La ville à ta couleur – Umeda Miso

couverture de La ville à ta couleurs d'Umeda Miso, éditions Hana

UMEDA Miso 梅田みそ
ISBN: 9782382765111
Hana, 2025
ISBN:‎ 9784403667114 (JP)
Shinshokan, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: si on s'ennuie

« Mes sentiments ne le regardent pas. »

Umeda Miso sensei propose une romance classique entre deux amis d’enfance dont l’un est secrètement amoureux de l’autre. Toutefois, elle aborde avec finesse la question de l’orientation sexuelle, de la communication et du doute qui persiste dans une relation avec un hétérosexuel. D’ailleurs, elle reprend ces thèmes dans la courte histoire « Tes sentiments en cage ». La narration alterne entre Chika et Miyamori, présentant leurs interrogations. Ne voulant pas briser son amitié, Yoshiyuki fait tout pour cacher ses sentiments tandis que Daiki prend un certain temps pour les comprendre. L’entourage des deux amis permet d’ajouter quelques tensions mais également de faire bouger le couple. Miyuki ajoute toutefois une note humoristique par ses réactions. L’autrice s’intéresse également aux choix d’avenir et à la difficulté à entretenir une relation à distance aussi bien amicale qu’amoureuse.

La mangaka a un trait fin et épuré légèrement anguleux. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. En plus de l’utilisation de trames aux tons plutôt clairs, elle dessine des décors soignés mais dans une palette de gris plus clairs que celle du premier plan, donnant ainsi une impression diffuse. De même, les trames d’ambiance très graphiques appuient les émotions. La mise en page est dynamique. Umeda sensei met souvent en avant les paysages de la ville entre mer et montagne, ajoutant une note poétique au récit. Par ailleurs, dans les scènes érotiques, elle joue sur les angles de vue pour ne pas montrer les parties intimes.

En résumé

La ville à ta couleur / Retour à la maison: Quand il a emménagé il y a dix ans, Miyamori Yoshiyuki a immédiatement subi le harcèlement de Miura. Comme il résistait, il a vite sympathisé avec Chiba Daiki venu également à son aide. Ils sont ainsi devenus inséparables. Maintenant en dernière année de lycée, Yoshiyuki, secrètement amoureux de son ami, hésite encore pour son orientation, d’autant plus qu’il est bon élève. Héritier d’un fabriquant de tissus pour kimonos, Daiki, quant à lui, va apprendre la teinture à Yamagata. Il propose alors à son ami d’intégrer une université là-bas. Que va décider Miyamori?
Tes sentiments en cage: Sagisawa et Ozaki sortent ensemble depuis le lycée. Homosexuel, Ozaki complexe un peu sur ses traits féminins et s’interroge encore sur la sincérité des sentiments de son partenaire qui le compare souvent à une fille…

En conclusion

Umeda Miso sensei propose une tranche de vie des passages importants de l’évolution de la relation entre Daiki et Yoshiyuki. Elle va à l’essentiel mais détaille avec soin leurs différentes interrogations. Son graphisme assez classique reste agréable. Toutefois, je trouve que les quelques moments poétiques et nostalgiques s’intègrent avec maladresse. Le couple est touchant, même si parfois j’avais envie de claquer les deux amoureux. J’ai tout de même passé un agréable moment de lecture.

White liar – Serizawa Tomo

couverture de White liar de Serizawa Tomo, édité par Hana

SERIZAWA Tomo 芹澤知
ISBN: 9782382762493
Hana, 2025
ISBN: 9784824006028 (JP)
Overlap, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre; hard
Recommandation: beaucoup

« Tous les Taiga que je vois ont des visages bien différents de celui avec qui j’ai couché cette nuit-là. »

Serizawa Tomo sensei narre une romance entre un jeune acteur difficile à cerner et un coiffeur fuyant. Elle alterne la narration entre les deux héros. A travers Taiga, elle s’intéresse à la perte d’identité. En effet, l’acteur qui adapte facilement son comportement à ses interlocuteurs, risque de se perdre dans ses rôles. Kei, quant à lui, reste prisonnier de ses mauvaises expériences et fuit ses sentiments. Le passé des deux personnages principaux révélés au fur et à mesure maintient le suspense. Le coiffeur styliste Kasamatsu, l’acteur Ren et la mannequin Mizukawa Lilia jouent les confidents et apportent conseils au couple en formation. Ainsi, l’autrice aborde l’influence des rumeurs, le doute et la difficulté à exprimer ses sentiments. Elle s’amuse sur la compatibilité sexuelle des deux hommes pour analyser l’évolution de leurs sentiments. Par ailleurs, elle questionne sur le coming out au travail et l’acceptation de son partenaire tel qu’il est.

La mangaka a un trait légèrement épuré qui se simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Elle soigne les décors qui apparaissent sur les plans larges. Ainsi, elle les estompe légèrement autour des personnages pour les mettre en relief. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance, même graphiques, se font plutôt discrètes. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page très dynamique met en avant le charme des personnages. Serizawa sensei ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

Le coiffeur styliste Shiraishi Kei (28 ans), bisexuel, préfère les coups d’un soir, ayant du mal à accorder sa confiance après plusieurs échecs amoureux. Un soir, il doit s’occuper du jeune acteur prometteur Jinnouchi Taiga (22 ans) qui a tendance à trop entrer dans ses rôles. D’ailleurs, alors qu’il se montre d’abord taciturne, il change complètement de caractère suite à sa nouvelle coupe. Il invite alors Kei au restaurant, n’hésitant pas à draguer le coiffeur. Ce dernier, décomplexé par l’alcool, finit par se confier au jeune acteur. Et les deux hommes finissent donc au lit…

En conclusion

Ce one-shot se classe quinzième meilleur manga émouvant au Chill chill BL award 2024. Serizawa Tomo sensei part d’une romance simple pour proposer un scénario rondement mené avec des personnages touchants. En plus, son graphisme magnifique est un régal pour les yeux, entre le charme ravageur de Taiga et les adorables bouilles de Kei. Une belle lecture!

Internet love – Urino Kiko

couverture Internet love de Urino Kiko éditions Glénat

URINO Kiko 売野機子
ISBN: 9782344064696
Glénat, 2024
ISBN: 9784396785727 (JP)
Shodensha, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Ma joyeuse vie de cyberstalker prit fin. »

Urino Kiko sensei narre une romance contemporaine entre un Japonais et un Coréen qui se découvrent d’abord via les réseaux sociaux. Elle analyse avec finesse les rapports qui se construisent à travers ce média, interrogeant sur l’identité virtuelle et celle réelle. Ainsi, elle aborde le jugement sur l’apparence, les risques d’Internet, la fuite du quotidien à travers celui d’un autre. Tenma, bien qu’entouré de ses collègues bienveillantes et de parents compréhensifs, est persuadé d’être trop banal pour plaire. De même, malgré une vie bien remplie, Eunho ressent de la solitude et recherche de la reconnaissance. L’auteure s’intéresse donc à l’acceptation de soi et de l’autre tel qu’il est, avec ses qualités et ses défauts. Avec les petites amies des deux héros, elle met en avant la pression d’une certaine conformité sociale. De même, elle montre avec humour les différentes techniques pour surpasser la barrière des langues.

La mangaka a un trait épuré avec un touche brute, rappelant le graphisme des shôjo des années 90. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle utilise les trames avec parcimonie. De même, les trames d’ambiance accompagnent discrètement les émotions fortes. Les décors situent principalement l’action, apparaissant parfois uniquement tramés. Par contre, Urino sensei offre une mise en page très dynamique avec des cadres qui semblent tracés à la main, donnant l’impression d’un « couper-coller » fait main rassemblant des souvenirs. Elle ne développe pas les scènes érotiques, laissant libre cours à l’imagination du lecteur.

En résumé

Le nail artist Tenma Minori suit assidûment depuis cinq ans les publications du coréen Eunho qui partage sa vie sur les réseaux sociaux. Ses collègues s’inquiètent un peu de sa passion, proche d’un cyberstalker. Mais quand Eunho poste une photo de sa petite amie, l’univers « imaginaire » de Tenma s’écroule…

En conclusion

Urino Kiko sensei maîtrise parfaitement le format one-shot, allant à l’essentiel et laissant l’imaginaire des lecteurs construire leur réflexion sur l’usage des réseaux sociaux. Elle pointe certaines problématiques avec une note positive et rassurante. Ainsi, j’ai dévoré ce récit avec l’impression de mettre constamment un peu de baume autour de mon cœur. Les personnages sont tous attrayants. Le graphisme avec sa touche un peu datée pourra rebuter certains lecteurs. Personnellement, je trouve que cela ajoute une ambiance nostalgique très agréable et expressive. Une énorme coup de cœur!

Juste un rêve pervers? – Yoshimoto Senco

couverture juste un reve pervers yoshimoto senco taifu

YOSHIMOTO Senco 由元千子
ISBN: 9782375064368
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784910526195 (JP)
Shucream, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

« C’est si important que ça de ne se focaliser que sur une seule personne? »

Yoshimoto Senco sensei pose lentement son univers tout en plongeant immédiatement le lecteur dans l’érotisme. Elle crée des personnages assez simples dont l’objectif commun concorde. En effet, l’innocent incube Foni dépend de l’énergie vitale des humains qu’il consomme en rêve ou en couchant directement tandis que Harumi n’arrive pas à s’attacher exclusivement à un partenaire. Ainsi, sous prétexte d’apprentissage, le couple va d’abord construire une relation purement charnelle de nourrissage avant de réaliser l’évolution de leurs sentiments. De même, le démon qui se déprécie, va peu à peu prendre de l’assurance, encouragé par son hôte. L’auteure aborde donc la cohabitation, le manque de confiance en soi, la différence entre relation charnelle et relation amoureuse. En introduisant l’incube Rumi, elle pousse le couple à s’interroger sur leurs liens, ajoutant une note d’humour. De même, la candeur de Foni contraste avec son côté pervers.

La mangaka a un trait légèrement épuré et anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à transformer les personnages en SD. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance très graphiques, complètent les émotions. La mise en page est simplement dynamique. Dans les scènes érotiques, Yoshimoto sensei censure les parties intimes par un cache blanc ou en les fondant dans les trames. Elle offre pourtant une scène par chapitre. Sous la jaquette, elle donne quelques anecdotes sur les personnages. De même, il y a des croquis amusants en fin de chapitre.

En résumé

Un soir, Harumi qui travaille comme hôte dans un bar, est sollicité par un de ses collègues qui a trouvé un homme à moitié mort d’inanition. Il le recueille alors chez lui. Mais pendant qu’il dormait, le jeune inconnu apparaît dans son rêve et lui demande à boire son sperme. En effet, Foni se présente comme un démon des rêves, puisant sa force dans l’énergie vitale des humains…

En conclusion

Yoshimoto Senco sensei ne maîtrise pas le format one-shot, précipitant certains évènements qui font avancer l’intrigue un peu abruptement. Toutefois, elle construit un univers intéressant et un couple plutôt mignon. Les nombreuses scènes érotiques divertissent également. Un scénario en fin de compte simple qui permet de se détendre sans se prendre la tête.

Déqueuverte – Kitano Gumin

couverture dequeuverte kitano gumin hana

KITANO Gumin 北のぐみん
ISBN: 9782382764688
Hana, 2024
ISBN:‎ 9784864424202 (JP)
Tokyo mangasha, 2021 (JP)
Titre original: 珍好でぃすかばぁ
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Et dire que le propriétaire de ce formidable sexe ultime va à la même université que moi. »

Kitano Gumin sensei narre une comédie romantique axée sur l’obsession de Mari dans sa quête du sexe idéal. Ainsi, elle joue sur les interactions entre le cru Nagashiro et son prude ami d’enfance Nagayasu, confrontant leurs visions différentes de l’amour. Elle aborde avec humour la différence entre sex friend et couple, le jugement sur l’apparence ainsi que les limites de la perversion avec l’introduction d’Omota, qui n’hésite pas à harceler pour satisfaire ses désirs. En effet, malgré son attirance et sa curiosité pour les membres phalliques parfaits, Mari conserve une certaine innocence comparé à Omota et respecte les réserves de Kengo. Les deux étudiants construisent donc une relation assez consensuelle avec quelques jeux érotiques plutôt mignons, négociant et analysant leurs sentiments. L’auteure surprend constamment le lecteur en cassant les moments les plus romantiques et maintient même un certain suspense en ne montrant que l’essentiel.

La mangaka a un trait légèrement épuré et léché, au contour plus épais qui apporte du relief. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, exagérant aussi les expressions. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance, graphiques, renforcent les effets comiques. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page est très dynamique. Kitano sensei censure à peine les scènes érotiques, recouvrant les parties intimes de hachures. Par ailleurs, elle offre des coupes intérieures qui détaillent même les différents organes. Il y a d’ailleurs une scène par chapitre. Sous la jaquette, des fiches personnages apportent quelques anecdotes amusantes.

En résumé

Durant son adolescence, Nagashiro Mari complexait sur son physique androgyne jusqu’à ce qu’il réalise que son zizi le différenciait d’une fille. Depuis, il a développé une sorte de vision critique lui permettant d’évaluer les pénis. D’ailleurs, il a pris l’habitude de comparer discrètement ceux de ses camarades dans les toilettes. Mais un jour, il trouve enfin son idéal phallique. Toutefois, ce sexe parfait appartient à son ami d’enfance Nagayasu Kengo!

En conclusion

Pour un premier manga, Kitano Gumin sensei offre une comédie amusante, sans prise de tête, mais avec une dynamique intense entre les personnages. Elle enchaîne parfois maladroitement certains évènements mais cela ne gêne en rien le déroulement du récit. Le langage cru de Mari contraste avec son physique mignon, le rendant très attachant. En plus, la traduction de Jordan Mangeon, qui a trouvé d’excellents jeux de mots (Le titre est une pépite.), ainsi que sa sélection des synonymes de zizi, toujours bien placé dans les conversations, subliment l’impression d’une histoire à la fois érotique et pourtant innocente. J’adore!

Happy sugar share house – Momojiri Hibari

happy sugar share house momojiri hibari

MOMOJIRI Hibari 桃尻ひばり
ISBN: 9782382764923
Hana, 2024
ISBN: 9784575380866 (JP)
Futabasha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Je veux être un homme populaire qui ne souffre pas, même s’il se fait larguer. »

Momojiri Hibari sensei narre une comédie romantique entre le séduisant mannequin Michael et le complexé salaryman Makoto. Elle met en avant l’ambiance chaleureuse de la colocation, l’entraide mais également les petits problèmes d’intimité. Les colocataires ont des caractères plutôt tranchés, en particulier Sakamoto Rinnosuke (21 ans), qui ajoute en plus quelques quiproquos. Au prétexte d’une formation, les deux héros vont apprendre à se connaître. Ainsi, le mannequin a tendance à faire passer le bonheur des autres en priorité, sa gentillesse portant alors à confusion, tandis que le salaryman, manquant de confiance en lui, se laisse porter. L’auteure construit d’abord une relation purement charnelle puis l’équilibre grâce aux sentiments. Par ailleurs, elle dénonce indirectement les préjugés basés sur des critères de beauté, l’influence des réseaux sociaux qui exacerbent les moqueries sur le malheur des autres. L’histoire bonus apporte une note à la fois mignonne et sexy.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo, avec de grands yeux expressifs et des hachures envahissantes pour les rougissements. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Les trames sont très variées et équilibrées. Les trames d’ambiance très graphiques participent à la narration. Ainsi, Michael scintille constamment. Les décors soignés apportent une touche réaliste. Par ailleurs, la mise en page très dynamique met souvent en valeur la plastique des personnages. Dans les scènes érotiques, Momojiri sensei censure les parties intimes par un cache blanc ou une forme flou diffuse.

En résumé

Nakamura Makoto (33 ans) éclate en sanglots dans la rue car sa petite amie l’a quitté pour un de ses jeunes subordonnés. Le mannequin Mitsuteru Aoi (25 ans), surnommé Michael, à la beauté éblouissante, le ramène alors à sa colocation après qu’il se soit effondré dans ses bras. Le lendemain matin, Makoto se retrouve à déjeuner à la table des autres colocataires. Charmé par l’ambiance amicale, il accepte volontiers de rester quelques jours ici durant les vacances. Le soir, au cours d’un barbecue organisé par les autres colocataires, le salaryman charmé par Michael, lui demande alors des conseils de séduction. Mais ce dernier l’embrasse!

En conclusion

Momojiri Hibari sensei construit bien un amour maladroit, abordant ainsi différents sujets malheureusement pour certains juste survolés. En effet, le format one-shot l’oblige à enchaîner parfois abruptement certains évènements. De même, quelques rebondissements tombent à plat. Toutefois, le graphisme tout mignon rend la lecture très agréable. Et surtout, l’humour colle bien à l’ambiance du récit. Une lecture onctueuse comme de la crème, transmettant de belles émotions. A ne pas rater si vous aimez les récits de colocation!

88 rhapsody – Sorai Mone

88 rhapsody sorai mone

SORAI Mone ソライモネ
ISBN: 9782382762745
Hana, 2024
ISBN: 9784829686195 (JP)
Printemps, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Vivez les rêves et les sentiments qui viennent chambouler les membres du groupe Aldébaran! »

Sorai Mone sensei propose de suivre les romances de quelques membres du groupe Aldebaran. En plus de l’univers musical, elle s’intéresse aux différentes épreuves auxquelles se confrontent les musiciens comme la pression, la passion devenue douleur, la perte de confiance en soi, le traumatisme. Dans la première histoire, rapide mais efficace, elle analyse principalement les sentiments naissants dans une amitié ainsi que l’acceptation de soi. Par la suite, l’histoire de Miyata Kyôtaro (26 ans) et Agawa Ritsuki approfondit surtout la question de la gestion de la pression aussi bien extérieure (famille, enseignant, concurrence) qu’intérieure (course à la réussite, peur de l’erreur, trac), la communication nécessaire et les conseils avisés de personnes expérimentées. Malgré des sentiments réciproques, les deux hommes préfèrent se taire. Par ailleurs, l’auteure interroge sur l’avenir des musiciens et l’évaluation du talent. Elle base la narration d’abord du point de vue de Yodaka puis de celui de Miyata.

La mangaka a un trait épuré et anguleux, bien découpé, qui se ressent particulièrement à travers les ossatures saillantes et les corps plutôt maigres. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle donne des anecdotes dans des fiches personnages à la fin des chapitres. Les trames bien que variées privilégient les contrastes noir et blanc. Les trames d’ambiance appuient les émotions tandis qu’un fond noir indique les flash-back. Les décors soignés situent principalement l’action et s’estompent parfois autour des personnages. La mise en page très dynamique s’attarde sur les détails, avec des angles de vue variés, des chevauchements et des sorties de cadres. Sorai sensei marque le passage du temps par des indices sur les saisons. Dans les scènes érotiques, elle cache les parties intimes grâce à des cadrages ou des bulles bien placées. De même, l’imagination des personnages s’invite dans les décors.

En résumé

Récemment transféré dans un nouveau lycée, Hoshikawa Yodaka ne supporte plus les rumeurs et les regards insistants sur sa cicatrice au visage. Il préfère écouter de la musique en dormant à l’infirmerie. Mais un jour, Fujise Anji s’infiltre par la fenêtre de l’infirmerie et lui demande de lui laisser une place dans son lit. Le lycéen très direct, joue de la guitare dans un groupe et lui offre donc une invitation à un concert. Intrigué par un compliment sur son visage, Yodaka sympathise vite avec ce nouvel ami, reprenant vite goût à l’étude. Il arrive même à se confier à lui…

En conclusion

Sorai Mone sensei offre une magnifique romance dont la sensibilité se ressent à travers les images et les paroles de ses personnages. Elle équilibre parfaitement l’humour et les intrigues, évitant de trop faire étalage des sentiments des personnages. Ainsi, les relations paraissent naturelles, parfaitement dépeintes avec les hésitations et les effusions. J’apprécie particulièrement le graphisme très expressif, au trait particulier et reconnaissable de la mangaka. Un petit coup de cœur!

Réaction chimique – Hitomi

reaction chimique hitomi

hitomi
ISBN: 9782382762653
Hana, 2024
ISBN: 9784801976689 (JP)
Takeshobo, 2022 (JP)
Titre original: キミイロメルト
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« L’amour n’est qu’une réaction chimique, il faut arrêter de croire que c’est magique. »

hitomi sensei offre une romance au ton léger entre deux hommes aux caractères complètement opposés. Elle alterne la narration entre les deux héros. Ainsi, elle propose de suivre leurs analyses et leurs réflexions sur l’amour. En effet, la vision de l’attirance sexuelle purement scientifique et rationnelle d’Aranami se confronte constamment à celle plus sentimentale et romantique de Hôjô. Certaines de leurs répliques créent d’ailleurs un effet comique, brisant l’ambiance. Pourtant, les deux hommes font des efforts pour se comprendre, échangeant constamment. Leur passé se révèle au fil des discussions. L’auteure aborde donc le jugement sur l’apparence biaisé par les conventions sociétales, l’acceptation de l’autre avec ses qualités et ses défauts, la construction d’une relation solide autour d’une première émotion. Elle utilise les personnages secondaires pour étoffer son propos. Dans l’histoire bonus, elle montre le devenir du couple.

La mangaka a un trait léché et anguleux qui se simplifie et s’arrondit dans les passages humoristiques. Elle varie les trames, utilisant une large palette apportant une note réaliste. D’ailleurs, les ombres détaillées usent des dégradés et des différences de tons. De même, les trames d’ambiance accompagnent discrètement les émotions. Par ailleurs, les décors soignés apparaissent sur les plans larges. Un fond gris marque les flash-back. La mise en page est très dynamique. hitomi sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessine des corps bien musclés, pour notre plus grand plaisir. Au dos de la jaquette, les personnages apparaissent en de trop chou semi SD.

En résumé

Hôjô Haruma (25 ans), qui travaille dans une entreprise de transports de biens, récupère un manuscrit chez un célèbre écrivain, Aranami Akihito (31 ans). L’ancien scientifique qui ne croit pas en l’amour, persuadé qu’il s’agit simplement d’une réaction chimique, a par ailleurs la réputation d’être froid et insensible. Pourtant, il l’accueille en peignoir, sans gêne. Quand un homme à moitié nu le rejoint de la chambre, Hôjô, d’abord troublé par la beauté de son client, fantasme par la suite sur Aranami. Mais lorsqu’il se présente un autre jour pour une nouvelle livraison, il sympathise timidement avec l’écrivain en l’aidant à changer la sonnerie de son smartphone. Et si les rumeurs étaient fausses?

En conclusion

Dès la préface, hitomi sensei prévient que son scénario ne sera pas profond. Pourtant, je trouve qu’elle y insuffle beaucoup de questionnements intéressants et analyse à la perfection l’évolution des sentiments des deux héros. En plus, son trait sexy est un plaisir pour les yeux. Je trouve le couple tellement chou avec leur relation dynamique et entraînante. Les habitués de la mangaka pourront peut-être être un peu déstabilisés ou déçus. Pour ma part, je craque complètement pour cette adorable confrontation de points de vue. Une lecture sexy et amusante!

Après la pluie, Maru – Kuki Wakame

apres la pluie maru kuki wakame

KUKI Wakame 久喜わかめ
ISBN: 9782382764916
Hana, 2024
ISBN:‎ 9784801976306 (JP)
Takeshobo, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« La rencontre inattendue de deux âmes solitaires qui vont devoir affronter leur passé! »

Kuki Wakame sensei narre la construction d’une relation solide entre deux hommes solitaires, prisonniers de leur passé. Elle alterne la narration entre ses deux héros, révélant leurs secrets au fur et à mesure. Ainsi, elle aborde entre autres la peur de la solitude, le manque de communication, la distinction entre pitié et affection. En effet, Kotarô, rongé par la culpabilité, a l’impression de manipuler celui qui l’attire tandis que Haruki s’adapte aux désirs de son partenaire de peur d’être abandonné. Grâce à leur cohabitation, ils vont redécouvrir la douceur de la chaleur humaine, compensant ainsi leur manque affectif, puis évoluer petit à petit. Avec Kaede et Taichi, l’auteure montre l’importance de certaines rencontres dans une vie. Par ailleurs, elle interroge sur la famille, l’amitié et l’amour. Elle met en avant les petits bonheurs quotidiens d’un foyer chaleureux et construit une relation respectueuse entre Yamamoto et Marui.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux qui conserve un aspect croqué, avec un contour discontinu et dédoublé plus épais. Elle le simplifie, parfois à l’extrême, dans les passages humoristiques. Ainsi, elle transforme Maru en un adorable wanko, avec un trait plus arrondi. De même, les hachures envahissent les visages à chaque rougissement. Pourtant, les trames utilisent une palette restreinte, avec des ombres fortes marquées. De même, les trames d’ambiance se font rares et discrètes. Les décors situent principalement l’action. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page simplement dynamique joue sur l’absence de cadre et des angles de vue variés. Kuki sensei s’attarde néanmoins sur les détails des mouvements et des réactions. Elle ne censure pas les scènes érotiques, offrant même des coupes intérieures. En fin de tome, elle présente ses croquis de recherche.

En résumé

Un soir, sous une pluie battante, Yamamoto Kotarô (26 ans) trouve un homme complètement ivre dans un parc. Inquiet, il l’emmène alors chez lui. Mais l’ivrogne, le confondant avec un autre, lui fait des avances. Kota, gay, ne résiste pas à la beauté de Marui Haruki (32 ans) et couche donc avec lui. Le lendemain matin, Maru se confond d’abord en excuses avant de fondre en larmes en dégustant le délicieux petit-déjeuner préparé par Kotarô. Ce dernier lui propose alors de vivre avec lui en attendant.

En conclusion

Ce one-shot assez épais permet d’approfondir l’histoire correctement. Ainsi, Kuki Wakame sensei offre un récit empreint de sensibilité, analysant avec finesse les émotions et l’évolution de ses deux héros. Elle maintient un certain suspense tout en détendant l’atmosphère par des petits moments comiques dans le quotidien. Par exemple, la réaction de Maru devant les brocolis est craquante! D’ailleurs, j’adore quand il se transforme en wanko. J’apprécie également le style graphique en général, avec cette touche un peu simple mais forte en expressivité. Un coup de cœur!

Boss and the beast – Sachimo

couverture boss and the beast sachimo hana

Sachimo さちも
ISBN: 9782382762066
Hana, 2024
ISBN: 9784041124642 (JP)
Kadokawa, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

« Ma connaissance du monde est aussi étroite que mon anus. »

Sachimo sensei narre une romance dramatique entre deux hommes brisés par la vie qui développent pourtant un amour pur. Elle révèle leur passé au fur et à mesure, maintenant un certain suspense. De même, elle alterne la narration entre ses deux héros, partageant leurs interrogations. Après avoir vu le pire de l’humanité, Léo semble conditionné mais analyse ses nouveaux sentiments. Le boss, quant à lui, habitué a acheter la fidélité de son entourage, a du mal à comprendre son attirance. Les deux hommes d’abord déstabilisés, évoluent en se découvrant mutuellement. Les jumeaux apportent une petite note humoristique rafraîchissante dans cet univers très sombre. L’auteure interroge ainsi sur la « normalité » en jouant sur la dualité entre le bien et le mal. Elle aborde également le manque d’amour, la dépendance affective, le besoin d’être utile. Par ailleurs, elle construit une relation plutôt consensuelle dans ce monde violent.

La mangaka a un trait léché légèrement anguleux. Elle le simplifie dans les rares passages humoristiques. Elle donne un peu de relief grâce à des contours de différentes épaisseurs. D’ailleurs, son style graphique se reconnaît immédiatement avec ses yeux effilés caractéristiques et pourtant tellement expressifs. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance se font discrètes. De même, les décors situent principalement l’action. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page très dynamique rythme la lecture. Dans les scènes érotiques, Sachimo sensei censure les parties intimes par un cache blanc ou une forme tramée. Elle détaille pourtant certaines actions par transparence avec des coupes intérieures. Dans les illustrations en double page au début des chapitres, elle dessine le couple avec un indice sur le récit. Par ailleurs, la représentation esthétique de la violence conserve ainsi un impact sans pour autant choquer.

En résumé

Maltraité puis vendu par ses parents, Léonard est devenu un esclave sexuel jusqu’à ce qu’un jour, on l’abandonne roué de coups dans une rue enneigé. Soigné par le boss de l’organisation « Last home », qui accueille les laissés-pour-compte, il découvre le bonheur de manger trois fois par jour et de dormir sous un toit. Pour ne pas perdre ce nouveau confort, il cherche désespérément à se rendre utile et finit alors par offrir ses services aux jumeaux Rikuo et Kaito. Mais le boss interrompt ses deux sous-fifres et accepte de coucher avec Léo. Toutefois, il ne comprend pas pourquoi ce jeune homme qui refuse son argent l’intéresse autant.

En conclusion

Sachimo sensei maîtrise parfaitement le développement de son scénario, décryptant avec finesse la sensibilité vacillante de ses personnages. Ainsi, elle donne envie au lecteur de soutenir le couple. En plus, son graphisme magnifique devient très sensuel dans les passages érotiques. J’adore ce récit qui questionne indirectement sur le bonheur et l’amour. Je suis touchée par ce couple émouvant et par la pureté de leur histoire d’amour. Par ailleurs, j’adore les couples reversible. Un récit à ne pas mettre entre toutes les mains mais qui plaira aux amateurs d’amour pur dans un univers sombre. Pour moi, un énorme coup de cœur!