Mon quotidien avec un mononoké 2 – Syaku

mon quotidien avec un mononoke 2 syaku

Syaku 灼
ISBN: 9782382760826
Hana, 2021
ISBN: 9784758021500 (JP)
Ichijinsha, 2020 (JP)
Titre original: ハレとモノノケ下
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Les gens changent comme les saisons. »

Syaku sensei continue de partager le quotidien de Yashio et Toki, de l’été à l’hiver. Elle fait évoluer les sentiments de ses personnages et révèle donc un peu plus leur personnalité. Ainsi, Yashio extériorise mieux ses émotions et fait des remarques parfois mordantes. Il a encore du mal à déterminer ses sentiments et se laisse guider par Toki. Le mononoké quant à lui, s’avère taquin. Il appréhende l’avenir et n’aime pas le changement. Le couple communique beaucoup, même durant leurs ébats. Ainsi, l’auteure aborde les inconvénients de l’immortalité, la peur de souffrir face à la vieillesse et la mort d’autrui. A travers Mitsu, elle s’intéresse également à la jalousie et la place d’un ami très cher quand un couple se forme. Elle met en avant le bonheur d’une vie modeste au gré des saisons, l’attachement régional, l’importance de l’amour partagé au quotidien.

La mangaka a un trait épuré mais léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle ajoute un aspect mignon, avec par exemple les oreilles de Micchan qui ressortent quand il a une réaction canine. Les décors toujours autant détaillés et soignés, s’estompent légèrement autour des personnages. Comparé au tome précédent, cela permet d’alléger un peu plus les pages, rendant la lecture agréable. De même, les trames variées jouent beaucoup sur les clairs-obscurs. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Syaku sensei ne détaille pas les parties intimes. D’ailleurs, elle s’attarde surtout sur les sensations de ses personnages. Elle offre une conclusion mignonne sur le couple, en deux planches sous la jaquette. Lorsque l’on met les deux couvertures côte à côte, on obtient une magnifique illustration.

En résumé

Depuis que Yôkami Yashio a remarqué une ride, Toki prend soin de son visage. Bien qu’immortel, le mononoké semble avoir peur de vieillir. D’ailleurs, il savoure chaque instant comme si c’était le dernier. Depuis leur déclaration d’amour, il adore également embrasser l’adolescent dès qu’il prend soin de lui. Lors du festival d’été, il se retrouve malheureusement à remplacer un collègue malade sur le stand de son patron. Yashio, quant à lui, en profite pour goûter toutes les spécialités. Il croise alors Micchan avec qui il partage quelques gâteaux. L’ookami continue de le protéger, s’inquiétant pour ses blessures aux pieds, mais n’ose rien demander pour ne pas être reconnu.

En conclusion

L’auteure galvanise l’amour et la simplicité, rappelant les traditions et le bonheur de la vie à la campagne. Elle ne nie pas la solitude, le peu de choix d’activités mais montre que le bonheur se trouve surtout dans les petites choses du quotidien ainsi que dans le partage d’une vie commune avec l’être aimé. Personnellement, ce titre me touche énormément, abordant des thèmes qui me sont chers. Mais je pense qu’il peut être d’un abord assez difficile pour ceux qui ne connaissent pas la pensée japonaise et le shintô. En plus, le rythme lent et les passages très bavards peuvent décourager. Je le recommande tout de même, car son message est tout simplement beau.

Mon quotidien avec un mononoké 1 – Syaku

mon quotidien avec un mononoke 1 syaku

Syaku 灼
ISBN: 9782382760819
Hana, 2021
ISBN: 9784758021494 (JP)
Ichijinsha, 2020 (JP)
Titre original: ハレとモノノケ 上
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« L’impureté survient quand l’équilibre entre la nature et les hommes est rompu. »

Syaku sensei propose de suivre l’étrange cohabitation entre un mononoké et un lycée esseulé. Elle s’inspire des croyances shintoïstes et des yôkai existants. Elle s’intéresse à la solitude, à l’interaction entre l’humain et la nature, à la transmission entre les générations ainsi que la signification des fêtes rituelles. Ainsi, le lecteur découvre au fur et à mesure des chapitres le quotidien entre Yashio et Toki. Le fantastique se fait très discret, le mononoké ressemblant à un humain. Par ailleurs, le chien des montagnes Mitsu apporte une touche humoristique agréable. L’auteure donne beaucoup d’explications à travers les dialogues des personnages. Elle sème au fil des chapitres des indices sur le mystère entourant Toki. Elle montre également le soutien toujours présent entre voisins et l’élargissement des liens amicaux, du fait des distances. Ainsi, le meilleur ami de Yashio, Kunihiro, semble très mûr pour son âge.

La mangaka a un trait épuré presque simple, mais uniquement dans le traitement des visages. En effet, le reste contraste par un trait léché, donnant beaucoup de réalisme au corps. Elle simplifie encore plus les expressions dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle joue beaucoup sur les clairs-obscurs en utilisant diverses trames. On retrouve son style réaliste dans le traitement des décors très détaillés. D’ailleurs, cela a tendance à énormément charger les pages. La mise en page dynamique met en avant certaines réactions et rythme donc la lecture. En revanche, comme Syaku sensei développe son univers à travers les discussions entre les personnages, il y a beaucoup de phylactères. Sous la jaquette, elle donne une anecdote sur les deux héros, en deux planches, à lire à la fin. Il y a également un plan de la maison à la fin du volume.

En résumé

Le lycéen Yôkami Yashio (17 ans) vit seul dans la demeure héritée de son grand-père, en pleine montagne, ses parents étant longuement absent pour leur travail. Alors qu’il se promenait dans la forêt, il croise un étrange motard, Toki, qui lui révèle être un mononoké. Désirant le purifier, ce dernier s’installe avec lui et commence à l’initier aux ressources de la forêt. Mais le mononoké semble détenir un autre secret…

En conclusion

Ce tome a obtenu la dixième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2021. Malgré un fort potentiel, les longs dialogues explicatifs brisent le rythme de lecture. L’auteure semble vouloir absolument partager toutes les données qu’elle a récoltées. Pourtant, elle nous invite également à réfléchir indirectement sur la famille et la place de l’homme dans la nature. Toutefois, Yashio, en lycéen blasé, attire l’intérêt du lecteur. Étant fan du folklore japonais, j’adhère complètement au récit. Mais je pense qu’il ne pourra pas plaire à tout le monde, le style narratif pouvant décourager certains lecteurs. Petit conseil: il s’apprécie beaucoup plus en lisant les chapitres un par un…

Vampire and pleasant companions 4 – Konohara Narise et Ragawa Marimo (Version japonaise)

vampire and pleasant companions 4 konohara narise ragawa marimo

KONOHARA Narise 木原音瀬
RAGAWA Marimo 羅川真里茂
ISBN: 9784592218647 (JP)
Hakusensha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Est-ce que l’on pourra toujours être ensemble? »

Ragawa Marimo sensei fait évoluer la relation entre Akira et Albert. Le vampire prend enfin conscience de ses sentiments pour son hôte, exacerbés par la rivalité avec Muroi. Il se retrouve également au cœur d’une enquête. Il continue à se lier d’amitié avec son nouvel entourage. Comme dans le tome précédent, Akira et Muroi débattent sur la sexualité, l’assistant n’arrivant pas à comprendre celle de son supérieur. A travers Mitani, l’auteure aborde le jugement extérieur porté sur les fans d’horreur, un loisir considéré comme déviant. Elle développe également l’image extérieure du métier d’embaumeur ainsi que son utilité dans un pays pratiquant la crémation. Par ailleurs, elle met en avant l’influence plutôt négative des médias qui cherchent des réponses et des scoops lors d’une enquête policière. La courte nouvelle de Konohara Narise sensei s’attarde sur Nukariya lors de son séjour aux États-Unis.

Le trait léché et anguleux de la mangaka sied parfaitement aux visages carrés et aux corps musclés. Dans les passages humoristiques, elle exagère les expressions. Par ailleurs, elle porte attention aux petits détails comme les regards, les mouvements pour transmettre l’état d’âme des protagonistes. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. En revanche, les décors, soignés, situent principalement l’action. Les scènes violentes, assombries, évitent ainsi de trop choquer. La mise en page dynamique joue beaucoup sur la variété des angles de vue. Ragawa sensei décortique les moments tendres entre les deux héros pour bien transmettre l’évolution de leurs sentiments. En début de chapitre, elle offre de belles illustrations avec les personnages qui semblent poser. De même, les deux illustrations couleurs en début de tome reprennent celles de la jaquette. On retrouve les adorables bouilles d’Al en chauve-souris au dos de la couverture.

En résumé

Sur le plateau de tournage de Sakairi, Albert Irving, sous le nom de Cain Bartz, est confondu avec l’acteur qui devait venir. Mais en voyant le beau jeune homme, Jinbo Yûka, l’idole qui a le rôle principal, exige de jouer avec lui. Akira cède alors en instaurant trois conditions, notamment sur le maquillage pour rendre l’américain méconnaissable. Al se retrouve donc à jouer un rôle de vampire, pour son plus grand plaisir. Il sympathise rapidement avec l’acteur Mitani Yûji qui est fan de film d’horreur. D’ailleurs, Nukariya l’encourage à réaliser enfin son rêve en convainquant Akira de le laisser faire. Mais un soir, l’actrice a plus d’une heure de retard. Soudain, Albert sent une douce odeur de sang…

En conclusion

Ragawa sensei aborde différents sujets intéressants tout en retenant le lecteur en haleine. Même si la romance homosexuelle n’est pas au centre du récit, elle porte attention aux différents sentiments des personnages. J’adore la fraicheur d’Albert qui exprime facilement ses sentiments et accepte Akira tel qu’il est. Une lecture passionnante et émouvante!

Bena 1 – Kofude

bena 1 kofude

Kofude こふで
ISBN: 9782382760789
Hana, 2021
ISBN: 9784575380538 (JP)
Futabasha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Un monstre aussi proche d’un humain.

Kofude sensei offre une romance mêlant à la fois un univers fantastique et historique. Toutefois, elle l’exploite peu, s’en servant principalement comme décor. Elle dépeint un monde violent, abordant sans pour autant l’approfondir le viol, la pédophilie, la violence gratuite. Au début, les tranches de vie s’enchaînent sans distinction. De même, les flash-back se mêlent au récit brouillant un peu la compréhension. Par la suite, l’auteure améliore son style narratif. Ainsi, elle développe un peu plus les personnages secondaires. Elle met en avant l’évolution des sentiments de ses deux héros. Bena préfère taire sa vraie nature et son amour de peur du rejet. Ichi, quant à lui, rongé par la culpabilité suite au décès de son frère, éprouve des sentiments complexes envers Bena.

La mangaka a un trait épuré, au style rappelant le travail à la plume ou même au calame. Elle s’inspire des oni du kabuki pour créer Bena, avec la longue chevelure rouge. De même, elle traite les décors et les tenues en imitant le traitement graphique des estampes. D’ailleurs, elle respecte l’architecture de l’époque ainsi que les objets du quotidien sans pour autant les détailler. Dans les passages humoristiques, les traits se simplifient. Les trames sont variées mais servent principalement à colorer ou marquer les contre-jours. La mise en page reste dynamique malgré quelques flash-back simplement en superposition. Kofude sensei préfère suggérer les passages violents. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par des bandelettes blanches ou des formes floues.

En résumé

Ichi a perdu son frère jumeau Fumi suite à une longue maladie. Tous deux se produisaient dans le freak show Bena, comme curiosité. Son superviseur, Danzô, qui abusait également du jeune homme en échange des soins pour Fumi, lui confie alors un monstre à mâter pour de futurs spectacles. Mais sous la chevelure rouge imposante, Ichi remarque que la bête ressemble plus à un enfant sauvage. S’attachant petit à petit à lui, il décide alors de le sauver. Cependant, le petit monstre, qu’il a surnommé simplement Bena, refuse de lui obéir, désirant rester à ses côtés.

En conclusion

Ce tome a obtenu la onzième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2020. J’ai eu beaucoup de mal à entrer dans l’histoire au début, les passages violents me mettant mal à l’aise. Heureusement, l’auteure abandonne vite ce côté pour se consacrer à la romance. Malgré quelques maladresses, elle nous offre une histoire intéressante qui attise ma curiosité.

La sérénade du corbeau – Sakuhiro

la serenade du corbeau sakuhiro

Sakuhiro 朔ヒロ
ISBN: 9782381760765
Hana, 2021
ISBN: 9784575380699 (JP)
Futabasha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Vous m’avez acheté pour la nuit, alors touchez-moi comme bon vous semble… »

Sakuhiro sensei narre une romance fantastique entre un humain au cœur brisé et un yôkai prostitué. Elle révèle au fur et à mesure le passé tumultueux des deux héros. Échaudé par une arnaque, Akito ne croit plus trop en l’amour. Suiren, quant à lui cache une énorme tristesse derrière son sourire. Les sentiments se développent peu à peu entre eux. L’auteure s’intéresse un peu à l’envers de la prostitution. Elle aborde surtout le sentiment de désespoir et de culpabilité ainsi que le sacrifice de soi. En effet, l’humain et le yôkai ont tendance à payer de leur personne pour les autres. Tout en avançant à leur rythme, ils redécouvrent le partage du sentiment amoureux et se motivent réciproquement pour reprendre goût à la vie.

La mangaka a un trait épuré et anguleux, proche du style shôjo. Elle s’inspire principalement des yôkai du folklore japonais. Elle rend bien la somptuosité des vêtements et de l’architecture. Par ailleurs, les décors alternent avec les trames d’ambiance et s’estompent autour des personnages pour les mettre en avant. La mise en page très dynamique utilise les emboitements de vignettes, des sorties de cadres des personnages ainsi qu’une variété d’angles de vue. Dans les scènes érotiques, Sakuhiro sensei censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches. D’ailleurs, elle ne les détaille pas. Sous la jaquette, elle explique les liens entre les personnages, inspirés du yin et du yang.

En résumé

Alors qu’il prenait une pause dans un parc, Kanazawa Akito vient en aide à un enfant qui se fait maltraiter. En réalité, il s’agit d’un yôkai, Tofu-kozo. Pour le remercier, ce dernier lui offre trois plaquettes en bois. En entrant dans le buisson comme indiqué, Akito se retrouve ainsi devant la maison close Kasumi, spécialisée dans les yôkai. Comprenant qu’il a reçu des tickets, il tente alors de s’éclipser. Mais le tengu Suiren, harcelé par son client qui a pourtant terminé son temps, lui tombe dessus. Akito vient à son secours et utilise alors une tablette. Mais bien qu’il ait réservé le beau yôkai pour la nuit, il préfère discuter avec lui…

En conclusion

Ce one-shot est un véritable coup de cœur. Ce récit aborde un sujet plutôt rare: jusqu’où irait-on par amour? En plus des personnages attendrissants, le graphisme est agréable et la magie opère facilement.

Love is money 1 – Panda

love is money 1 panda

Panda 熊猫
ISBN: 9782382760680
Hana, 2021
ISBN: 9784773071955 (JP)
Kasakura publishing, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Un démon pur et innocent manipulé par un ange sadique.

Panda sensei offre une comédie romantique entre un démon angélique et un ange diabolique. Elle joue beaucoup sur la naïveté extrême de Sora dont profite le sadique Eril pour enchaîner les scènes érotiques. D’ailleurs, l’ange se comporte plus comme un mafieux, utilisant tous les moyens à sa disposition pour tourmenter à sa manière le jeune démon: chantage, manipulation, augmentation de la dette. En plus, Sora est tellement bête qu’il prend du temps pour réaliser ses sentiments. Le chat Magiddo apporte également une touche mignonne ou humoristique avec ses commentaires. Malgré le smut, les quiproquos s’enchainent. L’auteure aborde un peu les thèmes du deuil et de la solitude en développant le passé touchant d’Eril. Toutefois, elle n’approfondit pas son sujet. En effet, elle explique dans sa postface que son récit devait d’abord être court. Malheureusement, on ressent le changement d’orientation dans la narration.

La mangaka a un trait épuré très anguleux, avec son propre style. Elle le simplifie au maximum dans les passages humoristiques, exagérant les expressions. D’ailleurs, elle déforme complètement les visages qui se rigidifient ou s’arrondissent, avec des contours plus épais. A noter que malgré son âge, Sora a un corps plutôt adolescent. Les décors, dont on ressent le tracé à la main, alternent avec les trames d’ambiance. La mise en page est dynamique, malgré un aspect un peu chargé. En effet, il y a beaucoup de phylactères et d’onomatopées. En plus, Panda sensei joue souvent sur les répétitions de cases dans ses gags. Elle dessine des tenues très fashion. D’ailleurs, elle commente un défilé de mode de Sora sous la jaquette. La couverture utilise beaucoup de couleurs. Les scènes érotiques, présentes à chaque chapitre, ne sont pas censurées.

En résumé

Le démon Sora a fuit sur Terre pour éviter un mariage arrangé mais après s’être fait voler son argent, il se perd dans un quartier de Tokyo. Entendant une dispute, il se retrouve impliqué malgré lui dans la bagarre. Heureusement, l’ange Eril, propriétaire du bordel pour hommes Paraiso, le protège et lui propose même un logis et un travail. Toutefois, alors que le jeune manager Amo enseigne au jeune démon quelques ficelles du métier, ce dernier prend peur quand il entame une fellation. En effet, totalement pur et ignorant des choses sexuelles, il ne comprend pas la nature de son futur emploi. Eril décide alors d’initier Sora…

En conclusion

Ce tome n’est pas classé au Chill chill BL award 2019 mais il est cité parmi les meilleurs mangas palpitant dans une vision du monde. Dans sa postface, l’auteure précise jouer volontairement sur l’aspect adolescent de Sora. Cela pourra donc choquer la sensibilité de certains lecteurs, d’autant plus que les rapports ne sont pas consentis. Malgré des personnages attachants, l’histoire reste simplement divertissante. Par contre, le graphisme de Panda sensei est un pur bonheur. J’espère découvrir d’autres de ses titres.

Apprivoise-moi – Shikimi Bibi

apprivoise moi shikimi bibi

SHIKIMI Bibi 志木見ビビ
ISBN: 9782382760918
Hana, 2021
ISBN: 9784396785130 (JP)
Shodensha, 2020 (JP)
Titre original: 服従と甘噛み
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Tu crois vraiment que je vais rester avec un type qui me traite comme un chien, hein? »

Shikimi Bibi sensei offre une comédie romantique entre un vétérinaire pervers et un loup-garou tsundere. Comme elle inclut une scène érotique à chaque chapitre, son scénario reste léger et joue principalement sur le fan service pour les hommes affublés d’oreilles et de queue d’animaux. Les deux chiens, Angela et Kotetsu, apportent une touche mignonne et humoristique. Minato profite du comportement canin d’Iruma pour satisfaire ses désirs. Même s’il se rebelle, le loup-garou finit toujours pas céder. Ainsi, l’auteure joue beaucoup sur la confrontation inégale entre les deux héros. Elle alterne la narration entre Minato et Iruma. Même si les personnalités sont peu approfondies, le loup-garou s’interroge sur ses sentiments, sur le traitement différent du vétérinaire quand il est loup et humain.

La mangaka a un trait épuré, fin et plutôt rond et doux. Elle dessine des bouilles trop mignonnes et expressives à Iruma en loup. Les décors apparaissent sur les plans larges. Par ailleurs, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Par contre, la mise en page est plutôt classique avec quelques pages ou cases dynamiques. Dans les scènes érotiques, Shikimi sensei censure les parties intimes par des trames et en esquissant à peine les contours. Sous la jaquette, il y a les toutous en SD trop adorables!

En résumé

De retour d’une visite à domicile, le vétérinaire Minato Keisuke a recueilli un loup blessé. Mais quand il vient vérifier son état de santé, il trouve dans la cage un jeune homme avec des oreilles et une queue de loup. Iruma est en réalité un loup-garou qui a perdu son travail et son foyer. Le vétérinaire le voyant excité à cause de la chienne en chaleur de la clinique, le soulage alors. Choqué par le comportement pervers de Minato et ne supportant pas d’être traité comme un chien, le loup-garou fuit. Mais il passe tout de même à la clinique pour continuer ses soins. Même s’il se rebelle, il finit toujours par obéir au vétérinaire. Un soir, Iruma trouve un chiot abandonné devant la clinique. Comme il souhaite l’adopter, le vétérinaire lui propose alors de travailler pour lui et de le loger dans son appartement…

En conclusion

Ce tome a obtenu la sixième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2021. Malgré un beau graphisme qui charme l’œil, le contenu reste léger. Par contre, certains lecteurs pourront être choqué par le comportement du vétérinaire qui se passe de consentement. Mon cœur étant faible face aux toutous, je craque donc pour cette série malgré ses maladresses. Un titre divertissant.

Vampire and pleasant companions 3 – Konohara Narise et Ragawa Marimo

vampire and pleasant companions 3 konohara narise ragawa marimo

KONOHARA Narise 木原音瀬
RAGAWA Marimo 羅川真里茂
ISBN: 9784592218630 (JP)
Hakusensha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Je suis le colocataire d’Akira, pas son petit ami. »

Ragawa Marimo sensei débute par un spin-off sur le vampire Kieft qui, malgré son principe de ne pas se mêler de la vie des humains, va s’attacher à un gamin. Dans le récit principal, elle introduit un nouvel assistant, Muroi Ikumi (23 ans), qui apporte divers questionnements comme par exemple les préjugés sur les homosexuels et l’asexualité. Curieux et direct, le jeune homme gay s’intéresse à son supérieur. L’auteure dévoile donc le passé d’Akira. Elle fait évoluer tout doucement la relation et les sentiments entre l’embaumeur et le vampire qui réalise qu’il peut perdre son nouveau foyer à tout moment. Par ailleurs, Albert détend l’atmosphère en cumulant les quiproquos. Dans la petite nouvelle en fin de tome, Konohara Narise sensei narre avec humour la passion d’Al pour les T-shirt avec des kanjis. Contrairement au tome précédent, l’histoire bonus s’intéresse à Kieft.

La mangaka a un trait épuré. Elle dédouble parfois les contours. Elle dessine des carrures plutôt carrées, donnant une certaine virilité aux personnages masculins. Les décors situent principalement l’action. Par ailleurs, les trames d’ambiance renforcent les émotions. La mise en page est dynamique. Ragawa sensei décompose même quelques mouvements en détails, insistant sur des regards ou gestes. Elle n’hésite pas à représenter les sentiments de manières métaphoriques, donnant un aspect poétique à certaines pages. Au dos de la couverture, elle reprend toutes les bouilles d’Al en chauve-souris.

En résumé

Inspired spinoff NOTICE: Le jeune Curtis White s’est endormi en classe et rêve d’un étrange homme aux cheveux longs debout sous la pluie devant une jeune femme ensanglantée. Il réalise alors qu’il ressemble au petit ami de sa voisine Grace. Cette coïncidence le perturbe d’autant plus qu’il trouve l’homme, un certain Kieft, devant sa porte le soir en rentrant.
Vampire and pleasant companions: Depuis que Maruyama a quitté l’Old memorial center, Albert Irving, sous le nom de Kain Bartz, se retrouve à y faire plus souvent le ménage. Mais un soir, Tono lui demande de poser comme mannequin pour sa sœur qui cherche un modèle étranger. Toutefois, quand il demande l’autorisation à Akira, l’embaumeur refuse catégoriquement et les deux hommes finissent par se disputer. Après s’être enfui en pestant, Al commence à regretter son geste, se rappelant de la gentillesse de son hôte. Il croise alors Nukariya qui venait remettre une invitation pour une rencontre d’anciens élèves à son ami. Le vampire confie donc sa peine au policier. Akira, venu le chercher peu après, refuse d’aller à la fête en découvrant qu’elle est organisée par Sakairi, devenu producteur.

En conclusion

Une grande surprise sur la sexualité d’Akira qui se dit « apathique » mais dont les explications se rapprochent de l’asexualité. D’ailleurs, l’auteure confronte deux approches différentes de l’amour entre Muroi, qui pense qu’il faut essayer de changer, et Al qui préfère accepter l’embaumeur comme il est, partant sur le principe que l’amour est une question de cœur et non de rapports physiques. Quel bonheur de suivre les facéties du vampire qui devient de plus en plus câlin avec son hôte!

Vampire and pleasant companions 2 – Konohara Narise et Ragawa Marimo

vampire and pleasant companions 2 konohara narise ragawa marimo

KONOHARA Narise 木原音瀬
RAGAWA Marimo 羅川真里茂
ISBN: 9784592218623 (JP)
Hakusensha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Le sang d’Akira est particulièrement délicieux. »

Ragawa Marimo sensei révèle par brides le passé d’Albert. Elle détaille donc ses différentes émotions, expliquant au passage ses difficultés actuelles. En effet, l’américain, issu d’une famille aimante, originaire du Nebraska, a subi des traumatismes, lui faisant perdre son côté optimiste. Pourtant, il continue à exprimer facilement ses sentiments. Il incite même Akira à s’ouvrir un peu plus. Ainsi, le vampire retrouve petit à petit un peu d’humanité au contact de l’embaumeur. Nukariya montre son vrai visage, se révèlant être un véritable tortionnaire sous son air angélique. L’auteure présente un peu plus l’environnement de travail d’Akira, avec ses collègues, mettant en avant le stagiaire Tsuno. En parallèle, elle développe également l’enquête de Nukariya. D’ailleurs, elle pointe indirectement quelques failles du système policier japonais. L’humour vient détendre les passages tendus. La nouvelle présente la suite de l’histoire du tome précédent, du point de vue d’Akira.

La mangaka dessine des corps finement musclés. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. En plus, son trait épuré légèrement anguleux se simplifie un peu dans les dessins de la chauve-souris. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. Par contre, les autres trames, variées, chargent pourtant peu les pages. La mise en page est dynamique. Ragawa sensei masque légèrement les scènes très violentes par des trames sombres ou en resserrant le cadrage sur les détails. Par ailleurs, elle préfère suggérer les actions les plus dures. Toutefois, elle rend avec finesse la souffrance. Il y a encore toutes les bouilles mignonnes d’Al en chauve-souris au dos du manga sous la jaquette.

En résumé

Takatsuka Akira (30 ans) trouve Albert Irving gravement blessé à l’arme blanche, réfugié sous un banc dans un parc. Même si ses blessures se referment vite, le vampire, très affaibli à cause d’une grave hémorragie, reste alité durant plusieurs jours. L’embaumeur décide donc de lui faire boire son sang, mais Al n’arrive pas à s’arrêter, entrainant l’évanouissement de son sauveur. Paniqué, l’américain fonce nu demander de l’aide au voisin. A l’hôpital, le médecin se méprend en entendant ses explications confuses et pense alors avoir affaire à un couple gay sado-masochiste. Il entame donc divers examens. Nukariya Seiji, en visite, prend en charge le vampire. Mais en découvrant l’agression d’Al, il pense alors que l’américain a croisé le tueur en série qui sévit actuellement dans le parc et lui demande donc son aide.

En conclusion

Les histoires bonus apportent une véritable respiration après un tome assez tendu. Certaines scènes peuvent choquer la sensibilité de certains lecteurs, malgré les précautions prises par la mangaka. Heureusement, Al en chauve-souris offre une bonne dose de « mignonitude ». D’ailleurs, Ragawa sensei le déguise dans la postface. La nouvelle de Konohara Narise sensei donne envie de découvrir les romans. Je trouve son écriture agréable.

Vampire and pleasant companions 1 – Konohara Narise et Ragawa Marimo

vampire and pleasant companions 1 konohara narise ragawa marimo

KONOHARA Narise 木原音瀬
RAGAWA Marimo 羅川真理茂
ISBN: 9784592218616 (JP)
Hakusensha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Même affamé, je ne meurs pas. Je le sais bien mais c’est tellement insupportable. »

Ragawa Marimo sensei adapte la série de romans BL de Konohara Narise sensei tout en conservant son style narratif. Pour l’instant, elle installe le contexte, un mélange entre policier et fantastique. L’humour joue d’abord sur la mésentente entre Akira et Albert qui, malgré des caractères très opposés, vont devoir cohabiter. Le taciturne embaumeur oblige le dolent vampire à se prendre en main. En effet, l’américain qui a tendance à se laisser porter par son malheur, ne se sent plus vraiment humain. Nukariya vient temporiser les conflits entre les deux têtes de mule. Par ailleurs, l’auteure permet de découvrir le métier d’embaumeur. Elle dévoile le passé de ses héros par brides. Elle offre une petite anecdote amusante en fin de tome. En plus, une nouvelle de la romancière, en fin de volume, développe la vie d’Al avant sa transformation.

La mangaka a un trait épuré et léché, légèrement anguleux. Elle varie les morphologies, permettant d’identifier immédiatement les personnages. De même, elle simplifie son trait dans les passages humoristiques. Ainsi, Akira transpire la sobriété à travers son style, tandis qu’Albert possède un petit air polisson qui lui va à ravir. De même, la chauve-souris possède un visage très expressif. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. La mise en page est dynamique. Ragawa sensei évite de détailler les scènes violentes. Elle cache les parties génitales par un cache en forme de chauve-souris. Elle reprend même les bouilles mignonnes de l’animal au dos du manga sous la jaquette.

En résumé

Dans une usine de transformation de viande de bœuf importé des États-Unis, Kitahara Shikayo trouve une chauve-souris qu’elle jette à la poubelle. Albert Irving (21 ans) se réveille nu et affamé, dans les toilettes des femmes de cette usine mais est surpris par un vigile. L’américain termine donc en cellule au poste de police. Toutefois, le lendemain, les policiers ne trouvent qu’une chauve-souris à sa place dans la geôle. L’inspecteur Nukariya Seiji emmène alors l’animal chez son ami, Takatsuki Akira, un embaumeur fan de ces bestioles. En réalité, Al est un vampire imparfait qui n’a pas de crocs et qui ne contrôle pas sa transformation. Il vit donc en humain la nuit et en chauve-souris le jour. Donc quand Akira rentre du travail le soir, il surprend l’homme nu dans son appartement…

En conclusion

Le roman se compose de 5 tomes, publiés entre 2006 et 2011. Il y a même une adaptation en deux drama CD. Konohara sensei a été publiée en France, avec le manga Castel mango (Taifu comics) dont elle s’occupe du scénario. Mais elle a également publié un roman. Par ailleurs, elle a obtenu la quatrième place de la meilleure romancière au Chill chill BL award 2011, pour d’autres titres. En effet, elle est surtout connue pour sa série Cold. J’adore la dynamique entre les trois personnages. Akira cache sa gentillesse derrière sa maladresse dans les contacts humains. Par ailleurs, les bouilles d’Al en chauve-souris donnent envie d’en découvrir plus sur cet animal. Ce tome se termine sur une scène en plein suspense! Quelle souffrance pour patienter!