Ze 1 – Shimizu Yuki

ze 1 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351804315
Taifu comics, 2010
ISBN: 9784403660993 (JP)
Shinshokan, 2004 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Le pouvoir de rendre réels les mots que l’on prononce… »

Shimizu Yuki sensei plonge le lecteur dans un univers fantastique basé sur les croyances shintoïstes et taoïstes. Elle introduit d’abord les personnages et la spécificité de la famille Mitô. Elle aborde également les relations entre les différents couples homosexuels, interrogeant sur le lien de maître kotodama et kami. Très vite, le lecteur comprend que le marionnettiste Waki manipule ce petit monde à son gré. Les personnalités plutôt extravagantes des kamis et leurs maîtres contrastent avec la naïveté de Raizô. L’auteure oscille entre tension et humour. Elle prend pour prétexte le contact des muqueuses pour ajouter des passages sensuels. Toutefois, elle commence à établir les thèmes récurrents de ce récit: l’attachement et le sentiment amoureux avec un partenaire partageant ses souffrances, le statut ténu entre outil et être vivant des kamis, l’utilité ou le rôle de chacun dans un couple, la famille et la société, les liens amoureux.

La mangaka a un trait épuré et anguleux, au style immédiatement reconnaissable. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, donnant parfois un côté minimaliste ou très mignon. Elle varie la physionomie de ses personnages permettant de les reconnaître facilement, même de loin. Les décors sont présents dans les plans larges. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. La mise en page est dynamique. Pour l’instant, les scènes érotiques servent surtout à présenter les pouvoirs particuliers des kamis. Shimizu sensei offre tout de même quelques scènes, sans pour autant détailler les parties intimes. Elle met surtout en avant les sentiments de ses personnages.

En résumé

Suite au décès de sa grand-mère qui l’élevait, l’étudiant Shichikawa Raizô trouve un emploi d’apprenti cuisinier dans la maison de Waki. Il fait alors la connaissance des autres résidents: Mitô Ôka et sa « poupée » Benio, le gourmand Mitô Kotoha et le surprotecteur Konoe, ainsi que Kon avec qui il partagera sa chambre. Mais pour son premier festin, la majorité des locataires refusent de manger, trop occupés. D’ailleurs, Raizô surprend certains couples dans un moment très intime. Il reçoit cependant les encouragements d’un étrange homme portant un masque de renard. Par la suite, l’étudiant découvre peu à peu les métiers particuliers des locataires ainsi que leur gentillesse, ces derniers l’aidant et le conseillant. Un soir, alors que Raizô avait préparé un nabe au crabe, Konoe est soudainement attaqué par une onde maléfique et perd un bras. Mais il ne saigne pas car il est en réalité un kami en papier…

En conclusion

Grâce aux annotations apportées par la traductrice, il est facile d’entrer dans le récit. J’adore cette série, étant une passionnée de shintoïsme. En plus, les personnages sont tous attachants. J’apprécie la toute petite touche de diversité apportée par Ôka et Benio, les couples lesbiens étant plutôt rares dans les BL en général. Comme à son habitude, l’auteure prend son temps pour bien installer son univers et ses personnages. Je ne peux donc que vous recommander fortement cette lecture.

Les écailles d’un dieu 1 – Hinohara Meguru

les ecailles d un dieu 1 hinohara meguru
HINOHARA Meguru 日ノ原巡
ISBN: 9782375063071
Taifu comics, 2022
ISBN: 9784403667053 (JP)
Shinshokan, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Je vous prie de m’accepter, et de devenir mon compagnon pour la vie. »

Hinohara Meguru sensei nous plonge dans une comédie romantique fantastique émaillée de suspense. Ainsi, elle approfondit la psychologie de ses personnages au fil des chapitres tout en semant quelques mystères autour de Shizue et Rin. Le décalage des actions du dieu dragon qui a des connaissances succinctes sur les humains provoque un effet comique mais mignon. Au contact de Rin, Chiharu accepte peu à peu le surnaturel et commence à apprécier le dragon. En plus de la dynamique entre les deux personnages, l’auteure s’attarde également sur divers thèmes comme le rythme différent à la campagne, l’entraide, le poids de la célébrité. Elle installe une relation consensuelle malgré les techniques de séduction maladroites de Rin. Par ailleurs, elle alterne la narration entre les deux héros, partageant ainsi leurs réflexions. Deux histoires bonus amusantes mettent en avant la fascination naissante de l’écrivain pour le dragon.

La mangaka a un trait épuré et anguleux expressif, avec une touche très personnelle. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Même si les visages rappellent ceux des personnages de ses autres séries, elle ajoute quelques différences bien distinctives. Par ailleurs, le chien Urara et Rin en SD apportent une touche mignonne. Les décors soignés et plutôt détaillés alternent avec les trames d’ambiance. Les lignes d’action et la mise en page guident efficacement le regard. Hinohara sensei n’intègre pas de scènes érotiques pour l’instant, les personnages prenant leur temps pour se découvrir.

En résumé

Izunome Chiharu, écrivain en mal d’inspiration, retourne dans son village d’enfance. Il attend à la gare son ami et voisin, Tsukasa, qui travaille à la mairie, quand il remarque soudain un étrange homme tombé d’inanition. Il lui offre donc son sandwich et entame la conversation. Malgré ses cheveux blancs et sa tenue traditionnelle, Rin est un jeune homme venu attendre sa future épouse. A peine arrivé dans la demeure léguée par sa grand-mère qui l’a élevé, Chiharu part chercher des fleurs dans la forêt pour décorer l’autel. Mais il est attaqué par des sangliers affamés. Apparaît soudain Rin qui se transforme en dragon blanc pour le secourir. En effet, Shizue, la grand-mère de Chiharu, lui aurait promis la main du jeune homme en échange d’un souhait…

En conclusion

Hinohara sensei nous transporte totalement dans son récit, avec des personnages attachants et un graphisme agréable. Elle alterne les moments de tension et d’humour avec brio. Les efforts de Rin qui a un caractère très positif, sont tellement touchants qu’il m’est impossible de ne pas craquer pour lui. Un énorme coup de cœur à relire sans fin!

Wolf pack – Billy Balibally

wolf pack billy balibally
BILLY Balibally ビリー・バリバリー
ISBN: 9782382760994
Hana, 2022
ISBN: 9784866572475 (JP)
Frontier works, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Je ferais tout pour toi. Alors ne l’oublie pas… Partenaire. »

Billy Balibally sensei revisite les légendes nordiques pour nous offrir une romance fantastique avec des hommes-loups. Elle alterne la vie normale de l’animal comme la chasse, la protection de la meute et du territoire, l’éducation des petits, avec des discussions sur des sujets humains comme la paix, la place de l’amour. Garmr et Hati se chamaillent souvent pour le poste d’alpha. De même, les louveteaux apportent des touches d’humour par leurs bêtises. Les deux loups alphas faisant passer la meute avant eux, s’interrogent sur leurs sentiments naissants et leur sensibilité humaine. A travers Ghir, l’auteure introduit l’histoire de Fenrir et de ses descendants. Elle dénonce également quelques points de tension avec les humains. Dans sa postface, elle confie ses inspirations.

Malgré un trait fin, la mangaka dessine des personnages virils sous leur forme humaine. Elle détaille les mouvements des oreilles et de la queue, s’inspirant du langage corporel des loups. Par ailleurs, elle n’oublie pas d’ajouter les cicatrices pour les reconnaître. Par contre, les louveteaux avec uniquement un visage humain sont à la fois mignon et amusant graphiquement. Les décors ancrent le récit dans un univers réaliste. Les trames variées et équilibrées jouent beaucoup sur les contrastes noir et blanc. De même, la mise en page met en valeur les scènes d’action. D’ailleurs, Billy sensei utilise à merveille les emboitements de cases, les grandes vignettes et les doubles-pages. Dans les scènes érotiques, pudiques, elle s’arrête aux préliminaires. En début de tome, elle présente un arbre généalogique, une carte et des explications sur la hiérarchie entre les loups. La couverture a obtenu la vingtième place au Chill chill BL award 2020.

En résumé

Loin dans la montagne vivent les descendants de Fenrir, mi-hommes mi-loups. Le loup alpha du peuple de la vallée, Garmr, a ramené un cerf pour fêter un pacte avec la meute du lac qui leur permettra de partager un point d’eau. Il devait au départ épouser la femelle alpha Sköll. Mais suite au récent décès de la louve dans un accident, son frère jumeau Hati propose alors de la remplacer. Les deux mâles ne pouvant donner une descendance, Garmr espère que les bêtas pourront accomplir ce devoir pour renforcer les liens de la nouvelle famille. En effet, il a bien l’intention de prendre Hati comme partenaire…

En conclusion

On se laisse facilement happer par cette histoire fantastique concise mais entrainante. Les personnages attachants gardent toutefois une certaine animalité. En plus les paysages neigeux nous transportent directement dans cet univers. Un coup de cœur qui nous laisse un tout petit peu sur notre faim de loup!

Le monstre & la bête 3 – Renji

le monstre et la bete 3 renji
Renji 蓮地
ISBN: 9782375062654
Taifu comics, 2022
ISBN: 9784041090992 (JP)
Kadokawa, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Petit imprévu durant le voyage de Liam et Kavo.

Renji sensei fait évoluer les rapports et les sentiments entre Liam et Kavo. A travers le capitaine de la garde royale Herbert Patricius, elle révèle quelques évènements troubles entourant encore plus de mystères Liam. D’ailleurs, le solitaire homme d’âge mûr s’attache petit à petit à son compagnon de voyage. Kavo, quant à lui, s’émancipe de plus en plus, prenant des initiatives. Il prend pleinement conscience de son physique et des différences avec Liam. Ainsi, l’auteure met particulièrement en avant l’acceptation de soi et de l’autre tel qu’il est, avec ses qualités et ses défauts. Elle dépeint avec finesse les différentes émotions qui se développent avec le sentiment amoureux.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux, dans un style bien personnel mais efficace et agréable. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, dessinant des têtes toutes mignonnes au format SD. Malgré ce trait simple, elle transcrit parfaitement les expressions telles que l’ennui, le manque, l’excitation. Par ailleurs, les décors présents plutôt détaillés renforcent le réalisme de l’univers pourtant fantastique. Les trames d’ambiance accompagnent les émotions. La mise en page est dynamique. Par son découpage particulier, Renji sensei renforce la sensualité des corps, musclés. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par des formes floues blanches ou tramées. Les illustrations en début de chapitre s’intègrent également au récit. Comme dans le tome précédent, l’histoire sous la jaquette continue.

En résumé

En voulant ramasser un couteau de Liam tombé au sol, Kavo se retrouve séparé de son compagnon de voyage et rate donc le départ du bateau. L’homme d’âge mûr ne pouvant faire demi-tour, prend en attendant du bon temps avec ceux qu’il rencontre pendant la traversée. Toutefois, il ressent de plus en plus la solitude en pensant à Kavo. Le monstre, quant à lui, essaie d’embarquer sur un autre bateau sans se faire remarquer. Mais il rencontre quelques difficultés, n’arrivant pas à se fondre dans l’ombre d’autres humains.

En conclusion

Grâce à un développement toujours autant empreint de suspense et de douceur, Renji sensei accompagne le lecteur dans son univers tout en l’incitant à réfléchir sur les rapports amoureux. Je prends toujours plaisir à découvrir les aventures de ce couple atypique mais tellement fait l’un pour l’autre. Du bonheur tout simplement!

Bena 2 – Kofude

bena 2 kofude
Kofude こふで
ISBN: 9782382760796
Hana, 2022
ISBN: 9784575380705 (JP)
Futabasha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Bena, tiraillé entre humain et démon.

Kofude sensei développe un peu plus la romance entre Ichi et Bena. Elle présente les mœurs de l’époque et sous le prétexte d’une mission hors d’Edo, nous dévoile comment les voyages s’effectuaient durant cette époque, le long de la célèbre route Tôkaidô. Bena ayant mûri, s’interroge de plus en plus sur sa nature de démon et redoute de perdre le contrôle. Dans une quête sur ses origines, il se renferme de plus en plus. Ainsi, le couple n’arrive plus à communiquer. Par ailleurs, l’auteure aborde encore la difficulté à faire son deuil en s’intéressant à la vision d’Ichi et de Danzô. Elle dévoile également la relation bancale qu’entretenait Fumi avec son tuteur. Un chapitre bonus donne des anecdotes amusantes sur le couple.

La mangaka utilise deux styles de traits différents: des lignes épurées et fines pour les visages et les corps, des traits épais et anguleux tracés au calame ou au pinceau pour les vêtements. Pourtant, ce style reste harmonieux. D’ailleurs, ce mélange se retrouve également dans le traitement des décors, des vêtements et de l’architecture qui paraissent très réalistes tandis que les personnages sont totalement simplifiés dans les passages humoristiques. De même, les trames d’ambiance se font très discrètes. Comparé au tome précédent, les objets du quotidien sont plus détaillés. Pour ne pas surcharger ses pages, Kofude sensei privilégie des trames aux tons claires. Elle tire profit des doubles pages et des grandes vignettes, dynamisant sa mise en page. Dans les scènes érotiques, elle esquisse à peine les parties intimes. En fin de tome se trouvent des fiches explicatives sur les voyages durant Edo.

En résumé

Le démon Bena a bien grandi et vit maintenant aux côtés d’Ichi. Il a même trouvé un emploi, cachant sa force pour se fondre dans la foule. Toutefois, depuis quelques jours, il fait des cauchemars, hanté par des souvenirs du passé. Il redoute surtout de blesser quelqu’un avec sa force qui augmente. Quand un incident survient alors qu’il poussait une charrette sur un pont avec ses collègues, il est obligé d’utiliser son pouvoir pour protéger ces derniers. Mais il panique également à l’idée que sa corne puisse ressortir. Il réalise alors qu’il aimerait devenir humain à part entière. De son côté, Ichi reste auprès de Nao, enceinte, pour l’aider. Quand il lui offre une somme pour la remercier de ses bons soins, la jeune femme la confie immédiatement à Bena qui annonce soudainement qu’il quitte Edo…

En conclusion

L’histoire s’étoffe pour notre plus grand plaisir. L’auteure touche du bout des doigts certaines problématiques que j’aimerais voir plus approfondies. Mais cela reste une lecture agréable avec un beau graphisme.

Mon quotidien avec un mononoké 2 – Syaku

mon quotidien avec un mononoke 2 syaku
Syaku 灼
ISBN: 9782382760826
Hana, 2021
ISBN: 9784758021500 (JP)
Ichijinsha, 2020 (JP)
Titre original: ハレとモノノケ下
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Les gens changent comme les saisons. »

Syaku sensei continue de partager le quotidien de Yashio et Toki, de l’été à l’hiver. Elle fait évoluer les sentiments de ses personnages et révèle donc un peu plus leur personnalité. Ainsi, Yashio extériorise mieux ses émotions et fait des remarques parfois mordantes. Il a encore du mal à déterminer ses sentiments et se laisse guider par Toki. Le mononoké quant à lui, s’avère taquin. Il appréhende l’avenir et n’aime pas le changement. Le couple communique beaucoup, même durant leurs ébats. Ainsi, l’auteure aborde les inconvénients de l’immortalité, la peur de souffrir face à la vieillesse et la mort d’autrui. A travers Mitsu, elle s’intéresse également à la jalousie et la place d’un ami très cher quand un couple se forme. Elle met en avant le bonheur d’une vie modeste au gré des saisons, l’attachement régional, l’importance de l’amour partagé au quotidien.

La mangaka a un trait épuré mais léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle ajoute un aspect mignon, avec par exemple les oreilles de Micchan qui ressortent quand il a une réaction canine. Les décors toujours autant détaillés et soignés, s’estompent légèrement autour des personnages. Comparé au tome précédent, cela permet d’alléger un peu plus les pages, rendant la lecture agréable. De même, les trames variées jouent beaucoup sur les clairs-obscurs. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Syaku sensei ne détaille pas les parties intimes. D’ailleurs, elle s’attarde surtout sur les sensations de ses personnages. Elle offre une conclusion mignonne sur le couple, en deux planches sous la jaquette. Lorsque l’on met les deux couvertures côte à côte, on obtient une magnifique illustration.

En résumé

Depuis que Yôkami Yashio a remarqué une ride, Toki prend soin de son visage. Bien qu’immortel, le mononoké semble avoir peur de vieillir. D’ailleurs, il savoure chaque instant comme si c’était le dernier. Depuis leur déclaration d’amour, il adore également embrasser l’adolescent dès qu’il prend soin de lui. Lors du festival d’été, il se retrouve malheureusement à remplacer un collègue malade sur le stand de son patron. Yashio, quant à lui, en profite pour goûter toutes les spécialités. Il croise alors Micchan avec qui il partage quelques gâteaux. L’ookami continue de le protéger, s’inquiétant pour ses blessures aux pieds, mais n’ose rien demander pour ne pas être reconnu.

En conclusion

L’auteure galvanise l’amour et la simplicité, rappelant les traditions et le bonheur de la vie à la campagne. Elle ne nie pas la solitude, le peu de choix d’activités mais montre que le bonheur se trouve surtout dans les petites choses du quotidien ainsi que dans le partage d’une vie commune avec l’être aimé. Personnellement, ce titre me touche énormément, abordant des thèmes qui me sont chers. Mais je pense qu’il peut être d’un abord assez difficile pour ceux qui ne connaissent pas la pensée japonaise et le shintô. En plus, le rythme lent et les passages très bavards peuvent décourager. Je le recommande tout de même, car son message est tout simplement beau.

Mon quotidien avec un mononoké 1 – Syaku

mon quotidien avec un mononoke 1 syaku
Syaku 灼
ISBN: 9782382760819
Hana, 2021
ISBN: 9784758021494 (JP)
Ichijinsha, 2020 (JP)
Titre original: ハレとモノノケ 上
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« L’impureté survient quand l’équilibre entre la nature et les hommes est rompu. »

Syaku sensei propose de suivre l’étrange cohabitation entre un mononoké et un lycée esseulé. Elle s’inspire des croyances shintoïstes et des yôkai existants. Elle s’intéresse à la solitude, à l’interaction entre l’humain et la nature, à la transmission entre les générations ainsi que la signification des fêtes rituelles. Ainsi, le lecteur découvre au fur et à mesure des chapitres le quotidien entre Yashio et Toki. Le fantastique se fait très discret, le mononoké ressemblant à un humain. Par ailleurs, le chien des montagnes Mitsu apporte une touche humoristique agréable. L’auteure donne beaucoup d’explications à travers les dialogues des personnages. Elle sème au fil des chapitres des indices sur le mystère entourant Toki. Elle montre également le soutien toujours présent entre voisins et l’élargissement des liens amicaux, du fait des distances. Ainsi, le meilleur ami de Yashio, Kunihiro, semble très mûr pour son âge.

La mangaka a un trait épuré presque simple, mais uniquement dans le traitement des visages. En effet, le reste contraste par un trait léché, donnant beaucoup de réalisme au corps. Elle simplifie encore plus les expressions dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle joue beaucoup sur les clairs-obscurs en utilisant diverses trames. On retrouve son style réaliste dans le traitement des décors très détaillés. D’ailleurs, cela a tendance à énormément charger les pages. La mise en page dynamique met en avant certaines réactions et rythme donc la lecture. En revanche, comme Syaku sensei développe son univers à travers les discussions entre les personnages, il y a beaucoup de phylactères. Sous la jaquette, elle donne une anecdote sur les deux héros, en deux planches, à lire à la fin. Il y a également un plan de la maison à la fin du volume.

En résumé

Le lycéen Yôkami Yashio (17 ans) vit seul dans la demeure héritée de son grand-père, en pleine montagne, ses parents étant longuement absent pour leur travail. Alors qu’il se promenait dans la forêt, il croise un étrange motard, Toki, qui lui révèle être un mononoké. Désirant le purifier, ce dernier s’installe avec lui et commence à l’initier aux ressources de la forêt. Mais le mononoké semble détenir un autre secret…

En conclusion

Ce tome a obtenu la dixième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2021. Malgré un fort potentiel, les longs dialogues explicatifs brisent le rythme de lecture. L’auteure semble vouloir absolument partager toutes les données qu’elle a récoltées. Pourtant, elle nous invite également à réfléchir indirectement sur la famille et la place de l’homme dans la nature. Toutefois, Yashio, en lycéen blasé, attire l’intérêt du lecteur. Étant fan du folklore japonais, j’adhère complètement au récit. Mais je pense qu’il ne pourra pas plaire à tout le monde, le style narratif pouvant décourager certains lecteurs. Petit conseil: il s’apprécie beaucoup plus en lisant les chapitres un par un…

Vampire and pleasant companions 4 – Konohara Narise et Ragawa Marimo

vampire and pleasant companions 4 konohara narise ragawa marimo
KONOHARA Narise 木原音瀬
RAGAWA Marimo 羅川真里茂
ISBN: 9784592218647 (JP)
Hakusensha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Est-ce que l’on pourra toujours être ensemble? »

Ragawa Marimo sensei fait évoluer la relation entre Akira et Albert. Le vampire prend enfin conscience de ses sentiments pour son hôte, exacerbés par la rivalité avec Muroi. Il se retrouve également au cœur d’une enquête. Il continue à se lier d’amitié avec son nouvel entourage. Comme dans le tome précédent, Akira et Muroi débattent sur la sexualité, l’assistant n’arrivant pas à comprendre celle de son supérieur. A travers Mitani, l’auteure aborde le jugement extérieur porté sur les fans d’horreur, un loisir considéré comme déviant. Elle développe également l’image extérieure du métier d’embaumeur ainsi que son utilité dans un pays pratiquant la crémation. Par ailleurs, elle met en avant l’influence plutôt négative des médias qui cherchent des réponses et des scoops lors d’une enquête policière. La courte nouvelle de Konohara Narise sensei s’attarde sur Nukariya lors de son séjour aux États-Unis.

Le trait léché et anguleux de la mangaka sied parfaitement aux visages carrés et aux corps musclés. Dans les passages humoristiques, elle exagère les expressions. Par ailleurs, elle porte attention aux petits détails comme les regards, les mouvements pour transmettre l’état d’âme des protagonistes. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. En revanche, les décors, soignés, situent principalement l’action. Les scènes violentes, assombries, évitent ainsi de trop choquer. La mise en page dynamique joue beaucoup sur la variété des angles de vue. Ragawa sensei décortique les moments tendres entre les deux héros pour bien transmettre l’évolution de leurs sentiments. En début de chapitre, elle offre de belles illustrations avec les personnages qui semblent poser. De même, les deux illustrations couleurs en début de tome reprennent celles de la jaquette. On retrouve les adorables bouilles d’Al en chauve-souris au dos de la couverture.

En résumé

Sur le plateau de tournage de Sakairi, Albert Irving, sous le nom de Cain Bartz, est confondu avec l’acteur qui devait venir. Mais en voyant le beau jeune homme, Jinbo Yûka, l’idole qui a le rôle principal, exige de jouer avec lui. Akira cède alors en instaurant trois conditions, notamment sur le maquillage pour rendre l’américain méconnaissable. Al se retrouve donc à jouer un rôle de vampire, pour son plus grand plaisir. Il sympathise rapidement avec l’acteur Mitani Yûji qui est fan de film d’horreur. D’ailleurs, Nukariya l’encourage à réaliser enfin son rêve en convainquant Akira de le laisser faire. Mais un soir, l’actrice a plus d’une heure de retard. Soudain, Albert sent une douce odeur de sang…

En conclusion

Ragawa sensei aborde différents sujets intéressants tout en retenant le lecteur en haleine. Même si la romance homosexuelle n’est pas au centre du récit, elle porte attention aux différents sentiments des personnages. J’adore la fraicheur d’Albert qui exprime facilement ses sentiments et accepte Akira tel qu’il est. Une lecture passionnante et émouvante!

Bena 1 – Kofude

bena 1 kofude
Kofude こふで
ISBN: 9782382760789
Hana, 2021
ISBN: 9784575380538 (JP)
Futabasha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Un monstre aussi proche d’un humain.

Kofude sensei offre une romance mêlant à la fois un univers fantastique et historique. Toutefois, elle l’exploite peu, s’en servant principalement comme décor. Elle dépeint un monde violent, abordant sans pour autant l’approfondir le viol, la pédophilie, la violence gratuite. Au début, les tranches de vie s’enchaînent sans distinction. De même, les flash-back se mêlent au récit brouillant un peu la compréhension. Par la suite, l’auteure améliore son style narratif. Ainsi, elle développe un peu plus les personnages secondaires. Elle met en avant l’évolution des sentiments de ses deux héros. Bena préfère taire sa vraie nature et son amour de peur du rejet. Ichi, quant à lui, rongé par la culpabilité suite au décès de son frère, éprouve des sentiments complexes envers Bena.

La mangaka a un trait épuré, au style rappelant le travail à la plume ou même au calame. Elle s’inspire des oni du kabuki pour créer Bena, avec la longue chevelure rouge. De même, elle traite les décors et les tenues en imitant le traitement graphique des estampes. D’ailleurs, elle respecte l’architecture de l’époque ainsi que les objets du quotidien sans pour autant les détailler. Dans les passages humoristiques, les traits se simplifient. Les trames sont variées mais servent principalement à colorer ou marquer les contre-jours. La mise en page reste dynamique malgré quelques flash-back simplement en superposition. Kofude sensei préfère suggérer les passages violents. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par des bandelettes blanches ou des formes floues.

En résumé

Ichi a perdu son frère jumeau Fumi suite à une longue maladie. Tous deux se produisaient dans le freak show Bena, comme curiosité. Son superviseur, Danzô, qui abusait également du jeune homme en échange des soins pour Fumi, lui confie alors un monstre à mâter pour de futurs spectacles. Mais sous la chevelure rouge imposante, Ichi remarque que la bête ressemble plus à un enfant sauvage. S’attachant petit à petit à lui, il décide alors de le sauver. Cependant, le petit monstre, qu’il a surnommé simplement Bena, refuse de lui obéir, désirant rester à ses côtés.

En conclusion

Ce tome a obtenu la onzième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2020. J’ai eu beaucoup de mal à entrer dans l’histoire au début, les passages violents me mettant mal à l’aise. Heureusement, l’auteure abandonne vite ce côté pour se consacrer à la romance. Malgré quelques maladresses, elle nous offre une histoire intéressante qui attise ma curiosité.

La sérénade du corbeau – Sakuhiro

la serenade du corbeau sakuhiro
Sakuhiro 朔ヒロ
ISBN: 9782381760765
Hana, 2021
ISBN: 9784575380699 (JP)
Futabasha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Vous m’avez acheté pour la nuit, alors touchez-moi comme bon vous semble… »

Sakuhiro sensei narre une romance fantastique entre un humain au cœur brisé et un yôkai prostitué. Elle révèle au fur et à mesure le passé tumultueux des deux héros. Échaudé par une arnaque, Akito ne croit plus trop en l’amour. Suiren, quant à lui cache une énorme tristesse derrière son sourire. Les sentiments se développent peu à peu entre eux. L’auteure s’intéresse un peu à l’envers de la prostitution. Elle aborde surtout le sentiment de désespoir et de culpabilité ainsi que le sacrifice de soi. En effet, l’humain et le yôkai ont tendance à payer de leur personne pour les autres. Tout en avançant à leur rythme, ils redécouvrent le partage du sentiment amoureux et se motivent réciproquement pour reprendre goût à la vie.

La mangaka a un trait épuré et anguleux, proche du style shôjo. Elle s’inspire principalement des yôkai du folklore japonais. Elle rend bien la somptuosité des vêtements et de l’architecture. Par ailleurs, les décors alternent avec les trames d’ambiance et s’estompent autour des personnages pour les mettre en avant. La mise en page très dynamique utilise les emboitements de vignettes, des sorties de cadres des personnages ainsi qu’une variété d’angles de vue. Dans les scènes érotiques, Sakuhiro sensei censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches. D’ailleurs, elle ne les détaille pas. Sous la jaquette, elle explique les liens entre les personnages, inspirés du yin et du yang.

En résumé

Alors qu’il prenait une pause dans un parc, Kanazawa Akito vient en aide à un enfant qui se fait maltraiter. En réalité, il s’agit d’un yôkai, Tofu-kozo. Pour le remercier, ce dernier lui offre trois plaquettes en bois. En entrant dans le buisson comme indiqué, Akito se retrouve ainsi devant la maison close Kasumi, spécialisée dans les yôkai. Comprenant qu’il a reçu des tickets, il tente alors de s’éclipser. Mais le tengu Suiren, harcelé par son client qui a pourtant terminé son temps, lui tombe dessus. Akito vient à son secours et utilise alors une tablette. Mais bien qu’il ait réservé le beau yôkai pour la nuit, il préfère discuter avec lui…

En conclusion

Ce one-shot est un véritable coup de cœur. Ce récit aborde un sujet plutôt rare: jusqu’où irait-on par amour? En plus des personnages attendrissants, le graphisme est agréable et la magie opère facilement.