Le regard de la bête – Shinou Ryo

couverture de Le regard de la bête de Shinou Ryo, éditions Taifu

SHINOU Ryo 紫能了
ISBN: 9782375065518
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784801982161 (JP)
Takeshobo, 2023 (JP)
Titre original: キミが獣になれるまで
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Je t’avais bien dit que je te soumettrai à moi, non? »

Shinou Ryo sensei propose un dom/sub avec une vraie relation sado-masochiste, y ajoutant au passage quelques touches personnelles. Ainsi, elle intègre ses explications au fil du récit. Elle aborde donc la question du consentement, le difficile contrôle des pulsions et la place des sentiments face à l’instinct. Les médecins Mashinome Tsukasa (dom) et Ikari Jin (switch) dévoilent au fur et à mesure les spécificités de la mutation de Minoru. En effet, Kageshita développe deux personnalités contradictoires selon qu’il est normal ou dom. Aki, quant à lui, culpabilise de ne pas satisfaire suffisamment son ami. Malgré des sentiments réciproques, le couple peine à trouver un équilibre. Par ailleurs, l’autrice enrichit son univers avec des effets secondaires suite à une transformation instable. Elle questionne sur le besoin de possession du point de vue du dominant et du soumis. Elle joue également sur les limites de la violence, créant constamment de la tension.

La mangaka a un trait épuré jouant sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à exagérer les expressions. Les trames sont nombreuses tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page très dynamique utilise les superpositions, les angles de vue variés, les sorties de vignettes ou même l’absence de cadre. Ainsi, Shinou sensei s’attarde sur les détails. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par des hachures et offre même une scène par chapitre. En début de tome se trouvent les explications sur le dom/subverse ainsi que les spécificités inventées par l’autrice. Des fiches personnages permettent de découvrir quelques secrets en fin de tome.

En résumé

Un soir, alors que Haruki Aki (sub) s’apprêtait à coucher avec un dom dans un parc, ils sont interrompus par le regard de bête d’un autre dom encore plus puissant. Suite à la soudaine réduction de sa bourse universitaire, le sub cherche un petit job et postule alors à un test clinique pour des inhibiteurs. Malheureusement, il doit absolument être accompagné d’un dom. Durant sa recherche, il rencontre son ami d’enfance Kageshita Minoru (normal), qui le soumet soudain par des phéromones. Ce dernier a par ailleurs le même regard de bête que le dom qu’Aki avait croisé quelques jours auparavant. Pourquoi?

En conclusion

Ce tome obtient la huitième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2024. Ce one-shot épais permet à Shinou Ryo sensei de bien développer son scénario, entre tension et érotisme. La touche SM apporte vraiment un plus au récit, collant parfaitement au dom/subverse. Son graphisme sensuel sublime également les interactions entre les personnages. Je suis subjuguée par la relation du couple, à la fois attendrissante et entraînante. J’aimerais par ailleurs découvrir un jour l’histoire des médecins. Si les scènes SM ne vous dérangent pas, je vous recommande ce dom/sub. Un coup de cœur!

Le serpent et l’oiseau – Natsuo Nna

Couverture de Le serpent et l'oiseau de Natsuo Nna, éditions Taifu

NATSUO Nna 夏生んな
ISBN: 9782375065174
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784829686492 (JP)
Printemps, 2021 (JP)
Titre original: スズヘビ求愛論
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Mais as-t-on déjà vu un oiseau amoureux d’un serpent? »

Natsuo Nna sensei propose de suivre une romance surprenante entre un serpent et un moineau. Elle mêle les caractéristiques animales au folklore japonais, reprenant les croyances autour des serpents blancs. Ainsi, elle interroge sur la place de proie et de prédateur, le rapport à la nourriture, l’influence de l’instinct. L’impulsif moineau Komazu a tendance à agir sans réfléchir au contraire du réfléchi serpent Shiratô qui cherche toujours à comprendre avant toute action. Malgré leurs différences, les deux amis voient leurs sentiments se transformer en amour. Ils cherchent également à dépasser leur incompatibilité sexuelle pour s’aimer. L’autrice aborde entre autres la découverte du corps, l’acception du partenaire tel qu’il est, la peur de perdre le contrôle de soi ainsi que la culpabilité. Par ailleurs, elle met en avant le sacrifice de soi.

La mangaka a un trait fin et épuré. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Elle s’inspire des caractéristiques animales pour les motifs des kimonos ainsi que les habitats. Les pages chargées utilisent beaucoup de trames mais dans des tons plutôt clairs. De même, les décors très travaillés et présents rendent parfois la vignette confuse par la profusion de détails. Par ailleurs, les trames d’ambiance sont graphiques. Un fond noir indique les rêves. La mise en page très dynamique reprend les codes du shôjo, avec des superpositions, l’absence de cadre, des vignettes aux formes variées. Dans les scènes érotiques, Natsuo sensei censure les parties intimes par des languettes blanches. A noter qu’elle reprend les spécificités animales des organes génitaux. Dans les illustrations en début de chapitre, elle met en scène les deux héros dans leur quotidien. Sous la jaquette, il y a une illustration et un poème amusant.

En résumé

Le moineau Komazu cherche des ingrédients dans la forêt. Il évite alors de justesse de se faire écraser par un kaki grâce à un serpent. Ce dernier lui vient même en aide lorsqu’une horde de sangliers passe, risquant de le piétiner. Pourtant, malgré la gentillesse du serpent, le moineau doute de la sincérité du prédateur. Lors de leur seconde rencontre, ils se disputent…

En conclusion

Pour son premier manga, Natsuo Nna sensei maîtrise déjà bien son style graphique, chatoyant et mignon. D’ailleurs, elle n’hésite pas à ajouter des transformations en animal toutes mignonnes. Malgré un contenu dense, elle développe l’essentiel des sujets dans ce format one-shot, proposant un récit rythmé, mêlant suspense, humour et romance. J’espère découvrir d’autres œuvres de la mangaka. Un énorme coup de cœur!

Ménage à deux – Aruku Joe

Couverture de Ménage à deux d'Aruku Joe, éditions Taifu

ARUKU Joe あるくジョー
ISBN: 9782375065204
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784910526423 (JP)
Shucream, 2023 (JP)
Titre original: ゴミ屋敷の鎌倉さん
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Qu’est-ce que c’est que ce dépotoir? »

Aruku Joe sensei propose une romance plutôt classique entre deux voisins: le solaire Arai et l’asocial Kamakura. Elle maintient un certain suspense en dévoilant leur passé au fur et à mesure. Ainsi, elle s’intéresse à la dépression, au retrait social et au traumatisme. Epuisé psychologiquement, Satoshi prend conscience de sa situation critique grâce à son voisin qui lui apporte soins, chaleur humaine et écoute. Leur cohabitation leur permet de se découvrir, leur amitié naissante se transformant peu à peu. Les deux hommes se remettent en question et surmontent ainsi leurs petits traumatismes. L’autrice montre l’influence des remarques blessantes, des comportements désobligeants et du jugement sur l’apparence sur le mental. Elle aborde donc la fragilité d’une relation et la difficulté à maintenir le lien. Néanmoins, elle n’échappe pas à certains clichés de la vie en commun pour faciliter l’évolution de la relation.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames équilibrées sont pourtant peu variées, avec des teintes qui privilégient les contrastes noir et blanc. Par ailleurs, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Aruku sensei censure les parties intimes par un cache blanc ou des trames. Elle joue également sur un contour fin translucide ainsi que les cadrages pour gommer les détails.

En résumé

Harcelé au travail, Kamakura Satoshi (30 ans) finit par craquer et insulte alors son supérieur. Depuis, il vit reclus dans son appartement. Lorsque des enfants cassent un carreau de sa fenêtre avec une balle, il ne réagit même pas. Mais son voisin, Arai Katsuyoshi (26 ans), remarque les dégâts et tente donc de le contacter, inquiet. Sans réponse, il se risque à passer par le balcon. Découvrant l’appartement couvert d’immondices, la propriétaire menace alors Kamakura d’expulsion. Mais Arai propose d’abord de nettoyer l’appartement, prenant ainsi soin de son voisin.

En conclusion

Ce one-shot se classe dix-huitième meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2024. Aruku Joe sensei propose des sujets intéressants. Toutefois, leurs développements rencontrent quelques problèmes de rythmes, avec certains enchaînements trop rapides. Malgré un graphisme classique, la mangaka maîtrise bien les expressions, facilitant la compréhension. La relation du couple est attendrissante. Une lecture sympathique!

Grapefruit moon – Serizawa Tomo

couverture de Grapefruit moon de Serizawa Tomo, éditions Taifu

SERIZAWA Tomo 芹澤知
ISBN: 9782375065167
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784829686386 (JP)
Printemps, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Depuis ce jour, je vois la pâtisserie comme une sorte de monde merveilleux. »

Serizawa Tomo sensei nous plonge dans l’univers de la pâtisserie. Elle détaille les techniques commerciales pour attirer une nouvelle clientèle et la fidéliser, la gestion de l’affluence saisonnière, le comportement des clients. D’ailleurs, elle s’intéresse également à la réputation d’une enseigne, entre célébrité et changement. La narration alterne entre les deux héros. Ayant perdu son inspiration, Yôichirô peine à entretenir la passion de son métier et à retrouver sa motivation. Kazuki, quant à lui, a clairement conscience de sa maladresse et cherche des compromis pour vivre de sa passion. Les deux hommes, malgré leur différence d’âge, expriment maladroitement leurs sentiments, créant des quiproquos amusants. Ils dégagent tous deux beaucoup de pureté. Ainsi, l’autrice aborde le manque de communication, l’investissement personnel. A travers le pâtissier Nikaidô Jin (31 ans), elle montre l’influence des rumeurs qui crée de fausses rivalités.

La mangaka a un trait doux, légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées. Par ailleurs, les trames d’ambiance alternent avec les décors très réalistes. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page plutôt classique permet de ne pas surcharger les pages. En effet, Serizawa sensei met particulièrement en avant le quotidien d’une pâtisserie et les gâteaux alléchants. Dès l’introduction de son récit, elle utilise différentes techniques graphiques pour transcrire l’imaginaire de Kazuki.

En résumé

Depuis l’enfance, Yakigaya Kazuki (19 ans) est passionné par les pâtisseries. Malgré sa maladresse, il désire toute de même travailler dans ce milieu. Étudiant en économie, il trouve d’ailleurs un emploi à mi-temps de vendeur dans la pâtisserie Fujimura. Le jeune chef pâtissier Sakai Yôichirô (31 ans) n’arrête pas de le taquiner mais se montre toutefois attentionné envers lui. Mais un jour, Yakigaya découvre que Yô vient d’un établissement réputé mais qu’il préfère travailler dans l’ombre de l’ancien pâtissier décédé, eu égard à la clientèle. Il décide alors de promouvoir le talent de Sakai.

En conclusion

Ce one-shot se classe douzième meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2021. Serizawa Tomo sensei développe principalement son récit en deux parties qu’elle complète par la suite par des tranches de vie. Cette narration particulière fait passer la romance au second plan mais attise d’autant plus notre curiosité. Elle transcrit parfaitement l’ambiance d’une pâtisserie. En plus, le graphisme est un régal pour les yeux. Je suis totalement conquise par cette histoire emplie de bienveillance et de passion. Un énorme coup de cœur!

Les secrets brillent dans la nuit – Nojiro Guri

couverture de Les secrets brillent dans la nuit de Nojiro Guri, éditions Taifu

NOJIRO Guri 野白ぐり
ISBN: 9782375065150
Taifu comics, 2025
ISBN:‎ 9784344852808 (JP)
Gentosha, 2023 (JP)
Titre original: 金銀ささめくひみつは夜
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Personne ne doit savoir ce qu’il y a entre nous. »

Nojiro Guri sensei narre une romance dans un monde de fantaisie, autour d’un amour secret teinté de culpabilité et de dépendance. D’ailleurs, elle maintient constamment le suspense en alternant le présent et les révélations sur le passé des deux amoureux. Ainsi, elle s’intéresse à la pression d’être découvert, la peur d’être séparé et aux compromis même douloureux pour préserver un amour réciproque. Malgré des caractères opposés, Alloy et Mikado ont construit une relation forte et consensuelle, toujours dans la communication. Toutefois, ils arrivent de moins en moins à cacher leurs sentiments. Les membres du bureau des comptes et de l’équipe de la prospection minière détendent l’atmosphère. A travers la stricte marquise Makito Aram, l’autrice aborde la question de la différence sociale et la pression familiale. Elle interroge sur la peur du rejet, l’incompréhension et les similitudes entre relation amoureuse et très amicale. Dans l’histoire bonus, elle dévoile l’avenir du couple.

La mangaka a un trait légèrement épuré qui dégage beaucoup de douceur. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle varie beaucoup les trames. Les trames d’ambiance, graphiques, appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors soignés mettent en valeur la splendeur des bâtiments. La mise en page très dynamique reprend souvent les codes graphiques du shôjo. Dans les scènes érotiques, Nojiro sensei ne montre pas les détails, jouant habilement avec les cadrages, les positions ainsi que les phylactères bien placés. Dans les illustrations en début de chapitre, elle présente le quotidien des personnages.

En résumé

Le leader de l’équipe de prospection minière, Alloy, revient d’une expédition avec son équipe. Mais la beauté de l’héritier de la marquise de Fraubourg, Makito Aram, provoque l’admiration des femmes, et même de certains hommes, qui s’attroupent autour de lui. Au prétexte de le saluer, les membres du bureau des comptes quittent même leur service. Toutefois, seul l’imperturbable Mikado reste de marbre devant l’héritier, n’hésitant pas à lui présenter des réclamations sur ses dépenses excessives. Pourtant, les deux hommes partagent un secret: le soir, le comptable retrouve le capitaine de l’équipe de prospection minière dans sa chambre…

En conclusion

Ce one-shot se classe neuvième meilleur manga émouvant au Chill chill BL award 2024. Nojiro Guri sensei maintient constamment le suspense grâce à se narration particulière entre présent et passé. Elle dévoile l’essentiel, tout en laissant libre court à l’imagination des lecteurices. En plus son graphisme qui dégage beaucoup de douceur rend la lecture agréable. Je suis conquise par ce récit dans lequel la magie reste discrète, paraissant presque naturelle. Un coup de cœur qui confirme mon intérêt grandissant pour cette mangaka.

Underdog puppy love – Sado Romeo

Couverture de Underdog puppy love de Sado Romeo, éditions Hana

SADO Romeo 茶渡ロメ男
ISBN: 9782382767658
Hana, 2025
ISBN:‎ 9784845858729 (JP)
Leed, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Je veux tout connaître du corps des hommes. »

Sado Romeo sensei narre une romance entre un lycéen et un comédien sur la sellette suite à un outing. Elle s’intéresse à divers sujets comme la différence d’âge, le poids des rumeurs dans le milieu artistique, les discriminations persistantes. Par ailleurs, elle dynamise son récit en jouant sur les contrastes. Par exemple, malgré sa tête d’ange, Hikaru parle crûment tandis que Naruse, bien qu’adulte, a un côté très fleur bleue. Sous prétexte d’une initiation, un jeu érotique s’installe entre les deux hommes mais le comédien essaie toujours d’imposer des limites au lycéen. Par ailleurs, Naru, après réflexion sur son avenir, se reconstruit grâce à Kogasaka qui lui apporte conseils et techniques plus modernes. A travers le fourbe Miwa Kippei, l’autrice montre d’autres méthodes pour stimuler sa carrière, parfois à la limite de la légalité. Par ailleurs, elle aborde la question de la première fois, de la libido des jeunes adultes.

La mangaka a un trait léché mais épuré. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Parfois, ses compositions utilisent les codes des shôjo comme des fleurs ou des scintillements entourant les personnages. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Les décors détaillés sont très présents. Aussi, la mise en page plutôt classique évite ainsi de surcharger les pages. Dans les scènes érotiques, Sado sensei censure les parties intimes par un cache blanc. D’ailleurs, elle préfère cadrer ces passages au niveau du buste en général et précise donc avec humour ce qui se passe dans un encart. Dans les illustrations en début de chapitre, elle présente le quotidien des personnages.

En résumé

La carrière montante du comédien Naruse Shirô s’arrête brusquement lorsque son duo avec Miwa Kippei éclate. En effet, Miwa le rejette en découvrant qu’il est secrètement amoureux de lui depuis six ans. Comme la rumeur sur son homosexualité enfle, le patron de leur agence n’hésite pas à le virer. Alors que Naruse noie son chagrin dans l’alcool dans un bar gay, un beau jeune homme l’aborde et l’emmène dans un love hotel pour la nuit. Toutefois, le lendemain, le comédien découvre que Kogasaka Hikaru n’est que lycéen. Pourtant, ce dernier lui demande de tout lui apprendre du sexe entre hommes et n’hésite pas à le faire chanter avec une photo compromettante…

En conclusion

Sado Romeo sensei propose un récit au premier abord gênant d’après le scénario mais très bien maîtrisé, empli d’humour et de sujets d’actualités. Elle analyse avec délicatesse la question du coming out des célébrités et des enjeux sur leur carrière. Son graphisme agréable ancre parfaitement le récit dans la réalité. D’ailleurs, je craque complètement pour leurs bouilles SD dans les passages humoristiques, surtout celles de Hikaru. Certains lecteurs pourront être choqués par la différence d’âge. Pour ma part, j’aime beaucoup la personnalité des deux héros et j’avais envie de les encourager. Une lecture touchante!

Sweet blood – Shakeda Nene

couverture de Sweet blood de Shakeda Nene, éditions Hana

SHAKEDA Nene 鮭田ねね
ISBN: 9782382767634
Hana, 2025
ISBN: 9784861239571 (JP)
Brite, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Celui qui l’a acheté au Marché Noir est un beau et jeune vampire. »

Shakeda Nene sensei revisite un peu l’univers des vampires en créant un monde hiérarchisé, dans lequel les humains n’ont qu’un rôle d’esclave ou de « vermine » qui survivent tant bien que mal. Elle installe une étrange cohabitation entre un vampire curieux de culture humaine et un potier-céramiste qui accepte de devenir un casse-croûte en échange d’une certaine sécurité. Ainsi, Jinosuke s’interroge énormément sur sa relation avec Noi qui prend plus des airs de couple amoureux. Néanmoins, le jeu érotique autour de la morsure installe un consentement plutôt gris. Avec le policier Amill, l’autrice ajoute une nouvelle note positive dans son univers plutôt violent. Elle dévoile au fur et à mesure les secrets autour du vampire maintenant ainsi un certain suspense.

La mangaka a un trait épuré au contour plus épais. Elle dessine parfois les personnages en SD, ou juste la tête toute en rondeur, apportant une note mignonne et comique. Les trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est simplement dynamique. Même si les morsures dégoulinent un peu de sang, Shakeda sensei évite de détailler les passages trop violents. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc.

En résumé

Le monde actuel est dominé par les vampires. Mais depuis quelques temps, des tensions apparaissent avec les humains. Le potier-céramiste Fukura Jinosuke (36 ans) voit son projet d’exposition brusquement annulé et se retrouve alors endetté. Sans passe pour justifier sa présence auprès des vampires, il est soudain kidnappé puis vendu aux enchères. Son acquéreur, le vampire Noi, lui fait alors signer un contrat consistant à le nourrir de son sang. Mais ses morsures ont un drôle d’effet sur Jinosuke…

En conclusion

Shakeda Nene sensei crée un univers vampirique plutôt original avec une cohabitation d’abord déstabilisante mais une relation intrigante. Son graphisme qui devient mignon dans certains passages apporte une touche particulière mais agréable, détendant l’atmosphère souvent sombre et tendue. J’aime beaucoup la dynamique entre les personnages. Une lecture divertissante.

Étoile filante – Migino Yagi

couverture de Étoile filante de Migino Yagi, éditions Hana

MIGINO Yagi ミギノヤギ
ISBN: 9782382767580
Hana, 2025
ISBN: 9784801978980 (JP)
Takeshobo, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Même les étoiles les plus brillantes deviennent de simples cailloux une fois au sol. »

Migino Yagi sensei narre une romance entre un étudiant passionné de photographie et un ancien modèle qui a abandonné sa carrière à cause de cicatrices, abordant des thèmes d’actualités. Ainsi, elle s’intéresse au poids des regards insistants, au jugement extérieur, aux risques de partage de photographie sur les réseaux sociaux. Elle dévoile au fur et à mesure le passé de Makito, grâce à l’introduction de Seta Sôgo, son ancien manager et de son rival Hisaka Yôsuke. Attiré par Maki, le bienveillant Tensei, au regard encore pur, n’hésite pas à se remettre en question et s’interroge alors sur sa sexualité. Le couple se soutient mutuellement et construit une relation consensuelle. La narration alterne entre les deux héros. Ainsi, l’autrice aborde la dépression, le manque de confiance en soi, la construction d’une identité, la difficulté à s’aimer soi-même. A travers Shôhei, l’ami d’Ichiyama, elle interroge sur le recours à la chirurgie esthétique.

La mangaka a un trait fin et épuré parfois presque dépouillé. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à le déformer. Elle utilise les trames avec parcimonie. Par ailleurs, les trames d’ambiance appuient discrètement les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Par contre, les décors situent principalement l’action. Néanmoins, il y a un travail plus soigné des paysages. La mise en page est plutôt classique. Migino sensei ne censure pas les scènes érotiques. Dans les illustrations en début de chapitre, elle dessine le quotidien des personnages. La couverture se classe seconde au Chill chill BL award 2023.

En résumé

L’étudiant Ichiyama Tensei est passionné de photographie et particulièrement prendre le ciel étoilé. Mais depuis qu’il a rencontré Makito, qui gère la bibliothèque, il a envie de faire son portrait, fasciné par les brûlures qui recouvrent une partie de son visage. Toutefois, Maki semble à la fois réjoui et inquiet d’être pris en photographie. Lors d’une sortie à deux, après une grosse averse, ils se réfugient dans un love hotel. Tensei n’arrive alors pas à réprimer ses sentiments.

En conclusion

Migino Yagi sensei équilibre avec finesse son scénario, maintenant un certain suspense en dévoilant par brides le passé de Makito et l’évolution des sentiments de Tensei. Elle offre une romance touchante et emplie d’émotions, avec une relation consensuelle. De même, les personnages secondaires ont beaucoup de personnalités, rendant le récit vibrant de réalisme. Par ailleurs, son graphisme possède un charme particulier malgré certains traits très épurés. Je fonds complètement pour le couple. J’espère découvrir un jour d’autres œuvres de la mangaka. Un énorme coup de cœur!

Amants sous contrat – Matsuda Io

Couverture de Amants sous contrat de Matsuda Io, éditions Hana

MATSUDA Io まつだいお
ISBN: 9782382767597
Hana, 2025
ISBN: 9784813033486 (JP)
Taiyohtosho, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Je ne peux plus le nier à présent. Je suis tombé amoureux de toi. »

Matsuda Io sensei narre une romance entre deux collègues sur la base du faux petit ami. Elle alterne la narration entre les deux hommes qui se parlent en fin de compte franchement. Par ailleurs, elle aborde des sujets contemporains comme le harcèlement, le coming out au bureau, le poids des rumeurs, le jugement sur l’apparence. A cause de sa grande gentillesse, Yanaka Wataru provoque involontairement des quiproquos, en particulier avec la gente féminine. Ainsi, il réalise également la distance prise avec son ami d’université Moriyama Keisuke qu’il ne connaît pas aussi bien qu’il pensait. Sous prétexte d’une initiation, les deux salarymen vont se découvrir et se rapprocher. Toutefois, leur relation frise avec les limites du consentement, Yanaka étant inexpérimenté et hésitant. L’autrice s’attarde sur les interrogations des deux hommes, entre culpabilité, influence et peur de perdre une amitié. Takagi, collègue de Yanaka, joue les confidents avec bienveillance.

La mangaka a un trait anguleux adouci par les pleins et les déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle apporte une note réaliste entre les décors détaillés et les nombreuses trames variées qui reproduisent avec finesse les dégradés. Par contre, des hachures envahissantes marquent les rougissements. Les trames d’ambiance parfois graphiques renforcent les émotions, particulièrement les moments comiques. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page très dynamique joue sur les superpositions, l’absence de cadre et les sorties de vignette. Matsuda Io sensei décompose certains mouvements et détaille les petits gestes. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par de fines languettes blanches. Néanmoins, elle dessine des coupes intérieures. Les illustrations en début de chapitre montre le quotidien des personnages.

En résumé

Harcelé par une collègue, Yanaka Wataru désigne Moriyama Keisuke, qui passait non loin, comme son petit ami. Se connaissant depuis l’université, il lui demande alors de jouer le jeu quelques temps. Moriyama accepte à une condition: qu’il fasse ce qu’il veut. Et à la surprise de Yanaka, il lui demande de coucher avec lui.

En conclusion

Matsuda Io sensei maîtrise plutôt bien le format one-shot, développant avec finesse l’évolution des sentiments de ses personnages. Elle va à l’essentiel, abordant des thèmes contemporains intéressants. Malgré des intrigues simples, leurs apparitions au fil des chapitres créent un peu de suspense et de tension. Le graphisme est par ailleurs séduisant. J’aime beaucoup les échanges entre les deux hommes qui se redécouvrent. Une lecture agréable!

Un air de printemps – noji

Couverture de Un air de printemps de Noji, éditions Hana

noji
ISBN: 9782382767610
Hana, 2025
ISBN: 9784575380897 (JP)
Futabasha, 2021 (JP)
Titre original: ハルドナリ
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« L’histoire d’amour entre un étudiant trop direct et un propriétaire nul en tâches ménagères, vivant sous le même toit! »

noji sensei narre une simple romance entre deux jeunes hommes maladroits pour communiquer. Toutefois, elle dévoile au fur et à mesure les différentes intrigues autour des personnages. D’ailleurs, la narration se base principalement du point de vue de Sasayama Sôta puis donne la version de Michi Harunosuke à la fin. L’étudiant essaie de ne plus être aussi direct lors de ses discussions mais trouve du répondant avec le petit-fils de la propriétaire. D’ailleurs, l’asocial et têtu Michi cache son métier. Les quiproquos s’enchaînent mais tous deux font des efforts pour y remédier. Leur amitié se transforme peu à peu en attirance amoureuse. Ainsi, l’autrice montre la difficulté à cerner ses sentiments. Elle aborde entre autres le jugement sur l’apparence à travers l’imagination débordante de Sôta, la difficulté à communiquer, le sentiment de solitude. La propriétaire Natsu et l’éditeur Shinooka Yamato apportent un regard extérieur sur le couple.

La mangaka a un trait épuré au contour parfois dédoublé qui donne du relief. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance plutôt graphiques appuient les émotions. De même, un fond noir indique les rêves ou les flash-back. Par ailleurs, les décors soignés s’estompent autour des personnages pour mettre en avant le premier plan. La mise en page plutôt classique offre quelques pages plus dynamiques avec des angles de vue variés. noji sensei représente l’imagination débordante de Sôta en images. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc.

En résumé

Sasayama Sôta parle trop sèchement. Il a donc perdu son petit boulot dans une supérette après avoir recadré un client indélicat. Après un séjour chez ses parents, il rend directement visite à la propriétaire de son appartement. Mais il rencontre son petit-fils, Michi Harunosuke, qui la remplace durant son hospitalisation. Peu doué dans les tâches ménagères, Michi propose alors à l’étudiant de l’embaucher pour l’aider…

En conclusion

noji sensei nous offre une romance classique mais entraînante, avec ces deux hommes maladroits en communication qui se complètent pourtant parfaitement. En plus, elle maîtrise le format one-shot. La dynamique entre eux et les petites intrigues du quotidien créent un peu de suspense. Par ailleurs, son graphisme est très agréable. Certes, ce titre ne vous marquera pas mais vous passerez un agréable moment. J’ai beaucoup aimé l’ambiance générale du récit et la relation qui se noue entre les personnages. Une douce lecture!