Ze 5 – Shimizu Yuki

ze 5 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351805060
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784403661723 (JP)
Shinshokan, 2007 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Me voilà obligé de supplier à genoux ce rustre grossier et obscène…! »

Shimizu Yuki sensei présente un nouveau couple qui a développé un lien forgé par leur volonté commune. Elle utilise les méconnaissances de Ryûsei pour apporter des détails sur les fonctions des kamis. Par ailleurs, elle base la narration principalement sur le point de vue de Moriya. Le kami, qui a connu une mauvaise expérience avec son ancien maître, s’attache à la vie et ne supporte pas la hiérarchie qui existe entre humain et kami. Au contact de Ryûsei, il découvre donc petit à petit les qualités cachées de son nouveau maître derrière ses défauts. En plus, il s’éveille peu à peu aux sentiments en travaillant comme un humain. L’auteure met en avant l’emprise de la famille Mitô, même sur un enfant illégitime. Elle maintient un certain suspense en révélant peu à peu le passé traumatisant de Ryûsei. Par ailleurs, elle alterne entre ton sérieux et touche d’humour.

Avec son trait anguleux et épuré, la mangaka a un style immédiatement reconnaissable. Elle dessine des lèvres pulpeuses et des yeux effilés. Comparé au tome précédent, elle varie énormément les trames, pour travailler surtout les ombres car les scènes se déroulent souvent la nuit. De même, les flash-back sont encore bien intégrés. La mise en page est dynamique. Par ailleurs, Shimizu sensei compense le manque de scènes érotiques avec l’histoire bonus sur Genma et Himi. Elle cache les parties intimes grâce aux cadrages et aux angles de vue. Elle présente les personnages dans des fiches en début de tome.

En résumé

L’entretien étant annulé, Kitamura Ryûsei et Moriya se retrouvent à enterrer des preuves sur un chantier sur ordre de Yashiro Genma. Pendant que Moriya s’absente pour récupérer les cigarettes de son maître, Ryûsei se fait agresser. De retour, le kami le retrouve ensanglanté et l’embrasse langoureusement pour le soigner. En effet, son maître refuse catégoriquement d’utiliser son kotodama. Moriya se rappelle alors des circonstances de leur rencontre. A la mort de son premier maître kotodama, il ne voulait pas redevenir une page blanche. Et Waki lui a alors donné une chance unique: persuader un des rejetons Mitô qui a vécu à l’écart du clan, de le prendre. Mais Ryûsei est vulgaire, immoral et couche avec n’importe qui…

En conclusion

Suite au succès de la série, l’auteure annonce dans sa postface son adaptation en drama CD. J’adore le couple formé par Moriya et Ryûsei. Je trouve leur relation magnifique. De même, j’aime l’évolution de Moriya qui s’attache à ce gamin blessé. Comme ils se provoquent mutuellement, il est difficile de déterminer qui dominera qui.

Ze 4 – Shimizu Yuki

ze 4 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351804735
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784403661549 (JP)
Shinshokan, 2006 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Une pâle imitation du corps, sans l’esprit.

Shimizu Yuki sensei conclut la romance entre Himi et Genma. Elle explique la méthode de fabrication des kamis ainsi que leur mort. Elle centre la narration sur Himi, décortiquant ses interrogations. Au contact de son entourage, le « nouveau » kami va se confronter à différentes réactions, violentes ou bienveillantes. Par ailleurs, Genma prend enfin conscience de la non humanité de son amant. L’auteure montre aussi une facette sombre de Genma, qui passe par plusieurs phases, reproduisant d’abord le viol de son amant pour forcer la renaissance de leur lien. Elle introduit ensuite des nouveaux maîtres kotodama et leur kami, dont les jumeaux capricieux Mitô Seiji et Tsukito accompagnés de leur kami qui a un sacré caractère, Hatsuhi. Elle aborde encore la rivalité des maîtres kotodama dans la famille Mitô. Cette touche d’humour détend l’atmosphère dramatique du tome précédent. Le chapitre bonus révèle l’état d’esprit de Himi deux mois après son acceptation.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux qui s’affine de plus en plus. Les trames d’ambiance renforcent principalement les émotions fortes. Les décors sont soignés et très présents. La transition entre le passé et le présent s’intègre bien, permettant de facilement se repérer dans le déroulement du récit. D’ailleurs, la mise en page dynamique rythme la lecture. Dans les scènes érotiques, Shimizu sensei censure à peine les parties intimes, en supprimant quelques détails. Toutefois, elle joue aussi sur les ombres ou des phylactères bien placés quand l’image risque d’être trop explicite. Elle apporte également une touche d’érotisme avec le magnifique threesome des jumeaux et de leur kami. De même, la famille d’Ôka offre une note fan service amusante.

En résumé

En protégeant Yashiro Genma, Himi a été poignardé. Hélas, comme son nucleus s’est brisé, il est redevenu une page blanche. Genma demande alors à Waki de le faire revenir, allant jusqu’à le menacer. Il accepte même de travailler comme maître kotodama, seul sans kami pour guérir ou transférer ses blessures. Mais quand Himi revient enfin à la vie, il ne le reconnaît pas…

En conclusion

Beaucoup de révélations dans ce tome, avec un chapitre délirant qui permet de souffler un peu après autant d’émotions. Les jumeaux sont surprenants et je n’aimerais pas devenir la cible de leurs taquineries. Bien que Genma se montre clairement infâme, aussi bien avec l’ancien que le nouveau Himi, j’ai l’impression que l’auteure essaie d’expliquer comment l’amour peut (re)naître malgré une relation violente. Heureusement, elle n’excuse pas le comportement du maître kotodama même si elle suggère quelques uns de ses motifs. Je trouve intéressant cette interrogation sur un thème classique des BL.

Ze 3 – Shimizu Yuki

ze 3 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351804537
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784403661334 (JP)
Shinshokan, 2006 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« A partir de maintenant, tu es à moi. »

Shimizu Yuki sensei développe l’histoire de Genma et Himi qui ont une relation très particulière. Elle donne un ton beaucoup plus sombre et dramatique à son récit qui tranche complètement avec le tome précédent. En effet, Genma a un caractère exécrable et se montre brutal. Ses rapports avec son kami sont unilatéraux, provoquant donc des relations non consenties. Au fil des tomes, Himi découvre l’amour maladroit de son maître qui n’arrive pas à exprimer ses sentiments ainsi que sa gentillesse. L’auteure met en avant les différentes considérations des individus face aux kamis: objet décoratif de valeur pour Mitô Seima, outil exploitable pour le docteur Namai. Elle alterne la narration entre Genma, Himi et Waki, présentant ainsi trois versions différentes du passé. Elle sème petit à petit des indices pour expliquer le comportement possessif de Genma. Par ailleurs, quelques secrets sur les kamis sont encore révélés.

La mangaka a un trait épuré et anguleux, tellement fin qu’il semble parfois s’effacer dans les pleins et déliés. La carrure finement musclée de Genma contraste avec le frêle Himi. Les trames d’ambiance sont discrètes. Par contre, les décors, soignés et présents, donnent une touche réaliste au récit. Les flash-back sont facilement repérables grâce à leur fond noir. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Shimizu sensei censure les détails des parties intimes par des halos blancs lumineux. En début de tome, elle offre une illustration aux couleurs chatoyantes.

En résumé

Le maître kotodama Yashiro Genma et son kami Himi entretiennent une relation amoureuse. Mais comme Himi a son entretien le lendemain, il essaie de réfréner les ardeurs pressantes de son amant. En effet, en automne, tous les kamis effectuent une sorte de visite médicale auprès de Waki. Ce dernier s’est même permis de raser le bouc de Konoe sans son accord. Quand Genma arrive avec Himi, Raizô ressent instinctivement un danger et fuit avec Kon. Il se rappelle alors que Genma utilisait ce dernier comme bouclier contre de l’argent. Au moment de partir, Asari rappelle à Genma la promesse qu’il lui a faite de ne pas faire pleurer Himi.

En conclusion

La différence d’ambiance entre le tome précédent et celui-ci est comme une claque jetée à la figure du lecteur. Comme à son habitude, l’auteure présente des personnages torturés qui se dépêtrent du mieux qu’ils peuvent de leurs problèmes. Le lecteur ressent alors beaucoup d’empathie envers Himi en découvrant son passé et sa vie actuelle. Malgré son comportement indécent et répréhensible, j’aime beaucoup Genma qui s’adoucit petit à petit au contact de son kami. Le suspense à la fin du tome est insoutenable!

Ze 2 – Shimizu Yuki

ze 2 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351804421
Taifu comics, 2010
ISBN: 9784403661181 (JP)
Shinshokan, 2005 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

La romance maladroite et pure entre Raizô et Kon.

Shimizu Yuki sensei développe d’abord la romance entre Raizô et Kon. Elle alterne la narration entre l’étudiant et son kami. Le récit oscille constamment entre drames, tensions et humour. D’ailleurs, les réactions parfois imprévues des personnages ajoutent des effets comiques. Ainsi, l’amour possessif et étouffant d’Ôka envers Benio qui se plie à ses exigences apporte une touche particulière, presque SM. Au contraire, la relation entre Raizô et Kon se développe dans le consentement le plus total. Par ailleurs, l’auteure interroge sur le sens de l’existence et sur le sentiment amoureux à travers les questionnements de Kon. Elle met en avant l’évolution du kami grâce à la bienveillance de son maître sans pouvoir. Elle pose quelques indices dénonçant une part sombre au sein de la famille Mitô, comme la pression familiale due à leurs tâches. L’histoire bonus révèle les relations que nourrissent les autres couples de la maisonnée.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques, souvent portés par Raizô. Par exemple, l’étudiant se transforme en wanko, le rendant encore plus mignon. Les trames d’ambiance transcrivent les émotions. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Shimizu sensei censure les parties intimes en ne dessinant pas les détails. Toutefois, elle s’attarde sur les sensations de ses personnages et offre un peu plus de sensualité comparé au tome précédent. Au début du tome, elle présente les personnages.

En résumé

Raizô a demandé à devenir le maître kotodama de Kon. Depuis, son kami l’embrasse à la moindre égratignure. L’apprenti cuisinier, qui est tombé amoureux, n’ose pas lui dire qu’il a envie de coucher avec lui. Mais Kon entend sa conversation lorsqu’il se confiait au reste de la maisonnée. Le kami accepte alors de le satisfaire. Toutefois, Raizô s’arrête en plein milieu, réalisant que son partenaire ne comprend pas le sentiment amoureux. Les deux hommes finissent donc pas se disputer. Le lendemain, quand Raizô constate que Kon ne prend pas soin de lui-même, n’hésitant pas à se brûler en saisissant une bouteille de saké qui chauffait dans de l’eau bouillante, il essaie de lui transmettre ses sentiments, en vain. Mais l’ancienne maîtresse kotodama Ginka, en visite dans la résidence, kidnappe Kon. En effet, il était à la base le kami de son fils Akimitsu.

En conclusion

Ce couple tendre et doux vous fera fondre. La candeur de Raizô apporte vraiment un souffle de fraîcheur dans la vie dissolue de la famille Mitô. Pour les curieux, le kanji du titre Ze 是 signifie « bien, droit, juste ». Je trouve qu’il amène à s’interroger un peu plus sur l’usage de l’étrange pouvoir des Mitô car pour l’instant, l’équilibre entre maître et kami semble peu équitable. En plus, le lien qui se noue entre Raizô et Kon interroge, l’étudiant n’ayant pas les pouvoirs d’un maître kotodama.

Ze 1 – Shimizu Yuki

ze 1 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351804315
Taifu comics, 2010
ISBN: 9784403660993 (JP)
Shinshokan, 2004 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Le pouvoir de rendre réels les mots que l’on prononce… »

Shimizu Yuki sensei plonge le lecteur dans un univers fantastique basé sur les croyances shintoïstes et taoïstes. Elle introduit d’abord les personnages et la spécificité de la famille Mitô. Elle aborde également les relations entre les différents couples homosexuels, interrogeant sur le lien de maître kotodama et kami. Très vite, le lecteur comprend que le marionnettiste Waki manipule ce petit monde à son gré. Les personnalités plutôt extravagantes des kamis et leurs maîtres contrastent avec la naïveté de Raizô. L’auteure oscille entre tension et humour. Elle prend pour prétexte le contact des muqueuses pour ajouter des passages sensuels. Toutefois, elle commence à établir les thèmes récurrents de ce récit: l’attachement et le sentiment amoureux avec un partenaire partageant ses souffrances, le statut ténu entre outil et être vivant des kamis, l’utilité ou le rôle de chacun dans un couple, la famille et la société, les liens amoureux.

La mangaka a un trait épuré et anguleux, au style immédiatement reconnaissable. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, donnant parfois un côté minimaliste ou très mignon. Elle varie la physionomie de ses personnages permettant de les reconnaître facilement, même de loin. Les décors sont présents dans les plans larges. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. La mise en page est dynamique. Pour l’instant, les scènes érotiques servent surtout à présenter les pouvoirs particuliers des kamis. Shimizu sensei offre tout de même quelques scènes, sans pour autant détailler les parties intimes. Elle met surtout en avant les sentiments de ses personnages.

En résumé

Suite au décès de sa grand-mère qui l’élevait, l’étudiant Shichikawa Raizô trouve un emploi d’apprenti cuisinier dans la maison de Waki. Il fait alors la connaissance des autres résidents: Mitô Ôka et sa « poupée » Benio, le gourmand Mitô Kotoha et le surprotecteur Konoe, ainsi que Kon avec qui il partagera sa chambre. Mais pour son premier festin, la majorité des locataires refusent de manger, trop occupés. D’ailleurs, Raizô surprend certains couples dans un moment très intime. Il reçoit cependant les encouragements d’un étrange homme portant un masque de renard. Par la suite, l’étudiant découvre peu à peu les métiers particuliers des locataires ainsi que leur gentillesse, ces derniers l’aidant et le conseillant. Un soir, alors que Raizô avait préparé un nabe au crabe, Konoe est soudainement attaqué par une onde maléfique et perd un bras. Mais il ne saigne pas car il est en réalité un kami en papier…

En conclusion

Grâce aux annotations apportées par la traductrice, il est facile d’entrer dans le récit. J’adore cette série, étant une passionnée de shintoïsme. En plus, les personnages sont tous attachants. J’apprécie la toute petite touche de diversité apportée par Ôka et Benio, les couples lesbiens étant plutôt rares dans les BL en général. Comme à son habitude, l’auteure prend son temps pour bien installer son univers et ses personnages. Je ne peux donc que vous recommander fortement cette lecture.

Les écailles d’un dieu 1 – Hinohara Meguru

les ecailles d un dieu 1 hinohara meguru
HINOHARA Meguru 日ノ原巡
ISBN: 9782375063071
Taifu comics, 2022
ISBN: 9784403667053 (JP)
Shinshokan, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Je vous prie de m’accepter, et de devenir mon compagnon pour la vie. »

Hinohara Meguru sensei nous plonge dans une comédie romantique fantastique émaillée de suspense. Ainsi, elle approfondit la psychologie de ses personnages au fil des chapitres tout en semant quelques mystères autour de Shizue et Rin. Le décalage des actions du dieu dragon qui a des connaissances succinctes sur les humains provoque un effet comique mais mignon. Au contact de Rin, Chiharu accepte peu à peu le surnaturel et commence à apprécier le dragon. En plus de la dynamique entre les deux personnages, l’auteure s’attarde également sur divers thèmes comme le rythme différent à la campagne, l’entraide, le poids de la célébrité. Elle installe une relation consensuelle malgré les techniques de séduction maladroites de Rin. Par ailleurs, elle alterne la narration entre les deux héros, partageant ainsi leurs réflexions. Deux histoires bonus amusantes mettent en avant la fascination naissante de l’écrivain pour le dragon.

La mangaka a un trait épuré et anguleux expressif, avec une touche très personnelle. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Même si les visages rappellent ceux des personnages de ses autres séries, elle ajoute quelques différences bien distinctives. Par ailleurs, le chien Urara et Rin en SD apportent une touche mignonne. Les décors soignés et plutôt détaillés alternent avec les trames d’ambiance. Les lignes d’action et la mise en page guident efficacement le regard. Hinohara sensei n’intègre pas de scènes érotiques pour l’instant, les personnages prenant leur temps pour se découvrir.

En résumé

Izunome Chiharu, écrivain en mal d’inspiration, retourne dans son village d’enfance. Il attend à la gare son ami et voisin, Tsukasa, qui travaille à la mairie, quand il remarque soudain un étrange homme tombé d’inanition. Il lui offre donc son sandwich et entame la conversation. Malgré ses cheveux blancs et sa tenue traditionnelle, Rin est un jeune homme venu attendre sa future épouse. A peine arrivé dans la demeure léguée par sa grand-mère qui l’a élevé, Chiharu part chercher des fleurs dans la forêt pour décorer l’autel. Mais il est attaqué par des sangliers affamés. Apparaît soudain Rin qui se transforme en dragon blanc pour le secourir. En effet, Shizue, la grand-mère de Chiharu, lui aurait promis la main du jeune homme en échange d’un souhait…

En conclusion

Hinohara sensei nous transporte totalement dans son récit, avec des personnages attachants et un graphisme agréable. Elle alterne les moments de tension et d’humour avec brio. Les efforts de Rin qui a un caractère très positif, sont tellement touchants qu’il m’est impossible de ne pas craquer pour lui. Un énorme coup de cœur à relire sans fin!

Wolf pack – Billy Balibally

wolf pack billy balibally
BILLY Balibally ビリー・バリバリー
ISBN: 9782382760994
Hana, 2022
ISBN: 9784866572475 (JP)
Frontier works, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Je ferais tout pour toi. Alors ne l’oublie pas… Partenaire. »

Billy Balibally sensei revisite les légendes nordiques pour nous offrir une romance fantastique avec des hommes-loups. Elle alterne la vie normale de l’animal comme la chasse, la protection de la meute et du territoire, l’éducation des petits, avec des discussions sur des sujets humains comme la paix, la place de l’amour. Garmr et Hati se chamaillent souvent pour le poste d’alpha. De même, les louveteaux apportent des touches d’humour par leurs bêtises. Les deux loups alphas faisant passer la meute avant eux, s’interrogent sur leurs sentiments naissants et leur sensibilité humaine. A travers Ghir, l’auteure introduit l’histoire de Fenrir et de ses descendants. Elle dénonce également quelques points de tension avec les humains. Dans sa postface, elle confie ses inspirations.

Malgré un trait fin, la mangaka dessine des personnages virils sous leur forme humaine. Elle détaille les mouvements des oreilles et de la queue, s’inspirant du langage corporel des loups. Par ailleurs, elle n’oublie pas d’ajouter les cicatrices pour les reconnaître. Par contre, les louveteaux avec uniquement un visage humain sont à la fois mignon et amusant graphiquement. Les décors ancrent le récit dans un univers réaliste. Les trames variées et équilibrées jouent beaucoup sur les contrastes noir et blanc. De même, la mise en page met en valeur les scènes d’action. D’ailleurs, Billy sensei utilise à merveille les emboitements de cases, les grandes vignettes et les doubles-pages. Dans les scènes érotiques, pudiques, elle s’arrête aux préliminaires. En début de tome, elle présente un arbre généalogique, une carte et des explications sur la hiérarchie entre les loups. La couverture a obtenu la vingtième place au Chill chill BL award 2020.

En résumé

Loin dans la montagne vivent les descendants de Fenrir, mi-hommes mi-loups. Le loup alpha du peuple de la vallée, Garmr, a ramené un cerf pour fêter un pacte avec la meute du lac qui leur permettra de partager un point d’eau. Il devait au départ épouser la femelle alpha Sköll. Mais suite au récent décès de la louve dans un accident, son frère jumeau Hati propose alors de la remplacer. Les deux mâles ne pouvant donner une descendance, Garmr espère que les bêtas pourront accomplir ce devoir pour renforcer les liens de la nouvelle famille. En effet, il a bien l’intention de prendre Hati comme partenaire…

En conclusion

On se laisse facilement happer par cette histoire fantastique concise mais entrainante. Les personnages attachants gardent toutefois une certaine animalité. En plus les paysages neigeux nous transportent directement dans cet univers. Un coup de cœur qui nous laisse un tout petit peu sur notre faim de loup!

Le monstre & la bête 3 – Renji

le monstre et la bete 3 renji
Renji 蓮地
ISBN: 9782375062654
Taifu comics, 2022
ISBN: 9784041090992 (JP)
Kadokawa, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Petit imprévu durant le voyage de Liam et Kavo.

Renji sensei fait évoluer les rapports et les sentiments entre Liam et Kavo. A travers le capitaine de la garde royale Herbert Patricius, elle révèle quelques évènements troubles entourant encore plus de mystères Liam. D’ailleurs, le solitaire homme d’âge mûr s’attache petit à petit à son compagnon de voyage. Kavo, quant à lui, s’émancipe de plus en plus, prenant des initiatives. Il prend pleinement conscience de son physique et des différences avec Liam. Ainsi, l’auteure met particulièrement en avant l’acceptation de soi et de l’autre tel qu’il est, avec ses qualités et ses défauts. Elle dépeint avec finesse les différentes émotions qui se développent avec le sentiment amoureux.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux, dans un style bien personnel mais efficace et agréable. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, dessinant des têtes toutes mignonnes au format SD. Malgré ce trait simple, elle transcrit parfaitement les expressions telles que l’ennui, le manque, l’excitation. Par ailleurs, les décors présents plutôt détaillés renforcent le réalisme de l’univers pourtant fantastique. Les trames d’ambiance accompagnent les émotions. La mise en page est dynamique. Par son découpage particulier, Renji sensei renforce la sensualité des corps, musclés. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par des formes floues blanches ou tramées. Les illustrations en début de chapitre s’intègrent également au récit. Comme dans le tome précédent, l’histoire sous la jaquette continue.

En résumé

En voulant ramasser un couteau de Liam tombé au sol, Kavo se retrouve séparé de son compagnon de voyage et rate donc le départ du bateau. L’homme d’âge mûr ne pouvant faire demi-tour, prend en attendant du bon temps avec ceux qu’il rencontre pendant la traversée. Toutefois, il ressent de plus en plus la solitude en pensant à Kavo. Le monstre, quant à lui, essaie d’embarquer sur un autre bateau sans se faire remarquer. Mais il rencontre quelques difficultés, n’arrivant pas à se fondre dans l’ombre d’autres humains.

En conclusion

Grâce à un développement toujours autant empreint de suspense et de douceur, Renji sensei accompagne le lecteur dans son univers tout en l’incitant à réfléchir sur les rapports amoureux. Je prends toujours plaisir à découvrir les aventures de ce couple atypique mais tellement fait l’un pour l’autre. Du bonheur tout simplement!

Bena 2 – Kofude

bena 2 kofude
Kofude こふで
ISBN: 9782382760796
Hana, 2022
ISBN: 9784575380705 (JP)
Futabasha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Bena, tiraillé entre humain et démon.

Kofude sensei développe un peu plus la romance entre Ichi et Bena. Elle présente les mœurs de l’époque et sous le prétexte d’une mission hors d’Edo, nous dévoile comment les voyages s’effectuaient durant cette époque, le long de la célèbre route Tôkaidô. Bena ayant mûri, s’interroge de plus en plus sur sa nature de démon et redoute de perdre le contrôle. Dans une quête sur ses origines, il se renferme de plus en plus. Ainsi, le couple n’arrive plus à communiquer. Par ailleurs, l’auteure aborde encore la difficulté à faire son deuil en s’intéressant à la vision d’Ichi et de Danzô. Elle dévoile également la relation bancale qu’entretenait Fumi avec son tuteur. Un chapitre bonus donne des anecdotes amusantes sur le couple.

La mangaka utilise deux styles de traits différents: des lignes épurées et fines pour les visages et les corps, des traits épais et anguleux tracés au calame ou au pinceau pour les vêtements. Pourtant, ce style reste harmonieux. D’ailleurs, ce mélange se retrouve également dans le traitement des décors, des vêtements et de l’architecture qui paraissent très réalistes tandis que les personnages sont totalement simplifiés dans les passages humoristiques. De même, les trames d’ambiance se font très discrètes. Comparé au tome précédent, les objets du quotidien sont plus détaillés. Pour ne pas surcharger ses pages, Kofude sensei privilégie des trames aux tons claires. Elle tire profit des doubles pages et des grandes vignettes, dynamisant sa mise en page. Dans les scènes érotiques, elle esquisse à peine les parties intimes. En fin de tome se trouvent des fiches explicatives sur les voyages durant Edo.

En résumé

Le démon Bena a bien grandi et vit maintenant aux côtés d’Ichi. Il a même trouvé un emploi, cachant sa force pour se fondre dans la foule. Toutefois, depuis quelques jours, il fait des cauchemars, hanté par des souvenirs du passé. Il redoute surtout de blesser quelqu’un avec sa force qui augmente. Quand un incident survient alors qu’il poussait une charrette sur un pont avec ses collègues, il est obligé d’utiliser son pouvoir pour protéger ces derniers. Mais il panique également à l’idée que sa corne puisse ressortir. Il réalise alors qu’il aimerait devenir humain à part entière. De son côté, Ichi reste auprès de Nao, enceinte, pour l’aider. Quand il lui offre une somme pour la remercier de ses bons soins, la jeune femme la confie immédiatement à Bena qui annonce soudainement qu’il quitte Edo…

En conclusion

L’histoire s’étoffe pour notre plus grand plaisir. L’auteure touche du bout des doigts certaines problématiques que j’aimerais voir plus approfondies. Mais cela reste une lecture agréable avec un beau graphisme.

Mon quotidien avec un mononoké 2 – Syaku

mon quotidien avec un mononoke 2 syaku
Syaku 灼
ISBN: 9782382760826
Hana, 2021
ISBN: 9784758021500 (JP)
Ichijinsha, 2020 (JP)
Titre original: ハレとモノノケ下
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Les gens changent comme les saisons. »

Syaku sensei continue de partager le quotidien de Yashio et Toki, de l’été à l’hiver. Elle fait évoluer les sentiments de ses personnages et révèle donc un peu plus leur personnalité. Ainsi, Yashio extériorise mieux ses émotions et fait des remarques parfois mordantes. Il a encore du mal à déterminer ses sentiments et se laisse guider par Toki. Le mononoké quant à lui, s’avère taquin. Il appréhende l’avenir et n’aime pas le changement. Le couple communique beaucoup, même durant leurs ébats. Ainsi, l’auteure aborde les inconvénients de l’immortalité, la peur de souffrir face à la vieillesse et la mort d’autrui. A travers Mitsu, elle s’intéresse également à la jalousie et la place d’un ami très cher quand un couple se forme. Elle met en avant le bonheur d’une vie modeste au gré des saisons, l’attachement régional, l’importance de l’amour partagé au quotidien.

La mangaka a un trait épuré mais léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle ajoute un aspect mignon, avec par exemple les oreilles de Micchan qui ressortent quand il a une réaction canine. Les décors toujours autant détaillés et soignés, s’estompent légèrement autour des personnages. Comparé au tome précédent, cela permet d’alléger un peu plus les pages, rendant la lecture agréable. De même, les trames variées jouent beaucoup sur les clairs-obscurs. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Syaku sensei ne détaille pas les parties intimes. D’ailleurs, elle s’attarde surtout sur les sensations de ses personnages. Elle offre une conclusion mignonne sur le couple, en deux planches sous la jaquette. Lorsque l’on met les deux couvertures côte à côte, on obtient une magnifique illustration.

En résumé

Depuis que Yôkami Yashio a remarqué une ride, Toki prend soin de son visage. Bien qu’immortel, le mononoké semble avoir peur de vieillir. D’ailleurs, il savoure chaque instant comme si c’était le dernier. Depuis leur déclaration d’amour, il adore également embrasser l’adolescent dès qu’il prend soin de lui. Lors du festival d’été, il se retrouve malheureusement à remplacer un collègue malade sur le stand de son patron. Yashio, quant à lui, en profite pour goûter toutes les spécialités. Il croise alors Micchan avec qui il partage quelques gâteaux. L’ookami continue de le protéger, s’inquiétant pour ses blessures aux pieds, mais n’ose rien demander pour ne pas être reconnu.

En conclusion

L’auteure galvanise l’amour et la simplicité, rappelant les traditions et le bonheur de la vie à la campagne. Elle ne nie pas la solitude, le peu de choix d’activités mais montre que le bonheur se trouve surtout dans les petites choses du quotidien ainsi que dans le partage d’une vie commune avec l’être aimé. Personnellement, ce titre me touche énormément, abordant des thèmes qui me sont chers. Mais je pense qu’il peut être d’un abord assez difficile pour ceux qui ne connaissent pas la pensée japonaise et le shintô. En plus, le rythme lent et les passages très bavards peuvent décourager. Je le recommande tout de même, car son message est tout simplement beau.