Hitorijime my hero 8 – Arii Memeco

hitorijime my hero 8 arii memeco
ARII Memeco
ISBN: 9782382760161
Hana, 2021
ISBN: ‎9784758078870 (JP)
Ichijinsha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« L’amour, c’est peut-être ce qui nous fait oublier une partie de nous-mêmes. »

Arii Memeco sensei confronte le couple principal qui nage dans le bonheur aux amours difficiles de leur entourage. Par ailleurs, elle révèle au compte-gouttes le passé de Yunge et Natsuo. Ainsi, elle s’intéresse à l’amour à sens unique et au sentiment d’impuissance face à la peine de l’être aimé. Yunge n’arrive pas à gérer ses émotions et traduit sa souffrance par de l’agressivité. Kensuke, quant à lui, prend un peu plus de maturité même si une gêne persiste entre lui et Hasekura. Comparé au tome précédent, l’humour se fait encore plus discret. L’auteure fait monter doucement la pression par des indices au fil des chapitres. Elle introduit également de nouveaux personnages. Les amis de Kôsuke, le gentil yakuza Shingai, le discret Tateshina et Onda qui semble prisonnier d’une promesse, s’avèrent plutôt encombrants avec leurs caractères marqués. Les histoires bonus donnent des anecdotes tendres et amusantes sur les personnages secondaires.

Le trait épuré de la mangaka semble s’adoucir un peu, avec son style plus proche du shôjo. Les expressions exagérées renforcent l’humour. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page dynamique est avant tout au service du récit. Dans les scènes érotiques, Arii sensei ne montrent pas les parties intimes, jouant avec subtilité sur les cadrages et les angles de vue. Sous la jaquette, elle offre un cosplay en costume de lapin sexy et fantasmé.

En résumé

Ôshiba Kôsuke a emmené Setagawa Masahiro dans la chambre VIP d’un love hotel qui appartient à Shingai Shirô, un ami devenu yakuza. Mais la sœur du mafieux, Shie, qui s’occupe de l’accueil, trouve tout de même la situation indécente, un mineur étant impliqué. Le professeur, heureux de voir son petit ami prendre des initiatives, décide de rester passif. Mais son jeune partenaire prenant soudain conscience de la situation, s’arrête en plein milieu des préliminaires. De son côté, Natsuo déprime depuis qu’il a constaté que son amour platonique pour Kôsuke est vain. Yunge, qui aide au bar depuis son absence, souhaite le bousculer un peu en prenant la chatte Mary en otage, espérant également soulager son cœur brisé…

En conclusion

L’auteure arrive à installer des moments tendus dans le simple quotidien, durant une discussion par exemple. Ainsi, elle renouvelle son récit tout en tenant en haleine le lecteur. Pourtant, les sentiments sont palpables. Un petit bonheur à lire malgré nombre de questions encore sans réponse.

Same difference!!! 7 L’assassin du passé – Hiiragi Nozomu

same difference 7 l assassin du passe hiiragi nozomu
HIIRAGI Nozomu 柊のぞむ
ISBN: 9782382760536
Hana, 2021
ISBN: 9784796412063 (JP)
Kaiohsha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Un couple avec une confiance inébranlable. Vraiment?

Hiiragi Nozomu sensei confirme les sentiments réciproques du couple de seme, abordant la confiance entre les partenaires. Les deux hommes s’interrogent sur leur relation, conscient d’être toujours attirés par les attributs féminins mais sûrs de leur amour l’un pour l’autre. Ainsi, ils communiquent et parlent franchement, réfléchissant de plus en plus à leur avenir. Ils essaient aussi de gérer leur jalousie. Pourtant leurs petites chamailleries persistent. Comparé au tome précédent, l’auteure distille un peu plus l’humour. Elle révèle le premier amour de Tsuburaya, qui nourrit encore des regrets. Elle confronte également deux visions différentes du sentiment amoureux: la possessivité de Noa et la primauté du bonheur de son partenaire malgré ses sentiments avec Ozaki. D’ailleurs, les deux hommes développent une rivalité amusante.

La mangaka a un trait très épuré mais très expressif et efficace pour ce genre de comédie. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. De même, elle dessine des personnages aux traits plutôt virils. D’ailleurs, Noa est très musclé et a des jambes bien poilues. Les décors plutôt présents, apportent une touche réaliste. Les trames équilibrées servent principalement aux ombres et à la couleur. Les trames d’ambiance sont d’ailleurs très rares et appuient surtout des émotions fortes. La mise en page dynamique joue beaucoup sur la variation des angles de vue. Hiiragi sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle ne s’attarde pas sur les parties intimes.

En résumé

Tsuburaya propose une sortie après le travail à son petit ami Ozaki. Ce dernier espère donc pouvoir finir la soirée à l’hôtel. Mais la jeune recrue de Tsuburaya, Nutahara, s’incruste à leur rendez-vous. Ozaki finit par inviter également Katsumata. Dans un restaurant de sushis, Nutahara se vante de souvent réussir le défi du restaurant consistant à manger 50 sushis en 1h pour ne pas payer l’addition. Il entraîne alors avec lui le reste du groupe. Après, il propose une soirée karaoke. Ozaki voit donc de plus en plus sa nuit de rêve à l’hôtel lui échapper…

En conclusion

L’histoire se bonifie au fil des tomes, alliant à la fois humour et sujets intéressants, avec deux hommes qui assument pleinement leurs sentiments. Impossible de ne pas craquer pour cet adorable couple qui nous fait simplement réfléchir sur l’Amour.

A mon tour de pleurer β 2 – Kusabi Keri

a mon tour de pleurer beta 2 kusabi keri
KUSABI Keri 楔ケリ
ISBN: 9782368776810
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784801965270 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Titre original: 狂い鳴くのは僕の番;β 2
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Pour pouvoir survivre, il me faut plus qu’un amour éphémère… »

Kusabi Keri sensei plonge ses deux héros complexés dans le désespoir. Elle met en avant la discrimination que subissent les omégas, par exemple avec les manipulations de Hio. Elle installe aussi un personnage ambivalent avec l’alpha Shiratori. En effet, il semble à la fois attiré par Sumi et épris de pitié pour lui. D’ailleurs, Sasabe commence à perdre pied, tiraillé entre ses sentiments pour son supérieur et le harcèlement sexuel qu’il subit. Par ailleurs, Utô qui aime prendre soin des personnes, réalise que sa gentillesse peut devenir blessante. Il semble se voiler la face par rapport à Sumito. L’auteure accumule les quiproquos entre le bêta et son jeune employé. Ainsi, elle met en avant la force du lien entre deux âmes sœurs, la difficulté à reprendre confiance après des échecs ou des traumatismes. Comme dans le tome précédent, le couple de Karasuma et Takaba apporte un peu de tendresse.

La mangaka a un trait anguleux et épuré. Elle construit ses visages sur la même base, même la forme des yeux et des sourcils, et joue donc sur les coiffures pour distinguer ses personnages. Elle simplifie encore plus son trait dans les passages humoristiques. Les décors sont présents et les trames variées. Quelques trames d’ambiance illustrent les émotions. Par contre, des vignettes plus claires et hachurées indiquent les flash-back. La mise en page est dynamique avec quelques angles de vue recherchés. Dans les scènes érotiques, Kusabi sensei censure les parties intimes par des hachures. Sous la jaquette, elle donne deux planches faisant suite aux chapitres 7 et 8.

En résumé

Comme Sasabe Sumito ne donnait plus de nouvelles, Utô Shingo lui a rendu visite et est resté à ses côtés. En effet, les inhibiteurs de l’oméga ne lui font presque plus d’effet. En plus, le jeune salaryman n’ose pas dire à son patron ce qui lui est arrivé. Le soir, il se rend à son travail dans le bar à hôtes et y croise par hasard l’alpha qui l’a sauvé à la réunion de travail. Shiratori Yuu lui propose alors de continuer à travailler ensemble, curieux de voir ses capacités. Lors d’un séminaire marketing, Sasabe découvre qu’Utô et Karasuma Miyabi connaissent Shiratori. En entendant leur conversation, il réalise alors que les sentiments que nourrissaient le bêta pour Karasuma influencent peut-être la gentillesse de son supérieur à son égard. Ne supportant pas l’idée d’être un remplaçant, il s’éclipse…

En conclusion

Ce tome obtient la huitième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2020. Je suis surprise par l’orientation qu’a choisie l’auteure et j’ai hâte de découvrir comment elle développera la suite. Les arguments avancés pour l’instant se tiennent. Par contre, j’ai étrangement du mal avec Shiratori. Pourtant, il a l’air sérieux et gentil. Une histoire émouvante avec des personnages attachants!

A mon tour de pleurer β 1 – Kusabi Keri

a mon tour de pleurer beta 1 kusabi keri
KUSABI Keri 楔ケリ
ISBN: 9782368776247
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784801961173 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Titre original: 狂い鳴くのは僕の番 ;β 1
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Si seulement tu étais un alpha… »

Kusabi Keri sensei s’intéresse à la romance d’Utô avec Sasabe, un oméga ambitieux mais traumatisé suite à une terrible trahison. Elle s’attarde donc sur les complexes de ses personnages, leurs désirs et la relation bancale qu’ils développent. En effet, issu d’une famille nombreuse, Shingo a tendance à prendre soin des personnes en difficulté. Or, Sumi a des chaleurs intenses avec des inhibiteurs peu efficaces. D’ailleurs, il recherche un alpha pour se lier. En parallèle, l’auteure met en avant le manager Hio, un alpha qui n’hésite pas à prostituer ses employés omégas pour obtenir des contrats, sans tenir compte des refus. Elle continue également de développer l’histoire de Karasuma et Takaba. Elle présente ainsi la famille Takaba et la question de la stérilité. Les histories bonus permettent d’en découvrir un peu plus sur les personnages.

Comparé au tome précédent, la mangaka a tendance à uniformiser son trait épuré, fin et anguleux, ainsi que la forme des visages. Parfois, les personnages se ressemblent et deviennent donc difficiles à distinguer. La dynamique des pages est principalement portée par les changements de forme et les emboitements des cadrages. De même, les décors apparaissent dès que le plan s’élargit. Les trames d’ambiance sont discrètes. D’ailleurs, Kusabi sensei préfère jouer sur les contrastes des bulles en alternant leur fond par du noir ou de la transparence. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par des hachures. Elle offre des fiches de personnages en début de tome. Sous la jaquette, il y a une illustration.

En résumé

A un voyage d’entreprise, Karasuma Miyabi (oméga) a du mal à contenir sa jalousie en voyant son petit ami en bonne compagnie. Il l’emmène alors dans la chambre pour le punir à sa manière. Mais Utô Shingo (bêta), qui partage la chambre avec Takaba Keisuke (alpha), les surprend en pleins ébats. Désirant prendre sa serviette pour aller aux bains, le voilà obligé de patienter. Quand l’alpha le rejoint, il en profite pour discuter et réalise alors qu’il n’a plus besoin de protéger son supérieur. Quand il reçoit une offre de promotion, il accepte donc de devenir chef de service de la section commerciale 2. Il repère, parmi les nouveaux, Sasabe Sumito, un oméga qu’il avait croisé dans un club d’hôtes et avec qui il s’était disputé. D’ailleurs, l’étudiant d’honneur de l’université ne cache pas son dégoût de travailler pour un bêta…

En conclusion

Cet tome obtient la neuvième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2018. L’auteure structure son récit comme le précédent, donnant l’impression d’une répétition, avec des conflits entre le bêta et l’oméga. En plus, l’histoire prend une tournure un peu plus dramatique. Attention, comme la relation entre Utô et Sasabe n’est pas très consentie, ce tome pourra gêner les lecteurs sensibles. Heureusement, Karasuma et Takaba apportent un peu de douceur. J’aime beaucoup les relations entre bêta et oméga. Je suis donc curieuse de découvrir la suite de leurs aventures.

Vampire and pleasant companions 4 – Konohara Narise et Ragawa Marimo

vampire and pleasant companions 4 konohara narise ragawa marimo
KONOHARA Narise 木原音瀬
RAGAWA Marimo 羅川真里茂
ISBN: 9784592218647 (JP)
Hakusensha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Est-ce que l’on pourra toujours être ensemble? »

Ragawa Marimo sensei fait évoluer la relation entre Akira et Albert. Le vampire prend enfin conscience de ses sentiments pour son hôte, exacerbés par la rivalité avec Muroi. Il se retrouve également au cœur d’une enquête. Il continue à se lier d’amitié avec son nouvel entourage. Comme dans le tome précédent, Akira et Muroi débattent sur la sexualité, l’assistant n’arrivant pas à comprendre celle de son supérieur. A travers Mitani, l’auteure aborde le jugement extérieur porté sur les fans d’horreur, un loisir considéré comme déviant. Elle développe également l’image extérieure du métier d’embaumeur ainsi que son utilité dans un pays pratiquant la crémation. Par ailleurs, elle met en avant l’influence plutôt négative des médias qui cherchent des réponses et des scoops lors d’une enquête policière. La courte nouvelle de Konohara Narise sensei s’attarde sur Nukariya lors de son séjour aux États-Unis.

Le trait léché et anguleux de la mangaka sied parfaitement aux visages carrés et aux corps musclés. Dans les passages humoristiques, elle exagère les expressions. Par ailleurs, elle porte attention aux petits détails comme les regards, les mouvements pour transmettre l’état d’âme des protagonistes. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. En revanche, les décors, soignés, situent principalement l’action. Les scènes violentes, assombries, évitent ainsi de trop choquer. La mise en page dynamique joue beaucoup sur la variété des angles de vue. Ragawa sensei décortique les moments tendres entre les deux héros pour bien transmettre l’évolution de leurs sentiments. En début de chapitre, elle offre de belles illustrations avec les personnages qui semblent poser. De même, les deux illustrations couleurs en début de tome reprennent celles de la jaquette. On retrouve les adorables bouilles d’Al en chauve-souris au dos de la couverture.

En résumé

Sur le plateau de tournage de Sakairi, Albert Irving, sous le nom de Cain Bartz, est confondu avec l’acteur qui devait venir. Mais en voyant le beau jeune homme, Jinbo Yûka, l’idole qui a le rôle principal, exige de jouer avec lui. Akira cède alors en instaurant trois conditions, notamment sur le maquillage pour rendre l’américain méconnaissable. Al se retrouve donc à jouer un rôle de vampire, pour son plus grand plaisir. Il sympathise rapidement avec l’acteur Mitani Yûji qui est fan de film d’horreur. D’ailleurs, Nukariya l’encourage à réaliser enfin son rêve en convainquant Akira de le laisser faire. Mais un soir, l’actrice a plus d’une heure de retard. Soudain, Albert sent une douce odeur de sang…

En conclusion

Ragawa sensei aborde différents sujets intéressants tout en retenant le lecteur en haleine. Même si la romance homosexuelle n’est pas au centre du récit, elle porte attention aux différents sentiments des personnages. J’adore la fraicheur d’Albert qui exprime facilement ses sentiments et accepte Akira tel qu’il est. Une lecture passionnante et émouvante!

A mon tour de pleurer – Kusabi Keri

a mon tour de pleurer kusabi keri
KUSABI Keri 楔ケリ
ISBN:9782368776001
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784801956612 (JP)
Takeshobo, 2016 (JP)
Titre original: 狂い鳴くのは僕の番
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Comment transformer la discrimination en force de manipulation… »

Kusabi Keri sensei maîtrise déjà bien son scénario pour un premier manga. Elle installe rapidement le contexte pour se consacrer ensuite à l’évolution de la relation entre Takaba et Karasuma. Elle développe également la psychologie de ses personnages. Ainsi, Keisuke a un comportement différent des autres alphas suite à un traumatisme qu’il a eu durant l’enfance. Karasuma parle crûment, sans détours et assume complètement l’image donnée aux omégas pour en faire une force. Toutefois, en introduisant Tobinaga Wataru (40 ans, alpha), l’auteure dévoile au fur et à mesure les raisons de son comportement extrême. Elle révèle le passé de ses deux protagonistes petit à petit. Elle dépeint avec finesse le changement de leurs sentiments ainsi que leur attirance. Les deux salarymen se découvrent en jouant sur les provocations. Une autre histoire complète le tome offrant un threesome amusant avec pour thème les désillusions face à un idéal fantasmé.

La mangaka a un trait épuré, anguleux et fin, assez classique. Mais elle apporte une touche particulière à son graphisme, permettant de reconnaître son style. Elle varie les trames et n’utilise que quelques trames d’ambiance pour souligner les sensations. Les décors sont assez réalistes mais minimalistes, en particulier les environnements d’entreprise. La mise en page est dynamique. Kusabi sensei censure les scènes érotiques par des hachures ou esquisse à peine les parties intimes. Sous la jaquette, elle présente en détails les personnages et donne quelques anecdotes sur le couple, à lire de préférence à la fin pour ne pas gâcher la surprise.

En résumé

A mon tour de pleurer / A mon tour de pleurer (bonus): Takaba Keisuke (25 ans) a quitté son entreprise trop élitiste avec des employés alphas pour un nouveau poste au département vente de la société Kaiei, plus mixte. En effet, bien qu’il soit alpha, son comportement et sa personnalité ne le reflètent pas du tout. Il est accueilli par Utô Shingo (40 ans), un bêta qui s’occupera de sa formation. A sa surprise, son chef de service, Karasuma Miyabi (30 ans), est un oméga. Ce dernier tire profit de la discrimination qu’il subit pour en fin de compte monter les échelons, quitte à coucher avec des alphas qu’il déteste. D’ailleurs, il soupçonne Takaba de détester les omégas. Un soir, alors qu’il avait un meeting de dernière minute, il emmène le nouveau à la place d’Utô, déjà parti. Mais la réunion de travail se transforme vite en orgie. Alors que les clients alphas l’invitent à participer, Keisuke refuse de coucher avec son patron…
Tamaranai deshô: Aoi Itsuki admire l’artiste Tsukumo Ryûji et fait tout pour intégrer l’université où ce dernier enseigne. Mais son idole s’avère être cassante et railleuse. Un jour, par hasard dans les toilettes de l’université, il découvre que Tsukumo couche avec Konno Kazu…

En conclusion

Ce manga obtient la première place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2017. Pour un premier tome, l’auteure arrive à nous offrir un omegaverse passionnant qui exploite plutôt bien le format one-shot. Elle trouve des astuces pour fournir des informations supplémentaires, graphiquement ou au gré des discussions, permettant de faire avancer rapidement l’histoire. Les personnages sont en plus attachants. Même si au premier abord, les relations non consenties et les viols dominent, les caractères des personnages et la relation du couple permet d’équilibrer les émotions ressenties à la lecture. Tout pour me plaire!

Bena 1 – Kofude

bena 1 kofude
Kofude こふで
ISBN: 9782382760789
Hana, 2021
ISBN: 9784575380538 (JP)
Futabasha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Un monstre aussi proche d’un humain.

Kofude sensei offre une romance mêlant à la fois un univers fantastique et historique. Toutefois, elle l’exploite peu, s’en servant principalement comme décor. Elle dépeint un monde violent, abordant sans pour autant l’approfondir le viol, la pédophilie, la violence gratuite. Au début, les tranches de vie s’enchaînent sans distinction. De même, les flash-back se mêlent au récit brouillant un peu la compréhension. Par la suite, l’auteure améliore son style narratif. Ainsi, elle développe un peu plus les personnages secondaires. Elle met en avant l’évolution des sentiments de ses deux héros. Bena préfère taire sa vraie nature et son amour de peur du rejet. Ichi, quant à lui, rongé par la culpabilité suite au décès de son frère, éprouve des sentiments complexes envers Bena.

La mangaka a un trait épuré, au style rappelant le travail à la plume ou même au calame. Elle s’inspire des oni du kabuki pour créer Bena, avec la longue chevelure rouge. De même, elle traite les décors et les tenues en imitant le traitement graphique des estampes. D’ailleurs, elle respecte l’architecture de l’époque ainsi que les objets du quotidien sans pour autant les détailler. Dans les passages humoristiques, les traits se simplifient. Les trames sont variées mais servent principalement à colorer ou marquer les contre-jours. La mise en page reste dynamique malgré quelques flash-back simplement en superposition. Kofude sensei préfère suggérer les passages violents. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par des bandelettes blanches ou des formes floues.

En résumé

Ichi a perdu son frère jumeau Fumi suite à une longue maladie. Tous deux se produisaient dans le freak show Bena, comme curiosité. Son superviseur, Danzô, qui abusait également du jeune homme en échange des soins pour Fumi, lui confie alors un monstre à mâter pour de futurs spectacles. Mais sous la chevelure rouge imposante, Ichi remarque que la bête ressemble plus à un enfant sauvage. S’attachant petit à petit à lui, il décide alors de le sauver. Cependant, le petit monstre, qu’il a surnommé simplement Bena, refuse de lui obéir, désirant rester à ses côtés.

En conclusion

Ce tome a obtenu la onzième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2020. J’ai eu beaucoup de mal à entrer dans l’histoire au début, les passages violents me mettant mal à l’aise. Heureusement, l’auteure abandonne vite ce côté pour se consacrer à la romance. Malgré quelques maladresses, elle nous offre une histoire intéressante qui attise ma curiosité.

Blue sky complex Dégradé bleu indigo – Ichikawa Kei

blue sky complex degrade bleu indigo ichikawa kei
ICHIKAWA Kei 市川けい
ISBN: 9782382760505
Hana, 2021
ISBN: ‎9784864423670 (JP)
Tokyo mangasha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Dans l’intimité de Motochika et Natsuki.

Ichikawa Kei sensei offre un recueil de dôjinshi, dévoilant quelques tranches de vie du quotidien des héros de sa série. Elle présente des moments plus intimes, pas forcément érotiques, permettant de découvrir d’autres facettes de Natsuki et Motochika. Ainsi, le lecteur les suit du collège à l’université, découvrant l’évolution de leur relation. Comme dans la série, la communication entre le couple est mise en avant, d’autant plus que Chika se montre parfois avide durant les ébats, perdant même le contrôle. L’auteure dévoile également comment Ônuki Minato a découvert le BL grâce à son amie Yume. Par ailleurs, elle expérimente d’autres styles de narration, étant plus libre que dans un manga édité.

La mangaka a un trait épuré et anguleux qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle s’attarde sur la réaction de ses personnages, transmettant la sensualité des gestes. Comparé à sa série, elle a un style plus dépouillé. Il y a peu de trames; les décors situent l’action. Les scènes érotiques, non censurées, sont plus détaillées et plus longues. En effet, Ichikawa sensei peut prendre plus de liberté dans un dôjinshi et s’amuse même à expérimenter des mises en page plus osées. Par exemple, une conversation avec un plan fixe sur des mains, un cadrage fixe sur une pleine page où les personnages évoluent. Elle conclut également certains chapitres par des anecdotes amusantes.

En résumé

Terashima Natsuki attend le départ de sa mère pour accueillir son petit ami à la maison. Même si elle sait qu’il est gay, il n’a pas envie qu’elle sache qu’ils font l’amour ensemble. Cela amuse Narasaki Motochika qui cherche déjà les câlins. Mais pendant leurs ébats, Natsuki n’arrête pas de l’interroger sur ses premières expériences…

En conclusion

Ce tome s’adresse principalement aux fans de la série qui seraient frustrés de ne pas voir l’intimité des personnages. Toutefois, l’auteure transcrit parfaitement les émotions des deux héros, même dans les scènes érotiques. Il est certain que leur inclusion dans la série de base aurait brisé le rythme de lecture. Et est-ce que cela vaudrait le coup, avec la censure obligatoire des tomes reliés? Un énorme bonheur pour moi de découvrir ainsi un peu plus Motochika et Natsuki, avec en prime, une mise en page parfois originale et inspirante.

La sérénade du corbeau – Sakuhiro

la serenade du corbeau sakuhiro
Sakuhiro 朔ヒロ
ISBN: 9782381760765
Hana, 2021
ISBN: 9784575380699 (JP)
Futabasha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Vous m’avez acheté pour la nuit, alors touchez-moi comme bon vous semble… »

Sakuhiro sensei narre une romance fantastique entre un humain au cœur brisé et un yôkai prostitué. Elle révèle au fur et à mesure le passé tumultueux des deux héros. Échaudé par une arnaque, Akito ne croit plus trop en l’amour. Suiren, quant à lui cache une énorme tristesse derrière son sourire. Les sentiments se développent peu à peu entre eux. L’auteure s’intéresse un peu à l’envers de la prostitution. Elle aborde surtout le sentiment de désespoir et de culpabilité ainsi que le sacrifice de soi. En effet, l’humain et le yôkai ont tendance à payer de leur personne pour les autres. Tout en avançant à leur rythme, ils redécouvrent le partage du sentiment amoureux et se motivent réciproquement pour reprendre goût à la vie.

La mangaka a un trait épuré et anguleux, proche du style shôjo. Elle s’inspire principalement des yôkai du folklore japonais. Elle rend bien la somptuosité des vêtements et de l’architecture. Par ailleurs, les décors alternent avec les trames d’ambiance et s’estompent autour des personnages pour les mettre en avant. La mise en page très dynamique utilise les emboitements de vignettes, des sorties de cadres des personnages ainsi qu’une variété d’angles de vue. Dans les scènes érotiques, Sakuhiro sensei censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches. D’ailleurs, elle ne les détaille pas. Sous la jaquette, elle explique les liens entre les personnages, inspirés du yin et du yang.

En résumé

Alors qu’il prenait une pause dans un parc, Kanazawa Akito vient en aide à un enfant qui se fait maltraiter. En réalité, il s’agit d’un yôkai, Tofu-kozo. Pour le remercier, ce dernier lui offre trois plaquettes en bois. En entrant dans le buisson comme indiqué, Akito se retrouve ainsi devant la maison close Kasumi, spécialisée dans les yôkai. Comprenant qu’il a reçu des tickets, il tente alors de s’éclipser. Mais le tengu Suiren, harcelé par son client qui a pourtant terminé son temps, lui tombe dessus. Akito vient à son secours et utilise alors une tablette. Mais bien qu’il ait réservé le beau yôkai pour la nuit, il préfère discuter avec lui…

En conclusion

Ce one-shot est un véritable coup de cœur. Ce récit aborde un sujet plutôt rare: jusqu’où irait-on par amour? En plus des personnages attendrissants, le graphisme est agréable et la magie opère facilement.

Love is money 1 – Panda

love is money 1 panda
Panda 熊猫
ISBN: 9782382760680
Hana, 2021
ISBN: 9784773071955 (JP)
Kasakura publishing, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Un démon pur et innocent manipulé par un ange sadique.

Panda sensei offre une comédie romantique entre un démon angélique et un ange diabolique. Elle joue beaucoup sur la naïveté extrême de Sora dont profite le sadique Eril pour enchaîner les scènes érotiques. D’ailleurs, l’ange se comporte plus comme un mafieux, utilisant tous les moyens à sa disposition pour tourmenter à sa manière le jeune démon: chantage, manipulation, augmentation de la dette. En plus, Sora est tellement bête qu’il prend du temps pour réaliser ses sentiments. Le chat Magiddo apporte également une touche mignonne ou humoristique avec ses commentaires. Malgré le smut, les quiproquos s’enchainent. L’auteure aborde un peu les thèmes du deuil et de la solitude en développant le passé touchant d’Eril. Toutefois, elle n’approfondit pas son sujet. En effet, elle explique dans sa postface que son récit devait d’abord être court. Malheureusement, on ressent le changement d’orientation dans la narration.

La mangaka a un trait épuré très anguleux, avec son propre style. Elle le simplifie au maximum dans les passages humoristiques, exagérant les expressions. D’ailleurs, elle déforme complètement les visages qui se rigidifient ou s’arrondissent, avec des contours plus épais. A noter que malgré son âge, Sora a un corps plutôt adolescent. Les décors, dont on ressent le tracé à la main, alternent avec les trames d’ambiance. La mise en page est dynamique, malgré un aspect un peu chargé. En effet, il y a beaucoup de phylactères et d’onomatopées. En plus, Panda sensei joue souvent sur les répétitions de cases dans ses gags. Elle dessine des tenues très fashion. D’ailleurs, elle commente un défilé de mode de Sora sous la jaquette. La couverture utilise beaucoup de couleurs. Les scènes érotiques, présentes à chaque chapitre, ne sont pas censurées.

En résumé

Le démon Sora a fuit sur Terre pour éviter un mariage arrangé mais après s’être fait voler son argent, il se perd dans un quartier de Tokyo. Entendant une dispute, il se retrouve impliqué malgré lui dans la bagarre. Heureusement, l’ange Eril, propriétaire du bordel pour hommes Paraiso, le protège et lui propose même un logis et un travail. Toutefois, alors que le jeune manager Amo enseigne au jeune démon quelques ficelles du métier, ce dernier prend peur quand il entame une fellation. En effet, totalement pur et ignorant des choses sexuelles, il ne comprend pas la nature de son futur emploi. Eril décide alors d’initier Sora…

En conclusion

Ce tome n’est pas classé au Chill chill BL award 2019 mais il est cité parmi les meilleurs mangas palpitant dans une vision du monde. Dans sa postface, l’auteure précise jouer volontairement sur l’aspect adolescent de Sora. Cela pourra donc choquer la sensibilité de certains lecteurs, d’autant plus que les rapports ne sont pas consentis. Malgré des personnages attachants, l’histoire reste simplement divertissante. Par contre, le graphisme de Panda sensei est un pur bonheur. J’espère découvrir d’autres de ses titres.