L’empreinte de la passion – Minase Masara

l empreinte de la passion minase masara
MINASE Masara 水名瀬雅良
ISBN: 9782351804933
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784861342523 (JP)
Frontier works, 2008 (JP)
Titre original: 吐息よりも優しい
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

La passion survivra-t-elle aux secrets?

Minase Masara sensei narre une romance où la passion côtoie les secrets. Elle base la narration sur Masato. De même, elle maintient un certain suspense en ne révélant leur passé commun que par brides. Suite à sa célébrité, Kazaoka est devenu méfiant, étant souvent abordé par intérêt. Comme le couple communique peu, les quiproquos s’accumulent malgré les sentiments. L’introduction d’Ôkubo, l’ami d’Akino, apporte encore un peu plus de tension dans la relation mais permet aux deux hommes de s’ouvrir enfin l’un à l’autre. L’auteure aborde donc la difficulté à faire confiance ainsi que l’influence des secrets et du manque de communication dans une relation. Elle reprend également ce thème dans « Plus éloquent que les mots », qui complète le tome. Par ailleurs, dans l’histoire bonus, la chatte Mako apporte une touche mignonne et humoristique, devenant la narratrice.

La mangaka a un trait épuré et léché. Elle dessine des visages aux longs mentons. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Et la mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Minase sensei cache les parties intimes grâce aux angles de vue. Elle donne sa postface en bande-dessinée. De même, quelques croquis complètent le tome.

En résumé

L’empreinte de la passion / Jeux solitaires: L’étudiant Akino Masato a commencé à travailler dans le salon de thé d’Asano en espérant y croiser l’écrivain Kazaoka Takashi (29 ans), de son nom de plume Okano Tomoharu. En vérité, ils se sont déjà rencontrés une fois mais l’écrivain ne le reconnaît pas. Pourtant, il semble s’intéresser à lui et lui révèle même son identité. Un soir, il l’invite chez lui à récupérer un tome. L’étudiant s’étant endormi, il lui vole alors un baiser. Comme Akino nourrit un amour à sens unique depuis deux ans pour Kazaoka, il décide d’en finir une bonne fois pour toute en acceptant de coucher avec lui juste un soir. Mais le jour suivant, il démissionne aussi du café…
Plus éloquent que les mots: Takase quitte Kiriyû. Hétérosexuel à la base, c’était pourtant lui qui avait demandé à son collègue plus âgé de sortir avec lui. Mais face au manque de réaction de son amant, le salarymen s’emporte…

En conclusion

Ce récit léger et simple permet de passer un agréable moment. L’auteure transcrit facilement les sentiments de ses personnages. Par contre, la première rencontre entre Kazaoka et Masato peut choquer la sensibilité de certains lecteurs, le consentement étant absent. Je trouve un peu dommage de ne plus découvrir d’autres œuvres de la mangaka en France.

Let’s be together 1 – Kurahashi Tomo

let s be together 1 kurahashi tomo
KURAHASHI Tomo 倉橋トモ
ISBN: 9782375062906
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784801967472 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

Comment Chiaki et Kazuma sont tombés amoureux?

Kurahashi Tomo sensei développe les trois années de lycée de Chiaki et Kazuma dans un préquel de Let’s be a family. Elle s’intéresse surtout à leur relation et au développement de leurs sentiments. D’ailleurs, elle alterne la narration entre les deux garçons, approfondissant leurs réflexions. Ainsi, Chiaki prend très tôt conscience de ses sentiments tandis que Kazuma passe par différentes réactions. Toutefois, ce dernier s’interroge constamment sur ses sentiments, acceptant qu’ils changent. Bien que l’auteure débute sur un ressort scénaristique classique du BL (amis d’enfance qui se surprennent en train de se masturber), elle traite le sujet avec finesse. Elle interroge aussi sur la différence entre les liens d’amitié, amoureux et fraternels ainsi que la difficulté à conserver intacte une relation. Les deux amis se parlent franchement et respectent le besoin de réserve de l’autre.

La mangaka dédouble parfois les contours, donnant un peu plus de relief à son trait épuré et doux. Elle utilise discrètement quelques trames d’ambiance. D’ailleurs, elle privilégie des trames de tons claires en général mais très variés, rehaussant les couleurs et les ombres. La mise en page est dynamique. Par ailleurs, la transformation physique de Chiaki est bien rendue, l’adolescent frêle prenant du muscle et de la carrure en grandissant. Kurahashi sensei ne censure pas les scènes érotiques, mais parfois elle ne dessine pas les détails des parties intimes. Cela reste toutefois explicite.

En résumé

Kamimura Chiaki, Kazuma et Tomoe sont amis d’enfance. La collégienne a perdu ses parents à 5 ans et a été élevée par les parents des deux garçons. Se considérant comme une fratrie, ils sont inséparables. Pourtant Kazuma et Chiaki partagent quelques petits secrets entre eux uniquement, comme une base secrète qu’ils ont élaborée dans un ancien jeu dans un parc ou les raisons de Kazuma d’abandonner le football. Un soir, alors que les deux collégiens dormaient dans le même lit, Kazuma est réveillé par les gémissements de son ami qui se masturbait. Mais devant la gêne de Chiaki, il ressent également de l’excitation et tous deux finissent par se soulager mutuellement. Soudain, dans le feu de l’action, Chiaki l’embrasse…

En conclusion

Ce tome obtient la sixième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2020. Une histoire mignonne et adorable sur les premiers émois amoureux de l’adolescence, traité avec réalisme. L’auteure arrive à partager les sentiments et les hésitations de ses personnages avec douceur. Je suis tout simplement heureuse de découvrir comment les deux amis d’enfance sont tombés amoureux. Vivement la suite!

Hidamari ga kikoeru 2 A la poursuite du bonheur – Fumino Yuki

hidamari ga kikoeru 2 fumino yuki
FUMINO Yuki 文乃ゆき
ISBN: 9782368775448
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784829685808 (JP)
Printemps shuppan, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Les deux amis cherchent leur voie mais n’ont pas envie de se séparer…

Fumino Yuki sensei avait d’abord prévu de terminer son histoire avec ce tome et offre donc plus de 300 pages d’aventures. Elle développe un peu plus les amis de Sagawa, Yasu et Yokoyama, et introduit Maya. D’ailleurs, les chamailleries de la jeune femme avec Taichi renouvellent l’humour. Grâce à leur rencontre et leur romance qui avance tout doucement, Kôhei et Taichi évoluent chacun à leur rythme. En effet, les deux garçons sont têtus et ne discutent pas assez des problèmes. L’auteure décrit parfaitement les sentiments et les réflexions des différents personnages. Avec l’entreprise Sig-n, elle s’intéresse également au ciblage des handicaps pour proposer des solutions. De même, elle interpelle sur les solutions mises en place qui peuvent devenir des inconvénients pour d’autres et donc la difficulté de n’exclure personne. L’impression d’inanité des efforts entraîne différents comportements de protection, provoquant encore plus l’isolement.

La mangaka arrondit légèrement son trait fin et épuré, donnant plus de douceur à son graphisme. En simplifiant ses traits, elle apporte une touche d’humour, en particulier les différentes bouilles énervées ou frustrées de Taichi. Elle équilibre l’utilisation des trames. D’ailleurs, les trames d’ambiance, discrètes, ne renforcent que les fortes émotions. La mise en page est dynamique. Sous la jaquette, Fumino sensei continue de développer le thème des petits plats cuisinés avec amour pour Taichi, comme dans le tome précédent.

En résumé

A la rentrée, Sagawa Taichi aide le club de cinéma à distribuer des tracts pour le recrutement de nouveaux membres. Alors qu’il interpelait une jeune fille qui lui avait écrasé la main sans s’excuser, il constate qu’elle est malentendante. Depuis que Sugihara Kôhei l’a embrassé, un malaise s’est installé entre les deux amis et Taichi le fuit. Ses amis essaient de le forcer à se réconcilier en le jetant au pied de Kôhei. Sagawa découvre alors que son ami connaît Ôkami Maya. Pour détendre l’atmosphère, le frivole Yokoyama invite tout le monde à un rendez-vous de groupe. Mais Taichi ne supporte pas de voir Kôhei discuter facilement avec les filles. En effet, ce dernier s’ouvre un peu plus aux autres. A l’université, en voyant les notes illisibles de Sagawa, Maya lui reproche alors de profiter de Kôhei et lui fait remarquer qu’il lui est donc inutile.

En conclusion

Ce tome obtient la sixième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2017. Sugihara Kôhei est classé 21ème meilleur seme et Sagawa Taichi 28ème meilleur uke. Pourtant, le couple n’est encore qu’à la phase des déclarations et des baisers. J’adore voir Taichi se débattre avec ses propres sentiments alors qu’il a beaucoup d’empathie pour les autres et de facilité pour les comprendre. Kôhei qui se prend en main dégage beaucoup de charisme. Impossible de ne pas craquer pour ce couple touchant et adorable!

Hidamari ga kikoeru 1 Entends-tu le chant du soleil? – Fumino Yuki

hidamari ga kikoeru 1 fumino yuki
FUMINO Yuki 文乃ゆき
ISBN: 9782368775103
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784829685617 (JP)
Printemps shuppan, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Ce n’est pas ta faute si tu n’entends pas bien! »

Fumino Yuki sensei s’intéresse au rejet de la différence, à la pauvreté et au handicap, plus précisément à la surdité. Elle décrit avec finesse et pédagogie les classifications créées selon le degré d’invalidité, l’inadaptation de la société et des gens qui ne font pas d’efforts, les paroles blessantes sans le vouloir. En effet, l’infirmité de Kôhei demande juste un peu d’adaptation de chacun, comme parler en face et distinctement pour qu’il puisse lire sur les lèvres, ou de répéter quand il ne comprend pas. Le caractère placide de Kôhei contraste avec l’énergie de Taichi. Par ailleurs, l’auteure explique le caractère renfermé de Sugihara et le comportement de Sawara en dévoilant peu à peu leur passé. Elle alterne la narration entre les deux étudiants, dévoilant leurs sentiments complexes. En effet, Kôhei a perdu confiance et Taichi n’a jamais réfléchi à l’amour mais cherche à comprendre son ami.

La mangaka a un trait épuré et fin. Elle a un style presque shôjo, avec de grands yeux expressifs et des expressions exagérées. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page est dynamique. Pour l’instant, Fumino sensei se focalise sur les sentiments des personnages qui apprennent à se connaître. Il n’y a donc pas de scènes érotiques. Sous la jaquette, elle présente quelques recettes de la mère de Sugihara ainsi qu’une anecdote sur l’appétit de Taichi. La couverture, à dominance verte, se classe à la huitième place du classement au Chill chill BL award 2015.

En résumé

Au lieu d’aller en cours à l’université, Sagawa Taichi préfère chercher un petit travail. Mais à cause de son caractère fougueux, personne ne veut l’embaucher. Affamé et dégouté par sa malchance, il tombe en s’appuyant sur une barrière. Plus bas, il croise alors un étudiant qui mange seul et lui offre gentiment son bentô avant de partir. Le lendemain, alors que Taichi le recherchait pour lui rendre sa boîte repas, il apprend que Sugihara Kôhei est malentendant et a besoin d’un bénévole pour prendre des notes. Ne tenant pas compte des rumeurs sur la mauvaise réputation de ce dernier, Taichi propose de devenir son preneur de notes pour le remercier en échange de repas. Les deux jeunes hommes sympathisent vite. En effet, la forte voix de Taichi est audible pour Kôhei. Mais à la cantine, quand des étudiants critiquent le handicap de Kôhei, Taichi s’énerve et les corrige…

En conclusion

Ce tome obtient la cinquième place de la meilleure création de nouvel auteur au Chill chill BL award 2015. Il est également classé dix-septième meilleur manga et huitième meilleur manga original. L’auteure offre un récit très réaliste avec une relation qui se développe doucement. Ses personnages ont des défauts et des qualités. En parallèle, elle arrive à pointer les difficultés des personnes malentendantes. Je suis complètement conquise par cette douce romance délicate.

Only love – Aida Saki et Yamada Yugi

only love aida saki yamada yuki
AIDA Saki 英田サキ
YAMADA Yugi 山田ユギ
ISBN: 9782351804414
Taifu comics, 2010
ISBN: 9784813051879 (JP)
Taiyohtosho, 2009 (JP)
Titre original: たかが恋だろ
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Des sentiments non-dits, des relations ambiguës.

Aida Saki sensei arrive à sublimer le thème classique de l’ami d’enfance amoureux en secret depuis longtemps en y incorporant son univers. Ainsi, elle dévoile au fur et à mesure le passé des trois protagonistes et installe un triangle amoureux aux teintes légèrement dramatiques. Les deux enfants apportent une touche innocente et leur amour se confronte aux relations complexes entre les adultes. En effet, Takatsudo et Kyôsuke préfèrent garder leurs sentiments pour eux. En plus, comme Shin agit au lieu de communiquer, il entraîne son bien-aimé dans une relation peu consentie. L’auteure aborde la trahison, le mensonge, l’amour secret et la peur d’assumer son homosexualité. Par ailleurs, elle maintient le suspense jusqu’au bout. Elle développe aussi la psychologie de ses personnages. Depuis 12 ans, Takatsudo cherche encore son orientation sexuelle. Kyôsuke est attachant, tiraillé entre son métier et son envie de protéger ceux qu’il aime.

Yamada Yugi sensei a un style reconnaissable avec des visages presque carrés. Elle a un trait épuré, légèrement anguleux qui joue sur les pleins et les déliés. Toutefois, elle simplifie beaucoup les expressions dans les passages humoristiques, les résumant à quelques traits. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Ces dernières peuvent être très graphiques, avec des fleurs, des cœurs, des fraises ou des pois. Par ailleurs, la mise en page très dynamique, accompagne le regard. La mangaka censure les scènes érotiques en évitant de dessiner les détails mais en jouant surtout sur les angles de vue. Elle offre de magnifiques illustrations, simples mais fortes en émotions, en début de chapitre, mettant en avant les héros.

En résumé

Kurata Izumi, veuf, travaille dans un café et élève son fils, Makoto, avec le soutien moral de son beau-frère yakuza, Sawaragi Kyôsuke. Un jour, il rencontre un ami d’enfance, Takatsudo Shin, qui avait coupé les ponts avec lui sans explication à la fin du collège. Ce dernier accompagne à la maternelle son neveu Ai. Malgré des retrouvailles plutôt froides entre les anciens amis, les deux enfants s’avèrent être très complices. Ils sont donc amenés à se croiser souvent. A la surprise d’Izumi, Shin semble avoir oublié sa remarque au collège et cherche à renouer avec lui. Pourtant, en s’incrustant au prétexte d’un rendez-vous entre les enfants, il finit par se disputer avec le père célibataire en ressassant le passé…

En conclusion

Deux grands noms du BL qui s’associent pour nous offrir un one-shot simple mais palpitant. Les évènements s’enchaînent avec fluidité. On reconnaît immédiatement le style d’Aida Saki sensei, connue pour sa série phare de romans Deadlock. Les personnages ont des personnalités complexes. D’ailleurs, Yamada Yugi sensei arrive, à travers son dessin, à retranscrire l’ambivalence des protagonistes. De même, elle efface son style narratif au profit de celui d’Aida Saki sensei. Ainsi, le récit se nimbe d’une touche mélancolique. Un drama CD est sorti la même année. J’adore l’impertinence de Makoto qui détend l’atmosphère générale et incite les adultes à bouger. Même si le comportement de Takatsudo m’énerve un peu, je trouve qu’il va bien avec Izumi. J’aurais même préféré qu’il galère un peu plus. En plus, j’aime beaucoup le style graphique de la mangaka. Je suis donc conquise!

Le syndrome du tournesol – SHOOWA

le syndrome du tournesol shoowa
SHOOWA
ISBN: 9782351803646
Taifu comics, 2009
ISBN: 9784832285897 (JP)
Houbunsha, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Amour interdit et suspense.

SHOOWA sensei offre une romance avec en toile de fond une affaire d’espionnage, d’amnésie et d’usurpation d’identité. Elle maintient le suspense jusqu’au bout en semant des indices au fil des chapitres. Pourtant, elle sépare son histoire en deux parties: d’abord le secret entourant Kai et ses poursuivants, puis le cheminement de Sis pour reconstruire son passé. Les personnages ont des psychologies complexes. Kai nourrit un amour pour Sis mais exprime difficilement ses sentiments. Sis est méfiant envers tout le monde. Jin conserve une part de mystère mais se montre très protecteur. Il joue même les cupidons. L’auteure met en avant la difficulté de faire des choix et de les assumer, malgré parfois les regrets. Elle s’intéresse à la différence d’âge et au manque de confiance. De même, elle montre les hésitations d’entretenir une relation amoureuse consentie avec un mineur.

La mangaka a un trait épuré qui conserve une touche réaliste. Pourtant, elle dessine des contours plutôt épais. Elle respecte bien le style architectural occidental. Le métro et certains bâtiments français sont même reconnaissables. Les trames sont équilibrées mais les contrastes noir et blanc dominent. SHOOWA sensei s’attarde sur les petits gestes pour mettre en avant les indices. Elle joue surtout sur les angles de vue pour dynamiser sa mise en page. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes avec des points blancs.

En résumé

Sis Beckett a recueilli Kai (17 ans), le fils adoptif de son frère récemment décédé. Il n’avait pas de nouvelles du chercheur depuis plus de 10 ans et l’adolescent lui a seulement confié une carte mémoire dont il ne connait pas le mot de passe. En plus, il se fait plaquer par sa petite amie car il laisse tout le temps Kai venir dormir dans son lit. D’ailleurs, son ami Jin n’arrête pas de le taquiner à ce propos. Il lui apprend aussi que l’adolescent ne va pas toujours en cours et rencontre des inconnus. Inquiet, Sis suit Kai et demande alors des explications. L’adolescent lui révèle faire un petit travail de coursier, souhaitant aller à l’université et rester auprès de son nouveau tuteur. Alors que Sis lui avoue son attirance, Kai continue de venir dans son lit et accepte même de coucher avec lui.

En conclusion

Malgré le format court du one-shot, l’auteure maîtrise bien son scénario. L’enquête et le suspense sont tellement intenses qu’on en oublie la romance. Pourtant, c’est l’amour qui guide les choix des personnages. Ce BL peut donc intéresser tout le monde!

My hero’s dream 3 – Aomiya Kara

my hero s dream 3 aomiya kara
AOMIYA Kara 蒼宮カラ
ISBN: 9782375062715
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784758076784 (JP)
Ichijinsha, 2017 (JP)
Titre original: おこさまスター 3
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Une seule phrase, et tout s’écroule pour le cascadeur. »

Aomiya Kara sensei décortique les sentiments et les réactions des personnages après une séparation. Elle détaille les différentes étapes par lesquelles passent les personnages, selon leurs caractères: les regrets, la remise en question, l’auto-persuasion, l’incompréhension, le sentiment de culpabilité, la dépression, l’espoir. Elle développe un peu plus les personnages secondaires, en particulier Matsubara Haruomi. L’explication sur son comportement ambigu prend enfin tout son sens. Par ailleurs, les aînés de Kaidô utilisent l’homophobie comme prétexte pour le harceler. L’auteure met ainsi en avant la différence de perception de l’homosexualité entre les générations, les amis étudiants de Honda et les collègues de la même tranche d’âge du cascadeur étant plus ouverts. De même, elle montre la difficulté à gérer la solitude et le soutien qu’apporte les amis, ainsi que l’agence. La narration alterne entre les deux héros.

La mangaka a un trait épuré mais anguleux malgré la forme plutôt ronde de ses visages. Par contre, dans les passages humoristiques, elle dessine des personnages en SD tout arrondi et mignon. Elle détaille les gestes du quotidien pour mettre en avant la réflexion constante des personnages. Les décors sont présents dès que le plan s’élargit. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. Dans les scènes érotiques, Aomiya sensei évite de montrer les détails des parties intimes grâce aux cadrages. Sous la jaquette, elle donne une postface en image et présente les personnages d’Oko-sama box qui apparaissent dans le tome.

En résumé

Se sentant inutile, Honda a décidé de quitter temporairement Kaidô Ryô. Il trouve refuge chez son ami Kawasaki. Ce dernier prévient alors discrètement Kaidô pour le rassurer. Comme Honda ne cesse de penser à son petit ami, il se lance dans une quête acharnée pour trouver un emploi. Remarquant sa mélancolie, Kawasaki l’emmène à une soirée organisée par Ômiya Sôsuke où ils retrouvent leurs amis de l’université Mikawa Daiki et Shakuji Mitsuru. Comme Honda ne parle plus de son amant, ses amis trouvent les mots justes pour le réconforter et le motiver. Quand il obtient enfin un poste, Honda se précipite d’abord naturellement pour annoncer la bonne nouvelle à Kaidô, puis réalise qu’il lui manque énormément.

En conclusion

Comparé au tome précédent, l’auteure maîtrise un peu mieux son scénario, malgré encore quelques maladresses. Je pense qu’elle est plus à l’aise sur la description des sentiments. Voir Kaidô prendre de l’assurance fait plaisir. D’ailleurs, j’apprécie son évolution. J’aime beaucoup ce tome qui aborde des thèmes différents des classiques.

Kachô fûgetsu – beauties of nature 4 – Shimizu Yuki

kacho fugetsu beauties of nature 4 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782375062722
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784403664748 (JP)
Shinshokan, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Daiki, je suis venu ce soir pour que tu tiennes ta promesse. »

Shimizu Yuki sensei termine l’arc de Sawato et Daiki puis commence celui sur Hizuru. Elle maintient le suspense sur l’amnésie de Daiki en disséminant des indices au fil des pages. Le retour au présent se fait tout en douceur, en basculant la narration sur le potier. Ainsi le lecteur comprend d’un seul coup comment le couple reconstruit sa relation, la différence de caractère de Kanze ainsi que le gouffre qui s’était installé entre les deux hommes. Kuroi affiche une profonde blessure mais est conscient de son impuissance. Comparé au tome précédent, le ton général devient donc un peu plus dramatique. L’auteure décortique ensuite les sentiments de Hizuru, avec son amour devenu souffrance. Elle met également en avant la distinction que fait Yômei entre Tôko, Umi et Hizuru. L’amitié entre Ito et le jeune yakuza s’approfondit petit à petit. De même, on remarque que Hitomi ne contrôle pas totalement son bien-aimé.

La mangaka a un trait fin épuré et anguleux, avec une note rétro mais qui dégage beaucoup de charme. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, plutôt rares dans ce tome. Elle dessine particulièrement des regards expressifs. Par exemple, on devine immédiatement la peur de Sawato ainsi que la souffrance de Hizuru. Les décors soignés et présents ajoutent une touche réaliste. En plus, les trames sont variées. De même, la mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Shimizu sensei censure à peine les parties intimes, mais elle joue sur la lumière pour cacher les détails. Il y a parfois une fine bandelette blanche. Par ailleurs, elle s’attarde sur les sensations des personnages en choisissant des angles de vue originaux. Le lecteur comprend alors clairement que Sawato passe un moment désagréable pour sa première fois.

En résumé

Après avoir donné la belle assiette promise à Kuroi Sawato, Kanze Daiki est emporté dans un glissement de terrain. Aidé de ses amis, Sabbat arrive à le sauver. Mais le potier, ayant subi un choc à la tête, reste dans le coma pendant trois jours. A son réveil, Sawato fond en larmes, rassuré, puis l’embrasse. Gêné, le chef du village fuit alors et laisse la place à Airi qui souhaite faire le point avec son frère pour le travail. En effet, le four a malheureusement disparu. Mais Daiki semble avoir oublié son engagement pour l’exposition. Comme il avait promis une nuit d’amour à Sawato après lui avoir déclaré ses sentiments, le chef du village décide de retrouver le potier le soir de son retour chez lui…

En conclusion

Les évènements s’enchainent, provoquant des vagues d’émotions différentes à la lecture. Comme à son habitude, l’auteure prend son temps pour développer son histoire et ses personnages (souvent torturés) et dépeint avec précision leurs sentiments. Elle ne cache pas la violence de Daiki envers Sawato qui a retiré son premier consentement et la présente comme telle. D’ailleurs cette scène pourra choquer les personnes sensibles. J’ai tellement hâte de découvrir la suite de l’histoire de Yômei!

Le théâtre des fleurs 4 – Natsume Isaku

le theatre des fleurs 4 natsume isaku
NATSUME Isaku 夏目イサク
ISBN: 9782375061763
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784403666674 (JP)
Shinshokan, 2019 (JP)
Titre original: 花恋つらね 4
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

Difficile de filer le parfait amour sans moments intimes.

Natsume Isaku sensei offre une petite parenthèse humoristique et romantique entre Sôgorô et Gensuke avec la fête du lycée. Ainsi, elle met en avant la communication dans le nouveau couple et la difficulté à organiser des moments à deux à cause de leur emploi du temps chargé. Conscients de leur popularité, les deux lycéens préfèrent cacher leur relation. De même, ils tâtonnent dans leur relation intime, se questionnant et se découvrant mutuellement. D’ailleurs, le fait que tout ne se déroule pas facilement apporte un peu de fraîcheur, renforcée par leur innocence. Comme dans le tome précédent, l’auteure révèle encore quelques indices sur la relation entre Arai Jûichirô et Matsukawa Kikuemon, maintenant le suspense. Elle aborde les représentations de janvier d’Asakusa qui mettent en vedette les jeunes acteurs. Elle montre également l’influence des grands acteurs de kabuki auprès de la presse, avec le photographe Hide, ou d’autres troupes, avec Takamura Kumonosuke.

Le trait épuré et léché de la mangaka dégage parfois beaucoup de sensualité malgré sa simplicité. D’ailleurs, elle le simplifie encore plus dans les passages humoristiques, conférant une bouille adorable à ses personnages dont le visage devient presque rectangle. Les trames d’ambiance viennent appuyer les émotions mais également renforcer le côté comique. Les décors se font un peu plus discrets. Natsume sensei maîtrise parfaitement les diverses techniques graphiques pour rendre la mise en page dynamique. Dans les scènes érotiques, elle se concentre sur les sensations et les émotions, offrant même des passages amusants. Par ailleurs, elle joue sur les cadrages pour ne pas montrer les parties intimes ou trop de détails. Les illustrations en début de chapitre présentent plutôt le quotidien des personnages.

En résumé

Après avoir fait le point sur leurs sentiments réciproques, Arai Gensuke et Matsukawa Sôgorô sortent ensemble. Toutefois, ils décident de réfréner leurs ardeurs jusqu’à la fin de la tournée. Pourtant, les baisers de Gensuke se font de plus en plus torrides. Par ailleurs, leur jeu s’améliore grâce à leur rapprochement. A la fin de la tournée, Tsutamaru interrompt les deux tourtereaux en pleine discussion, inquiet en apprenant que Sôgoro a une entorse qu’il cachait. En effet, l’onnagata est un grand fan de Kikuemon et a peur de lui déplaire, rêvant de suivre au moins une fois ses cours. Son mépris envers Matsukawa n’était donc que de la jalousie. Les jeunes acteurs apprennent également que le grand-père de Sôgorô a rendu visite à Arai Unshô. Pourquoi?

En conclusion

Ce tome n’a pas été classé au Chill Chill BL award 2020 mais les lecteurs le citent parmi les meilleures séries pures qui fendent le cœur. D’ailleurs, ils ont envie d’encourager Arai Gensuke qui est encore classé parmi les meilleurs seme super darling. La relation entre les deux héros avance d’un grand pas. Mais les obstacles se dressent sur la route de leur bonheur. Je les trouve tellement adorables durant leurs moments intimes. Un simple câlin suffit à mon bonheur. Entre suspense, romance et découverte du kabuki, ce titre plaira au plus grand monde.

Le théâtre des fleurs 3 – Natsume Isaku

le theatre des fleurs 3 natsume isaku
NATSUME Isaku 夏目イサク
ISBN: 9782375061640
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784403666261 (JP)
Shinshokan, 2018 (JP)
Titre original: 恋花つらね 3
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

L’attachement de Gensuke est-il seulement professionnel ou également sentimental?

Natsume Isaku sensei fait avancer la romance entre les deux jeunes acteurs. Elle sème des évènements imprévus qui provoquent leur rapprochement mais apportent également beaucoup d’humour avec des situations presque burlesques. Par ailleurs, elle sème des indices sur la relation conflictuelle entre la troupe Ôtaniya et Tamanoya en révélant, sans pour autant le détailler, une bride du passé de Matsukawa Kikuemon. De même, Tsutamaru semble affecté par cette rivalité. Comme dans le tome précédent, l’auteure développe encore l’univers du kabuki en s’intéressant aux tournées et aux prêts d’acteurs entre troupes. Elle met ainsi en avant la pression et la perte de repères dans un environnement différent. De même, elle dévoile un peu plus les personnalités de Gensuke et Sôgorô. Pour leur âge, les deux lycéens montrent déjà une certaine maturité et une forte conscience professionnelle, contrôlant même leurs pulsions. Ils discutent facilement sur leur relation et leur projet de carrière.

Le trait épuré et simple de la mangaka est tout de même léché. Les décors s’estompent pour ne pas surcharger les pages. De même, les trames sont équilibrées. Même les trames d’ambiance graphiques s’intègrent discrètement. La mise en page dynamique utilise les ellipses, les vides, des cadrages variés, des emboîtements mais également divers angles de vue. Pour l’instant, Natsume sensei suggèrent certains passages érotiques comme la masturbation mais ne montre rien. Par ailleurs, les illustrations en début de chapitre transcrivent l’ambiance du récit.

En résumé

Après le baiser de Matsukawa Sôgorô qui lui a déclaré sa flamme, Arai Gensuke commence à réfléchir à ses sentiments. Mais son rival, pensant qu’il est influencé par la situation, le rejette. D’abord perdu, Gensuke va alors activement analyser ses sensations. Il décide d’aller voir jouer celui qu’il admire et réalise que sa jalousie et sa possessivité envers Sôgorô dépassent le milieu du kabuki. Inconsciemment, il le rejoint dans les coulisses à la fin du spectacle…

En conclusion

Même si ce tome ne se classe pas au Chill Chill BL award 2019, les lecteurs le citent parmi les meilleurs séries accessibles. En effet, impossible de ne pas s’attacher à ce couple en formation qui réfléchit, communique et teste même leur attirance. En plus, le côté ingénu de Sôgorô lui donne un côté adorable.