Goodbye, Red Beryl 3 – Michinoku Atami

goodbye red beryl 3 michinoku atami
MICHINOKU Atami みちのくアタミ
ISBN: 9782375062104
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784866572352 (JP)
Frontier works, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Ce que vous voulez, je le désire aussi. »

Michinoku Atami sensei dévoile le passé de Moronatsu et sa rencontre avec Masakado, permettant ainsi de comprendre leur lien particulier. Elle prend directement la suite du tome précédent, plongeant Akihiko dans le doute. Ainsi, elle aborde en fin de compte des questionnements tout à fait humains: par exemple, sur l’avenir et sur ce que devient le partenaire à son décès. Kazushige ressent également quelques remords classiques dans une relation homosexuelle, en particulier la privation d’une vie familiale « normale ». Le dénouement, tout en tension, fait un saut dans le temps et reboucle au début du premier tome, avant de poursuivre. L’auteure fait évoluer le vampire qui s’humanise aux côtés d’Akihiko et s’ouvre aux autres. Elle joue sur le côté un peu pervers du jeune homme, rendant la discussion du couple virile lors de leurs ébats charnels. Elle interroge encore sur l’amour éternel, les liens avec les humains quand on est vampire.

La mangaka a légèrement modifié son style graphique: les traits épais et fermes des contours donnent un certain charme original. Elle n’hésite pas à simplifier ses traits dans les passages humoristiques, dessinant des têtes arrondies toutes mignonnes. Les corps restent masculins sans pour autant être musclés. Par ailleurs, Michinoku sensei porte attention aux détails des petits gestes et des regards. Elle utilise quelques trames d’ambiance plutôt discrètes. Elle continue à soigner la précision des vêtements et des décors, permettant de repérer immédiatement l’époque. Dans les scènes érotiques assez détaillées, de fines bandelettes blanches cachent les parties intimes. Pourtant, les contours ne sont pas dessinés. Sous la jaquette, une planche conclusive permet de découvrir ce que deviennent Masakado et Moronatsu.

En résumé

Masakado propose à Akihiko de le transformer en vampire mais ce dernier refuse, sachant que cela blesserait Kazushige. A la surprise de Moronatsu, le vampire n’est pas vexé mais l’humain semble avoir éveillé son intérêt. Ne voyant pas rentrer son jeune amant, Kazushige s’inquiète. Alors, dès qu’il sent l’odeur de Masakaso sur Akihiko à son arrivée, il s’énerve. Cependant, le jeune homme lui explique tout et le rassure. En échange, il réclame une récompense et obtient un baiser. Le soir, le couple s’unit avec passion. Le vampire réalise alors la profondeur de ses sentiments pour son petit ami.

En conclusion

L’auteure s’éloigne des histoires de vampires classiques et offre une fin émouvante et touchante. L’abnégation d’Akihiko peut parfois sembler extrême mais il en ressort un amour pur et puissant, contrebalancé par une libido active. Le changement de style graphique peut surprendre, mais pour moi, il est très agréable. Je suis encore plus subjuguée par le travail de la mangaka et j’espère que d’autres de ses œuvres seront traduites.

Viens-là, mon amour – Michinoku Atami

viens la mon amour michinoku atami
MICHINOKU Atami みちのくアタミ
ISBN: 9782368775691
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784865891287 (JP)
Fusion product, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Une romance réaliste entre deux étudiants voisins dont la première rencontre commence plutôt mal.

Pour son premier manga publié, Michinoku Atami sensei propose une romance réaliste entre deux étudiants. Alors que Nishino collectionne les filles, Suzuhara préfère cacher son orientation sexuelle, à part avec son ami Nakayama. Leur rencontre d’abord tendue commence par des méprises mais à force de se fréquenter et se découvrir, elle aboutira à une belle histoire d’amour. L’auteure décrit avec finesse l’évolution des sentiments de ses héros en partageant la narration entre eux. Elle conclut son récit sur une anecdote amusante en fin de tome dans un love hotel. Elle complète ce one-shot avec une aventure se déroulant sur un chapitre. Akio et Yûsuke s’interrogent sur l’amour, l’aspect physique et la position de dominant et dominé dans un couple gay. Avec principalement l’envie de faire plaisir à leur partenaire, ils offrent une ode au respect mutuel dans une couple.

La mangaka utilise des traits fins, avec un graphisme assez réalistes. Elle simplifie tout de même les expressions dans les scènes humoristiques. Elle joue beaucoup sur les vides, les blancs et des parties effacées. Ses personnages super-deformed sont mignons et donnent des anecdotes amusantes en fin de chapitre. Les angles de vue recherchés participent à la dynamique de la mise en page. Michinoku sensei équilibre les décors et les trames. Elle ne censure pas les scènes érotiques, détaillées avec parfois des coupes intérieures. Par contre, comme elle privilégie les sensations, les images dégagent une certaine sensualité. Sous la jaquette, une histoire bonus propose quelques images tendres avec Suzuhara qui tente d’économiser malgré la chaleur.

En résumé

Viens-là, mon amour / Une vie de luxe: Etudiant, Suzuhara loue un studio à bas prix aux murs malheureusement mal insonorisés. Même avec des écouteurs sur les oreilles, il entend encore les gémissements d’une fille chez le voisin. Excédé, il tape alors contre le mur pour la faire taire. Son voisin, Nishino, sonne presque immédiatement à sa porte. Comme la fille s’est enfuie, il commence à le draguer. En effet, il se méprend sur les regards insistants de Suzuhara, qui bavait en réalité sur son pack de bière. Les deux jeunes hommes vont à la même université et Suzuhara découvre que son voisin collectionne les conquêtes. Le jour où son ami Nakayama lui demande de lui prêter son appartement pour passer une nuit avec sa petite amie, il accepte. Mais il rentre trop tôt et se retrouve à la porte. Croisant son voisin qui le provoque à nouveau, il accepte de coucher avec lui. Nishino comprend alors que Suzuhara est gay et secrètement amoureux de son ami.
L’amour sans mode d’emploi: Le travesti Akio dégage encore plus de charme que certaines femmes. Mais il se fait souvent plaquer par ses partenaires au moment de passer à l’acte. Ainsi, il est donc encore vierge. Son ami gay, Yûsuke, a également du mal à garder une relation stable. Son dernier petit ami était un échangiste. Les deux amis, plutôt passifs, s’apprécient énormément. Comme Yûsuke accepte d’essayer de devenir dominant, subjugué par le charme d’Akio, ils décident de tenter l’expérience…

En conclusion

Ce titre a obtenu la dixième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2017. Pour une première publication, c’est une belle réussite: l’auteure maîtrise déjà bien son graphisme et son scénario. Je suis complètement sous le charme de ce couple. Et j’adore également la courte histoire « L’amour sans mode d’emploi ». Une valeur sûre qui peut se relire indéfiniment et que je recommande.

Goodbye, Red Beryl 2 – Michinoku Atami

goodbye red beryl 2 michinoku atami
MICHINOKU Atami みちのくアタミ
ISBN: 9782375061862
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784866571331 (JP)
Frontier works, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Briser un mur de solitude pour partager ensemble ses joies, ses peines et son amour.

Dans ce second tome, Michinoku Atami sensei développe la relation qui se noue entre Kazushige et Akihiko. Elle s’attarde principalement à la construction des liens par la découverte, l’ouverture à autrui et le partage des sentiments. De même, elle approfondit la psychologie de ses héros. Ayant connu la souffrance du deuil et du regard inquisiteur des autres, Kazushige a peur de nouer des relations humaines. Akihiko brise peu à peu ce mur défensif en imposant sa présence. L’auteure s’applique à donner une approche la plus réaliste possible, même sur le premier ébat du couple: elle se focalise par exemple, sur des détails comme le type de lubrifiant de l’époque, les réactions d’un puceau ou de quelqu’un qui s’est retenu. Parallèlement, elle dévoile un peu plus les objectifs de Masakado, même si cela reste encore vague, permettant de conserver le suspense jusqu’en fin de tome.

Les traits fins et épurés de la mangaka dégagent à la fois un côté acéré et de la douceur, augmentant l’aspect mystérieux de certains visages. Les traits simplifiés donnent un effet super-deformed dans les scènes humoristiques. Cela rend d’ailleurs Akihiko très mignon. Michinoku sensei se focalise sur les détails des petits gestes et des regards. Elle utilise peu de trames d’ambiance, privilégiant le travail des nuances de gris. Même si les décors sont peu présents, ils sont très détaillés. La censure des scènes érotiques, assez nombreuses, se fait par de fines bandelettes blanches, cachant peu les détails. La sensualité des positions est mise en avant grâce à des angles de vue recherchés.

En résumé

Bien que gravement blessé, Kazushige refuse de boire le sang qu’Akihiko lui propose et le jette dehors. Réfugié dans un parc, le jeune homme ne comprend pas la réaction du vampire. Il est soudain interrompu dans ses réflexions par Moronatsu qui lui apprend qu’il n’est qu’à moitié vampire. Malgré ses craintes, Akihiko décide d’interroger directement Kazushige. Ce dernier lui confie alors sa peur de le transformer en monstre. Touché, le jeune homme finit par lui déclarer ses sentiments puis l’embrasse…

En conclusion

Ce couple attendrissant se construisant par la discussion et le partage des sentiments, il est donc agréable de voir leur amour s’épanouir. Ce tome est magnifique! D’ailleurs, le trait délicat de l’auteure sied parfaitement à l’ambiance. Vivement la suite!

Goodbye, Red Beryl 1 – Michinoku Atami

goodbye red beryl 1 michinoku atami
MICHINOKU Atami みちのくアタミ
ISBN: 9782375061329
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784861349959 (JP)
Frontier works, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Retrouver goût à la vie grâce à un vampire.

Michinoku Atami sensei commence son histoire par une courte introduction en 2017 avant de nous envoyer en 1968. En plus de la romance, elle s’intéresse à l’immortalité et interroge sur l’amour à travers les époques. Ce premier tome narre le contact entre les deux héros et introduit également un autre couple de vampires. Masakado, qui a transformé Tsuda, entretient une relation étrange avec Moronatsu; en effet, il considère les humains comme de la nourriture, mais en garde un auprès de lui. L’auteure prend son temps pour développer son scénario et la psychologie de ses personnages. Les deux héros qui ont différemment souffert de la solitude se rapprochent malgré eux. Le court chapitre final « Avec beaucoup de sucre » présente le couple dans une historiette plus tendre et mignonne. En fin de volume, Michinoku sensei présente les personnages en donnant quelques anecdotes.

La mangaka utilise des traits très fins et simplifie les lignes des visages. De même, elle utilise des déformations ou des simplifications pour intensifier les expressions, donnant presque un effet cartoon. Ses hommes ont une carrure assez svelte et possède un côté un peu androgyne ou beauté froide qui sied parfaitement aux vampires. Afin de rester au plus près de la réalité pour les vêtements et les décors, elle explique s’être appuyé sur des documents et avoir observé les bâtiments de l’époque. Ses cadrages, parfois dynamiques, ressortent de l’ensemble classique, donnant ainsi plus d’impact à l’image. L’usage des trames est équilibré. Pour l’instant, la sensualité domine dans l’unique scène érotique du tome.

En résumé

Kobayashi Akihiko vient de perdre son nouvel emploi de serveur dans un bar à hôtesses. Orphelin depuis sa plus tendre enfance, se sentant seul et inutile, il pensait renoncer à la vie. Cependant, Tsuda Kazushige le sauve d’un accident mais se blesse gravement. Ce dernier survit pourtant à sa blessure car il est en réalité un vampire. Reconnaissant, Akihiko décide de prendre soin de son solitaire sauveur.

En conclusion

L’introduction laisse présager une triste conclusion, mais j’ai tout de même hâte de découvrir la suite. De plus, ce tome se termine en plein suspense!