L’amour taille XXL – Mochino Kome

l amour taille xxl mochino kome
MOCHINO Kome もちの米
ISBN: 9782382763209
Hana, 2022
ISBN: 9784758078313 (JP)
Ichijinsha, 2018 (JP)
Titre original: 俺のおにくちゃん
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Quand l’obsession et l’envie de revanche font naître des sentiments imprévus. »

Mochino Kome sensei offre une romance amusante qui bascule au fur et à mesure dans des révélations dramatiques. Elle alterne la narration entre les deux héros. Elle aborde la distinction entre attirance physique et sentiment amoureux et la différence de statut social. Le suspense se maintient jusqu’à la fin. La candeur de Kô provoque divers quiproquos. Toutefois, l’étudiant prend le temps de réfléchir aussi bien sur son comportement que sur l’évolution de ses sentiments. Chiaki, quant à lui, exprime maladroitement ses émotions, même si ces dernières transparaissent dans ses expressions. L’auteure joue donc sur leurs différentes réactions pour ajouter des touches d’humour. Par ailleurs, elle introduit Masaki pour révéler le passé dramatique de Hiiragi et secouer un peu les deux héros.

La mangaka a un trait épuré, parfois encore un peu hésitant. Elle le simplifie dans les passages humoristiques et transforme souvent les têtes en SD tout mignon. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames sont équilibrées mais beaucoup de trames d’ambiance appuient les émotions. Par contre, les flash-back repérables à leur fond noir, sont parfois insérés brusquement au détour d’une page. La mise en page est plutôt classique. Toutefois, Mochino sensei décompose certaines scènes puis alterne ensuite avec des raccourcis un peu rapides, déstabilisant au début. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

A l’université, Ryûgasaki Kô a beaucoup de succès auprès des filles. Mais il les soupçonne d’être intéressées principalement par son physique et sa famille fortunée. Mais au lycée, il n’avait pas du tout d’amis car vexé par les moqueries de ses camarades sur son surpoids, il était devenu hautain. Pourtant, il avait tout de même sympathisé avec Hiiragi Chiaki, dont il est tombé amoureux. Persuadé que ce dernier nourrissait aussi des sentiments réciproques pour lui, il a malheureusement essuyé un refus lors de sa déclaration. Pour se venger, il a alors maigri puis rejoint l’université où Hiiragi se trouvait. Après avoir appris que Chiaki avait abandonné ses études, il le retrouve par hasard sur une application de rencontre. Après avoir passé une nuit torride ensemble, Kô lui demande alors de sortir avec lui. Mais Hiiragi lui avoue préférer les hommes plus corpulents…

En conclusion

Mochino sensei aborde des thèmes intéressants qu’elle n’approfondit pas malheureusement. Toutefois, malgré quelques problèmes de rythme dans le scénario, je m’attache rapidement aux personnages et apprécie la dynamique qui se crée entre eux. Une romance simple, divertissante et qui me tient à cœur.

Darling, give me a break! – Suzumaru Minta

darling give me a break suzumaru minta
SUZUMARU Minta 鈴丸みんた
ISBN: 9782382761250
Hana, 2022
ISBN: 9784758077460 (JP)
Ichijinsha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Une romance de campagne pleine de douceur et de tendresse. »

Suzumaru Minta sensei propose une romance simple confrontant un agriculteur à un citadin qui vient d’Italie. Elle alterne la narration entre les deux héros. Elle joue principalement sur les quiproquos et les différences culturelles pour apporter des touches d’humour. De même, les petites sœurs Nakata renforcent les moments comiques en recadrant leur aîné. Haiji, qui a tendance à parler franchement, s’interroge sur ses nouveaux sentiments envers son nouvel ami. Kokoro, quant à lui, fait preuve de bonne volonté et de curiosité même s’il n’est pas débrouillard. Sa spontanéité prête à confusion mais il réfléchit pourtant sérieusement à ses interactions avec l’agriculteur. L’auteure décrypte succinctement les sentiments de ses personnages faisant évoluer très vite leur relation. Dans l’histoire bonus, elle exprime en peu plus la jalousie de Sakurazaka.

La mangaka a un trait épuré plutôt en rondeur, de style shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance surlignent discrètement les émotions. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Suzumaru sensei ne censure pas vraiment les scènes érotiques. Toutefois, elle ne détaille pas les parties intimes, préférant mettre en avant les sentiments. Sous la jaquette, elle présente les personnages et donne une anecdote de Megumi sur son frère.

En résumé

Nakata Haiji (20 ans), agriculteur, fait passer avant tout son travail et sa famille. Il sympathise vite avec son nouveau voisin, Sakurazaka Kokoro (18 ans), un italo-japonais, même si ce dernier se montre parfois trop tactile et familier à son goût. Un jour, lors d’une dure journée de travail, l’agriculteur croise sa petite amie qui le plaque après lui avoir asséné une gifle magistrale, vexée de ne pas faire partie de ses priorités. De retour chez lui, il passe d’abord ses nerfs sur Sakurazaka qui arrosait des plantes avec sa sœur Nakata Megumi (14 ans). Pourtant, le voisin ne se vexe pas et cherche même à le comprendre. Penaud, Haiji se rattrape en raccompagnant Kokoro chez lui après le dîner. Mais pour le remercier, ce dernier l’embrasse sur la joue.

En conclusion

Ce one-shot offre une histoire simple et mignonne mais contenant beaucoup d’humour et de sentiments. Il est sorti au Japon un mois après Coup de foudre pour Cupidon. Pour son deuxième manga, Suzumaru sensei maîtrise déjà son style graphique. Elle abandonne assez vite les quiproquos à cause de la différence culturelle pour se concentrer sur l’évolution des sentiments, tout de même un peu rapide. Une lecture agréable pour un doux moment de détente.

Mon voisin le métalleux – Mamita

mon voisin le metalleux mamita
Mamita マミタ
ISBN: 9782382761342
Hana, 2022
ISBN: 9784199608278 (JP)
Tokuma shoten, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« C’est la première fois de ma vie qu’on s’approche pour m’écouter. »

Mamita sensei propose de suivre des petites tranches de vie de Sôshi et Kento, s’arrêtant principalement sur des moments clés de l’évolution de leur relation. Elle alterne la narration entre les deux héros. Elle aborde les difficultés de communication et pour s’affirmer. Ainsi, Ikematsu, qui ne parle pas fort et a du mal à s’exprimer, sort de sa réserve et fait des efforts grâce à la patience de Sasaki. L’étudiant, quant à lui, cache son homosexualité de peur de perdre son nouvel ami, malgré ses sentiments qui deviennent de plus en plus forts. L’auteure montre donc comment la bienveillance et l’adaptation permettent aux personnes différentes de partager plus facilement leurs sentiments. Elle exploite avec finesse et humour les personnages secondaires qui conseillent les deux héros. De même, elle fait découvrir l’univers du métal.

La mangaka a un trait épuré qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Les flash-back se repèrent à leur fond noir et s’intègrent facilement dans le récit. Les décors apparaissent sur les plans larges. Par ailleurs, les trames d’ambiance, discrètes, appuient les émotions. La mise en page est dynamique. Mamita sensei censure à peine les scènes érotiques. Toutefois, elle ne détaille pas les parties intimes, esquissant juste les contours. Elle révèle quelques anecdotes sur la création du manga dans sa postface sous la jaquette.

En résumé

L’étudiant Sasaki Kento travaille à mi-temps dans une maternelle pour financer ses études. Mais comme le loyer de la résidence étudiante a augmenté suite à des travaux, il a trouvé un loyer vraiment bon marché. Toutefois, le robinet à gaz est cassé et il n’y a donc ni chauffage, ni eau chaude. Venant d’Hokkaido, l’étudiant pensait pouvoir résister facilement au froid. Néanmoins, un soir de tempête de neige, il s’effondre devant sa porte, frigorifié. Son voisin, Ikematsu Sôshi, le recueille alors chez lui. Quand Kento se réveille, il est d’abord effrayé par le regard noir de son hôte tout de noir vêtu et passionné de métal. Mais l’étudiant découvre ensuite que le taciturne homme qui s’exprime maladroitement, cache en vérité un visage adorable sous ses mèches longues.

En conclusion

Ce one-shot obtient la huitième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2021, bien que ce soit le deuxième manga de Mamita sensei. L’auteure offre une douce romance toute mignonne et tendre. Les deux héros me font passer au soleil et à la lune, Kento rayonnant alors que Sôshi dégage une lumière plus diffuse. Mais ils vont tellement bien ensemble! Une très belle lecture qui réchauffe le cœur!

Le droit de rêver – Momose An

le droit de rever momose an
MOMOSE An 百瀬あん
ISBN: 9782382761076
Hana, 2022
ISBN: 9784815501259 (JP)
Media soft, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Si je n’avais pas fait ce cauchemar, je ne l’aurais jamais rencontré. »

Momose An sensei offre une comédie romantique douce et mignonne entre un jeune policier gentil et serviable et un salaryman surmené. Elle base la narration principalement sur Kaga mais donne le point de vue de Seto dans l’histoire bonus. Elle développe doucement les sentiments de ses personnages qui se lient d’abord d’amitié. Ainsi, le policier décrypte lentement ses sentiments grâce aux conseils de son colocataire. Mitsuki, quant à lui, homosexuel, tombe rapidement amoureux de Seto mais culpabilise de fantasmer sur son nouvel ami. Avec la fatigue, il ne distingue plus la réalité de ses rêves qui, du cauchemar, se transforment peu à peu en rêves érotiques. D’ailleurs, l’auteure joue beaucoup sur cet effet de surprise. De même, elle dynamise la relation consensuelle grâce au contraste entre les penchants pervers des deux héros avec leur caractère pur et innocent. Par ailleurs, les collègues des deux hommes apportent une touche d’humour.

La mangaka a un trait épuré, légèrement anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, tout en l’arrondissant. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. D’ailleurs, Momose sensei ne distingue volontairement pas les rêves de la réalité, créant ainsi la surprise. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques et intègre même des coupes intérieures. Sous la jaquette, elle offre des anecdotes avec deux planches se déroulant après le chapitre 5, à lire donc à la fin. L’illustration couleur en début de tome sublime son trait.

En résumé

Kaga Mitsuki (27 ans) travaille énormément ces derniers temps. Une nuit, il débarque complètement paniqué au koban de son quartier, affirmant avoir tué quelqu’un. Le policier Seto s’occupe alors de lui et réalise qu’il a en fait fait un cauchemar. Lorsque Kaga vient le lendemain soir s’excuser, toujours autant fourbu de fatigue, il lui propose alors de venir discuter avec lui à chaque fois qu’un rêve le terrifie. Mais le salaryman, qui cache son homosexualité, craque complètement pour son nouvel ami…

En conclusion

Ce one-shot obtient la vingtième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2021. Momose sensei maîtrise sa narration et retient donc en haleine le lecteur jusqu’à la fin. Grâce aux rêves, elle multiplie les passages érotiques tandis que le couple prend tout son temps. D’ailleurs, la relation consensuelle entre eux en devient adorable. Les personnages sont en plus tous attachants. Lire cette romance simple et mignonne vous fera sûrement sourire « niaisement » de bonheur.

Les étoiles au bout des doigts 2 – Nakaoka Naka

les etoiles au bout des doigts 2 nakaoka naka
NAKAOKA Naka 中陸なか
ISBN: 9782382128183
Akata, 2022
ISBN: 9784834264104 (JP)
Homesha, 2018 (JP)
Titre original: 月を目指す、星になる 下
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

L’amour et la passion sont-ils compatibles?

Nakaoka Naka sensei continue sa découverte de l’univers des concours de musique. Elle concentre encore la narration sur Misumi, qui reboucle ensuite au début du tome 1 pour révéler la suite du récit. Les personnages évoluent. Ainsi, Mme Ôseto culpabilise face à son impuissance de transmettre sa passion. Nari hésite encore pour son avenir, conscient de sa fragilité psychologique. Il va enfin retrouver l’origine de sa motivation. Minatobe, réalisant le talent de son petit ami, refuse de devenir un frein à sa carrière. Ainsi, l’auteure aborde les interrogations qui s’installent face à un génie talentueux et l’impression de distance qui en découle. A travers Hidano Eiki, elle montre comment la pression familiale ou la rivalité influent négativement ou positivement sur l’engagement des adolescents dans une passion. Elle rappelle également que la musique transmet avant tout des sentiments au-delà des prouesses techniques. Une romance lycéenne complète ce tome.

La mangaka a un trait épuré et anguleux qui dégage un aspect assez dur avec des lignes parfois tremblotantes. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Ses visages, assez particuliers, semblent plutôt plats. Les décors apparaissent sur les plans larges. La palette des trames est assez limitée. Par ailleurs, les trames d’ambiance renforcent les émotions. La mise en page, classique, offre quelques vignettes dynamiques. Dans les scènes érotiques, Nakaoka sensei joue sur les cadrages et les angles de vue pour ne pas montrer les parties intimes. Si on met les couvertures des deux tomes côte à côte, une seule illustration apparaît.

En résumé

Les étoiles au bout des doigts / Ces étoiles invisibles au-dessus de nos têtes: Pour préparer le prochain concours de piano, Misumi Nari s’entraine dur avec sa tante, jouant parfois plus de dix heures. Mme Ôseto lui propose alors de rencontrer un professeur de musique d’une université de Tokyo qui vient exceptionnellement dans la région. Mais le rendez-vous tombe un dimanche. Minatobe accepte sans problème de changer leur projet en amoureux, désirant le soutenir au mieux. Lors du rendez-vous, Hidano Kyôsuke ne mâche pas ses mots et avertit Nari que continuer la musique à un haut niveau demande un total sacrifice pour rivaliser avec les génies. Déprimé, le lycéen se réconforte alors dans les bras de son petit ami…
Eurêka!: Au lieu de passer les rattrapages durant les vacances d’été, Hashimoto Ken doit ranger la bibliothèque. Kamori Mitsuru vient l’aider. Peu à l’aise face aux beaux gosses, Hashimoto sympathise pourtant facilement avec le lycéen qui est en réalité timide. Il l’incite alors à aider son meilleur ami Ôtsuki Jun qui cherchait désespéramment un mannequin pour présenter ses créations durant la journée culturelle du lycée…

En conclusion

Nakaoka sensei partage encore avec sensibilité les sentiments de ses personnages. Elle arrive pourtant à surprendre le lecteur sur le final. Par ailleurs, elle développe suffisamment les personnages secondaires pour étayer ses explications du monde musical. Une romance douce et mignonne, légèrement teintée de mélancolie qui se lit avec plaisir.

Les étoiles au bout des doigts 1 – Nakaoka Naka

les etoiles au bout des doigts 1 nakaoka naka
NAKAOKA Naka 中陸なか
ISBN: 9782382128176
Akata, 2022
ISBN: 9784834264098 (JP)
Homesha, 2018 (JP)
Titre original: 月を目指す、星になる 上
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Un talent en suspens qui retrouve sa passion grâce à l’amour.

Nakaoka Naka sensei propose une tendre romance emplie de sensibilité entre deux lycéens ayant peu de points communs. Elle base sa narration sur Misumi qui raconte son histoire. Elle aborde l’univers oppressant et concurrentiel de la musique, la pression difficile à gérer pour les adolescents et les complexes qui en découlent. Ainsi, Nari n’arrive plus à participer à des concours de piano suite à une mauvaise expérience au collège. Même s’il souffre de sa passion, il retrouve alors petit à petit sa motivation grâce à l’entrain de Minatobe. Malgré son air insouciant, ce dernier a déjà fait ses choix d’avenir. L’auteure décrypte les différents sentiments et réactions des adolescents face à une passion, du sacrifice au rejet. A travers Ôseto Kano et sa mère, elle s’intéresse au désir de transmission de la musique et la formation d’un talent. Elle développe une relation consensuelle et douce.

La mangaka a un trait très épuré, fin et anguleux qui conserve un aspect crayonné et hésitant. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle porte attention aux détails, en particulier des mouvements des mains et les rougissements. Son style graphique utilise ainsi les codes du shôjo. Les trames sont équilibrées et les trames d’ambiance appuient les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. Par ailleurs, Nakaoka sensei est avare en dialogue et préfère découper les actions et suggérer les émotions de ses personnages graphiquement. De même, elle arrête les scènes érotiques au préliminaires.

En résumé

L’étudiant Misumi Nari rentre chez lui et, en entendant une fillette chanter, se souvient de sa rencontre avec Minatobe au lycée. Alors qu’il était épuisé mentalement à force de s’entraîner au piano, le lycéen lui avait demandé de lui apprendre à jouer au piano pour accompagner sa petite soeur, Nanaka, sur une chanson pour son anniversaire dans deux semaines. Minatobe n’y connaissait rien mais se donnait à fond pour réussir. Pour les explications, il comparait son ressenti au base-ball qu’il avait pratiqué auparavant…

En conclusion

Nakaoka sensei présente des tranches de vie, mais cela donne plutôt l’impression d’une narration discontinue. En effet, la romance prend tout son temps mais les sentiments se déclarent un peu trop brusquement. Toutefois, l’ambiance douce et mignonne du récit est agréable. Une bonne lecture.

Heartbreak junkie – Taka

heartbreak junkie taka
Taka 鷹
ISBN: 9782382761267
Hana, 2022
ISBN: 9784815530242 (JP)
Clap comics, 2021 (JP)
Titre original: 失恋ジャンキー
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Ce serait tellement bien s’il m’aimait vraiment… »

Taka sensei propose une comédie romantique au scénario assez classique d’amis d’enfance qui s’aiment en secret. Dans une première partie, elle base la narration sur le point de vue de Keita, puis donne ensuite la version de Ryûjirô. Elle développe des héros maladroits en amour, même un peu niais. Ainsi, Keita a un cœur d’artichaut et craque facilement sur les hommes gentils et musclés. Ryûjirô, quant à lui, réagit souvent excessivement, provoquant la colère de son ami. Tous deux ont tendance à prendre pour argent comptant leur imagination débordante. Ils refusent donc de se déclarer, de peur de perdre leur amitié. L’humour se base principalement sur les malentendus entre eux et leurs réactions imprévisibles. D’ailleurs, l’auteure met surtout en avant leurs occasions manquées. Elle aborde également les difficultés à partager ses sentiments et à comprendre les signes d’affection dans une forte amitié.

La mangaka a un trait fort très anguleux et marqué. Elle dédouble parfois les contours, renforçant le charme de son style particulier. Elle simplifie son trait à l’extrême dans les passages humoristiques tout en l’arrondissant. Les expressions exagérées et les personnages en SD presque carrés donnent alors un aspect mignon. Les corps sont musclés. Et pourtant, quand les personnages rougissent, les hachures envahissent leur visage. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames d’ambiance sont graphiques. De même, les lignes de mouvement appuient les actions. La mise en page dynamique varie avec des décompositions de certaines scènes, des superpositions de vignettes. Toutefois, les transitions ne sont pas immédiatement claires lorsqu’elles sont en fin de page. Dans les scènes érotiques, Taka sensei ne détaille pas les parties intimes, se contentant de dessiner leur contour. Elle abuse des plans rapprochés durant les ébats, chargeant la page.

En résumé

Mashiro Keita (24 ans), gay, ne tombe amoureux que d’hommes hétérosexuels. Il finit donc souvent avec le cœur brisé. A chaque fois, il se console auprès de son ami de lycée, Tachibana Ryûjirô. Ce dernier déborde de gentillesse et prend toujours soin de lui. Il accepte même de coucher avec lui pour tromper sa solitude. Mais en réalité, Keita est amoureux de Ryûjirô depuis qu’ils se sont embrassés lors d’un gage au lycée. D’ailleurs, comme il n’arrive pas à l’oublier, il cumule les aventures. Toutefois, de peur de perdre cette précieuse amitié, le jeune homme refuse de dévoiler ses sentiments à Ryû. Pourtant, lorsqu’il tombe amoureux du livreur Kazetani, son ami lui fait soudain la tête.

En conclusion

Ce one-shot obtient la septième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2022. Le synopsis classique s’oublie vite grâce aux passages humoristiques, à condition d’être réceptif à ce style. J’aime beaucoup le graphisme particulier de l’auteure et apprécie la dynamique entre les deux amis.

Punch up 7 – Kano Shiuko

punch up 7 kano shiuko
KANO Shiuko 鹿乃しうこ
ISBN:9782820343789
Asuka, 2022
ISBN: 9784799750865 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Votre façon d’aimer ne me convient pas. »

Kano Shiuko sensei conclut l’arc sur le traumatisme de Maki et la relation malsaine entre Mibu et Shibuzawa. Elle intègre beaucoup de rebondissements provoquant des émotions intenses. Comme ce tome est assez dramatique, elle détend l’atmosphère avec les bonus en fin de chapitre. De même, le contraste entre la naïveté et la perversité de Shiraishi ajoute une touche comique. Le comportement obsessionnel de Yutaka d’abord inquiétant devient ensuite touchant quand il se répercute sur son entourage. Ainsi, Motoharu, accablé par son sentiment d’impuissance, surmonte laborieusement son traumatisme, entrainé par la force pourtant candide de Kôta. Comme dans le tome précédent, l’auteure analyse donc les changements de personnalité et de comportement de ses personnages, influencés par la jalousie, la culpabilité ou les regrets. Elle montre comment un rapport de force s’inverse peu à peu . Elle dépeint la volonté nécessaire pour agir et évoluer ainsi que pour assumer ses sentiments.

La mangaka a un trait légèrement épuré, léché et plutôt fin. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, exagérant les expressions. D’ailleurs, elle s’attarde sur les détails et les regards, dessinant des visages très expressifs. Ainsi, la fatigue de Shibuzawa se ressent directement à travers le graphisme. Les personnages ont des muscles fins. Les décors apparaissent sur les plans larges. Quelques trames appuient les émotions. La mise en page est très dynamique. En arrière-plan, les chats apportent une note mignonne. A la fin du premier chapitre, Kano sensei présente ses personnages avec humour selon la version de Motoharu. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par de larges bandelettes blanches. Toutefois, bien qu’elle ne dessine pas les contours, elle joue sur les trames pour les suggérer suffisamment. En début de chapitre, les protagonistes semblent poser dans des illustrations.

En résumé

Lassé par sa relation malsaine avec Shibuzawa Yutaka, Mibu Yukiya démissionne. Il cherche alors un peu de réconfort auprès de Maki Motoharu mais ce dernier repousse ses avances. En effet, bien que souhaitant sauver son ancien amant, ce dernier a conscience d’agir plus par culpabilité que par amour. Réveillé, Ôki Kôta devine immédiatement que son petit ami a réussi à régler un de ses problèmes et préfère le câliner au lieu de l’interroger. Suite au départ de Mibu, l’ambiance est devenu électrique dans le cabinet de Shibuzawa. En plus, l’architecte qui confiait tout à son bras-droit se montre tellement acerbe avec ses autres employés qu’il les incite à également démissionner. Pendant ce temps, l’équipe de Shiraishi Kento accueille chaleureusement Mibu…

En conclusion

Beaucoup d’émotions contradictoires à la lecture de ce tome. Kano sensei arrive à provoquer de l’empathie pour ses personnages pourtant pervers, dérangés, égoïstes. Je me surprend même à rire du malheur de Shiraishi, le pauvre! J’adore le graphisme de la mangaka et son style narratif. Je suis donc complètement conquise par les aventures de ces couples particuliers.

Le bonheur du démon 3 – Yamamoto Kotetsuko

le bonheur du demon 3 yamamoto kotetsuko
YAMAMOTO Kotetsuko 山本小鉄子
ISBN: 9782382760512
Hana, 2021
ISBN: 9784813032649 (JP)
Taiyohtosho, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« C’est parce que tu es là que je suis capable de m’accrocher. »

Yamamoto Kotetsuko sensei conclut sa série avec toujours autant d’humour et de légèreté. Elle fait évoluer le couple positivement, réduisant de plus en plus l’écart entre le bosseur Emu et l’écervelé Nenji. Par ailleurs, elle introduit encore de nouveaux personnages, dont un couple homosexuel (Hatayama Kôhei et Yoneda Kôji) qui se démarque et permet aux deux héros de progresser dans leur relation. Malgré ses premiers emplois, Fukutomi ne mûrit pas vraiment et continue à vivre, mu uniquement par ses sentiments. Le franc parlé d’Ikariya devient carrément cru lors des ébats avec Fukutomi, brisant l’effet romantique des scènes avec humour. Malgré tout, l’auteure installe des échanges consentis avec des discussions dans le couple. A la fin, elle présente ce que sont devenus les personnages, arrivant encore à surprendre les lecteurs.

La mangaka a un trait épuré qui paraît simple au premier abord. Elle apporte un peu plus d’humour en exagérant les expressions. Par exemple, Emu a une tête à la fois mignonne et amusante quand il mange du melon, fruit de luxe au Japon, pour la première fois. Les trames d’ambiance accompagnent les émotions. De même, les autres trames utilisées avec parcimonie donnent une dominante claire aux pages. En plus, les décors situent principalement l’action. La mise en page dynamique et efficace est surtout au service du récit. Dans les scènes érotiques, Yamamoto sensei ne montre pas les parties intimes. Elle offre des anecdotes sur Nenji en fin de tome avec deux yonkoma. Comme pour la couverture précédente, l’illustration se détache sur un fond uni.

En résumé

Fukutomi Nenji veut arrêter l’université pour aider Ikariya Emu. Comme il n’a pas réfléchi aux conséquences de sa décision, il provoque l’ire de son petit ami. Heureusement, Gonzô raisonne son petit-fils, en lui faisant comprendre l’enjeu de son avenir. Les deux amoureux se réconcilient donc, mais l’étudiant souhaite tout de même participer au remboursement de la dette en prenant un petit boulot. Après quelques prospections, il réalise que les jobs étudiants ne sont pas bien rémunérés et confie alors son désarroi à ses amis. En entendant la somme qu’il souhaite récolter, ces derniers lui suggère de tenter de jouer à la loterie. De son côté, Emu a obtenu un travail de mascotte pour le festival de la ville grâce à Gonzô. Mais en voyant le jeune homme discuter avec son petit-fils, il remarque que leurs sentiments sont réciproques. A la surprise d’Emu, le vieil homme les encourage.

En conclusion

Cette comédie se termine sur un happy end rassurant et plaisant pour mon plus grand bonheur. Voir les compétences d’Emu reconnues plutôt que ses diplômes fait chaud au cœur. J’adore la dynamique qui se dégage du couple, avec un uke direct qui déstabilise son seme. Une lecture divertissante!

Le bonheur du démon 2 – Yamamoto Kotetsuko

le bonheur du demon 2 yamamoto kotetsuko
YAMAMOTO Kotetsuko 山本小鉄子
ISBN: 9782368777145
Hana, 2020
ISBN: 9784813032441 (JP)
Taiyohtosho, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Une romance entre un garçon malchanceux et un étudiant gentleman. »

Yamamoto Kotetsuko sensei accélère un peu la romance entre Emu et Nenji. Après avoir installé les personnages dans le tome précédent, elle développe leurs différents desseins. Fukutomi a choisi d’aller à l’université pour trouver sa voie mais n’a toujours rien décidé. L’étudiant, un peu trop surprotecteur, a de plus en plus de mal à contenir ses pulsions. Il apporte d’ailleurs une touche comique. Ikariya, quant à lui, accepte un peu mieux ses sentiments et s’ouvre petit à petit à son entourage. Par ailleurs, l’auteure s’intéresse aux différents liens qui se tissent entre les gens. Elle met en avant la construction d’un réseau de connaissances, l’esprit d’entraide et les opportunités qui se créent. A travers Tazawa, elle dénonce les dragueurs usant de la force et des menaces. Kuzumi d’Agatsuma loan dévoile un peu son côté sombre. Ce personnage ambivalent devient alors très intéressant.

La mangaka a un trait épuré qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Les décors situent principalement l’action tandis que les trames d’ambiance renforcent les émotions. La mise en page dynamique rythme la lecture. En début de chapitre, Yamamoto sensei présente le quotidien d’Emu à travers des illustrations. Elle ne développe pas les scènes érotiques, se limitant à des préliminaires mignonnes. Toutefois, elle se rattrape dans l’histoire bonus en fin de tome. Ainsi, elle censure à peine les parties intimes par de petits points blancs qui ne cachent pas grand chose.

En résumé

Ikariya Emu s’adapte petit à petit à sa nouvelle vie chez Fukutomi Genzô. Alors qu’il pensait avoir préparé un petit-déjeuner de roi, son bienfaiteur réclame un ingrédient plus luxueux pour agrémenter sa soupe miso. Il lui donne également un nouveau travail: testeur de médicaments dans un laboratoire. Durant la séance, Emu se fait lourdement draguer par Tazawa Shinobu, un étudiant à l’université de Seito. Il décide donc de l’éviter au mieux. A l’université, Fukutomi refuse d’aller à un gôkon. Tazawa essaie de s’incruster, en vain, sa mauvaise réputation le précédant. Après un remplacement le soir dans un restaurant, Ikariya est accueilli chez les Fukutomi par Asuka, la sœur de Nenji. Elle révèle alors que leur grand-père aime aider les gens pour se créer des relations. Complètement ivre, Nenji finit par embrasser son ami mais ne se rappelle de rien le lendemain…

En conclusion

Un récit sans prétention mais qui diffuse de belles valeurs. Emu donne vraiment envie de le soutenir. J’apprécie particulièrement l’équilibre entre humour et sujets plus sérieux.