Hidamari ga kikoeru 1 Entends-tu le chant du soleil? – Fumino Yuki

hidamari ga kikoeru 1 fumino yuki
FUMINO Yuki 文乃ゆき
ISBN: 9782368775103
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784829685617 (JP)
Printemps shuppan, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Ce n’est pas ta faute si tu n’entends pas bien! »

Fumino Yuki sensei s’intéresse au rejet de la différence, à la pauvreté et au handicap, plus précisément à la surdité. Elle décrit avec finesse et pédagogie les classifications créées selon le degré d’invalidité, l’inadaptation de la société et des gens qui ne font pas d’efforts, les paroles blessantes sans le vouloir. En effet, l’infirmité de Kôhei demande juste un peu d’adaptation de chacun, comme parler en face et distinctement pour qu’il puisse lire sur les lèvres, ou de répéter quand il ne comprend pas. Le caractère placide de Kôhei contraste avec l’énergie de Taichi. Par ailleurs, l’auteure explique le caractère renfermé de Sugihara et le comportement de Sawara en dévoilant peu à peu leur passé. Elle alterne la narration entre les deux étudiants, dévoilant leurs sentiments complexes. En effet, Kôhei a perdu confiance et Taichi n’a jamais réfléchi à l’amour mais cherche à comprendre son ami.

La mangaka a un trait épuré et fin. Elle a un style presque shôjo, avec de grands yeux expressifs et des expressions exagérées. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page est dynamique. Pour l’instant, Fumino sensei se focalise sur les sentiments des personnages qui apprennent à se connaître. Il n’y a donc pas de scènes érotiques. Sous la jaquette, elle présente quelques recettes de la mère de Sugihara ainsi qu’une anecdote sur l’appétit de Taichi. La couverture, à dominance verte, se classe à la huitième place du classement au Chill chill BL award 2015.

En résumé

Au lieu d’aller en cours à l’université, Sagawa Taichi préfère chercher un petit travail. Mais à cause de son caractère fougueux, personne ne veut l’embaucher. Affamé et dégouté par sa malchance, il tombe en s’appuyant sur une barrière. Plus bas, il croise alors un étudiant qui mange seul et lui offre gentiment son bentô avant de partir. Le lendemain, alors que Taichi le recherchait pour lui rendre sa boîte repas, il apprend que Sugihara Kôhei est malentendant et a besoin d’un bénévole pour prendre des notes. Ne tenant pas compte des rumeurs sur la mauvaise réputation de ce dernier, Taichi propose de devenir son preneur de notes pour le remercier en échange de repas. Les deux jeunes hommes sympathisent vite. En effet, la forte voix de Taichi est audible pour Kôhei. Mais à la cantine, quand des étudiants critiquent le handicap de Kôhei, Taichi s’énerve et les corrige…

En conclusion

Ce tome obtient la cinquième place de la meilleure création de nouvel auteur au Chill chill BL award 2015. Il est également classé dix-septième meilleur manga et huitième meilleur manga original. L’auteure offre un récit très réaliste avec une relation qui se développe doucement. Ses personnages ont des défauts et des qualités. En parallèle, elle arrive à pointer les difficultés des personnes malentendantes. Je suis complètement conquise par cette douce romance délicate.

Only love – Aida Saki et Yamada Yugi

only love aida saki yamada yuki
AIDA Saki 英田サキ
YAMADA Yugi 山田ユギ
ISBN: 9782351804414
Taifu comics, 2010
ISBN: 9784813051879 (JP)
Taiyohtosho, 2009 (JP)
Titre original: たかが恋だろ
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Des sentiments non-dits, des relations ambiguës.

Aida Saki sensei arrive à sublimer le thème classique de l’ami d’enfance amoureux en secret depuis longtemps en y incorporant son univers. Ainsi, elle dévoile au fur et à mesure le passé des trois protagonistes et installe un triangle amoureux aux teintes légèrement dramatiques. Les deux enfants apportent une touche innocente et leur amour se confronte aux relations complexes entre les adultes. En effet, Takatsudo et Kyôsuke préfèrent garder leurs sentiments pour eux. En plus, comme Shin agit au lieu de communiquer, il entraîne son bien-aimé dans une relation peu consentie. L’auteure aborde la trahison, le mensonge, l’amour secret et la peur d’assumer son homosexualité. Par ailleurs, elle maintient le suspense jusqu’au bout. Elle développe aussi la psychologie de ses personnages. Depuis 12 ans, Takatsudo cherche encore son orientation sexuelle. Kyôsuke est attachant, tiraillé entre son métier et son envie de protéger ceux qu’il aime.

Yamada Yugi sensei a un style reconnaissable avec des visages presque carrés. Elle a un trait épuré, légèrement anguleux qui joue sur les pleins et les déliés. Toutefois, elle simplifie beaucoup les expressions dans les passages humoristiques, les résumant à quelques traits. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Ces dernières peuvent être très graphiques, avec des fleurs, des cœurs, des fraises ou des pois. Par ailleurs, la mise en page très dynamique, accompagne le regard. La mangaka censure les scènes érotiques en évitant de dessiner les détails mais en jouant surtout sur les angles de vue. Elle offre de magnifiques illustrations, simples mais fortes en émotions, en début de chapitre, mettant en avant les héros.

En résumé

Kurata Izumi, veuf, travaille dans un café et élève son fils, Makoto, avec le soutien moral de son beau-frère yakuza, Sawaragi Kyôsuke. Un jour, il rencontre un ami d’enfance, Takatsudo Shin, qui avait coupé les ponts avec lui sans explication à la fin du collège. Ce dernier accompagne à la maternelle son neveu Ai. Malgré des retrouvailles plutôt froides entre les anciens amis, les deux enfants s’avèrent être très complices. Ils sont donc amenés à se croiser souvent. A la surprise d’Izumi, Shin semble avoir oublié sa remarque au collège et cherche à renouer avec lui. Pourtant, en s’incrustant au prétexte d’un rendez-vous entre les enfants, il finit par se disputer avec le père célibataire en ressassant le passé…

En conclusion

Deux grands noms du BL qui s’associent pour nous offrir un one-shot simple mais palpitant. Les évènements s’enchaînent avec fluidité. On reconnaît immédiatement le style d’Aida Saki sensei, connue pour sa série phare de romans Deadlock. Les personnages ont des personnalités complexes. D’ailleurs, Yamada Yugi sensei arrive, à travers son dessin, à retranscrire l’ambivalence des protagonistes. De même, elle efface son style narratif au profit de celui d’Aida Saki sensei. Ainsi, le récit se nimbe d’une touche mélancolique. Un drama CD est sorti la même année. J’adore l’impertinence de Makoto qui détend l’atmosphère générale et incite les adultes à bouger. Même si le comportement de Takatsudo m’énerve un peu, je trouve qu’il va bien avec Izumi. J’aurais même préféré qu’il galère un peu plus. En plus, j’aime beaucoup le style graphique de la mangaka. Je suis donc conquise!

Le syndrome du tournesol – SHOOWA

le syndrome du tournesol shoowa
SHOOWA
ISBN: 9782351803646
Taifu comics, 2009
ISBN: 9784832285897 (JP)
Houbunsha, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Amour interdit et suspense.

SHOOWA sensei offre une romance avec en toile de fond une affaire d’espionnage, d’amnésie et d’usurpation d’identité. Elle maintient le suspense jusqu’au bout en semant des indices au fil des chapitres. Pourtant, elle sépare son histoire en deux parties: d’abord le secret entourant Kai et ses poursuivants, puis le cheminement de Sis pour reconstruire son passé. Les personnages ont des psychologies complexes. Kai nourrit un amour pour Sis mais exprime difficilement ses sentiments. Sis est méfiant envers tout le monde. Jin conserve une part de mystère mais se montre très protecteur. Il joue même les cupidons. L’auteure met en avant la difficulté de faire des choix et de les assumer, malgré parfois les regrets. Elle s’intéresse à la différence d’âge et au manque de confiance. De même, elle montre les hésitations d’entretenir une relation amoureuse consentie avec un mineur.

La mangaka a un trait épuré qui conserve une touche réaliste. Pourtant, elle dessine des contours plutôt épais. Elle respecte bien le style architectural occidental. Le métro et certains bâtiments français sont même reconnaissables. Les trames sont équilibrées mais les contrastes noir et blanc dominent. SHOOWA sensei s’attarde sur les petits gestes pour mettre en avant les indices. Elle joue surtout sur les angles de vue pour dynamiser sa mise en page. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes avec des points blancs.

En résumé

Sis Beckett a recueilli Kai (17 ans), le fils adoptif de son frère récemment décédé. Il n’avait pas de nouvelles du chercheur depuis plus de 10 ans et l’adolescent lui a seulement confié une carte mémoire dont il ne connait pas le mot de passe. En plus, il se fait plaquer par sa petite amie car il laisse tout le temps Kai venir dormir dans son lit. D’ailleurs, son ami Jin n’arrête pas de le taquiner à ce propos. Il lui apprend aussi que l’adolescent ne va pas toujours en cours et rencontre des inconnus. Inquiet, Sis suit Kai et demande alors des explications. L’adolescent lui révèle faire un petit travail de coursier, souhaitant aller à l’université et rester auprès de son nouveau tuteur. Alors que Sis lui avoue son attirance, Kai continue de venir dans son lit et accepte même de coucher avec lui.

En conclusion

Malgré le format court du one-shot, l’auteure maîtrise bien son scénario. L’enquête et le suspense sont tellement intenses qu’on en oublie la romance. Pourtant, c’est l’amour qui guide les choix des personnages. Ce BL peut donc intéresser tout le monde!

My hero’s dream 3 – Aomiya Kara

my hero s dream 3 aomiya kara
AOMIYA Kara 蒼宮カラ
ISBN: 9782375062715
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784758076784 (JP)
Ichijinsha, 2017 (JP)
Titre original: おこさまスター 3
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Une seule phrase, et tout s’écroule pour le cascadeur. »

Aomiya Kara sensei décortique les sentiments et les réactions des personnages après une séparation. Elle détaille les différentes étapes par lesquelles passent les personnages, selon leurs caractères: les regrets, la remise en question, l’auto-persuasion, l’incompréhension, le sentiment de culpabilité, la dépression, l’espoir. Elle développe un peu plus les personnages secondaires, en particulier Matsubara Haruomi. L’explication sur son comportement ambigu prend enfin tout son sens. Par ailleurs, les aînés de Kaidô utilisent l’homophobie comme prétexte pour le harceler. L’auteure met ainsi en avant la différence de perception de l’homosexualité entre les générations, les amis étudiants de Honda et les collègues de la même tranche d’âge du cascadeur étant plus ouverts. De même, elle montre la difficulté à gérer la solitude et le soutien qu’apporte les amis, ainsi que l’agence. La narration alterne entre les deux héros.

La mangaka a un trait épuré mais anguleux malgré la forme plutôt ronde de ses visages. Par contre, dans les passages humoristiques, elle dessine des personnages en SD tout arrondi et mignon. Elle détaille les gestes du quotidien pour mettre en avant la réflexion constante des personnages. Les décors sont présents dès que le plan s’élargit. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. Dans les scènes érotiques, Aomiya sensei évite de montrer les détails des parties intimes grâce aux cadrages. Sous la jaquette, elle donne une postface en image et présente les personnages d’Oko-sama box qui apparaissent dans le tome.

En résumé

Se sentant inutile, Honda a décidé de quitter temporairement Kaidô Ryô. Il trouve refuge chez son ami Kawasaki. Ce dernier prévient alors discrètement Kaidô pour le rassurer. Comme Honda ne cesse de penser à son petit ami, il se lance dans une quête acharnée pour trouver un emploi. Remarquant sa mélancolie, Kawasaki l’emmène à une soirée organisée par Ômiya Sôsuke où ils retrouvent leurs amis de l’université Mikawa Daiki et Shakuji Mitsuru. Comme Honda ne parle plus de son amant, ses amis trouvent les mots justes pour le réconforter et le motiver. Quand il obtient enfin un poste, Honda se précipite d’abord naturellement pour annoncer la bonne nouvelle à Kaidô, puis réalise qu’il lui manque énormément.

En conclusion

Comparé au tome précédent, l’auteure maîtrise un peu mieux son scénario, malgré encore quelques maladresses. Je pense qu’elle est plus à l’aise sur la description des sentiments. Voir Kaidô prendre de l’assurance fait plaisir. D’ailleurs, j’apprécie son évolution. J’aime beaucoup ce tome qui aborde des thèmes différents des classiques.

Kachô fûgetsu – beauties of nature 4 – Shimizu Yuki

kacho fugetsu beauties of nature 4 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782375062722
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784403664748 (JP)
Shinshokan, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Daiki, je suis venu ce soir pour que tu tiennes ta promesse. »

Shimizu Yuki sensei termine l’arc de Sawato et Daiki puis commence celui sur Hizuru. Elle maintient le suspense sur l’amnésie de Daiki en disséminant des indices au fil des pages. Le retour au présent se fait tout en douceur, en basculant la narration sur le potier. Ainsi le lecteur comprend d’un seul coup comment le couple reconstruit sa relation, la différence de caractère de Kanze ainsi que le gouffre qui s’était installé entre les deux hommes. Kuroi affiche une profonde blessure mais est conscient de son impuissance. Comparé au tome précédent, le ton général devient donc un peu plus dramatique. L’auteure décortique ensuite les sentiments de Hizuru, avec son amour devenu souffrance. Elle met également en avant la distinction que fait Yômei entre Tôko, Umi et Hizuru. L’amitié entre Ito et le jeune yakuza s’approfondit petit à petit. De même, on remarque que Hitomi ne contrôle pas totalement son bien-aimé.

La mangaka a un trait fin épuré et anguleux, avec une note rétro mais qui dégage beaucoup de charme. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, plutôt rares dans ce tome. Elle dessine particulièrement des regards expressifs. Par exemple, on devine immédiatement la peur de Sawato ainsi que la souffrance de Hizuru. Les décors soignés et présents ajoutent une touche réaliste. En plus, les trames sont variées. De même, la mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Shimizu sensei censure à peine les parties intimes, mais elle joue sur la lumière pour cacher les détails. Il y a parfois une fine bandelette blanche. Par ailleurs, elle s’attarde sur les sensations des personnages en choisissant des angles de vue originaux. Le lecteur comprend alors clairement que Sawato passe un moment désagréable pour sa première fois.

En résumé

Après avoir donné la belle assiette promise à Kuroi Sawato, Kanze Daiki est emporté dans un glissement de terrain. Aidé de ses amis, Sabbat arrive à le sauver. Mais le potier, ayant subi un choc à la tête, reste dans le coma pendant trois jours. A son réveil, Sawato fond en larmes, rassuré, puis l’embrasse. Gêné, le chef du village fuit alors et laisse la place à Airi qui souhaite faire le point avec son frère pour le travail. En effet, le four a malheureusement disparu. Mais Daiki semble avoir oublié son engagement pour l’exposition. Comme il avait promis une nuit d’amour à Sawato après lui avoir déclaré ses sentiments, le chef du village décide de retrouver le potier le soir de son retour chez lui…

En conclusion

Les évènements s’enchainent, provoquant des vagues d’émotions différentes à la lecture. Comme à son habitude, l’auteure prend son temps pour développer son histoire et ses personnages (souvent torturés) et dépeint avec précision leurs sentiments. Elle ne cache pas la violence de Daiki envers Sawato qui a retiré son premier consentement et la présente comme telle. D’ailleurs cette scène pourra choquer les personnes sensibles. J’ai tellement hâte de découvrir la suite de l’histoire de Yômei!

Le théâtre des fleurs 4 – Natsume Isaku

le theatre des fleurs 4 natsume isaku
NATSUME Isaku 夏目イサク
ISBN: 9782375061763
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784403666674 (JP)
Shinshokan, 2019 (JP)
Titre original: 花恋つらね 4
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

Difficile de filer le parfait amour sans moments intimes.

Natsume Isaku sensei offre une petite parenthèse humoristique et romantique entre Sôgorô et Gensuke avec la fête du lycée. Ainsi, elle met en avant la communication dans le nouveau couple et la difficulté à organiser des moments à deux à cause de leur emploi du temps chargé. Conscients de leur popularité, les deux lycéens préfèrent cacher leur relation. De même, ils tâtonnent dans leur relation intime, se questionnant et se découvrant mutuellement. D’ailleurs, le fait que tout ne se déroule pas facilement apporte un peu de fraîcheur, renforcée par leur innocence. Comme dans le tome précédent, l’auteure révèle encore quelques indices sur la relation entre Arai Jûichirô et Matsukawa Kikuemon, maintenant le suspense. Elle aborde les représentations de janvier d’Asakusa qui mettent en vedette les jeunes acteurs. Elle montre également l’influence des grands acteurs de kabuki auprès de la presse, avec le photographe Hide, ou d’autres troupes, avec Takamura Kumonosuke.

Le trait épuré et léché de la mangaka dégage parfois beaucoup de sensualité malgré sa simplicité. D’ailleurs, elle le simplifie encore plus dans les passages humoristiques, conférant une bouille adorable à ses personnages dont le visage devient presque rectangle. Les trames d’ambiance viennent appuyer les émotions mais également renforcer le côté comique. Les décors se font un peu plus discrets. Natsume sensei maîtrise parfaitement les diverses techniques graphiques pour rendre la mise en page dynamique. Dans les scènes érotiques, elle se concentre sur les sensations et les émotions, offrant même des passages amusants. Par ailleurs, elle joue sur les cadrages pour ne pas montrer les parties intimes ou trop de détails. Les illustrations en début de chapitre présentent plutôt le quotidien des personnages.

En résumé

Après avoir fait le point sur leurs sentiments réciproques, Arai Gensuke et Matsukawa Sôgorô sortent ensemble. Toutefois, ils décident de réfréner leurs ardeurs jusqu’à la fin de la tournée. Pourtant, les baisers de Gensuke se font de plus en plus torrides. Par ailleurs, leur jeu s’améliore grâce à leur rapprochement. A la fin de la tournée, Tsutamaru interrompt les deux tourtereaux en pleine discussion, inquiet en apprenant que Sôgoro a une entorse qu’il cachait. En effet, l’onnagata est un grand fan de Kikuemon et a peur de lui déplaire, rêvant de suivre au moins une fois ses cours. Son mépris envers Matsukawa n’était donc que de la jalousie. Les jeunes acteurs apprennent également que le grand-père de Sôgorô a rendu visite à Arai Unshô. Pourquoi?

En conclusion

Ce tome n’a pas été classé au Chill Chill BL award 2020 mais les lecteurs le citent parmi les meilleures séries pures qui fendent le cœur. D’ailleurs, ils ont envie d’encourager Arai Gensuke qui est encore classé parmi les meilleurs seme super darling. La relation entre les deux héros avance d’un grand pas. Mais les obstacles se dressent sur la route de leur bonheur. Je les trouve tellement adorables durant leurs moments intimes. Un simple câlin suffit à mon bonheur. Entre suspense, romance et découverte du kabuki, ce titre plaira au plus grand monde.

Le théâtre des fleurs 3 – Natsume Isaku

le theatre des fleurs 3 natsume isaku
NATSUME Isaku 夏目イサク
ISBN: 9782375061640
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784403666261 (JP)
Shinshokan, 2018 (JP)
Titre original: 恋花つらね 3
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

L’attachement de Gensuke est-il seulement professionnel ou également sentimental?

Natsume Isaku sensei fait avancer la romance entre les deux jeunes acteurs. Elle sème des évènements imprévus qui provoquent leur rapprochement mais apportent également beaucoup d’humour avec des situations presque burlesques. Par ailleurs, elle sème des indices sur la relation conflictuelle entre la troupe Ôtaniya et Tamanoya en révélant, sans pour autant le détailler, une bride du passé de Matsukawa Kikuemon. De même, Tsutamaru semble affecté par cette rivalité. Comme dans le tome précédent, l’auteure développe encore l’univers du kabuki en s’intéressant aux tournées et aux prêts d’acteurs entre troupes. Elle met ainsi en avant la pression et la perte de repères dans un environnement différent. De même, elle dévoile un peu plus les personnalités de Gensuke et Sôgorô. Pour leur âge, les deux lycéens montrent déjà une certaine maturité et une forte conscience professionnelle, contrôlant même leurs pulsions. Ils discutent facilement sur leur relation et leur projet de carrière.

Le trait épuré et simple de la mangaka est tout de même léché. Les décors s’estompent pour ne pas surcharger les pages. De même, les trames sont équilibrées. Même les trames d’ambiance graphiques s’intègrent discrètement. La mise en page dynamique utilise les ellipses, les vides, des cadrages variés, des emboîtements mais également divers angles de vue. Pour l’instant, Natsume sensei suggèrent certains passages érotiques comme la masturbation mais ne montre rien. Par ailleurs, les illustrations en début de chapitre transcrivent l’ambiance du récit.

En résumé

Après le baiser de Matsukawa Sôgorô qui lui a déclaré sa flamme, Arai Gensuke commence à réfléchir à ses sentiments. Mais son rival, pensant qu’il est influencé par la situation, le rejette. D’abord perdu, Gensuke va alors activement analyser ses sensations. Il décide d’aller voir jouer celui qu’il admire et réalise que sa jalousie et sa possessivité envers Sôgorô dépassent le milieu du kabuki. Inconsciemment, il le rejoint dans les coulisses à la fin du spectacle…

En conclusion

Même si ce tome ne se classe pas au Chill Chill BL award 2019, les lecteurs le citent parmi les meilleurs séries accessibles. En effet, impossible de ne pas s’attacher à ce couple en formation qui réfléchit, communique et teste même leur attirance. En plus, le côté ingénu de Sôgorô lui donne un côté adorable.

Le théâtre des fleurs 2 – Natsume Isaku

le theatre des fleurs 2 natsume isaku
NATSUME Isaku 夏目イサク
ISBN: 9782375061145
Taifu comics, 2018
ISBN: 9784403665592 (JP)
Shishokan, 2017 (JP)
Titre original: 花恋つらね 2
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Entre espérance et frustration.

Natsume Isaku sensei continue à présenter les spécificités du kabuki avec la position de partenaire attitré et la succession intra-familiale. De même, elle s’intéresse à la modernisation des pièces par des troupes de théâtre indépendantes, comme celle de Kaneko Takeichi, qui attire un public plus jeune. A travers les deux héros, elle montre la pression qui touche déjà les enfants ayant la responsabilité de perpétuer l’héritage familial. Ainsi, les motivations de Gensuke et Sôgorô sont différentes. De même, alors que la succesion de Matsukawa au sein de la troupe semble naturelle, celle d’Arai est orienté par celle de son frère aîné, Tsutamaru, qui interprète les rôles d’onnagata. Pourtant, la passion de Gensuke entraîne des quiproquos sur ses intentions. D’ailleurs, l’auteure joue sur cette mauvaise interprétation pour maintenir le suspense sur l’évolution de sa relation avec Sôgorô. Le côté protecteur de Chû ajoute aussi une touche d’humour.

Le trait de la mangaka, épuré et simple, a un certain charme. Elle n’hésite pas à dessiner les personnages en SD dans les passages humoristiques ou à exagérer les expressions. Elle porte une attention particulière à la gestuelle du kabuki, rendant leur dynamique. Les kimonos sont également soignés. Par ailleurs, les décors sont présents dès que le cadrage s’élargit. Les trames d’ambiance transcrivent les émotions. Natsume sensei présentent les personnages au début du tome, permettant de se repérer rapidement. De même, elle offre de magnifiques illustrations en début de chapitre, avec les personnages en costume de scènes. D’ailleurs, comme sur le tome précédent, la couverture montre un des personnages en pleine représentation, dans une couleur dominante.

En résumé

Pendant leur entraînement, Arai Gensuke (de son vrai nom, Noda Jumpei) enlace Matsukawa Sôgorô en lui déclarant vouloir ne le laisser à personne. Surpris, son partenaire ne sait quoi répondre mais à force de ressasser sans cesse ses paroles, il a du mal à se concentrer. En plus, Nishida lui laisse entendre que Gensuke a toujours éprouvé un amour à sens unique pour lui. Face à la gène qui s’installe entre eux, Arai propose alors d’oublier ce qu’il a dit afin de se consacrer entièrement à leurs répétitions. Pourtant, Sôgorô ne peut s’empêcher d’analyser ses sentiments. En effet, il s’identifie de plus en plus à son rôle. Et comme le personnage éprouve les mêmes sentiments que lui, son jeu change peu à peu…

En conclusion

Même si les positions du couple en formation n’ont pas encore été définies, les lecteurs japonais citent Matsukawa Sôgorô parmi les meilleurs uke séduisants au Chill Chill BL award 2018, appréciant sa gentillesse et son charme faisant oublier qu’il est lycéen. L’auteure aime décidément finir ses tomes sur des cliffhangers insoutenables. Pour avoir une petite idée de la modernisation du kabuki, je vous suggère de lire ce petit article sur la troupe Kinoshita-kabuki. J’adore le ton très réaliste de ce récit et ne peut que vous le recommander absolument!

Le théâtre des fleurs 1 – Natsume Isaku

le theatre des fleurs 1 natsume isaku
NATSUME Isaku 夏目イサク
ISBN: 9782375060964
Taifu comics, 2018
ISBN: 9784403665226 (JP)
Shinshokan, 2016 (JP)
Titre original: 花恋つらね 1
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Entre passion et rivalité.

Natsume Isaku sensei offre une comédie romantique dans l’univers du kabuki. Elle s’intéresse aux spécificités des pièces, des rôles mais également aux activités annexes comme la danse, la musique, les entrainements ou la concurrence entre troupes. Elle installe un duo d’acteurs rivaux avec beaucoup de caractère. L’arrogant Matsukawa manque en réalité de confiance en son jeu, apportant une touche d’humour. Il évolue très vite sous l’influence d’Arai. Ce dernier est un admirateur du jeune acteur et ne comprend pas son sentiment de jalousie. Leur rivalité leur permet tout de même de progresser et de se rapprocher. De même, les deux lycéens sont soutenus par des amis: l’acteur Tsuchiya Hiroto et le mannequin Nishida. Par ailleurs, l’auteure met en avant la pression de la réputation d’une famille célèbre. Elle présente deux styles d’approches du jeu d’acteurs avec Sôgorô plutôt cérébral et Gensuke tout en sensibilité.

La mangaka a un trait épuré tout de même léché. Elle exagère légèrement les expressions, donnant de l’impact aux émotions. En plus, les trames d’ambiance viennent les appuyer. Les décors sont discrètement présents. Natsume sensei soigne particulièrement les costumes. Il y a d’ailleurs beaucoup de kimonos. La mise en page dynamique simplifie la lecture. Comme l’histoire prend son temps, il n’y a pas de scènes érotiques pour l’instant. Les illustrations en début de chapitre présentent le quotidien des acteurs comme les répétitions, le maquillage, les moments de pause…

En résumé

Azuma Shûgo (17ans), d’une célèbre famille d’acteurs de kabuki, a obtenu son nom de scène, Matsukawa Sôgorô, à 7 ans et joue depuis dans la troupe Tamanoya. Toutefois, sensible aux critiques, il doute parfois de son talent depuis qu’il a vu jouer son rival Arai Gensuke. Ce dernier est l’héritier de la famille d’acteurs de Kabuki Ôtaniya. En plus, les deux lycéens sont dans la même classe. Même si Gensuke cherche à se rapprocher de Sôgorô qu’il admire, son rival le fuit. Mais un jour, Matsukawa apprend qu’il devra jouer dans la même pièce avec Arai. D’ailleurs, son grand-père, Kikuemon, entreprend immédiatement un rude entraînement afin d’améliorer le jeu d’onnagata du lycéen. Gensuke les rejoint alors pour intégrer la répétition. En effet, il interprétera le jeune époux. Arriveront-ils à surpasser leur rivalité pour leurs rôles respectifs?

En conclusion

Ce tome a obtenu la vingt-troisième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2017. Étonnamment, Sôgorô et Gensuke arrivent à transmettre aux lecteurs leur passion pour leur métier et donnent envie de découvrir leur univers. Adorant le kabuki, j’étais déjà conquise. L’histoire va prendre son temps mais c’est pour mon plus grand plaisir.

My hero’s dream 2 – Aomiya Kara

my heros dream 2 aomiya kara
AOMIYA Kara 蒼宮カラ
ISBN: 9782375062401
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784758075626 (JP)
Ichijinsha, 2016 (JP)
Titre original: おこさまスター 2
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Difficile de profiter d’une vie amoureuse quand le quotidien est surchargé.

Aomiya Kara sensei s’intéresse à la difficulté de concilier vie active et vie privée, ainsi que de soutenir son partenaire. Elle nous plonge durant les années universitaires de ses héros. Elle alterne la narration entre Kaidô et Honda. Alors que le couple discutait beaucoup de leur avenir au lycée, il ne communiquent plus assez, happés par leurs activités. Ainsi, Kaidô ne s’épanouit pas dans son travail mais ne se confie pas. Et Honda a l’impression d’être inutile et a peur de gêner. Un malaise s’installe malgré eux. L’auteure introduit de nouveaux amis qui vont influencer les héros: l’acteur Matsubara Haruomi et l’étudiant Kawasaki. Elle aborde également avec réalisme les premiers rapports consentis du couple avec les questions de la position passif et actif et les préparatifs. Comparé au tome précédent, le ton est beaucoup plus sérieux. L’histoire bonus donne une anecdote sur le lycée.

La mangaka a un trait épuré anguleux reconnaissable. Elle le simplifie et le déforme dans les passages humoristiques. Elle dessine parfois leur tête en SD. Par ailleurs, le travail des yeux s’affine au niveau des pupilles. Les deux héros rougissant facilement, des hachures recouvrent souvent la moitié de leur visage. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page est dynamique. Par contre, les flash-back apparaissent parfois confus et brouillent un peu la lecture. Aomiya sensei ne censure pas les scènes érotiques mais elle ne montre pas les parties intimes grâce aux angles de vue et les cadrages. Sous la jaquette, elle donne une postface illustrée.

En résumé

Kaidô Ryô et Honda Kyôsuke réfléchissent énormément à leur avenir après le lycée. Le jeune acteur se formera au métier de cascadeur tandis que le lycéen pense prendre un petit travail en parallèle de ses études à l’université. Mais Kaidô n’a pas envie de se séparer de son petit ami. Ce dernier lui propose alors d’emménager ensemble. Ils vont donc enfin vivre en amoureux…

En conclusion

L’auteure dépeint les premiers pas dans la vie adulte de ses deux héros, avec toutefois quelques maladresses. Même si cela se veut réaliste, j’ai du mal à y croire. Voir leur relation se dégrader peu à peu uniquement par manque de communication et de temps, alors qu’ils partageaient tout avant, semble un peu léger. A croire qu’ils n’ont aucune confiance envers leur partenaire alors qu’ils sont ensemble depuis plus de trois ans. En plus, leur abstinence sexuelle paraît improbable depuis le temps qu’ils se tournent autour. La fin du volume s’arrête en plein suspense. J’ai donc hâte de voir comment cela va se dérouler.