Jealousy 2 – Scarlet Beriko

jealousy 2 scarlet beriko

SCARLET Beriko スカーレット・ベリコ
ISBN: 9782375061596
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784403666438 (JP)
Shinshokan, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Toi et moi, on vibre au même rythme. »

Scarlet Beriko sensei continue à s’intéresser aux différentes formes de la jalousie: possessivité, peur de perdre sa place, solitude. Après un premier tome installant les liens, elle décrit l’évolution des différentes relations entre ses personnages. Ainsi, elle aborde le désir et un amour érotique. Les sentiments oscillent entre passion et instabilité, haine et admiration. Par exemple, Rogi se retrouve désarmé face à Asami qui l’a immédiatement cerné. Elle le considère comme un enfant esseulé en quête de reconnaissance et d’amour. Par ailleurs, l’auteure met en avant Akitora. Elle montre les différentes méthodes des yakuzas pour faire du chiffre: chantage, bourse, manipulation, investissement, pot de vin. Elle approfondit également un peu plus la psychologie de ses personnages. Akitora et Rogi sont irrémédiablement attirés car ils ont à peu près le même caractère: foncer sans réfléchir, aimer le danger.

La mangaka a un trait épuré et joue sur les pleins et les déliés, donnant un peu d’épaisseur aux contours. Elle simplifie les expressions ajoutant une touche humoristique. Malgré un style réaliste, elle varie les trames et détaille les décors mais les efface pour mettre en avant l’action. Bien que la mise en page semble plutôt classique, son découpage cinématographique décortique les mouvements. Scarlet sensei utilise les cadrages et les angles de vue pour éviter de trop censurer les scènes érotiques. Les fines bandelettes blanches cachent à peine les parties génitales. A la fin du chapitre 8, 4 yonkoma présentent avec humour comment Rogi, Tora et Asami essaient de tuer le temps durant leur cohabitation.

En résumé

Poignardé par Handa Futoshi du clan Yayoi qui avait laissé exploser sa jalousie, Ôyamato Akitora le tue à coups de poing. Averti par son ami coiffeur, il retrouve ensuite Rogi Uichi (21 ans) qui s’est réfugié dans le salon de coiffure. Bien que le désinvolte amant ait utilisé le nom de la famille Hanamura, entraînant cette chasse à l’homme, le yakuza préfère le garder dans un appartement. Mais alors qu’ils étaient en pleins ébats, ayant cédé à leurs pulsions, Asami, la femme d’Akitora, débarque avec leur fils Tatsuyuki…

En conclusion

Ce tome n’a pas été classé au Chill Chill BL award 2019 mais les lecteurs l’ont cité parmi les meilleures séries palpitantes. Décidément, Rogi est un vrai nid à problèmes. A cause de son comportement marginal, je n’arrive pas à deviner ce qu’il prépare, ni ses réactions. L’auteure arrive vraiment à me surprendre à chaque fois. Par ailleurs, j’adore Asami et j’admire sa force de caractère. La mangaka déploie tout son talent dans cette série!

Jealousy 1 – Scarlet Beriko

jealousy 1 scarlet beriko

SCARLET Beriko スカーレット・ベリコ
ISBN: 9782375061213
Taifu comics, 2018
ISBN: 9784403665875 (JP)
Shinshokan, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Rogi est prêt à tout pour devenir membre du clan Ôyamato.

Scarlet Beriko sensei développe le passé du yakuza Rogi, permettant de comprendre son comportement actuel. Par moment, elle revient dans le présent pour montrer l’évolution de la famille et faire un petit parallèle avec la situation de Médor. Ce dernier apporte justement un peu d’humour. De même, le comportement puéril et extrême d’Uichi entraîne des situations amusantes. Le manipulateur a une personnalité bien plus complexe qu’il n’y paraît. Il semble tromper son ennui en suivant uniquement ses instincts, n’obéissant qu’à ses propres principes. Il est prêt à tout pour atteindre ses objectifs et ne respecte pas les limites. Ainsi, l’auteure encadre son héros d’autres personnalités fortes. Elle s’intéresse à la jalousie, décrivant avec finesse comment ce sentiment naît mais également comment il s’exprime. De même, elle dépeint parfaitement les sentiments complexes et contrastées qui touchent les personnes fréquentant le marginal.

La mangaka a un trait légèrement plus doux que dans Yondaime Ôyamato Tatsuyuki. Elle conserve tout de même un style réaliste malgré un trait fin épuré. Toutefois, elle exagère les expressions. Les trames d’ambiance sont discrètes. Les décors s’effacent pour mettre en avant les personnages ou les actions. La mise en page alterne entre classique et dynamique. Dans les scènes érotiques, Scarlet sensei censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches. Elle met en avant le quotidien des personnages dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Alors que Rogi Uichi accompagnait sa fille Reika à son cours de danse, un jeune homme se jette devant la voiture. Le yakuza décide de l’éliminer mais face à son monologue pour survivre, il l’épargne à condition qu’il s’excuse auprès de la fillette. Comme Hachi demande à être appelé Médor, la jeune fille souhaite alors le garder à la maison comme chien. Cette mésaventure rappelle alors au yakuza sa rencontre avec Ôyamato Akitora. Alors qu’il avait une relation sado-masochiste avec un écrivain, Akitora les avait surpris en train de jouer à la roulette russe en venant réclamer de l’argent emprunté. Rogi reconnaissant son ami d’enfance, Asoda Takashi, lui demande alors de le détacher…

En conclusion

Ce tome obtient la treizième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2018. J’ai du mal avec la personnalité de Rogi mais j’apprécie tellement la narration et les aventures créées par l’auteure que j’arrive à passer outre. En plus, le dessin est magnifique.

Yondaime Ôyamato Tatsuyuki – Scarlet Beriko

yondaime oyamato tatsuyuki scarlet beriko

SCARLET Beriko スカーレット・ベリコ
ISBN: 9782375061121
Taifu comics, 2018
ISBN: 9784403664809 (JP)
Shinshokan, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Une rencontre du destin qui se renouvelle deux fois.

Scarlet Beriko sensei propose de suivre la romance d’Ôyamato Tatsuyuki, apparu dans Minori no te. Elle aborde avec humour l’amour à sens unique, l’envie de liberté et l’évolution des sentiments. Toutefois, elle maintient un certain suspense en ne révélant que petit à petit les liens entre l’héritier, Koga Nozomi et l’ancien yakuza Rogi. La psychologie des personnages est travaillée. Ainsi, le passé lourd et traumatisant de Koga contraste avec son côté enjoué et mièvre, même s’il montre parfois des moments fragiles. Son comportement de stalker est vite pardonné avec son joli minois de pleurnicheur. D’ailleurs, l’auteure montre clairement l’impact de la rencontre entre les deux amants. Elle décrit avec finesse l’instabilité émotionnelle et les changements de personnalité. Elle joue également sur les contrastes. Malgré sa tête de voyou, Tatsuyuki se révèle très gentil. La noirceur de Rogi, manipulateur, détonne avec son côté père gâteux.

La mangaka a un trait épuré, fin et légèrement anguleux. Malgré un style réaliste, elle exagère les expressions pour renforcer l’impact des émotions. De même, elle dessine des oreilles très pointues à Tatsuyuki. Les trames servent principalement à ombrer ou colorer. Ainsi, les trames d’ambiance se font vraiment rares. La mise en page paraît parfois cinématographique, avec des zooms, le découpage des mouvements ou des changements. Cela donne une dynamique à la lecture tout en mettant en avant la beauté du graphisme. Dans les scènes érotiques, Scarlet sensei censure les organes sexuels par de fines bandelettes ou par l’absence de détails. Même si les ébats avec Rogi tendent à une relation SM, elle porte attention à la sensualité des images. Par ailleurs, les illustrations en début de chapitre mettent en valeur la plastique des personnages. Sous la jaquette, deux planches dénoncent avec humour le côté maternel et surprotecteur d’Asoda.

En résumé

Suite à une déception amoureuse, Ôyamato Tatsuyuki passe ses journées à se morfondre. Pour motiver le quatrième héritier du clan de yakuza régnant sur le Kanto, son homme de main, Asoda, l’envoie à Fukuoka apprendre les bases du métier. Mais le jeune homme n’a pas envie de prendre la succession de son père et préfère passer du bon temps. Complètement ivre, il s’endort sur le banc d’un parc. Il est alors recueilli par un mystérieux homme. Le confondant avec son premier amour, ils finissent par coucher ensemble. Mais au matin, Tatsuyuki panique en découvrant que le bel inconnu semble bien le connaître. En plus, ce dernier l’embrasse de joie de le retrouver enfin…

En conclusion

Ce spin-off de Minori no te a obtenu la sixième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2016. Koga Nozomi occupe la onzième place du meilleur seme et Ôyamato Tatsuyuki, la cinquième place du meilleur uke. Ce titre est parmi mes préférés des œuvres de l’auteure. Son style graphique et narratif est vraiment agréable. J’aime beaucoup la dynamique qui se crée entre Nozomi et Tatsuyuki. Une belle romance touchante!

Minori no te – Scarlet Beriko

minori no te scarlet beriko

SCARLET Beriko スカーレット・ベリ子
ISBN: 9782375061008
Taifu comics, 2018
ISBN: 9784403664793 (JP)
Shinshokan, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Un ostéopathe au cœur blessé qui soigne pourtant celui de ses patients.

Scarlet Beriko sensei propose de suivre quelques tranches de vie de l’ostéopathe Shigefuji Minori. Elle sème des indices au fil des chapitres, permettant à la fois d’introduire la suite et de révéler au fur et à mesure le contexte et le passé du médecin. Qui Minori fuit et pourquoi? Même si les deux premiers clients ont un petit rôle, leur psychologie est tout de même travaillée. Le comportement de Minori change brusquement, passant du masseur consciencieux au pervers un peu sadique. De même, les actions du têtu Yanai Sôta le font passer pour un masochiste. L’auteure aborde différents thèmes comme la culpabilité, le sentiment d’impuissance malgré un amour démesuré, les problèmes de communication et la difficile gestion de sentiments restés en suspens. Elle complète son récit par un chapitre abordant le manque de confiance en soi face à la célébrité d’un être cher.

La mangaka a un trait épuré, très fin, qui conserve cependant une touche réaliste. En exagérant certaines expressions, elle apporte un peu d’humour graphique. Elle dessine des yeux assez grands et expressifs et soigne particulièrement les positions des corps ainsi que les angles de vue. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. De même, l’utilisation des trames est équilibrée. Le découpage semble presque cinématographique. Dans les scènes érotiques, Scarlet sensei censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches ou tout simplement par l’absence de détails. Elle équilibre les sentiments avec les câlins. D’ailleurs, il se dégage beaucoup de sensualité dans ses traits. Les illustrations en début de chapitre présentent un moment tendre du couple. Sous la jaquette, deux planches, à lire à la fin pour ne pas gâcher la surprise, donnent des anecdotes sur Minori.

En résumé

Minori no te / Conversation au quotidien: Le réputé ostéopathe Shigefuji Minori reçoit en consultation Ôyamato Tatsuyuki, un fils de yakuza envoyé de force par son homme de main Asoda. Mais ce médecin a des méthodes assez particulières. En effet, il soigne aussi bien le corps que le cœur, plongeant ses patients dans le plaisir. Le jeune héritier qui n’a pas envie de prendre la succession du clan prend alors vite goût à ces massages libérateurs…
Le bonheur format B4: Avec sa série « Samurai kingo », le mangaka Kazutora Rikka (37 ans) commence à devenir célèbre. Nekoyashiki, son ami de lycée, colocataire qui officie également comme homme à tout faire, l’assiste tout en s’occupant des tâches ménagères. Mais la responsable éditoriale, Kumagaya, lui demande de proposer de nouveaux assistants au dessinateur…

En conclusion

Ce manga a obtenu la première place de la meilleure création de nouvel auteur au Chill Chill BL award 2016. Malgré un format court, l’essentiel apparaît et permet de s’immerger complètement dans l’histoire. Même les personnalités sont assez approfondies pour plaire. En plus, le graphisme de l’auteure est de toute beauté. On ne peut qu’être charmé par cette lecture agréable!

Bilan des lectures 2020

Cette année, j’ai réussi à lire une grande partie des nouveautés 2020 tout en réduisant un « petit » peu ma pile à lire. En plus, je suis comblée avec le retour de mangaka que j’adore (Kano Shiuko, Shimizu Yuki, Shoowa), des suites ou des fins attendues et des nouveaux titres d’excellentes qualités. J’ai donc eu beaucoup de difficultés à établir une sélection de mes lectures préférées. Alors, j’ai augmenté le nombre de titres par section et séparé les publications de 2020 des autres. Voici les mangas qui me font encore vibrer à chaque fois que je les relis.

A lire absolument
  1. Punch up 6 de Kano Shiuko.
    Avec cette série, l’auteure rend les petits tracas quotidiens d’un couple homosexuel passionnants.
  2. Ikumen after +a de Kodaka Kazuma.
    Cette série positive aborde l’homoparentalité avec bienveillance et douceur, sublimée par le trait précis de la mangaka.
  3. Akamatsu et Seven 1 de Shoowa et Okujima Hiromasa.
    Si vous aimez les yankees, ce manga est fait pour vous.
  4. 10 dance 4 d’Inoue Satoh.
    La danse reste toujours au cœur de cette série et malgré une certaine tension sexuelle, la romance continue à prend son temps.
  5. Blue morning 8 de Hidaka Shoko.
    La conclusion de cette saga historique porte les émotions à leur paroxysme.
  6. L’amour tombé du ciel d’Ueda Aki.
    Ce manga commence par une rencontre originale et aboutit à une relation adulte et consentie, tendre et émouvante.
  7. L’oiseau de Shangri-la 1 de Zariya Ranmaru.
    En plus d’un graphisme sexy et des planches torrides, la mangaka arrive à nous intriguer avec ce récit dans une maison close idyllique.
  8. Everyday is a good day de Nishi Noeko.
    Un one-shot touchant: l’auteure développe avec finesse les liens qui se créent entre les personnages.
  9. Tadaima, okaeri 4 – une petite pause d’Ichikawa Ichi.
    Cette série omegaverse raconte les aventures d’une famille débordante de tendresse. Toutefois, ce tome met en avant le couple secondaire entre un alpha et un beta.
  10. Fluff for the flightless de hagi.
    Ce one-shot doux et mignon est idéal pour s’initier au boys’love.
A lire beaucoup
  1. Remnant jujin omegaverse 1 de Hasumi Hana.
    Cet omegaverse se déroule dans un univers fantastique et suit le combat constant d’un omega contre son destin.
  2. Le chien innocent et le chat hypocrite de Niyama.
    La mangaka dessine des hommes virils et offre une romance toute mignonne.
  3. Therapy game 1 de Hinohara Meguru.
    L’auteure aborde différents thèmes avec un ton réaliste et agréable à suivre. En plus, le couple est vraiment touchant.
  4. Sayonara game de Minaduki Yuu.
    Cela fait du bien de voir galérer un peu ce couple en devenir.
  5. Memento Scarlet de Kusabi Keri.
    Ce one-shot propose de suivre une enquête policière très sexy.
  6. Tokyo en avril… 1 de Haru.
    J’ai eu un gros coup de cœur pour ce récit, autant pour le graphisme que pour l’histoire.
  7. Le monstre & la bête 2 de Renji.
    Même si la romance reste platonique pour l’instant, vous craquerez pour le monstre Kavo qui semble tellement doux et innocent.
  8. J’en croque pour toi d’Iragi Nanori.
    Ce one-shot aborde des thèmes rares comme la grossophobie et met en avant la communication au sein du couple.
  9. You’re my sex star 2 de Tamekou.
    La mangaka arrive à parler de l’univers de la pornographie avec sensibilité et délicatesse.
  10. D.S.P. Romeo 3 de Watanabe Asia.
    L’auteure a créé un magnifique univers qui peut perturber au début, mais une fois plongé à l’intérieur, impossible de l’oublier.
Parmi les titres publiés avant 2020 et découverts cette année

Je vais éviter de citer d’autres titres des auteurs vus précédemment.

  1. Zodiac love de Matsuo Isami.
    Cette série fantastique, inspirée du zodiaque chinois, déborde de douceur et de câlins. Elle apporte du baume au cœur!
  2. Life de Tokokura Miya.
    Ce one-shot nous invite à suivre un couple de l’adolescence à leur mort. Un incontournable touchant et poignant.
  3. Gelateria super nova de Kitahala Lyee.
    J’ai découvert la mangaka avec ce titre et suis tombée sous le charme. Elle a une approche différente invitant les lecteurs à réfléchir.
  4. Shinjuku lucky hole de Kumota Haruko.
    J’adore cette auteure: son style graphique et narratif. Je ne peux que vous la conseiller.
  5. Sur un malentendu ça peut marcher d’Owal.
    La mangaka arrive toujours à lier scènes très érotiques et comédie ou romance.
  6. Juste parce que je t’aime de Tokita Honoji.
    Une douce romance entre un yankee et un bon élève. Un classique mais bien narré.
  7. Viens-là, mon amour de Michinoku Atami.
    Pour l’instant, mon titre préféré de la mangaka. Une histoire réaliste, adulte et prenante.
  8. Dokyusei de Nakamura Asumiko.
    Un classique à ne pas rater!
  9. L’étranger du zéphyr de Kii Kanna.
    Comme je l’ai déjà dit dans mon bilan 2019, l’auteure décrit avec délicatesse et poésie les liens entre ses personnages.
  10. Nouveau départ de Yukue Moegi.
    Ce one-shot dépeint le cheminement du sentiment amoureux avec un quadragénaire qui redécouvre les premiers émois amoureux.

Même si je suis dingue de la série Kachô fûgetsu – beauties of nature de Shimizu Yuki, je ne l’ai pas intégrée au classement, le premier tome installant le contexte. Mais je sais déjà qu’elle aura une grande place dans mon cœur en 2021. Cette année, j’ai également découvert la mangaka Nagi Wataru dont j’attends d’autres œuvres avec impatience.
Je vais essayer de conserver ce rythme de publication et de lecture. J’aimerais également faire évoluer un peu le blog, en présentant par exemple des webcomic, des œuvres non traduites ou faire un focus général sur un auteur.
En espérant que cette liste vous permettra de découvrir de nouveaux titres, je vous souhaite une bonne lecture!

Punch up 6 – Kano Shiuko

punch up 6 kano shiuko

KANO Shiuko 鹿乃しうこ
ISBN: 9782820340153
Asuka, 2020
ISBN: 9784799744307 (JP)
Libre, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

Le premier amour de Maki apparaît. Comment va réagir Kôta?

Kano Shiuko sensei met en scène un personnage psychopathe, qui a une conception de l’amour complètement déviante. Elle met même en garde les lecteurs de ne pas chercher à comprendre le comportement de Shibuzawa, et donc de l’accepter tel qu’il est. Elle s’intéresse particulièrement aux changements de personnalité dus à une expérience douloureuse. Par exemple, la vraie personnalité de Motoharu apparaît au fil des chapitres, accompagnant les observations de Kôta. L’auteure dépeint avec finesse la fragile fluctuation entre espoir et résignation face à des obstacles insurmontables, comment un amour solide peut être facilement ébranlé. Elle montre sans filtre les blessures du passé de Maki. Néanmoins, les blagues toujours aussi salaces de Motoharu apportent un peu d’humour sur ce thème un peu sombre.

La mangaka affine son trait qui devient de plus en plus beau. Les regards, en coin, fuyants, doux ou même hystériques, suffisent à exprimer clairement ce que pensent les personnages. De même, les trames d’ambiance renforcent les émotions des personnages. Par ailleurs, les trames de teintes plutôt légères éclaircissent les pages. Les décors indiquent principalement les lieux. La mise en page est dynamique. Les scènes érotiques sont censurées par de fines bandelettes blanches. Pourtant, Kano sensei évite de mettre trop de détails en jouant sur les angles de vue, les cadrages et les trames. En fin de chapitre, des yonkoma donnent une anecdote humoristique sur les évènements.

En résumé

Shibuzawa Yutaka envoie Mibu Yukiya au bureau de Maki Motoharu pour le convaincre de travailler sur les plans de sa future maison. Mais l’architecte s’énerve aussitôt, persuadé qu’il s’agit encore d’une manigance de son mentor. Quand il rentre le soir, Ôki Kôta remarque le comportement étrange de son amant. Le lendemain, l’artisan se confie à son frère et tous deux concluent que cela cache une ancienne histoire d’amour. Même Wakui Hisashi s’inquiète en découvrant un article dans lequel Shibuzawa annonce déjà leur collaboration. Pourtant Motoharu n’a pas encore donné sa réponse. Devant la tournure des évènements, ce dernier avoue alors à Kôta qu’il souhaite sauver Mibu Yukiya de l’emprise de Shibuzawa. Cependant, l’ancien mentor tente de se rapprocher de l’artisan et lui révèle alors que Maki nourrissait un amour unilatéral pour son confrère…

En conclusion

Après un tome hilarant, l’auteure nous plonge dans un récit plutôt dur, sans pour autant être violent. Comme elle arrive facilement à déclencher l’empathie des lecteurs, la relation étrange entre Mibu, Shibuzawa et Maki peut rendre la lecture éprouvante. Mais cette description réaliste des rapports sans amour ou d’un comportement toxique qui détruit les personnes alentours entraînent différentes émotions. Avez-vous, vous aussi, envie de sauver ou secouer Mibu?

Goodbye irony dress – Miyoshi Ayato

goodbye irony dress miyoshi ayato

MIYOSHI Ayato みよしあやと
ISBN: 9782375062357
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784758073585 (JP)
Ichijinsha, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Le combat d’un lycéen pour faire accepter son orientation sexuelle à sa mère.

Miyoshi Ayato sensei s’intéresse aux dégâts que peut engendrer une vision tronquée de l’homosexualité sur un adolescent en pleine période charnière de construction de l’identité. Avec la mère de Keiichi, elle dénonce les clichés que certaines personnes portent sur la communauté LGBTQ. Le lycéen, complètement déboussolé, trouve en Meguru un soutien avec qui partager ses angoisses. Il s’interroge sur sa situation et son avenir. De même, Asaoka ayant clairement conscience de sa différence d’âge avec Amano, tente de retenir ses sentiments naissants. L’auteure alterne la narration entre les deux héros, présentant les réflexions de chacun. Elle met en avant les réactions différentes face au coming out: Keiichi, qui a osé le faire, affronte courageusement les problèmes. Au contraire, Meguru regrette de s’être tu en réalisant que sa mère aurait pu l’accepter. Ainsi, la relation qui se crée entre eux leur permet d’évoluer.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux rappelant beaucoup le style shôjo. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Par ailleurs, la mise en page est très dynamique et aérée, jouant sur les vides et les blancs. De même, comme Miyoshi sensei utilise peu de trames, les pages paraissent d’autant plus claires. D’ailleurs, elle ne montre aucun détail dans les scènes érotiques. Sous la jaquette, elle dessine une postface et présente ses personnages en de mignons SD.

En résumé

Suite au décès de sa mère, l’écrivain Asaoka Meguru (29 ans) revient s’installer dans l’appartement familial. Il croise alors Amano Keiichi (17 ans), habillé d’un uniforme de fille, qui souhaite brûler de l’encens pour la défunte. Le lycéen s’entendait bien avec cette dernière qui l’avait surnommé Megumi. Un peu plus tard, en rendant visite aux voisins pour les remercier de l’aide apportée pour les funérailles, il rencontre la mère de Keiichi et comprend alors que son travestissement lui a été imposé suite à son coming out. Face à la situation familiale complexe de l’adolescent, Meguru révèle alors à ce dernier qu’il est également gay.

En conclusion

Malgré le format court, l’auteure arrive à intégrer divers sujets tout en évitant de s’éparpiller. Elle tient compte de l’évolution des mentalités en jouant sur la différence d’âge de ses personnages. La romance peut sembler un peu rapide. J’ai adoré cette histoire qui aborde un sujet souvent survolé. J’espère donc que vous l’apprécierez autant que moi!

Everyday is a good day – Nishi Noeko

everyday is a good day nishi noeko

NISHI Noeko 西のえこ
ISBN: 9782369748748
Akata, 2020
ISBN: 9784796413299 (JP)
Kaiohsha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

Reprendre goût à la vie petit à petit après avoir perdu un être cher.

Nishi Noeko sensei aborde le thème de la famille et du deuil avec en fond une romance homosexuelle. Elle pose rapidement le contexte, mettant en avant les chamboulements qui touchent aussi bien Toki et sa famille suite à un décès il y a un an, que Chihiro et son demi-frère avec le décès récent de leur grand-mère malade. Elle met en avant les sacrifices, les adaptations, le repli sur soi inconscient. En s’engageant à surveiller son neveu, Utsumi découvre également les difficultés d’élever un enfant seul. Le soutien de Chihiro et leur colocation leur permettront de s’ouvrir l’un à l’autre et d’évoluer. L’auteure attache de l’importance à la reconstruction psychologique de ses personnages, à leurs sentiments, et à la force de la bienveillance. Elle dépeint avec justesse les hésitations, les peurs, la transformation des sentiments, le respect et la confiance. La relation du couple se construit sainement, avec le temps.

La mangaka a un trait épuré. Toutefois, elle dessine de grands yeux expressifs, surtout pour Asahi, ce qui permet de deviner immédiatement ses sentiments. Les décors situent principalement l’action. En revanche, les trames d’ambiance transcrivent parfaitement les humeurs. De même, la mise en page est dynamique et rythme bien la lecture. Nishi sensei ne montre aucun détail dans les scènes érotiques. Elle se concentre donc sur les sentiments. Sous la jaquette, elle donne des anecdotes sur le couple et Appi en une planche puis un yonkoma, à lire de préférence à la fin du tome.

En résumé

Toki Utsumi a perdu sa sœur jumelle et son beau-frère dans un accident de la route il y a un an. Depuis, son neveu Asahi est élevé par sa mère. Mais le petit garçon de 4 ans s’est plongé dans le mutisme. Après la cérémonie commémorative pour sa sœur, le salaryman noie sa peine au bar de son ami, Kazu. A sa surprise, il y retrouve Chihiro, le demi-frère du patron, devenu un beau jeune homme de 20 ans. Toki se rappelle alors qu’un soir, il lui avait fait son coming out. Après une soirée trop arrosée, Chihiro ramène le salaryman chez lui et lui prépare même le petit déjeuner le lendemain. Mais la mère de Toki passe lui offrir une croisière autour du monde, gagnée à une tombola, les enfants en bas âge n’étant pas autorisés. Touché par son sacrifice, il propose alors de garder l’enfant…

En conclusion

Ce one-shot émouvant ne laissera personne indifférent. La douceur qui s’en dégage n’efface pourtant pas la douleur d’un deuil. L’auteure présente avec finesse le quotidien d’Asahi, son oncle et Chihiro qui joue un peu le rôle de baby-sitter ainsi que les liens qui se créent entre eux. Pour moi, ce titre est un énorme coup de cœur! Les câlins apportent un bien fou, quel que soit l’âge!

J’en croque pour toi – Iragi Nanori

j en croque pour toi iragi nanori

IRAGI Nanori いらぎなのり
ISBN: 9782369748755
Akata, 2020
ISBN: 9784047357235 (JP)
Kadokawa, 2019 (JP)
Titre original: きみはマシェリ
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Aimer quelqu’un quand il mange, l’embêter pour attirer son attention: est-ce les prémices de l’amour?

Iragi Nanori sensei nous plonge dans une « romance adulte et gourmande » pointant le harcèlement comme moyen de séduction. Elle alterne la narration entre Itô et Kawai permettant de partager leurs ressentis. Ainsi, même si Itô est conscient de son comportement immature, il prend un certain temps avant de réaliser que ses piques et moqueries sont en réalité du harcèlement. A cause des remarques, Kawai n’a aucune confiance en son charme. Pourtant, en discutant ouvertement et franchement, ils vont pourvoir évoluer et avancer dans leur relation. L’auteure met en avant les efforts de chacun. En introduisant Nakahara, un collègue bisexuel de Kawai qui assume pleinement sa sexualité, elle oblige Itô à réfléchir sur le coming out et sa relation. Alors qu’Itô passe pour un tombeur égoïste, il se montre pourtant prévenant et à l’écoute de son partenaire durant les ébats, cherchant avant tout à le satisfaire.

La mangaka a un trait épuré très fin avec de belles courbes et des déliés. Elle dessine différentes morphologies. De même, elle ancre un univers réaliste mais n’hésite pas à simplifier les expressions dans les passages humoristiques. Ainsi, les décors alternent avec quelques trames d’ambiance. En revanche, une large palette de trames donne du volume, ombrant et colorant les vignettes. La mise en page est aussi dynamique. Toutefois, Iragi sensei censure les scènes érotiques en occultant les détails des parties génitales mais elle compense ce manque en mettant en avant la tendresse entre ses personnages. Sous la jaquette, elle donne des croquis de Kawai, avec son côté mignon, et Itô, avec son charme d’ikemen.

En résumé

Itô n’arrête pas d’embêter le nouvel employé, Kawai Mahiro, se moquant de ses rondeurs et sa gourmandise. Pourtant, en réalité, il ressent de l’attirance pour le jeune homme, le trouvant particulièrement mignon quand il mange. Son supérieur, Yoshioka, le rappelle souvent à l’ordre, en vain. Mais quand Kawai se met au régime, le harceleur ne le supporte pas et s’empresse de le nourrir. Un soir, en échange d’aide pour boucler un travail et pour se faire pardonner de s’être moqué de sa virginité, il invite son subalterne à boire un verre avec des filles. En le voyant se lâcher, il réalise alors que même son caractère le séduit…

En conclusion

Une fois commencé, je n’ai pas lâché ce one-shot, transportée par l’histoire. En effet, le graphisme a une certain charme et la romance entre les deux protagonistes est parfaitement menée. L’auteure aborde avec finesse le problème du harcèlement à cause du surpoids, l’acceptation de soi et l’importance de la communication quand il y a un problème. Ce titre est frais, agréable à lire et prenant. Serez-vous charmé comme moi?

Change world 2 – Minaduki Yuu

change world 2 minaduki yuu

MINADUKI Yuu 南月ゆう
ISBN: 9782368777534
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784403666124 (JP)
Shinshokan, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Que pourra-t-on bien faire pour rester ensemble toute notre vie? »

Après un enchainement intense d’évènements, Minaduki Yuu sensei conclut la romance d’Itô et Arimura en ne présentant que quelques tranches de vie sur les moments clés du couple. Ainsi, elle s’intéresse à la relation à distance et l’installation à deux. Sans pour autant donner toutes les solutions pour surmonter les obstacles, elle met en avant la communication et le travail sur soi. Les héros s’interrogent sur la vie de couple, l’harmonie à atteindre, les efforts pour ne pas étouffer l’autre avec des sentiments égoïstes. Hozumi reste même dans leur cercle d’amis malgré une certaine méfiance. Ainsi, l’auteure montre les changements qui touchent Ikuo et Yôsuke, mais également leur entourage. Elle présente rapidement ce que deviennent les personnages secondaires. Même si elle n’aborde pas directement le coming out, elle met en avant les choix sélectifs du couple qui s’adaptent selon leur interlocuteur.

Le trait fin et épuré de la mangaka dégage beaucoup de douceur même si il est légèrement anguleux. D’ailleurs, elle travaille particulièrement les regards très expressifs. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Par ailleurs, la mise en page est toujours très dynamique. Minaduki sensei ne censure pas les scènes érotiques, donnant un côté un peu plus sexy aux ébats. En fin de tome, elle offre un compte-rendu en images de l’enregistrement du drama CD de Sayonara game. Sous la jaquette, elle continue à dessiner les personnages secondaires en pyjama animaux.

En résumé

Ayant appris par Hozumi Masato (27 ans) qu’Itô Yôsuke (23 ans) allait être muté aux États-Unis, Arimura Ikuo (25 ans) se montre possessif envers son petit ami. Le lendemain au bureau, Itô demande donc des explications à son collègue. Il réalise alors que l’intrigant cache son jeu mais comprend aussi le sentiment de culpabilité qui le freinait dans sa relation. De son côté, Ikuo cherche une solution pour prouver ses sentiments sans contraindre son petit ami et trouve même conseils auprès de son père. Au restaurant de Matsu, Yôsuke réalise que son ami, ayant compris sa relation avec leur senpai, l’encourage. Un soir, malgré les avances et les menaces de Hozumi, Itô ne cède pas, ayant enquêté sur ce dernier. Il arrive même à l’arrêter avec l’aide de Kuroda Marié, une amie lesbienne de Masato. Il décide alors de discuter franchement avec son petit ami de leur avenir…

En conclusion

J’adore les « bouilles » d’Itô quand il devient jaloux et possessif. Ainsi que les petits champignons qui le recouvrent dans les moments de déprime. Certains lecteurs seront peut-être déroutés par le changement narratif comparé au premier tome. Je trouve, pour ma part, que cela relance justement l’histoire: comme ils ont décidé de discuter et se faire confiance, on suit simplement l’application de leur résolution et les difficultés à le faire par moment. En plus, le fait de garder un groupe d’amis au courant de leur situation amoureuse leur permet d’avancer plus sereinement. Cela donne une couleur très réaliste à leur romance. J’attends donc Love nest avec grande impatience!