Orpheus of midnight – Billy Balibally

orpheus of midnight billy balibally

BILLY Balibally ビリー・バリバリー
ISBN: 9782375061435
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784799731697 (JP)
Libre, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

« Je ne peux pas dormir, j’ai peur de rêver. »

Dans ce one-shot, Billy Balibally sensei propose de suivre la guérison de l’insomniaque Fujimine Kazushi grâce à une cohabitation un peu spéciale. Sous forme de tranches de vie, elle présente l’évolution du cauchemar, retissant le lien avec le passé puis les connexions entre le fils et le père. L’auteure se focalise principalement sur la psychologie de ses personnages, exprimant bien leurs sensations. De ce fait, elle ne développe pas trop la relation romantique, ni les questionnements que se posent les protagonistes. De plus, la dépendance entre Fujimine et Wakuba brouille légèrement la compréhension de leurs sentiments. Au cours de l’histoire, Billy sensei introduit d’autres personnages également touchés par l’évènement qui a bouleversé la vie des Fujimine.

La mangaka possède un style graphique assez classique des BL contemporains mais son traitement des yeux est assez particulier. Son trait est doux et fin. Elle utilise des déformations, des simplifications ou des exagérations pour rendre les passages humoristiques ou renforcer l’expressivité avec de grands yeux brillants tous mignons. Les visages sont ovales, les carrures de certains personnages bien masculines. Les trames d’ambiance renforcent l’atmosphère. Les cadrages dynamiques accompagnent le mouvement de lecture. Les cauchemars se détachent de l’ensemble, jouant sur les clairs-obscurs. Les illustrations de début de chapitre rappellent les œuvres d’art nouveau, mêlant loup et mouton en symbolique. Les scènes érotiques restent plutôt sobres. Le chapitre bonus mêle à la fois des yonkoma et des planches. La couverture a obtenu la première place, méritée, au classement du Chill Chill BL award 2017.

En résumé

Fujimine Kazushi est insomniaque: suite à un stress post-traumatique lié à son enfance, il a peur de dormir car le même cauchemar hante ses nuits. Après avoir cumulé quelques nuits blanches au bureau, il tente de combattre la fatigue en prenant un café. Mais en entendant la voix douce et grave de Wakuba, du services des ventes, il s’effondre en succombant au sommeil. A l’infirmerie, à moitié endormi, il demande à son sauveur de continuer à parler car sa voix l’apaise. Surpris, Wakuba décide de rester avec lui pour la nuit. En voyant Kazushi rafraîchi après une bonne nuit de sommeil, il propose alors de dormir chaque soir avec lui…

En conclusion

J’aurais bien aimé voir une romance entre le thérapeute Kota Harumi et son ami Fujimine Kazuomi. Même si le thème de départ était intéressant, je trouve que Billy sensei perd par la suite le fil de son récit en se focalisant trop sur le jeu des cauchemars et des ténèbres. Alors que l’histoire avait un ton réaliste, une touche un peu fantastique s’ajoute au tout, tombant dans le côté mignon. C’est dommage!

Zhenniao – Monzen Yayohi

zhenniao monzen yayohi

MONZEN Yayohi 文善やよひ
ISBN: 9782368775455
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784829685754 (JP)
Printemps shuppan, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Une créature à la beauté toxique qui ne souhaite qu’être aimée.

Dans ce one-shot, Monzen Yayohi sensei s’inspire du zhen (鴆), un oiseau légendaire chinois très coloré. Comme il se nourrit de serpents venimeux, il possèderait un poison très puissant. L’auteure installe son histoire dans une ville indéterminée de la Chine ancienne et personnifie l’animal. Elle développe principalement l’évolution de la relation, d’abord paradoxale, entre l’ancien éleveur et le zhen caractériel. Elle s’intéresse parallèlement à l’apparence, aux valeurs de la beauté ainsi qu’aux conditions de vie des animaux considérés comme des objets. Son scénario est bien mené. A cause des risques du poison, ces deux cœurs brisés ont peur de se toucher. D’ailleurs, le chapitre bonus conclut sur leur premier coït. Une histoire avec des fleurs et un insecte personnifiés complète ce tome, mettant en avant l’arisème dragon.

La mangaka respecte le style architectural de la Chine ancienne et intègre beaucoup de décors. Elle soigne particulièrement les costumes. Son graphisme aux traits fins est plutôt anguleux. L’oiseau semi-humain est esthétique et original. Les visages expressifs transmettent facilement les sentiments des personnages. Les trames et les motifs rendent les nuances des couleurs du plumage. Les cadrages sont assez dynamiques, cependant il y a peu d’actions. Les scènes érotiques sont détaillées; par contre, la profusion des motifs, entre plumes et vêtements, brouille leur appréciation. En fin de chapitre, l’auteure présente des dessins de quelques plantes toxiques. Les illustrations en début de chapitre et sous la jaquette mettent en exergue l’ambiance du récit et la richesse de sa plume.

En résumé

Zhenniao / Bonus: Dans un lointain pays, il existe un oiseau semi-humain, le zhen. Il se repait de nourriture toxique lui conférant un plumage multicolore de toute beauté. Malgré sa dangerosité, certains propriétaires n’hésitent pas à exhiber ces oiseaux comme de simples objets pour afficher leur pouvoir. Le zhen Cai Hong est soupçonné d’avoir tué son éleveur, Ran. Pourtant, il a été vendu au grand maréchal Huang. Fei, le frère de Ran, a abandonné l’élevage depuis quelques années pour devenir militaire. Cependant, il se retrouve à s’occuper du rebelle oiseau dont le plumage demande des soins particuliers…
Devenir la plus belle des fleurs: Un insecte butineur, prenant son travail à cœur, avait été déçu par une fleur stérile qui disait l’aimer. Mais l’année suivante, elle est devenue la plus belle des fleurs…

En conclusion

Cette romance fantastique au graphisme poétique est entrainante. De plus, l’évolution de la relation entre les personnages est intéressante, pleine de contradictions. Une autre histoire de la mangaka, Zhen Hiyoku no tori (鴆 比翼の鳥), se passe dans le même univers et narre la relation entre un zhen blanc non venimeux et un zhen multicolore toxique. Dommage qu’elle ne soit pas traduite! Ce one-shot a obtenu la troisième place du manga original au Chill Chill BL award 2016.

Dans un coin de ciel nocturne – Hayakawa Nojico

dans un coin de ciel nocturne hayakawa nojico

HAYAKAWA Nojico
ISBN: 9782368774533
Boy’s love IDP, 2015
ISBN : 9784813030270 (JP)
Taiyohtosho, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: si on s'ennuie

Quand des sentiments enfouis au plus profond de soi depuis onze ans refont surface…

Dans ce one-shot, Hayakawa Nojico sensei s’intéresse aux retrouvailles, onze ans plus tard, entre deux amis épris l’un par l’autre lorsqu’ils étaient lycéens. Ses personnages ont des caractères assez extrêmes, renforçant leur sentimentalisme: Hoshino a enfoui ses sensations troubles au point de les oublier. De plus, sa naïveté lui donne un côté peu crédible en tant que professeur des écoles. Le scénario avance lentement au gré des atermoiements et des hésitations des protagonistes, jusqu’à l’acceptation de leur amour. L’auteure joue beaucoup sur les non-dits et les flash-back. Elle n’approfondit pas les diverses problématiques pourtant présentes comme la monoparentalité, les difficultés de l’adoption, le regard de la société, la relation homosexuelle compliquée entre un professeur et un parent d’élève… Même les secrets entourant la mère de Shôta ne sont pas expliqués. Par contre, les enfants apportent une petite touche humoristique bien venue.

La mangaka a un style shôjo très épuré, avec des traits fins simplifiés. Elle n’hésite pas à utiliser des déformations pour renforcer les expressions ou les effets comiques. Par exemple, Hoshino devient mécanique face au cumul des surprises. De même, elle travaille particulièrement les expressions des visages, en priorité les regards. Les trames d’ambiance sont bien intégrées. L’auteure joue avec les contrastes et les ellipses, grâce à des cadrages déstructurés, des cases vides et des métaphores graphiques s’incrustant en arrière-plan. Le peu de décors renforce cet effet de vide. Les scènes érotiques sont justes suggérées. En fin de chapitre, des yonkoma donnent quelques anecdotes. Sous la jaquette, deux planches concluent l’histoire deux ans après. Les illustrations en couleurs sont poétiques avec leur fond étoilé et des couleurs diffuses.

En résumé

Par hasard, Hoshino (28 ans) retrouve Sudô Akihiro, son senpai qu’il admirait au lycée. A sa grande surprise, ce doux rêveur qui souhaitait devenir pilote de ligne s’avère être le père de Shôta, un de ses élèves à problèmes. Alors qu’il était convoqué suite à une bagarre provoquée par son fils, Sudô s’effondre de sommeil dans les bras du professeur…

En conclusion

Ce titre a obtenu la seizième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2014. Bien que l’histoire effleure plusieurs questions, l’auteure reste dans une approche purement romantique, se focalisant finalement sur les sentiments. Certes, c’est beau et poétique. Mais même si les personnages sont attachants, je reste sur ma faim.

Pas cet amour-là – itz

pas cet amour la itz

itz
ISBN: 9782368776766
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784879197818 (JP)
Sankohsha, 2017 (JP)
Titre original: ぼくらが恋を失う理由
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Refuser un amour voué à l’échec en choisissant son propre happy end.

Dans ce spin-off de Comme neige au soleil, itz sensei développe une approche différente et mature de la romance homosexuelle et s’intéresse aux choix difficiles face à un amour impossible. Elle s’attarde principalement sur la psychologie de ses personnages souffrant d’un amour malheureux. Elle dépeint avec finesse le poids du secret et la peur des changements. De même, le rapprochement entre Ôshiro et Satoru semble tout à fait naturel. Le trentenaire conserve sa part de mystère jusqu’en fin de tome, malgré son côté expansif. Par ailleurs, la différence entre les réflexions d’un homosexuel qui semble s’assumer et un hétérosexuel qui doute de son attirance pour les hommes est bien menée. L’auteure n’hésite pas à se moquer gentiment de son premier manga au scénario romantique, où la relation paraissaient plus naïve et convenue. L’épilogue se déroule cinq ans plus tard confortant la fin ouverte.

Le style shôjo de la mangaka confère des traits épurés et fins. Bien que ses personnages possèdent une carrure masculine, ils ont tendance à se ressembler au niveau des visages. Les trames illustrent les sentiments des protagonistes ou appuient le jeu d’ombre et de lumière. L’auteure n’hésite pas à utiliser des ellipses et des cases vides pour aérer la lecture. Elle s’attarde beaucoup sur les regards et les petits gestes, abusant des cadrages serrés. Comme ses deux héros sont peu romantiques mais très bavards, les scènes érotiques sont peu développées et basées sur des instants importants. Par conséquent, leur première fois difficile en devient tendre et plaisante.

En résumé

Sakai Ôshiro refuse d’accepter l’amour qu’il éprouve pour Koba, son ami d’enfance. Il a décidé d’enfouir ses sentiments définitivement et a fui pour ses études à Tokyo. Mais à chaque fois qu’il revoit son ami, sa détermination s’ébranle et il a l’impression d’être pris dans un recommencement sans fin. Un soir, dans un bar, Inamura Satoru l’aborde. Ce trentenaire gay cherche à se rapprocher de lui et lui offre son soutien. Alors que Koba est muté dans un restaurant à Tokyo et passe la nuit chez son ami, Ôshiro rejoint Satoru et se confie facilement à lui…

En conclusion

Cette histoire dramatique mais qui finit bien, est agréable à lire. La mangaka a su faire évoluer ses personnages avec finesse et réalisme dans une relation mature. Par ailleurs, il est possible de lire ce manga indépendamment de l’œuvre d’origine. Ce récit me donne envie de découvrir d’autres œuvres de l’auteure. Alors je le recommande chaudement!
Mise à jour: Le titre a obtenu la vingtième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2018.

Comme neige au soleil – itz

comme neige au soleil itz

itz
ISBN: 9782368776759
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784879197313 (JP)
Sankohsha, 2016 (JP)
Titre original: 雪解けの恋
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Fondre d’amour comme la neige au soleil.

Pour son premier manga, itz sensei propose trois romances avec une approche assez réaliste, où ses personnages réfléchissent à leurs sentiments mais hésitent à les partager, redoutant les préjugés. Une certaine poésie enveloppe le titre principal qui se déroule sur une année scolaire. L’auteure développe la psychologie des protagonistes: alors que Sumito, fonceur, préfère se fier à son instinct même s’il se pose des questions, Someya garde ses distances, blessé par un premier amour qui avait cédé à la pression sociale. L’histoire bonus s’attarde sur leur différence de maturité dans une relation à distance. Deux histoires courtes complètent ce tome: « Lure note », sur le thème du parfum, s’intéresse à la relation entre deux collègues gays qui cachent leur orientation sexuelle. « Chapitre final » met en scène un amour réciproque non avoué et empli de regrets entre deux amis ayant finalement choisi la normalité.

La mangaka utilise un style graphique très shôjo, avec des traits fins simplifiés et des trames d’ambiance assez présentes. Le peu de décors donne l’impression de cases dépouillées. Ses cadrages sont plutôt classiques. Des plantes marquent les saisons en toute discrétion. Ainsi, il se dégage une certaine douceur générale. De même, les scènes érotiques évitent de montrer les détails et se concentrent surtout sur les préliminaires.

En résumé

Comme neige au soleil / Bonus: Takada Sumito surprend un homme en larmes dans un parc. A la rentrée, il découvre qu’il s’agit de son professeur de japonais moderne Someya Yoshiyuki (32 ans). Curieux, il profite d’un cours en extérieur pour l’aborder. Le lycéen, qui aime la lecture, s’attache rapidement à son enseignant. A la demande du professeur principal, Someya aide alors l’adolescent à choisir son orientation. Mais au fil des saisons, Sumito remarque qu’il éprouve des sentiments bien plus profonds envers son professeur…
Lure note: Après une soirée arrosée entre collègues, Yamashita, gay, ramène son collègue Seto complètement saoul chez lui. Mais ce dernier, influencé par le parfum du jeune homme, lui saute dessus…
Chapitre final: Au lycée, Asaya et Yû étaient proches mais chacun a préféré garder secret son amour pour l’autre. Douze ans après, ils se retrouvent mais constatent que leurs sentiments sont toujours aussi intenses…

En conclusion

Pour un premier manga, itz sensei maîtrise déjà son scénario et son graphisme doucereux colle parfaitement à cette histoire candide. Elle aborde l’homosexualité avec un regard plutôt réaliste mais malheureusement, n’arrive pas encore à approfondir son sujet. Par contre, la relation entre élève et professeur reste vertueuse jusqu’à la remise des diplômes. Son titre a obtenu la sixième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2017.

Goodbye, Red Beryl 1 – Michinoku Atami

goodbye red beryl 1 michinoku atami

MICHINOKU Atami みちのくアタミ
ISBN: 9782375061329
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784861349959 (JP)
Frontier works, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Retrouver goût à la vie grâce à un vampire.

Michinoku Atami sensei commence son histoire par une courte introduction en 2017 avant de nous envoyer en 1968. En plus de la romance, elle s’intéresse à l’immortalité et interroge sur l’amour à travers les époques. Ce premier tome narre le contact entre les deux héros et introduit également un autre couple de vampires. Masakado, qui a transformé Tsuda, entretient une relation étrange avec Moronatsu; en effet, il considère les humains comme de la nourriture, mais en garde un auprès de lui. L’auteure prend son temps pour développer son scénario et la psychologie de ses personnages. Les deux héros qui ont différemment souffert de la solitude se rapprochent malgré eux. Le court chapitre final « Avec beaucoup de sucre » présente le couple dans une historiette plus tendre et mignonne. En fin de volume, Michinoku sensei présente les personnages en donnant quelques anecdotes.

La mangaka utilise des traits très fins et simplifie les lignes des visages. De même, elle utilise des déformations ou des simplifications pour intensifier les expressions, donnant presque un effet cartoon. Ses hommes ont une carrure assez svelte et possède un côté un peu androgyne ou beauté froide qui sied parfaitement aux vampires. Afin de rester au plus près de la réalité pour les vêtements et les décors, elle explique s’être appuyé sur des documents et avoir observé les bâtiments de l’époque. Ses cadrages, parfois dynamiques, ressortent de l’ensemble classique, donnant ainsi plus d’impact à l’image. L’usage des trames est équilibré. Pour l’instant, la sensualité domine dans l’unique scène érotique du tome.

En résumé

Kobayashi Akihiko vient de perdre son nouvel emploi de serveur dans un bar à hôtesses. Orphelin depuis sa plus tendre enfance, se sentant seul et inutile, il pensait renoncer à la vie. Cependant, Tsuda Kazushige le sauve d’un accident mais se blesse gravement. Ce dernier survit pourtant à sa blessure car il est en réalité un vampire. Reconnaissant, Akihiko décide de prendre soin de son solitaire sauveur.

En conclusion

L’introduction laisse présager une triste conclusion, mais j’ai tout de même hâte de découvrir la suite. De plus, ce tome se termine en plein suspense!

Coyote 1 – Zariya Ranmaru

coyote 1 zariya ranmaru

ZARIYA Ranmaru 座裏屋蘭丸
ISBN: 9782368775844
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784861349492 (JP)
Frontier works, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Un amour interdit entre deux hommes aux destins opposés. »

Zariya Ranmaru sensei nous plonge dans une romance interdite entre un humain et un loup-garou. Ce premier tome met en place les personnages et introduit le contexte. Le scénario dense développe diverses intrigues qui s’entrecroisent; en plus de l’histoire d’amour, une guerre entre gangs se profile. Pour l’instant, le tragique et la tendresse se côtoient avec douceur. Les secrets qui entourent Lili et Marlène se dévoilent lentement, maintenant ainsi le suspense avec brio. L’auteure prend son temps pour installer le récit, même si la relation entre les deux héros avance plutôt vite. Elle intègre bien les passages érotiques qui paraissent naturels. L’historiette de fin de volume narre avec humour un moment tendre du couple, tout en montrant un côté de la personnalité de Joshua.

Les pages couleurs en début de tome sont magnifiques avec des tons dominants: le bleu froid de la nuit accompagnant les loups s’oppose au chaleureux orange du bar fréquenté par les humains. Par la suite, la mangaka joue tout au long du volume sur les clairs-obscurs au moyen des trames. Son graphisme utilise des traits fins, réalistes avec le souci du détail. Cela se remarque particulièrement sur les décors et les scènes érotiques. Par exemple, pour éviter la censure, les cadrages ne montrent pas les organes sexuels en entier. De même, les angles recherchés permettent de mettre en valeur l’action très présente. Les personnages sont musclés, certains ont même une carrure imposante. Les proportions sont tout de même respectées et la beauté des corps est bien rendue.

En résumé

Lili, de son vrai nom Coyote, aime venir dans un bar pour écouter le pianiste Marlène (Garland Joshua). Cependant, il fuit toujours les avances de ce dernier; étant un loup-garou, il cache aux humains sa vraie nature. Depuis quelques temps, la ville est le théâtre d’étranges meurtres. Il semblerait que la mafia, dirigée par la famille Garland, soit en conflit avec les loups-garous. Un soir, alors que Lili accepte de partager un verre avec Marlène, ses crocs et ses griffes se mettent à ressortir sous un coup de fièvre. Coyote s’enfuit mais est vite rattrapé par le pianiste qui lui propose de le soulager, ayant constaté que le loup-garou est en rut…

En conclusion

Ce titre a obtenu la quatrième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2017. D’ailleurs, cette histoire mêlant fantastique, romance et guerre de gangs nous fait oublier qu’il s’agit d’un BL. Il me rappelle Roméo et Juliette, mais revisité avec délicatesse! Entraînée par l’intrigue, j’ai hâte de lire le prochain tome, même si j’appréhende un peu la réaction de Coyote quand Marlène lui révèlera son nom.

A sleeping man and a loving man – Zariya Ranmaru

a sleeping man and a loving man zariya ranmaru

ZARIYA Ranmaru 座裏屋蘭丸
ISBN: 9782375061336
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784799726099 (JP)
Libre, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Peut-on développer un sentiment amoureux à partir d’une relation purement physique?

Dans ce recueil, Zariya Ranmaru sensei présente des histoires courtes laissant peu de place au développement des psychologies et des sentiments. Néanmoins, ses personnages sont attachants. Le thème principal pose la question de l’amour naissant après des relations purement physiques mais également la possibilité, pour un hétérosexuel, de se définir en tant que gay ou bisexuel lorsqu’il apprécie de coucher avec un homme. La première histoire se développe sur plusieurs chapitres et donne le titre du manga. Elle aborde d’abord le point de vue de Jude puis celui de Royce. Le couple partage beaucoup ses questionnements. Leur relation ambiguë joue sur l’amnésie et le consentement coupable. Le récit bonus donne une touche humoristique sur les amants amoureux mais encore gênés. Les histoires suivantes mettent un peu plus en avant quelques jeux érotiques.

La mangaka utilise des traits fins, réalistes. Ses hommes sont plutôt masculins et possèdent des visages très expressifs. Les uke rougissent facilement. Les décors se font rares. Les cadrages jouent sur des angles originaux mettant en avant l’esthétique des personnages et facilitant la lecture. Les scènes érotiques sont très détaillées; malheureusement, la censure des organes sexuels, laissant de grands blancs, gâchent un peu leur appréciation.

En résumé

A sleeping man and a loving man / epilogue: Royce et Jude sont collègues depuis 4 ans et colocataires depuis 2 ans. Mais depuis deux semaines, Royce souffre d’une maladie qui stimule ses pulsions sexuelles durant son sommeil. N’importe qui peut y passer; or, le malade n’a aucun souvenir à son réveil. A force de céder aux avances nocturnes de son patron, Jude se met à espérer l’amour…
Sweet diner: Aoi éprouve des difficultés pour se nourrir. Le cuisinier Kirino l’initie, à sa manière, aux plaisirs gustatifs et sexuels.
Run from the night: Suite à un traumatisme dans un accident, Haru ne supporte pas la nuit. Il couche donc chaque soir avec Yugo. Mais ce dernier devient de plus en plus câlin. Le considérant comme un simple sex friend, Haru rejette finalement cet amour.
Sun and secrets: Kaito, employé d’hôtel, a eu une aventure torride avec Cody, un client. Un an après, ce dernier réapparaît pour le séduire à nouveau alors qu’il l’avait quitté abruptement, prétextant rejoindre son épouse et son enfant.
A waiting flower: Le propriétaire Kizuki aime prendre de force le religieux Kazuha…

En conclusion

Ce titre a obtenu la première place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2016. Alors que les personnages sont attachants, le format court frustre un peu l’appréciation de l’histoire. Cela donne envie de voir la suite! Zariya sensei a déjà pré-publié un chapitre pour l’aventure de Jude et Royce. Espérons qu’il y en aura d’autres!

Une lumière dans la pénombre – Hayakawa Nojico

une lumiere dans la penombre hayakawa nojico

HAYAKAWA Nojico ハヤカワノジコ
ISBN: 9782368775738
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784864421225 (JP)
Tokyo mangasha, 2013 (JP)
Titre original: くらやみにストロボ
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Quand l’amitié se transforme en amour.

Dans ce one-shot, Hayakawa Nojico sensei s’intéresse à la transformation d’une amitié en amour. La narration se fait du point de vu d’Arata, qui a été légèrement traumatisé au collège en voyant un senpai gay se faire martyriser. Il est donc constamment écartelé entre ses sentiments et ses appréhensions. De plus, Shôtarô est direct. L’auteure dépeint en détails les questionnements de son héros, les différents sentiments qui l’habitent ainsi que les réactions de leurs amis en découvrant leur relation homosexuelle. Un chapitre spécial permet justement d’approfondir la vision de Tôru Sawamiya qui tolère une relation tendue avec Kôichi Hase, alors que ce dernier tente de la faire évoluer.

La mangaka utilise un trait fin épuré. L’agencement des cases laisse souvent des blancs et les décors se font rares. Ces ellipses confèrent un style dépouillé à ses pages. Elle n’hésite pas à utiliser des déformations. Les visages sont facilement rougissants. Ses trames servent uniquement à ombrer ou colorer. Elle use des passages sans dialogue, détaillant les petits gestes. Son image est très expressive. Des saynètes en quatre cases terminent les chapitres avec humour. De même, sous la jaquette, Sakaki et Miyamoto sont soumis à un interrogatoire humoristique. L’illustration de la couverture, jouant sur l’aquarelle et l’harmonie des couleurs, donne une touche poétique.

En résumé

De parents photographes et étant membre du club de photographie, Sakaki Arata revend aux filles les photographies des beaux garçons du lycée qu’il s’amuse à prendre. Son voisin et ami d’enfance, Miyamoto Shôtarô, joue au basketball et a la côte auprès des lycéennes. Cependant, il refuse toujours de sortir avec elles. Le photographe amateur qui a pris l’habitude de l’espionner lors des déclaration, est un jour surpris en entendant le sportif répondre qu’il est amoureux de quelqu’un. Qui cela peut-il bien être, alors qu’ils sont toujours ensemble?

En conclusion

Ce gakuenmono pudique allie poésie graphique et réflexions adolescentes sur l’homosexualité. Une très bonne approche, même si le traitement principal est léger et reste dans la relation mignonne.

Coup de foudre pour Cupidon – Suzumaru Minta

coup de foudre pour cupidon suzumaru minta

SUZUMARU Minta 鈴丸みんた
ISBN: 9782368776513
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784864423120 (JP)
Tokyo mangasha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Que se passe-t-il quand Cupidon est touché par un coup de foudre?

Dans ce one-shot, Suzumaru Minta sensei offre deux amitiés naissantes qui se transforment vite en amour. Pour son premier manga, elle insuffle suffisamment de psychologie à ses protagonistes et maîtrise déjà bien son scénario même si le récit se déroule assez vite. Les relations dégagent de la douceur. La narration suit le point de vue de Shingo et d’Ao, en écho à leur attachement et au déroulement scénaristique; le jeune couple s’interroge sur ses sentiments, sur sa première fois. « Fétichisme à l’heure du bain » paraît moins abouti mais la relation entre Taira et Ryônosuke propose une approche divertissante sur l’émoi que peut ressentir un homosexuel face à des provocations innocentes et inconscientes. Les personnages, attendrissants, ont des caractères originaux et les amis exercent une bonne influence sur leurs décisions, sans être intrusifs. Le chapitre final met en avant la forte amitié des amis d’Ao.

Le trait de la mangaka est fin, doux et simplifié, en particulier dans les moments humoristiques. Son style graphique rappelle celui des shôjo, avec des visages ronds et des déformations donnant un aspect mignon aux bouilles larmoyantes, surprises ou tristes. Les trames d’ambiance sont discrètes. La présence des décors est équilibrée. Les cadrages sont dynamiques, avec des angles recherchés. Les chapitres se terminent sur des yonkoma offrant une anecdote amusante. Les scènes érotiques allient à la fois sensualité et humour. La censure se fait par le cadrage et l’absence de détails. Sous la jaquette, une illustration des personnages donne quelques informations et un comic strip narre la création de l’histoire.

En résumé

Un coup de foudre pour Cupidon / VIVA! à la plage… / Attaque à la maison! / Les vacances continuent / Avant les vacances d’été – meilleurs amis: A la demande des filles, Shingo Nagata (16 ans) enquête sur les beaux garçons du lycée, en échange de nourriture. Il se retrouve donc à jouer indirectement les entremetteurs. Mais alors qu’on lui demande de s’informer sur l’origine de la cicatrice au front d’Ao Totoki (17 ans), le cupidon se trouve confronté à son premier échec. En effet, le lycéen n’est pas d’abord facile. Mais cela motive encore plus Shingo à devenir son ami, surtout depuis qu’il a découvert par hasard que son senpai a peur de l’orage.
Fétichisme à l’heure du bain: Taira Mikami (19 ans) aide volontiers sa famille qui gère un sento. Passionné par les muscles, il peut alors se rincer l’œil et même tripoter les clients consentants. Ryûnosuke Shinoda (21 ans), croyant que le jeune homme est agressé, vient à sa rescousse. Une nouvelle amitié naît…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la huitième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2018. Une histoire mignonne et touchante, où l’évolution des sentiments se passe tout en douceur. Il est agréable d’accompagner ce petit couple attendrissant. Cependant, le récit peut paraître un peu trop léger pour certains lecteurs exigeants.