Punch up 2 – Kano Shiuko

punch up 2 kano shiuko

KANO Shiuko 鹿乃しうこ
ISBN: 9782820304612
Asuka, 2012
ISBN: 9784862635389 (JP)
Libre, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

Quand le passé entraîne des doutes difficiles à surpasser.

Kano Shiuko sensei propose des tranches de la vie de Kôta et Motoharu, en couple depuis six mois. Tandis qu’une certaine routine s’est installée, les deux amants commencent à douter de leurs sentiments tout en se découvrant. Cette inquiétude latente entraîne donc des changements de comportement. En effet, Ôki se montre plus entreprenant et Motoharu en profite pour imposer ses désirs déviants. L’auteure met clairement en avant le manque de confiance, les difficultés de communication au sein du couple, l’influence du passé de chacun mais également les changements qui s’opèrent peu à peu pour atteindre un certain équilibre. Ainsi, les compromis se font à deux. L’architecte participe un peu plus au foyer. L’ouvrier partage ses sentiments et s’ouvre également un peu plus aux autres. Un chapitre spécial conclut ce tome en présentant le passé de Kôta avec son premier petit ami Fukazu Yûya.

La mangaka a adouci les traits des visages. Elle simplifie les expressions dans les scènes humoristiques. Ses hommes ont des muscles fins harmonieux. Elle joue beaucoup sur les dégradés de gris avec les trames. Ainsi, les décors donnent une touche réaliste car ils sont très présents et permettent de se situer immédiatement. La mise en page guide le regard et impose le rythme de lecture. Afin d’éviter la censure, Kano sensei joue sur les cadrages ou les angles de vue dans les scènes érotiques. Ces dernières sont détaillées avec parfois une coupe intérieure. En fin de chapitre, des fiches personnages, une fiche métier et des yonkoma ajoutent une touche amusante. Par exemple, le fantasme de Maki sur les cotons-tiges est hilarant.

En résumé

Après leur shopping, Ôki Kôta retrouve Maki Motoharu dans un café en train de baver sur un magazine. Alors qu’il a acheté des produits pour la maison, l’architecte a préféré lui prendre des vêtements, lui réclamant un défilé. Cependant, à leur retour dans leur foyer, le jeune homme reçoit l’appel d’un ami de collège. Le lendemain, Maki trouve Saiga Katsutoshi, assez agressif, devant son bureau. Inquiet par les différences sociales et d’âge du couple, l’ami de Kôta est venu s’assurer des sentiments de l’architecte. Mais sa première impression est mauvaise, le trentenaire faisant mine de le draguer. Le soir, vexé par les cachoteries de son amant, le couple se dispute. Quand Saiga revient à la charge, Maki se confie alors sincèrement, ne sachant comment exprimer son amour à force de s’être fait larguer…

En conclusion

Maki Motoharu se classe troisième meilleur seme pitoyable au Chill chill BL award 2009. Je m’amuse à voir Kôta acculer son petit ami, ayant cerné ses goûts masculins. Et comme Motoharu ne se comporte pas de la même manière avec lui qu’avec ses autres conquêtes, le couple en devient touchant. L’auteure dépeint avec finesse la sensibilité de la formation d’un couple entre doutes et difficultés de communication et de compréhension. J’ai donc hâte de voir jusqu’où elle va nous mener!

Punch up 1 – Kano Shiuko

punch up 1 kano shiuko

KANO Shiuko 鹿乃しうこ
ISBN: 9782820303363
Asuka, 2012
ISBN: 9784862630810 (JP)
Libre, 2006 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

Une romance explosive entre un architecte immature et un ouvrier charpentier au sang chaud.

Kano Shiuko sensei met en scène un couple détonant où la différence d’âge apporte divers questionnements. Malgré ses 19 ans, Kôta a déjà un corps musclé par le travail même s’il est encore imberbe. Motoharu, malgré ses 31 ans, a un comportement parfois immature et des goûts de pervers. Bien que le couple file le parfait amour sur le plan sexuel, les deux hommes ne sont pas encore sûrs de leurs sentiments: la jalousie et le doute entravent la communication au sein du couple. D’autant plus que le frivole architecte continue à admirer les hommes à son goût. De plus, il a tendance à traiter Ôki comme une poupée, se montrant égoïste et parfois brutal. Justement, l’auteure se concentre principalement sur l’évolution des sentiments des personnages, les accompagnant avec des confidents, Hishiya Shinobu et Wakui Hisashi, ou les mettant à l’épreuve en introduisant d’anciennes conquêtes. En bonus, elle narre une aventure sexy avec les protagonistes de P.B.B..

Le style graphique particulier de la mangaka est facilement reconnaissable. Les visages sont ovales avec des mentons longs et pointus et des yeux effilés. Les personnages ont des carrures masculines. Kano sensei exagère certaines expressions, donnant une touche humoristique. Par exemple, le visage déformé par les larmes de Motoharu est hilarant. Les décors détaillés alternent avec les trames d’ambiance. Les angles de vue sont recherchés. De même, la mise en page dynamique joue sur les emboîtements et des vignettes de formes variées. Les illustrations de début de chapitre mettent en scène le couple. Des yonkoma en fin de chapitre ou de tome apportent des anecdotes humoristiques sur la perversité de Motoharu. Le travail des trames permet d’éviter la censure lors des scènes érotiques, assez nombreuses.

En résumé

Sur un chantier, le brillant architecte Maki Motoharu tente de s’interposer dans une bagarre entre un électricien et un ouvrier charpentier mais se prend un coup. Remarquant son chat disparu depuis une semaine dans les bras de Hishiya Shinobu, il apprend que l’animal a été recueilli par le charpentier au sang chaud qui l’a frappé. Ôki Kôta a même perdu son logement à cause du félin. Bon prince, l’architecte lui propose alors de l’héberger temporairement. Mais leur cohabitation reste houleuse. En effet, le frivole Motoharu néglige plutôt l’entretien de son appartement. Kôta, au contraire, refuse de dépendre de quelqu’un et se retrouve donc à s’occuper des tâches ménagères. Les surprenant en train de faire les courses, le petit copain de Kôta fait un scandale l’obligeant à le suivre. Motoharu réalise alors que le jeune ouvrier lui manque plus qu’il ne croyait. Alors quand Katayuki lui propose de lui rendre Kôta contre une somme d’argent, il n’hésite pas!

En conclusion

J’adore Kano Shiuko sensei! Son style graphique ne plaira pas à tout le monde, mais il est très expressif. Elle joue beaucoup sur les nuances de gris, malheureusement l’édition française sombre un peu trop les pages, perdant les subtils dégradés. Cette auteure s’intéresse beaucoup à des milieux sociaux peu représentés dans les BL et n’hésite pas à se renseigner sur le terrain. De plus, elle allie à la fois côté sexy et sentiments. Par ailleurs, les personnages de ses différentes séries s’entrecroisent. Je ne peux donc que vous recommander cette romance explosive qui vous fera rire et pleurer et vous fera réfléchir sur le couple et la vie à deux.

The Teijo academy 1 – Natsushita Fuyu

the teijo academy 1 natsushita fuyu

NATSUSHITA Fuyu 夏下冬
ISBN: 9782368776933
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784865895568 (JP)
Fusion product, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

En suivant son ex dans l’académie Teijo, Harutaka ne pensait pas tomber dans un environnement aussi élitiste.

Natsushita Fuyu sensei installe d’abord le contexte et les personnages de son gakuenmono. Bien que ce soit un omegaverse, elle ne précise pas forcément l’appartenance de ses héros. Malgré l’égalité prônée par l’académie, des préjugés persistent. L’omega Harutaka va venir bousculer les traditions, réclamant plus d’intégrité. En effet, derrière l’excellence, l’école semble cacher une partie sombre, en particulier dans la manière de nouer un réseau ou d’accéder à un certain statut. La promotion canapé n’est donc plus l’apanage des omega. En fin de chapitre, l’auteure donne des fiches explicatives sur le fonctionnement de l’école. Ce tome se concentre sur l’effervescence du bal et l’influence hiérarchique remontant jusqu’au anciens membres. En fin de volume, l’histoire de Tsuji est narrée ainsi que la suite des aventures de Le maître de maison est un alpha, avec la grand-mère Isaka qui souhaite inscrire son petit-fils à l’académie.

Le graphisme de la mangaka est plutôt réaliste. Les étudiants ont des carrures variées. Par contre, Natsushita sensei n’hésite pas à exagérer les expressions de Harutaka. De même, elle met en image l’imagination de l’omega et représente sa conscience par trois personnalités intérieures qui débattent entre elles. Les décors sont précis et les trames d’ambiances discrètes. La mise en page semble assez classique pourtant les angles de vue sont très variés. Sous la jaquette, un plan présente l’académie. Les scènes érotiques sont courtes et censurées par de fines bandelettes blanches qui ne cachent pas grand chose.

En résumé

Bien que l’académie Teijo accueille la future élite du Japon, elle est ouverte à tous: alpha, beta et omega. Les dirigeants des quatre clubs scolaires, surnommés les quatre légendaires ou 4L, y règnent en maître. Alors que le représentant de l’éthique Hasunomiya ne cherche qu’à assouvir sa libido, Aoki, responsable du savoir, refuse ses privilèges. Souhaitant suivre les traces de son père politicien, l’alpha Einan Nachi quitte son petit ami omega afin d’intégrer cette école. Cependant, Ichijô Harutaka décide de le suivre pour le soutenir. Le jour de la rentrée, il surprend Tsubaki et Kakuya, respectivement les responsables du club de sport et d’art, exclure un élève alpha qui aurait discriminé les omega sur les réseaux sociaux. Alors que son colocataire, Tsuji Akihiko, ne rêve que de devenir un favori, n’hésitant pas à coucher pour y arriver, Harutaka préfère vivre pleinement sa vie étudiante avec son ami omega Mitomi.

En conclusion

Les mimiques de Harutaka sont hilarantes. Alors que la couverture laisse espérer un triangle amoureux (ou même un threesome), le manga nous oriente dans une toute autre direction. Mais c’est très intéressant de découvrir tous l’univers construit par l’auteure. Et le suspense nous invite à nous jeter sur la suite.

Le maître de maison est un alpha – Natsushita Fuyu

le maitre de maison est un alpha natsushita fuyu

NATSUSHITA Fuyu 夏下冬
ISBN: 9782368776414
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784865894783 (JP)
Fusion product, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Comment construire son couple petit à petit quand on est deux seme, d’autant plus qu’il faut rapidement donner un héritier?

Dans ce one-shot, Natsushita Fuyu sensei met en avant la vie conjugale d’un couple d’alpha. Cet omegaverse interroge principalement l’égalité au sein du couple, les difficultés à définir les rôles entre deux seme, et la pression familiale de donner un héritier. D’abord hétérosexuels, les deux hommes doivent gérer à la fois leurs sentiments et leurs préjugés des rôles genrés. Ils se questionnent sur la domination, la pénétration, la conception. L’auteure a une approche assez originale, ne mettant pas en avant l’appartenance aux groupes alpha ou omega. Elle disperse des indices au fur et à mesure pour les lecteurs. En outre, elle présente un couple qui communique, se respecte et accepte d’ouvrir leur esprit. Le langage est parfois cru. Les quiproquos et les réactions excessives des personnages apportent une touche humoristique. L’épilogue à la maternité laisse espérer une orientation vers le reverse.

Les traits de la mangaka sont plutôt réalistes: ses personnages ont des visages ovales, des corps masculins musclés. D’ailleurs, les deux époux ont presque la même carrure. Natsushita sensei exprime les chaleurs par la contraction des pupilles. De même, elle met directement en image l’imagination débordante de Kazumasa. Les trames d’ambiance sont bien intégrées, les décors détaillés. La mise en page dynamique joue avec des angles de vue variés. Justement, le découpage parfois cinématographique des scènes érotiques donne beaucoup de détails. De plus, il n’y a pas de censure, à part dans les coupes intérieures. Les illustrations de début de chapitre présentent les protagonistes dans un instant pris sur le vif. Sous la jaquette se trouve la solution du jeu de recherche du symbole du chat à trouver dans chaque chapitre; il faut une loupe pour en repérer certains!

En résumé

Les familles Isaka et Tachigami ont organisé un mariage arrangé entre leurs fils alpha. Bien qu’amoureux de son mari, Tachigami Kazumasa n’arrive pas à passer outre ses appréhensions sur les rapports sexués de même genre. Bien que sa mère lui mette la pression pour donner rapidement un héritier, Isaka Takaomi, salaryman dans l’entreprise familiale, reste toujours à l’écoute de son époux. Ces deux seme prennent leur temps. Cependant, vexé de ne pas exciter son partenaire, Kazumasa décide de consulter un psychiatre, Tokihito Kyôwa, spécialisé dans la sexologie des couples. Cependant, ses méthodes ne sont pas très orthodoxes!

En résumé

Ce manga a obtenu la 5e place au classement du manga profond au Chill chill BL award 2019. En effet, il est à la fois sexy, érotique et tendre. Même si les méthodes du psychiatre peuvent gêner, on s’attache vite à ce couple qui privilégie respect et partage.

My little inferno 2 – Asada Nemui

my little inferno 2 asada nemui

ASADA Nemui 朝田ねむい
ISBN: 9782368777114
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784396784690 (JP)
Shodensha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Une personne droite et pure peut-elle tomber amoureuse d’un criminel?

Asada Nemui sensei continue à nous surprendre avec l’étrange cohabitation entre Makun et Hitoshi. Tout en nous sensibilisant sur les risques du stockage des données personnelles, elle présente quelques techniques de piratage informatique. Alors que Mayumi prend le piratage comme un jeu, Nakamoto Tatsumi le monopolise. Ainsi, leur relation toxique voit leurs ambitions diverger peu à peu. En effet, Makun prend peu à peu conscience des effets néfastes de ses actions. Admirant l’innocence de Hitoshi et confronté à ses principes, le hacker a finalement trouvé un divertissement plus jouissif, cherchant à abattre ses murs de protection un à un. Leur relation évolue, sans romantisme, mais avec respect des remarques et négociations. Cela donne un ton humoristique bien venu après toute la tension du volume précédent. Dans sa postface en fin de tome, l’auteure offre une surprise dans les profils personnages sur Arai Mai.

La carrure de Mayumi, bien musclé, contraste avec la frêle stature de Hitoshi. La mangaka travaille particulièrement le regard de l’étudiant, généralement fuyant, mais qui s’agrandit lorsqu’il est déterminé et devient alors si expressif. Elle privilégie les aplats, même pour les trames. La mise en page est plutôt classique avec quelques pages dynamiques mais cela colle parfaitement au style graphique d’Asada sensei. Les couvertures jouent sur la nuance de deux couleurs dominantes complémentaires, comme peinte au pinceau. Les illustration de début de chapitre introduisent le ton du récit à venir. Les scènes érotiques donnent peu à voir, respectant le côté pudique de Hitoshi. Cela permet d’imaginer la frustration dans laquelle se trouve le seme qui devra se surpasser pour faire tomber les murs de protection de son amant peu à peu.

En résumé

Hitoshi a reçu un appel de l’hôpital: sa mère a fait un malaise. Accompagné de Makun, il se rend immédiatement à son chevet mais la retrouve chez elle. Fatiguée, elle confie alors à son fils qu’elle reçoit depuis une semaine des appels et des lettres à propos de remboursements. Son fils la rassure en concluant qu’il s’agit d’une attaque. Mais Mayumi, suspicieux, découvre que les données de Mai Arai ont été volées et ont servi à contracter une dette de 30 millions de yens. Sur le chemin du retour, Hitoshi s’effondre en apprenant la somme colossale et les difficultés à prouver l’innocence de sa mère. Son colocataire, ayant déjà une idée de qui pourrait être derrière cette action, décide de prendre les choses en mains…

En conclusion

J’ai du mal à croire en la rédemption du hacker mais il est tellement amusant de le voir céder aux demandes de Hitoshi. Je suis finalement conquise par la fin et l’évolution de ce couple original et touchant. Ne vous arrêtez pas aux premières scènes du tome 1, l’auteure a su exploiter et approfondir ses personnages et donne un ton particulier à cette romance.

My little inferno 1 – Asada Nemui

my little inferno asada nemui

ASADA Nemui 朝田ねむい
ISBN: 9782368777107
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784396784683 (JP)
Shodensha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Le sombre destin de Hitoshi, pris en otage par un squatteur louche.

Asada Nemui sensei propose de suivre l’étrange cohabitation entre un homme menaçant sans morale et un étudiant peureux mais droit. Ses deux héros sont amenés tous deux à évoluer peu à peu. Elle s’amuse donc à confronter leurs caractères opposés. Bien que Hitoshi ait un air ahuri, il manque seulement de confiance en lui. Même s’il semble malchanceux, il s’accroche et s’accommode peu à peu de Makun. Justement, le squatteur a toujours obtenu ce qu’il veut comme il veut. Surdoué intéressé par les défis, il s’est laissé mené au jeu par son ancien complice Nakamoto qui voyait en lui un moyen facile de s’enrichir. Le comportement du malfrat est paradoxal: il prend soin de sa victime tout en la harcelant sexuellement, sans toutefois la forcer. On le voit particulièrement dans l’histoire bonus, où Makun semble vraiment sous le charme de l’étudiant. L’auteure nous offre principalement une romance ambigüe.

La mangaka utilise des traits épais et anguleux qui donnent un certain cachet à son style. Ses personnages ont diverses corpulences et s’ancrent plutôt dans la réalité. Cependant, elle simplifie les traits dans les passages humoristiques. Cela sied surtout au regard blasé de Hitoshi. Asada sensei joue beaucoup sur les clairs-obscurs et les contrastes noir et blanc. Ses décors plutôt détaillés sont bien présents. La mise en page semble assez classique. Par contre, le découpage est parfois cinématographique. Les scènes érotiques évitent de montrer les détails en jouant sur les angles de vue. Par ailleurs, l’agression sexuelle est bien représentée tel un acte cruel; même s’il n’y a pas de pénétration, l’auteure insiste sur le malaise de la victime.

En résumé

Arai Hitoshi (19 ans) n’a pas vraiment d’ami et a tendance à rester isolé. Harcelé au lycée, il a raté les examens des universités de Tokyo qu’il visait et a fini dans une faculté près de chez lui. Pour soutenir sa mère qui travaille dans un ryokan et est souvent absente, il a également un petit boulot dans un restaurant. Un soir, il entend un bruit dans le coffre d’une voiture garée dans la rue. Alors qu’il cherche de l’aide, un imposant homme en sort. Après lui avoir soutiré portefeuille et téléphone portable, Magami Mayumi (28 ans) s’installe chez l’étudiant. Bien que ce dernier tente de résister, Makun le menace et finit par l’agresser sexuellement. Commence alors une étrange cohabitation entre le pervers squatteur et sa victime terrorisée…

En conclusion

Depuis Loved circus, le trait de la mangaka a bien évolué. J’aime beaucoup son style graphique dans cette série. En donnant sa version du syndrome de Stockholm, elle invite les lecteurs à suivre les déboires de Hitoshi. Les personnages, même antipathiques, sont intéressants. J’ai donc hâte de voir comment va évoluer cette relation.
Mise à jour: La série a obtenu la dixième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2020.

Ikumen after +a – Kodaka Kazuma

ikumen after plus a kodaka kazuma

KODAKA Kazuma こだか和麻
ISBN: 9782375061794
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784799734477 (JP)
Libre, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

La famille est le moteur de toute motivation.

Kodaka Kazuma sensei offre une suite à sa série Ikumen after. Mais ce tome peut également être lu comme un one-shot. La narration alterne entre les deux pères puis laisse la place au couple. Grâce à une opportunité professionnelle, l’auteure décrit comment le soutien et l’entraide permettent à Izumi de réaliser son rêve. Parallèlement, elle montre les deux facettes de la bienveillance qui peut être blessante ou salvatrice. En effet, alors qu’Asakura voit sa condition de veuf influencer le comportement de ses subalternes, Kentarô trouve du courage pour se lancer. Entre les petits drames causés par des personnes extérieures, les deux pères démontrent que la communication et la famille sont essentielles pour tout surmonter. De même, afin d’avancer dans leur relation intime, le salaryman ose prendre des initiatives en s’informant, bien que son amant le ménage. Le consentement est clair et partagé. Le ton général du récit reste très réaliste.

Les traits de la mangaka s’adoucissent légèrement. Elle simplifie les traits dans les passages humoristiques. Ses décors et ses trames sont toujours aussi détaillés. Certaines vignettes sont tellement expressives qu’il n’y a pas besoin de dialogue pour comprendre ce qui se passe. Les illustrations de début de chapitre rappellent les photographies d’un album. Pour les scènes érotiques peu censurées, Kodaka sensei joue sur les cadrages et les angles de vue, cachant les parties intimes. Certaines scènes dégagent beaucoup de sensualité comme les baisers ou lorsque Asakura se lèche les lèvres.

En résumé

Cela fait trois semaines qu’Izumi Kentarô et son fils habitent chez les Asakura. Pourtant, même si les deux pères filent le parfait amour, leur relation intime n’avance pas. N’ayant pas confiance en lui à cause de son manque d’expérience, Asakura se laisse facilement porter. Cependant, Kentarô refuse de le brusquer et se contente de petits câlins. Un nouvel employé, Higuchi, arrive dans le service d’Asakura et fait immédiatement son coming out afin d’éviter les malentendus. Alors que le salaryman sympathise vite avec le nouveau, trouvant un confident, le personnel féminin met en garde ce dernier. De son côté, Kentarô reçoit une invitation d’Okonogi Hikaru pour une répétition de sa nouvelle pièce de théâtre et attire le regard d’un metteur en scène…

En conclusion

La conclusion de cette série nous invite à rester positif dans la vie et à reconsidérer ce qui nous entoure: le sentiment familiale que l’on crée, la communication, oser demander de l’aide, accepter le soutien des autres, l’amour, ne pas avoir peur de se lancer. Suivre ce jeune couple de pères célibataires donne du baume au cœur. Comme à son habitude, la mangaka va bien au-delà d’une simple romance et s’intéresse aux différents liens qui se nouent au fil de la vie. En outre, l’homoparentalité apparaît toute naturelle dans cette cellule familiale. J’adore!

Ikumen after 2 – Kodaka Kazuma

ikumen after 2 kodaka kazuma

KODAKA Kazuma こだか和麻
ISBN: 9782375060087
Taifu comics, 2016
ISBN: 9784799714690 (JP)
Libre, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Vivre sous le même toit que l’homme qu’on aime: entre bonheur et torture.

Kodaka Kazuma sensei accélère son récit et met principalement en avant la difficulté à avouer ses sentiments pour ne pas briser une belle amitié. Suite à un évènement dramatique, les deux amis vont cohabiter, entrainant une rapide évolution de leurs sentiments. L’auteure s’attarde un peu plus sur le passé d’Izumi et aborde la prise de conscience des regards extérieurs qui domine les sentiments. Elle met également en avant les jugements hâtifs que peut porter la belle-famille ou son aide, les quiproquos qu’entrainent secrets et non-dits. De même, elle interroge sur la vision de la paternité par rapport à la pornographie, d’autant plus quand elle est homosexuelle. Par exemple, l’idée qu’un père de famille ne peut être acteur porno ou qu’un père regardant des films pornographiques homosexuels est catégorisé de pervers. L’humour est plus présent et la déclaration se fait dans le rapprochement et le partage du bonheur.

La mangaka détaille les décors. Elle travaille particulièrement les expressions mais aussi les mouvements et les actions. Elle communique donc beaucoup par le dessin. Les trames d’ambiance appuient le récit. Il se dégage un style réaliste général, cependant elle n’hésite pas à simplifier les traits dans les scènes humoristiques. Les illustrations de début de chapitre alternent entre les parents, les enfants ou les deux réunis.

En résumé

Trois jours ont passé depuis l’échange de leur baiser mais Asakura et Izumi font comme si rien ne s’était passé. Le salaryman ayant composé un album photos pour chacun des enfants, il propose à Kentarô de classer également ses photographies en apprenant qu’il ne fait que les stocker sur son PC. Au travail, Izumi croise Yamagishi, un réalisateur de films avec qui il avait travaillé. Ce dernier lui demande alors de reprendre au moins un tournage, sa starlette du moment, Okonogi Hikaru, le réclamant. En effet, l’acteur porno est un grand fan. Pour le convaincre, il lui promet de lui envoyer une vidéo. Un soir, en classant les photos de son ami, Asakura tombe sur le film érotique. Tandis que Kentarô s’explique, le naïf père tente de le rassurer. Mais le soir venu, se rappelant de leur baiser, il ne peut contenir son désir…

En conclusion

Après un premier tome concentré sur Asakura, Kodaka sensei s’intéresse à Izumi. Derrière son grand sourire, on découvre toutes les difficultés qu’il a rencontré par le passé et la torture pour un gay de rester sous le même toit que l’homme qu’il aime. Mais voir ce couple se former dans la tendresse et la douceur est tellement touchant. Une ode aux câlins!

Ikumen after 1 – Kodaka Kazuma

ikumen after 1 kodaka kazuma

KODAKA Kazuma こだか和麻
ISBN: 9782375060049
Taifu comics, 2016
ISBN: 9784799710531 (JP)
Libre, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Le quotidien de deux pères célibataires qui se lient d’amitié.

Kodaka Kazuma sensei nous propose de suivre l’évolution de l’amitié entre deux pères célibataires: Asakura, un veuf hétérosexuel et Izumi, un bisexuel divorcé. Entre les petits drames du quotidien, elle partage les divers échanges entre ces parents comme la cuisine, les techniques éducatives et l’entraide. Son approche conserve un ton réaliste. En outre, ses héros venant d’un milieu social différent, l’auteure s’interroge également sur le veuvage, la séduction entre gay et hétérosexuel et la philosophie de vie. De plus, le caractère opposé des deux hommes pimente un peu cette douce tranche de vie. Chaque chapitre permet de voir petit à petit les changements des sentiments entre les deux parents. La naïveté du salaryman lui donne un côté mignon. Se focalisant plutôt sur les sentiments, même le baiser volé de Kentarô semble tout doux.

Le graphisme typique de la mangaka garde quelques traces du style shônen: des traits fermes, des visages ovales plutôt réalistes, des enfants aux grands yeux. Comme à son habitude, elle soigne les expressions, utilisant de légères exagérations ou simplifications. Les décors sont détaillés. Les trames d’ambiance illustrent le récit. De même, Kodaka sensei apporte un travail précis sur les trames de couleurs et d’ombre. Le jeu des angles de vue et des cadrages dynamisent la mise en page. Les illustration de début de chapitre, attendrissantes, présentent les deux pères et leurs enfants. En fin de tome, deux planches mettent en parallèle, avec humour, une matinée typique chez Asakura et Izumi.

En résumé

Depuis le décès de sa femme, Asakura (30 ans) élève seul son fils. Cependant, il a beaucoup de mal à concilier travail et éducation. D’autant plus que Hiromi ne sourit plus et continue à faire pipi au lit. En allant à la maternelle, il rencontre Izumi Kentarô (26 ans), qui élève également seul son fils Motoki. Ce dernier a sympathisé avec le jeune Hiromi. Le salaryman, bien que surmené, saute même les repas pour pouvoir s’avancer dans son travail. Mais en récupérant son fils le soir, il s’effondre, épuisé. Après que l’instituteur Hikari lui ait prodigué les premiers soins, Kentarô lui donne quelques conseils. Les deux hommes se lient alors d’amitié.

En conclusion

Il n’y a rien de rocambolesques dans cette histoire, juste la vie de tous les jours entre deux parents qui s’apprécient. Cette série dégage plein d’amour et de sentiments positifs. Les enfants sont tellement mignons qu’il est impossible de ne pas craquer. Laissez-vous donc séduire par cette tendre romance débordant d’amour!

Crazy fruits – akabeko

crazy fruits akabeko

akabeko
ISBN: 9782368777084
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784396784416 (JP)
Shodensha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Une plongée dans l’univers de la prostitution où l’amour a peu de place.

Dans ce recueil, akabeko sensei s’intéresse au milieu de la prostitution en suivant deux couples en devenir. Elle donne un aperçu cru, sans filtres des clubs d’hôtes et dépeint les brimades entre hôtes, les traumatismes, les viols et le manque de sécurité de ces métiers de la nuit. Ses personnages ont des personnalités assez complexes, même si le format court ne permet pas de les approfondir. L’amour se découvre par le sexe, sans forcément de sentiments. L’auteure maîtrise suffisamment son scénario afin de transmettre l’essentiel pour comprendre les contextes. Le second récit, qui occupe l’autre moitié du tome, propose une romance plus douce questionnant la différence d’âge.

La mangaka a un trait sensuel, légèrement anguleux. Les visages sont plutôt carrés, avec des yeux allongés et tombants. Elle traite les cheveux par des aplats noirs ou blancs. Il y a peu de décors et quelques trames d’ambiance. akabeko sensei ne censure par les scènes érotiques, détaillant même les différentes actions préliminaires.

En résumé

Crazy fruits / Crazy fruits – Spin off / Bonus track: Grâce à sa beauté, Ringo est le call-boy n°1 du club gay Fruits. Fier, il n’hésite pas à refuser un client trop insistant. Bien que le garde du corps Okura lui propose de le raccompagner, il préfère rentrer seul mais tombe sur le client éconduit qui l’attaque au cutter et le défigure. Ayant perdu tous ses clients, le jeune homme est remercié. Mais le banal Okura continue à prendre soin de lui. De son côté, le patron du club se rappelle sa rencontre avec Léo, un hôte hétérosexuel qu’il avait initié de force au plaisir anal, alors que ce dernier était brimé par ses collègues. Il le retrouve par hasard dans un bar…
La maison où tu es: Depuis le départ de sa femme, Banzai (40 ans) se laisse plutôt aller. Travaillant à domicile, le programmeur néglige complètement l’entretien de son appartement. Son ami lui recommande alors une agence de service d’entretien à domicile. Quand il voit le jeune Chiaki Minami se présenter, le quarantenaire doute d’abord de ses compétences. Mais devant son efficacité, il finit par être touché par l’entrain de l’homme de ménage…

En conclusion

Crazy fruits a obtenu la première place dans la catégorie BL profond au Chill chill BL awards 2019. Malgré l’impasse sur les sentiments, j’apprécie beaucoup ce titre. Comme Kano Shiuko sensei, l’auteure aborde les métiers du sexe sans pour autant embellir son approche. Les histoires sont avant tout sexy. Un titre qui donne envie de découvrir les autres œuvres de l’auteure.