Tokyo en avril… 2 – Haru

tokyo en avril 2 haru

Haru ハル
ISBN: 9782382760352
Hana, 2021
ISBN: 9784813032571 (JP)
Taiyohtosho, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Tu es mon Tokyo en avril. »

Haru sensei conclut sa romance en transposant son sujet principal sur des thèmes plus généraux. Ainsi, après avoir analysé les sentiments de ses deux personnages, elle s’attarde sur la vision de leur relation par leur entourage. Elle s’intéresse donc à l’homophobie à travers Sanada, mais également à la perception ambiguë de la mère de Takizawa. La narration alterne toujours entre les deux héros, permettant de comprendre leurs réflexions personnelles. L’auteure continue à développer le passé des deux garçons, mettant en avant leur impuissance face aux décisions de leurs parents. Elle aborde également le harcèlement sexuel en entreprise, ainsi que les difficultés rencontrées par les victimes pour obtenir justice. Même si elle ne suit pas le procès en détail, elle donne toujours quelques indices sur son évolution. L’histoire bonus offre une anecdote toute mignonne sur le couple.

Le trait épuré et léché de la mangaka joue sur les pleins et déliés, donnant beaucoup de douceur et rappelant le style shôjo. Elle simplifie ses traits dans les passages humoristiques. D’ailleurs, les deux héros rougissent facilement. Les personnages ont différentes morphologies. Par exemple, Takizawa est finement musclé tandis que Ishihara paraît beaucoup plus sec. Les décors, détaillés, renforcent l’aspect réaliste par leur présence presque constante. En plus, les trames sont équilibrées. La mise en page est dynamique grâce aux angles de vue et aux cadrages de différentes formes. Dans les scènes érotiques, Haru sensei censure les parties intimes avec de fines bandelettes blanches. Après une couverture présentant les héros dans leur quotidien de jour, sur le tome précédent, elle offre une illustration plus câline, de nuit.

En résumé

Takizawa Kazuma et Ishihara Ren sont sex friend depuis deux mois. Ren a instauré des règles limitant les contacts que Kazuma suit scrupuleusement. A la demande de son ancien chef qui a créé sa propre entreprise, Ishihara lui présente Takizawa. En apprenant que Kazuma travaille aux ressources humaines, le designer met alors en garde son ancien collègue, lui exhortant de se méfier de Sanada. Pendant que les deux amants passaient du bon temps, Maeda, cheffe de la section design 2, appelle en urgence Ren. En effet, l’acteur Furuya Kô qui a signé plusieurs contrats avec eux, fait maintenant l’objet de graves scandales. Toutes les équipes sont donc mobilisées pour trouver des solutions. Bien qu’officiellement désigné pour aider son ami, Takizawa ne le voit pas souvent. Quand les soucis sont enfin réglés, Ren se laisse câliner par Kazuma et finit même par rester chez son sex friend…

En conclusion

Ce tome obtient la dix-huitième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2021. Je trouve le dénouement magnifique, avec ce couple trop mignon. Ils ressemblent à un couple d’adolescents follement amoureux, même si ils mettent du temps à réaliser l’intensité de leurs sentiments. En plus d’un beau graphisme, l’auteure dépeint avec finesse les émotions et les réactions. Un énorme coup de cœur pour moi!

Coup de foudre pour Cupidon 2 Deuxième choc – Suzumaru Minta

coup de foudre pour cupidon 2 suzumaru minta

SUZUMARU Minta 鈴丸みんた
ISBN: 9782382760260
Hana, 2021
ISBN: 9784864423762 (JP)
Tokyo mangasha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Quand une amitié naissante perturbe une relation amoureuse.

Suzumaru Minta sensei dessine pour la première fois une suite, ébranlant la relation des deux héros de Coup de foudre pour Cupidon. Elle s’intéresse particulièrement à la fragilité du couple. Ainsi, devant le beau et réputé Takeo, Shingo perd encore le peu d’estime qu’il a de lui-même. En plus sa possessivité maladroite crée des tensions. Le couple enchaîne alors les quiproquos. Ao, têtu, n’arrive pas à comprendre le comportement de son petit ami avant de réaliser qu’il a les mêmes doutes. Ainsi, l’auteure montre comment une amitié imprévue perturbe un couple encore en manque de confiance. Elle met en avant le manque de communication ainsi que les doutes qui persistent sur l’orientation sexuelle malgré des sentiments forts. En fin de tome, elle offre deux histoires bonus plus câlines sur le couple.

La mangaka a un trait doux et épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, donnant des bouilles trop mignonnes à ses personnages. Elle varie les trames sans en abuser et utilise rarement les trames d’ambiance. Les décors sont plutôt présents. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Suzumaru sensei ne détaille pas les parties intimes. A la fin de certains chapitres, elle offre des yonkoma amusants, dont un présentant avec humour Takeo. De même, sous la jaquette, des yonkoma donnent des anecdotes mignonnes, mettant en avant les personnages secondaires.

En résumé

Nagata Shingo et Todoki Ao filent le grand amour et déjeunent toujours ensemble au lycée. Shingo a également amené un souvenir de ses vacances à Hokkaido : un petit strap sur le même thème qu’ils auront en commun. Comme la fête du sport se prépare, il est inscrit dans le groupe de danse pendant qu’il rêvassait. D’abord dépité, il se demande alors si son petit ami ne sera pas jaloux, une légende circulant sur la popularité de cette activité. Quand il rejoint Ao, il le trouve en pleine dispute avec un troisième année, Sudô Takeo. Or ce dernier n’est autre que le responsable du groupe de danse. Et il fait mener un entrainement très intensif, désirant absolument gagner. Nagata ne peut donc plus voir aussi souvent son petit ami qu’avant. Alors que Todoki a perdu son strap, il retourne au lycée le chercher malgré l’orage menaçant. Mais Takeo l’a trouvé avant lui…

En conclusion

Ce tome obtient la cinquième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2020. Nagata Shingo est classé onzième meilleur seme et Todoki Ao cinquième meilleur uke. L’auteure en profite pour approfondir un peu plus leurs sentiments pour notre plus grand plaisir. Si vous avez aimez le premier tome, il vous sera indispensable!

Blanc 2 – Nakamura Asumiko

blanc 2 nakamura asumiko

NAKAMURA Asumiko 中村明日美子
ISBN: 9782382760413
Hana, 2021
ISBN: 9784863498495 (JP)
Akaneshinsha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

Le plus beau jour d’une vie pour un couple.

Nakamura Asumiko sensei conclut sa série dans un festival d’émotions. Elle délaisse un peu l’analyse des sentiments pour se consacrer pleinement à la réconciliation et l’évolution de Kusakabe et Sajô. Ainsi, les deux garçons entrent un peu brusquement dans la vie adulte, perdant petit à petit leur candeur. La famille Kusakabe, en particulier la mère, apporte une touche d’humour agréable après le cumul d’événements dramatiques. Par ailleurs, l’auteure s’intéresse aux diverses émotions lors de l’officialisation d’une relation ainsi que les différents moyens pour faire accepter son homosexualité. Avec Hiraoka, l’agent de Kusakabe, elle met en avant d’autres réactions positives, en particulier parmi les jeunes générations, plus ouvertes. Grâce à sa touche narrative particulière, elle transmet avec douceur les différents sentiments de ses personnages, faisant encore évoluer les personnages secondaires jusqu’au bout.

La mangaka a un trait anguleux presque dépouillé. Elle exagère les expressions, renforçant l’impact des émotions. Par ailleurs, elle utilise avec parcimonie des trames plutôt claires, préférant jouer sur les contrastes noir et blanc. Ce traitement sied parfaitement à son style, mettant en valeur son trait fin. Les décors situent principalement l’action. La mise en page dynamique rythme la lecture, avec ses angles de vue variés. Nakamura sensei exploite avec brio les grandes vignettes ou les pleines pages. D’ailleurs, elle débute ses chapitres par une grande image immersive. Elle ne montre pas les détails dans les scènes érotiques, jouant sur les angles de vue et les cadrages. Pourtant, la sensualité et la passion sont bien exprimées. L’illustration de la jaquette est la continuité de celle du premier tome. Mises côte à côte, elles forment donc un dessin final magnifique du couple.

En résumé

Après un cauchemar, Sajô Rihito, encore à moitié endormi, enlace Kinosaki Hideto. Son ami lui fait alors remarquer qu’il devrait plutôt se réconcilier rapidement avec son petit ami. Bien qu’ils sont maintenant séparés, Kusakabe Hikaru prend soin de la mère de Rihito, à nouveau hospitalisée, comme il le lui a promis. Kumi est très enthousiaste des CD musicaux qu’il lui a gravés et a deviné que la dernière chanson est composée par le jeune homme. Gêné, ce dernier finit par lui avouer la situation critique de leur couple. Mais Kumi l’encourage à persévérer, lui révélant quelques secrets sur le comportement de son fils, qui a tendance à s’isoler, même avec elle. Hikaru ne peut retenir ses larmes, étant toujours amoureux de Rihito. Lorsqu’il envoie des nouvelles, Sajô le remercie et l’appelle.

En conclusion

Comme le remarquent certains personnages secondaires, la relation entre Sajô et Kusakabe paraît tout à fait naturelle. Leurs sentiments sont palpables, même à la lecture. L’auteure arrive, avec son style narratif et son graphisme expressif, à transmettre les émotions de ses personnages, impliquant presque le lecteur dans le récit. Une série à lire absolument!

Blanc 1 – Nakamura Asumiko

blanc 1 nakamura asumiko

NAKAMURA Asumiko 中村明日美子
ISBN: 9782382760406
Hana, 2021
ISBN: 9784863498433 (JP)
Akaneshinsha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Loin des yeux, loin du cœur?

Nakamura Asumiko sensei développe un peu plus l’évolution de la relation de Kusakabe et Sajô depuis O.B.. Elle s’attarde sur leurs sentiments complexes et leurs doutes. Elle aborde donc les incertitudes sur l’avenir d’un couple homosexuel, l’envie d’officialiser leur statut de couple ainsi que la difficile gestion des obligations du monde adulte, chronophage, sur la vie amoureuse. En effet, la carrière de Hikaru stagne et Rihito n’arrive plus à se projeter dans l’avenir. La relation à distance augmente le manque de communication des deux hommes qui ont déjà tendance à intérioriser leurs réflexions. L’auteure met en avant les personnages secondaires qui guident et soutiennent le couple, comme Hara et Miyamura. Par un évènement dramatique, elle oblige ses deux héros à se confronter à leur lâcheté et leurs profonds sentiments. En effet, Sajô préfère fuir le bonheur pour éviter de souffrir plus tard.

La mangaka a un trait légèrement anguleux, très épuré, presque dépouillé mais malgré tout léché. Elle exagère un peu les expressions des visages et porte attention aux petits gestes. Par ailleurs, elle dessine des personnages longilignes. Les décors apparaissent sur les plans élargis mais s’estompent souvent autour des personnages. Nakamura sensei utilise les trames avec parcimonie, privilégiant donc les contrastes noir et blanc. La mise en page est dynamique. Il n’y a pas de scènes érotiques. Le titre noir et vernis donne un bel effet sur la couverture blanche et mate, avec le dessin de Sajô uniquement en gris.

En résumé

A 20 ans, Sajô Rihito et Kusakabe Hikaru ont échangé des anneaux en se promettant de se marier. Mais depuis, Rihito a l’impression que leur relation s’étiole avec l’éloignement. D’ailleurs, il reçoit encore un appel de son petit ami qui annule leur rendez-vous du week-end, devant remplacer un collègue à son travail. Libre, l’étudiant accepte alors de participer à un séminaire avec ses camarades de classe. Tout en discutant autour d’un barbecue, Sajô, qui termine sa licence, réalise soudain qu’il n’a plus vraiment de projets d’avenir. De son côté, Kusakabe décide finalement de rejoindre son petit ami après avoir rencontré un membre de son ancien groupe de musique. En effet, il n’arrive pas à se souvenir de la date de leur dernière rendez-vous amoureux. Sur le pas de la porte, assailli de doutes, Rihito lui demande à prendre du recul. Hikaru lui rend alors sa bague…

En conclusion

Ce tome a obtenu la seconde place de la meilleure série au Chill chill BL award 2021. Kusakabe Hikaru est classé septième meilleur seme et Sajô Rihito neuvième meilleur uke. L’auteure dépeint avec pudeur et finesse les sentiments contradictoires de ses personnages, qui se font happer par leur quotidien et maintiennent difficilement leur relation, malgré leur amour réciproque. En plus des deux héros, elle développe également leur entourage donnant un ton très réaliste au récit. Une lecture essentielle, surtout pour tous les fans de la série.

L’oiseau de Shangri-la 2 – Zariya Ranmaru

l oiseau de shangri la 2 zariya ranmaru

ZARIYA Ranmaru 座裏屋蘭丸
ISBN: 9782382760475
Hana, 2021
ISBN: 9784829686430 (JP)
Printemps shuppan, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Apollon et Fee se rapprochent petit à petit.

Zariya Ranmaru sensei continue à développer l’univers de Shangri-la en révélant ses côtés sombres. Elle met en avant la position précaire de l’établissement qui dépend des décisions politiques du continent. De même, des intrigues supplémentaires égratignent l’image idéale de la luxueuse maison close, établie dans le premier tome. D’abord, le comportement de certains clients en extérieur limite la liberté des oiseaux. Ensuite, le lourd passé de Fee, qui remonte à la surface, installe une certaine tension. La relation entre l’étalon et son oiseau évolue petit à petit, le prostitué faisant de plus en plus confiance à Apollon. L’auteure dépeint parfaitement la psychologie de ses personnages, en particulier le changement de comportement de Fee. Elle interroge également sur la vision de l’amour, confrontant les idées préconçues d’Apollon au vécu de Fee ou même du couple formé par Lloyd et Jean.

La mangaka privilégie le réalisme de son graphisme. Ainsi, elle épure à peine son trait plutôt léché. Elle dessine des corps sculpturaux. Par ailleurs, les trames très variées rendent le moindre détail des ombres, des variations de teintes. Même les trames d’ambiance s’intègrent discrètement et se font rares. En plus, les décors très précis exploitent pleinement les grandes vignettes, ajoutant encore une touche réaliste. La mise en page est dynamique. Zariya sensei offre des scènes érotiques débordant de sensualité. Elle joue sur les angles de vue, les positions ainsi que les objets du décor pour cacher les organes génitaux.

En résumé

Le patron de Shangri-la rappelle à Apollon les principes de son établissement sous forme de conte, insistant sur l’obligation de respecter les règles pour conserver ce paradis. Plus tard, l’étalon accompagne au ferry son ami Douglas. Ce dernier lui demande alors de faire des efforts pour mieux s’intégrer et surtout s’entendre avec Fee qui se serait attaché à lui. Le soir, troublé par ces paroles, Apollon a du mal à se concentrer sur la préparation de son oiseau, d’autant plus que ce dernier s’amuse à le provoquer. Le lendemain matin, Fee est brusquement réveillé par un cauchemar du passé. Et quand Apollon se réveille plus tard dans la matinée, il trouve alors le prostitué endormi dans son lit…

En conclusion

Ce tome obtient la neuvième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2021. Apollon est classé dix-septième meilleur seme et Fee dixième meilleur uke. L’auteure nous offre un récit vraiment prenant, au graphisme de toute beauté et avec des personnages attachants. Après avoir émerveillé le lecteur, elle détruit ses illusions petit à petit, installant des tensions pour la suite. J’adore Carna, avec son côté très observateur et protecteur. De même, j’apprécie l’ouverture d’esprit d’Apollon qui accepte de se remettre en question en réalisant sa vision étroite de l’amour. Je recommande donc chaudement cette série qui, par son thème et son approche, peut plaire à un large public adulte.

L’empreinte de la passion – Minase Masara

l empreinte de la passion minase masara

MINASE Masara 水名瀬雅良
ISBN: 9782351804933
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784861342523 (JP)
Frontier works, 2008 (JP)
Titre original: 吐息よりも優しい
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

La passion survivra-t-elle aux secrets?

Minase Masara sensei narre une romance où la passion côtoie les secrets. Elle base la narration sur Masato. De même, elle maintient un certain suspense en ne révélant leur passé commun que par brides. Suite à sa célébrité, Kazaoka est devenu méfiant, étant souvent abordé par intérêt. Comme le couple communique peu, les quiproquos s’accumulent malgré les sentiments. L’introduction d’Ôkubo, l’ami d’Akino, apporte encore un peu plus de tension dans la relation mais permet aux deux hommes de s’ouvrir enfin l’un à l’autre. L’auteure aborde donc la difficulté à faire confiance ainsi que l’influence des secrets et du manque de communication dans une relation. Elle reprend également ce thème dans « Plus éloquent que les mots », qui complète le tome. Par ailleurs, dans l’histoire bonus, la chatte Mako apporte une touche mignonne et humoristique, devenant la narratrice.

La mangaka a un trait épuré et léché. Elle dessine des visages aux longs mentons. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Et la mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Minase sensei cache les parties intimes grâce aux angles de vue. Elle donne sa postface en bande-dessinée. De même, quelques croquis complètent le tome.

En résumé

L’empreinte de la passion / Jeux solitaires: L’étudiant Akino Masato a commencé à travailler dans le salon de thé d’Asano en espérant y croiser l’écrivain Kazaoka Takashi (29 ans), de son nom de plume Okano Tomoharu. En vérité, ils se sont déjà rencontrés une fois mais l’écrivain ne le reconnaît pas. Pourtant, il semble s’intéresser à lui et lui révèle même son identité. Un soir, il l’invite chez lui à récupérer un tome. L’étudiant s’étant endormi, il lui vole alors un baiser. Comme Akino nourrit un amour à sens unique depuis deux ans pour Kazaoka, il décide d’en finir une bonne fois pour toute en acceptant de coucher avec lui juste un soir. Mais le jour suivant, il démissionne aussi du café…
Plus éloquent que les mots: Takase quitte Kiriyû. Hétérosexuel à la base, c’était pourtant lui qui avait demandé à son collègue plus âgé de sortir avec lui. Mais face au manque de réaction de son amant, le salarymen s’emporte…

En conclusion

Ce récit léger et simple permet de passer un agréable moment. L’auteure transcrit facilement les sentiments de ses personnages. Par contre, la première rencontre entre Kazaoka et Masato peut choquer la sensibilité de certains lecteurs, le consentement étant absent. Je trouve un peu dommage de ne plus découvrir d’autres œuvres de la mangaka en France.

Let’s be together 1 – Kurahashi Tomo

let s be together 1 kurahashi tomo

KURAHASHI Tomo 倉橋トモ
ISBN: 9782375062906
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784801967472 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

Comment Chiaki et Kazuma sont tombés amoureux?

Kurahashi Tomo sensei développe les trois années de lycée de Chiaki et Kazuma dans un préquel de Let’s be a family. Elle s’intéresse surtout à leur relation et au développement de leurs sentiments. D’ailleurs, elle alterne la narration entre les deux garçons, approfondissant leurs réflexions. Ainsi, Chiaki prend très tôt conscience de ses sentiments tandis que Kazuma passe par différentes réactions. Toutefois, ce dernier s’interroge constamment sur ses sentiments, acceptant qu’ils changent. Bien que l’auteure débute sur un ressort scénaristique classique du BL (amis d’enfance qui se surprennent en train de se masturber), elle traite le sujet avec finesse. Elle interroge aussi sur la différence entre les liens d’amitié, amoureux et fraternels ainsi que la difficulté à conserver intacte une relation. Les deux amis se parlent franchement et respectent le besoin de réserve de l’autre.

La mangaka dédouble parfois les contours, donnant un peu plus de relief à son trait épuré et doux. Elle utilise discrètement quelques trames d’ambiance. D’ailleurs, elle privilégie des trames de tons claires en général mais très variés, rehaussant les couleurs et les ombres. La mise en page est dynamique. Par ailleurs, la transformation physique de Chiaki est bien rendue, l’adolescent frêle prenant du muscle et de la carrure en grandissant. Kurahashi sensei ne censure pas les scènes érotiques, mais parfois elle ne dessine pas les détails des parties intimes. Cela reste toutefois explicite.

En résumé

Kamimura Chiaki, Kazuma et Tomoe sont amis d’enfance. La collégienne a perdu ses parents à 5 ans et a été élevée par les parents des deux garçons. Se considérant comme une fratrie, ils sont inséparables. Pourtant Kazuma et Chiaki partagent quelques petits secrets entre eux uniquement, comme une base secrète qu’ils ont élaborée dans un ancien jeu dans un parc ou les raisons de Kazuma d’abandonner le football. Un soir, alors que les deux collégiens dormaient dans le même lit, Kazuma est réveillé par les gémissements de son ami qui se masturbait. Mais devant la gêne de Chiaki, il ressent également de l’excitation et tous deux finissent par se soulager mutuellement. Soudain, dans le feu de l’action, Chiaki l’embrasse…

En conclusion

Ce tome obtient la sixième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2020. Une histoire mignonne et adorable sur les premiers émois amoureux de l’adolescence, traité avec réalisme. L’auteure arrive à partager les sentiments et les hésitations de ses personnages avec douceur. Je suis tout simplement heureuse de découvrir comment les deux amis d’enfance sont tombés amoureux. Vivement la suite!

Hidamari ga kikoeru 2 A la poursuite du bonheur – Fumino Yuki

hidamari ga kikoeru 2 fumino yuki

FUMINO Yuki 文乃ゆき
ISBN: 9782368775448
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784829685808 (JP)
Printemps shuppan, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Les deux amis cherchent leur voie mais n’ont pas envie de se séparer…

Fumino Yuki sensei avait d’abord prévu de terminer son histoire avec ce tome et offre donc plus de 300 pages d’aventures. Elle développe un peu plus les amis de Sagawa, Yasu et Yokoyama, et introduit Maya. D’ailleurs, les chamailleries de la jeune femme avec Taichi renouvellent l’humour. Grâce à leur rencontre et leur romance qui avance tout doucement, Kôhei et Taichi évoluent chacun à leur rythme. En effet, les deux garçons sont têtus et ne discutent pas assez des problèmes. L’auteure décrit parfaitement les sentiments et les réflexions des différents personnages. Avec l’entreprise Sig-n, elle s’intéresse également au ciblage des handicaps pour proposer des solutions. De même, elle interpelle sur les solutions mises en place qui peuvent devenir des inconvénients pour d’autres et donc la difficulté de n’exclure personne. L’impression d’inanité des efforts entraîne différents comportements de protection, provoquant encore plus l’isolement.

La mangaka arrondit légèrement son trait fin et épuré, donnant plus de douceur à son graphisme. En simplifiant ses traits, elle apporte une touche d’humour, en particulier les différentes bouilles énervées ou frustrées de Taichi. Elle équilibre l’utilisation des trames. D’ailleurs, les trames d’ambiance, discrètes, ne renforcent que les fortes émotions. La mise en page est dynamique. Sous la jaquette, Fumino sensei continue de développer le thème des petits plats cuisinés avec amour pour Taichi, comme dans le tome précédent.

En résumé

A la rentrée, Sagawa Taichi aide le club de cinéma à distribuer des tracts pour le recrutement de nouveaux membres. Alors qu’il interpelait une jeune fille qui lui avait écrasé la main sans s’excuser, il constate qu’elle est malentendante. Depuis que Sugihara Kôhei l’a embrassé, un malaise s’est installé entre les deux amis et Taichi le fuit. Ses amis essaient de le forcer à se réconcilier en le jetant au pied de Kôhei. Sagawa découvre alors que son ami connaît Ôkami Maya. Pour détendre l’atmosphère, le frivole Yokoyama invite tout le monde à un rendez-vous de groupe. Mais Taichi ne supporte pas de voir Kôhei discuter facilement avec les filles. En effet, ce dernier s’ouvre un peu plus aux autres. A l’université, en voyant les notes illisibles de Sagawa, Maya lui reproche alors de profiter de Kôhei et lui fait remarquer qu’il lui est donc inutile.

En conclusion

Ce tome obtient la sixième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2017. Sugihara Kôhei est classé 21ème meilleur seme et Sagawa Taichi 28ème meilleur uke. Pourtant, le couple n’est encore qu’à la phase des déclarations et des baisers. J’adore voir Taichi se débattre avec ses propres sentiments alors qu’il a beaucoup d’empathie pour les autres et de facilité pour les comprendre. Kôhei qui se prend en main dégage beaucoup de charisme. Impossible de ne pas craquer pour ce couple touchant et adorable!

Hidamari ga kikoeru 1 Entends-tu le chant du soleil? – Fumino Yuki

hidamari ga kikoeru 1 fumino yuki

FUMINO Yuki 文乃ゆき
ISBN: 9782368775103
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784829685617 (JP)
Printemps shuppan, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Ce n’est pas ta faute si tu n’entends pas bien! »

Fumino Yuki sensei s’intéresse au rejet de la différence, à la pauvreté et au handicap, plus précisément à la surdité. Elle décrit avec finesse et pédagogie les classifications créées selon le degré d’invalidité, l’inadaptation de la société et des gens qui ne font pas d’efforts, les paroles blessantes sans le vouloir. En effet, l’infirmité de Kôhei demande juste un peu d’adaptation de chacun, comme parler en face et distinctement pour qu’il puisse lire sur les lèvres, ou de répéter quand il ne comprend pas. Le caractère placide de Kôhei contraste avec l’énergie de Taichi. Par ailleurs, l’auteure explique le caractère renfermé de Sugihara et le comportement de Sawara en dévoilant peu à peu leur passé. Elle alterne la narration entre les deux étudiants, dévoilant leurs sentiments complexes. En effet, Kôhei a perdu confiance et Taichi n’a jamais réfléchi à l’amour mais cherche à comprendre son ami.

La mangaka a un trait épuré et fin. Elle a un style presque shôjo, avec de grands yeux expressifs et des expressions exagérées. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page est dynamique. Pour l’instant, Fumino sensei se focalise sur les sentiments des personnages qui apprennent à se connaître. Il n’y a donc pas de scènes érotiques. Sous la jaquette, elle présente quelques recettes de la mère de Sugihara ainsi qu’une anecdote sur l’appétit de Taichi. La couverture, à dominance verte, se classe à la huitième place du classement au Chill chill BL award 2015.

En résumé

Au lieu d’aller en cours à l’université, Sagawa Taichi préfère chercher un petit travail. Mais à cause de son caractère fougueux, personne ne veut l’embaucher. Affamé et dégouté par sa malchance, il tombe en s’appuyant sur une barrière. Plus bas, il croise alors un étudiant qui mange seul et lui offre gentiment son bentô avant de partir. Le lendemain, alors que Taichi le recherchait pour lui rendre sa boîte repas, il apprend que Sugihara Kôhei est malentendant et a besoin d’un bénévole pour prendre des notes. Ne tenant pas compte des rumeurs sur la mauvaise réputation de ce dernier, Taichi propose de devenir son preneur de notes pour le remercier en échange de repas. Les deux jeunes hommes sympathisent vite. En effet, la forte voix de Taichi est audible pour Kôhei. Mais à la cantine, quand des étudiants critiquent le handicap de Kôhei, Taichi s’énerve et les corrige…

En conclusion

Ce tome obtient la cinquième place de la meilleure création de nouvel auteur au Chill chill BL award 2015. Il est également classé dix-septième meilleur manga et huitième meilleur manga original. L’auteure offre un récit très réaliste avec une relation qui se développe doucement. Ses personnages ont des défauts et des qualités. En parallèle, elle arrive à pointer les difficultés des personnes malentendantes. Je suis complètement conquise par cette douce romance délicate.

Only love – Aida Saki et Yamada Yugi

only love aida saki yamada yuki

AIDA Saki 英田サキ
YAMADA Yugi 山田ユギ
ISBN: 9782351804414
Taifu comics, 2010
ISBN: 9784813051879 (JP)
Taiyohtosho, 2009 (JP)
Titre original: たかが恋だろ
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Des sentiments non-dits, des relations ambiguës.

Aida Saki sensei arrive à sublimer le thème classique de l’ami d’enfance amoureux en secret depuis longtemps en y incorporant son univers. Ainsi, elle dévoile au fur et à mesure le passé des trois protagonistes et installe un triangle amoureux aux teintes légèrement dramatiques. Les deux enfants apportent une touche innocente et leur amour se confronte aux relations complexes entre les adultes. En effet, Takatsudo et Kyôsuke préfèrent garder leurs sentiments pour eux. En plus, comme Shin agit au lieu de communiquer, il entraîne son bien-aimé dans une relation peu consentie. L’auteure aborde la trahison, le mensonge, l’amour secret et la peur d’assumer son homosexualité. Par ailleurs, elle maintient le suspense jusqu’au bout. Elle développe aussi la psychologie de ses personnages. Depuis 12 ans, Takatsudo cherche encore son orientation sexuelle. Kyôsuke est attachant, tiraillé entre son métier et son envie de protéger ceux qu’il aime.

Yamada Yugi sensei a un style reconnaissable avec des visages presque carrés. Elle a un trait épuré, légèrement anguleux qui joue sur les pleins et les déliés. Toutefois, elle simplifie beaucoup les expressions dans les passages humoristiques, les résumant à quelques traits. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Ces dernières peuvent être très graphiques, avec des fleurs, des cœurs, des fraises ou des pois. Par ailleurs, la mise en page très dynamique, accompagne le regard. La mangaka censure les scènes érotiques en évitant de dessiner les détails mais en jouant surtout sur les angles de vue. Elle offre de magnifiques illustrations, simples mais fortes en émotions, en début de chapitre, mettant en avant les héros.

En résumé

Kurata Izumi, veuf, travaille dans un café et élève son fils, Makoto, avec le soutien moral de son beau-frère yakuza, Sawaragi Kyôsuke. Un jour, il rencontre un ami d’enfance, Takatsudo Shin, qui avait coupé les ponts avec lui sans explication à la fin du collège. Ce dernier accompagne à la maternelle son neveu Ai. Malgré des retrouvailles plutôt froides entre les anciens amis, les deux enfants s’avèrent être très complices. Ils sont donc amenés à se croiser souvent. A la surprise d’Izumi, Shin semble avoir oublié sa remarque au collège et cherche à renouer avec lui. Pourtant, en s’incrustant au prétexte d’un rendez-vous entre les enfants, il finit par se disputer avec le père célibataire en ressassant le passé…

En conclusion

Deux grands noms du BL qui s’associent pour nous offrir un one-shot simple mais palpitant. Les évènements s’enchaînent avec fluidité. On reconnaît immédiatement le style d’Aida Saki sensei, connue pour sa série phare de romans Deadlock. Les personnages ont des personnalités complexes. D’ailleurs, Yamada Yugi sensei arrive, à travers son dessin, à retranscrire l’ambivalence des protagonistes. De même, elle efface son style narratif au profit de celui d’Aida Saki sensei. Ainsi, le récit se nimbe d’une touche mélancolique. Un drama CD est sorti la même année. J’adore l’impertinence de Makoto qui détend l’atmosphère générale et incite les adultes à bouger. Même si le comportement de Takatsudo m’énerve un peu, je trouve qu’il va bien avec Izumi. J’aurais même préféré qu’il galère un peu plus. En plus, j’aime beaucoup le style graphique de la mangaka. Je suis donc conquise!