Si tu insistes… – Niyama

si tu insistes niyama
Niyama にやま
ISBN: 9782382760727
Hana, 2021
ISBN: 9784801969827 (JP)
Takeshobo, 2020 (JP)
Titre original: そんなに言うなら抱いてやる
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

Un jeu de séduction entre deux hommes fiers.

Niyama sensei offre une comédie romantique avec deux salarymen aux caractères exacerbés qui s’affrontent dans un jeu de séduction. Shinobu, gay, se préserve des confrontations et des relations approfondies en cachant son physique attrayant et son orientation sexuelle au travail. Son côté sournois le rend un peu taquin. Hikaru, quant à lui, narcissique, aime être le centre de l’attention et cherche constamment à prouver son charme. Pourtant, il possède encore un côté naïf qui le rend adorable. En se découvrant, les deux hommes vont faire tomber leurs préjugés l’un sur l’autre et leurs sentiments vont petit à petit évoluer. L’auteure aborde ainsi le jugement sur l’apparence et la double vie que les deux hommes mènent entre travail et privé. Elle alterne la narration entre Urakawa et Omoteya, permettant aux lecteurs de découvrir leurs réflexions. Les jumeaux du bar apportent en plus une touche mignonne et loufoque avec leur cosplay.

La mangaka a un trait épuré légèrement léché. Elle porte attention aux petits gestes mais travaille surtout l’expression des visages. Shinobu a une magnifique musculature mais Hikaru, qui paraît plus sec, possède également des muscles fins. Les trames d’ambiance renforcent principalement les effets comiques. Par exemple, Omoteya étincelle littéralement entouré de roses. De même, l’utilisation des trames en général est variée mais reste équilibrée. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page dynamique rythme la lecture, avec des cases contemplatives. Niyama sensei ne censure pas les scènes érotiques. Sous la jaquette, elle dévoile l’art du camouflage de Shinobu.

En résumé

Au bureau, Urakawa Shinobu joue à l’employé médiocre en se camouflant derrière une tenue négligée et des lunettes aux verres épais. D’ailleurs, il ne supporte pas Omoteya Hikaru, un employé beau gosse et prétentieux considéré comme un prince. Ce dernier veut toujours le conseiller sur sa tenue. En réalité, Urakawa cache sa réelle apparence pour ne pas attirer les femmes. Gay, il aime draguer tranquillement le soir dans son bar préféré, Caprice, où il n’hésite pas à afficher son magnifique physique. Mais un jour, Omoteya remarque que son ami Tôya lit un magazine sur l’amour entre hommes. Comme leur rendez-vous avec des filles est annulé, il lui propose alors de venir avec lui dans un bar, ayant envie de tester son charme sur les hommes. Nin Nin désespère en le découvrant par hasard dans son petit paradis.

En conclusion

Ce one-shot obtient la deuxième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2021. Urakawa Shinobu est classé premier meilleur seme tandis qu’Omoteya Hikaru est septième meilleur uke. L’auteure mène parfaitement le jeu entre les deux personnages, équilibrant l’humour, la romance et les scènes érotiques. Malgré des caractères désagréables, les personnages sont attachants. Quel plaisir de voir Shinobu et Hikaru céder peu à peu à l’amour, chacun ayant l’impression de se faire mener par l’autre! Comme d’habitude, Niyama sensei nous offre une histoire prenante, amusante et adulte.

Tokyo en avril… 2 – Haru

tokyo en avril 2 haru
Haru ハル
ISBN: 9782382760352
Hana, 2021
ISBN: 9784813032571 (JP)
Taiyohtosho, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Tu es mon Tokyo en avril. »

Haru sensei conclut sa romance en transposant son sujet principal sur des thèmes plus généraux. Ainsi, après avoir analysé les sentiments de ses deux personnages, elle s’attarde sur la vision de leur relation par leur entourage. Elle s’intéresse donc à l’homophobie à travers Sanada, mais également à la perception ambiguë de la mère de Takizawa. La narration alterne toujours entre les deux héros, permettant de comprendre leurs réflexions personnelles. L’auteure continue à développer le passé des deux garçons, mettant en avant leur impuissance face aux décisions de leurs parents. Elle aborde également le harcèlement sexuel en entreprise, ainsi que les difficultés rencontrées par les victimes pour obtenir justice. Même si elle ne suit pas le procès en détail, elle donne toujours quelques indices sur son évolution. L’histoire bonus offre une anecdote toute mignonne sur le couple.

Le trait épuré et léché de la mangaka joue sur les pleins et déliés, donnant beaucoup de douceur et rappelant le style shôjo. Elle simplifie ses traits dans les passages humoristiques. D’ailleurs, les deux héros rougissent facilement. Les personnages ont différentes morphologies. Par exemple, Takizawa est finement musclé tandis que Ishihara paraît beaucoup plus sec. Les décors, détaillés, renforcent l’aspect réaliste par leur présence presque constante. En plus, les trames sont équilibrées. La mise en page est dynamique grâce aux angles de vue et aux cadrages de différentes formes. Dans les scènes érotiques, Haru sensei censure les parties intimes avec de fines bandelettes blanches. Après une couverture présentant les héros dans leur quotidien de jour, sur le tome précédent, elle offre une illustration plus câline, de nuit.

En résumé

Takizawa Kazuma et Ishihara Ren sont sex friend depuis deux mois. Ren a instauré des règles limitant les contacts que Kazuma suit scrupuleusement. A la demande de son ancien chef qui a créé sa propre entreprise, Ishihara lui présente Takizawa. En apprenant que Kazuma travaille aux ressources humaines, le designer met alors en garde son ancien collègue, lui exhortant de se méfier de Sanada. Pendant que les deux amants passaient du bon temps, Maeda, cheffe de la section design 2, appelle en urgence Ren. En effet, l’acteur Furuya Kô qui a signé plusieurs contrats avec eux, fait maintenant l’objet de graves scandales. Toutes les équipes sont donc mobilisées pour trouver des solutions. Bien qu’officiellement désigné pour aider son ami, Takizawa ne le voit pas souvent. Quand les soucis sont enfin réglés, Ren se laisse câliner par Kazuma et finit même par rester chez son sex friend

En conclusion

Ce tome obtient la dix-huitième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2021. Je trouve le dénouement magnifique, avec ce couple trop mignon. Ils ressemblent à un couple d’adolescents follement amoureux, même si ils mettent du temps à réaliser l’intensité de leurs sentiments. En plus d’un beau graphisme, l’auteure dépeint avec finesse les émotions et les réactions. Un énorme coup de cœur pour moi!

Coup de foudre pour Cupidon 2 Deuxième choc – Suzumaru Minta

coup de foudre pour cupidon 2 suzumaru minta
SUZUMARU Minta 鈴丸みんた
ISBN: 9782382760260
Hana, 2021
ISBN: 9784864423762 (JP)
Tokyo mangasha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Quand une amitié naissante perturbe une relation amoureuse.

Suzumaru Minta sensei dessine pour la première fois une suite, ébranlant la relation des deux héros de Coup de foudre pour Cupidon. Elle s’intéresse particulièrement à la fragilité du couple. Ainsi, devant le beau et réputé Takeo, Shingo perd encore le peu d’estime qu’il a de lui-même. En plus sa possessivité maladroite crée des tensions. Le couple enchaîne alors les quiproquos. Ao, têtu, n’arrive pas à comprendre le comportement de son petit ami avant de réaliser qu’il a les mêmes doutes. Ainsi, l’auteure montre comment une amitié imprévue perturbe un couple encore en manque de confiance. Elle met en avant le manque de communication ainsi que les doutes qui persistent sur l’orientation sexuelle malgré des sentiments forts. En fin de tome, elle offre deux histoires bonus plus câlines sur le couple.

La mangaka a un trait doux et épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, donnant des bouilles trop mignonnes à ses personnages. Elle varie les trames sans en abuser et utilise rarement les trames d’ambiance. Les décors sont plutôt présents. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Suzumaru sensei ne détaille pas les parties intimes. A la fin de certains chapitres, elle offre des yonkoma amusants, dont un présentant avec humour Takeo. De même, sous la jaquette, des yonkoma donnent des anecdotes mignonnes, mettant en avant les personnages secondaires.

En résumé

Nagata Shingo et Todoki Ao filent le grand amour et déjeunent toujours ensemble au lycée. Shingo a également amené un souvenir de ses vacances à Hokkaido : un petit strap sur le même thème qu’ils auront en commun. Comme la fête du sport se prépare, il est inscrit dans le groupe de danse pendant qu’il rêvassait. D’abord dépité, il se demande alors si son petit ami ne sera pas jaloux, une légende circulant sur la popularité de cette activité. Quand il rejoint Ao, il le trouve en pleine dispute avec un troisième année, Sudô Takeo. Or ce dernier n’est autre que le responsable du groupe de danse. Et il fait mener un entrainement très intensif, désirant absolument gagner. Nagata ne peut donc plus voir aussi souvent son petit ami qu’avant. Alors que Todoki a perdu son strap, il retourne au lycée le chercher malgré l’orage menaçant. Mais Takeo l’a trouvé avant lui…

En conclusion

Ce tome obtient la cinquième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2020. Nagata Shingo est classé onzième meilleur seme et Todoki Ao cinquième meilleur uke. L’auteure en profite pour approfondir un peu plus leurs sentiments pour notre plus grand plaisir. Si vous avez aimez le premier tome, il vous sera indispensable!

Akamatsu et Seven 3 – Shoowa et Okujima Hiromasa

akamatsu et seven 3 shoowa okujima hiromasa
SHOOWA
OKUJIMA Hiromasa 奥嶋ひろまさ
ISBN: 978238276307
Hana, 2021
ISBN: 9784253155373 (JP)
Akita publishing, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

« Une coloc entre mecs qui fait des étincelles! »

Dans la continuité du tome précédent, Shoowa sensei révèle enfin le lourd passé de Seven avant de recentrer sa série sur la colocation. Elle préfère donc s’attarder sur les relations humaines plutôt que l’action, ainsi que sur l’influence des liens tissés entre nos deux bagarreurs. D’ailleurs, les ambiances se mélangent donnant l’impression d’une fin précipitée. En effet, après des évènements tendus et dramatiques, l’atmosphère se détend grâce à une comédie délirante puis l’histoire d’amour reprend sa place avec un peu de romantisme. D’autre part, l’auteure arrive à rendre réaliste l’improbable. Elle montre la noirceur des trafiquants qui privilégient leur affaires avant tout et l’emprise qu’ils ont sur les membres de leur gang. Elle ajoute un peu d’humanité avec certains personnages qui conservent un bon fond, comme par exemple Sachiko.

Okujima Hiromasa sensei a un trait légèrement épuré mais léché. Il privilégie les stries et les hachures pour les ombres fortes. Par contre, il détaille les décors, très présents. Certains d’entre eux semblent même basés sur des photos. Les trames sont variées. La mise en page est dynamique grâce à la variation des angles de vue. Dans les scènes érotiques, le mangaka ne détaille pas les parties intimes. Il préfère se concentrer sur les sensations mais ajoute également une touche d’humour avec des métaphores. Par ailleurs, les illustrations en début de chapitre reprennent le thème principal développé sans pour autant révéler le contenu.

En résumé

Quand Akamatsu Aisuke se réveille le lendemain de son agression par Eight, Kanzaki Seven a disparu. Ce dernier a rejoint la bande de trafiquants pour qui il travaillait avant, suite aux menaces de son frère. Depuis, Aisuke, ne sachant pas où se trouve son colocataire, se morfond de son absence. Même si Seven a demandé de ne pas être mêlé au trafic de drogue, on l’oblige à jouer les gardes du corps durant les transactions. Il ne rêve donc que de s’enfuir à nouveau, mais craignant pour son ami, il finit par renoncer à vivre normalement. Un certain Sachiko vient, quelques jours plus tard, chercher les affaires du jeune homme chez Akamatsu. Mais devant sa mine déconfite, il se résout à lui révéler le passé de Kanzaki, espérant lui faire comprendre le danger. Toutefois, après avoir écouté son interlocuteur, le lycéen décide de sauver son colocataire.

En conclusion

Okujima sensei apporte vraiment une plus-value au récit, aussi bien graphiquement avec son style plus shônen que dans la sensibilité des personnages. C’est un crève-cœur de quitter cet adorable couple aussi tôt. Mais je recommande cette série à tout le monde.

L’étranger du zéphyr 4 – Kii Kanna

l etranger du zephyr 4 kii kanna
KII Kanna 紀伊カンナ
ISBN: 9782382760437
Hana, 2021
ISBN:‎ 9784396785048 (JP)
Shodensha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Des beaux-parents et un adolescent en crise à gérer.

Kii Kanna sensei effectue un bon de cinq ans après le tome précédent. Elle s’intéresse principalement à la crise d’adolescence de Fumi. L’adolescent gère mal ses sentiments et déverse sa colère sur son frère. En effet, l’homosexualité de Shun étant devenue publique, les répercussions sur l’entourage se font sentir. L’écrivain a un passage à vide et manque encore plus confiance en lui. En plus, Mio se retrouve surchargé. Ainsi, l’auteure développe les difficultés d’un couple à entretenir la passion sur la durée, d’autant plus quand les activités quotidiennes dévorent les moments intimes. De même, elle met en avant l’influence de la cohabitation avec la belle-famille, entrainant des responsabilités supplémentaires. Pourtant, Mio et Shun semblent endurer sans trop de problèmes l’espacement des câlins grâce à la communication.

La mangaka a un style immédiatement reconnaissable, avec un trait épuré. Elle privilégie les stries et hachures pour les volumes, en plus de quelques trames, qui renforcent ainsi les contrastes noir et blanc. Elle exagère les expressions et apporte une touche d’humour. D’ailleurs, les animaux actifs en arrière-plan y contribuent également. Les décors sont tracés à la main, donnant un aspect chaleureux au dessin. La mise en page est dynamique. Kii sensei n’inclut pas de scènes érotiques car elle se concentre surtout sur Fumi et les problèmes de couple.

En résumé

Cela fait 5 ans que Hashimoto Shun (32 ans) est rentré chez ses parents à Hokkaido accompagné de son petit ami Chibana Mio. L’écrivain, qui fait une pause dans sa carrière, passe ses journées désœuvrées à ne rien faire. Il patiente tranquillement dans un game center lorsque Mio vient le chercher, chargé des sacs de courses. Depuis que Hashimoto Yuriko souffre de fatigue à cause de la ménopause, Chibana l’aide aux tâches ménagères en plus de son travail dans un garage. Comme il a encore préparé un curry pour le dîner, Fumi (13 ans) préfère aller à la supérette. En pleine crise d’adolescence, le jeune garçon s’énerve souvent contre le couple, en particulier Shun qu’il accuse de tous ses malheurs. Mais Sakurako, dont il est amoureux, arrive à le calmer. Elle le rassure même pour sa décoloration de cheveux ratée…

En conclusion

Toujours aussi précise et délicate sur les tranches de vie, l’auteure continue à s’intéresser à toute la famille Hashimoto et son interaction avec le couple de Shun et Mio. Les purs fans d’histoire de BL pourront être un peu frustrés par ce tome. Pour ma part, j’apprécie les différents sujets abordés, très ancrés dans la réalité.

Smoky nectar – Minazuki Akira

smoky nectar minazuki akira
MINAZUKI Akira ミナヅキアキラ
ISBN: 9782382760772
Hana, 2021
ISBN: 9784813032670 (JP)
Taiyohtosho, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

L’enquête d’un journaliste pour innocenter son ami d’enfance.

Minazuki Akira sensei revisite le mythe du vampire, mélangeant enquêtes et actions. Elle construit un univers différent avec des clans, des règles pour les régir et leur permettre de vivre avec les humains, mais surtout un sang particulier, le nectar, qui attire irrésistiblement les mordeurs. Ainsi, elle utilise Annaka et ses confrères pour révéler au lecteur les spécificités de leur espèce. La salive fonctionnant comme un aphrodisiaque, le consentement devient flou dans les rapports charnels. De même, les vampires affichent une nature très possessive envers leur partenaire sexuel. L’auteure s’intéresse à la différence entre amitié et amour à travers Mitsuru. Elle questionne sur les sentiments lorsque l’instinct influence les émotions. Pareillement, elle aborde indirectement la pression familiale quand l’unique héritier est homosexuel et ne peut donner une descendance.

La mangaka a un trait léché et épuré. Elle dessine de grands yeux expressifs. D’ailleurs, Mitsuru a un petit air niais à cause des ses yeux qui semblent constamment écarquillés. Les décors apparaissent sur les plans larges. Par ailleurs, les scènes d’action sont claires et dynamique, également mise en valeur par la mise en page. Dans les scènes érotiques, Minazuki sensei ne détaille pas les parties intimes.

En résumé

Le journaliste Hasegawa Mitsuru enquête sur un étrange meurtre attribué à un vampire: la victime, Chika, a des traces de morsures dans le cou et son sang aurait coagulé. Annaka Yûsei, l’ami d’enfance de Hasegawa, le met en garde et s’inquiète pour lui. Mais le journaliste refuse d’abandonner l’affaire. En effet, il cherche en réalité à innocenter son ami, également suspecté, car les immeubles autour du lieu du crime lui appartiennent. En plus, il a réussi à obtenir un entretien avec Kudô, un autre suspect proche de la victime. Justement, ce dernier lui donne rendez-vous dans un parc. Cela n’arrange pas Mitsuru dont le sang attire les moustiques. D’ailleurs, intrigué par son parfum, Kudô l’attaque, lui arrachant son amulette offerte par son ami. Alors qu’il allait se faire mordre, Anna vient à sa rescousse, soulevant le « mordeur » d’une seule main…

En conclusion

Ce one-shot obtient la huitième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2021. A cause des particularités des mordeurs, la question des sentiments entre les deux personnages est plutôt vite expédiée. Toutefois, l’univers original ainsi que le graphisme magnifique offrent une histoire intéressante et divertissante. Elle plaira sûrement aux fans de vampires!

Blanc 2 – Nakamura Asumiko

blanc 2 nakamura asumiko
NAKAMURA Asumiko 中村明日美子
ISBN: 9782382760413
Hana, 2021
ISBN: 9784863498495 (JP)
Akaneshinsha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

Le plus beau jour d’une vie pour un couple.

Nakamura Asumiko sensei conclut sa série dans un festival d’émotions. Elle délaisse un peu l’analyse des sentiments pour se consacrer pleinement à la réconciliation et l’évolution de Kusakabe et Sajô. Ainsi, les deux garçons entrent un peu brusquement dans la vie adulte, perdant petit à petit leur candeur. La famille Kusakabe, en particulier la mère, apporte une touche d’humour agréable après le cumul d’événements dramatiques. Par ailleurs, l’auteure s’intéresse aux diverses émotions lors de l’officialisation d’une relation ainsi que les différents moyens pour faire accepter son homosexualité. Avec Hiraoka, l’agent de Kusakabe, elle met en avant d’autres réactions positives, en particulier parmi les jeunes générations, plus ouvertes. Grâce à sa touche narrative particulière, elle transmet avec douceur les différents sentiments de ses personnages, faisant encore évoluer les personnages secondaires jusqu’au bout.

La mangaka a un trait anguleux presque dépouillé. Elle exagère les expressions, renforçant l’impact des émotions. Par ailleurs, elle utilise avec parcimonie des trames plutôt claires, préférant jouer sur les contrastes noir et blanc. Ce traitement sied parfaitement à son style, mettant en valeur son trait fin. Les décors situent principalement l’action. La mise en page dynamique rythme la lecture, avec ses angles de vue variés. Nakamura sensei exploite avec brio les grandes vignettes ou les pleines pages. D’ailleurs, elle débute ses chapitres par une grande image immersive. Elle ne montre pas les détails dans les scènes érotiques, jouant sur les angles de vue et les cadrages. Pourtant, la sensualité et la passion sont bien exprimées. L’illustration de la jaquette est la continuité de celle du premier tome. Mises côte à côte, elles forment donc un dessin final magnifique du couple.

En résumé

Après un cauchemar, Sajô Rihito, encore à moitié endormi, enlace Kinosaki Hideto. Son ami lui fait alors remarquer qu’il devrait plutôt se réconcilier rapidement avec son petit ami. Bien qu’ils sont maintenant séparés, Kusakabe Hikaru prend soin de la mère de Rihito, à nouveau hospitalisée, comme il le lui a promis. Kumi est très enthousiaste des CD musicaux qu’il lui a gravés et a deviné que la dernière chanson est composée par le jeune homme. Gêné, ce dernier finit par lui avouer la situation critique de leur couple. Mais Kumi l’encourage à persévérer, lui révélant quelques secrets sur le comportement de son fils, qui a tendance à s’isoler, même avec elle. Hikaru ne peut retenir ses larmes, étant toujours amoureux de Rihito. Lorsqu’il envoie des nouvelles, Sajô le remercie et l’appelle.

En conclusion

Comme le remarquent certains personnages secondaires, la relation entre Sajô et Kusakabe paraît tout à fait naturelle. Leurs sentiments sont palpables, même à la lecture. L’auteure arrive, avec son style narratif et son graphisme expressif, à transmettre les émotions de ses personnages, impliquant presque le lecteur dans le récit. Une série à lire absolument!

Blanc 1 – Nakamura Asumiko

blanc 1 nakamura asumiko
NAKAMURA Asumiko 中村明日美子
ISBN: 9782382760406
Hana, 2021
ISBN: 9784863498433 (JP)
Akaneshinsha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Loin des yeux, loin du cœur?

Nakamura Asumiko sensei développe un peu plus l’évolution de la relation de Kusakabe et Sajô depuis O.B.. Elle s’attarde sur leurs sentiments complexes et leurs doutes. Elle aborde donc les incertitudes sur l’avenir d’un couple homosexuel, l’envie d’officialiser leur statut de couple ainsi que la difficile gestion des obligations du monde adulte, chronophage, sur la vie amoureuse. En effet, la carrière de Hikaru stagne et Rihito n’arrive plus à se projeter dans l’avenir. La relation à distance augmente le manque de communication des deux hommes qui ont déjà tendance à intérioriser leurs réflexions. L’auteure met en avant les personnages secondaires qui guident et soutiennent le couple, comme Hara et Miyamura. Par un évènement dramatique, elle oblige ses deux héros à se confronter à leur lâcheté et leurs profonds sentiments. En effet, Sajô préfère fuir le bonheur pour éviter de souffrir plus tard.

La mangaka a un trait légèrement anguleux, très épuré, presque dépouillé mais malgré tout léché. Elle exagère un peu les expressions des visages et porte attention aux petits gestes. Par ailleurs, elle dessine des personnages longilignes. Les décors apparaissent sur les plans élargis mais s’estompent souvent autour des personnages. Nakamura sensei utilise les trames avec parcimonie, privilégiant donc les contrastes noir et blanc. La mise en page est dynamique. Il n’y a pas de scènes érotiques. Le titre noir et vernis donne un bel effet sur la couverture blanche et mate, avec le dessin de Sajô uniquement en gris.

En résumé

A 20 ans, Sajô Rihito et Kusakabe Hikaru ont échangé des anneaux en se promettant de se marier. Mais depuis, Rihito a l’impression que leur relation s’étiole avec l’éloignement. D’ailleurs, il reçoit encore un appel de son petit ami qui annule leur rendez-vous du week-end, devant remplacer un collègue à son travail. Libre, l’étudiant accepte alors de participer à un séminaire avec ses camarades de classe. Tout en discutant autour d’un barbecue, Sajô, qui termine sa licence, réalise soudain qu’il n’a plus vraiment de projets d’avenir. De son côté, Kusakabe décide finalement de rejoindre son petit ami après avoir rencontré un membre de son ancien groupe de musique. En effet, il n’arrive pas à se souvenir de la date de leur dernière rendez-vous amoureux. Sur le pas de la porte, assailli de doutes, Rihito lui demande à prendre du recul. Hikaru lui rend alors sa bague…

En conclusion

Ce tome a obtenu la seconde place de la meilleure série au Chill chill BL award 2021. Kusakabe Hikaru est classé septième meilleur seme et Sajô Rihito neuvième meilleur uke. L’auteure dépeint avec pudeur et finesse les sentiments contradictoires de ses personnages, qui se font happer par leur quotidien et maintiennent difficilement leur relation, malgré leur amour réciproque. En plus des deux héros, elle développe également leur entourage donnant un ton très réaliste au récit. Une lecture essentielle, surtout pour tous les fans de la série.

L’oiseau de Shangri-la 2 – Zariya Ranmaru

l oiseau de shangri la 2 zariya ranmaru
ZARIYA Ranmaru 座裏屋蘭丸
ISBN: 9782382760475
Hana, 2021
ISBN: 9784829686430 (JP)
Printemps shuppan, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Apollon et Fee se rapprochent petit à petit.

Zariya Ranmaru sensei continue à développer l’univers de Shangri-la en révélant ses côtés sombres. Elle met en avant la position précaire de l’établissement qui dépend des décisions politiques du continent. De même, des intrigues supplémentaires égratignent l’image idéale de la luxueuse maison close, établie dans le premier tome. D’abord, le comportement de certains clients en extérieur limite la liberté des oiseaux. Ensuite, le lourd passé de Fee, qui remonte à la surface, installe une certaine tension. La relation entre l’étalon et son oiseau évolue petit à petit, le prostitué faisant de plus en plus confiance à Apollon. L’auteure dépeint parfaitement la psychologie de ses personnages, en particulier le changement de comportement de Fee. Elle interroge également sur la vision de l’amour, confrontant les idées préconçues d’Apollon au vécu de Fee ou même du couple formé par Lloyd et Jean.

La mangaka privilégie le réalisme de son graphisme. Ainsi, elle épure à peine son trait plutôt léché. Elle dessine des corps sculpturaux. Par ailleurs, les trames très variées rendent le moindre détail des ombres, des variations de teintes. Même les trames d’ambiance s’intègrent discrètement et se font rares. En plus, les décors très précis exploitent pleinement les grandes vignettes, ajoutant encore une touche réaliste. La mise en page est dynamique. Zariya sensei offre des scènes érotiques débordant de sensualité. Elle joue sur les angles de vue, les positions ainsi que les objets du décor pour cacher les organes génitaux.

En résumé

Le patron de Shangri-la rappelle à Apollon les principes de son établissement sous forme de conte, insistant sur l’obligation de respecter les règles pour conserver ce paradis. Plus tard, l’étalon accompagne au ferry son ami Douglas. Ce dernier lui demande alors de faire des efforts pour mieux s’intégrer et surtout s’entendre avec Fee qui se serait attaché à lui. Le soir, troublé par ces paroles, Apollon a du mal à se concentrer sur la préparation de son oiseau, d’autant plus que ce dernier s’amuse à le provoquer. Le lendemain matin, Fee est brusquement réveillé par un cauchemar du passé. Et quand Apollon se réveille plus tard dans la matinée, il trouve alors le prostitué endormi dans son lit…

En conclusion

Ce tome obtient la neuvième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2021. Apollon est classé dix-septième meilleur seme et Fee dixième meilleur uke. L’auteure nous offre un récit vraiment prenant, au graphisme de toute beauté et avec des personnages attachants. Après avoir émerveillé le lecteur, elle détruit ses illusions petit à petit, installant des tensions pour la suite. J’adore Carna, avec son côté très observateur et protecteur. De même, j’apprécie l’ouverture d’esprit d’Apollon qui accepte de se remettre en question en réalisant sa vision étroite de l’amour. Je recommande donc chaudement cette série qui, par son thème et son approche, peut plaire à un large public adulte.

Happy shitty life 2 – Harada

happy shitty life 2 harada
Harada はらだ
ISBN: 9782382760468
Hana, 2021
ISBN: 9784801971448 (JP)
Takeshobo, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« On n’a pas à juger des préférences sexuelles des autres. »

Harada sensei continue à présenter avec humour les frasques de Kasuya et Kuzuya en perpétuelle recherche de satisfaction de leurs fantasmes. Elle joue sur le contraste entre leur libido débordante et les difficultés pour la satisfaire à la campagne. Un certain équilibre s’installe entre eux grâce au partage de pratiques et d’idées farfelues. Toutefois, l’évolution de leurs sentiments reste plutôt absente. Leurs délires s’enchaînent, exacerbés par leurs caractères égoïstes et pourtant naïfs. L’auteure tourne en dérision les fantasmes que l’on retrouve dans les œuvres érotiques. En introduisant Koma Kotarô, qui aime l’ero-guro, elle aborde indirectement les difficultés des minorités sexuelles, dénonçant au passage le jugement du regard extérieur très critique. Par ailleurs, elle brouille la limite entre réalité et fantastique avec les interventions autour du dieu.

Le trait fin et léché de la mangaka est immédiatement reconnaissable. Elle joue sur les pleins et déliés donnant une forte expressivité à son trait. Dans les passages humoristiques, elle exagère les expressions accentuant l’effet comique. Les trames sont très variées. En plus, les trames d’ambiance accompagnent également les émotions. De même, les décors sont très détaillés avec par exemple, la texture des tatamis. Les paysages ajoutent aussi une touche réaliste. Ainsi, les contrastes sombres et clairs ressortent particulièrement. La mise en page dynamique joue surtout sur les variations d’angles de vue et des ellipses bien intégrées. Harada sensei ne censure pas ses scènes érotiques. Sous la jaquette, elle présente Kasuya Kyôtarô (30 ans).

En résumé

Kasuya Kyôtarô, n’arrivant pas à faire du bondage tout seul, demande de l’aide à son voisin Kuzuya Yoshiyuki. Il le trouve également en train de se soulager seul devant une vidéo. Après l’avoir bien attaché, Kuzuya remarque alors qu’il manque des piles dans la télécommande du vibromasseur et va immédiatement en chercher en abandonnant son ami encore ligoté. En chemin, il croise une jeune femme tombée dans une rizière. Tsubaki est venue voir son ex que son père l’a forcée à plaquer. Le jeune homme l’emmène donc au bar de Sakura pour qu’elle puisse emprunter des vêtements secs mais les deux jeunes femmes se connaissent. Elles fêtent donc leurs retrouvailles en compagnie de Kuzuya en papotant autour d’un verre…

En conclusion

Ce tome obtient la cinquième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2021. Kasuya Kyôtarô est classé dix-neuvième meilleur seme. Une histoire toujours aussi amusante et délirante! Par contre, comparé au tome précédent, je trouve que l’humour a un peu moins de mordant. Pour ma part, j’ai beaucoup ri sur l’élevage des vers et cela m’a même donné envie d’en découvrir un peu plus sur l’espèce. J’apprécie beaucoup l’approche saugrenue de l’auteure pour traiter néanmoins en profondeur différents sujets.