotiques sont tout de même assez détaillées. Et elle ne ménage pas non plus le lecteur en dessinant les scènes de viol.

En résumé

Sudô, de plus en plus dépendant des drogues, fait les caprices de Kiyokane Yoshitsugu pour avoir ses doses journalières. Le propriétaire du casino demande donc à Saji, directeur adjoint, de surveiller son directeur sans céder. Shintani Tôru et Kikuchi étant en congés, Miyuki leur propose d’aller faire du shopping. Mais ils se retrouvent dans une boutique discount. Kikuchi reste en observation devant la vitrine des armes de défense, rêvant d’en posséder pour attaquer son proxénète qui le violente. Miyuki, quant à elle, craque pour un bonnet lapin. Mais son frère reçoit un appel de Sudô lui donnant rendez-vous après sa virée familiale. La lycéenne se confie alors à Kikuchi, inquiète de déranger son frère qui l’élève depuis qu’elle a quitté sa mère remariée. Comme elle fond en larmes, ils rentrent rapidement à l’appartement. Le délinquant réalise alors sa maladresse pour exprimer simplement sa gratitude ou même son amour…

En conclusion

Ce tome permet à la série d’obtenir la dix-huitième place au Chill Chill BL award 2017. En fin de compte, l’univers décrit par l’auteure est tellement sombre, que ses yakuzas rappellent plus l’image un peu exagérée des films. A croire que tous les cas désespérés travaillent dans le même quartier ! D’un côté, cela permet de prendre un peu de distance avec le récit vraiment dur. Je me retrouve donc à tout de même apprécier les personnages, même les plus vénaux, et à espérer une amélioration pour ce triangle amoureux!

A stray dog in the night 1 – Nobara Aiko

a stray dog in the night 1 nobara aiko

NOBARA Aiko のばらあいこ
ISBN: 9782368775134
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784396783570 (JP)
Shodensha, 2015 (JP)
Titre original: 寄越す犬、めくる夜 1
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Shintani est-il trop bon ou bien abonné aux mauvais choix?

Nobara Aiko sensei propose de suivre la descente aux enfers de deux hommes travaillant pour des yakuzas. Entre drogue et prostitution, elle ne ménage pas les lecteurs en présentant crûment la violence. Elle développe bien la psychologie de ses personnages désespérés, perdus et désabusés. Kikuchi, déjà délinquant durant l’adolescence et peu chanceux, s’enfonce inexorablement dans la misère, faisant les mauvais choix. Au contraire, Shintani paraît normal, droit et sensible, mais semble cacher un penchant pervers. Sudô également cache une grande tristesse. L’auteure révèle au compte-gouttes le passé des trois héros. Elle utilise également ce moyen narratif pour installer le contexte, révélant des indices au gré des discussions, par tranche. Elle impose ainsi une certaine distance dans l’implication du récit. Les sentiments des personnages restent pour l’instant flous entre attirance, pitié, affection ou penchant pervers.

La mangaka a un trait fin très épuré, presque dédoublé, conservant un aspect un peu croquis. Ce style rappelle un peu celui de certains shôjo, avec des visages rougissants facilement et plutôt ressemblants. Les trames appuient parfaitement l’ambiance sombre. La mise en page est très dynamique, renforcée par des angles variés. Nobara sensei censure à peine les scènes érotiques, détaillant peu les parties génitales en estompant quelques traits.

En résumé

Takeda entraîne sa petite amie, une serveuse, et le croupier Kikuchi dans une combine pour voler de l’argent au casino où ils sont employés. Mais ce casino est géré par des yakuzas. Le barman Shintani, quant à lui, vit avec sa sœur lycéenne Miyuki. Un soir, il surprend Kikuchi et Mari et les avertit. Cependant, le croupier étant redevable envers Takeda, a peur d’arrêter. Alors qu’ils essaient de payer son silence, le barman refuse de recevoir la somme mais ferme les yeux. En plus, le directeur Sudô, qui semble beaucoup apprécier Shintani, a la réputation de se droguer et de coucher avec le propriétaire…

En conclusion

Ce premier tome a obtenu la quinzième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2016. Le triangle amoureux qui s’installe paraît assez étrange. Même si l’auteure suggère que des sentiments naissent, le comportement des protagonistes ne laisse presque rien transparaître. Shintani qui compare ses partenaires à un chien et un chat m’apparaît de plus en plus louche alors qu’il a l’image la plus normale. Cela est renforcé par son comportement ambivalent, doux avec Kikuchi et violent avec Sudô. Certains passages sont durs, mais je suis tout de même happée par ce drame humain.

Nouveau départ – Yukue Moegi

nouveau depart yukue moegi

YUKUE Moegi ゆくえ萌葱
ISBN: 9782368775905
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784537134582 (JP)
Nihon bungeisha, 2016 (JP)
Titre original: 男やもめも花は咲く
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Un père de famille divorcé, quadragénaire, prend un nouveau départ pour trouver le bonheur.

Yukue Moegi sensei offre une romance douce entre un étudiant et un quadragénaire divorcé qui redécouvre l’amour. Elle marque beaucoup la différence d’âge avec, par exemple, Uematsu qui découvre les fonctionnalités de son smartphone grâce aux jeunes l’entourant. En plus, le comportement irrespectueux avec son supérieur du subordonné Shigenori creuse encore plus cet écart. La narration donne principalement le point de vue du salaryman. L’auteure montre avec pudeur la relation franche qui se construit entre les deux hommes apprenant à se connaître. De même, elle aborde la vision d’un quadragénaire sur l’amour, l’homosexualité et les changements de la société. Elle s’intéresse particulièrement au développement des sentiments d’Uematsu, à ses petits changements de comportement. En effet, bourreau de travail, il s’était replié sur lui-même après son divorce. Sa maturité lui permet d’analyser et de comprendre rapidement les émotions d’Asahikawa. D’ailleurs, son calme constant déstabilise l’étudiant amoureux.

La mangaka a un trait épuré dédoublé, qui conserve un aspect croquis. Elle rend tout de même l’âge avec quelques rides. Elle utilise les trames avec parcimonie, ainsi que quelques trames d’ambiance. En plus, les décors sont parfois succincts et servent surtout à situer l’action. Par ailleurs, les illustrations de début de chapitre sont intégrées au déroulement du récit. Même si Yukue sensei n’a pas développé de scènes érotiques, elle suggère les positions des deux hommes à travers les fantasmes d’Asahikawa.

En résumé

Uematsu, salaryman, la quarantaine et divorcé, est au bord du rouleau avec ses subordonnés incompétents. Cependant, il aime converser avec Asahikawa, un étudiant qui travaille à temps partiel dans un restaurant où il se rend régulièrement. Il apprécie beaucoup sa compagnie apaisante après ses longues et dures journées de travail. Mais un soir, le jeune homme, qui souhaite également le connaître, l’invite à sortir avec lui…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la dix-septième place du meilleur débutant au Chill Chill BL award 2017. L’auteure reste principalement dans le cheminement du nouveau sentiment amoureux, avec ses questionnements et ses acceptations. Ce couple honnête et franc qui discute est touchant et réaliste. Je trouve rafraichissant et intéressant de voir un quadragénaire ressentir à nouveau les premiers émois amoureux.

Un oisillon sur le rivage – Minaduki Yuu

un oisillon sur le rivage minaduki yuu

MINADUKI Yuu 南月ゆう
ISBN: 9782368773946
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784199607431 (JP)
Tokuma shoten, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

A force d’être poli par la mer, un tesson de verre se transforme en trésor.

Minaduki Yuu sensei présente une belle romance ayant pour thème la famille. Elle développe particulièrement bien la psychologie de ses personnages. Ainsi, une complicité naît entre Ryô et Ayumu. L’enfant taciturne et franc essaie de soutenir à sa manière son oncle qui a peur de ne pas être à la hauteur. Contrairement à son aspect mûr, Kurebayashi a parfois un comportement encore enfantin et se montre très possessif. Il cache derrière son sourire sa vraie personnalité blessée et sa solitude. L’auteure dépeint avec finesse l’évolution des sentiments et l’équilibre qui s’instaure entre les trois héros qui s’ouvrent peu à peu l’un à l’autre. Elle aborde également les difficultés de la famille monoparentale entre les reproches des collègues, les remarques blessantes. En introduisant Shimamura Kazuya et sa mère, elle montre comment les liens se forment facilement quand on a des points communs. La narration alterne entre Ryô et Yûichi.

La mangaka a un trait épuré et fin qui conserve tout de même une petite touche réaliste. Elle soigne les décors, très présents. Ainsi, dans la ville, les architectures contemporaines côtoient celles plus anciennes, renforçant le côté réaliste du récit. Les trames variées, servent avant tout à colorer et ombrer. Il y a tout de même quelques trames d’ambiance graphiques. La mise en page est très dynamique. Minaduki sensei censure discrètement ses scènes érotiques par des cadrages évitant d’exposer trop de détails. Sous la jaquette, elle offre une planche amusante avec Ayumu et Ryô se disputant une place au lit, comme des enfants. Il y a également la postface. Les images vers la fin reboucle discrètement sur le début du tome, laissant alors supposer que Ryô est en réalité le héros de ce récit.

En résumé

Depuis le décès de ses parents et de sa sœur, Tachibana Yûichi (28 ans) élève seul son neveu Okano Ayumu. Tous deux s’installent dans un petit appartement proche de la mer. Affamés, ils trouvent une épicerie fine, Beniya, qui vend des plats « maison » à emporter. Le gérant, Kurebayashi Ryô (28 ans), se montre très avenant avec son nouveau client et lui propose même de lui faire visiter la ville en échange de son aide. Le lendemain, ils terminent donc leur promenade au bord de la plage. Comme son oncle apprécie le verre poli par la mer offert par Ryô, l’enfant en ramasse alors chaque soir avec des coquillages, après l’école. Ryô, qui aime aussi passer du temps à la plage, lui confie qu’il a également perdu ses parents jeune et a été élevé par des proches. Quand Ryûichi vient chercher à manger, il ne lui cache également pas son intérêt.

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la neuvième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2019. Il m’a complètement conquise. J’adore la douceur de la narration, les petits détails du quotidien et la relation qui se crée entre les personnages, même avec Kazuya et Mme Shimamura. Je ne me lasse pas de le lire et le relire. Allez-y sans peur!

Dancing colors – Furukawa Tasuku

dancing colors furukawa tasuku

FURUKAWA Tasuku フルカワタスク
ISBN: 9782368775516
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784396783716 (JP)
Shodensha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Une relation compliquée entre deux danseurs opposés.

Furukawa Tasuku sensei offre une romance passionnée dans l’univers des clubs de pole dance. Elle décrit ce milieu avec finesse, abordant la pression de la concurrence, le surpassement de soi, la gestion de carrière, l’exploitation et la forme artistique. La narration alterne entre les deux héros, mais ne dévoile pas pour autant tous leurs secrets. L’évolution de leurs sentiments tout en douceur et leur attirance beaucoup plus violente installent une certaine tension. Kô, prisonnier d’une promesse faite à son père, et Nagisa, sous-estimant ses capacités, vont s’ouvrir l’un à l’autre. Ainsi, ils développent mutuellement leur art, leur admiration réciproque les entrainant dans la passion. L’auteure arrive à transcrire parfaitement les sentiments des protagonistes, le désespoir qui les ronge mais surtout l’alchimie que les deux héros dégagent en dansant. Malgré un premier rapport au consentement flou, elle évite de romantiser ou de sombrer dans le mélodrame en insufflant suffisamment de regrets.

La mangaka a un trait fin et épuré. Elle dessine des yeux très effilés avec un petit iris et une minuscule pupille. Pourtant, en exagérant les expressions, elle arrive à transcrire parfaitement les émotions de ses personnages. La musculature des danseurs est bien rendue, ainsi que la sensualité de certains mouvements. Avec ses tenues extravagantes et ses expressions simplifiées, Shige apporte une touche humoristique discrète à ce récit plutôt sombre. La mise en page est d’ailleurs dynamique. Furukawa sensei apporte un soin particulier au travail des trames pour rendre le jeu des lumières et la brillance des costumes. De même, elle détaille les décors. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties génitales par des formes blanches.

En résumé

Dans le club de pole dance Grand Blue, Hayami Kô est considéré comme le meilleur danseur même s’il dégage une certaine noirceur avec son cache sur l’œil. Ce métier est en fait l’héritage que lui a laissé son père, également danseur, décédé lors d’un tragique incendie. En difficulté financière, le gérant, Shige, a embauché un nouveau danseur populaire, Nagisa. Mais ce dernier ne prend pas beaucoup au sérieux son travail, ce qui lui attire les critiques de Kô. En plus, il finit toujours au lit avec son manager, Kazumi, un homme marié. Mais après avoir observé Kô danser, Nagisa met de côté sa vanité et lui demande un entrainement, conscient de ses lacunes. Les deux danseurs se rapprochent peu à peu et un soir, Kô le rejoint sur scène sans prévenir, ayant envie de danser avec lui.

En conclusion

Pour son premier manga, l’auteure maîtrise déjà son graphisme et son scénario, même si la sensualité des mouvements de danse n’atteint pas la qualité de 10 dance d’Inoue Satoh. Ce one-shot est agréable à lire et offre un couple attachant et émouvant. J’adore Shige qui détend un peu l’atmosphère, mais surtout, qui représente un manager honnête et à l’écoute.

Megumi & Tsugumi – Si Mitsuru

megumi and tsugumi si mitsuru

SI Mitsuru S井ミツル
ISBN: 9782375061909
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784801964112 (JP)
Takeshobo, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

La rencontre explosive entre un omega yankee redresseur de torts et un alpha pro-égalitaire.

Si Mitsuru sensei propose de suivre une comédie romantique omegaverse avec un omega un peu yankee et un alpha rebelle. Tous deux, avec leur fort caractère, aspirent à une relation différente entre alpha et omega. De même, ils essaient de contrôler au mieux leurs instincts. Ainsi, leur comportement étrange va les intriguer mutuellement. Le côté borné de Tsugumi entraîne constamment des discussions enflammées avec Megumi qui cherche absolument à faire comprendre à l’omega les risques de son comportement. En effet, même si il prône le consentement dans une relation, la limite de l’efficacité des inhibiteurs se fait tout de même sentir. Pour l’instant, l’auteure présente surtout la famille Yamada, aimante et protectrice. Elle joue sur le comique de situation, parfois un peu exagéré. Elle alterne la narration entre Tsugumi et Megumi, exposant clairement leurs réflexions. Nos deux héros analysent leurs sentiments avant d’agir, se méfiant de l’influence des phéromones.

La mangaka a un trait épuré dynamique et ferme, épaissi sur les courbes. Elle fait attention aux détails, apportant un soin particulier au regard mauvais de Tsugumi. Elle utilise quelques trames d’ambiance. D’ailleurs les décors et les trames sont équilibrés. De même, le fond noir permet d’identifier immédiatement les flash-back. La mise en page dynamique rythme parfaitement la lecture. Si sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessine des personnages SD trop chou, en fin de chapitre. En outre, les deux héros expliquent à leur manière les spécificités de l’omegaverse en introduction. Le frontispice met en avant la musculature de Tsugumi dans une position un peu lascive. Sous la jaquette se trouvent deux planches hilarantes à découvrir à la fin de la lecture.

En résumé

Un soir, Yamada Tsugumi surprend deux lycéens alphas en train d’agresser une collégienne omega en chaleur et les corrige à sa façon. D’ailleurs, l’omega bagarreur est réputé s’en prendre aux alphas. Les deux blessés se plaignent alors auprès de Kokonoe Megumi. Bien qu’il soit le fils du directeur d’un lycée d’élites d’alphas, ce dernier n’a rien d’un élève modèle. Cependant, il déteste la discrimination entre alpha et omega. Il organise alors un duel avec Tsugumi. Mais l’omega arrive, dégageant des phéromones excitant tous ses adversaires alphas. Contrôlant soit-disant ses chaleurs par sa seule volonté, il ne se démonte pas. Inquiet pour lui, Megumi l’attrape sur son dos et fuit. Il lui propose donc de reporter leur combat mais lui conseille fortement de prendre des inhibiteurs, lui confiant ses propres doses. Pourtant, de retour chez lui Tsugumi préfère se soulager lui-même, excité par l’odeur de l’alpha sur la pochette.

En conclusion

Ce manga occupe la sixième place au classement du Chill Chill BL award 2019. La dynamique entre les deux lycéens est amusante: ils se disputent tout le temps alors qu’à la base, ils rêvent d’un même idéal. Et puis j’adore quand un omega ne se laisse pas faire! A lire sans crainte!

Le monstre & la bête 2 – Renji

le monstre et la bete 2 renji

Renji 蓮地
ISBN: 9782375062340
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784041078273 (JP)
Kadokawa, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Kavo et Liam jouent les sauveteurs.

Renji sensei continue les aventures de Liam et Kavo. Elle révèle petit à petit le passé des deux héros à travers leur discussions, mais maintient tout de même un certain suspense. Elle développe également les caractères. Ainsi, Liam semble un peu possessif et cède tout de même à certaines demandes de son partenaire. La gentillesse et la candeur de Kavo s’expriment à chaque rencontre ou découverte. D’ailleurs, le jeu de séduction qui s’installe entre eux met en contraste la pudeur innocente du monstre et le harcèlement presque sexuel de la « bête ». Le pouvoir de Liam qui lui permet de séduire, sème un temps le doute sur sa relation avec Kavo. Cependant, l’auteure réussit à montrer l’évolution de leurs sentiments par des détails. Avec le sauvetage du village de Naru, elle décrit à la fois comment la confiance peut se construire et comment la peur et le rejet peut blesser.

La mangaka a un trait épuré, anguleux. Elle arrive à exprimer les émotions de Kavo grâce à ses yeux et sa bouche. Elle utilise également quelques trames d’ambiance. Les décors, très présents, sont toujours travaillés, même pour une simple forêt. Des fonds noirs indiquent toujours les flash-back. En plus, la mise en page est dynamique. Pour l’instant, Renji sensei ne montre pas de scènes érotiques. Même si Kavo et Liam se rapprochent, leur relation reste encore pure. Sous la jaquette, deux planches reprennent directement la suite de celles sous la couverture du tome 1.

En résumé

Dans la forêt, Kavo et Liam sont arrêtés par deux hommes armés. Ils poursuivent Liam, qui aurait détruit leur pays sous le nom de Basiliam. L’homme d’âge mûr prépare rapidement une stratégie et demande alors à Kavo de s’occuper d’abord des chevaux pendant qu’il retient les deux guerriers. Mais Patricius arrête immédiatement le monstre. Tandis qu’ils se battent, Liam empêche Roland de rejoindre son partenaire en l’enlaçant grâce à son pouvoir de séduction. Une fois les chevaux libérés, nos deux héros prennent la fuite à travers la forêt mais se perdent. Après une nuit blanche, Kavo somnole en câlinant Liam quand un enfant les percute…

En conclusion

Ce récit est avant tout une aventure entre un humain et un monstre, où l’amour prend tout son temps. Kavo semble influencer un peu Liam qui accepte quelques compromis. J’adore leur duo, le petit jeu de séduction entre eux, les sentiments purs du monstre qui devient mignon malgré sa carrure. Une lecture qui peut plaire à tout le monde!