A tes côtés… 2 – Yukue Moegi

a tes cotes 2 yukue moegi
YUKUE Moegi ゆくえ萌葱
ISBN: 9782382760581
Hana, 2021
ISBN:‎ 9784796413992 (JP)
Kaiohsha, 2020 (JP)
Titre original: 白刃と黒牡丹2
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Est-ce de la pitié ou de l’amour?

Yukue Moegi sensei s’intéresse aux sentiments de Kuroi. Elle dévoile également l’origine de sa cicatrice, introduisant le futur lieutenant du clan Benio, Akabane Tokiya. Ce dernier vient perturber l’équilibre fraichement atteint du couple. En effet, ce chien fou aime relever les défis et répond aux provocations. Pour lui, l’amour devient surtout un simple jeu. Par ailleurs, Handa continue à apporter une touche humoristique. L’auteure s’intéresse à la différence entre simple voyou et yakuza. Elle montre aussi l’écart qui existe entre les jeunes recrues et les anciens, ainsi que la formation qui se fait par transmission. Par exemple, Akabane s’intéresse aux nouvelles technologies pour développer son business mais a du mal à trouver des soutiens dans le clan. La gentillesse de Kuroi entraîne des doutes, Shirakaba ayant clairement conscience que son amour obsessionnel l’a fait céder. Pourtant, le yakuza admet enfin ses sentiments et prend donc des initiatives.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle dédouble parfois les contours, donnant un peu de volume. Malgré un trait déjà sommaire, elle le simplifie encore plus dans les passages humoristiques, exagérant les expressions. Les corps musclés siéent parfaitement aux tatouages. Par ailleurs, le travail particulier des yeux, avec un point pour les pupilles, reste tout de même très expressif. Les décors s’estompent dès que les cadrages se resserrent, jusqu’à être réduits à l’essentiel. Les trames, équilibrées, ont une dominante claire. La mise en page dynamique joue beaucoup sur les angles de vue variés. Dans les scènes érotiques, Yukue sensei censure à peine les parties intimes en les détaillant peu et en usant de traits discontinus. Elle n’hésite pas à représenter Akabane en wanko. Comme dans le tome précédent, il y a un jeu pour retrouver Busamen. Les réponses se trouvent sous la jaquette, accompagnées de la postface.

En résumé

Kuroi Kengô réveille Shirakaba Tôma qui faisait un cauchemar. Sous la douche, l’avocat déborde de joie car ses sentiments sont enfin réciproques. Mais sa joie disparaît immédiatement pour laisser place à la peur de devenir trop étouffant. Même s’il manque d’endurance, il craque tellement pour le yakuza qu’il se relance dans une partie de jambes en l’air avec son amant. Toutefois, Kuroi essaie de connaître ce qui a perturbé son ami dans le cauchemar…

En conclusion

Je fond complètement pour ce couple. J’apprécie beaucoup le changement de Kuroi qui, une fois ses sentiments acceptés, fonce avec droiture et loyauté. La dynamique du couple prend le dessus sur l’histoire. L’auteure arrive clairement à transmettre leurs émotions. Du bonheur à lire tout simplement.

Vampire and pleasant companions 2 – Konohara Narise et Ragawa Marimo

vampire and pleasant companions 2 konohara narise ragawa marimo
KONOHARA Narise 木原音瀬
RAGAWA Marimo 羅川真里茂
ISBN: 9784592218623 (JP)
Hakusensha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Le sang d’Akira est particulièrement délicieux. »

Ragawa Marimo sensei révèle par brides le passé d’Albert. Elle détaille donc ses différentes émotions, expliquant au passage ses difficultés actuelles. En effet, l’américain, issu d’une famille aimante, originaire du Nebraska, a subi des traumatismes, lui faisant perdre son côté optimiste. Pourtant, il continue à exprimer facilement ses sentiments. Il incite même Akira à s’ouvrir un peu plus. Ainsi, le vampire retrouve petit à petit un peu d’humanité au contact de l’embaumeur. Nukariya montre son vrai visage, se révèlant être un véritable tortionnaire sous son air angélique. L’auteure présente un peu plus l’environnement de travail d’Akira, avec ses collègues, mettant en avant le stagiaire Tsuno. En parallèle, elle développe également l’enquête de Nukariya. D’ailleurs, elle pointe indirectement quelques failles du système policier japonais. L’humour vient détendre les passages tendus. La nouvelle présente la suite de l’histoire du tome précédent, du point de vue d’Akira.

La mangaka dessine des corps finement musclés. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. En plus, son trait épuré légèrement anguleux se simplifie un peu dans les dessins de la chauve-souris. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. Par contre, les autres trames, variées, chargent pourtant peu les pages. La mise en page est dynamique. Ragawa sensei masque légèrement les scènes très violentes par des trames sombres ou en resserrant le cadrage sur les détails. Par ailleurs, elle préfère suggérer les actions les plus dures. Toutefois, elle rend avec finesse la souffrance. Il y a encore toutes les bouilles mignonnes d’Al en chauve-souris au dos du manga sous la jaquette.

En résumé

Takatsuka Akira (30 ans) trouve Albert Irving gravement blessé à l’arme blanche, réfugié sous un banc dans un parc. Même si ses blessures se referment vite, le vampire, très affaibli à cause d’une grave hémorragie, reste alité durant plusieurs jours. L’embaumeur décide donc de lui faire boire son sang, mais Al n’arrive pas à s’arrêter, entrainant l’évanouissement de son sauveur. Paniqué, l’américain fonce nu demander de l’aide au voisin. A l’hôpital, le médecin se méprend en entendant ses explications confuses et pense alors avoir affaire à un couple gay sado-masochiste. Il entame donc divers examens. Nukariya Seiji, en visite, prend en charge le vampire. Mais en découvrant l’agression d’Al, il pense alors que l’américain a croisé le tueur en série qui sévit actuellement dans le parc et lui demande donc son aide.

En conclusion

Les histoires bonus apportent une véritable respiration après un tome assez tendu. Certaines scènes peuvent choquer la sensibilité de certains lecteurs, malgré les précautions prises par la mangaka. Heureusement, Al en chauve-souris offre une bonne dose de « mignonitude ». D’ailleurs, Ragawa sensei le déguise dans la postface. La nouvelle de Konohara Narise sensei donne envie de découvrir les romans. Je trouve son écriture agréable.

Vampire and pleasant companions 1 – Konohara Narise et Ragawa Marimo

vampire and pleasant companions 1 konohara narise ragawa marimo
KONOHARA Narise 木原音瀬
RAGAWA Marimo 羅川真理茂
ISBN: 9784592218616 (JP)
Hakusensha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Même affamé, je ne meurs pas. Je le sais bien mais c’est tellement insupportable. »

Ragawa Marimo sensei adapte la série de romans BL de Konohara Narise sensei tout en conservant son style narratif. Pour l’instant, elle installe le contexte, un mélange entre policier et fantastique. L’humour joue d’abord sur la mésentente entre Akira et Albert qui, malgré des caractères très opposés, vont devoir cohabiter. Le taciturne embaumeur oblige le dolent vampire à se prendre en main. En effet, l’américain qui a tendance à se laisser porter par son malheur, ne se sent plus vraiment humain. Nukariya vient temporiser les conflits entre les deux têtes de mule. Par ailleurs, l’auteure permet de découvrir le métier d’embaumeur. Elle dévoile le passé de ses héros par brides. Elle offre une petite anecdote amusante en fin de tome. En plus, une nouvelle de la romancière, en fin de volume, développe la vie d’Al avant sa transformation.

La mangaka a un trait épuré et léché, légèrement anguleux. Elle varie les morphologies, permettant d’identifier immédiatement les personnages. De même, elle simplifie son trait dans les passages humoristiques. Ainsi, Akira transpire la sobriété à travers son style, tandis qu’Albert possède un petit air polisson qui lui va à ravir. De même, la chauve-souris possède un visage très expressif. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. La mise en page est dynamique. Ragawa sensei évite de détailler les scènes violentes. Elle cache les parties génitales par un cache en forme de chauve-souris. Elle reprend même les bouilles mignonnes de l’animal au dos du manga sous la jaquette.

En résumé

Dans une usine de transformation de viande de bœuf importé des États-Unis, Kitahara Shikayo trouve une chauve-souris qu’elle jette à la poubelle. Albert Irving (21 ans) se réveille nu et affamé, dans les toilettes des femmes de cette usine mais est surpris par un vigile. L’américain termine donc en cellule au poste de police. Toutefois, le lendemain, les policiers ne trouvent qu’une chauve-souris à sa place dans la geôle. L’inspecteur Nukariya Seiji emmène alors l’animal chez son ami, Takatsuki Akira, un embaumeur fan de ces bestioles. En réalité, Al est un vampire imparfait qui n’a pas de crocs et qui ne contrôle pas sa transformation. Il vit donc en humain la nuit et en chauve-souris le jour. Donc quand Akira rentre du travail le soir, il surprend l’homme nu dans son appartement…

En conclusion

Le roman se compose de 5 tomes, publiés entre 2006 et 2011. Il y a même une adaptation en deux drama CD. Konohara sensei a été publiée en France, avec le manga Castel mango (Taifu comics) dont elle s’occupe du scénario. Mais elle a également publié un roman. Par ailleurs, elle a obtenu la quatrième place de la meilleure romancière au Chill chill BL award 2011, pour d’autres titres. En effet, elle est surtout connue pour sa série Cold. J’adore la dynamique entre les trois personnages. Akira cache sa gentillesse derrière sa maladresse dans les contacts humains. Par ailleurs, les bouilles d’Al en chauve-souris donnent envie d’en découvrir plus sur cet animal. Ce tome se termine sur une scène en plein suspense! Quelle souffrance pour patienter!

Karasugaoka Don’t be shy!! 2 – Yukura Aki

karasugaoka dont be shy 2 yukura aki
YUKURA Aki 夕倉アキ
ISBN: 9782382760093
Hana, 2021
ISBN: 9784253155342 (JP)
Akita publishing, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Quand timidité et nervosité empêchent à l’amour de s’exprimer.

Yukura Aki sensei continue à présenter quelques tranches de vie du jeune couple dans leurs activités de quartier. Comme dans le tome précédent, elle joue sur la timidité de Sô pour créer des quiproquos, provoquant des situations contraires à l’attente du lecteur. De même, elle développe un peu plus la personnalité des deux héros. Ainsi, Izuhara se montre maladroit, n’ayant pas d’expérience et Shinba devient timoré suite à de mauvaises expériences. Le romantisme n’existe donc pas pour ce couple qui, en plus, fait passer le maintien de la justice avant tout. Pourtant, leur relation évolue patiemment, dans le respect et le consentement. L’auteure fait intervenir les membres des brigades, en particulier Kippei et Ryôta, qui les guident. Par ailleurs, elle développe un peu plus le contexte familial des deux héros.

Le trait épuré de la mangaka ne se démarque pas avec un style shôjo mais est efficace. Le graphisme mignon reste pourtant dynamique dans les scènes d’action. Les personnages ont des corps finement musclés. Les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Elles alternent également avec des décors plutôt minimalistes. Dans les scènes érotiques, Yukura sensei ne montre pas les parties intimes, jouant sur les cadrages. A la fin de certains chapitres, elle donne des anecdotes amusantes sur les deux gangs. Dans sa postface sous la jaquette, elle ajoute des renseignements complémentaires sur les personnages.

En résumé

Depuis qu’Izuhara Sô (22 ans) et Shinba Tetsuji (24 ans) sortent ensemble, les factions de volontaires Voice et Karasukai coopèrent souvent pour lutter contre le crime. Toutefois, le timide Sô n’arrive toujours pas à montrer ses sentiments. Il garde donc encore une certaine distance avec son petit ami. Un soir, Tetsuji est abordé par une hôtesse de bar. Il s’agit en fait d’Akina, une amie du lycée. Elle invite donc le jeune homme à discuter du passé. Mais Izuhara, qui remplace parfois un serveur, les croise. Et il ne peut s’empêcher de montrer sa jalousie…

En conclusion

Cette comédie légère avec un amour pur mais maladroit est rafraichissante. Je m’amuse des frasques des deux héros qui affichent des bouilles hilarantes ou adorables dans les moments romantiques. Une lecture divertissante avec des personnages attachants qui vous fera passer un bon moment!

La forêt aux lapins 2 – Enjo

la foret aux lapins 2 enjo
Enjo 苑生
ISBN: 9782382760802
Hana, 2021
ISBN: 9784813032731 (JP)
Taiyohtosho, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Les tourments de l’amour de deux amis d’enfance.

Enjo sensei décortique la relation qui se transforme entre Tamaki et Shunta. Elle alterne la narration entre les deux adolescents, partageant leurs réflexions. Yuminaga a clairement conscience de céder constamment aux demandes de son ami. D’ailleurs, Shunta en profite sciemment pour le forcer, regrettant à chaque fois d’imposer ses pulsions. Comme son ami a développé une aversion de tout ce qui a trait au sexe, le consentement dans leurs rapports semble constamment en équilibre sur un fil tendu, souvent à la limite du tolérable. Ainsi, l’auteure pose un regard assez large sur la sexualité. Elle installe une frontière entre le sentiment amoureux considéré comme pur et l’acte sexuel ressenti comme négatif. Plus que l’homosexualité, elle interroge sur l’attirance entre hommes. D’ailleurs, les personnages secondaires, comme le sex friend de Shun, Takumi, et les salarymen Yamanobe et Matsuyama apportent un regard différent.

La mangaka a un trait épuré et léché, légèrement anguleux. Elle dessine des corps finement musclés. De même, elle détaille les petits gestes et les regards. Le trait se simplifie dans les passages humoristiques: par exemple, les yeux se résument à deux points mais cela donne une bouille trop mignonne aux personnages. L’utilisation des trames est équilibrée. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique rythme la lecture, avec parfois des passages très séquencés. Dans les scènes érotiques, Enjo sensei censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches. Comme dans le tome précédent, l’illustration couleurs de la couverture utilise une gamme dominante de tons, du plus bel effet.

En résumé

Même s’ils ont décidé de sortir ensemble pendant un an, Yuminaga Tamaki s’interroge sur sa relation avec Shii Shunta. En effet, il remarque que ses sentiments avec son ex, Hanaoka, ont complètement changé dès qu’elle devenait plus charnelle. Prisonnier de ses promesses depuis l’enfance, il ressent du dégoût pour le sexe en général. Quand Shii vient le chercher à la sortie du travail pour un rencart improvisé, il réalise que le terme le dérange plus que la situation-même, peu différente de leurs habituelles sorties. Son ami l’invite donc à réfléchir au sentiment amoureux et à profiter simplement du délai fixé. Mais quand il lui impose un baiser langoureux au lieu de leur bécot habituel, Yuminaga prend peur. Shunta essaie donc immédiatement de se faire pardonner.

En conclusion

L’auteure a une approche narrative merveilleusement bien maîtrisée. En plus son graphisme est un délice pour les yeux. Je me retrouve à la fois à détester et apprécier Shii, réprouvant son comportement, puis lui pardonnant en constatant ses profonds regrets. Un récit à lire et relire. Mise à jour: Ce tome obtient la seizième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2022.

Hitorijime my hero 7 – Arii Memeco

hitorijime my hero 7 arii memeco
ARII Memeco ありいめめこ
ISBN: 9782382760154
Hana, 2021
ISBN: 9784758077781 (JP)
Ichijinsha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

L’amour vu par un groupe d’adolescents.

Arii Memeco sensei fait une pause narrative en proposant quelques tranches de vie. Elle présente donc un peu le passé de Hasekura et Kensuke et développe le personnage secondaire, Fukushige Mitsuru. Ce dernier, en manque d’affection, nourrit un attachement particulier envers son ami. L’humour s’appuie principalement sur les réactions ou les situations insolites. Alors que la relation entre Kôsuke et Masahiro devient plus sérieuse, celle de Hasekura et Kensuke semble se dégrader. Ainsi, la différence de maturité entre les deux amis se fait sentir. L’auteure met en avant la difficulté à résister aux doutes et à l’attente placée dans le partenaire. Par ailleurs, elle met en évidence le comportement puéril de Shige qui influence son entourage et pose parfois problème. Elle brise également l’image du père de famille avec Ôshiba Takamori.

La mangaka a un trait épuré qui joue sur les pleins et déliés. Elle n’hésite pas à le déformer pour exagérer les expressions, renforçant ainsi l’humour. Les décors situent principalement l’action. Les trames d’ambiance, très graphiques, renforcent les émotions. La mise en page dynamique rythme la lecture. Comparé au tome précédent, Arii sensei arrête les scènes érotiques aux préliminaires. En fin de chapitre, un croquis apporte une anecdote amusante. De même, sous la jaquette, il y a un cosplay avec Shige mis en avant dans ce volume.

En résumé

Bien que Hasekura Asaya ait clairement conscience que son amour possessif et exclusif diffère de celui d’Ôshiba Kensuke, il ne peut s’empêcher d’espérer un changement réciproque. Alors quand son petit ami lui propose de coucher ensemble, il a du mal à y croire. Paniqué par sa propre audace, Kensuke fonce demander conseil à Setagawa Masahiro. Et après les cours, il va chez Hasekura. Toutefois, trop tendus tous les deux, ils finissent surtout par discuter.

En conclusion

Même si ce tome ne se classe pas parmi les meilleures séries au Chill chill BL award 2019, il est cité dans les meilleures séries accessibles. Ôshiba Kôsuke est dix-huitième meilleur seme et Setagawa Masahiro vingtième meilleur uke. Ayant lu Hitorijime boyfriend en japonais, j’apprécie beaucoup d’en apprendre un peu plus sur ce couple. Une lecture divertissante idéale pour se détendre!

Hitorijime my hero 6 – Arii Memeco

hitorijime my hero 6 arii memeco
ARII Memeco ありいめめこ
ISBN: 9782382760147
Hana, 2021
ISBN: 9784758076999 (JP)
Ichijinsha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Rien ne se passe comme on veut dans la vie. »

Arii Memeco sensei dilue l’humour pour aborder des sujets un peu plus sérieux. Elle met en avant les doutes qui apparaissent quand la différence d’âge et d’expérience se fait ressentir. Ainsi, Masahiro essaie par lui-même de dépasser ses inquiétudes et sa jalousie en communiquant mieux. Il prend même des initiatives dans les échanges avec son partenaire, pour notre plus grand plaisir. Kôsuke, quant à lui, confirme son amour en exposant de plus en plus son couple. Par ailleurs, l’auteure développe également la relation entre Hasekura et Kensuke en les mettant à l’épreuve. Elle interroge sur la différence et la limite entre amitié et amour. Elle met également en avant la nécessité de discuter dans un couple dès qu’un problème se présente. En parallèle, Yunge et Natsuo montrent d’autres facettes de leur personnalité. Les histoires bonus complètent certains chapitres en apportant des anecdotes amusantes ou tendres.

Le trait épuré de la mangaka s’affine. Elle exagère toujours autant les expressions en simplifiant son trait dans les passages humoristiques. Les décors apparaissent sur les plans larges, permettant de profiter un peu des paysages pendant la petite excursion. Les trames d’ambiance renforcent les émotions tandis que l’utilisation des autres trames reste équilibrée. La mise en page est dynamique et au service de l’action et de l’humour. Dans les scènes érotiques, Arii sensei évite de montrer les parties intimes en jouant sur les cadrages. Dans sa postface en manga, elle annonce la sortie du drama CD et de l’adaptation en anime. Sous la jaquette, elle offre un cosplay gothique lolita de Masahiro mais comparé au tome précédent, il est accompagné de Hasekura et Kensuke.

En résumé

Au ryokan, Hasekura Asaya semble sur le point d’embrasser Setagawa Masahiro. Mais il prend juste une photo qu’il souhaite envoyer à Ôshiba Kensuke pour le rendre jaloux. En effet, il ne supporte plus le comportement trop amical de son petit ami tandis que Masahiro file le grand amour sous ses yeux. Ce dernier tente de le raisonner, en vain. Ils sont interrompus par Kôsuke qui ne cache pas son agacement. De retour dans leur chambre, le lycéen finit par confier ses inquiétudes à l’enseignant. Kôsuke essaie alors de lui transmettre ses sentiments. Mais son petit ami, ému, fond en larmes avant de montrer plus franchement son désir…

En conclusion

Ce tome se classe à la dix-septième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2018. Ôshiba Kôsuke est dixième meilleur seme et Setagawa Masahiro huitième meilleur uke. L’humour absurde vient détendre l’atmosphère parfois tendue. D’ailleurs, l’auteure arrive encore à surprendre les lecteurs en faisant encore évoluer ses personnages peu à peu. Quel plaisir de voir Masahiro assumer ses désirs! En plus, j’aime beaucoup la réaction de Kensuke qui se torture les méninges pour comprendre les attentes de son petit ami. Une série toujours aussi agréable à suivre et sans baisse de rythme.

Twilight outfocus overlap – Jyanome

twilight outfocus overlap jyanome
Jyanome じゃのめ
ISBN: 9782382760529
Hana, 2021
ISBN: 9784065206034 (JP)
Kodansha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Le BL c’est une question d’amour! »

Jyanome sensei propose des petites tranches de vie à la suite de Twilight outfocus. Elle alterne la narration entre Mao et Hisashi. Elle développe la relation du jeune couple qui s’épanouit, discute et teste. Ainsi, leur lien presque fusionnel permet de découvrir de nouvelles facettes. Hisashi s’ouvre de plus en plus aux autres tandis que Mao essaie de prendre maladroitement des initiatives. Par ailleurs, l’auteure aborde encore la vie du club de cinéma, entre concours, réception différente des projets par le public extérieur, les doutes provoqués par les commentaires. De même, elle met en avant les différentes interrogations du couple sur l’avenir, le coming out auprès des proches. L’histoire bonus présente l’enregistrement du drama CD. De même, un petit prologue introduit le spin-off concernant Ichikawa.

La mangaka mêle les traits anguleux et les courbes voluptueuses. Elle dédouble parfois les contours, donnant du relief à la finesse du trait épuré. Ainsi, elle découpe bien les profils, avec des lèvres pulpeuses. Les trames d’ambiance sont plutôt en fond. Les décors, présents, apportent une touche réaliste. La mise en page dynamique offre quelques enchainements de cases avec un découpage cinématographique. De même, Jyanome sensei détaille les regards et les petits gestes. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par des formes tramées, donnant peu de détails. En arrière plan, deux peluches apportent une touche humoristique. Sous la jaquette, il y a des fiches sur les personnages principaux.

En résumé

Malgré l’insistance d’Ichikawa Giichi, Ôtomo Hisashi décide de rejoindre le club de théâtre. Depuis que le tournage est terminé, Tsuchida Mao rentre plus tôt, le film du club étant encore en post-production. Il aime discuter de sa journée dans les bras de son bien-aimé. Les deux garçons s’encouragent et se motivent mutuellement. Mais dès qu’ils sont trop collés l’un contre l’autre, ils ne résistent plus à leur désir…

En conclusion

Ce tome est beaucoup plus érotique que le premier, pour notre plus grand plaisir. Avec toujours autant de délicatesse et de tendresse, Jyanome sensei met en avant la confiance en l’amour. C’est un réel plaisir de pouvoir continuer les aventures de Mao et Hisashi!

Your story I have known – Suzuki Tsuta

your story I have known suzuki tsuta
SUZUKI Tsuta 鈴木ツタ
ISBN: 9782351807385
Taifu comics, 2013
ISBN: 9784812470282 (JP)
Takeshobo, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Un recueil de tranches de vie mettant en avant les réactions face à une déclaration d’amour.

Suzuki Tsuta sensei explore les réactions lors d’une déclaration d’amour d’un homme envers un autre homme. Elle aborde la réflexion sur l’amour homosexuel, les hésitations, le rejet ou l’acceptation, l’évolution des sentiments. Le premier récit qui donne son titre au manga présente par tranches de vie l’évolution de la relation entre Shibusawa et Matsumoto. Malgré sa tête d’ange, Haato arrive à imposer petit à petit ses sentiments à Shibusawa qui semble s’accrocher désespérément à l’hétérosexualité. Pourtant, il réalise parfaitement son attirance. L’homme de main, Toshi, apporte une touche d’humour. Par la suite, l’auteure développe des histoires courtes en un chapitre. « Oignons sautés » met en scène deux crétins amoureux qui n’arrivent pas à exprimer clairement leurs désirs. Le troisième récit, avec sa touche fantastique, aborde la peur de l’influence de la solitude sur les sentiments. « Vole les yeux de dieu » questionne sur l’amour et la peur du regard des autres.

La mangaka dessine des personnages sveltes finement musclés. Elle a un trait légèrement fin et anguleux, qu’elle n’hésite pas à simplifier dans les passages humoristiques. De même, elle marque parfaitement l’âge des protagonistes par quelques rides. Les décors situent l’action mais sont soignés. Les trames d’ambiance renforcent surtout les émotions fortes. Par ailleurs, le travail général des trames est équilibré. La mise en page est simplement dynamique. Suzuki sensei ne censure pas réellement les scènes érotiques, mais elle évite de montrer les parties intimes en détail. De plus, avec le format court, ces passages sont très succincts. La postface révèle quelques secrets de création. Sous la jaquette, une illustration répond à la couverture. Au verso, un questionnaire amusant pour les lecteurs les invite à fantasmer sur la création de couples.

En résumé

Your story I have known / Our story I have known / My story you have known: Matsumoto Haato demande à Shibusawa de l’intégrer dans le clan de yakuza quand il aura fini ses études. Le lycéen, maltraité par sa mère, s’est attaché à cet homme qui s’occupait de lui quand il fréquentait sa mère. Mais le mafieux refuse catégoriquement. Néanmoins, il l’autorise à se réfugier chez lui quand cela ne va pas, n’arrivant pas à se détacher de l’adolescent. Quand ce dernier l’embrasse fou de joie, il décide de revoir également son éducation…
Oignons sautés: Negishi Taku (17 ans) a déclaré son amour à son ami d’enfance Wada Tamao (17 ans). Mais depuis, Tama le trouve beaucoup trop entreprenant…
Si ma voix te parvient: Saitô Zengo, le fantôme d’un samouraï, veille sur Shôta, un lycéen bagarreur…
Vole les yeux de dieu / Bonus: Depuis que Wakatsuki lui a fait une déclaration d’amour, de douloureux souvenirs hantent Narasaki. En effet, au lycée, ce dernier avait eu des paroles blessantes envers son ami d’enfance, amoureux de lui.

En conclusion

Avec ce recueil, l’auteure arrive malgré le format court à présenter différentes questions sur l’amour homosexuel. Même si elle n’approfondit pas le sujet, elle montre l’essentiel des premières réactions, souvent blessantes ou équivoques. J’aime particulièrement le récit principal et « Vole les yeux de dieu ». Une lecture divertissante, agréable mêlant romance et humour.

Notre paradis – Uehara Ari

notre paradis uehara ari
UEHARA Ari 上原あり
ISBN: 9782375062920
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784801959408 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Deux hommes dépendants à la recherche d’un nouveau paradis.

Uehara Ari sensei nous présente une étrange cohabitation entre deux jeunes hommes qui dépendent des autres et se laissent vivre. Elle aborde avec une certaine pudeur la peur de la solitude, le corps comme objet de consommation ainsi que la prostitution. Nos deux héros ont une vision différente du bonheur amoureux: l’otaku développe une dépendance affective tandis que le gigolo évite de s’attacher pour profiter surtout de la tendresse qu’il reçoit. L’auteure maintient le suspense en ne montrant pas le visage de Nahoko. En tardant à nommer ses deux héros, elle montre en parallèle l’évolution de leur relation. De même, elle révèle au compte-gouttes des brides de leur passé, plutôt sombre. La narration alterne entre les deux hommes et revêt un style particulier, en partageant leur dialogue intérieur avec leur hôtesse. En plus, le destin offre des connexions surprenantes, renforçant l’effet de limite à leur petit paradis.

La mangaka a un trait fin et épuré. Même si son style un peu shôjo ne se démarque pas, il dégage beaucoup de douceur. Les trames d’ambiance renforcent principalement les émotions. Le reste des trames est équilibré. Par contre, les décors sont détaillés et très présents, ajoutant une touche réaliste. La mise en page est dynamique. Uehara sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessine même en détail les coupes intérieures. Pourtant, la sensualité domine. Sous la jaquette, un dessin mignon est en lien avec le chapitre bonus final.

En résumé

Dans un cybercafé, un otaku (25 ans) est dérangé par les gémissements d’un couple en pleins ébats dans le box voisin. Excité par leurs voix, il finit même par se masturber. Mais le gigolo (22 ans) qui a fini son affaire l’interrompt. Il entame alors la conversation en remarquant un tatouage de papillon au bas du dos du solitaire, puis lui montre fièrement son tatouage d’un quetzal dans le dos. Depuis, les deux hommes logent chez la généreuse Nahoko qui les entretient en échange de quelques câlins. Ils se chamaillent souvent à cause de leur caractère opposé. Pourtant, un jour, alors que le gigolo taquinait l’otaku qui avait reçu les faveurs de leur hôtesse, ce dernier réagit à ses caresses…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la seizième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2018. Dur de parler du titre sans nommer les personnages! Mais j’ai voulu respecter le choix de l’auteure, car cela a de l’importance dans le déroulé de l’histoire. Un petit coup de cœur pour ce titre mais beaucoup d’attachement. Je suis subjuguée par le style narratif qu’a adopté Uehara sensei pour approfondir la personnalité des personnages, chapitre par chapitre, en révélant beaucoup avec peu. Toutefois, cela pourra désorienter certains lecteurs. En plus, l’effet se perd lors des relectures. De même, vu le contexte du récit, le consentement n’est pas forcément au rendez-vous mais cela correspond (malheureusement) au caractère des protagonistes.