Key ring lock – Ymz

Couverture de Key ring lock de Ymz, éditions Taifu

Ymz
ISBN: 9782375065624
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784063650327 (JP)
Kodansha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Dans cet appartement, la frontière entre la normalité et l’anormalité devient floue… »

Ymz (Yamazu) sensei narre une romance atypique entre un écrivain aimant séquestrer les gens et une de ses victimes totalement consentante. Ainsi, elle aborde la cohabitation et l’acceptation de l’autre tel qu’il est. Par ailleurs, elle révèle au fur et à mesure les raisons du comportement particulier des deux hommes prisonniers de leur passé. Ces derniers, solitaires, ne s’intègrent pas aux modèles attendus de la société mais découvrent qu’ils se complètent parfaitement. L’opportuniste Yui a tendance à se laisser vivre tandis que le capricieux Toshiki se montre maladroit en relation. Le responsable éditorial Satoru veille tout de même à ce que son auteur ne dépasse pas les limites. La lycéenne Kokoro, quant à elle, apporte également un regard extérieur sur la relation entre les deux hommes. A travers Tokutomi, l’autrice s’intéresse à l’influence des rumeurs, à la difficulté de demander de l’aide, au sentiment d’impuissance et au poids des regrets.

La mangaka a un trait épuré avec un contour épais qui donne du relief. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les décors très présents, gardent une note croquée avec un trait irrégulier et des hachures marquant les ombres et les volumes. Par ailleurs, les trames sont en aplat tandis que les trames d’ambiance se font discrètes. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir ou gris. La mise en page plutôt classique colle parfaitement au style graphique. Toutefois, Ymz sensei varient souvent les angles de vue. Elle n’intègre aucune scène érotique, son récit se concluant sur les prémices de la relation amoureuse. La couverture se classe douzième au Chill chill BL award 2018.

En résumé

Yui, qui travaille en intérim, se contente de vivre chichement. Un soir, il croise un homme dans un piteux état, affalé dans la rue. Il aide alors l’inconnu à rentrer à son domicile mais reste finalement dormir là-bas. Toutefois, au matin, il trouve la porte fermée à clé. En effet, l’écrivain Toshiki lui annonce aimer séquestrer les gens…

En conclusion

Ymz sensei offre une tranche de vie sur une cohabitation bizarre, analysant avec une grande sensibilité leurs différents sentiments. D’ailleurs, elle rend palpable l’ambiance et la fragile harmonie qui se construit entre les deux hommes. Son graphisme renforce la douceur ressentie malgré l’étrangeté de la situation. J’apprécie particulièrement la découverte au fil des pages des tenants et des aboutissants de cette relation. Une lecture originale et surprenante!

Deliheal change – Ikuyasu

Couverture de Deliheal change d'Ikuyasu, éditions Hana

Ikuyasu イクヤス
ISBN: 9782382764435
Hana, 2024
ISBN:‎ 9784866571522 (JP)
Frontier works, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Ne te moque pas de la force d’un puceau! »

Ikuyasu sensei narre une romance classique entre des amis d’enfance perdus de vue, sur fond de vengeance. Elle alterne la narration entre les deux héros. Ainsi, elle dévoile au fur et à mesure le passé entre Masato et les jumeaux Ise, Kumi et Mikito, révélant leurs différents points de vue. D’ailleurs, les quiproquos s’enchaînent et se répètent, jouant également sur les coïncidences improbables. En effet, entre secrets, triangle amoureux et sentiments suspendus, les petits accidents et traumatismes de la vie ont influencé la destinée des trois amis. D’abord fier et sûr de lui, Masato est devenu un adulte couard et effacé. L’autrice s’intéresse donc au changement de personnalité dû aux premières expériences durant la puberté, aux remords et à l’apparence. Elle aborde également la question de l’avenir, la perte de confiance en soi ainsi que la cohabitation. Elle complète ce tome avec une petite histoire très sexy avec des majordomes.

La mangaka a un trait légèrement anguleux. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Elle dessine majoritairement des hommes au corps musclé et à forte carrure. Les trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. De même, les flash-back se repèrent à une trame noire en fond, avec un dégradé en points. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. Dans les scènes érotiques, Ikuyasu sensei censure les parties intimes par des languettes blanches ou des formes tramée n’ayant presque pas de contour.

En résumé

Deliheal change: Encore puceau, le salaryman Takase Masato demande les services d’une prostituée. Mais à sa surprise, c’est un homme qui se présente. D’abord réticent, Masato cède finalement très vite aux plaisirs que lui prodigue l’inconnu. Désirant le revoir, il fait alors à nouveau appel au même service. Toutefois, c’est bien une femme, Arisa, qui se présente. Il en profite donc pour demander enfin le nom de l’inconnu: Ise Mikito. Or, il s’agit d’une connaissance du salaryman quand il était étudiant.
L’éducation du majordome: Le valet et majordome Esmond forme personnellement le jeune Colo, y compris toutes les techniques pour satisfaire leur maître.

En conclusion

Bien que ce one-shot ne se classe pas au Chill chill BL award 2019, les lecteurices le citent parmi les meilleurs thèmes érotiques. Ikuyasu sensei part d’un scénario classique pour nous surprendre par des révélations, certes parfois un peu tirées par les cheveux. Elle joue également sur les contrastes entre physique et caractère. En effet, ses personnages ont des carrures plutôt musclées, pour mon plus grand plaisir. Ce type d’histoire, concentrée surtout sur l’érotisme, ne plaira pas à tout le monde. Pour ma part, j’avais repéré la mangaka sur les réseaux sociaux et rêvait de découvrir une de ses œuvres. Je suis donc très satisfaite et espère que d’autres de ses titres sortiront. Une lecture simplement divertissante!

Cure blood – Togaya Arata

couverture de Cure blood de Togaya Arata, éditions Taifu

TOGAYA Arata 戸ヶ谷新
ISBN: 9782375065549
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784396785536 (JP)
Shodensha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Je vais t’examiner et te donner mon sang. »

Togaya Arata sensei narre une romance platonique entre deux médecins, dont l’un se transforme en vampire. Elle offre des tranches de vie, effectuant des sauts dans le temps pour ne développer que les évènements marquants. Ainsi, elle aborde la question de la cohabitation, la peur de perdre l’être aimé ainsi que le poids de la « maladie ». La narration alterne entre Tadayuki et Jûji. Bien qu’asocial, le vampire ressent la solitude, ses interactions humaines devenant limitées à cause de son lent vieillissement. De même, il culpabilise d’accaparer l’attention de son collègue. Pourtant, grâce à la recherche sur la transformation du médecin, une complicité se crée entre les deux amis. Ainsi, l’autrice aborde la question du vieillissement et de la mort, l’acceptation de l’autre tel qu’il est, le sacrifice de soi.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle dessine des corps plutôt longilignes. Toutefois, elle simplifie et arrondit son trait dans les passages humoristiques. La mise en page est simplement dynamique. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Togaya sensei montre l’évolution de la relation à travers des illustrations métaphoriques et poétiques. Elle résume également l’ambiance du récit dans les illustrations en début de chapitre. Sous la jaquette, elle offre le plan du logement commenté par les deux médecins qui apparaissent en semi SD.

En résumé

Depuis son opération, le médecin Kamikawa Tadayuki (28 ans) constate des changements dans son corps. Il n’arrive plus à manger, guérit très vite et se sent constamment fatigué. Quand son collègue Jûji Takeru (33 ans) l’invite chez lui à dîner, le jeune médecin est soudain pris d’un vertige et l’agresse pour lui sucer son sang. Tadayuki fuit alors et disparaît, tentant de se suicider en vain. Toutefois, Takeru refuse de l’abandonner et le retrouve quelques mois plus tard. Il lui propose alors de l’examiner et de lui donner son sang…

En conclusion

Pour son premier manga publié, Togaya Arata sensei maîtrise plutôt bien le format one-shot. Elle offre une tranche de vie touchante centrée sur la vie à deux et la mort. Par ailleurs, la transformation en vampire apporte quelques sujets supplémentaires intéressants comme la solitude. Son graphisme est agréable. J’ai été agréablement surprise par le développement du récit. J’aime beaucoup l’ambiance générale qui s’en dégage. J’aimerais découvrir d’autres œuvres de la mangaka. Une lecture simplement émouvante!

Last omegaverse – Harekawa Shinta

Couverture de Last omegaverse de Harekawa Shinta, éditions Taifu

HAREKAWA Shinta 晴川シンタ
ISBN: 9782375065143
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784801968349 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

« Il y a un siècle de cela, les alphas et les omégas se sont éteints. »

Harekawa Shinta sensei propose un omegaverse avec une note originale: la disparition des alphas et des omégas. Elle interroge sur la différence entre un coup de foudre et l’influence des phéromones et la solitude. Ainsi, elle dépeint les différentes émotions ressenties, en particulier à cause du manque de connaissance sur les seconds genres. Ayase aspire à une vie et à un amour normaux mais doit composer avec les effets de ses chaleurs, devant mentir sur sa condition. Sa sœur, Yôko, se montre en plus trop surprotectrice. Inukai, quant à lui a constamment peur de ne pas contrôler son instinct. Les personnages, blessés par la vie jusqu’à présent, construisent d’abord une relation un peu malsaine mais cherchent à l’équilibrer et à avancer. Ainsi, l’autrice révèle par brides le passé des personnages. Elle aborde la question du destin, de l’acceptation de soi, du doute et de la sincérité des sentiments.

La mangaka a un trait épuré avec des contours plus épais donnant du relief. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Harekawa sensei censure les parties intimes avec des trames légères ou des contours blancs qui s’estompent. Pourtant, elle dessine des coupes intérieures, offrant presque une scène par chapitre.

En résumé

Les alphas et les omégas ont disparu depuis un siècle déjà. Pourtant, un jour de pluie, le PDG d’une société, Inukai Ryô, croise l’acteur porno gay, Ayase Yûtarô, à un passage piétons. Les deux hommes se sentent irrémédiablement attirés l’un par l’autre et enchaînent ensuite rapidement les rendez-vous. Mais pendant leurs ébats, Ayase qui cache son second genre oméga, s’interrompt brusquement pour prendre des suppresseurs d’urgence. Inukai lui avoue alors être un alpha.

En conclusion

Harekawa Shinta sensei offre un omegaverse plutôt original, malgré une narration un peu rapide pour tenir en un one-shot. Ainsi, elle développe peu les différents thèmes abordés mais exploite tout de même l’essentiel. En plus, elle analyse avec finesse les émotions des personnages, dévoilant au fur et à mesure leurs petits défauts. Le récit semble ainsi très vivant. Par ailleurs, le graphisme est à la fois fin et agréable. Même si je trouve que ce titre ne restera pas longtemps dans les mémoires, je l’ai apprécié, étant touchée par l’imperfection des personnages. Une lecture attendrissante!

Mon cher roi démon – Soutome Emu

Couverture de Mon cher roi démon de Soutome Emu, éditions Taifu

SOUTOME Emu 五月女えむ
ISBN: 9782375065525
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784910526584 (JP)
Shucream, 2024 (JP)
Titre original: 親愛なるわが魔王へ
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Je vais devoir vérifier la magie qui contrôle les sentiments. »

Soutome Emu sensei narre une douce romance entre un roi démon et un griffon qu’il a d’abord élevé. Ainsi elle interroge sur l’amour parental, amical et amoureux. Elle installe rapidement son univers et dévoile les détails à travers les discussions. D’ailleurs, la narration alterne entre Topaze et Rubis. Malgré son puissant pouvoir, le roi démon a la fâcheuse tendance à se surmener, faisant passer les autres avant lui. Le griffon, quant à lui, prend soin de son père adoptif et préfère cacher ses sentiments amoureux. Leurs amis, le magicien Jade et son compagnon Perle, les soutiennent, devenant leurs confidents. Le comportement violent et avide des humains se confronte à des êtres fantastiques qui n’aspirent qu’à la paix. Par ailleurs, l’autrice montre le double tranchant de la pression. Elle aborde le sacrifice de soi, les choix douloureux parfois nécessaires. Avec la forme animale de Topaze, elle s’attarde sur l’influence de l’instinct.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les nombreuses trames sont très variées. Toutefois, des hachures soulignent également les ombres fortes. Les trames d’ambiance accompagnent discrètement les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, les décors soignés sont très présents. La mise en page très dynamique joue sur les absences de cadre et les angles de vue variés. Soutome sensei s’attarde sur les petits détails, semant des indices au fil des pages. Elle s’inspire de différents costumes, monstres et univers fantastiques pour créer son propre monde. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc.

En résumé

Sur l’île des démons et des pierres précieuses, il y a quarante ans, le très puissant roi des démons Rubis a recueilli un œuf de griffon abandonné. Grâce à sa magie, Topaze a alors pris une forme humaine. Maintenant adulte, il prend soin du roi des démons qui s’épuise à ressusciter les démons morts durant la guerre contre les humains. Il réprime au mieux ses sentiments amoureux mais aimerait ne plus être considéré comme un enfant…

En conclusion

Bien que Soutome Emu sensei aille à l’essentiel avec quelques raccourcis, les explications contées collent parfaitement au récit. Elle alterne tension, humour et émotions. En effet, elle dépeint avec finesse les sentiments des personnages. D’ailleurs, le couple avance à son rythme respectant le consentement entre eux. Le graphisme est expressif et agréable. J’aime beaucoup la dynamique entre Rubis et Topaze. Une lecture charmante!

Le regard de la bête – Shinou Ryo

couverture de Le regard de la bête de Shinou Ryo, éditions Taifu

SHINOU Ryo 紫能了
ISBN: 9782375065518
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784801982161 (JP)
Takeshobo, 2023 (JP)
Titre original: キミが獣になれるまで
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Je t’avais bien dit que je te soumettrai à moi, non? »

Shinou Ryo sensei propose un dom/sub avec une vraie relation sado-masochiste, y ajoutant au passage quelques touches personnelles. Ainsi, elle intègre ses explications au fil du récit. Elle aborde donc la question du consentement, le difficile contrôle des pulsions et la place des sentiments face à l’instinct. Les médecins Mashinome Tsukasa (dom) et Ikari Jin (switch) dévoilent au fur et à mesure les spécificités de la mutation de Minoru. En effet, Kageshita développe deux personnalités contradictoires selon qu’il est normal ou dom. Aki, quant à lui, culpabilise de ne pas satisfaire suffisamment son ami. Malgré des sentiments réciproques, le couple peine à trouver un équilibre. Par ailleurs, l’autrice enrichit son univers avec des effets secondaires suite à une transformation instable. Elle questionne sur le besoin de possession du point de vue du dominant et du soumis. Elle joue également sur les limites de la violence, créant constamment de la tension.

La mangaka a un trait épuré jouant sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à exagérer les expressions. Les trames sont nombreuses tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page très dynamique utilise les superpositions, les angles de vue variés, les sorties de vignettes ou même l’absence de cadre. Ainsi, Shinou sensei s’attarde sur les détails. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par des hachures et offre même une scène par chapitre. En début de tome se trouvent les explications sur le dom/subverse ainsi que les spécificités inventées par l’autrice. Des fiches personnages permettent de découvrir quelques secrets en fin de tome.

En résumé

Un soir, alors que Haruki Aki (sub) s’apprêtait à coucher avec un dom dans un parc, ils sont interrompus par le regard de bête d’un autre dom encore plus puissant. Suite à la soudaine réduction de sa bourse universitaire, le sub cherche un petit job et postule alors à un test clinique pour des inhibiteurs. Malheureusement, il doit absolument être accompagné d’un dom. Durant sa recherche, il rencontre son ami d’enfance Kageshita Minoru (normal), qui le soumet soudain par des phéromones. Ce dernier a par ailleurs le même regard de bête que le dom qu’Aki avait croisé quelques jours auparavant. Pourquoi?

En conclusion

Ce tome obtient la huitième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2024. Ce one-shot épais permet à Shinou Ryo sensei de bien développer son scénario, entre tension et érotisme. La touche SM apporte vraiment un plus au récit, collant parfaitement au dom/subverse. Son graphisme sensuel sublime également les interactions entre les personnages. Je suis subjuguée par la relation du couple, à la fois attendrissante et entraînante. J’aimerais par ailleurs découvrir un jour l’histoire des médecins. Si les scènes SM ne vous dérangent pas, je vous recommande ce dom/sub. Un coup de cœur!

Le serpent et l’oiseau – Natsuo Nna

Couverture de Le serpent et l'oiseau de Natsuo Nna, éditions Taifu

NATSUO Nna 夏生んな
ISBN: 9782375065174
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784829686492 (JP)
Printemps, 2021 (JP)
Titre original: スズヘビ求愛論
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Mais as-t-on déjà vu un oiseau amoureux d’un serpent? »

Natsuo Nna sensei propose de suivre une romance surprenante entre un serpent et un moineau. Elle mêle les caractéristiques animales au folklore japonais, reprenant les croyances autour des serpents blancs. Ainsi, elle interroge sur la place de proie et de prédateur, le rapport à la nourriture, l’influence de l’instinct. L’impulsif moineau Komazu a tendance à agir sans réfléchir au contraire du réfléchi serpent Shiratô qui cherche toujours à comprendre avant toute action. Malgré leurs différences, les deux amis voient leurs sentiments se transformer en amour. Ils cherchent également à dépasser leur incompatibilité sexuelle pour s’aimer. L’autrice aborde entre autres la découverte du corps, l’acception du partenaire tel qu’il est, la peur de perdre le contrôle de soi ainsi que la culpabilité. Par ailleurs, elle met en avant le sacrifice de soi.

La mangaka a un trait fin et épuré. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Elle s’inspire des caractéristiques animales pour les motifs des kimonos ainsi que les habitats. Les pages chargées utilisent beaucoup de trames mais dans des tons plutôt clairs. De même, les décors très travaillés et présents rendent parfois la vignette confuse par la profusion de détails. Par ailleurs, les trames d’ambiance sont graphiques. Un fond noir indique les rêves. La mise en page très dynamique reprend les codes du shôjo, avec des superpositions, l’absence de cadre, des vignettes aux formes variées. Dans les scènes érotiques, Natsuo sensei censure les parties intimes par des languettes blanches. A noter qu’elle reprend les spécificités animales des organes génitaux. Dans les illustrations en début de chapitre, elle met en scène les deux héros dans leur quotidien. Sous la jaquette, il y a une illustration et un poème amusant.

En résumé

Le moineau Komazu cherche des ingrédients dans la forêt. Il évite alors de justesse de se faire écraser par un kaki grâce à un serpent. Ce dernier lui vient même en aide lorsqu’une horde de sangliers passe, risquant de le piétiner. Pourtant, malgré la gentillesse du serpent, le moineau doute de la sincérité du prédateur. Lors de leur seconde rencontre, ils se disputent…

En conclusion

Pour son premier manga, Natsuo Nna sensei maîtrise déjà bien son style graphique, chatoyant et mignon. D’ailleurs, elle n’hésite pas à ajouter des transformations en animal toutes mignonnes. Malgré un contenu dense, elle développe l’essentiel des sujets dans ce format one-shot, proposant un récit rythmé, mêlant suspense, humour et romance. J’espère découvrir d’autres œuvres de la mangaka. Un énorme coup de cœur!

Ménage à deux – Aruku Joe

Couverture de Ménage à deux d'Aruku Joe, éditions Taifu

ARUKU Joe あるくジョー
ISBN: 9782375065204
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784910526423 (JP)
Shucream, 2023 (JP)
Titre original: ゴミ屋敷の鎌倉さん
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Qu’est-ce que c’est que ce dépotoir? »

Aruku Joe sensei propose une romance plutôt classique entre deux voisins: le solaire Arai et l’asocial Kamakura. Elle maintient un certain suspense en dévoilant leur passé au fur et à mesure. Ainsi, elle s’intéresse à la dépression, au retrait social et au traumatisme. Epuisé psychologiquement, Satoshi prend conscience de sa situation critique grâce à son voisin qui lui apporte soins, chaleur humaine et écoute. Leur cohabitation leur permet de se découvrir, leur amitié naissante se transformant peu à peu. Les deux hommes se remettent en question et surmontent ainsi leurs petits traumatismes. L’autrice montre l’influence des remarques blessantes, des comportements désobligeants et du jugement sur l’apparence sur le mental. Elle aborde donc la fragilité d’une relation et la difficulté à maintenir le lien. Néanmoins, elle n’échappe pas à certains clichés de la vie en commun pour faciliter l’évolution de la relation.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames équilibrées sont pourtant peu variées, avec des teintes qui privilégient les contrastes noir et blanc. Par ailleurs, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Aruku sensei censure les parties intimes par un cache blanc ou des trames. Elle joue également sur un contour fin translucide ainsi que les cadrages pour gommer les détails.

En résumé

Harcelé au travail, Kamakura Satoshi (30 ans) finit par craquer et insulte alors son supérieur. Depuis, il vit reclus dans son appartement. Lorsque des enfants cassent un carreau de sa fenêtre avec une balle, il ne réagit même pas. Mais son voisin, Arai Katsuyoshi (26 ans), remarque les dégâts et tente donc de le contacter, inquiet. Sans réponse, il se risque à passer par le balcon. Découvrant l’appartement couvert d’immondices, la propriétaire menace alors Kamakura d’expulsion. Mais Arai propose d’abord de nettoyer l’appartement, prenant ainsi soin de son voisin.

En conclusion

Ce one-shot se classe dix-huitième meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2024. Aruku Joe sensei propose des sujets intéressants. Toutefois, leurs développements rencontrent quelques problèmes de rythmes, avec certains enchaînements trop rapides. Malgré un graphisme classique, la mangaka maîtrise bien les expressions, facilitant la compréhension. La relation du couple est attendrissante. Une lecture sympathique!

Grapefruit moon – Serizawa Tomo

couverture de Grapefruit moon de Serizawa Tomo, éditions Taifu

SERIZAWA Tomo 芹澤知
ISBN: 9782375065167
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784829686386 (JP)
Printemps, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Depuis ce jour, je vois la pâtisserie comme une sorte de monde merveilleux. »

Serizawa Tomo sensei nous plonge dans l’univers de la pâtisserie. Elle détaille les techniques commerciales pour attirer une nouvelle clientèle et la fidéliser, la gestion de l’affluence saisonnière, le comportement des clients. D’ailleurs, elle s’intéresse également à la réputation d’une enseigne, entre célébrité et changement. La narration alterne entre les deux héros. Ayant perdu son inspiration, Yôichirô peine à entretenir la passion de son métier et à retrouver sa motivation. Kazuki, quant à lui, a clairement conscience de sa maladresse et cherche des compromis pour vivre de sa passion. Les deux hommes, malgré leur différence d’âge, expriment maladroitement leurs sentiments, créant des quiproquos amusants. Ils dégagent tous deux beaucoup de pureté. Ainsi, l’autrice aborde le manque de communication, l’investissement personnel. A travers le pâtissier Nikaidô Jin (31 ans), elle montre l’influence des rumeurs qui crée de fausses rivalités.

La mangaka a un trait doux, légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées. Par ailleurs, les trames d’ambiance alternent avec les décors très réalistes. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page plutôt classique permet de ne pas surcharger les pages. En effet, Serizawa sensei met particulièrement en avant le quotidien d’une pâtisserie et les gâteaux alléchants. Dès l’introduction de son récit, elle utilise différentes techniques graphiques pour transcrire l’imaginaire de Kazuki.

En résumé

Depuis l’enfance, Yakigaya Kazuki (19 ans) est passionné par les pâtisseries. Malgré sa maladresse, il désire toute de même travailler dans ce milieu. Étudiant en économie, il trouve d’ailleurs un emploi à mi-temps de vendeur dans la pâtisserie Fujimura. Le jeune chef pâtissier Sakai Yôichirô (31 ans) n’arrête pas de le taquiner mais se montre toutefois attentionné envers lui. Mais un jour, Yakigaya découvre que Yô vient d’un établissement réputé mais qu’il préfère travailler dans l’ombre de l’ancien pâtissier décédé, eu égard à la clientèle. Il décide alors de promouvoir le talent de Sakai.

En conclusion

Ce one-shot se classe douzième meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2021. Serizawa Tomo sensei développe principalement son récit en deux parties qu’elle complète par la suite par des tranches de vie. Cette narration particulière fait passer la romance au second plan mais attise d’autant plus notre curiosité. Elle transcrit parfaitement l’ambiance d’une pâtisserie. En plus, le graphisme est un régal pour les yeux. Je suis totalement conquise par cette histoire emplie de bienveillance et de passion. Un énorme coup de cœur!

Les secrets brillent dans la nuit – Nojiro Guri

couverture de Les secrets brillent dans la nuit de Nojiro Guri, éditions Taifu

NOJIRO Guri 野白ぐり
ISBN: 9782375065150
Taifu comics, 2025
ISBN:‎ 9784344852808 (JP)
Gentosha, 2023 (JP)
Titre original: 金銀ささめくひみつは夜
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Personne ne doit savoir ce qu’il y a entre nous. »

Nojiro Guri sensei narre une romance dans un monde de fantaisie, autour d’un amour secret teinté de culpabilité et de dépendance. D’ailleurs, elle maintient constamment le suspense en alternant le présent et les révélations sur le passé des deux amoureux. Ainsi, elle s’intéresse à la pression d’être découvert, la peur d’être séparé et aux compromis même douloureux pour préserver un amour réciproque. Malgré des caractères opposés, Alloy et Mikado ont construit une relation forte et consensuelle, toujours dans la communication. Toutefois, ils arrivent de moins en moins à cacher leurs sentiments. Les membres du bureau des comptes et de l’équipe de la prospection minière détendent l’atmosphère. A travers la stricte marquise Makito Aram, l’autrice aborde la question de la différence sociale et la pression familiale. Elle interroge sur la peur du rejet, l’incompréhension et les similitudes entre relation amoureuse et très amicale. Dans l’histoire bonus, elle dévoile l’avenir du couple.

La mangaka a un trait légèrement épuré qui dégage beaucoup de douceur. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle varie beaucoup les trames. Les trames d’ambiance, graphiques, appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors soignés mettent en valeur la splendeur des bâtiments. La mise en page très dynamique reprend souvent les codes graphiques du shôjo. Dans les scènes érotiques, Nojiro sensei ne montre pas les détails, jouant habilement avec les cadrages, les positions ainsi que les phylactères bien placés. Dans les illustrations en début de chapitre, elle présente le quotidien des personnages.

En résumé

Le leader de l’équipe de prospection minière, Alloy, revient d’une expédition avec son équipe. Mais la beauté de l’héritier de la marquise de Fraubourg, Makito Aram, provoque l’admiration des femmes, et même de certains hommes, qui s’attroupent autour de lui. Au prétexte de le saluer, les membres du bureau des comptes quittent même leur service. Toutefois, seul l’imperturbable Mikado reste de marbre devant l’héritier, n’hésitant pas à lui présenter des réclamations sur ses dépenses excessives. Pourtant, les deux hommes partagent un secret: le soir, le comptable retrouve le capitaine de l’équipe de prospection minière dans sa chambre…

En conclusion

Ce one-shot se classe neuvième meilleur manga émouvant au Chill chill BL award 2024. Nojiro Guri sensei maintient constamment le suspense grâce à se narration particulière entre présent et passé. Elle dévoile l’essentiel, tout en laissant libre court à l’imagination des lecteurices. En plus son graphisme qui dégage beaucoup de douceur rend la lecture agréable. Je suis conquise par ce récit dans lequel la magie reste discrète, paraissant presque naturelle. Un coup de cœur qui confirme mon intérêt grandissant pour cette mangaka.