Underdog puppy love – Sado Romeo

Couverture de Underdog puppy love de Sado Romeo, éditions Hana

SADO Romeo 茶渡ロメ男
ISBN: 9782382767658
Hana, 2025
ISBN:‎ 9784845858729 (JP)
Leed, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Je veux tout connaître du corps des hommes. »

Sado Romeo sensei narre une romance entre un lycéen et un comédien sur la sellette suite à un outing. Elle s’intéresse à divers sujets comme la différence d’âge, le poids des rumeurs dans le milieu artistique, les discriminations persistantes. Par ailleurs, elle dynamise son récit en jouant sur les contrastes. Par exemple, malgré sa tête d’ange, Hikaru parle crûment tandis que Naruse, bien qu’adulte, a un côté très fleur bleue. Sous prétexte d’une initiation, un jeu érotique s’installe entre les deux hommes mais le comédien essaie toujours d’imposer des limites au lycéen. Par ailleurs, Naru, après réflexion sur son avenir, se reconstruit grâce à Kogasaka qui lui apporte conseils et techniques plus modernes. A travers le fourbe Miwa Kippei, l’autrice montre d’autres méthodes pour stimuler sa carrière, parfois à la limite de la légalité. Par ailleurs, elle aborde la question de la première fois, de la libido des jeunes adultes.

La mangaka a un trait léché mais épuré. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Parfois, ses compositions utilisent les codes des shôjo comme des fleurs ou des scintillements entourant les personnages. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Les décors détaillés sont très présents. Aussi, la mise en page plutôt classique évite ainsi de surcharger les pages. Dans les scènes érotiques, Sado sensei censure les parties intimes par un cache blanc. D’ailleurs, elle préfère cadrer ces passages au niveau du buste en général et précise donc avec humour ce qui se passe dans un encart. Dans les illustrations en début de chapitre, elle présente le quotidien des personnages.

En résumé

La carrière montante du comédien Naruse Shirô s’arrête brusquement lorsque son duo avec Miwa Kippei éclate. En effet, Miwa le rejette en découvrant qu’il est secrètement amoureux de lui depuis six ans. Comme la rumeur sur son homosexualité enfle, le patron de leur agence n’hésite pas à le virer. Alors que Naruse noie son chagrin dans l’alcool dans un bar gay, un beau jeune homme l’aborde et l’emmène dans un love hotel pour la nuit. Toutefois, le lendemain, le comédien découvre que Kogasaka Hikaru n’est que lycéen. Pourtant, ce dernier lui demande de tout lui apprendre du sexe entre hommes et n’hésite pas à le faire chanter avec une photo compromettante…

En conclusion

Sado Romeo sensei propose un récit au premier abord gênant d’après le scénario mais très bien maîtrisé, empli d’humour et de sujets d’actualités. Elle analyse avec délicatesse la question du coming out des célébrités et des enjeux sur leur carrière. Son graphisme agréable ancre parfaitement le récit dans la réalité. D’ailleurs, je craque complètement pour leurs bouilles SD dans les passages humoristiques, surtout celles de Hikaru. Certains lecteurs pourront être choqués par la différence d’âge. Pour ma part, j’aime beaucoup la personnalité des deux héros et j’avais envie de les encourager. Une lecture touchante!

Sweet blood – Shakeda Nene

couverture de Sweet blood de Shakeda Nene, éditions Hana

SHAKEDA Nene 鮭田ねね
ISBN: 9782382767634
Hana, 2025
ISBN: 9784861239571 (JP)
Brite, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Celui qui l’a acheté au Marché Noir est un beau et jeune vampire. »

Shakeda Nene sensei revisite un peu l’univers des vampires en créant un monde hiérarchisé, dans lequel les humains n’ont qu’un rôle d’esclave ou de « vermine » qui survivent tant bien que mal. Elle installe une étrange cohabitation entre un vampire curieux de culture humaine et un potier-céramiste qui accepte de devenir un casse-croûte en échange d’une certaine sécurité. Ainsi, Jinosuke s’interroge énormément sur sa relation avec Noi qui prend plus des airs de couple amoureux. Néanmoins, le jeu érotique autour de la morsure installe un consentement plutôt gris. Avec le policier Amill, l’autrice ajoute une nouvelle note positive dans son univers plutôt violent. Elle dévoile au fur et à mesure les secrets autour du vampire maintenant ainsi un certain suspense.

La mangaka a un trait épuré au contour plus épais. Elle dessine parfois les personnages en SD, ou juste la tête toute en rondeur, apportant une note mignonne et comique. Les trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est simplement dynamique. Même si les morsures dégoulinent un peu de sang, Shakeda sensei évite de détailler les passages trop violents. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc.

En résumé

Le monde actuel est dominé par les vampires. Mais depuis quelques temps, des tensions apparaissent avec les humains. Le potier-céramiste Fukura Jinosuke (36 ans) voit son projet d’exposition brusquement annulé et se retrouve alors endetté. Sans passe pour justifier sa présence auprès des vampires, il est soudain kidnappé puis vendu aux enchères. Son acquéreur, le vampire Noi, lui fait alors signer un contrat consistant à le nourrir de son sang. Mais ses morsures ont un drôle d’effet sur Jinosuke…

En conclusion

Shakeda Nene sensei crée un univers vampirique plutôt original avec une cohabitation d’abord déstabilisante mais une relation intrigante. Son graphisme qui devient mignon dans certains passages apporte une touche particulière mais agréable, détendant l’atmosphère souvent sombre et tendue. J’aime beaucoup la dynamique entre les personnages. Une lecture divertissante.

Étoile filante – Migino Yagi

couverture de Étoile filante de Migino Yagi, éditions Hana

MIGINO Yagi ミギノヤギ
ISBN: 9782382767580
Hana, 2025
ISBN: 9784801978980 (JP)
Takeshobo, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Même les étoiles les plus brillantes deviennent de simples cailloux une fois au sol. »

Migino Yagi sensei narre une romance entre un étudiant passionné de photographie et un ancien modèle qui a abandonné sa carrière à cause de cicatrices, abordant des thèmes d’actualités. Ainsi, elle s’intéresse au poids des regards insistants, au jugement extérieur, aux risques de partage de photographie sur les réseaux sociaux. Elle dévoile au fur et à mesure le passé de Makito, grâce à l’introduction de Seta Sôgo, son ancien manager et de son rival Hisaka Yôsuke. Attiré par Maki, le bienveillant Tensei, au regard encore pur, n’hésite pas à se remettre en question et s’interroge alors sur sa sexualité. Le couple se soutient mutuellement et construit une relation consensuelle. La narration alterne entre les deux héros. Ainsi, l’autrice aborde la dépression, le manque de confiance en soi, la construction d’une identité, la difficulté à s’aimer soi-même. A travers Shôhei, l’ami d’Ichiyama, elle interroge sur le recours à la chirurgie esthétique.

La mangaka a un trait fin et épuré parfois presque dépouillé. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à le déformer. Elle utilise les trames avec parcimonie. Par ailleurs, les trames d’ambiance appuient discrètement les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Par contre, les décors situent principalement l’action. Néanmoins, il y a un travail plus soigné des paysages. La mise en page est plutôt classique. Migino sensei ne censure pas les scènes érotiques. Dans les illustrations en début de chapitre, elle dessine le quotidien des personnages. La couverture se classe seconde au Chill chill BL award 2023.

En résumé

L’étudiant Ichiyama Tensei est passionné de photographie et particulièrement prendre le ciel étoilé. Mais depuis qu’il a rencontré Makito, qui gère la bibliothèque, il a envie de faire son portrait, fasciné par les brûlures qui recouvrent une partie de son visage. Toutefois, Maki semble à la fois réjoui et inquiet d’être pris en photographie. Lors d’une sortie à deux, après une grosse averse, ils se réfugient dans un love hotel. Tensei n’arrive alors pas à réprimer ses sentiments.

En conclusion

Migino Yagi sensei équilibre avec finesse son scénario, maintenant un certain suspense en dévoilant par brides le passé de Makito et l’évolution des sentiments de Tensei. Elle offre une romance touchante et emplie d’émotions, avec une relation consensuelle. De même, les personnages secondaires ont beaucoup de personnalités, rendant le récit vibrant de réalisme. Par ailleurs, son graphisme possède un charme particulier malgré certains traits très épurés. Je fonds complètement pour le couple. J’espère découvrir un jour d’autres œuvres de la mangaka. Un énorme coup de cœur!

Amants sous contrat – Matsuda Io

Couverture de Amants sous contrat de Matsuda Io, éditions Hana

MATSUDA Io まつだいお
ISBN: 9782382767597
Hana, 2025
ISBN: 9784813033486 (JP)
Taiyohtosho, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Je ne peux plus le nier à présent. Je suis tombé amoureux de toi. »

Matsuda Io sensei narre une romance entre deux collègues sur la base du faux petit ami. Elle alterne la narration entre les deux hommes qui se parlent en fin de compte franchement. Par ailleurs, elle aborde des sujets contemporains comme le harcèlement, le coming out au bureau, le poids des rumeurs, le jugement sur l’apparence. A cause de sa grande gentillesse, Yanaka Wataru provoque involontairement des quiproquos, en particulier avec la gente féminine. Ainsi, il réalise également la distance prise avec son ami d’université Moriyama Keisuke qu’il ne connaît pas aussi bien qu’il pensait. Sous prétexte d’une initiation, les deux salarymen vont se découvrir et se rapprocher. Toutefois, leur relation frise avec les limites du consentement, Yanaka étant inexpérimenté et hésitant. L’autrice s’attarde sur les interrogations des deux hommes, entre culpabilité, influence et peur de perdre une amitié. Takagi, collègue de Yanaka, joue les confidents avec bienveillance.

La mangaka a un trait anguleux adouci par les pleins et les déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle apporte une note réaliste entre les décors détaillés et les nombreuses trames variées qui reproduisent avec finesse les dégradés. Par contre, des hachures envahissantes marquent les rougissements. Les trames d’ambiance parfois graphiques renforcent les émotions, particulièrement les moments comiques. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page très dynamique joue sur les superpositions, l’absence de cadre et les sorties de vignette. Matsuda Io sensei décompose certains mouvements et détaille les petits gestes. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par de fines languettes blanches. Néanmoins, elle dessine des coupes intérieures. Les illustrations en début de chapitre montre le quotidien des personnages.

En résumé

Harcelé par une collègue, Yanaka Wataru désigne Moriyama Keisuke, qui passait non loin, comme son petit ami. Se connaissant depuis l’université, il lui demande alors de jouer le jeu quelques temps. Moriyama accepte à une condition: qu’il fasse ce qu’il veut. Et à la surprise de Yanaka, il lui demande de coucher avec lui.

En conclusion

Matsuda Io sensei maîtrise plutôt bien le format one-shot, développant avec finesse l’évolution des sentiments de ses personnages. Elle va à l’essentiel, abordant des thèmes contemporains intéressants. Malgré des intrigues simples, leurs apparitions au fil des chapitres créent un peu de suspense et de tension. Le graphisme est par ailleurs séduisant. J’aime beaucoup les échanges entre les deux hommes qui se redécouvrent. Une lecture agréable!

Un air de printemps – noji

Couverture de Un air de printemps de Noji, éditions Hana

noji
ISBN: 9782382767610
Hana, 2025
ISBN: 9784575380897 (JP)
Futabasha, 2021 (JP)
Titre original: ハルドナリ
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« L’histoire d’amour entre un étudiant trop direct et un propriétaire nul en tâches ménagères, vivant sous le même toit! »

noji sensei narre une simple romance entre deux jeunes hommes maladroits pour communiquer. Toutefois, elle dévoile au fur et à mesure les différentes intrigues autour des personnages. D’ailleurs, la narration se base principalement du point de vue de Sasayama Sôta puis donne la version de Michi Harunosuke à la fin. L’étudiant essaie de ne plus être aussi direct lors de ses discussions mais trouve du répondant avec le petit-fils de la propriétaire. D’ailleurs, l’asocial et têtu Michi cache son métier. Les quiproquos s’enchaînent mais tous deux font des efforts pour y remédier. Leur amitié se transforme peu à peu en attirance amoureuse. Ainsi, l’autrice montre la difficulté à cerner ses sentiments. Elle aborde entre autres le jugement sur l’apparence à travers l’imagination débordante de Sôta, la difficulté à communiquer, le sentiment de solitude. La propriétaire Natsu et l’éditeur Shinooka Yamato apportent un regard extérieur sur le couple.

La mangaka a un trait épuré au contour parfois dédoublé qui donne du relief. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance plutôt graphiques appuient les émotions. De même, un fond noir indique les rêves ou les flash-back. Par ailleurs, les décors soignés s’estompent autour des personnages pour mettre en avant le premier plan. La mise en page plutôt classique offre quelques pages plus dynamiques avec des angles de vue variés. noji sensei représente l’imagination débordante de Sôta en images. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc.

En résumé

Sasayama Sôta parle trop sèchement. Il a donc perdu son petit boulot dans une supérette après avoir recadré un client indélicat. Après un séjour chez ses parents, il rend directement visite à la propriétaire de son appartement. Mais il rencontre son petit-fils, Michi Harunosuke, qui la remplace durant son hospitalisation. Peu doué dans les tâches ménagères, Michi propose alors à l’étudiant de l’embaucher pour l’aider…

En conclusion

noji sensei nous offre une romance classique mais entraînante, avec ces deux hommes maladroits en communication qui se complètent pourtant parfaitement. En plus, elle maîtrise le format one-shot. La dynamique entre eux et les petites intrigues du quotidien créent un peu de suspense. Par ailleurs, son graphisme est très agréable. Certes, ce titre ne vous marquera pas mais vous passerez un agréable moment. J’ai beaucoup aimé l’ambiance générale du récit et la relation qui se noue entre les personnages. Une douce lecture!

Tends les mains et vole – Yamada Nonono

Couverture de Tends les mains et vole de Yamada Nonono, éditions Hana

YAMADA Nonono 山田ノノノ
ISBN: 9782382765104
Hana, 2025
ISBN: 9784403667893(JP)
Shinshokan, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Quand je suis avec toi, j’ai l’impression que tout est possible. »

Yamada Nonono sensei narre une romance avec une note dramatique entre deux étudiants attirés mutuellement. Elle révèle au fur et à mesure les facettes cachées des deux personnages, entre le rêveur et innocent Chikara et le manipulateur Chihiro cabossé par la vie. Ainsi, en dévoilant également le secret autour du tatouage, elle aborde la question du jugement sur l’apparence, l’anormalité, la violence intrafamiliale, la peur du rejet. L’approche différente des recherches permet au deux hommes de débattre et se rapprocher. De même, leur vision opposée de l’amour va créer quelques tensions. L’autrice s’intéresse donc à l’importance de la réalisation d’un rêve, quelque soit l’âge, de l’influence bénéfique d’un soutien et à l’acceptation de l’autre tel qu’il est. Elle montre également les dangers d’un harceleur.

La mangaka a un trait épuré dont les pleins et déliés ajoutent du relief. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Par ailleurs, les décors soignés apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Yamada Nonono sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessine d’ailleurs une scène par chapitre. Dans les illustrations en début de chapitre, elle fait poser les personnages, les intégrant parfois au récit.

En résumé

L’étudiant Morino Chikara se laisse facilement emballer par ses recherches sur un oiseau robot. Un professeur lui permet de se rattraper en effectuant une synthèse sur un sujet donné. Le jeune et brillant Satomi Chihiro lui propose alors de l’aider. Comme Chikara habite en face de l’immeuble de Chihiro, il accepte un soir de l’espionner à la demande de son amie Himeno Miki, qui a des vues sur ce dernier. Mais en voyant Satomi se masturber, Morino ressent de l’excitation. Toutefois, ce qui l’intrigue encore plus, c’est le magnifique tatouage sur le buste de son voisin.

En conclusion

Ce one-shot se classe deuxième meilleur manga profond au Chill chill BL award 2022. Yamada Nonono sensei s’éparpille autour de trop de sujets, enchaînant ainsi les évènements et les révélations. A cause du format, on a l’impression que tout est précipité et le suspense constant perd un peu de sa force. Toutefois, les thèmes abordés sont intéressants, même si non approfondis. Le graphisme est agréable. Attention, quelques scènes pourront choquer la sensibilité des lecteurs. J’ai tout de même apprécié cette histoire, notamment le passé dramatique de Chihiro et la candeur de Chikara. Impossible d’en dire plus sans spoiler, désolée. Une lecture qui ne touchera pas un public exigeant mais tout de même prenante!

Swinging hearts – Miyata Toworu

couverture de Swinging hearts de Miyata Toworu, éditions Taifu

MIYATA Toworu 宮田トヲル
ISBN: 9782375064863
Taifu comics, 2025
ISBN:‎ 9784403668463 (JP)
Shinshoka, 2022 (JP)
Titre original: カタコイシーソー
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Se retrouver pour enfin concrétiser un amour de jeunesse. »

Miyata Toworu sensei narre une romance au premier abord classique entre amis d’enfance perdus de vue. Toutefois, elle ajoute une note dramatique qui donne toute sa saveur au récit. Ainsi, elle analyse avec soin les différents sentiments des personnages et construit une relation consensuelle qui évolue grâce à la communication. La narration alterne entre Nagao et Izumi. Derrière son assurance et son altruisme, Chihiro cache sa peur du regard extérieur et un traumatisme qui l’a fragilisé. Le franc et direct Issei, quant à lui, réalise très vite que son admiration et sa rivalité envers son aîné se transforme peu à peu en sentiment amoureux. Un jeu de séduction s’installe entre les deux amis. En introduisant le tactile Takai, l’autrice confronte le comportement brusque de ce dernier à celui bienveillant de Nagao. Elle aborde donc la difficulté à surmonter un traumatisme et le poids d’un écart d’âge quand on devient adulte.

La mangaka a un trait épuré plutôt en rondeur. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Par ailleurs, les décors soignés apportent une touche réaliste et apparaissent sur les plans larges. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Miyata sensei censure les parties intimes par de larges languettes blanches. En début de chapitre, elle présente le quotidien des personnages ou intègre directement l’illustration au récit. La couverture se classe cinquième au Chill chill BL award 2023.

En résumé

Nagao Issei quitte sa campagne natale pour l’université à Tokyo. A la gare, il retrouve son ami d’enfance Izumi Chihiro dont il admire l’intelligence et la prestance. Au lycée, ayant aperçu son aîné en train d’embrasser un garçon, Issei avait pris de la distance avec ce dernier. Mais Izumi se comporte avec lui comme si rien n’avait changé. Il continue même à le traiter comme un gamin. Toutefois, Nagao ayant compris l’origine de sa frustration à l’époque, a bien l’intention de le draguer.

En conclusion

Miyata Toworu sensei maîtrise son scénario, surtout pour un one-shot, développant plutôt ses sujets au fur et à mesure, permettant ainsi de bien cerner la personnalité des protagonistes. En plus, son graphisme dégage une certaine douceur très agréable. Le couple devient rapidement attachant et on se retrouve presque à les encourager au fil des pages. Je suis agréablement surprise par ce titre et j’espère que l’on aura l’occasion de découvrir d’autres œuvres de la mangaka. Une lecture plaisante!

Pavlov lover – Tsushiko

Couverture de Pavlov lover de Tsushiko, éditions Hana

Tsushiko つし子
ISBN: 9782382767542
Hana, 2025
ISBN: 9784866693675 (JP)
J Publishing, 2021 (JP)
Titre original: 計画的パブロフメイカー
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Quand la cuisine se mélange au sexe… »

Tsushiko sensei propose une romance autour d’un fantasme: manger ou être mangé. Elle aborde légèrement la question de la différence d’âge, privilégiant le jeu érotique mais consensuel du couple. Ainsi, la narration alterne entre les deux amants. Malgré son côté innocent, Eiji parle franchement et a tendance à foncer. Au contraire, Aki se montre fuyant, prisonnier de mauvais souvenirs. Tous deux s’interrogent constamment sur leur comportement, leurs sentiments et leurs sensations, conscient que l’exploration du corps de son partenaire par des « morsures » peut paraître pervers ou du moins bizarre. Le collègue d’Aki, Shônai, apporte conseil mais également morale. L’autrice s’intéresse donc à l’acceptation de l’autre tel qu’il est, aux similitudes de la joie procurée par la nourriture ou le sexe. Elle maintient un certain suspense en révélant leur passé par brides.

La mangaka a un trait très légèrement épuré. Elle utilise une palette limitée pour les trames. De même, les trames d’ambiance appuient les émotions. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Tsushiko sensei censure les parties intimes par des hachures et des trames qui occultent les détails. Pourtant, elle dessine des coupes intérieures.

En résumé

Le cuisinier Shinojima Aki aime voir les gens se régaler. Il a remarqué un lycéen affamé qui bave souvent devant la vitrine du restaurant. Un jour de pluie, alors que les clients annulent un à un leurs réservations, il propose alors à Unozawa Eiji de manger ce qu’il lui prépare. Charmé par le ravissement de l’étudiant, le cuisinier l’invite même chez lui pour un autre dîner. Mais au cours de leur discussion, Aki laisse échapper un de ses fantasmes: se faire dévorer. A sa surprise, Eiji lui mord alors la joue puis le cou…

En conclusion

Tsushiko sensei construit une romance sexy autour d’un fantasme particulier. D’ailleurs, ce sujet ainsi que la différence d’âge entre les protagonistes pourront gêner certains lecteurs. Pour ma part, j’ai apprécié cette lecture qui m’a d’abord surprise. Mais les plats appétissants et le côté sexy m’ont très vite charmée. Une lecture sympathique!

Sink into the bright blue – Parua

Couverture de Sink into the bright blue de Parua, éditions Hana

Parua ぱるあ
ISBN: 9782382767573
Hana, 2025
ISBN:‎ 9784866693620 (JP)
J Publishing, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« C’est le seul moment où je peux échapper à cette famille qui m’oppresse. »

Parua sensei offre une tranche de vie décrivant d’abord l’ambiance familiale d’une maison d’hôte ainsi que des amours contrariés. Elle alterne la narration entre Edward et Albert. En dévoilant leur passé par brides, elle maintient une tension constante ainsi que du suspense jusqu’à la fin. En effet, derrière la chaleur de Maggie et Al se cachent des drames douloureux passés et à venir. De même, Ned tente de fuir l’influence de sa famille à travers ses écrits. Malgré une attirance réciproque, les deux hommes préfèrent taire leurs sentiments, prisonniers de leurs conditions actuelles. Ainsi, l’autrice aborde le poids des hésitations, les conséquences des violences intrafamiliales ainsi que l’influence du devoir filial. Elle analyse les différentes émotions à diverses étapes d’un amour contrarié, entre passion, séparation et retrouvailles.

La mangaka a un trait fin plutôt arrondi, de style shôjo. Ainsi, elle dessine de grands yeux expressifs, des sourires et des rires qui occupent la moitié du visage et des rougissements faciles. Elle simplifie son trait dans les passages humoristiques. Toutefois, ses SD ont plutôt un aspect de poupée avec une grosse tête sur un corps fin. Par contre, les décors soignés apportent une note réaliste. De même, les trames très variées s’attardent sur les détails, comme les ombres du feuillage sur le visage. Par ailleurs, les trames d’ambiance graphiques (bulles, scintillement, pois…) accompagnent les émotions. La mise en page est dynamique. Parua sensei ne censure pas les scènes érotiques. Néanmoins, elle évite de trop les détailler. En fin de tome, elle donne la recette de la limonade ainsi que des anecdotes. La couverture se classe dix-septième au Chill chill BL award 2022.

En résumé

Le romancier Edward (28 ans), surnommé Ned, passe, pour la troisième année consécutive, son été dans la maison d’hôte de Margaret (35 ans) et Albert (30 ans). Il y apprécie particulièrement l’ambiance familiale. D’ailleurs, il reçoit toujours avec humour les déclarations d’amour de Maggie et Al.

En conclusion

Pour son premier BL publié, Parua sensei maîtrise plutôt bien son scénario, offrant une romance mature et réaliste, malgré quelques évènements précipités. Elle diffuse avec subtilité la tension latente en laissant le temps de découvrir les moments dramatiques. En plus, son graphisme transcrit avec finesse les ambiances. J’ai passé un bon moment de lecture même si certains éléments se devinent facilement. Une lecture poignante!

One week family – Yatsuhashi

Couverture de One week family de Yatsuhashi, éditions Hana

Yatsuhashi やつはし
ISBN: 9782382764145
Hana, 2025
ISBN:‎ 9784799755686 (JP)
Libre, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« On ne peut pas évaluer le bonheur des autres selon nos propres critères. »

Yatsuhashi sensei propose de suivre la semaine d’adaptation de l’acteur Ren avec le sage Yû et son agent papa poule Kei. Elle s’intéresse principalement au travail des agents et des jeunes acteurs. Ainsi, elle aborde la vie intense que subit un enfant acteur, les difficultés pour continuer sa carrière une fois adulte, le jugement sur l’apparence qui fragilise la confiance en soi des acteurs débutants, l’influence des rumeurs. Le passé de Kei se dévoile au fur et à mesure, révélant l’origine de ses doutes. Ren, qui a peur de blesser ceux qu’il côtoie, n’hésite pas à se remettre constamment en question. Ainsi l’autrice s’intéresse à la perception tronquée entre réalité et fiction ainsi que la différence entre amour et admiration. Elle donne la priorité aux liens entre les personnages et à l’équilibre qui s’installe plutôt qu’à la romance. Elle montre l’importance du soutien et de l’acceptation de soi.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo avec de grands yeux expressifs, des têtes plutôt rondes et des corps longilignes. Elle le simplifie et l’arrondit encore plus dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle utilise les trames aux tons dominants clairs avec parcimonie. De même, les trames d’ambiance appuient les émotions. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Les décors soignés étant très présents ajoutent une note réaliste. La mise en page est très dynamique. Comme Yatsuhashi sensei privilégie l’interaction entre les personnages, il n’y a aucune scène érotique.

En résumé

Mal à l’aise avec les enfants, l’acteur montant Fujimaru Ren (20 ans) doit pourtant jouer dans un film avec Kusaka Yû (5 ans), le fils de la présidente de son agence de production. Son agent Hanada (30 ans) lui propose alors de se familiariser un peu avec les enfants et lui prépare tout un programme. Ainsi, Yû vient s’installer une semaine chez l’acteur. A la grande surprise de Ren, l’agent de l’enfant s’avère être Haruo Kei, un ancien acteur prodige qu’il a toujours admiré. Comment va se passer leur cohabitation?

En conclusion

Yatsuhashi sensei nous plonge dans une ambiance familiale emplie de bienveillance. En plus, son graphisme qui dégage beaucoup de douceur rend les bouilles des adultes toutes aussi mignonnes que celles de Yû. Oubliez la romance, elle est anecdotique mais cela ne dérange en rien l’appréciation du récit. J’ai d’ailleurs passé un excellent moment de détente!