Aisyû – Minase Masara

aisyu minase masara
MINASE Masara 水名瀬雅良
ISBN: 9782351806425
Taifu comics, 2012
ISBN: 9784813053095 (JP)
Taiyohtosho, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

La fuite d’un premier amour douloureux qui ne résout rien.

Minase Masara sensei plonge le lecteur dans une romance légèrement mélancolique. Elle s’intéresse au premier amour non abouti, aux sentiments amoureux à sens unique et donc aux relations déséquilibrées. Elle précise d’ailleurs dans sa postface qu’elle voulait mettre en scène des « garçons arrogants qui tombent sous l’influence de garçons passifs ». Justement, l’égoïste Aragaki qui n’hésite pas à user du chantage pour obtenir ce qu’il désire, s’avère en fait complètement dépendant de Kaoru. Le consentement entre eux paraît trouble, l’étudiant cédant facilement aux ordres de son ami. Pourtant, ils vont évoluer petit à petit et faire des efforts en discutant, guidé par le manager Koshiba. L’auteure oriente la narration du point de vue de Haneji. Elle met en avant la souffrance d’un amour non partagé. Elle reprend ce même thème dans « Dernières lueurs d’été » qui complète ce tome.

La mangaka a un trait épuré et léché, avec une petite touche de style shôjo. Elle dessine des personnages élancés, au visage plutôt long. Elle porte attention aux regards et aux petits gestes. De même, les trames d’ambiance viennent renforcer les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. Par contre, comme Minase sensei ne représente que les ombres fortes, le rendu des pages, bien que dynamique, conserve un aspect simplement dessiné. Par ailleurs, elle ne montre pas les parties intimes dans les scènes érotiques, jouant sur les cadrages. Ces passages sont en plus succincts mais transmettent tout de même assez d’émotions.

En résumé

Aisyû / Happy birthday: Au lycée, Haneji Kaoru entretenait une relation sex friend avec son ami Aragaki Jin. Mais en réalité, il était amoureux de lui. En plus, Jin, mannequin, couchait également avec les femmes qui lui montraient de l’intérêt. En entrant à l’université, Kaoru a coupé tout contact avec son ami en espérant oublier ce premier amour. Mais deux ans, après, Aragaki, devenu un acteur célèbre, vient le chercher à la sortie de son petit boulot pour demander des explications. L’étudiant cède alors au baiser de Jin, ses sentiments étant encore présents.
Dernières lueurs d’été: Rikuto, secrètement amoureux de son tuteur Hibiki, a pris de la distance avec lui depuis qu’il est entré à l’université. Mais ses sentiments persistent…

En conclusion

Minase Masara sensei excelle dans les romances où le déséquilibre de la relation s’inverse. Ici, c’est un plaisir de voir Jin torturé par l’amour tout en ne le comprenant pas. Je préviens tout de même que le comportement de certains personnages pourrait choquer la sensibilité de certains lecteurs. Pour ma part, j’aime beaucoup le jeu d’inversion quand un uke trop passif se rebelle enfin. Une lecture agréable et divertissante.

Rends-moi beau! – Sachimo

rends moi beau sachimo
Sachimo さちも
ISBN: 9782368776681
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784041067239 (JP)
Kadokawa, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Et si l’amour rendait beau?

Sachimo sensei s’intéresse à la différence d’âge dans cette romance entre un agent d’entretien et un lycéen. Elle explique leur isolement en dévoilant leur passé. Ainsi, Sugimura, gay, se méfie des gens suite à une tromperie qui l’a pénalement condamné. Dai, quant à lui, a pris l’habitude d’être seul depuis l’enfance. Les deux héros cachent leur beauté pour passer inaperçu. L’auteure donne d’abord le point de vue de Hara qui découvre le sentiment amoureux, puis s’attarde sur Manabu. Ainsi, elle met en avant l’évolution de ces deux cœurs solitaires. Elle aborde également la pression et le jugement du regard extérieur, l’isolement qui poursuit ancien condamné, la beauté intérieure qui ne s’apprécie qu’en découvrant la personnalité de quelqu’un. Le lycéen conserve un côté innocent qui le rend attendrissant. Malgré les doutes sur l’avenir et le manque de confiance, le couple réfléchit calmement à leur bonheur.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle épaissit parfois les contours. Dans les passages humoristiques, elle simplifie son trait à l’extrême. Par exemple, comme Dai rougit facilement, il a souvent de grandes hachures qui lui recouvrent la moitié du visage. Par contre, les trames d’ambiance sont discrètes. Les décors sont aussi souvent réduits à l’essentiel. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Sachimo sensei alterne entre censure des parties intimes en ne les dessinant pas ou au contraire, des organes sexuels assez détaillés.

En résumé

Hara Dai aime la solitude et pour avoir la paix, il décide de jouer les délinquants en entrant au lycée. Par ailleurs, il a trouvé un coin tranquille dans le jardin du lycée où il aime passer du temps sous un arbre. Mais un jour, il y trouve Sugimura Manabu (39 ans), un agent d’entretien de l’établissement aussi solitaire et taciturne que lui. L’ouvrier tolère sa présence à condition qu’il ne lui parle pas. Mais à jouer les terreurs, Dai s’attire les foudres d’un gang du lycée. Alors que les voyous essayaient de l’humilier, le bas-ventre du lycéen finit par réagir. Sugimura, qui a surpris la scène, trouve alors des paroles réconfortantes. Intrigué par l’agent technique, Hara essaie de sympathiser avec lui mais les collègues de Manabu l’avertissent que ce dernier a un casier judiciaire. Pourtant, le lycéen refuse de le juger sans explication. Plus tard, le chef des voyous l’agresse sexuellement…

En conclusion

Une histoire mignonne avec pourtant un background plutôt lourd. La relation entre Dai et Sugimura paraît pure et innocente. En effet, l’adulte a bien conscience de leur situation mais leurs sentiments l’emportent. La beauté intérieure et extérieure apparait ici comme influencée par l’amour. J’aime beaucoup ce récit même si il peut paraître sans saveur et peu approfondi. Je trouve que l’auteure a tout de même réussi à insuffler assez de matière pour un one-shot.

Familiar relation between you and me – Koshino

familiar relation between you an me koshino
Koshino 腰乃
ISBN: 9782368774830
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784796407069 (JP)
Kaiohsha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Pourquoi je serais amoureux de toi? C’est toi qui es amoureux de moi! »

Koshino sensei offre une comédie érotique avec un seme égoïste et un uke râleur. Elle aborde avec humour un thème différent à chaque chapitre: par exemple, l’impuissance, le rasage des poils pubiens, le bondage, les sex toys. Takashi, un gay pervers assumé, manipule son ami d’enfance pour expérimenter divers jeux sexuels. Il a malheureusement tendance à le forcer. Malgré des relations au premier abord non consenties, on remarque que Satoru résiste bien quand il ne veut réellement pas faire quelque chose. L’auteure base justement la dynamique de son récit sur les contestations de l’uke jusqu’à ce qu’il cède. Elle décrit avec finesse les sentiments partagés entre les deux héros qui n’arrivent à communiquer qu’en se chamaillant. D’ailleurs, elle concentre la narration uniquement sur le point de vue de Satoru. En fin de chapitre, des répliques marquantes sont reprises.

La mangaka a un trait particulier reconnaissable, simple et incisif. Elle dessine des corps finement musclés. De même, elle ne respecte pas forcément les proportions, privilégiant la dynamique du dessin. Ses contours sont assez épais. Les réactions extrêmes déforment les expressions. Comme les pages sont très chargées, Koshino sensei évite de les alourdir avec des trames consacrées à l’ombre et à la coloration. Elle intègre les décors dès que le cadrage s’élargit. La mise en page d’abord classique reste tout de même efficace et dynamique. Dans les scènes érotiques, des bandelettes blanches censurent les parties intimes. Il y a une scène érotique à chaque chapitre. En fin de tome, des yonkoma donnent la version de l’histoire du point de vue de Tamotsu.

En résumé

Satoru (23 ans) découvre que son ami d’enfance Takashi (23 ans) est revenu vivre dans la maison en face de chez eux. Très proches jusqu’au lycée, ils n’ont plus communiqué depuis qu’il a surpris son ami en train de se masturber sur ses photos de classe. En plus, il a appris qu’il déménageait à Nagano par la mère de Takashi. Mais sa mère et son frère, Tamotsu, lui confient un logiciel et de la nourriture à lui ramener. Toutefois, Satoru est choqué en voyant Takashi se comporter comme si rien ne s’était passé. Alors qu’il s’est morfondu tout en pensant à lui pendant cinq ans…

En conclusion

Ce one-shot obtient la huitième place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2016. L’auteure est assez connue dans l’univers des BL pour ses comédies et gag manga avec des personnages souvent maladroits en amour. J’adore la dynamique entre ses seme et uke. Ici, le scénario semble un peu léger mais j’apprécie beaucoup Satoru qui réalise très bien qu’il provoque indirectement Takeshi en plongeant dans ses pièges. Même si ce n’est pas le meilleur titre de la mangaka que j’ai lu, j’espère que l’on aura d’autres de ses œuvres.

Repeat after me? 2 – Fuwa Shinri

repeat after me 2 fuwa shinri
FUWA Shinri 不破慎理
ISBN: 9782351805497
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784862638335 (JP)
Libre, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Des amours interculturels entre professeurs de langue.

Fuwa Shinri sensei continue sa comédie romantique sur les échanges internationaux en développant l’histoire de deux couples d’enseignants. Bien qu’elle aborde les différences culturelles et la difficulté à communiquer quand on ne maîtrise pas une langue ou que l’on a des préjugés sur une nationalité, elle met surtout en avant des personnages au caractère opposé. Ainsi, le désinvolte Français Cyrille exaspère le sérieux Anglais Siegfried. Au contraire, l’enjoué Américain Diego Lopez (30 ans) cherche à mieux cerner le froid et taciturne Allemand Erhard Frühling (28 ans). La narration se base principalement du point de vue de Sieg et Diego. Comme dans le tome précédent, l’auteure montre le développement du sentiment amoureux entre ses héros ainsi que l’évolution de leur relation. Elle donne toutefois une image idéalisée de l’enseignement. En bonus, elle laisse planer le mystère sur l’amour d’Imai.

Le style graphique de la mangaka est reconnaissable: yeux longs et fins, corps longilignes et anguleux, visages plutôt pointus. Elle a un trait épuré et léché qu’elle simplifie dans les passages humoristiques, rendant ainsi les expressions explicites et mignonnes. Les trames d’ambiance renforcent les fortes émotions. Par contre, les décors soignés situent surtout l’action. La mise en page est dynamique. Fuwa sensei résume les scènes érotiques à l’essentiel, ne dessinant aucun détail et écourtant même les préliminaires.

En résumé

Le professeur anglais Siegfried Hugo Forgus (25 ans) se réveille aux côtés de son collègue français Cyrille Berthollet (32 ans), après une soirée bien arrosée. Comme il ne se souvient de rien, le dragueur invétéré l’embrasse sans prévenir. Choqué, l’Anglais se demande comment il aurait pu céder au désinvolte Français qu’il déteste. Mais les deux professeurs vont devoir travailler ensemble, ayant accepté de donner des cours dans un club huppé de Ginza. Sieg perd soudain son sang-froid en découvrant que les hôtesses possèdent une photo d’un baiser entre lui et son collègue. En fuyant, il bouscule un client éméché qui le prend pour une femme à cause de ses longs cheveux. Mais Cyrille vient à son secours et lui vole encore un baiser en guise de remerciement. Le lendemain, Forgus se fait sermonner par Imai Atsushi qui a également reçu la photographie compromettante.

En conclusion

Le côté un peu fleur bleue ainsi que le comportement un peu limite de Cyrille, qui se passe de consentement clair, pourra déranger certains lecteurs. Pour ma part, entre la galerie de beaux gosses et le romantisme du récit, j’ai passé un agréable moment de lecture. J’adore particulièrement les bouilles des personnages très expressives et mignonnes dans les passages humoristiques! Une courte série idéale pour se détendre.

Repeat after me? 1 – Fuwa Shinri

repeat after me 1 fuwa shinri
FUWA Shinri 不破慎理
ISBN: 9782351804759
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784862636461 (JP)
Libre, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Je vais te faire maîtriser l’anglais en trois mois! »

Fuwa Shinri sensei narre une comédie romantique entre un professeur d’anglais américain et un salaryman japonais bourré de préjugés. Elle aborde ainsi les différences culturelles entre étrangers et Japonais et l’investissement personnel à fournir pour apprendre une langue. En effet, Yûnosuke a tendance à fuir les difficultés et ne voit pas l’utilité d’apprendre une langue étrangère. Nigel, polyglotte et pratiquant également la langue des signes, apprécie ceux qui font des efforts, fortement influencé par son frère sourd, Jared. L’auteure présente les autres professeurs et élèves au fil des rencontres. Toutefois, elle n’évite pas quelques stéréotypes comme le Français dragueur ou le Chinois privilégiant la médecine traditionnelle. Elle développe principalement l’évolution de la relation entre le professeur et son élève. Leur attirance mutuelle va leur permettre de s’ouvrir l’un à l’autre. En bonus, un échange culturel ajoute une touche humoristique.

La mangaka a un trait épuré, léché et anguleux, avec un style graphique immédiatement reconnaissable. Elle dessine des visages ovales aux yeux souvent effilés. Dans les passages humoristiques, elle simplifie son trait, n’hésitant pas à arrondir complètement les têtes. Les personnages, plutôt sveltes, offrent une véritable palette de beaux gosses que l’on peut admirer sur le poster d’introduction. Les décors soignés alternent avec les trames d’ambiance. D’ailleurs, ces dernières accompagnent les émotions. De même, les trames sont variées et équilibrées. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Fuwa sensei ne montre que l’essentiel, jouant sur les angles de vue pour cacher les parties intimes. En fin de chapitre, elle présente les personnages en utilisant Imai Atsushi, qui s’occupe des tâches administratives de SLA. De même, il y a des poupées de papier des personnages en SD à la fin du tome pour jouer au sumo.

En résumé

Shiga Yûnosuke (26 ans) travaille dans le secrétariat d’une grande entreprise mais il ne maîtrise pas du tout l’anglais. Son chef l’envoie en stage à la Shiratori language academy (SLA) où il devra se former en 3 mois. Devant le manque de motivation de son employé, il le menace de le virer s’il échoue. Mais Shiga doute du sérieux de l’école qui paraît un peu trop luxueuse. En plus, son professeur Rhodes Nigel (23 ans), américain, cache un double visage. Alors qu’il affiche toujours un sourire avenant dans les cours en groupe, il se transforme en vrai démon tyrannique durant les cours individuels. Comme Yûnosuke ne progresse pas, n’arrivant pas à saisir l’utilité de cette langue, il se dispute souvent avec son professeur. Ce dernier décide alors de le prendre en stage intensif en interne.

En conclusion

J’adore l’évolution de Shiga, qui se comportait comme un enfant gâté au départ. Même si il prend du temps pour comprendre son caractère buté et fermé, ses réactions sont amusantes. Comme à son habitude, l’auteure maîtrise la dynamique entre ses personnages. D’autres couples apparaissent en arrière-plan mais Fuwa sensei se concentre uniquement sur la relation entre les deux héros, offrant un récit plutôt abouti. Du bonheur, de la romance et des frictions interculturelles!

Endless sound – cielo

endless sound cielo
cielo
ISBN: 9782368775981
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784801957664 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

« Quand la musique exprime ce qui ne peut être dit avec des mots. »

Cielo sensei narre la romance entre deux lycéens passionnés de musique techno. Malgré des profils de personnages soigneusement réfléchis, le format court empêche de les exploiter pleinement. L’univers musical n’est qu’un prétexte pour créer un lien entre les deux héros. Tandis que Sanjô était un tombeur hétérosexuel mais ouvert, il va découvrir le véritable amour avec Ikarashi. Sa vision du sexe change radicalement. Le seme inexpérimenté avec les hommes communique sans honte avec son uke habitué. Alors que la relation consentie débute en tant que sex friend, les sentiments viennent vite s’en mêler. En introduisant DJ Julian, l’auteure permet d’ajouter quelques tensions et précipiter les évènements. Elle traite avec humour la relation à distance dans une histoire bonus. Elle complète ce volume avec un court récit aux thèmes intéressants comme le sado-masochisme, la prostitution, la solitude, le manque d’amour mais le format court empêche d’approfondir l’évolution des sentiments.

La mangaka a un trait plutôt léché, dans un style graphique assez classique rappelant certains shôjo. Elle n’hésite pas à simplifier ses traits pour les passages humoristiques et à transformer ses personnages en super deformed. En outre, les héros rougissent facilement. Les trames d’ambiance variées alternent avec les décors. Par ailleurs, la mise en page est dynamique. En fin de chapitre, une vignette conclut graphiquement le récit. Sous la jaquette, des fiches personnages les présentent en détails. Les scènes érotiques paraissent un peu brouillon, les parties intimes étant intégralement hachurées. En plus, les cadrages permettent d’en montrer moins.

En résumé

Endless sound / After story Promesse éternelle / Allô? Chuuut!: Sanjô (18 ans) adore la musique techno. Comme ses amis sont peu intéressés, il décide d’aller seul au concert de DJ Imai. Dans la classe, Ikarashi Minami (20 ans) qui a toujours des écouteurs sur les oreilles, préfère rester seul dans son coin. Sanjô n’ose donc pas l’aborder, mais quand il le croise au game center à la borne du jeu vidéo musical qu’il adore, il lui propose de venir au concert avec lui. La remarque d’Ikarashi lui rappelant que le club est interdit aux mineurs le vexe. Néanmoins, Sanjô réussit tout de même à s’infiltrer dans la boîte de nuit. Quand la musique de DJ Minami lui procure un effet excitant, quelle n’est pas sa surprise de découvrir son camarade de classe aux platines. Au bar, Ikarashi l’empêche alors de boire une bière mais ne supportant pas l’alcool, il s’effondre. Le responsable du club, Higa (38 ans) demande au lycéen de le ramener chez lui. En partant, Minami l’embrasse. Mais pourquoi rougit-il?
Interdiction d’aimer ce chat abandonné: Yamada Daisuke (40 ans) a hérité d’un immeuble de sa tante qui l’a élevé. Un jour débarque Kawachi Ayumu (22 ans) qui serait de la famille éloignée. Mais le jeune homme orphelin est arrivé trop tard pour voir la tante. Yamada lui propose alors un logement. Mais depuis, les voisins, en particulier l’étudiant Nakamura (20 ans), ne cessent de se plaindre du bruit. Venu voir, il surprend Ayumu avec deux hommes qui le violentent…

En conclusion

Ce recueil a obtenu la onzième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2018. Il a beaucoup de potentiel, abordant des thèmes intéressants. J’ai même trouvé « Interdiction d’aimer ce chat abandonné » plus accrocheur. Malheureusement, le traitement reste un peu léger: par exemple, Minami, réservé au premier abord, communique plus facilement grâce à la musique. Mais cela n’est pas clairement mis en avant. Néanmoins, la beauté du graphisme nous fait oublier son manque d’originalité. On passe tout de même un excellent moment à la lecture de ce manga. Et il est agréable de voir un uke entreprenant pour les parties de jambes en l’air.

Hide and seek 3 – Sakuragi Yaya

hide and seek 3 sakuragi yaya
SAKURAGI Yaya 桜城やや
ISBN: 9782351809358
Taifu comics, 2015
ISBN: 9784041211328 (JP)
Kadokawa, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Je ne peux pas passer mon temps à rêver. Je veux aussi avoir un avenir avec toi. »

Sakuragi Yaya sensei s’intéresse toujours à la stabilisation d’une relation. Après l’évolution des sentiments, elle s’attarde sur l’avenir et l’engagement. Ainsi, elle aborde la difficulté à gérer le lourd passé de son partenaire et la peur de reproduire l’échec du mariage. Les deux hommes qui discutent plus facilement cherchent à s’harmoniser sur les besoins de l’autre en faisant des concessions mutuelles. En participant à la narration, Chisuzu apporte une touche d’humour avec son regard enfantin sur son père et le médecin. D’ailleurs, l’auteure dévoile un peu plus le passé de Tanihara ainsi que la situation particulière de la fillette. Elle questionne aussi sur la famille et le rôle du père. Indirectement, elle met en avant la disparition des petits bazars avec la baisse de natalité et les modes de consommations différents. L’histoire bonus donne une anecdote amusante sur les fantasmes de cosplay de Shûji.

Malgré un trait épuré et anguleux, la mangaka dessine des pommes d’Adam bien saillantes et des hommes aux visages masculins. Par ailleurs, elle varie beaucoup les expressions faciales, en particulier Tanihara qui affiche différentes moues adorables. Les décors sont détaillés. Par exemple, l’ambiance du bazar paraît presque authentique et nostalgique. Les trames d’ambiance transcrivent les émotions. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Sakuragi sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Comme dans le tome précédent, elle présente deux illustrations des héros au dos de la couverture. Par contre, ici, les dessins donnent une anecdote amusante du recto, avec un échange de tenue rappelant le cosplay du chapitre bonus.

En résumé

Tanihara Shûji et Saji Takafumi deviennent de plus en plus intimes. Toutefois, le gérant du bazar n’aime pas être câliné après l’amour. Le médecin essaie alors de savoir ce qui le gêne. Mais son amant finit par fuir suite à une remarque. Lors d’une visite de Ryômei à la boutique, Tanihara réalise au fil de leur discussion, qu’il doit simplement faire des efforts pour s’habituer à sa nouvelle situation, tout comme il réfléchit constamment à des solutions pour maintenir sa boutique à flot suite à la baisse des ventes de magazines et de cigarettes. Il décide donc de montrer un peu plus ses concessions à son partenaire qui accepte volontiers d’aller à son rythme…

En conclusion

La conclusion de cette romance adulte me transporte de bonheur. En effet, bien que les thèmes abordés concernent l’installation d’un couple gay, les solutions proposées peuvent s’appliquer à tout le monde en réalité. Car l’auteure se focalise principalement sur la construction du bonheur et sur l’harmonie du couple et de la famille qui peut ainsi surmonter toutes les épreuves extérieures. Une note positive et agréable.

Hide and seek 2 – Sakuragi Yaya

hide and seek 2 sakuragi yaya
SAKUTAGI Yaya 桜城やや
ISBN: 9782351809334
Taifu comics, 2015
ISBN: 9784041207222 (JP)
Kadokawa, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Je me sens comme une veuve qui se fait draguer… »

Sakuragi Yaya sensei dévoile le passé de Saji. Comparé au tome précédent, elle développe un peu plus la psychologie de ses personnages. Ainsi, le pédiatre se révèle plutôt peu sûr de lui derrière sa franchise, marqué par des échecs répétés. En effet, il essaie de retenir son amour étouffant. Tanihara réalise que ses sentiments pour le médecin évoluent mais a peur de s’attacher. En introduisant le profiteur Yukihisa, l’auteure bouscule un peu le couple et l’oblige à se confronter à leurs véritables désirs. Elle s’intéresse aux doutes et aux hésitations qui naissent lorsqu’une relation devient sérieuse. De même, elle met en avant les efforts fournis mutuellement pour maintenir un équilibre dans une relation. La narration alterne entre les deux héros, partageant ainsi leurs réflexions profondes. Le manque de franchise envers soi-même ne compense pas les discussions entre amoureux.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle dessine des nez et des mentons pointus et longs qui donnent un profil très découpé. De même, elle travaille beaucoup les regards, offrant une variété d’expressions. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors, plutôt détaillés, s’estompent pour ne pas surcharger la case. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Sakuragi sensei censure les parties intimes en jouant sur les angles de vue ou en les cachant avec des trames. De même, elle ne les détaille pas. Les illustrations en début de chapitre sont en lien avec le récit sans pour autant en dévoiler trop. Les illustrations couleurs sont magnifiques et dégagent de la sensualité. En particulier, au dos de la jaquette, les deux héros semblent très complices dans une activité commune.

En résumé

Depuis que Tanihara Shûji a vu Saji Takafumi embrasser un autre homme, il s’interroge sur leur relation. D’autant plus que le pédiatre passe à la boutique pour offrir un cadeau à Chisuzu et le prévenir qu’ils ne se verront plus pendant un certain temps. Au supermarché, le commerçant croise par hasard celui qu’il soupçonne être l’amant du médecin et se retrouve même à le raccompagner à la clinique en partageant un parapluie. Quand Saji arrive, Tanihara, se sentant mal à l’aise face à leur complicité apparente, décide de rentrer. Mais le pédiatre le raccompagne et tente de s’expliquer: Sudô Yukihisa est un collègue qui s’est installé temporairement chez lui et qui l’entraine souvent dans ses problèmes. Arrivé devant chez lui, Tanihara embrasse alors Saji avant de rentrer, confus de son propre comportement.

En conclusion

Cette romance adulte aborde avec réalisme la distinction entre sentiment et sexe. Le couple est attendrissant car tout à fait conscient et respectueux des attentes de l’autre. Les voir chercher le bonheur en s’adaptant, quitte à avoir une relation bancale, est rafraichissant. J’aime beaucoup l’évolution du couple qui se pose les bonnes questions. Un titre sans prétention au premier abord mais qui parle d’amour avec simplicité.

Hide and seek 1 – Sakuragi Yaya

hide and seek 1 sakuragi yaya
SAKURAGI Yaya 桜城やや
ISBN: 9782351809327
Taifu comics, 2015
ISBN:‎ 9784041202678 (JP)
Kadokawa, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« J’aimerais te connaître mieux. »

Sakuragi Yaya sensei narre une romance déséquilibrée entre un médecin sérieux et un commerçant nonchalant. Elle joue sur l’opposition des caractères ainsi que la différence d’approche de la relation amoureuse. Tandis que Saji a le coup de foudre, Tanihara voit ses sentiments évoluer petit à petit, d’abord curieux et intrigué par la franchise et les réactions imprévues du docteur. Le couple apprend à se connaître et à s’apprécier, d’autant plus que leur compatibilité sexuelle est très bonne. Par contre, Chisuzu paraît très mûre pour son âge. Toutefois, elle apporte une touche d’humour avec ses remarques pertinentes. La narration alterne entre les deux héros. Ainsi, l’auteure analyse, avec un ton léger, comment les caractères contraires s’attirent. Elle fait intervenir le prêtre Ryômei, l’ami de Shûji, qui permet au commerçant de faire des introspections et garder les pieds sur terre.

La mangaka a un trait épuré et légèrement anguleux au style reconnaissable. Elle dessine des visages ovales avec des yeux effilés et de grandes bouches. De même, les corps sont plutôt sveltes. Les trames d’ambiance accompagnent les émotions. D’ailleurs, un certain équilibre dans l’utilisation des trames donne un rendu assez réaliste des ombres. Les décors apparaissent dans les plans larges. Dans les scènes érotiques, Sakuragi sensei censure les parties intimes grâce aux angles de vue ou par l’absence de détails.

En résumé

Tanihara Shûji tient un petit bazar. Même si les clients se font rares, il est heureux de réaliser son rêve même s’il vit simplement. En plus, il élève Chisuzu, la fille de son ex-femme. Un jour, un homme au visage sévère, habillé en costume, vient lui acheter des jouets. Le commerçant est alors intrigué par le contraste entre son physique et son comportement. Quand sa fille tombe malade, il découvre que l’étrange client est pédiatre et remplace son grand-père hospitalisé. Contaminé par sa fille, Tanihara s’amuse de voir le médecin le traiter comme un enfant lors de sa consultation. En plus, Saji continue à s’inquiéter de sa santé lors de sa visite à la boutique. Apprenant que sa chaudière est cassée, il lui avoue alors être gay avant de lui proposer de prendre le bain chez lui. Curieux de nouvelles sensations, Tanihara accepte même de se laisser séduire.

En conclusion

Ce tome est cité parmi les meilleurs mangas érotiques du Chill chill BL award 2012. Ce spin-off de Yume musubi, koi musubi peut se lire seul. En effet, Ryômei fait juste des apparitions rapides. J’adore la dynamique qui s’installe entre les deux hommes. L’auteure présente une relation adulte et consentie, avec des objectifs clairement différents mais respectés par chacun.

My hero’s dream 4 – Aomiya Kara

my hero s dream 4 aomiya kara
AOMIYA Kara 蒼宮カラ
ISBN: 9782375062883
Taifu comics, 2021
ISBN:978-4758078474 (JP)
Ichijinsha, 2018
Titre original: おこさまスター4
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« T’es un héros chaque jour. »

Aomiya Kara sensei fait à nouveau un saut dans le temps et s’intéresse à la vie active de ses deux héros. Néanmoins, sa vision romantique dégouline un peu trop de mièvrerie. Comme elle précise dans ses commentaires, ce tome regroupe des histoires bonus sur le couple. Et cela s’en ressent fortement. Malgré une continuité évidente, chaque chapitre porte sur un thème précis: église, soft SM, onsen. Toutefois, l’essentiel reste cohérent. Ainsi, l’auteure aborde la confirmation des sentiments, l’engagement, le coming out à la famille. Comme dans le tome précédent, elle montre la vision différente de l’homosexualité selon les générations, ainsi que l’ouverture d’esprit de la famille Honda qui a déjà été confrontée à l’homophobie.

Le trait épuré et anguleux de la mangaka évolue encore un peu. Cela se remarque particulièrement dans le chapitre onsen dans lequel elle utilise un trait plus simplifié et moins de trames. D’ailleurs, elle reprend encore ce style dans les passages humoristiques, arrondissant totalement les têtes ou dessinant des personnages en SD. Avec la gêne, les personnages rougissent très facilement, leur donnant un côté innocent malgré leur âge. Les trames d’ambiance, très graphiques (points, étoiles, bulles…), accompagnent les émotions. Les autres trames sont, quant à elles, équilibrées. Les décors, pourtant détaillés, situent principalement l’action. La mise en page reste dynamique. Aomiya sensei ne censure pas directement les scènes érotiques, jouant sur les cadrages et les angles de vue pour cacher les parties intimes. En plus, elle assombrit les vignettes par des trames. Sous la jaquette, elle dessine sa postface, donnant une chronologie bien utile.

En résumé

Déjà deux ans que Honda Ryô a quitté l’université et travaille. Suite à un rôle important, Kaidô Kyôsuke joue maintenant dans des films d’action. Il a même obtenu une proposition d’audition à Los Angeles, où il habite actuellement. Chaque jour, son petit ami et lui s’appellent. Malgré la distance difficile à supporter, Ryô encourage Kyôsuke, regrettant encore de l’avoir abandonné quelques temps…

En conclusion

L’auteure offre une conclusion très positive, presque fleur bleue, à son récit. Cela ne me déplaît pas mais je trouve dommage qu’elle effleure des sujets intéressants sans les développer pour tout miser sur l’amour avec un grand A. Le couple a enfin trouvé son équilibre, nous offrant des moments tendres qui font du bien au cœur. Et puis l’illustration de la couverture est tellement mignonne!