Endless sound – cielo

endless sound cielo
cielo
ISBN: 9782368775981
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784801957664 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

« Quand la musique exprime ce qui ne peut être dit avec des mots. »

Cielo sensei narre la romance entre deux lycéens passionnés de musique techno. Malgré des profils de personnages soigneusement réfléchis, le format court empêche de les exploiter pleinement. L’univers musical n’est qu’un prétexte pour créer un lien entre les deux héros. Tandis que Sanjô était un tombeur hétérosexuel mais ouvert, il va découvrir le véritable amour avec Ikarashi. Sa vision du sexe change radicalement. Le seme inexpérimenté avec les hommes communique sans honte avec son uke habitué. Alors que la relation consentie débute en tant que sex friend, les sentiments viennent vite s’en mêler. En introduisant DJ Julian, l’auteure permet d’ajouter quelques tensions et précipiter les évènements. Elle traite avec humour la relation à distance dans une histoire bonus. Elle complète ce volume avec un court récit aux thèmes intéressants comme le sado-masochisme, la prostitution, la solitude, le manque d’amour mais le format court empêche d’approfondir l’évolution des sentiments.

La mangaka a un trait plutôt léché, dans un style graphique assez classique rappelant certains shôjo. Elle n’hésite pas à simplifier ses traits pour les passages humoristiques et à transformer ses personnages en super deformed. En outre, les héros rougissent facilement. Les trames d’ambiance variées alternent avec les décors. Par ailleurs, la mise en page est dynamique. En fin de chapitre, une vignette conclut graphiquement le récit. Sous la jaquette, des fiches personnages les présentent en détails. Les scènes érotiques paraissent un peu brouillon, les parties intimes étant intégralement hachurées. En plus, les cadrages permettent d’en montrer moins.

En résumé

Endless sound / After story Promesse éternelle / Allô? Chuuut!: Sanjô (18 ans) adore la musique techno. Comme ses amis sont peu intéressés, il décide d’aller seul au concert de DJ Imai. Dans la classe, Ikarashi Minami (20 ans) qui a toujours des écouteurs sur les oreilles, préfère rester seul dans son coin. Sanjô n’ose donc pas l’aborder, mais quand il le croise au game center à la borne du jeu vidéo musical qu’il adore, il lui propose de venir au concert avec lui. La remarque d’Ikarashi lui rappelant que le club est interdit aux mineurs le vexe. Néanmoins, Sanjô réussit tout de même à s’infiltrer dans la boîte de nuit. Quand la musique de DJ Minami lui procure un effet excitant, quelle n’est pas sa surprise de découvrir son camarade de classe aux platines. Au bar, Ikarashi l’empêche alors de boire une bière mais ne supportant pas l’alcool, il s’effondre. Le responsable du club, Higa (38 ans) demande au lycéen de le ramener chez lui. En partant, Minami l’embrasse. Mais pourquoi rougit-il?
Interdiction d’aimer ce chat abandonné: Yamada Daisuke (40 ans) a hérité d’un immeuble de sa tante qui l’a élevé. Un jour débarque Kawachi Ayumu (22 ans) qui serait de la famille éloignée. Mais le jeune homme orphelin est arrivé trop tard pour voir la tante. Yamada lui propose alors un logement. Mais depuis, les voisins, en particulier l’étudiant Nakamura (20 ans), ne cessent de se plaindre du bruit. Venu voir, il surprend Ayumu avec deux hommes qui le violentent…

En conclusion

Ce recueil a obtenu la onzième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2018. Il a beaucoup de potentiel, abordant des thèmes intéressants. J’ai même trouvé « Interdiction d’aimer ce chat abandonné » plus accrocheur. Malheureusement, le traitement reste un peu léger: par exemple, Minami, réservé au premier abord, communique plus facilement grâce à la musique. Mais cela n’est pas clairement mis en avant. Néanmoins, la beauté du graphisme nous fait oublier son manque d’originalité. On passe tout de même un excellent moment à la lecture de ce manga. Et il est agréable de voir un uke entreprenant pour les parties de jambes en l’air.

Hide and seek 3 – Sakuragi Yaya

hide and seek 3 sakuragi yaya
SAKURAGI Yaya 桜城やや
ISBN: 9782351809358
Taifu comics, 2015
ISBN: 9784041211328 (JP)
Kadokawa, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Je ne peux pas passer mon temps à rêver. Je veux aussi avoir un avenir avec toi. »

Sakuragi Yaya sensei s’intéresse toujours à la stabilisation d’une relation. Après l’évolution des sentiments, elle s’attarde sur l’avenir et l’engagement. Ainsi, elle aborde la difficulté à gérer le lourd passé de son partenaire et la peur de reproduire l’échec du mariage. Les deux hommes qui discutent plus facilement cherchent à s’harmoniser sur les besoins de l’autre en faisant des concessions mutuelles. En participant à la narration, Chisuzu apporte une touche d’humour avec son regard enfantin sur son père et le médecin. D’ailleurs, l’auteure dévoile un peu plus le passé de Tanihara ainsi que la situation particulière de la fillette. Elle questionne aussi sur la famille et le rôle du père. Indirectement, elle met en avant la disparition des petits bazars avec la baisse de natalité et les modes de consommations différents. L’histoire bonus donne une anecdote amusante sur les fantasmes de cosplay de Shûji.

Malgré un trait épuré et anguleux, la mangaka dessine des pommes d’Adam bien saillantes et des hommes aux visages masculins. Par ailleurs, elle varie beaucoup les expressions faciales, en particulier Tanihara qui affiche différentes moues adorables. Les décors sont détaillés. Par exemple, l’ambiance du bazar paraît presque authentique et nostalgique. Les trames d’ambiance transcrivent les émotions. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Sakuragi sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Comme dans le tome précédent, elle présente deux illustrations des héros au dos de la couverture. Par contre, ici, les dessins donnent une anecdote amusante du recto, avec un échange de tenue rappelant le cosplay du chapitre bonus.

En résumé

Tanihara Shûji et Saji Takafumi deviennent de plus en plus intimes. Toutefois, le gérant du bazar n’aime pas être câliné après l’amour. Le médecin essaie alors de savoir ce qui le gêne. Mais son amant finit par fuir suite à une remarque. Lors d’une visite de Ryômei à la boutique, Tanihara réalise au fil de leur discussion, qu’il doit simplement faire des efforts pour s’habituer à sa nouvelle situation, tout comme il réfléchit constamment à des solutions pour maintenir sa boutique à flot suite à la baisse des ventes de magazines et de cigarettes. Il décide donc de montrer un peu plus ses concessions à son partenaire qui accepte volontiers d’aller à son rythme…

En conclusion

La conclusion de cette romance adulte me transporte de bonheur. En effet, bien que les thèmes abordés concernent l’installation d’un couple gay, les solutions proposées peuvent s’appliquer à tout le monde en réalité. Car l’auteure se focalise principalement sur la construction du bonheur et sur l’harmonie du couple et de la famille qui peut ainsi surmonter toutes les épreuves extérieures. Une note positive et agréable.

Hide and seek 2 – Sakuragi Yaya

hide and seek 2 sakuragi yaya
SAKUTAGI Yaya 桜城やや
ISBN: 9782351809334
Taifu comics, 2015
ISBN: 9784041207222 (JP)
Kadokawa, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Je me sens comme une veuve qui se fait draguer… »

Sakuragi Yaya sensei dévoile le passé de Saji. Comparé au tome précédent, elle développe un peu plus la psychologie de ses personnages. Ainsi, le pédiatre se révèle plutôt peu sûr de lui derrière sa franchise, marqué par des échecs répétés. En effet, il essaie de retenir son amour étouffant. Tanihara réalise que ses sentiments pour le médecin évoluent mais a peur de s’attacher. En introduisant le profiteur Yukihisa, l’auteure bouscule un peu le couple et l’oblige à se confronter à leurs véritables désirs. Elle s’intéresse aux doutes et aux hésitations qui naissent lorsqu’une relation devient sérieuse. De même, elle met en avant les efforts fournis mutuellement pour maintenir un équilibre dans une relation. La narration alterne entre les deux héros, partageant ainsi leurs réflexions profondes. Le manque de franchise envers soi-même ne compense pas les discussions entre amoureux.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle dessine des nez et des mentons pointus et longs qui donnent un profil très découpé. De même, elle travaille beaucoup les regards, offrant une variété d’expressions. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors, plutôt détaillés, s’estompent pour ne pas surcharger la case. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Sakuragi sensei censure les parties intimes en jouant sur les angles de vue ou en les cachant avec des trames. De même, elle ne les détaille pas. Les illustrations en début de chapitre sont en lien avec le récit sans pour autant en dévoiler trop. Les illustrations couleurs sont magnifiques et dégagent de la sensualité. En particulier, au dos de la jaquette, les deux héros semblent très complices dans une activité commune.

En résumé

Depuis que Tanihara Shûji a vu Saji Takafumi embrasser un autre homme, il s’interroge sur leur relation. D’autant plus que le pédiatre passe à la boutique pour offrir un cadeau à Chisuzu et le prévenir qu’ils ne se verront plus pendant un certain temps. Au supermarché, le commerçant croise par hasard celui qu’il soupçonne être l’amant du médecin et se retrouve même à le raccompagner à la clinique en partageant un parapluie. Quand Saji arrive, Tanihara, se sentant mal à l’aise face à leur complicité apparente, décide de rentrer. Mais le pédiatre le raccompagne et tente de s’expliquer: Sudô Yukihisa est un collègue qui s’est installé temporairement chez lui et qui l’entraine souvent dans ses problèmes. Arrivé devant chez lui, Tanihara embrasse alors Saji avant de rentrer, confus de son propre comportement.

En conclusion

Cette romance adulte aborde avec réalisme la distinction entre sentiment et sexe. Le couple est attendrissant car tout à fait conscient et respectueux des attentes de l’autre. Les voir chercher le bonheur en s’adaptant, quitte à avoir une relation bancale, est rafraichissant. J’aime beaucoup l’évolution du couple qui se pose les bonnes questions. Un titre sans prétention au premier abord mais qui parle d’amour avec simplicité.

Hide and seek 1 – Sakuragi Yaya

hide and seek 1 sakuragi yaya
SAKURAGI Yaya 桜城やや
ISBN: 9782351809327
Taifu comics, 2015
ISBN:‎ 9784041202678 (JP)
Kadokawa, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« J’aimerais te connaître mieux. »

Sakuragi Yaya sensei narre une romance déséquilibrée entre un médecin sérieux et un commerçant nonchalant. Elle joue sur l’opposition des caractères ainsi que la différence d’approche de la relation amoureuse. Tandis que Saji a le coup de foudre, Tanihara voit ses sentiments évoluer petit à petit, d’abord curieux et intrigué par la franchise et les réactions imprévues du docteur. Le couple apprend à se connaître et à s’apprécier, d’autant plus que leur compatibilité sexuelle est très bonne. Par contre, Chisuzu paraît très mûre pour son âge. Toutefois, elle apporte une touche d’humour avec ses remarques pertinentes. La narration alterne entre les deux héros. Ainsi, l’auteure analyse, avec un ton léger, comment les caractères contraires s’attirent. Elle fait intervenir le prêtre Ryômei, l’ami de Shûji, qui permet au commerçant de faire des introspections et garder les pieds sur terre.

La mangaka a un trait épuré et légèrement anguleux au style reconnaissable. Elle dessine des visages ovales avec des yeux effilés et de grandes bouches. De même, les corps sont plutôt sveltes. Les trames d’ambiance accompagnent les émotions. D’ailleurs, un certain équilibre dans l’utilisation des trames donne un rendu assez réaliste des ombres. Les décors apparaissent dans les plans larges. Dans les scènes érotiques, Sakuragi sensei censure les parties intimes grâce aux angles de vue ou par l’absence de détails.

En résumé

Tanihara Shûji tient un petit bazar. Même si les clients se font rares, il est heureux de réaliser son rêve même s’il vit simplement. En plus, il élève Chisuzu, la fille de son ex-femme. Un jour, un homme au visage sévère, habillé en costume, vient lui acheter des jouets. Le commerçant est alors intrigué par le contraste entre son physique et son comportement. Quand sa fille tombe malade, il découvre que l’étrange client est pédiatre et remplace son grand-père hospitalisé. Contaminé par sa fille, Tanihara s’amuse de voir le médecin le traiter comme un enfant lors de sa consultation. En plus, Saji continue à s’inquiéter de sa santé lors de sa visite à la boutique. Apprenant que sa chaudière est cassée, il lui avoue alors être gay avant de lui proposer de prendre le bain chez lui. Curieux de nouvelles sensations, Tanihara accepte même de se laisser séduire.

En conclusion

Ce tome est cité parmi les meilleurs mangas érotiques du Chill chill BL award 2012. Ce spin-off de Yume musubi, koi musubi peut se lire seul. En effet, Ryômei fait juste des apparitions rapides. J’adore la dynamique qui s’installe entre les deux hommes. L’auteure présente une relation adulte et consentie, avec des objectifs clairement différents mais respectés par chacun.

My hero’s dream 4 – Aomiya Kara

my hero s dream 4 aomiya kara
AOMIYA Kara 蒼宮カラ
ISBN: 9782375062883
Taifu comics, 2021
ISBN:978-4758078474 (JP)
Ichijinsha, 2018
Titre original: おこさまスター4
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« T’es un héros chaque jour. »

Aomiya Kara sensei fait à nouveau un saut dans le temps et s’intéresse à la vie active de ses deux héros. Néanmoins, sa vision romantique dégouline un peu trop de mièvrerie. Comme elle précise dans ses commentaires, ce tome regroupe des histoires bonus sur le couple. Et cela s’en ressent fortement. Malgré une continuité évidente, chaque chapitre porte sur un thème précis: église, soft SM, onsen. Toutefois, l’essentiel reste cohérent. Ainsi, l’auteure aborde la confirmation des sentiments, l’engagement, le coming out à la famille. Comme dans le tome précédent, elle montre la vision différente de l’homosexualité selon les générations, ainsi que l’ouverture d’esprit de la famille Honda qui a déjà été confrontée à l’homophobie.

Le trait épuré et anguleux de la mangaka évolue encore un peu. Cela se remarque particulièrement dans le chapitre onsen dans lequel elle utilise un trait plus simplifié et moins de trames. D’ailleurs, elle reprend encore ce style dans les passages humoristiques, arrondissant totalement les têtes ou dessinant des personnages en SD. Avec la gêne, les personnages rougissent très facilement, leur donnant un côté innocent malgré leur âge. Les trames d’ambiance, très graphiques (points, étoiles, bulles…), accompagnent les émotions. Les autres trames sont, quant à elles, équilibrées. Les décors, pourtant détaillés, situent principalement l’action. La mise en page reste dynamique. Aomiya sensei ne censure pas directement les scènes érotiques, jouant sur les cadrages et les angles de vue pour cacher les parties intimes. En plus, elle assombrit les vignettes par des trames. Sous la jaquette, elle dessine sa postface, donnant une chronologie bien utile.

En résumé

Déjà deux ans que Honda Ryô a quitté l’université et travaille. Suite à un rôle important, Kaidô Kyôsuke joue maintenant dans des films d’action. Il a même obtenu une proposition d’audition à Los Angeles, où il habite actuellement. Chaque jour, son petit ami et lui s’appellent. Malgré la distance difficile à supporter, Ryô encourage Kyôsuke, regrettant encore de l’avoir abandonné quelques temps…

En conclusion

L’auteure offre une conclusion très positive, presque fleur bleue, à son récit. Cela ne me déplaît pas mais je trouve dommage qu’elle effleure des sujets intéressants sans les développer pour tout miser sur l’amour avec un grand A. Le couple a enfin trouvé son équilibre, nous offrant des moments tendres qui font du bien au cœur. Et puis l’illustration de la couverture est tellement mignonne!

Tokyo en avril… 2 – Haru

tokyo en avril 2 haru
Haru ハル
ISBN: 9782382760352
Hana, 2021
ISBN: 9784813032571 (JP)
Taiyohtosho, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Tu es mon Tokyo en avril. »

Haru sensei conclut sa romance en transposant son sujet principal sur des thèmes plus généraux. Ainsi, après avoir analysé les sentiments de ses deux personnages, elle s’attarde sur la vision de leur relation par leur entourage. Elle s’intéresse donc à l’homophobie à travers Sanada, mais également à la perception ambiguë de la mère de Takizawa. La narration alterne toujours entre les deux héros, permettant de comprendre leurs réflexions personnelles. L’auteure continue à développer le passé des deux garçons, mettant en avant leur impuissance face aux décisions de leurs parents. Elle aborde également le harcèlement sexuel en entreprise, ainsi que les difficultés rencontrées par les victimes pour obtenir justice. Même si elle ne suit pas le procès en détail, elle donne toujours quelques indices sur son évolution. L’histoire bonus offre une anecdote toute mignonne sur le couple.

Le trait épuré et léché de la mangaka joue sur les pleins et déliés, donnant beaucoup de douceur et rappelant le style shôjo. Elle simplifie ses traits dans les passages humoristiques. D’ailleurs, les deux héros rougissent facilement. Les personnages ont différentes morphologies. Par exemple, Takizawa est finement musclé tandis que Ishihara paraît beaucoup plus sec. Les décors, détaillés, renforcent l’aspect réaliste par leur présence presque constante. En plus, les trames sont équilibrées. La mise en page est dynamique grâce aux angles de vue et aux cadrages de différentes formes. Dans les scènes érotiques, Haru sensei censure les parties intimes avec de fines bandelettes blanches. Après une couverture présentant les héros dans leur quotidien de jour, sur le tome précédent, elle offre une illustration plus câline, de nuit.

En résumé

Takizawa Kazuma et Ishihara Ren sont sex friend depuis deux mois. Ren a instauré des règles limitant les contacts que Kazuma suit scrupuleusement. A la demande de son ancien chef qui a créé sa propre entreprise, Ishihara lui présente Takizawa. En apprenant que Kazuma travaille aux ressources humaines, le designer met alors en garde son ancien collègue, lui exhortant de se méfier de Sanada. Pendant que les deux amants passaient du bon temps, Maeda, cheffe de la section design 2, appelle en urgence Ren. En effet, l’acteur Furuya Kô qui a signé plusieurs contrats avec eux, fait maintenant l’objet de graves scandales. Toutes les équipes sont donc mobilisées pour trouver des solutions. Bien qu’officiellement désigné pour aider son ami, Takizawa ne le voit pas souvent. Quand les soucis sont enfin réglés, Ren se laisse câliner par Kazuma et finit même par rester chez son sex friend

En conclusion

Ce tome obtient la dix-huitième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2021. Je trouve le dénouement magnifique, avec ce couple trop mignon. Ils ressemblent à un couple d’adolescents follement amoureux, même si ils mettent du temps à réaliser l’intensité de leurs sentiments. En plus d’un beau graphisme, l’auteure dépeint avec finesse les émotions et les réactions. Un énorme coup de cœur pour moi!

Coup de foudre pour Cupidon 2 Deuxième choc – Suzumaru Minta

coup de foudre pour cupidon 2 suzumaru minta
SUZUMARU Minta 鈴丸みんた
ISBN: 9782382760260
Hana, 2021
ISBN: 9784864423762 (JP)
Tokyo mangasha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Quand une amitié naissante perturbe une relation amoureuse.

Suzumaru Minta sensei dessine pour la première fois une suite, ébranlant la relation des deux héros de Coup de foudre pour Cupidon. Elle s’intéresse particulièrement à la fragilité du couple. Ainsi, devant le beau et réputé Takeo, Shingo perd encore le peu d’estime qu’il a de lui-même. En plus sa possessivité maladroite crée des tensions. Le couple enchaîne alors les quiproquos. Ao, têtu, n’arrive pas à comprendre le comportement de son petit ami avant de réaliser qu’il a les mêmes doutes. Ainsi, l’auteure montre comment une amitié imprévue perturbe un couple encore en manque de confiance. Elle met en avant le manque de communication ainsi que les doutes qui persistent sur l’orientation sexuelle malgré des sentiments forts. En fin de tome, elle offre deux histoires bonus plus câlines sur le couple.

La mangaka a un trait doux et épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, donnant des bouilles trop mignonnes à ses personnages. Elle varie les trames sans en abuser et utilise rarement les trames d’ambiance. Les décors sont plutôt présents. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Suzumaru sensei ne détaille pas les parties intimes. A la fin de certains chapitres, elle offre des yonkoma amusants, dont un présentant avec humour Takeo. De même, sous la jaquette, des yonkoma donnent des anecdotes mignonnes, mettant en avant les personnages secondaires.

En résumé

Nagata Shingo et Todoki Ao filent le grand amour et déjeunent toujours ensemble au lycée. Shingo a également amené un souvenir de ses vacances à Hokkaido : un petit strap sur le même thème qu’ils auront en commun. Comme la fête du sport se prépare, il est inscrit dans le groupe de danse pendant qu’il rêvassait. D’abord dépité, il se demande alors si son petit ami ne sera pas jaloux, une légende circulant sur la popularité de cette activité. Quand il rejoint Ao, il le trouve en pleine dispute avec un troisième année, Sudô Takeo. Or ce dernier n’est autre que le responsable du groupe de danse. Et il fait mener un entrainement très intensif, désirant absolument gagner. Nagata ne peut donc plus voir aussi souvent son petit ami qu’avant. Alors que Todoki a perdu son strap, il retourne au lycée le chercher malgré l’orage menaçant. Mais Takeo l’a trouvé avant lui…

En conclusion

Ce tome obtient la cinquième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2020. Nagata Shingo est classé onzième meilleur seme et Todoki Ao cinquième meilleur uke. L’auteure en profite pour approfondir un peu plus leurs sentiments pour notre plus grand plaisir. Si vous avez aimez le premier tome, il vous sera indispensable!

Blanc 2 – Nakamura Asumiko

blanc 2 nakamura asumiko
NAKAMURA Asumiko 中村明日美子
ISBN: 9782382760413
Hana, 2021
ISBN: 9784863498495 (JP)
Akaneshinsha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

Le plus beau jour d’une vie pour un couple.

Nakamura Asumiko sensei conclut sa série dans un festival d’émotions. Elle délaisse un peu l’analyse des sentiments pour se consacrer pleinement à la réconciliation et l’évolution de Kusakabe et Sajô. Ainsi, les deux garçons entrent un peu brusquement dans la vie adulte, perdant petit à petit leur candeur. La famille Kusakabe, en particulier la mère, apporte une touche d’humour agréable après le cumul d’événements dramatiques. Par ailleurs, l’auteure s’intéresse aux diverses émotions lors de l’officialisation d’une relation ainsi que les différents moyens pour faire accepter son homosexualité. Avec Hiraoka, l’agent de Kusakabe, elle met en avant d’autres réactions positives, en particulier parmi les jeunes générations, plus ouvertes. Grâce à sa touche narrative particulière, elle transmet avec douceur les différents sentiments de ses personnages, faisant encore évoluer les personnages secondaires jusqu’au bout.

La mangaka a un trait anguleux presque dépouillé. Elle exagère les expressions, renforçant l’impact des émotions. Par ailleurs, elle utilise avec parcimonie des trames plutôt claires, préférant jouer sur les contrastes noir et blanc. Ce traitement sied parfaitement à son style, mettant en valeur son trait fin. Les décors situent principalement l’action. La mise en page dynamique rythme la lecture, avec ses angles de vue variés. Nakamura sensei exploite avec brio les grandes vignettes ou les pleines pages. D’ailleurs, elle débute ses chapitres par une grande image immersive. Elle ne montre pas les détails dans les scènes érotiques, jouant sur les angles de vue et les cadrages. Pourtant, la sensualité et la passion sont bien exprimées. L’illustration de la jaquette est la continuité de celle du premier tome. Mises côte à côte, elles forment donc un dessin final magnifique du couple.

En résumé

Après un cauchemar, Sajô Rihito, encore à moitié endormi, enlace Kinosaki Hideto. Son ami lui fait alors remarquer qu’il devrait plutôt se réconcilier rapidement avec son petit ami. Bien qu’ils sont maintenant séparés, Kusakabe Hikaru prend soin de la mère de Rihito, à nouveau hospitalisée, comme il le lui a promis. Kumi est très enthousiaste des CD musicaux qu’il lui a gravés et a deviné que la dernière chanson est composée par le jeune homme. Gêné, ce dernier finit par lui avouer la situation critique de leur couple. Mais Kumi l’encourage à persévérer, lui révélant quelques secrets sur le comportement de son fils, qui a tendance à s’isoler, même avec elle. Hikaru ne peut retenir ses larmes, étant toujours amoureux de Rihito. Lorsqu’il envoie des nouvelles, Sajô le remercie et l’appelle.

En conclusion

Comme le remarquent certains personnages secondaires, la relation entre Sajô et Kusakabe paraît tout à fait naturelle. Leurs sentiments sont palpables, même à la lecture. L’auteure arrive, avec son style narratif et son graphisme expressif, à transmettre les émotions de ses personnages, impliquant presque le lecteur dans le récit. Une série à lire absolument!

Blanc 1 – Nakamura Asumiko

blanc 1 nakamura asumiko
NAKAMURA Asumiko 中村明日美子
ISBN: 9782382760406
Hana, 2021
ISBN: 9784863498433 (JP)
Akaneshinsha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Loin des yeux, loin du cœur?

Nakamura Asumiko sensei développe un peu plus l’évolution de la relation de Kusakabe et Sajô depuis O.B.. Elle s’attarde sur leurs sentiments complexes et leurs doutes. Elle aborde donc les incertitudes sur l’avenir d’un couple homosexuel, l’envie d’officialiser leur statut de couple ainsi que la difficile gestion des obligations du monde adulte, chronophage, sur la vie amoureuse. En effet, la carrière de Hikaru stagne et Rihito n’arrive plus à se projeter dans l’avenir. La relation à distance augmente le manque de communication des deux hommes qui ont déjà tendance à intérioriser leurs réflexions. L’auteure met en avant les personnages secondaires qui guident et soutiennent le couple, comme Hara et Miyamura. Par un évènement dramatique, elle oblige ses deux héros à se confronter à leur lâcheté et leurs profonds sentiments. En effet, Sajô préfère fuir le bonheur pour éviter de souffrir plus tard.

La mangaka a un trait légèrement anguleux, très épuré, presque dépouillé mais malgré tout léché. Elle exagère un peu les expressions des visages et porte attention aux petits gestes. Par ailleurs, elle dessine des personnages longilignes. Les décors apparaissent sur les plans élargis mais s’estompent souvent autour des personnages. Nakamura sensei utilise les trames avec parcimonie, privilégiant donc les contrastes noir et blanc. La mise en page est dynamique. Il n’y a pas de scènes érotiques. Le titre noir et vernis donne un bel effet sur la couverture blanche et mate, avec le dessin de Sajô uniquement en gris.

En résumé

A 20 ans, Sajô Rihito et Kusakabe Hikaru ont échangé des anneaux en se promettant de se marier. Mais depuis, Rihito a l’impression que leur relation s’étiole avec l’éloignement. D’ailleurs, il reçoit encore un appel de son petit ami qui annule leur rendez-vous du week-end, devant remplacer un collègue à son travail. Libre, l’étudiant accepte alors de participer à un séminaire avec ses camarades de classe. Tout en discutant autour d’un barbecue, Sajô, qui termine sa licence, réalise soudain qu’il n’a plus vraiment de projets d’avenir. De son côté, Kusakabe décide finalement de rejoindre son petit ami après avoir rencontré un membre de son ancien groupe de musique. En effet, il n’arrive pas à se souvenir de la date de leur dernière rendez-vous amoureux. Sur le pas de la porte, assailli de doutes, Rihito lui demande à prendre du recul. Hikaru lui rend alors sa bague…

En conclusion

Ce tome a obtenu la seconde place de la meilleure série au Chill chill BL award 2021. Kusakabe Hikaru est classé septième meilleur seme et Sajô Rihito neuvième meilleur uke. L’auteure dépeint avec pudeur et finesse les sentiments contradictoires de ses personnages, qui se font happer par leur quotidien et maintiennent difficilement leur relation, malgré leur amour réciproque. En plus des deux héros, elle développe également leur entourage donnant un ton très réaliste au récit. Une lecture essentielle, surtout pour tous les fans de la série.

L’oiseau de Shangri-la 2 – Zariya Ranmaru

l oiseau de shangri la 2 zariya ranmaru
ZARIYA Ranmaru 座裏屋蘭丸
ISBN: 9782382760475
Hana, 2021
ISBN: 9784829686430 (JP)
Printemps shuppan, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Apollon et Fee se rapprochent petit à petit.

Zariya Ranmaru sensei continue à développer l’univers de Shangri-la en révélant ses côtés sombres. Elle met en avant la position précaire de l’établissement qui dépend des décisions politiques du continent. De même, des intrigues supplémentaires égratignent l’image idéale de la luxueuse maison close, établie dans le premier tome. D’abord, le comportement de certains clients en extérieur limite la liberté des oiseaux. Ensuite, le lourd passé de Fee, qui remonte à la surface, installe une certaine tension. La relation entre l’étalon et son oiseau évolue petit à petit, le prostitué faisant de plus en plus confiance à Apollon. L’auteure dépeint parfaitement la psychologie de ses personnages, en particulier le changement de comportement de Fee. Elle interroge également sur la vision de l’amour, confrontant les idées préconçues d’Apollon au vécu de Fee ou même du couple formé par Lloyd et Jean.

La mangaka privilégie le réalisme de son graphisme. Ainsi, elle épure à peine son trait plutôt léché. Elle dessine des corps sculpturaux. Par ailleurs, les trames très variées rendent le moindre détail des ombres, des variations de teintes. Même les trames d’ambiance s’intègrent discrètement et se font rares. En plus, les décors très précis exploitent pleinement les grandes vignettes, ajoutant encore une touche réaliste. La mise en page est dynamique. Zariya sensei offre des scènes érotiques débordant de sensualité. Elle joue sur les angles de vue, les positions ainsi que les objets du décor pour cacher les organes génitaux.

En résumé

Le patron de Shangri-la rappelle à Apollon les principes de son établissement sous forme de conte, insistant sur l’obligation de respecter les règles pour conserver ce paradis. Plus tard, l’étalon accompagne au ferry son ami Douglas. Ce dernier lui demande alors de faire des efforts pour mieux s’intégrer et surtout s’entendre avec Fee qui se serait attaché à lui. Le soir, troublé par ces paroles, Apollon a du mal à se concentrer sur la préparation de son oiseau, d’autant plus que ce dernier s’amuse à le provoquer. Le lendemain matin, Fee est brusquement réveillé par un cauchemar du passé. Et quand Apollon se réveille plus tard dans la matinée, il trouve alors le prostitué endormi dans son lit…

En conclusion

Ce tome obtient la neuvième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2021. Apollon est classé dix-septième meilleur seme et Fee dixième meilleur uke. L’auteure nous offre un récit vraiment prenant, au graphisme de toute beauté et avec des personnages attachants. Après avoir émerveillé le lecteur, elle détruit ses illusions petit à petit, installant des tensions pour la suite. J’adore Carna, avec son côté très observateur et protecteur. De même, j’apprécie l’ouverture d’esprit d’Apollon qui accepte de se remettre en question en réalisant sa vision étroite de l’amour. Je recommande donc chaudement cette série qui, par son thème et son approche, peut plaire à un large public adulte.