L’étranger du zéphyr 4 – Kii Kanna

l etranger du zephyr 4 kii kanna

KII Kanna 紀伊カンナ
ISBN: 9782382760437
Hana, 2021
ISBN:‎ 9784396785048 (JP)
Shodensha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Des beaux-parents et un adolescent en crise à gérer.

Kii Kanna sensei effectue un bon de cinq ans après le tome précédent. Elle s’intéresse principalement à la crise d’adolescence de Fumi. L’adolescent gère mal ses sentiments et déverse sa colère sur son frère. En effet, l’homosexualité de Shun étant devenue publique, les répercussions sur l’entourage se font sentir. L’écrivain a un passage à vide et manque encore plus confiance en lui. En plus, Mio se retrouve surchargé. Ainsi, l’auteure développe les difficultés d’un couple à entretenir la passion sur la durée, d’autant plus quand les activités quotidiennes dévorent les moments intimes. De même, elle met en avant l’influence de la cohabitation avec la belle-famille, entrainant des responsabilités supplémentaires. Pourtant, Mio et Shun semblent endurer sans trop de problèmes l’espacement des câlins grâce à la communication.

La mangaka a un style immédiatement reconnaissable, avec un trait épuré. Elle privilégie les stries et hachures pour les volumes, en plus de quelques trames, qui renforcent ainsi les contrastes noir et blanc. Elle exagère les expressions et apporte une touche d’humour. D’ailleurs, les animaux actifs en arrière-plan y contribuent également. Les décors sont tracés à la main, donnant un aspect chaleureux au dessin. La mise en page est dynamique. Kii sensei n’inclut pas de scènes érotiques car elle se concentre surtout sur Fumi et les problèmes de couple.

En résumé

Cela fait 5 ans que Hashimoto Shun (32 ans) est rentré chez ses parents à Hokkaido accompagné de son petit ami Chibana Mio. L’écrivain, qui fait une pause dans sa carrière, passe ses journées désœuvrées à ne rien faire. Il patiente tranquillement dans un game center lorsque Mio vient le chercher, chargé des sacs de courses. Depuis que Hashimoto Yuriko souffre de fatigue à cause de la ménopause, Chibana l’aide aux tâches ménagères en plus de son travail dans un garage. Comme il a encore préparé un curry pour le dîner, Fumi (13 ans) préfère aller à la supérette. En pleine crise d’adolescence, le jeune garçon s’énerve souvent contre le couple, en particulier Shun qu’il accuse de tous ses malheurs. Mais Sakurako, dont il est amoureux, arrive à le calmer. Elle le rassure même pour sa décoloration de cheveux ratée…

En conclusion

Toujours aussi précise et délicate sur les tranches de vie, l’auteure continue à s’intéresser à toute la famille Hashimoto et son interaction avec le couple de Shun et Mio. Les purs fans d’histoire de BL pourront être un peu frustrés par ce tome. Pour ma part, j’apprécie les différents sujets abordés, très ancrés dans la réalité.

Smoky nectar – Minazuki Akira

smoky nectar minazuki akira

MINAZUKI Akira ミナヅキアキラ
ISBN: 9782382760772
Hana, 2021
ISBN: 9784813032670 (JP)
Taiyohtosho, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

L’enquête d’un journaliste pour innocenter son ami d’enfance.

Minazuki Akira sensei revisite le mythe du vampire, mélangeant enquêtes et actions. Elle construit un univers différent avec des clans, des règles pour les régir et leur permettre de vivre avec les humains, mais surtout un sang particulier, le nectar, qui attire irrésistiblement les mordeurs. Ainsi, elle utilise Annaka et ses confrères pour révéler au lecteur les spécificités de leur espèce. La salive fonctionnant comme un aphrodisiaque, le consentement devient flou dans les rapports charnels. De même, les vampires affichent une nature très possessive envers leur partenaire sexuel. L’auteure s’intéresse à la différence entre amitié et amour à travers Mitsuru. Elle questionne sur les sentiments lorsque l’instinct influence les émotions. Pareillement, elle aborde indirectement la pression familiale quand l’unique héritier est homosexuel et ne peut donner une descendance.

La mangaka a un trait léché et épuré. Elle dessine de grands yeux expressifs. D’ailleurs, Mitsuru a un petit air niais à cause des ses yeux qui semblent constamment écarquillés. Les décors apparaissent sur les plans larges. Par ailleurs, les scènes d’action sont claires et dynamique, également mise en valeur par la mise en page. Dans les scènes érotiques, Minazuki sensei ne détaille pas les parties intimes.

En résumé

Le journaliste Hasegawa Mitsuru enquête sur un étrange meurtre attribué à un vampire: la victime, Chika, a des traces de morsures dans le cou et son sang aurait coagulé. Annaka Yûsei, l’ami d’enfance de Hasegawa, le met en garde et s’inquiète pour lui. Mais le journaliste refuse d’abandonner l’affaire. En effet, il cherche en réalité à innocenter son ami, également suspecté, car les immeubles autour du lieu du crime lui appartiennent. En plus, il a réussi à obtenir un entretien avec Kudô, un autre suspect proche de la victime. Justement, ce dernier lui donne rendez-vous dans un parc. Cela n’arrange pas Mitsuru dont le sang attire les moustiques. D’ailleurs, intrigué par son parfum, Kudô l’attaque, lui arrachant son amulette offerte par son ami. Alors qu’il allait se faire mordre, Anna vient à sa rescousse, soulevant le « mordeur » d’une seule main…

En conclusion

Ce one-shot obtient la huitième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2021. A cause des particularités des mordeurs, la question des sentiments entre les deux personnages est plutôt vite expédiée. Toutefois, l’univers original ainsi que le graphisme magnifique offrent une histoire intéressante et divertissante. Elle plaira sûrement aux fans de vampires!

Blanc 2 – Nakamura Asumiko

blanc 2 nakamura asumiko

NAKAMURA Asumiko 中村明日美子
ISBN: 9782382760413
Hana, 2021
ISBN: 9784863498495 (JP)
Akaneshinsha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

Le plus beau jour d’une vie pour un couple.

Nakamura Asumiko sensei conclut sa série dans un festival d’émotions. Elle délaisse un peu l’analyse des sentiments pour se consacrer pleinement à la réconciliation et l’évolution de Kusakabe et Sajô. Ainsi, les deux garçons entrent un peu brusquement dans la vie adulte, perdant petit à petit leur candeur. La famille Kusakabe, en particulier la mère, apporte une touche d’humour agréable après le cumul d’événements dramatiques. Par ailleurs, l’auteure s’intéresse aux diverses émotions lors de l’officialisation d’une relation ainsi que les différents moyens pour faire accepter son homosexualité. Avec Hiraoka, l’agent de Kusakabe, elle met en avant d’autres réactions positives, en particulier parmi les jeunes générations, plus ouvertes. Grâce à sa touche narrative particulière, elle transmet avec douceur les différents sentiments de ses personnages, faisant encore évoluer les personnages secondaires jusqu’au bout.

La mangaka a un trait anguleux presque dépouillé. Elle exagère les expressions, renforçant l’impact des émotions. Par ailleurs, elle utilise avec parcimonie des trames plutôt claires, préférant jouer sur les contrastes noir et blanc. Ce traitement sied parfaitement à son style, mettant en valeur son trait fin. Les décors situent principalement l’action. La mise en page dynamique rythme la lecture, avec ses angles de vue variés. Nakamura sensei exploite avec brio les grandes vignettes ou les pleines pages. D’ailleurs, elle débute ses chapitres par une grande image immersive. Elle ne montre pas les détails dans les scènes érotiques, jouant sur les angles de vue et les cadrages. Pourtant, la sensualité et la passion sont bien exprimées. L’illustration de la jaquette est la continuité de celle du premier tome. Mises côte à côte, elles forment donc un dessin final magnifique du couple.

En résumé

Après un cauchemar, Sajô Rihito, encore à moitié endormi, enlace Kinosaki Hideto. Son ami lui fait alors remarquer qu’il devrait plutôt se réconcilier rapidement avec son petit ami. Bien qu’ils sont maintenant séparés, Kusakabe Hikaru prend soin de la mère de Rihito, à nouveau hospitalisée, comme il le lui a promis. Kumi est très enthousiaste des CD musicaux qu’il lui a gravés et a deviné que la dernière chanson est composée par le jeune homme. Gêné, ce dernier finit par lui avouer la situation critique de leur couple. Mais Kumi l’encourage à persévérer, lui révélant quelques secrets sur le comportement de son fils, qui a tendance à s’isoler, même avec elle. Hikaru ne peut retenir ses larmes, étant toujours amoureux de Rihito. Lorsqu’il envoie des nouvelles, Sajô le remercie et l’appelle.

En conclusion

Comme le remarquent certains personnages secondaires, la relation entre Sajô et Kusakabe paraît tout à fait naturelle. Leurs sentiments sont palpables, même à la lecture. L’auteure arrive, avec son style narratif et son graphisme expressif, à transmettre les émotions de ses personnages, impliquant presque le lecteur dans le récit. Une série à lire absolument!

Blanc 1 – Nakamura Asumiko

blanc 1 nakamura asumiko

NAKAMURA Asumiko 中村明日美子
ISBN: 9782382760406
Hana, 2021
ISBN: 9784863498433 (JP)
Akaneshinsha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Loin des yeux, loin du cœur?

Nakamura Asumiko sensei développe un peu plus l’évolution de la relation de Kusakabe et Sajô depuis O.B.. Elle s’attarde sur leurs sentiments complexes et leurs doutes. Elle aborde donc les incertitudes sur l’avenir d’un couple homosexuel, l’envie d’officialiser leur statut de couple ainsi que la difficile gestion des obligations du monde adulte, chronophage, sur la vie amoureuse. En effet, la carrière de Hikaru stagne et Rihito n’arrive plus à se projeter dans l’avenir. La relation à distance augmente le manque de communication des deux hommes qui ont déjà tendance à intérioriser leurs réflexions. L’auteure met en avant les personnages secondaires qui guident et soutiennent le couple, comme Hara et Miyamura. Par un évènement dramatique, elle oblige ses deux héros à se confronter à leur lâcheté et leurs profonds sentiments. En effet, Sajô préfère fuir le bonheur pour éviter de souffrir plus tard.

La mangaka a un trait légèrement anguleux, très épuré, presque dépouillé mais malgré tout léché. Elle exagère un peu les expressions des visages et porte attention aux petits gestes. Par ailleurs, elle dessine des personnages longilignes. Les décors apparaissent sur les plans élargis mais s’estompent souvent autour des personnages. Nakamura sensei utilise les trames avec parcimonie, privilégiant donc les contrastes noir et blanc. La mise en page est dynamique. Il n’y a pas de scènes érotiques. Le titre noir et vernis donne un bel effet sur la couverture blanche et mate, avec le dessin de Sajô uniquement en gris.

En résumé

A 20 ans, Sajô Rihito et Kusakabe Hikaru ont échangé des anneaux en se promettant de se marier. Mais depuis, Rihito a l’impression que leur relation s’étiole avec l’éloignement. D’ailleurs, il reçoit encore un appel de son petit ami qui annule leur rendez-vous du week-end, devant remplacer un collègue à son travail. Libre, l’étudiant accepte alors de participer à un séminaire avec ses camarades de classe. Tout en discutant autour d’un barbecue, Sajô, qui termine sa licence, réalise soudain qu’il n’a plus vraiment de projets d’avenir. De son côté, Kusakabe décide finalement de rejoindre son petit ami après avoir rencontré un membre de son ancien groupe de musique. En effet, il n’arrive pas à se souvenir de la date de leur dernière rendez-vous amoureux. Sur le pas de la porte, assailli de doutes, Rihito lui demande à prendre du recul. Hikaru lui rend alors sa bague…

En conclusion

Ce tome a obtenu la seconde place de la meilleure série au Chill chill BL award 2021. Kusakabe Hikaru est classé septième meilleur seme et Sajô Rihito neuvième meilleur uke. L’auteure dépeint avec pudeur et finesse les sentiments contradictoires de ses personnages, qui se font happer par leur quotidien et maintiennent difficilement leur relation, malgré leur amour réciproque. En plus des deux héros, elle développe également leur entourage donnant un ton très réaliste au récit. Une lecture essentielle, surtout pour tous les fans de la série.

L’oiseau de Shangri-la 2 – Zariya Ranmaru

l oiseau de shangri la 2 zariya ranmaru

ZARIYA Ranmaru 座裏屋蘭丸
ISBN: 9782382760475
Hana, 2021
ISBN: 9784829686430 (JP)
Printemps shuppan, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Apollon et Fee se rapprochent petit à petit.

Zariya Ranmaru sensei continue à développer l’univers de Shangri-la en révélant ses côtés sombres. Elle met en avant la position précaire de l’établissement qui dépend des décisions politiques du continent. De même, des intrigues supplémentaires égratignent l’image idéale de la luxueuse maison close, établie dans le premier tome. D’abord, le comportement de certains clients en extérieur limite la liberté des oiseaux. Ensuite, le lourd passé de Fee, qui remonte à la surface, installe une certaine tension. La relation entre l’étalon et son oiseau évolue petit à petit, le prostitué faisant de plus en plus confiance à Apollon. L’auteure dépeint parfaitement la psychologie de ses personnages, en particulier le changement de comportement de Fee. Elle interroge également sur la vision de l’amour, confrontant les idées préconçues d’Apollon au vécu de Fee ou même du couple formé par Lloyd et Jean.

La mangaka privilégie le réalisme de son graphisme. Ainsi, elle épure à peine son trait plutôt léché. Elle dessine des corps sculpturaux. Par ailleurs, les trames très variées rendent le moindre détail des ombres, des variations de teintes. Même les trames d’ambiance s’intègrent discrètement et se font rares. En plus, les décors très précis exploitent pleinement les grandes vignettes, ajoutant encore une touche réaliste. La mise en page est dynamique. Zariya sensei offre des scènes érotiques débordant de sensualité. Elle joue sur les angles de vue, les positions ainsi que les objets du décor pour cacher les organes génitaux.

En résumé

Le patron de Shangri-la rappelle à Apollon les principes de son établissement sous forme de conte, insistant sur l’obligation de respecter les règles pour conserver ce paradis. Plus tard, l’étalon accompagne au ferry son ami Douglas. Ce dernier lui demande alors de faire des efforts pour mieux s’intégrer et surtout s’entendre avec Fee qui se serait attaché à lui. Le soir, troublé par ces paroles, Apollon a du mal à se concentrer sur la préparation de son oiseau, d’autant plus que ce dernier s’amuse à le provoquer. Le lendemain matin, Fee est brusquement réveillé par un cauchemar du passé. Et quand Apollon se réveille plus tard dans la matinée, il trouve alors le prostitué endormi dans son lit…

En conclusion

Ce tome obtient la neuvième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2021. Apollon est classé dix-septième meilleur seme et Fee dixième meilleur uke. L’auteure nous offre un récit vraiment prenant, au graphisme de toute beauté et avec des personnages attachants. Après avoir émerveillé le lecteur, elle détruit ses illusions petit à petit, installant des tensions pour la suite. J’adore Carna, avec son côté très observateur et protecteur. De même, j’apprécie l’ouverture d’esprit d’Apollon qui accepte de se remettre en question en réalisant sa vision étroite de l’amour. Je recommande donc chaudement cette série qui, par son thème et son approche, peut plaire à un large public adulte.

Happy shitty life 2 – Harada

happy shitty life 2 harada

Harada はらだ
ISBN: 9782382760468
Hana, 2021
ISBN: 9784801971448 (JP)
Takeshobo, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« On n’a pas à juger des préférences sexuelles des autres. »

Harada sensei continue à présenter avec humour les frasques de Kasuya et Kuzuya en perpétuelle recherche de satisfaction de leurs fantasmes. Elle joue sur le contraste entre leur libido débordante et les difficultés pour la satisfaire à la campagne. Un certain équilibre s’installe entre eux grâce au partage de pratiques et d’idées farfelues. Toutefois, l’évolution de leurs sentiments reste plutôt absente. Leurs délires s’enchaînent, exacerbés par leurs caractères égoïstes et pourtant naïfs. L’auteure tourne en dérision les fantasmes que l’on retrouve dans les œuvres érotiques. En introduisant Koma Kotarô, qui aime l’ero-guro, elle aborde indirectement les difficultés des minorités sexuelles, dénonçant au passage le jugement du regard extérieur très critique. Par ailleurs, elle brouille la limite entre réalité et fantastique avec les interventions autour du dieu.

Le trait fin et léché de la mangaka est immédiatement reconnaissable. Elle joue sur les pleins et déliés donnant une forte expressivité à son trait. Dans les passages humoristiques, elle exagère les expressions accentuant l’effet comique. Les trames sont très variées. En plus, les trames d’ambiance accompagnent également les émotions. De même, les décors sont très détaillés avec par exemple, la texture des tatamis. Les paysages ajoutent aussi une touche réaliste. Ainsi, les contrastes sombres et clairs ressortent particulièrement. La mise en page dynamique joue surtout sur les variations d’angles de vue et des ellipses bien intégrées. Harada sensei ne censure pas ses scènes érotiques. Sous la jaquette, elle présente Kasuya Kyôtarô (30 ans).

En résumé

Kasuya Kyôtarô, n’arrivant pas à faire du bondage tout seul, demande de l’aide à son voisin Kuzuya Yoshiyuki. Il le trouve également en train de se soulager seul devant une vidéo. Après l’avoir bien attaché, Kuzuya remarque alors qu’il manque des piles dans la télécommande du vibromasseur et va immédiatement en chercher en abandonnant son ami encore ligoté. En chemin, il croise une jeune femme tombée dans une rizière. Tsubaki est venue voir son ex que son père l’a forcée à plaquer. Le jeune homme l’emmène donc au bar de Sakura pour qu’elle puisse emprunter des vêtements secs mais les deux jeunes femmes se connaissent. Elles fêtent donc leurs retrouvailles en compagnie de Kuzuya en papotant autour d’un verre…

En conclusion

Ce tome obtient la cinquième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2021. Kasuya Kyôtarô est classé dix-neuvième meilleur seme. Une histoire toujours aussi amusante et délirante! Par contre, comparé au tome précédent, je trouve que l’humour a un peu moins de mordant. Pour ma part, j’ai beaucoup ri sur l’élevage des vers et cela m’a même donné envie d’en découvrir un peu plus sur l’espèce. J’apprécie beaucoup l’approche saugrenue de l’auteure pour traiter néanmoins en profondeur différents sujets.

Gift 3 Le ciel rouge pâle, la spirale sinueuse, le rivage rougeoyant – Ichinose Yuma

gift 3 ichinose yuma

ICHINOSE Yuma 一ノ瀬ゆま
ISBN: 9782368776711
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784344843585 (JP)
Gentosha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

« Si Kei a voulu mourir, c’est parce qu’il a été abandonné. »

Ichinose Yuma sensei offre un final mouvementé, continuant à révéler quelques secrets et à maintenir le suspense jusqu’au bout. Elle s’intéresse d’abord au rétablissement de Kei et détaille le processus de son changement. Ainsi, Shiraishi s’ouvre peu à peu à l’amour, redécouvre les émotions et les sentiments, soutenu par son nouvel entourage, sa nouvelle famille. Il trouve alors un équilibre petit à petit jusqu’à réussir à exprimer par lui-même ses désirs et envies. L’auteure montre aussi bien son évolution extérieure qu’intérieure. Par ailleurs, elle s’intéresse à la différence entre monde professionnel et amateur dans la boxe. A travers Hirota Yasushi, elle met en avant les difficultés et hésitations d’un ancien boxeur champion du monde à retrouver motivation et projet professionnel. De même, Yutaka s’affirme un peu plus.

La mangaka a un trait fin léché avec une petite touche réaliste. Elle simplifie ses traits dans les rares passages humoristiques. Elle privilégie le jeu de contraste clair et sombre, même dans le choix de ses trames. Comme dans le tome précédent, l’inconscient de Kei prend la forme d’une salle de jeu vidéo avec plusieurs personnalités aux sentiments différents qui se confrontent, évoluent et prennent des décisions. Les décors soignés sont présents dans les plans larges. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Ichinose sensei cache les parties intimes grâce aux choix des angles de vue et des cadrages. Elle représente la fin de son récit comme un générique de film, avec quelques extraits montrant ce que sont devenus les personnages par la suite.

En résumé

En échange de l’arrêt du projet de destruction du club de boxe Mikoshiba, Shiraishi Kei accepte d’être poignardé, espérant faire plaisir à Yutaka. Malgré ses blessures, il veut absolument se rendre à son rendez-vous avec son petit ami sous le pont de Misegawa. Cela provoque alors l’hilarité de Che Sebom car le jeune homme ne comprend pas l’amour. Il demande donc à Sensei, 8 et Kô d’accompagner Kei. Quand Yutaka trouve son amant ensanglanté, le poignard encore dans le ventre, il tente désespérément d’appeler les secours. Mais Miké a infecté le numéro d’urgence avec un virus. En effet, il accompagne le docteur Daitômiya en hélicoptère. Sous le pont, Yutaka appelle au secours, en vain…

En conclusion

Ce tome obtient la vingtième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2019. Il est une ode à l’amour et à la joie de vivre tout simplement. L’auteure arrive à insuffler un style particulier à sa narration et à transmettre les émotions de ses personnages. En plus, les personnages sont attachants, même les plus vils. J’avais l’impression d’être sur un ring, dans un match de boxe, avec les informations qui viennent donner des coups pour me happer dans les aventures de Kei et Yutaka. Un titre à ne pas rater!

Gift 2 Les liens écarlates, le lieu promis, la croix espérée – Ichinose Yuma

gift 2 ichinose yuma

ICHINOSE Yuma 一ノ瀬ゆま
ISBN: 9782368776490
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784344839205 (JP)
Gentosha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Je te donnerai tout ce dont tu auras envie… »

Ichinose Yuma sensei révèle le passé de Kei ainsi que l’environnement dans lequel il vivait. Elle aborde l’influence psychologique des sectes, mettant en avant les méthodes du manipulateur Che Sebom sur les personnes instables. D’ailleurs, elle détaille particulièrement les liens particuliers qu’il tisse avec son entourage pour mener son organisation criminelle. Par ailleurs, l’auteure interroge sur la notion de famille et d’amour quand la violence, la haine et la folie dominent. Elle installe un rythme narratif particulier, baladant le lecteur entre Kei et Yutaka. Elle montre les différentes expressions de la noirceur humaine dans ces deux milieux et la difficulté de l’innocent à y survivre ou à garder ses principes. Sous l’emprise de son frère Kô, Kei se comporte comme une poupée vide de sentiments mais son attachement à Yutaka lui permet d’exprimer un peu sa volonté. Il a développé une certaine dépendance envers son amant.

La mangaka a un trait léché plutôt réaliste. Elle porte attention au regard terne de Kei qui ne s’illumine qu’à l’évocation de Yutaka. Elle continue à représenter les différentes émotions du jeune homme sous la forme d’enfants. Étonnamment, l’affection a un aspect démoniaque. Comparé au tome précédent, les trames choisies sont un peu plus sombres, accompagnant l’ambiance générale du récit. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique, avec des angles de vue parfois recherchés. L’agencement des scènes accompagne un rythme de narration, avec une alternance entre les actions ou les réflexions de Kei et celles de Yutaka, donnant l’impression d’une réponse en résonance. Dans les scènes érotiques, Ichinose sensei ne montre pas les détails en jouant sur le cadrage et les angles de vue. Elle garde également une certaine réserve dans les scènes violentes, restant plutôt dans la suggestion.

En résumé

Durant son premier match, Shiraishi Kei se retrouve en difficulté. En effet, ses douloureux souvenirs affluent et le perturbent. En plus, il craint plus que tout d’être rejeté par son amant Mikoshiba Yutaka, s’il perd. Au salon de thé Ichiume, Hikita, un collègue de Honda Tomoya, déteste les sportifs et fait part de ses soupçons d’une relation homosexuelle entre le jeune boxeur et son entraineur. Intrigué depuis par ces propos, Tomoya ne cesse d’espionner Yutaka et Kei. Comme Shiraishi a accepté de participer à un tournoi national, il suit un entrainement éprouvant accompagné d’un régime. Mais durant le match, il s’effondre dans en état de faiblesse. En effet, à cause du stress et la peur de perdre Yutaka, le jeune espoir vomit tout ce qu’il avale. Pour le rassurer, l’entraineur lui avoue son amour. Mais alors qu’ils étaient en pleins ébats, Tomoya les surprend et vire Kei du dortoir…

En conclusion

Ce tome obtient la troisième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2018. Un tome sombre qui nous plonge dans les vices humains les plus abjects. Malgré la précaution de l’auteure pour atténuer la violence de son propos, certaines personnes pourront être choquées par certains passages. Mais je n’ai qu’une envie, c’est que cette histoire se termine bien et que Kei trouve enfin le bonheur.

Gift 1 La bête blanche ne voit rien et n’entend rien – Ichinose Yuma

gift 1 ichinose yuma

ICHINOSE Yuma 一ノ瀬ゆま
ISBN: 9782368776308
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784344834798 (JP)
Gentosha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Une bête triste en manque d’amour avec une âme d’enfant. »

Ichinose Yuma sensei plonge ses lecteurs dans une romance dramatique remplie de suspense. Elle alterne la narration entre Yutaka et Kei. Ainsi, elle présente comme un puzzle à reconstruire les souvenirs d’enfance de Shiraishi, abordant indirectement le traumatisme, l’inceste, la prostitution enfantine et la violence. Le jeune homme a développé des personnalités intérieures qui se confrontent dans son esprit selon les situations. De même, il a acquis un chemin de réflexion particulier, prenant la vie comme un jeu vidéo. Il apparaît alors comme une poupée vide sans libre arbitre réagissant uniquement à ses émotions. Sa froideur et son insensibilité commencent à faillir au contact de l’affection de Yutaka. L’entraineur s’attache vite au jeune homme, intrigué par son côté parfois innocent. L’auteure s’attarde un peu sur l’univers de la boxe, s’intéressant par exemple au transfert des champions entre clubs ou au quotidien des sportifs.

La mangaka a un trait fin et léché plutôt réaliste. Elle rend parfaitement les petits changements sur le visage impassible de Kei en jouant sur de petits détails comme l’écarquillement des yeux. De même, elle représente les souvenirs de Kei de manière un peu fantastique, comme le déroulement d’un jeu vidéo, avec ses émotions qui prennent différentes formes de Kei enfant, au commande de ce jeu. Ces souvenirs sont facilement repérables par leur fond noir. Les lignes d’actions, en phase avec les mouvements, ne brouillent pas les images. Les décors, parfois minimalistes, situent principalement l’action. Les trames d’ambiance sont plutôt rares et discrètes. Ichinose sensei privilégie les contrastes blanc et noir. Sa mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes en cachant les détails et en jouant sur les angles de vue.

En résumé

L’entraineur de boxe Mikoshiba Yutaka (23 ans) cache son homosexualité à son père, un ancien boxeur champion. Mais son petit ami actuel, Kamijô Shinichi, lui met la pression pour faire son coming out. Un jour, alors que ce dernier essayait de le forcer à l’embrasser dans une ruelle, ils sont interrompus par une bagarre. Yutaka remarque alors le talent d’un jeune délinquant aux cheveux blancs et lui propose de rejoindre son club. Shiraishi Kei (19 ans) fait d’abord bonne figure durant l’initiation au gymnase. Mais une fois dans le dortoir, il avoue ensuite à Mikoshiba vouloir seulement profiter du logis jusqu’à sa majorité, en échange de son silence sur son homosexualité. Comme son chantage ne fonctionne pas, il finit par le violer…

En conclusion

Certaines scènes pourront heurter la sensibilité des lecteurs même si l’auteure essaie de suggérer le drame sans trop en montrer. Ce tome obtient la septième place du meilleur manga original au Chill chill BL award 2016. La mangaka dépeint avec finesse et de manière métaphorique les différentes émotions que ressent Kei. Son style narratif oblige le lecteur à réfléchir et reconstruire ce qu’il découvre au fil de sa lecture pour analyser et comprendre Shiraishi. Je trouve que cette méthode est très efficace, provoquant beaucoup d’émotions.

L’empreinte de la passion – Minase Masara

l empreinte de la passion minase masara

MINASE Masara 水名瀬雅良
ISBN: 9782351804933
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784861342523 (JP)
Frontier works, 2008 (JP)
Titre original: 吐息よりも優しい
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

La passion survivra-t-elle aux secrets?

Minase Masara sensei narre une romance où la passion côtoie les secrets. Elle base la narration sur Masato. De même, elle maintient un certain suspense en ne révélant leur passé commun que par brides. Suite à sa célébrité, Kazaoka est devenu méfiant, étant souvent abordé par intérêt. Comme le couple communique peu, les quiproquos s’accumulent malgré les sentiments. L’introduction d’Ôkubo, l’ami d’Akino, apporte encore un peu plus de tension dans la relation mais permet aux deux hommes de s’ouvrir enfin l’un à l’autre. L’auteure aborde donc la difficulté à faire confiance ainsi que l’influence des secrets et du manque de communication dans une relation. Elle reprend également ce thème dans « Plus éloquent que les mots », qui complète le tome. Par ailleurs, dans l’histoire bonus, la chatte Mako apporte une touche mignonne et humoristique, devenant la narratrice.

La mangaka a un trait épuré et léché. Elle dessine des visages aux longs mentons. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Et la mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Minase sensei cache les parties intimes grâce aux angles de vue. Elle donne sa postface en bande-dessinée. De même, quelques croquis complètent le tome.

En résumé

L’empreinte de la passion / Jeux solitaires: L’étudiant Akino Masato a commencé à travailler dans le salon de thé d’Asano en espérant y croiser l’écrivain Kazaoka Takashi (29 ans), de son nom de plume Okano Tomoharu. En vérité, ils se sont déjà rencontrés une fois mais l’écrivain ne le reconnaît pas. Pourtant, il semble s’intéresser à lui et lui révèle même son identité. Un soir, il l’invite chez lui à récupérer un tome. L’étudiant s’étant endormi, il lui vole alors un baiser. Comme Akino nourrit un amour à sens unique depuis deux ans pour Kazaoka, il décide d’en finir une bonne fois pour toute en acceptant de coucher avec lui juste un soir. Mais le jour suivant, il démissionne aussi du café…
Plus éloquent que les mots: Takase quitte Kiriyû. Hétérosexuel à la base, c’était pourtant lui qui avait demandé à son collègue plus âgé de sortir avec lui. Mais face au manque de réaction de son amant, le salarymen s’emporte…

En conclusion

Ce récit léger et simple permet de passer un agréable moment. L’auteure transcrit facilement les sentiments de ses personnages. Par contre, la première rencontre entre Kazaoka et Masato peut choquer la sensibilité de certains lecteurs, le consentement étant absent. Je trouve un peu dommage de ne plus découvrir d’autres œuvres de la mangaka en France.