Effeuiller l’inaccessible 2 – Sakyo Aya

Couverture de Effeuiller l'inaccessible 2 de Sakyo Aya, éditions Hana

SAKYO Aya 左京亜也
ISBN: 9782382765098
Hana, 2025
ISBN: 9784403667237 (JP)
Shinshokan, 2020 (JP)
Titre original: 高嶺の花は散らされたい 下
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Je veux le féconder, le remplir, le mordre. »

Sakyo Aya sensei continue de développer la relation chaotique entre Hana et Renjaku qui hésitent constamment à se lier ou non. Ainsi, elle crée une relation toujours aussi violente dans laquelle les sentiments ont du mal à se faire une place, entre manipulation et exploitation de l’autre. Elle met plus en avant le point de vue de l’alpha même si la narration alterne avec l’oméga. Le barista persiste dans un amour à sens unique, oscillant entre espoir et appréhension. Le fleuriste, quant à lui, prend conscience que son attirance dépasse l’influence des phéromones. Sa rivalité avec Aoba intensifie la tension générale du récit. Par ailleurs, l’autrice s’intéresse au lien particulier d’âme sœur, à la satisfaction personnelle durant le sexe, au non consentement malgré des sentiments réciproques. Elle détend l’atmosphère avec des quiproquos et la naïveté de Hana.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle met souvent en avant la musculature de Renjaku, frisant avec les limites du fan service. Les trames sont équilibrées et variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page très dynamique joue sur les superpositions, les sorties de cadre ainsi que les formes des vignettes selon leur contenu. Dans les scènes érotiques, Sakyo Aya sensei cache les détails des parties intimes juste avec des onomatopées. Dans les illustrations en début de chapitre, elle dessine encore les personnages avec des fleurs mais dans des positions beaucoup moins sexy que le tome précédent. Les premières pages sont en couleurs.

En résumé

Fuyant son frère Aoba, Yukishita Hana se réfugie chez Renjaku. A cause de ses chaleurs, l’oméga lui demande alors de se lier avec lui par une morsure. Mais bien que l’alpha perde le contrôle durant leurs rapports, il refuse de se laisser manipuler par l’instinct. Pourtant, il se montre de plus en plus possessif avec Hana malgré ses doutes envers le lien d’âme sœur…

En conclusion

Sakyo Aya sensei ne ménage pas les lecteurs mais analyse en détails l’évolution d’une relation sous influence de phéromones. Elle alterne entre scènes sexy plutôt violentes, tension entre les personnages, et notes d’humour et de tendresse. Son graphisme sensuel est un régal pour les yeux. Pour public averti, car il y a encore des scènes pouvant choquer la sensibilité des lecteurs. J’aime toujours autant Hana et son côté complètement à côté de la plaque par moment. Et puis, cela me fait plaisir de le voir enfin réagir et ne plus se laisser autant faire! J’attends donc la suite avec impatience. Une lecture douce-amère!

Effeuiller l’inaccessible 1 – Sakyo Aya

Couverture de Effeuiller l'inaccessible 1 de Sakyo Aya, éditions Hana

SAKYO Aya 左京亜也
ISBN: 9782382765081
Hana, 2025
ISBN: 9784403667220 (JP)
Shinshokan, 2020 (JP)
Titre original: 高嶺の花は、散らされたい 上
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Un omegaverse florissant entre un alpha supérieur et un omega toujours pur. »

Sakyo Aya sensei offre un romance omegaverse plutôt classique, avec un alpha dominant, hautain et égoïste, et un oméga passif, candide et serviable. Elle aborde donc les questionnements classiques du genre comme la discrimination des omégas, les contraintes des chaleurs et du lien en paire. Elle construit également des relations non consensuelles, dominées par les phéromones et les envies du fleuriste. Pourtant, la narration se base principalement du point de vue du barista. Ainsi, le beau Hana, qui a un côté un petit peu stalker, souffre de sa condition d’oméga et a tendance à se laisser mener par le bout du nez. Le bougon Renjaku dégage tout de même une certaine classe malgré son franc parler vulgaire et cru. Il a d’ailleurs la fâcheuse tendance à rabaisser son partenaire. En introduisant Aoba (20 ans), le frère de Yukishita, l’autrice met en avant un alpha encore plus égocentrique et sans morale.

La mangaka a un trait fin légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle varie beaucoup les trames. Par ailleurs, les trames d’ambiance accompagnent les émotions et alternent avec les décors soignés. La mise en page très dynamique joue beaucoup sur les angles de vue, en particulier les contre-plongées et les plongées qui renforcent ainsi l’aspect dominant et dominé de la relation. Sakyo sensei censure subtilement les scènes érotiques en cachant les détails par des onomatopées bien placées. D’ailleurs, elle met en valeur la plastique des personnages, en particulier leur fine musculature. Elle intègre également les explications sur l’omegaverse directement dans le récit. Les illustrations en début de chapitre montrent les personnages dans des poses sexy, toujours accompagnés d’une plante.

En résumé

Bien qu’oméga, Yukishita Hana (26 ans) n’a jamais eu ses chaleurs. Par conséquent, les clientes du café dans lequel il travaille le prennent souvent pour un alpha. Toutefois, le barista craque secrètement pour le célèbre fleuriste Renjaku, un alpha dominant qui vient souvent au café. Mais un jour, alors qu’il était non loin de sa boutique, ses chaleurs se déclenchent. Renjaku l’emmène donc chez lui et lui propose de le soulager…

En conclusion

Ce tome obtient la quatrième place du meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2021. Sakyo Aya sensei prend les côtés les plus dérangeants et négatifs de l’omegaverse et semble plonger ses personnages constamment dans la tourmente. Elle alterne entre tension, érotisme et petites notes d’humour. Son magnifique graphisme sublime les scènes sexy. Ce titre s’adresse à un public averti car il comporte beaucoup de scènes pouvant choquer la sensibilité des lecteurs. J’aime beaucoup la naïveté excessive de Hana qui le rend un peu « con-con » ainsi que son côté fétichiste. J’apprécie également la dynamique entre l’oméga et l’alpha même si elle n’est pas du tout apaisée. Une lecture piquante comme une rose!

House backer – Natsume Isaku

Couverture de House backer de Natsume Isaku, édité par Hana

NATSUME Isaku 夏目イサク
ISBN: 9782382765128
Hana, 2025
ISBN: 9784403667374 (JP)
Shinshokan, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« C’est mon travail de m’occuper de toi. »

Natsume Isaku sensei propose un recueil d’histoires courtes publiées chez différents éditeurs. Malgré le format, elle maîtrise parfaitement le développement des scénarios, allant à l’essentiel et diffusant les informations complémentaires via la narration à travers quelques remarques. Elle crée des relations plutôt consensuelles, malgré la présence de quelques baisers volés. L’histoire principale qui donne son titre au manga, représente la moitié du tome. L’humour se base principalement sur l’imagination débordante de l’écrivain ainsi que ses réactions immatures. Le couple apprend à mieux communiquer entre deux chamailleries. La deuxième, la troisième et la cinquième histoire abordent l’amour secret réciproque et la difficulté à transmettre ses sentiments. Dans « Une douce odeur », l’autrice s’intéresse également aux stéréotypes genrés et au jugement extérieur. Par ailleurs, elle offre un court récit sur son chien en bonus.

La mangaka a un trait légèrement épuré qui se simplifie dans les passages humoristiques. Elle a un style graphique assez constant bien que certaines histoires datent. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance plutôt graphiques, appuient les émotions. Le fond noir indique aussi bien les flash-back que les cauchemars. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Natsume sensei joue sur les cadrages pour cacher l’essentiel. D’ailleurs, elle ne détaille pas trop les parties intimes sans pour autant les censurer.

En résumé

House backer / Après le travail: Le romancier Azumi (27 ans) fait souvent appel à une femme de ménage pour gérer ses tâches ménagères. Mais à cause de son comportement capricieux qui les fait toutes fuir, l’agence lui a envoyé le jeune Wakui (21 ans). Toutefois, le très doué homme de ménage oblige le négligent écrivain à manger équilibré, n’hésitant pas à le traiter comme un enfant.
La jeunesse et l’amour: Depuis le collège, Sano Wataru admire le génie de la course, Shimizu Kenta. Ils sont ainsi devenus amis en fréquentant le même club d’athlétisme et sont actuellement colocataires à l’université. Toutefois, depuis que Wataru a abandonné le club, un malaise s’est installé entre eux.
L’amour en fuite: Le solitaire Oikawa Mitsuya reçoit toujours du réconfort auprès de Yamana qui sait l’encourager à chaque fois qu’il stresse. Malgré des caractères opposés, ils ont vite sympathisé, devenant même voisins à l’université. Toutefois Micchi trouve vraiment Yamana trop tactile!
Une douce odeur / La Saint-Valentin du pâtissier: Depuis son enfance, Ishikawa aime la pâtisserie et il en a même fait son métier. Durant son apprentissage, il a aidé Hashimoto qui bavait devant la vitrine, affamé. Depuis, ce dernier a également intégré la pâtisserie et ne le lâche plus. Serait-il amoureux?
Avec toi, à jamais: Un étudiant universitaire trouve chez lui son ami lycéen qui déborde d’amour pour lui mais ne le lui dit jamais directement.

En conclusion

Natsume Isaku sensei maîtrise vraiment n’importe quel format. Avec son graphisme expressif, il est facile de comprendre les émotions des personnages. Et le découpage des planches montre l’essentiel. J’adore les bouilles des personnages dans les passages humoristiques, avec leur air un peu niais mais si mignon! Bien que j’ai apprécié tous ces récits, j’ai une préférence pour « House backer » et « Une douce odeur » qui semblent plus abouties. Une lecture divertissante et une valeur sûre.

Love shuttle 1 – Aeju

love shuttle 1 aeju

Aeju
ISBN: 9782959108617
Nao studio publishing, 2024
Lezhin, 2019 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Qu’est ce qu’il vient de se passer, c’est la première fois que je ressens autant de plaisir… »

Aeju propose une comédie romantique omegaverse avec deux collègues qui s’entendent comme chien et chat et tombent finalement amoureux. Elle joue sur la spécificité de Doyun qui, bien qu’oméga, a un caractère fort, une belle stature et surtout se montre très entreprenant durant ses chaleurs. D’ailleurs l’alpha dominant Taehan paraît beaucoup plus prévenant et doux à côté de lui. Les chamailleries et les quiproquos, émaillés de scènes sexy également amusantes, portent principalement l’humour. Le médecin Kim et l’oméga Joo temporisent, conseillent et recadrent le couple, apportant au passage quelques explications sur l’univers omegaverse. Ainsi, l’auteure s’attarde sur l’attirance forcée par les phéromones, les inconvénients que rencontrent les oméga, la question de l’âme sœur et la difficulté à admettre l’évolution de ses sentiments. Les contradictions entre les pensées et les réactions surprennent le lecteur.

Aeju a un trait légèrement épuré et anguleux qui se simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, l’exagération des expressions renforce l’effet comique. Ainsi, Doyun rougit très facilement quand il est gêné et affiche alors des bouilles trop chou, même quand il râle. Les couleurs ont des tons plutôt réalistes, rendant les dégradés et les ombres. Les décors, qui s’estompent légèrement pour ne pas surcharger les vignettes, alternent avec les trames ambiance. Les personnages sont par conséquent bien mis en valeur. La mise en page bien que classique offre quelques pages plus dynamiques. Par contre, la lecture devient très fluide. La manhwaga ne censure pas les scènes érotiques. En début de tome se trouvent une explication sur l’omegaverse et des fiches personnages. La couverture a un effet doux et mât rehaussé par un vernis sélectif.

En résumé

Bien qu’oméga, Lee Doyun (26 ans) a une belle et forte stature. Il est même plus grand que ses trois frères aînés alpha. En plus, il n’a jamais eu ses chaleurs et ne produit pas de phéromones. Sa mère, inquiète, l’oblige donc à consulter régulièrement le médecin Kim Jinyoung (alpha) qui s’exaspère de l’insouciance de son patient. En effet, face à sa force physique, les collègues de Doyun pensent qu’il est un alpha. D’ailleurs, il se chamaille souvent avec Jung Taehan (24 ans), un alpha dominant, qui se moque souvent de lui. Observant l’oméga Joo Eunseo peiner à terminer ses tâches, Taehan l’avertit alors que l’oméga l’a éconduit ainsi que tous les alphas de l’entreprise qui ont tenté de le draguer. Mais le soir, épuisé, Doyun ressent soudain les symptômes de ses premières chaleurs.

En conclusion

Aeju maîtrise son scénario, en particulier l’enchainement des évènements et l’équilibre entre tension, comique et érotisme. En plus son graphisme est beau et agréable. La dynamique entre les deux héros est très entraînante. C’est le premier omegaverse webtoon que j’ai lu en numérique et j’ai immédiatement été conquise. J’accueille donc avec grand bonheur cette version papier. En plus, la toute petite équipe des éditions Nao studio publishing offre un travail de grande qualité. Coup de cœur confirmé!

Color recipe 2 – Harada

color recipe 2 harada

Harada はらだ
ISBN: 9782375061671
Taifu comics, 2023
ISBN:‎ 9784403666353 (JP)
Shinshokan, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Si je ne l’étais pas, si tu ne pensais pas tout le temps à moi, ça n’avait aucun intérêt. »

Harada sensei continue de développer la relation toxique qu’entretiennent Fukusuke et Shôkichi. Elle révèle au fur et à mesure tous les méfaits du coiffeur manipulateur, remontant même aux évènements du tome précédent, avant de dévoiler son vrai visage. Ainsi, elle décortique en détail l’amour égoïste, avide et pervers de Fuku, dont le harcèlement se transforme en torture psychologique puis physique. En effet, le psychopathe utilise tous les moyens les plus viles pour arriver à ses fins mais découvrira également les failles de son comportement. Le lecteur accompagne alors Shô dans sa chute. Fragilisé puis brisé, il oscille entre remise en question, culpabilité, résistance et acceptation de l’emprise. Riku, avec son franc parler, tape où cela fait mal, analysant parfaitement la situation. L’auteure aborde donc le harcèlement, les différentes méthodes de manipulation, l’amour déviant. Avec Kazunori, elle dénonce les comportements homophobes blessants et irréfléchis.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux, avec une touche graphique immédiatement reconnaissable. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. De même, des hachures envahissent les visages rougissants ou soulignent les ombres fortes. D’ailleurs, la balance des noirs et blancs domine l’usage des trames pourtant équilibrées. Ce contraste marqué se retrouve également dans les premières pages, en couleurs. Par contre, les trames d’ambiance parfois graphiques alternent avec les décors. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page plutôt classique propose tout de même quelques agencements plus audacieux. Harada sensei décompose justement les gestes sensuels et s’attarde sur les détails. Elle dessine également des corps finement musclés. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

Même si Shôkichi couche avec Fukusuke, il ne le considère pas pour autant comme son petit ami. Ce dernier n’est d’ailleurs pas totalement satisfait de leur relation car il n’occupe toujours pas la première place des pensées du trop sérieux coiffeur. Pourtant, il n’hésite pas à se confondre en excuses dès que son partenaire s’énerve contre lui lorsqu’il essaie d’obtenir ses faveurs sexuelles. Mais Shô ne le laisse pas pour autant mener la danse, quitte à mordre là où cela fait très mal. En plus, devenu responsable du nouvel apprenti coiffeur Kazunori, il se montre souvent trop sévère avec ce dernier à cause de son comportement trop insouciant. En effet, Kazu a tendance à ne jamais reconnaître ses erreurs. Par conséquent, Shôkichi commence même à douter de son propre travail et à perdre confiance en lui-même. Et voir l’apprenti se rapprocher de Fuku semble également l’irriter.

En conclusion

Harada sensei plonge les lecteurs dans un suspense intense, les accompagnant au gré des révélations, et provoquant ainsi des sentiments contradictoires. Elle transcrit parfaitement le comportement pernicieux d’un pervers et ses conséquences. En plus, son magnifique graphisme exprime parfaitement les émotions des personnages. Attention, certaines scènes pourront choquer la sensibilité des lecteurs (pas de consentement). Si vous êtes fan de thriller psychologique et de manipulation, foncez sans hésiter! J’apprécie cette immersion dans une relation malsaine avec le pire des seme manipulateur.

Color recipe 1 – Harada

color recipe 1 harada

Harada はらだ
ISBN: 9782375062517
Taifu comics, 2023
ISBN: 9784403666292 (JP)
Shinshokan, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Ha, ha! On va pas bien tous les deux! »

Harada sensei nous entraîne dans un thriller psychologique avec un psychopathe pervers prêt à tout pour arriver à ses fins. Elle joue sur les caractères opposés de Shôkichi et Fukusuke pour ajouter quelques touches d’humour. Elle chamboule leur rivalité par des évènements qui les rapprocheront petit à petit. D’ailleurs, le côté asocial et naïf de Shôkichi lui fait perdre confiance en lui. Et Fukusuke, très possessif, joue avec ce dernier en lui faisant éprouver diverses émotions. De même, la franchise et l’impartialité de Riku ajoutent quelques tensions. Entre manipulation et harcèlement, l’auteure transcrit parfaitement les sentiments de ses personnages, la pression et la tension. Elle dévoile peu à peu les réelles intentions de Fukusuke. Par ailleurs, le comportement insistant et provocateur du coiffeur pervers entraîne des relations au consentement mitigé. En fin de tome, les chapitres bonus offre des anecdotes complémentaires.

La mangaka a un trait épuré et délié, légèrement anguleux. Elle porte une attention particulière sur la sensualité de la gestuelle des coiffeurs, décomposant leurs mouvements pour le lavage, la coupe, la couleur ou le massage. Elle simplifie les traits des expressions dans les passages humoristiques. Les visages sont plutôt ronds et les personnages rougissent facilement. Les premières planches, en couleurs, jouent beaucoup sur les contrastes forts. De même, les contrastes noir et blanc se dégagent des trames équilibrées. Par contre, les trames d’ambiance très graphiques alternent avec les décors. La mise en page, au premier abord classique, se révèle en réalité discrètement dynamique. Harada sensei ne censure pas les scènes érotiques. D’ailleurs, elle détaille les préliminaires, jouant sur les cadrages et les gros plans, mettant en avant l’érotisme des personnages.

En résumé

Shôkichi (25 ans) travaille dans le salon de coiffure de M. Mikado, qu’il admire. En distribuant des tracts, il se dispute et frappe un passant qui se moquait de son patron. Mais il retrouve ce dernier au salon. Car Fukusuke (26 ans) est le nouveau coiffeur qui rejoint l’équipe. Originaire d’un salon prestigieux, il privilégie la communication avec les clients tandis que l’asocial Shô, bien que doué techniquement, peine à fidéliser sa clientèle à cause de son caractère taciturne. Un soir, M. Mikado, souhaitant qu’ils collaborent, leur demande de s’évaluer l’un l’autre. Mais passant plus de temps à se chamailler, Fukusuke rate le dernier train. Shôkichi lui propose donc de dormir chez lui. Cependant, quand il se réveille dans la nuit, il surprend alors son nouveau collègue en train de se masturber sur lui…

En conclusion

Ce tome obtient la douzième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2019. Fukusuke est classé dixième meilleur seme. En revanche, Shôkichi ne se classe pas mais est cité parmi les meilleurs uke admirables débordant de mignonitude. A noter que l’auteure a changé d’éditeur au cours de la série. Pourtant, publié en 2016 chez Kadokawa au départ, ce tome avait été classé premier meilleur manga au Chill chill BL award 2017. Le changement n’a en rien entamé son succès. En effet, Harada sensei maintient le suspense jusqu’au bout, ne révélant le caractère psychopathe de Fukusuke et ses desseins qu’à la fin. Elle offre comme à son habitude, une belle palette de caractères déviants. J’apprécie beaucoup ce récit malgré mes difficultés à apprécier Fukusuke dont la possessivité semble sans limite. Je recommande donc absolument cette série aux fans du genre.

Sa taille XL… Toujours un bonheur! 2 – Omoimi

sa taille xl toujours un bonheur 2 omoimi

Omoimi 重い実
ISBN: 9782382763681
Hana, 2023
ISBN: 9784758020886 (JP)
Ichijinsha, 2020 (JP)
Titre original: 愛しのXLサイズ・続
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« J’ai senti qu’il me regardait… Mais je suis parti sans me retourner. »

Omoimi sensei continue les aventures de Yamamoto et de Kobayashi, qui commencent maintenant à travailler. Elle s’intéresse à l’amour à distance ainsi que les nouvelles difficultés que rencontre le couple. Elle aborde donc leurs inquiétudes, la séparation entre travail et privé, ainsi que toute la réorganisation que nécessite leurs rapports charnels. En effet, ils doivent réhabituer leurs corps et tenir compte de la fatigue. Avec Soga, l’ancien collègue de Yamamoto, Kobayashi laisse un peu plus exprimer sa jalousie. Par ailleurs, le frère de Tetsuya, Sôta, apporte une touche humoristique, sympathisant facilement avec Aoi. Le couple s’interroge sur leur avenir, toujours dans la discussion et les quiproquos. L’auteure fait évoluer ses personnages en créant quelques tensions grâce aux personnages secondaires. Elle offre en bonus une anecdote toute mignonne.

La mangaka a un trait fin et épuré qui s’assouplit. Pour les rougissements, elle dessine de fines hachures très rapprochées. Les trames équilibrées utilisent une palette de teintes proches tandis que les trames d’ambiance soulignent les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Omoimi sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle offre environ une scène par chapitre. En fin de tome, elle inclut une illustration dans sa postface, montrant les habitudes du couple au lit après leurs ébats.

En résumé

Après trois ans de vie commune, Kobayashi Tetsuya et Yamamoto Aoi doivent se séparer pour travailler. Kobayashi rejoint la distillerie de ses parents tandis que Yamamoto va faire son apprentissage à Nara, berceau du saké. Ce dernier promet alors de rejoindre son petit ami dans un an, quand il aura terminé. A sa surprise, sa formation est moins rude qu’il ne pensait. Ayant obtenu quelques jours de congés, Aoi et Tetsuya se rejoignent à Kyoto pour un séjour en amoureux mais finissent à l’hôtel à se câliner. Lors de cette deuxième séparation, Yamamoto ressent alors encore plus de douleur. Dès la fin de son apprentissage, il s’empresse donc de s’engager dans la distillerie de Kobayashi et retrouve enfin son bien-aimé dans son nouvel appartement à Mie.

En conclusion

Ce tome obtient la dix-neuvième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2021. La surprise étant passée, Omoimi sensei s’attarde sur un récit plus classique mais pense toujours à développer les problèmes autour de la taille de l’Anaconda quand cela se présente, dans la continuité du tome précédent. Elle alterne facilement entre humour, romance et sexy. Le couple est toujours aussi mignon toutefois, cette suite ne plaira qu’aux personnes curieuses de poursuivre leurs aventures. Par ma part, j’attends avec curiosité le tome 3.

I recollect love 2 – Yukue Moegi

I recollect love 2 yukue moegi
YUKUE Moegi
ISBN: 9782368776100
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784796409995 (JP)
Kaiohsha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Quand la fierté empêche de déclarer ses sentiments.

Malgré une déclaration d’amour enfin réciproque dans le premier tome, Yukue Moegi sensei continue à développer les chamailleries entre Toranosuke et Tetsuya. En effet, elle donne un côté un peu tsundere à Tora qui se montre trop fier pour se laisser aller à ses sentiments. De même, il a peur de se dévoiler tel qu’il est à son amant. Ainsi, les deux héros continuent à enchaîner maladresse et embarras, évitant de discuter de leurs difficultés, désirs ou appréhensions. Ces petits quiproquos deviennent amusants. En introduisant Mayu, une jeune fille au caractère pétillant et passionné, l’auteure va secouer un peu le couple. En effet, la franchise et la spontanéité de la motarde inspirent les deux amants qui communiqueront par la suite avec plus de franchise. La place sur la moto prend un sens presque symbolique.

La mangaka a un trait épuré qui se dédouble dans les contours, leur conférant une certaine épaisseur. Elle dessine des personnages masculins, n’hésitant pas à présenter les jambes poilues de Tetsu. Sa virilité contraste avec Tora qui rougit constamment. Les décors permettent surtout de situer les actions. De même, les trames sont plutôt dans des tons légers, renforçant l’aspect clair des pages. En plus, les trames d’ambiance apparaissent avec parcimonie. Beaucoup de sorties de cadre dynamisent la mise en page. Yukue sensei censure les scènes érotiques en évitant de montrer trop de détails en jouant sur les cadrages. Elle débute ses chapitres par une illustration du quotidien. Par ailleurs, elle dessine de belles illustrations aux couleurs aussi tendres que la romance.

En résumé

Toranosuke et Mori Tetsuya sortent enfin ensemble. Pourtant Tora a encore du mal à s’habituer à la situation et ne se laisse pas facilement câliner. Son amant essuie même des coups à chaque abus trop intime. Les anciens membres du groupe de bikers, Tomoki et Makio, veillent sur le couple qui se chamaillent comme par le passé et encouragent Tetsu à reconquérir celui qu’il aime depuis 10 ans…

En conclusion

Une histoire tendre et mignonne avec un couple qui se chamaille pour des broutilles, la gêne et la honte les empêchant d’être naturel. J’adore la conclusion et j’apprécie vraiment que l’auteure ait pris son temps pour développer son scénario.

I recollect love 1 – Yukue Moegi

I recollect love 1 yukue moegi
YUKUE Moegi ゆくえ萌葱
ISBN: 9782368774892
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784796407847 (JP)
Kaiohsha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Entre excitation des courses de motos et premiers émois amoureux, difficile de distinguer ses sentiments.

Dans ce spin-off de Glare at you because I love you, Yukue Moegi sensei narre la romance chaotique de Toranosuke, le frère aîné de Ryônosuke. Elle s’intéresse au développement du sentiment amoureux entre Tetsuya et Tora, à la pression du groupe et aux compromis qu’ils trouvent pour rester ensemble. Ainsi, même si leurs sentiments sont réciproques, les deux hommes ont des difficultés à les gérer et à en discuter. En plus, diverses émotions ajoutent du trouble dans leur appréhension comme la possessivité ou la jalousie contenues. La peur de briser une amitié et de détruire un gang prime sur leur amour. L’auteure décrit avec délicatesse la confusion dans laquelle se trouve Toranosuke. Elle met en avant le manque de communication entre les deux amis. Même si Tetsu semble forcer leur relation physique, Tora a clairement conscience de se laisser faire.

La mangaka a un trait épuré dédoublé, donnant une certaine épaisseur. Elle utilise quelques trames d’ambiance. Les décors sont plutôt précis. De même, la mise en page est dynamique grâce à beaucoup d’absence de cadre et des angles de vue variés. En plus, Yukue sensei intègre bien les flash-back. Elle censure les scènes érotiques par des caches blancs sur les parties génitales. D’ailleurs, elle joue sur les cadrages pour éviter de montrer trop de détails.

En résumé

Toranosuke travaille dans le salon de coiffure Flower avec Mori Tetsuya. Ils se sont rencontrés il y a déjà 10 ans. A l’époque, Tora s’ennuyait au lycée et, en croisant le groupe de motards mené par Tetsu, il a été immédiatement subjugué par leur classe. Il a alors tout fait pour monter un jour avec lui à l’arrière de sa moto. Mais comme il ne faisait pas parti du gang, il a également attiré l’animosité de pas mal de membres, en particulier les filles. Néanmoins, maintenant, Tetsuya souhaiterait régler un problème resté en suspens entre eux depuis cette époque…

En conclusion

L’auteure promène le lecteur entre passé et présent, mettant en avant la constance des sentiments de ses personnages. Elle arrive comme toujours à nous séduire avec des histoires réalistes, simples mais tendres. Aussi, je suis heureuse de découvrir l’histoire du frère aîné qui était si protecteur avec son petit frère. De faux voyous au grand cœur qui ne laissent pas indifférents!