Old fashion cupcake – Sagan Sagan

old fashion cupcake sagan sagan
SAGAN Sagan 佐岸左岸
ISBN: 9782382125120
Akata, 2021
ISBN: 9784813032472 (JP)
Taiyohtosho, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

« Les regrets, parfois, c’est le carburant de la vie, ce qui attise l’envie de devenir heureux. »

Sagan Sagan sensei narre une douce romance entre deux salarymen. Elle s’appuie principalement sur le point de vue de Nozue qui a un peu perdu goût à la vie. Elle s’intéresse donc à la lourdeur répétitive du quotidien, l’étiolement des passions, la peur du changement quand on est pris dans une routine rassurante. Notre héros porte un regard pessimiste sur sa vie. Togawa, amoureux de son supérieur, va chambouler petit à petit ses habitudes. L’auteure dépeint avec finesse l’évolution des sentiments de Nozue, ses hésitations. Elle aborde les questionnements du quadragénaire, comme la différence d’âge, le cadre rigide hiérarchique ainsi que l’image de la société sur l’homosexualité. Elle met également en avant les freins qu’un adulte se crée lui-même, la témérité perdue de la jeunesse et la nécessité de construire soi-même le bonheur.

La mangaka a un trait anguleux et fin, assez particulier. En effet, elle le dédouble parfois et il conserve un aspect tracé, légèrement tremblant. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées. De même, les décors sont présents et soignés. D’ailleurs, les chapitres débutent sur l’introduction de l’environnement par de petites vignettes souvent silencieuses, plutôt rares. Cet aspect puzzle se retrouve également dans la mise en page, avec des cases aux formes strictes. Cette absence de fantaisie apporte en réalité un plus au récit, renforçant son réalisme et rappelant la rigueur de la vie adulte. Un fond gris signale discrètement les flash-back. Par ailleurs, Sagan sensei découpe les mouvements en jouant sur les zooms, les plongées et contre-plongées tout en insufflant une touche cinématographique. Elle représente les scènes érotiques de loin, ne montrant donc pas les parties intimes grâce aux angles de vue.

En résumé

Nozue (39 ans) mène actuellement une vie de célibataire monotone entre le travail et la maison. Il porte même un regard indifférent à sa carrière, ne s’investissant plus dans les projets qui pourraient lui procurer une promotion. Pourtant, ses collègues apprécient son efficacité et sa bienveillance. Sa supérieure, Kirishima, essaie de le remotiver en l’invitant à une soirée de rencontres. Mais Nozue refuse, trouvant les échanges avec des inconnues trop fatiguant. Un jour, Togawa Minoru (29 ans) l’invite à manger des pancakes dans un salon de thé à la mode, suite à une remarque du futur quadragénaire qui admirait la joie de vivre des lycéennes. En fait, le jeune subordonné souhaite lui redonner le sourire en jouant les adolescentes qui parlent de tout et de rien et s’amusent à faire des selfies…

En conclusion

Ce titre a obtenu la première place du meilleur manga au Chill chill BL award 2021. Tagawa occupe la neuvième place du meilleur seme tandis que Nozue est classé troisième meilleur uke. Cette histoire d’amour adulte et criante de réalisme, d’abord prévue en un one-shot, a eu droit à une suite. Sagan sensei a un style narratif personnel basé sur la suggestion et l’observation. Elle laisse donc l’imaginaire du lecteur interpréter les petits gestes et mots, le guidant en douceur vers la conclusion du récit. Un petit chef-d’œuvre tout doux qui nous invite à profiter des choses simples.

Nomi & Shiba 1 – Tagura Tohru

nomi et shiba 1 tagura tohru
TAGURA Tohru 田倉トヲル
ISBN: 9782382125106
Akata, 2021
ISBN: 9784088551661 (JP)
Shueisha, 2020 (JP)
Titre original: のみxしば
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Tout le monde sait qu’ils s’aiment sauf les deux principaux intéressés.

Tagura Tohru sensei propose une comédie romantique lycéenne sur un amour pur. Elle suit le cheminement parsemé d’embûches vers une déclaration d’amour entre deux garçons un peu ingénus. Ainsi, elle s’amuse des premiers émois adolescents, influencés par les hormones. L’humour joue beaucoup sur les situations saugrenues, les hésitations et les maladresses. Malgré des sentiments bien présents, nos deux héros prennent du temps à les comprendre et préfèrent taire leur amour de peur de briser leur amitié. Par ailleurs, l’auteure aborde les différents questionnements des adolescents en pleine construction de leur personnalité et leur orientation sexuelle. Elle offre une palette de personnages aux caractères bien trempés, qui assument plus ou moins leurs désirs.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo qui dégage beaucoup de douceur. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Ses personnages ont des bouilles mignonnes, qui deviennent complètement craquantes à chaque fois qu’ils rougissent. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page dynamique rythme la lecture, soutenant la surprise. Pour l’instant, Tagura sensei développe peu de scènes érotiques, nos personnages se découvrant doucement. En fin de chapitre, elle dessine des croquis humoristiques nous permettant de découvrir la « dure » vie des personnages secondaires.

En résumé

Nomiya Ryûto et Mikoshiba Kanata partagent la même chambre à l’internat. Nomi est tout chamboulé quand Shiba se glisse dans son lit par erreur car il pense nourrir des sentiments pour son ami. Mais il refuse de les dévoiler. En effet, depuis que le frêle Shiba a été élu Miss du lycée pour garçons Kirihama, il attire tous les pervers. Et Nomi, qui le protège constamment, ne souhaite pas les imiter. En fait, il ignore que Mikoshiba est également amoureux de lui. Leurs amis, le fudanshi Morishita et le gay assumé Miyai, ont deviné leurs sentiments et tentent de les secouer un peu pour qu’ils partagent enfin leur amour…

En conclusion

Ce tome obtient la sixième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2021. Malgré un ton léger et humoristique, l’auteure lance quelques pics, pointant certains sujets délicats autour du thème de l’homosexualité sans pour autant le développer. Entre deux cases, le lecteur se confronte à certains clichés sur l’homosexualité comme les travestis, le fudanshi qui épie les moindres signes, le harcèlement et l’imposition des relations par certains… Pourtant, elle dénonce aussi les inquiétudes d’une relation homosexuel comme la déception des parents, le regard extérieur, les moqueries. Une lecture douce pour se détendre, se réconforter et sourire!

Barbarities 1 – Suzuki Tsuta

barbarities 1 suzuki tsuta
SUZUKI Tsuta 鈴木ツタ
ISBN: 9782375062951
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784799725726 (JP)
Libre, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Je suis un homme qui vit pour l’amour. »

Suzuki Tsuta sensei crée son univers en s’inspirant de l’histoire occidentale. Elle introduit d’abord les personnages avant d’installer peu à peu les différentes intrigues. Ainsi, conflits politiques, religieux et royaux s’entremêlent à la luxure et l’hédonisme des nobles. Adam, extravagant et conscient de sa beauté, s’attache à la seule personne qui se refuse à lui. Un jeu de séduction va donc naître entre lui et Joël qui s’avère peu intéressé par l’amour. L’auteure joue au yo-yo avec les émotions du lecteur par des rapports peu ou non consentis, les empêchant tout simplement d’aboutir. Elle met en avant certains personnages secondaires. Elle dévoile d’autres facettes de Joël et Adam dans une histoire bonus. D’ailleurs, les mœurs différentes entre les pays influent sur les relations.

La mangaka a un trait un peu anguleux, fin et épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, exagérant parfois les expressions. Elle soigne particulièrement les décors et les costumes. Par exemple, sous la jaquette, on peut admirer les détails de la fontaine qui se trouve derrière les deux héros. Quelques trames d’ambiance illustrent les émotions. La mise en page dynamique met en valeur la beauté d’Adam. Suzuki sensei ne détaille pas les scènes érotiques. Par ailleurs, elle évite de tout simplement les montrer si le consentement laisse à désirer.

En résumé

Le vicomte Adam Canning est assigné à la garde du seigneur Montagu, ministre de la justice de la couronne, menacé depuis sa dernière intervention. Mais le libertin qui ne vit que pour le plaisir de l’amour, s’ennuie avec son austère patron. A une soirée de la marquise Mac Todd, il croise Joël, le neveu de Montagu, et tombe immédiatement sous le charme du bel intellectuel coincé qui l’éconduit. Mais en pleine nuit, après avoir participé à une orgie avec la marquise et ses amies, le capitaine surprend le jeune Joël en train de s’approcher de leur lit. Il le tire alors à lui pour l’embrasser mais l’intrus se débat. Ayant réveillé la marquise, les deux hommes fuient. En fait, Joël cherchait une clé d’un coffre qui contiendrait des preuves irréfutables contre le marquis, en prison. Adam lui propose alors d’organiser un plan à trois avec la marquise…

En conclusion

Ce premier tome nous plonge rapidement dans l’ambiance. Comme à son habitude, Suzuki sensei alterne avec brio tension et humour. En plus, le travail de traduction d’Isabelle Eloy est d’excellente qualité, rendant les expressions et les tournures anciennes. J’ai par ailleurs un énorme coup de cœur pour cette série. Un titre idéal pour découvrir le BL avec une note classique!

Ameiro paradox 5 – Natsume Isaku

ameiro paradox 5 natsume isaku
NATSUME Isaku 夏目イサク
ISBN: 9782375062975
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784403666995 (JP)
Shinshokan, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Le retour d’un ami d’enfance de Kaburagi va semer le trouble dans l’harmonie de notre couple.

Natsume Isaku sensei développe un peu plus l’adolescence de Kaburagi. Elle dévoile ainsi une facette peu reluisante du journaliste qui n’hésitait pas à profiter de ses relations. En effet, son amitié avec Sanjô était d’abord intéressée. Pourtant, il ressent maintenant une certaine honte face à son petit ami. Onoe se retrouve à jouer l’entremetteur entre les deux amis, décelant les sentiments positifs de son partenaire. En plus, la vanité de Sanjô continue à lui jouer des tours. Comme dans le tome précédent, le travail de journalisme prend le dessus. D’ailleurs, l’auteure s’intéresse aux fuites et manipulations dans un projet. Elle analyse la difficulté à gérer la jalousie ainsi que la fugacité de certaines disputes qui en découlent. Elle montre également l’appréhension à partager ou non un passé jugé honteux. Les histoires bonus apportent des anecdotes amusantes, dont un crossover avec Le théâtre des fleurs.

Le trait épuré et léché de la mangaka se simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle dessine des bouilles trop chou. Les trames sont équilibrées. De même, quelques trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique rythme la lecture. Dans les scènes érotiques, Natsume sensei ne détaille pas les parties intimes. Elle applique des trames ou un cache blanc. Sous la jaquette, elle a dessiné divers costumes avec les personnages sous forme de poupées de papier à habiller. Par ailleurs, le traducteur Nicolas Pujol rend parfaitement l’intonation différente d’Osaka.

En résumé

Pendant que Kaburagi Motoharu et Onoe Satoshi batifolent durant leurs congés, Kiuchi les appelle pour couvrir un scoop sur un acteur célèbre soupçonné d’adultère. Mais c’était une fausse piste. Tandis que le couple rentre, Kaburagi est interpelé par un ami du lycée, Sanjô Kazuomi. Devant sa familiarité, Onoe le soupçonne d’être un ex. Il se lamente donc auprès de Masa qui lui conseille alors d’interroger directement son petit ami. Sanjô propose à Motoharu de venir travailler avec lui pour gérer une chaîne d’hôtels. Malgré son refus, l’ancien ami insiste. Remarquant la complicité entre Kaburagi et Onoe, il décide alors de révéler à ce dernier le passé de son ami.

En conclusion

J’aime toujours autant ce couple. Quel plaisir de voir Onoe prendre des initiatives et exprimer un peu plus ses désirs. Je ne me lasse pas de ses adorables expressions. Natsume sensei arrive à nous tenir en haleine et nous divertir avec une tranche de vie simple.

Take over zone 2 – Minase Masara

take over zone 2 minase masara
MINASE Masara 水名瀬雅良
ISBN: 9782351806876
Taifu comics, 2013
ISBN: 9784199604515 (JP)
Tokuma shoten, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Je trouve ça génial de courir en équipe! »

Minase Masara sensei continue à développer la relation amoureuse entre Hashimoto et Konno. Elle sème quelques difficultés à surmonter, comme l’entrainement intensif ou des triangles amoureux. Elle s’intéresse au manque de communication, à l’installation du doute dans un jeune couple. Bien que Mizuki ait surmonté son traumatisme, sa peur surgit selon certaines circonstances. En se confiant petit à petit, il permettra à son entourage de s’adapter et de le soutenir. Par ailleurs, l’auteure montre l’influence du moral sur la concentration et les résultats sportifs. Elle met surtout en avant l’importance de la cohésion de l’équipe dans le relais. Comme dans le tome précédent, l’histoire bonus offre une anecdote amusante sur les personnages secondaires: Yamauchi fait les frais de l’enthousiasme d’Ogasawara.

La mangaka a un trait léché, anguleux et épuré. Elle dessine des personnages sveltes. Elle n’hésite pas à simplifier ses traits dans les passages humoristiques, aplatissant ses longs mentons. Les décors situent principalement l’action. De même, les trames servent surtout à colorer ou à indiquer les contre-jours. Toutefois, les trames d’ambiance renforcent les émotions. La mise en page est dynamique, en particulier dans les séquences de sport, avec des angles de vue très variés. Dans les scènes érotiques, Minase sensei évite de montrer les parties intimes en jouant sur les cadrages. Par ailleurs, elle représente des scènes de camaraderie dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Après les qualifications pour le tournoi, Hashimoto Mizuki, fiévreux, se lie corps et âme avec Konno Eishi, surmontant sa peur. Son partenaire d’abord hésitant, reste à son écoute. Depuis le rapprochement des deux amoureux, Yamauchi et Ogasawara se sentent alors un peu délaissés. Pour préparer le tournoi du Kantô, le club d’athlétisme ira en camp d’entraînement avec l’université Hakuhô, profitant au passage de leur équipement ainsi que des conseils de leur coach spécialisé. Mais parmi les étudiants, Nashida se montre très familier avec Konno. Mizuki a donc du mal à contenir son inquiétude.

En conclusion

L’alternance entre romance et sport donne un ton particulier à ce BL. Une lecture agréable et distrayante procurant de belles émotions!

Take over zone 1 – Minase Masara

take over zone 1 minase masara
MINASE Masara 水名瀬雅良
ISBN: 9782351806722
Taifu comics, 2012
ISBN: 9784199604171 (JP)
Tokuma shoten, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Surmonter un traumatisme grâce à la passion et l’amour.

Minase Masara sensei offre une romance dans le milieu sportif scolaire. Elle intègre la possible formation d’autres couples autour des deux héros. Elle développe également des personnalités intéressantes. Par exemple, Yamauchi est à la fois manipulateur et bienveillant. Les entrainements intensifient les sentiments entre rivalité, admiration, attirance. De même, les quelques explications sur les spécificités de l’athlétisme apportent un plus à l’histoire. Ainsi, l’auteure utilise les ficelles classiques du récit sportif: le surpassement de soi, l’esprit d’équipe. A travers Mizuki, elle montre l’influence, sur les sportifs en devenir, d’une ambiance différente entre une équipe soudée, bienveillante et une équipe privilégiant les performances entrainant l’isolement. Par ailleurs, elle aborde la difficulté à se reconstruire après un traumatisme. L’histoire bonus apporte une anecdote amusante sur les autres membres de l’équipe.

La mangaka a un trait léché et anguleux. Elle dessine des mentons longs et proéminents. Elle varie les angles de vue, surtout dans les illustrations en début de chapitre. Les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les décors sont présents. Par contre, les lignes d’action restent discrètes. La mise en page est dynamique. Pour l’instant, Minase sensei ne détaille pas les scènes érotiques. Elle reste même pudique sur les attouchements qui apparaissent en flash-back.

En résumé

En cours de sport, Hashimoto Mizuki se fait remarquer par un bon chrono au 100 mètres. Sentant qu’il cache ses capacités, le professeur Wada lui demande alors de refaire une course avec Ogasawara, membre du club d’athlétisme. Mais le lycéen bat l’athlète sans difficulté. Depuis, Ogasawara essaie de le recruter dans le club. Wada, responsable du club d’athlétisme, et le capitaine du club Takashima, tentent également de le convaincre. Sur le terrain, Mizuki semble reconnaître Konno Eishi qui s’entraine au saut en hauteur. Effectivement, il pratiquait le sprint au collège et avait même participé à un tournoi national mais il a arrêté brusquement. Le taquin Yamauchi lance alors un défi au nouveau: si il bat Konno, il intègrera le club. Pourtant, frustré d’avoir perdu, Mizuki ne peut s’empêcher de provoquer à nouveau son adversaire…

En conclusion

Je trouve Mizuki trop adorable dans ses réactions. Minase sensei reste pudique dans le traitement du traumatisme mais rend parfaitement le malaise ressenti. Les BL en milieu sportif étant rares, c’est une lecture appréciable d’autant plus que l’aspect sportif prime sur la romance.

Le théâtre des fleurs 5 – Natsume Isaku

le theatre des fleurs 5 natsume isaku
NATSUME Isaku 夏目イサク
ISBN: 9782375062982
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784403667145 (JP)
Shinshokan, 2020 (JP)
Titre orignal: 花恋つらね5
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

Gensuke se retrouve pour la première fois face à un mur.

Natsume Isaku sensei s’intéresse à Gensuke qui n’arrive pas à cerner ce qui manque à son jeu. Elle met en évidence les sentiments complexes qui apparaissent lorsqu’un écart de niveau se creuse, que le doute s’installe jusqu’à en déprimer. De même, elle montre l’impuissance de l’entourage pour le soutenir. En effet, l’acteur se retrouve face à ses propres limites et ne peut que se surpasser. Ainsi, l’auteure s’intéresse à l’endurance et au mental des acteurs, à la pression qu’ils subissent constamment. Comme dans le tome précédent, elle continue à présenter les spécificités du kabuki comme le style de jeu, les préparatifs en coulisses, certains classiques. Elle dévoile un peu le passé de Kikuemon et Arai Juichirô, à travers le regard de Kumonosuke. D’ailleurs, son ancienne rivalité se répercute un peu sur la jeune génération. Les histoires bonus donnent des anecdotes amusantes sur l’état d’esprit du couple après leur première fois.

La mangaka a un trait épuré et léché. Elle lui donne du relief avec des pleins et déliés. De même, elle le simplifie dans les passages humoristiques. L’exagération des expressions et les personnages en SD apportent un côté mignon supplémentaire. La mise en page accompagne le regard et rythme la lecture. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors, présents sur les plans larges, sont soignés. D’ailleurs, Natsume sensei travaille également avec précision les costumes et les maquillages particuliers du kabuki. Dans les scènes érotiques, elle ne détaille pas les parties intimes. Pour introduire ses chapitres, elle dessine des illustrations représentant le quotidien des héros, au théâtre ou à la maison.

En résumé

Le grand acteur de kabuki Takamura Kumonosuke rend visite aux jeunes artistes pendant leur répétition. En réalité, Matsukawa Kikuemon lui a demandé de surveiller secrètement le bon développement du jeu d’Arai Gensuke. L’acteur, qui se montre déjà sévère avec tout le monde, juge alors durement le jeu de Shûgo. D’abord choqué et peu habitué à des critiques cinglantes, le jeune talent lui demande alors des détails. Le vétéran l’invite donc à un cours mais ne lui donne pas de réels conseils d’amélioration ou de travail. Alors pour se remonter le moral, Gensuke se confie auprès de son petit ami, Matsukawa Sôgorô. Les deux amoureux arrivent ensuite à se motiver pour doubler d’efforts.

En conclusion

Cette série va vous faire adorer le kabuki. L’univers est tellement bien transcrit que la romance, pourtant bien développée et présente, semble passer au second plan. Avec son merveilleux dosage entre petit drame et humour, l’auteure nous éblouit et nous fait vibrer à chaque chapitre. En plus, le couple s’épanouit dans le consentement et la bienveillance. Du pur bonheur! Mais je crois que je me répète…

Comme un adieu 3 – Shimura Takako

comme un adieu 3 shimura takako
SHIMURA Takako 志村貴子
ISBN: 9782382120729
Akata, 2021
ISBN: 9784799747957 (JP)
Libre, 2020 (JP)
Titre original: さよなら、おとこのこ3
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Je veux qu’il sache tout de mon histoire empreinte d’égoïsme… »

Shimura Takako sensei invite les lecteurs à suivre l’introspection de ses héros qui remettent tout à plat. Elle dévoile encore des brides de leur passé. Par ailleurs, elle dilue les réponses aux questions soulevées dans le tome précédent, au fil des chapitres. Malgré une petite touche fantastique, le récit semble très ancré dans la réalité. Le mystère de la transformation résolu, Kanade et Yuhki réfléchissent à leur relation, à leurs sentiments et surmontent petit à petit tout ce qui les freinait. Tout en les accompagnant, l’auteure aborde l’acceptation de soi et de sa sexualité, la prostitution adolescente, le coming out et la fuite de la réalité. Elle met également en avant l’influence bienveillante de confidents ou de soutiens. De même, elle s’intéresse à la nécessité d’équilibrer une relation, surtout quand elle repose sur un lien déjà bancal. Ainsi, Haijima et Kuwata se remettent en question, discutent et reconstruisent leur personnalité.

Le trait épuré et léché de la mangaka apporte beaucoup de douceur. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Toutefois, la différence subtile entre les deux héros se faisant grâce à la forme des yeux, cela porte parfois à confusion. Les trames sont très variées. De même, le choix des trames d’ambiance joue beaucoup sur l’intensité des émotions à transmettre. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les flash-back se repèrent immédiatement par leur fond noir. La dynamique de la mise en page rythme la lecture. D’ailleurs, Shimura sensei glisse des détails permettant d’anticiper certaines actions. Dans les scènes érotiques, elle ne montre pas les parties intimes. En plus, elles sont très sommaires, développées en peu de cases. Le vernis qui donne du relief à la fenêtre sur la couverture sublime l’illustration.

En résumé

Haijima Kanade a enfin retrouvé sa taille adulte. Il a réintégré la troupe de théâtre de Kawasaki Suzume en tant qu’apprenti. Recommençant à zéro, il travaille donc avec Kuwata Yûta, le petit frère de son petit ami. Yuhki, de son côté, a deviné qui était l’homme mystérieux que seuls Kanade et lui pouvaient voir. Grâce à Suzume, Haijima Joe prend discrètement des nouvelles de son fils…

En conclusion

La révélation de l’identité de l’homme mystérieux fait tomber à l’eau toutes mes suppositions. Mais quelle surprise et quel retournement de situation! Un récit instructif et intéressant. Certains passages pourront choquer la sensibilité de certains lecteurs. Par ailleurs je conseille de lire cette série à tête reposée, au calme pour pleinement l’apprécier.

Anti romance 1 – Hidaka Shoko

anti romance 1 hidaka shoko
HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782382760369
Hana, 2021
ISBN:‎ 9784344846258 (JP)
Gentosha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Pourquoi démêler ses sentiments quand la situation actuelle convient?

Hidaka Shoko sensei revisite le classique thème de la romance entre amis d’enfance avec son style narratif réaliste et incisif. Elle alterne entre passé et présent, révélant au fil des chapitres, l’étrange lien tacite qui s’installe entre les deux héros. L’intervention de leur entourage, en particulier de Towada Atsushi (32 ans) et de Sakuma (35 ans), va bousculer le fragile équilibre qu’ils préservaient farouchement. Ryô réalise rapidement ses sentiments mais préfère les taire face à son ami fuyant. En revanche, Suô reste dans le déni malgré sa jalousie évidente. Ainsi, les sentiments deviennent presque palpables. L’auteure s’intéresse donc à la différence ténue entre amour et amitié et à la peur du changement. Elle alterne la narration entre Kakitani et Hiroki, partageant ainsi leurs points de vue. Elle installe doucement une tension entre eux, décortiquant leur malaise et pourtant le besoin presque vital d’être ensemble.

Le trait épuré et discontinu de la mangaka adoucit les angles. Elle donne un peu de volume avec des contours parfois épais. Elle distingue les flash-back marqués par l’habituel fond noir, des souvenirs qui sont introduits par diverses méthodes plus subtiles, comme par exemple un regard dans le vide, des trames vaporeuses. D’ailleurs, les trames d’ambiance se font discrètes tandis que les autres trames ont une dominante claire. De même, les décors apparaissent dans les plans larges. La mise en page très dynamique rythme la lecture. Hidaka sensei joue beaucoup sur les emboitements de case, les disparitions de cadres, les ellipses. En fin de chapitre, elle donne des renseignements complémentaires sur les personnages. Un livret proposé en supplément permet d’admirer les magnifiques illustrations couleurs de l’artiste.

En résumé

Kakitani Ryô (24 ans) vit depuis déjà 6 ans, en colocation avec son ami d’enfance. Il travaille comme rédacteur dans une petite entreprise tandis que Suô Hiroki (24 ans) est devenu coiffeur pour reprendre un jour le salon de sa mère. Leur entourage se pose des questions sur leur relation, les deux hommes étant inséparables. Pourtant, tous deux cachent au plus profond de leur cœur des sentiments qui commencent petit à petit à s’éveiller…

En conclusion

Ce tome a obtenu la onzième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2021. Comme d’habitude, Hidaka sensei prend son temps. Mais ce n’est pas pour me déplaire. Je craque pour tous les protagonistes, avec chacun des caractères qui se dévoilent au fur et à mesure. J’adore le style graphique de l’auteure ainsi que sa manière de développer ses scénarios. Vous l’aurez compris, c’est encore un énorme coup de cœur pour ce titre.

Black or white 5 – Sachimo

black or white 5 sachimo
Sachimo さちも
ISBN: 9782382760239
Hana, 2021
ISBN: 9784041098028 (JP)
Kadokawa, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Tu n’es pas un prince, Shige. »

Sachimo sensei inverse petit à petit le rapport de force dans le couple. Elle dépeint les diverses émotions que ressentent les personnages, durant une absence, un doute. Par exemple, Tatara, n’étant pas homosexuel, s’interroge de plus en plus sur ses sentiments envers Washimiya. Les managers et les confidents apportent à la fois un soutien psychologique et un soutien logistique. Par ailleurs, l’auteure montre la pression que subissent les célébrités dans leur quotidien. Elle aborde les petits gestes qui peuvent être mal interprétés, le comportement de certains fans, les risques de l’exposition publique malgré des déguisements. Elle s’intéresse également à la perte de personnalité à force de jouer des rôles différents. Ainsi, Hanasaki qui était idole, gère plus facilement les groupies intrusives contrairement aux acteurs. De même, Tatara et Shin frisent la paranoïa. L’histoire bonus offre un moment à la fois torride et mignon du couple.

La mangaka simplifie à l’extrême son trait fin et épuré dans les passages humoristiques. Elle dessine des corps finement musclés et des SD tous mignons. Par exemple, les super deformed de la postface sont à croquer. Ils sont d’ailleurs plus petits que dans le tome précédent. Les trames d’ambiance appuient les émotions tandis que les décors situent surtout l’action. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Sachimo sensei censure les parties intimes par des caches blancs. Pourtant, une sensualité se dégage encore des images.

En résumé

Ôsawa Shige commence à perdre confiance en lui, son nouveau rôle étant très éloigné de ce qu’il joue d’habitude. Il redoute que l’on découvre son manque de talent. Mais Washimiya Shin lui propose de répéter ensemble, comme lorsqu’ils étaient au lycée. En endossant le rôle de Tatara pour l’aider, il comprend alors que son petit ami n’arrive plus à se montrer tel qu’il est, à force de se cacher sous son masque de prince. En lui citant tous ses défauts, il arrive ainsi à remotiver Shige. Ensuite, les deux amoureux profitent de leur dernière nuit ensemble, devant se séparer longuement pour leur tournage. Le lendemain, le jeu de Ôsawa fait sensation auprès de ses collègues. De son côté, Shin demande à Hanasaki d’arrêter d’être trop tactile avec lui en public, ayant peur d’être pris pour des homosexuels…

En conclusion

L’auteure prend son temps pour faire évoluer ses personnages donnant une touche très réaliste. En parallèle, elle dénonce indirectement la pression que le métier d’acteur entraîne. Ce couple est tellement adorable que j’ai envie de le protéger. Comme suggéré dans la postface de l’auteure, j’avoue que j’aimerais bien découvrir les couples Tatara et Hanasaki ou les deux managers. Ce serait explosifs.