About a love song – Natsuno Hiroko

about a love song natsuno hiroko

NATSUNO Hiroko
ISBN: 9782375064276
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784910526300 (JP)
Shucream, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Toute cette fraîcheur condensée en un seul être humain. »

Natsuno Hiroko sensei narre une romance douloureuse à cause de la différence d’âge, malgré une attirance réciproque. Elle alterne la narration entre Hoshina et Seto, analysant en détail leurs réflexions. Ainsi, elle aborde les problématiques d’une relation amoureuse avec un mineur, même consentie, interrogeant constamment sur les limites. En effet, après s’être montré plutôt bienveillant envers l’adolescent, le chanteur fuit ses responsabilités sans explication claire. Son comportement ambigu perturbe les sentiments purs de Seto qui semble encore manquer de maturité. Les membres du groupe And more apportent une note humoristique avec le bassiste Kei qui joue les moralisateurs et le batteur Yutako qui lance constamment des piques. Le passé compliqué de Hoshina se révèle au gré des conversations. A travers Seto, l’autrice s’intéresse par ailleurs aux choix d’avenir, aux relations plus complexes avec les parents durant l’adolescence, à la question du coming out ou non à la famille.

La mangaka a un trait fin et épuré rappelant le style shôjo avec de grands yeux expressifs et des hachures envahissantes représentant les rougissements. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, exagérant les expressions. Elle utilise avec parcimonie des trames majoritairement de tons clairs. Par contre, les trames d’ambiance, plutôt graphiques, appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Les décors situent principalement l’action. Par ailleurs, la mise en page assez classique propose quelques agencements plus dynamiques mais néanmoins aérés. Ainsi, Natsuno sensei joue sur les vides pour mettre en avant la plastique des personnages. Elle arrête les scènes érotiques aux préliminaires, privilégiant les sentiments aux détails des gestes.

En résumé

Hoshina Mizuki (28 ans), chanteur et guitariste au sein du groupe And more qui peine à percer, préfère aller travailler à la supérette à la fin des concerts au lieu de suivre les autres membres de son groupe dans les bars. En effet, il en pince pour son jeune collègue étudiant Seto Yôsei, appréciant sa candeur. Les membres du groupe, en particulier Yutaka et Kei s’inquiètent pour lui ainsi que pour la réputation du groupe car il a tendance à ne pas contrôler ses pulsions. Mais un jour de pluie, Hoshina croise Seto, trempé, qui n’a pas envie de rentrer à son domicile. Il l’invite donc chez lui et ils finissent même par passer une nuit ensemble. Mais au matin, Seto lui annonce n’être qu’au lycée.

En conclusion

Ce one-shot se classe troisième meilleur manga au Chill chill BL award 2024 et quatrième meilleur manga émouvant. Natsuno Hiroko sensei traite avec finesse la question de la différence d’âge et des responsabilités dans une relation. Elle crée une relation consensuelle et dépeint parfaitement les émotions de ses personnages. De même, son magnifique graphisme dégage beaucoup de sensualité, même lors des simples gestes du quotidien. Un coup de cœur!

My beloved strange man – Amco

couverture de My beloved strange man d'Amco, éditions Taifu

amco
ISBN: 9782375065006
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784778120801 (JP)
Shinkosha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« On s’entend déjà mieux que la plupart des couples existants! »

amco sensei narre une romance entre deux amis aux caractères opposés. Elle alterne la narration entre les deux héros, présentant par ailleurs le point de vue de chacun sur certains évènements. Ainsi, elle aborde la différence entre amitié et amour et la communication au sein d’un couple en devenir. Comme Gô projette ses idéaux sur Yutaka, populaire, beau et gentil, il n’arrive pas à gérer sa déception en découvrant la personnalité plutôt taciturne et maladroite de son ami. Ses amis Takumi et Kobayashi Akira le guident et le conseillent sans le ménager sur son comportement puéril. Ainsi, l’autrice s’intéresse au jugement sur l’apparence et à l’acceptation des imperfections. Elle questionne également sur la première fois, créant une relation consensuelle. La courte histoire en fin de tome « Parabola » reprend majoritairement les mêmes thèmes avec la vision de lycéens.

La mangaka a un trait épuré anguleux et découpé. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. En plus de son style graphique bien marqué, elle utilise des trames plutôt graphiques, créant des effets d’ombre et lumière particulier, même dans les ombres. De même, les trames d’ambiance accompagnent la narration. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, les décors sont très présents. La mise en page est également très dynamique. Dans les scènes érotiques, amco sensei ne montrent pas les parties intimes, jouant sur les cadrages et les angles de vue. D’ailleurs, elle estompe leurs contours qui se fondent alors dans les trames. Sous la jaquette, elle présente plus en détail les personnage et offre quelques anecdotes en yonkoma.

En résumé

My dear strange man: Yamaoka Gô déclare enfin ses sentiments à son ami Nemoto Yutaka. Mais ce dernier reste complètement de marbre. Sur les conseils de son ami Hayakawa Takumi, Gô persévère alors pour lui transmettre au mieux ses sentiments. Et un soir, alors qu’il dormait chez Yutaka, ce dernier le prend enfin dans ses bras…
Parabola: Ayant suivi son père photographe à la campagne, Takahashi intègre son nouveau lycée et tombe sous le charme de Segawa, un camarade de classe solitaire et lunatique.

En conclusion

amco sensei a un graphisme rafraîchissant bien marqué et très expressif. Elle décortique avec délicatesse les émotions et les réflexions de ses personnages, mettant en avant leurs qualités et leurs défauts. La naïveté de Gô est à la fois déstabilisante et mignonne et les remarques parfois un peu rudes de Takumi et Akira apportent beaucoup de vivacité dans le récit. J’ai passé un moment de lecture sympathique. Du classique simplement efficace!

Liés et connectés dans notre monde – Shinoda Soba

couverture de Liés et connectés ensemble au monde de Shinoda Soba, éditions Hana

SHINODA Soba しのだ楚芭
ISBN: 9782382762707
Hana, 2025
ISBN: 9784845859436 (JP)
Leed, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Que feriez-vous si un inconnu vous faisait don d’une somme conséquente? »

Shinoda Soba sensei narre une romance autour du thème des jeux vidéos. Ainsi, elle analyse les différents points de vue entre les créateurs, les joueurs mais également les non initiés. Elle s’intéresse aussi à la promotion des jeux avec par exemple l’exposition des programmeurs, les cafés à thème ainsi que le partage d’une passion via le streaming ou les réseaux sociaux. Utsumi semble afficher deux personnalités différentes entre son identité virtuelle et celle réelle. Sa passion reste présente malgré ses obligations chronophages. Sôta, quant à lui, s’ouvre petit à petit au contact du salaryman. Par ailleurs, l’autrice aborde la relation particulière qui se crée entre créateur de contenus et abonnés et les risques d’exposition sur les réseaux sociaux. Ainsi, elle montre les différences technologiques entre les générations, même sans grand écart d’âge. Elle maintient un certain suspense en dévoilant le passé des deux héros au fur et à mesure.

La mangaka a un trait épuré au contour plus épais. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Les trames sont variées. Toutefois, des hachures marquent les ombres fortes. De même, les trames d’ambiances appuient les émotions. Les décors bien que soignés, situent principalement l’action. Ils s’estompent parfois autour des personnages. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, la mise en page très dynamique joue sur les plongées, contre-plongées, sorties de cadre et gros plans sur les détails. Dans les scènes érotiques, Shinoda sensei s’appuie sur les angles de vue pour ne pas montrer les parties intimes. En début de chapitre, elle dessine le quotidien des personnages dans des illustrations.

En résumé

Étudiant, Utsumi Yukihiro était streameur de son jeu préféré. Mais depuis qu’il travaille, il se contente de poster des photos de ses repas sur les réseaux sociaux. Un jour, alors qu’il déjeunait dans un restaurant, un inconnu l’aborde et lui pointe son manque de vigilance. En effet, il l’a facilement trouvé grâce à ses publications en ligne. Apprenant la sortie d’un nouvel opus de son jeu préféré, Utsumi se reconnecte en ligne et retrouve pourtant sa communauté qui le suit encore malgré ses dix ans d’absence. D’ailleurs, l’un de ses abonnés lui fait un don très généreux. Soupçonnant l’inconnu, il essaie alors de le rencontrer à nouveau pour le rembourser. Mais Sôta Watari refuse. Alors le salaryman lui propose de faire des activités ensemble.

En conclusion

Shinoda Soba sensei offre une comédie romantique douce et mignonne. Elle s’attarde plus sur l’univers des connexions à travers le jeu vidéo, rendant ainsi l’évolution de la romance un peu abrupte. Elle maîtrise toutefois l’équilibre de sa narration. Par ailleurs, son graphisme est rafraîchissant. Le sujet n’intéressera pas tout le monde. Pour ma part, j’ai passé un excellent moment de lecture. J’aurais toutefois aimé quelques chapitres en plus.

La ville à ta couleur – Umeda Miso

couverture de La ville à ta couleurs d'Umeda Miso, éditions Hana

UMEDA Miso 梅田みそ
ISBN: 9782382765111
Hana, 2025
ISBN:‎ 9784403667114 (JP)
Shinshokan, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: si on s'ennuie

« Mes sentiments ne le regardent pas. »

Umeda Miso sensei propose une romance classique entre deux amis d’enfance dont l’un est secrètement amoureux de l’autre. Toutefois, elle aborde avec finesse la question de l’orientation sexuelle, de la communication et du doute qui persiste dans une relation avec un hétérosexuel. D’ailleurs, elle reprend ces thèmes dans la courte histoire « Tes sentiments en cage ». La narration alterne entre Chika et Miyamori, présentant leurs interrogations. Ne voulant pas briser son amitié, Yoshiyuki fait tout pour cacher ses sentiments tandis que Daiki prend un certain temps pour les comprendre. L’entourage des deux amis permet d’ajouter quelques tensions mais également de faire bouger le couple. Miyuki ajoute toutefois une note humoristique par ses réactions. L’autrice s’intéresse également aux choix d’avenir et à la difficulté à entretenir une relation à distance aussi bien amicale qu’amoureuse.

La mangaka a un trait fin et épuré légèrement anguleux. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. En plus de l’utilisation de trames aux tons plutôt clairs, elle dessine des décors soignés mais dans une palette de gris plus clairs que celle du premier plan, donnant ainsi une impression diffuse. De même, les trames d’ambiance très graphiques appuient les émotions. La mise en page est dynamique. Umeda sensei met souvent en avant les paysages de la ville entre mer et montagne, ajoutant une note poétique au récit. Par ailleurs, dans les scènes érotiques, elle joue sur les angles de vue pour ne pas montrer les parties intimes.

En résumé

La ville à ta couleur / Retour à la maison: Quand il a emménagé il y a dix ans, Miyamori Yoshiyuki a immédiatement subi le harcèlement de Miura. Comme il résistait, il a vite sympathisé avec Chiba Daiki venu également à son aide. Ils sont ainsi devenus inséparables. Maintenant en dernière année de lycée, Yoshiyuki, secrètement amoureux de son ami, hésite encore pour son orientation, d’autant plus qu’il est bon élève. Héritier d’un fabriquant de tissus pour kimonos, Daiki, quant à lui, va apprendre la teinture à Yamagata. Il propose alors à son ami d’intégrer une université là-bas. Que va décider Miyamori?
Tes sentiments en cage: Sagisawa et Ozaki sortent ensemble depuis le lycée. Homosexuel, Ozaki complexe un peu sur ses traits féminins et s’interroge encore sur la sincérité des sentiments de son partenaire qui le compare souvent à une fille…

En conclusion

Umeda Miso sensei propose une tranche de vie des passages importants de l’évolution de la relation entre Daiki et Yoshiyuki. Elle va à l’essentiel mais détaille avec soin leurs différentes interrogations. Son graphisme assez classique reste agréable. Toutefois, je trouve que les quelques moments poétiques et nostalgiques s’intègrent avec maladresse. Le couple est touchant, même si parfois j’avais envie de claquer les deux amoureux. J’ai tout de même passé un agréable moment de lecture.

White liar – Serizawa Tomo

couverture de White liar de Serizawa Tomo, édité par Hana

SERIZAWA Tomo 芹澤知
ISBN: 9782382762493
Hana, 2025
ISBN: 9784824006028 (JP)
Overlap, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre; hard
Recommandation: beaucoup

« Tous les Taiga que je vois ont des visages bien différents de celui avec qui j’ai couché cette nuit-là. »

Serizawa Tomo sensei narre une romance entre un jeune acteur difficile à cerner et un coiffeur fuyant. Elle alterne la narration entre les deux héros. A travers Taiga, elle s’intéresse à la perte d’identité. En effet, l’acteur qui adapte facilement son comportement à ses interlocuteurs, risque de se perdre dans ses rôles. Kei, quant à lui, reste prisonnier de ses mauvaises expériences et fuit ses sentiments. Le passé des deux personnages principaux révélés au fur et à mesure maintient le suspense. Le coiffeur styliste Kasamatsu, l’acteur Ren et la mannequin Mizukawa Lilia jouent les confidents et apportent conseils au couple en formation. Ainsi, l’autrice aborde l’influence des rumeurs, le doute et la difficulté à exprimer ses sentiments. Elle s’amuse sur la compatibilité sexuelle des deux hommes pour analyser l’évolution de leurs sentiments. Par ailleurs, elle questionne sur le coming out au travail et l’acceptation de son partenaire tel qu’il est.

La mangaka a un trait légèrement épuré qui se simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Elle soigne les décors qui apparaissent sur les plans larges. Ainsi, elle les estompe légèrement autour des personnages pour les mettre en relief. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance, même graphiques, se font plutôt discrètes. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page très dynamique met en avant le charme des personnages. Serizawa sensei ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

Le coiffeur styliste Shiraishi Kei (28 ans), bisexuel, préfère les coups d’un soir, ayant du mal à accorder sa confiance après plusieurs échecs amoureux. Un soir, il doit s’occuper du jeune acteur prometteur Jinnouchi Taiga (22 ans) qui a tendance à trop entrer dans ses rôles. D’ailleurs, alors qu’il se montre d’abord taciturne, il change complètement de caractère suite à sa nouvelle coupe. Il invite alors Kei au restaurant, n’hésitant pas à draguer le coiffeur. Ce dernier, décomplexé par l’alcool, finit par se confier au jeune acteur. Et les deux hommes finissent donc au lit…

En conclusion

Ce one-shot se classe quinzième meilleur manga émouvant au Chill chill BL award 2024. Serizawa Tomo sensei part d’une romance simple pour proposer un scénario rondement mené avec des personnages touchants. En plus, son graphisme magnifique est un régal pour les yeux, entre le charme ravageur de Taiga et les adorables bouilles de Kei. Une belle lecture!

Internet love – Urino Kiko

couverture Internet love de Urino Kiko éditions Glénat

URINO Kiko 売野機子
ISBN: 9782344064696
Glénat, 2024
ISBN: 9784396785727 (JP)
Shodensha, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Ma joyeuse vie de cyberstalker prit fin. »

Urino Kiko sensei narre une romance contemporaine entre un Japonais et un Coréen qui se découvrent d’abord via les réseaux sociaux. Elle analyse avec finesse les rapports qui se construisent à travers ce média, interrogeant sur l’identité virtuelle et celle réelle. Ainsi, elle aborde le jugement sur l’apparence, les risques d’Internet, la fuite du quotidien à travers celui d’un autre. Tenma, bien qu’entouré de ses collègues bienveillantes et de parents compréhensifs, est persuadé d’être trop banal pour plaire. De même, malgré une vie bien remplie, Eunho ressent de la solitude et recherche de la reconnaissance. L’auteure s’intéresse donc à l’acceptation de soi et de l’autre tel qu’il est, avec ses qualités et ses défauts. Avec les petites amies des deux héros, elle met en avant la pression d’une certaine conformité sociale. De même, elle montre avec humour les différentes techniques pour surpasser la barrière des langues.

La mangaka a un trait épuré avec un touche brute, rappelant le graphisme des shôjo des années 90. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle utilise les trames avec parcimonie. De même, les trames d’ambiance accompagnent discrètement les émotions fortes. Les décors situent principalement l’action, apparaissant parfois uniquement tramés. Par contre, Urino sensei offre une mise en page très dynamique avec des cadres qui semblent tracés à la main, donnant l’impression d’un « couper-coller » fait main rassemblant des souvenirs. Elle ne développe pas les scènes érotiques, laissant libre cours à l’imagination du lecteur.

En résumé

Le nail artist Tenma Minori suit assidûment depuis cinq ans les publications du coréen Eunho qui partage sa vie sur les réseaux sociaux. Ses collègues s’inquiètent un peu de sa passion, proche d’un cyberstalker. Mais quand Eunho poste une photo de sa petite amie, l’univers « imaginaire » de Tenma s’écroule…

En conclusion

Urino Kiko sensei maîtrise parfaitement le format one-shot, allant à l’essentiel et laissant l’imaginaire des lecteurs construire leur réflexion sur l’usage des réseaux sociaux. Elle pointe certaines problématiques avec une note positive et rassurante. Ainsi, j’ai dévoré ce récit avec l’impression de mettre constamment un peu de baume autour de mon cœur. Les personnages sont tous attrayants. Le graphisme avec sa touche un peu datée pourra rebuter certains lecteurs. Personnellement, je trouve que cela ajoute une ambiance nostalgique très agréable et expressive. Une énorme coup de cœur!

Juste un rêve pervers? – Yoshimoto Senco

couverture juste un reve pervers yoshimoto senco taifu

YOSHIMOTO Senco 由元千子
ISBN: 9782375064368
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784910526195 (JP)
Shucream, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

« C’est si important que ça de ne se focaliser que sur une seule personne? »

Yoshimoto Senco sensei pose lentement son univers tout en plongeant immédiatement le lecteur dans l’érotisme. Elle crée des personnages assez simples dont l’objectif commun concorde. En effet, l’innocent incube Foni dépend de l’énergie vitale des humains qu’il consomme en rêve ou en couchant directement tandis que Harumi n’arrive pas à s’attacher exclusivement à un partenaire. Ainsi, sous prétexte d’apprentissage, le couple va d’abord construire une relation purement charnelle de nourrissage avant de réaliser l’évolution de leurs sentiments. De même, le démon qui se déprécie, va peu à peu prendre de l’assurance, encouragé par son hôte. L’auteure aborde donc la cohabitation, le manque de confiance en soi, la différence entre relation charnelle et relation amoureuse. En introduisant l’incube Rumi, elle pousse le couple à s’interroger sur leurs liens, ajoutant une note d’humour. De même, la candeur de Foni contraste avec son côté pervers.

La mangaka a un trait légèrement épuré et anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à transformer les personnages en SD. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance très graphiques, complètent les émotions. La mise en page est simplement dynamique. Dans les scènes érotiques, Yoshimoto sensei censure les parties intimes par un cache blanc ou en les fondant dans les trames. Elle offre pourtant une scène par chapitre. Sous la jaquette, elle donne quelques anecdotes sur les personnages. De même, il y a des croquis amusants en fin de chapitre.

En résumé

Un soir, Harumi qui travaille comme hôte dans un bar, est sollicité par un de ses collègues qui a trouvé un homme à moitié mort d’inanition. Il le recueille alors chez lui. Mais pendant qu’il dormait, le jeune inconnu apparaît dans son rêve et lui demande à boire son sperme. En effet, Foni se présente comme un démon des rêves, puisant sa force dans l’énergie vitale des humains…

En conclusion

Yoshimoto Senco sensei ne maîtrise pas le format one-shot, précipitant certains évènements qui font avancer l’intrigue un peu abruptement. Toutefois, elle construit un univers intéressant et un couple plutôt mignon. Les nombreuses scènes érotiques divertissent également. Un scénario en fin de compte simple qui permet de se détendre sans se prendre la tête.

Déqueuverte – Kitano Gumin

couverture dequeuverte kitano gumin hana

KITANO Gumin 北のぐみん
ISBN: 9782382764688
Hana, 2024
ISBN:‎ 9784864424202 (JP)
Tokyo mangasha, 2021 (JP)
Titre original: 珍好でぃすかばぁ
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Et dire que le propriétaire de ce formidable sexe ultime va à la même université que moi. »

Kitano Gumin sensei narre une comédie romantique axée sur l’obsession de Mari dans sa quête du sexe idéal. Ainsi, elle joue sur les interactions entre le cru Nagashiro et son prude ami d’enfance Nagayasu, confrontant leurs visions différentes de l’amour. Elle aborde avec humour la différence entre sex friend et couple, le jugement sur l’apparence ainsi que les limites de la perversion avec l’introduction d’Omota, qui n’hésite pas à harceler pour satisfaire ses désirs. En effet, malgré son attirance et sa curiosité pour les membres phalliques parfaits, Mari conserve une certaine innocence comparé à Omota et respecte les réserves de Kengo. Les deux étudiants construisent donc une relation assez consensuelle avec quelques jeux érotiques plutôt mignons, négociant et analysant leurs sentiments. L’auteure surprend constamment le lecteur en cassant les moments les plus romantiques et maintient même un certain suspense en ne montrant que l’essentiel.

La mangaka a un trait légèrement épuré et léché, au contour plus épais qui apporte du relief. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, exagérant aussi les expressions. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance, graphiques, renforcent les effets comiques. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page est très dynamique. Kitano sensei censure à peine les scènes érotiques, recouvrant les parties intimes de hachures. Par ailleurs, elle offre des coupes intérieures qui détaillent même les différents organes. Il y a d’ailleurs une scène par chapitre. Sous la jaquette, des fiches personnages apportent quelques anecdotes amusantes.

En résumé

Durant son adolescence, Nagashiro Mari complexait sur son physique androgyne jusqu’à ce qu’il réalise que son zizi le différenciait d’une fille. Depuis, il a développé une sorte de vision critique lui permettant d’évaluer les pénis. D’ailleurs, il a pris l’habitude de comparer discrètement ceux de ses camarades dans les toilettes. Mais un jour, il trouve enfin son idéal phallique. Toutefois, ce sexe parfait appartient à son ami d’enfance Nagayasu Kengo!

En conclusion

Pour un premier manga, Kitano Gumin sensei offre une comédie amusante, sans prise de tête, mais avec une dynamique intense entre les personnages. Elle enchaîne parfois maladroitement certains évènements mais cela ne gêne en rien le déroulement du récit. Le langage cru de Mari contraste avec son physique mignon, le rendant très attachant. En plus, la traduction de Jordan Mangeon, qui a trouvé d’excellents jeux de mots (Le titre est une pépite.), ainsi que sa sélection des synonymes de zizi, toujours bien placé dans les conversations, subliment l’impression d’une histoire à la fois érotique et pourtant innocente. J’adore!

Happy sugar share house – Momojiri Hibari

happy sugar share house momojiri hibari

MOMOJIRI Hibari 桃尻ひばり
ISBN: 9782382764923
Hana, 2024
ISBN: 9784575380866 (JP)
Futabasha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Je veux être un homme populaire qui ne souffre pas, même s’il se fait larguer. »

Momojiri Hibari sensei narre une comédie romantique entre le séduisant mannequin Michael et le complexé salaryman Makoto. Elle met en avant l’ambiance chaleureuse de la colocation, l’entraide mais également les petits problèmes d’intimité. Les colocataires ont des caractères plutôt tranchés, en particulier Sakamoto Rinnosuke (21 ans), qui ajoute en plus quelques quiproquos. Au prétexte d’une formation, les deux héros vont apprendre à se connaître. Ainsi, le mannequin a tendance à faire passer le bonheur des autres en priorité, sa gentillesse portant alors à confusion, tandis que le salaryman, manquant de confiance en lui, se laisse porter. L’auteure construit d’abord une relation purement charnelle puis l’équilibre grâce aux sentiments. Par ailleurs, elle dénonce indirectement les préjugés basés sur des critères de beauté, l’influence des réseaux sociaux qui exacerbent les moqueries sur le malheur des autres. L’histoire bonus apporte une note à la fois mignonne et sexy.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo, avec de grands yeux expressifs et des hachures envahissantes pour les rougissements. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Les trames sont très variées et équilibrées. Les trames d’ambiance très graphiques participent à la narration. Ainsi, Michael scintille constamment. Les décors soignés apportent une touche réaliste. Par ailleurs, la mise en page très dynamique met souvent en valeur la plastique des personnages. Dans les scènes érotiques, Momojiri sensei censure les parties intimes par un cache blanc ou une forme flou diffuse.

En résumé

Nakamura Makoto (33 ans) éclate en sanglots dans la rue car sa petite amie l’a quitté pour un de ses jeunes subordonnés. Le mannequin Mitsuteru Aoi (25 ans), surnommé Michael, à la beauté éblouissante, le ramène alors à sa colocation après qu’il se soit effondré dans ses bras. Le lendemain matin, Makoto se retrouve à déjeuner à la table des autres colocataires. Charmé par l’ambiance amicale, il accepte volontiers de rester quelques jours ici durant les vacances. Le soir, au cours d’un barbecue organisé par les autres colocataires, le salaryman charmé par Michael, lui demande alors des conseils de séduction. Mais ce dernier l’embrasse!

En conclusion

Momojiri Hibari sensei construit bien un amour maladroit, abordant ainsi différents sujets malheureusement pour certains juste survolés. En effet, le format one-shot l’oblige à enchaîner parfois abruptement certains évènements. De même, quelques rebondissements tombent à plat. Toutefois, le graphisme tout mignon rend la lecture très agréable. Et surtout, l’humour colle bien à l’ambiance du récit. Une lecture onctueuse comme de la crème, transmettant de belles émotions. A ne pas rater si vous aimez les récits de colocation!

88 rhapsody – Sorai Mone

88 rhapsody sorai mone

SORAI Mone ソライモネ
ISBN: 9782382762745
Hana, 2024
ISBN: 9784829686195 (JP)
Printemps, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Vivez les rêves et les sentiments qui viennent chambouler les membres du groupe Aldébaran! »

Sorai Mone sensei propose de suivre les romances de quelques membres du groupe Aldebaran. En plus de l’univers musical, elle s’intéresse aux différentes épreuves auxquelles se confrontent les musiciens comme la pression, la passion devenue douleur, la perte de confiance en soi, le traumatisme. Dans la première histoire, rapide mais efficace, elle analyse principalement les sentiments naissants dans une amitié ainsi que l’acceptation de soi. Par la suite, l’histoire de Miyata Kyôtaro (26 ans) et Agawa Ritsuki approfondit surtout la question de la gestion de la pression aussi bien extérieure (famille, enseignant, concurrence) qu’intérieure (course à la réussite, peur de l’erreur, trac), la communication nécessaire et les conseils avisés de personnes expérimentées. Malgré des sentiments réciproques, les deux hommes préfèrent se taire. Par ailleurs, l’auteure interroge sur l’avenir des musiciens et l’évaluation du talent. Elle base la narration d’abord du point de vue de Yodaka puis de celui de Miyata.

La mangaka a un trait épuré et anguleux, bien découpé, qui se ressent particulièrement à travers les ossatures saillantes et les corps plutôt maigres. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle donne des anecdotes dans des fiches personnages à la fin des chapitres. Les trames bien que variées privilégient les contrastes noir et blanc. Les trames d’ambiance appuient les émotions tandis qu’un fond noir indique les flash-back. Les décors soignés situent principalement l’action et s’estompent parfois autour des personnages. La mise en page très dynamique s’attarde sur les détails, avec des angles de vue variés, des chevauchements et des sorties de cadres. Sorai sensei marque le passage du temps par des indices sur les saisons. Dans les scènes érotiques, elle cache les parties intimes grâce à des cadrages ou des bulles bien placées. De même, l’imagination des personnages s’invite dans les décors.

En résumé

Récemment transféré dans un nouveau lycée, Hoshikawa Yodaka ne supporte plus les rumeurs et les regards insistants sur sa cicatrice au visage. Il préfère écouter de la musique en dormant à l’infirmerie. Mais un jour, Fujise Anji s’infiltre par la fenêtre de l’infirmerie et lui demande de lui laisser une place dans son lit. Le lycéen très direct, joue de la guitare dans un groupe et lui offre donc une invitation à un concert. Intrigué par un compliment sur son visage, Yodaka sympathise vite avec ce nouvel ami, reprenant vite goût à l’étude. Il arrive même à se confier à lui…

En conclusion

Sorai Mone sensei offre une magnifique romance dont la sensibilité se ressent à travers les images et les paroles de ses personnages. Elle équilibre parfaitement l’humour et les intrigues, évitant de trop faire étalage des sentiments des personnages. Ainsi, les relations paraissent naturelles, parfaitement dépeintes avec les hésitations et les effusions. J’apprécie particulièrement le graphisme très expressif, au trait particulier et reconnaissable de la mangaka. Un petit coup de cœur!