Ze 9 – Shimizu Yuki

ze 9 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351806005
Taifu comics, 2012
ISBN: 9784403662713 (JP)
Shishokan, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Ne disparais pas. Vis et protège… »

Shimizu Yuki sensei développe l’arc sur Asari et Shôi. Elle présente leur passé par tranches de vie jusqu’à reboucler sur la fin du tome précédent. Elle décortique l’évolution de leur relation, d’abord conflictuelle pour se transformer en un amour profond et réciproque. En fin de compte, les deux héros ont plusieurs points communs comme leur sentiment d’être prisonnier et le rejet de leur condition. La narration se base principalement sur le point de vue d’Asari. L’auteure interroge sur la vie et la mort à travers le kami dont le pouvoir s’affaiblit. Elle questionne également sur l’utilisation des kamis, particulièrement quand les sentiments n’existent pas. Ainsi, le premier rapport entre les deux héros est clairement défini en viol. Par ailleurs, le lien qui se crée entre Shôi et Asari traverse les différents crises que subit le couple en se renforçant.

Le trait anguleux et épuré de la mangaka semble plus marqué avec les pleins et les déliés. Elle soigne les décors assez présents. De même, quelques trames d’ambiance appuient les émotions fortes. La mise en page est dynamique. Shimizu sensei ne censure pas les scènes érotiques, mais évite de détailler celles sans consentement. Elle introduit toujours son tome par des fiches personnages.

En résumé

Asari, le plus vieux des kamis, a fini par redevenir une page blanche. Mitô Shôi demande alors à Waki de le faire revenir, persuadé qu’un miracle peut se produire. En effet, il a cru entendre son kami souhaiter rester auprès de lui avant de disparaître. Mais Waki, las, refuse de s’exécuter, provoquant l’ire du chef de clan. Waki se souvient alors que lors de son premier travail, Asari avait refusé de rejoindre Shôi qui l’appelait parce qu’il le détestait. L’adolescent a endossé les blessures, ne voulant pas blesser ce kami qu’il n’avait jamais vu malgré les recommandations de Waki. Désespéré de sa condition, il souhaitait mourir pour se libérer, ne supportant pas la folie de la famille Mitô. En l’entendant appeler au secours, Asari finit par apparaître devant lui et l’embrasse.

En conclusion

Ce tome obtient la première place du meilleur manga au Chill chill BL award 2010. Asari est classé troisième meilleur uke. Ce volume est une ode à l’amour qui s’installe lentement mais tendrement. L’image des deux frères qui coopèrent a un impact fort et émouvant. La série a toujours droit à une adaptation en drama CD. La surprise finale rend insoutenable l’attente du prochain tome.

Ze 8 – Shimizu Yuki

ze 8 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351805732
Taifu comics, 2012
ISBN: 9784403662522 (JP)
Shishokan, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Le jour est venu pour Kotoha de quitter sa cage. »

Shimizu Yuki sensei conclut l’arc concernant Kotoha sur son adolescence et son intronisation à la tête de la famille Mitô. Elle s’intéresse au changement de la relation entre le jeune maître kotodama et son kami. En effet, Konoe accepte peu à peu ses sentiments et passe donc de père à amant, forcé par les conjonctures. Suite à un traumatisme, Kotoha va encore évoluer et prendre des décisions lourdes de conséquence. Après un ton sérieux et dramatique, l’auteure détend l’atmosphère avec un chapitre tendre et humoristique sur Shichikawa Raizô et Kon, mettant en avant l’esprit de famille. Elle plonge ensuite les lecteurs dans un suspense insoutenable en commençant l’histoire de Mitô Shôi et Asari. Ainsi, elle approfondit la personnalité de ses personnages au fil des chapitres. Waki s’avère être un manipulateur et les jumeaux Mitô Tsukito et Seiji adorent taquiner Kotoha. Par ailleurs, les rapports non consentis ont toujours une explication.

La mangaka maîtrise son trait épuré, anguleux et léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées, avec une dominance sombre pour les moments dramatiques. Quelques trames d’ambiance illustrent également les émotions. Par ailleurs, la mise en page dynamique utilise les chevauchements de vignettes, les ellipses, l’absence de cadre et les angles de vue variés. Shimizu sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle ne les développe pas dans les rapports non consentis. Comme dans le tome précédent, elle présente les personnages en début de tome.

En résumé

Suite au décès de Takamitsu, Yoshiwara Waki convoque Konoe et Mitô Shôi pour les prévenir qu’une cérémonie de présentation du nouveau chef de clan se prépare. Depuis que Konoe a rejeté la déclaration d’amour de Kotoha, ce dernier se montre plus sage. Grâce à la cérémonie, le maître kotodama pourra enfin sortir de sa cage. Mais comme les anciens se montrent sceptiques face à l’adolescent timoré, Waki demande au nouveau chef de clan de faire une démonstration. Toutefois, n’ayant jamais utilisé sciemment son pouvoir, Kotoha reçoit un énorme choc en découvrant ensuite le corps de son kami déchiqueté.

En conclusion

Ce tome a obtenu la quatrième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2009. Le drama CD se classe en troisième place. Asari est classé troisième meilleur uke. L’auteure va au fond des sentiments de ses personnages. Au verso, l’éditeur signale la présence des scènes sensibles. En effet, certaines scènes pourront choquer la sensibilité des lecteurs. Pourtant, Shimizu sensei présente les relations immorales comme telles et préfère mettre en avant les sentiments et le consentement. Elle insiste particulièrement sur les efforts de Konoe pour protéger le lien presque paternel qu’il a noué avec Kotoha pour lui permettre de grandir.

Ze 7 – Shimizu Yuki

ze 7 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351805510
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784403662270 (JP)
Shinshokan, 2008 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Le maître kotodama le plus puissant du clan Mitô finit toujours placé à sa tête. »

Shimizu Yuki sensei s’intéresse maintenant à l’enfance de Kotoha. Elle met encore en avant la noirceur de la famille Mitô, pour laquelle le pouvoir prime sur tout. De même, elle révèle la spécificité des deux kamis Asari et Konoe, expliquant leur esprit d’indépendance envers Waki et leur maître kotodama. Traité comme un animal sauvage, Kotoha se retrouve isolé malgré son jeune âge. En s’occupant de lui, Konoe développe un amour paternel et découvre les sentiments contradictoires ressentis quand un enfant grandit. Il se transforme presque en père gâteux et surprotecteur. L’auteure met en avant la différence d’âge entre le maître kotodama et son kami ainsi que l’évolution de leurs sentiments. Dès qu’un comportement indécent se produit, elle fait toujours intervenir un personnage pour rappeler la morale. En fin de tome se trouvent les résultats d’un classement de popularité des couples, des seme et des uke.

Comparé au tome précédent, la mangaka adoucit son trait anguleux et épuré. Elle ne surcharge pas ses pages, malgré des décors soignés. De même, les trames sont équilibrées. Les trames d’ambiance sont également discrètes. La mise en page dynamique joue sur les variations des angles de vue et le découpage des scènes importantes. Par exemple, quand Kotoha va pleurer, son visage se déforme case par case. Shimizu sensei ne censure pas les scènes érotiques. Comme elle développe la jeunesse de Kotoha, elle compense le manque de passages érotiques avec l’histoire bonus sur Shôi et Asari. En début de tome, elle donne des fiches personnages permettant de se resituer dans le récit.

En résumé

A sa naissance, le pouvoir de Mitô Kotoha était tellement puissant que ses cris de nourrisson ont détruit la maison. Comme sa mère Yukino mourut en couches, sa kami Shirahaze s’est occupée du petit. Quand elle redevint page blanche, Kotoha avait quatre ans. Waki confia donc l’enfant à Konoe, libéré de ses obligations par son maître kotodama malade, Rekiichi. Le kami trouve alors le garçon enfermé dans une pièce spartiate, complètement isolé. Étrangement, il ne parle pas. Konoe tente alors de le faire parler mais même apeuré, Kotoha ne crie pas. Quand le kami fait semblant de mourir, l’enfant finit par pleurer. Mais une corde autour de son cou se ressert immédiatement pour l’étrangler…

En conclusion

Selon votre sensibilité, certains passages peuvent choquer. Même si l’auteure pense toujours à recadrer les problèmes, l’humour qui s’en dégage peuvent déranger. Pour ma part, j’aime beaucoup ce récit qui permet de mieux comprendre la personnalité de Kotoha. Avec tous les couples différents, impossible de ne pas en trouver un qui vous plaît!

Les écailles d’un dieu 2 – Hinohara Meguru

les ecailles d un dieu 2 hinohara meguru
HINOHARA Meguru 日ノ原巡
ISBN: 9782375063170
Taifu comics, 2022
ISBN: 9784403667060 (JP)
Shinshokan, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Je ne veux pas que vous partiez! »

Hinohara Meguru sensei s’intéresse au passé de Rin après avoir développé celui de Chiharu dans le tome précédent. Elle ajoute une touche dramatique en dévoilant l’implacable impact de la légende et de son oubli sur le pouvoir et la vie de la divinité. Par ailleurs, elle montre l’influence de l’entourage bienveillant sur l’évolution de la relation entre les deux héros. Ainsi, Chiharu met du temps à réaliser ses sentiments, ayant également des difficultés à les exprimer. Rin, qui n’a connu que peur et rejet, désire plus que tout être aimé. Conscient de la fragilité des humains, il redoute constamment de blesser celui qu’il aime. D’ailleurs, l’auteure installe entre l’écrivain et le dragon une relation très consensuelle, mettant en avant l’acceptation de l’autre tel qu’il est ainsi que le partage du plaisir et des sensations. Dans l’histoire bonus, elle offre une anecdote amusante sur le devenir du couple.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle a son propre style, facilement reconnaissable avec les oreilles pointues des personnages. Elle simplifie son trait dans les passages humoristiques, arrondissant les têtes comme des SD. D’ailleurs, Urara, en arrière-plan, ajoute une touche mignonne. Les renards ont un traitement graphique varié, contrastant parfois avec le reste par leur simplicité mais renforçant le côté humoristique et fantastique. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. De même, les autres trames sont très variées. La mise en page dynamique rythme la lecture. Hinohara sensei rend parfaitement les métamorphoses des divinités en quelques cases. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques, offrant même des coupes intérieures. En début de tome, elle propose des petites fiches de présentation des personnages. Les illustrations en début de chapitre rappellent l’ambiance du récit sans pour autant en faire partie.

En résumé

Le renard céleste Tenko ayant blessé Izunome Chiharu, Rin perd le contrôle et le bombarde d’éclairs. Chiharu tente alors de calmer le dragon. Avertie par la chienne Urara, la divinité Inari interrompt leur combat, détruisant au passage une partie de la maison. Rin emmène immédiatement Chiharu, avec Urara et Kôta, chez lui à sa source pour soigner le blessé. Il regrette d’avoir mis en danger son bien-aimé, d’autant plus qu’il lui a infligé un énorme bleu avec sa patte. Inari amène alors Tenko pour qu’il s’explique. Mais Chiharu n’arrive pas à répondre à ses questions, impliquant une réflexion sur son avenir. Après avoir déposé Kôta, fiévreux, chez ses parents, l’écrivain rentre chez lui avec le dieu de l’eau. Toutefois, Rin, trop accablé, repousse son hôte qui souhaitait le consoler…

En conclusion

Ce tome obtient la treizième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2021. Cette lecture apporte bonheur et émotions. A croire que Hinohara sensei s’améliore à chaque nouveau titre pour encore mieux dépeindre la sensibilité de ses personnages. J’adore le couple, j’aime Urara et même les autres personnages secondaires. C’était un réel plaisir de partager quelques moments de leur vie, et je referme donc ce « conte » en espérant encore qu’il y aura peut-être une suite un jour…

Ze 6 – Shimizu Yuki

ze 6 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351805299
Taifu comics, 2011
ISBN:‎ 9784403661891 (JP)
Shishokan, 2007 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Tu vivras toute ta vie avec la douleur des remords. »

Shimizu Yuki sensei conclut l’histoire mouvementée de Moriya et Ryûsei. Elle bouleverse un peu le schéma narratif habituel grâce à un kami qui prend des initiatives et n’obéit pas facilement à son maître kotodama. Ainsi Moriya agit par amour et devient légèrement sadique envers Ryûsei pour satisfaire ses propres désirs. En effet, Kitamura, rongé par les remords, a un comportement suicidaire et ne peut surmonter son traumatisme que par lui-même. A travers l’affaire de Moriyama, l’auteure met en avant la violence qui appelle la violence et l’utilité du kotodama face aux injustices. Elle offre un chapitre amusant avec l’évolution de la relation entre Kon et Shichikawa Raizô. De même, elle introduit les aventures du couple suivant, Mitô Kotoha et Konoe, avec la question de la responsabilité d’un adulte « dépravé » dans l’éducation d’un enfant. L’histoire bonus permet de découvrir enfin la position de Moriya et Ryûsei dans le couple.

La mangaka simplifie son trait anguleux et épuré dans les passages humoristiques. Elle transforme même Raizô en adorable wanko. Les trames sont équilibrées. De même, les trames d’ambiance renforcent les émotions, utilisant parfois des pois, des cœurs ou des fleurs. Les décors apparaissent dès que le cadrage s’élargit. La mise en page est dynamique. Shimizu sensei ne censure pas les scènes érotiques. A la fin du chapitre « Lune de miel pour de faux », elle donne deux anecdotes sur Raizô grâce à des yonkoma. Comme dans le tome précédent, elle présente les personnages importants au début du volume.

En résumé

Alors que Kitamura Ryûsei prend un peu de plaisir avec Moriya, il reçoit l’appel de son ami Takewaki Kazuo. Son petit frère Yôji n’est pas rentré. Pourtant, Ryûsei l’a laissé devant la supérette près de son domicile. Peu après l’appel, l’enfant a été retrouvé inconscient après avoir été battu et est emmené à l’hôpital. Trois jours après, il est toujours dans le coma. Depuis, Ryûsei culpabilise, se nourrissant à peine et dormant peu. Moriya remplace Take à son travail mais se sent impuissant face à son maître qui ne le regarde même pas et se laisse dépérir. Mais un jour, il lui demande si il peut soigner quelqu’un d’autre que son maître kotodama. De son côté, Takewaki entend par hasard des lycéens parler d’un certain Moriyama qui se vanterait d’être l’auteur de cette affaire…

En conclusion

Beaucoup d’émotions dans ce tome! J’aime beaucoup le caractère de Moriya, qui paraît si coincé, et qui contraste avec la vulgarité de Ryûsei. De même, Raizô continue à se montrer très prévenant avec son petit ami, apportant réellement de la douceur et un esprit d’ouverture dans cet univers fantastique.

Ze 5 – Shimizu Yuki

ze 5 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351805060
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784403661723 (JP)
Shinshokan, 2007 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Me voilà obligé de supplier à genoux ce rustre grossier et obscène…! »

Shimizu Yuki sensei présente un nouveau couple qui a développé un lien forgé par leur volonté commune. Elle utilise les méconnaissances de Ryûsei pour apporter des détails sur les fonctions des kamis. Par ailleurs, elle base la narration principalement sur le point de vue de Moriya. Le kami, qui a connu une mauvaise expérience avec son ancien maître, s’attache à la vie et ne supporte pas la hiérarchie qui existe entre humain et kami. Au contact de Ryûsei, il découvre donc petit à petit les qualités cachées de son nouveau maître derrière ses défauts. En plus, il s’éveille peu à peu aux sentiments en travaillant comme un humain. L’auteure met en avant l’emprise de la famille Mitô, même sur un enfant illégitime. Elle maintient un certain suspense en révélant peu à peu le passé traumatisant de Ryûsei. Par ailleurs, elle alterne entre ton sérieux et touche d’humour.

Avec son trait anguleux et épuré, la mangaka a un style immédiatement reconnaissable. Elle dessine des lèvres pulpeuses et des yeux effilés. Comparé au tome précédent, elle varie énormément les trames, pour travailler surtout les ombres car les scènes se déroulent souvent la nuit. De même, les flash-back sont encore bien intégrés. La mise en page est dynamique. Par ailleurs, Shimizu sensei compense le manque de scènes érotiques avec l’histoire bonus sur Genma et Himi. Elle cache les parties intimes grâce aux cadrages et aux angles de vue. Elle présente les personnages dans des fiches en début de tome.

En résumé

L’entretien étant annulé, Kitamura Ryûsei et Moriya se retrouvent à enterrer des preuves sur un chantier sur ordre de Yashiro Genma. Pendant que Moriya s’absente pour récupérer les cigarettes de son maître, Ryûsei se fait agresser. De retour, le kami le retrouve ensanglanté et l’embrasse langoureusement pour le soigner. En effet, son maître refuse catégoriquement d’utiliser son kotodama. Moriya se rappelle alors des circonstances de leur rencontre. A la mort de son premier maître kotodama, il ne voulait pas redevenir une page blanche. Et Waki lui a alors donné une chance unique: persuader un des rejetons Mitô qui a vécu à l’écart du clan, de le prendre. Mais Ryûsei est vulgaire, immoral et couche avec n’importe qui…

En conclusion

Suite au succès de la série, l’auteure annonce dans sa postface son adaptation en drama CD. J’adore le couple formé par Moriya et Ryûsei. Je trouve leur relation magnifique. De même, j’aime l’évolution de Moriya qui s’attache à ce gamin blessé. Comme ils se provoquent mutuellement, il est difficile de déterminer qui dominera qui.

Ze 4 – Shimizu Yuki

ze 4 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351804735
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784403661549 (JP)
Shinshokan, 2006 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Une pâle imitation du corps, sans l’esprit.

Shimizu Yuki sensei conclut la romance entre Himi et Genma. Elle explique la méthode de fabrication des kamis ainsi que leur mort. Elle centre la narration sur Himi, décortiquant ses interrogations. Au contact de son entourage, le « nouveau » kami va se confronter à différentes réactions, violentes ou bienveillantes. Par ailleurs, Genma prend enfin conscience de la non humanité de son amant. L’auteure montre aussi une facette sombre de Genma, qui passe par plusieurs phases, reproduisant d’abord le viol de son amant pour forcer la renaissance de leur lien. Elle introduit ensuite des nouveaux maîtres kotodama et leur kami, dont les jumeaux capricieux Mitô Seiji et Tsukito accompagnés de leur kami qui a un sacré caractère, Hatsuhi. Elle aborde encore la rivalité des maîtres kotodama dans la famille Mitô. Cette touche d’humour détend l’atmosphère dramatique du tome précédent. Le chapitre bonus révèle l’état d’esprit de Himi deux mois après son acceptation.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux qui s’affine de plus en plus. Les trames d’ambiance renforcent principalement les émotions fortes. Les décors sont soignés et très présents. La transition entre le passé et le présent s’intègre bien, permettant de facilement se repérer dans le déroulement du récit. D’ailleurs, la mise en page dynamique rythme la lecture. Dans les scènes érotiques, Shimizu sensei censure à peine les parties intimes, en supprimant quelques détails. Toutefois, elle joue aussi sur les ombres ou des phylactères bien placés quand l’image risque d’être trop explicite. Elle apporte également une touche d’érotisme avec le magnifique threesome des jumeaux et de leur kami. De même, la famille d’Ôka offre une note fan service amusante.

En résumé

En protégeant Yashiro Genma, Himi a été poignardé. Hélas, comme son nucleus s’est brisé, il est redevenu une page blanche. Genma demande alors à Waki de le faire revenir, allant jusqu’à le menacer. Il accepte même de travailler comme maître kotodama, seul sans kami pour guérir ou transférer ses blessures. Mais quand Himi revient enfin à la vie, il ne le reconnaît pas…

En conclusion

Beaucoup de révélations dans ce tome, avec un chapitre délirant qui permet de souffler un peu après autant d’émotions. Les jumeaux sont surprenants et je n’aimerais pas devenir la cible de leurs taquineries. Bien que Genma se montre clairement infâme, aussi bien avec l’ancien que le nouveau Himi, j’ai l’impression que l’auteure essaie d’expliquer comment l’amour peut (re)naître malgré une relation violente. Heureusement, elle n’excuse pas le comportement du maître kotodama même si elle suggère quelques uns de ses motifs. Je trouve intéressant cette interrogation sur un thème classique des BL.

Ze 3 – Shimizu Yuki

ze 3 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351804537
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784403661334 (JP)
Shinshokan, 2006 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« A partir de maintenant, tu es à moi. »

Shimizu Yuki sensei développe l’histoire de Genma et Himi qui ont une relation très particulière. Elle donne un ton beaucoup plus sombre et dramatique à son récit qui tranche complètement avec le tome précédent. En effet, Genma a un caractère exécrable et se montre brutal. Ses rapports avec son kami sont unilatéraux, provoquant donc des relations non consenties. Au fil des tomes, Himi découvre l’amour maladroit de son maître qui n’arrive pas à exprimer ses sentiments ainsi que sa gentillesse. L’auteure met en avant les différentes considérations des individus face aux kamis: objet décoratif de valeur pour Mitô Seima, outil exploitable pour le docteur Namai. Elle alterne la narration entre Genma, Himi et Waki, présentant ainsi trois versions différentes du passé. Elle sème petit à petit des indices pour expliquer le comportement possessif de Genma. Par ailleurs, quelques secrets sur les kamis sont encore révélés.

La mangaka a un trait épuré et anguleux, tellement fin qu’il semble parfois s’effacer dans les pleins et déliés. La carrure finement musclée de Genma contraste avec le frêle Himi. Les trames d’ambiance sont discrètes. Par contre, les décors, soignés et présents, donnent une touche réaliste au récit. Les flash-back sont facilement repérables grâce à leur fond noir. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Shimizu sensei censure les détails des parties intimes par des halos blancs lumineux. En début de tome, elle offre une illustration aux couleurs chatoyantes.

En résumé

Le maître kotodama Yashiro Genma et son kami Himi entretiennent une relation amoureuse. Mais comme Himi a son entretien le lendemain, il essaie de réfréner les ardeurs pressantes de son amant. En effet, en automne, tous les kamis effectuent une sorte de visite médicale auprès de Waki. Ce dernier s’est même permis de raser le bouc de Konoe sans son accord. Quand Genma arrive avec Himi, Raizô ressent instinctivement un danger et fuit avec Kon. Il se rappelle alors que Genma utilisait ce dernier comme bouclier contre de l’argent. Au moment de partir, Asari rappelle à Genma la promesse qu’il lui a faite de ne pas faire pleurer Himi.

En conclusion

La différence d’ambiance entre le tome précédent et celui-ci est comme une claque jetée à la figure du lecteur. Comme à son habitude, l’auteure présente des personnages torturés qui se dépêtrent du mieux qu’ils peuvent de leurs problèmes. Le lecteur ressent alors beaucoup d’empathie envers Himi en découvrant son passé et sa vie actuelle. Malgré son comportement indécent et répréhensible, j’aime beaucoup Genma qui s’adoucit petit à petit au contact de son kami. Le suspense à la fin du tome est insoutenable!

Ze 2 – Shimizu Yuki

ze 2 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351804421
Taifu comics, 2010
ISBN: 9784403661181 (JP)
Shinshokan, 2005 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

La romance maladroite et pure entre Raizô et Kon.

Shimizu Yuki sensei développe d’abord la romance entre Raizô et Kon. Elle alterne la narration entre l’étudiant et son kami. Le récit oscille constamment entre drames, tensions et humour. D’ailleurs, les réactions parfois imprévues des personnages ajoutent des effets comiques. Ainsi, l’amour possessif et étouffant d’Ôka envers Benio qui se plie à ses exigences apporte une touche particulière, presque SM. Au contraire, la relation entre Raizô et Kon se développe dans le consentement le plus total. Par ailleurs, l’auteure interroge sur le sens de l’existence et sur le sentiment amoureux à travers les questionnements de Kon. Elle met en avant l’évolution du kami grâce à la bienveillance de son maître sans pouvoir. Elle pose quelques indices dénonçant une part sombre au sein de la famille Mitô, comme la pression familiale due à leurs tâches. L’histoire bonus révèle les relations que nourrissent les autres couples de la maisonnée.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques, souvent portés par Raizô. Par exemple, l’étudiant se transforme en wanko, le rendant encore plus mignon. Les trames d’ambiance transcrivent les émotions. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Shimizu sensei censure les parties intimes en ne dessinant pas les détails. Toutefois, elle s’attarde sur les sensations de ses personnages et offre un peu plus de sensualité comparé au tome précédent. Au début du tome, elle présente les personnages.

En résumé

Raizô a demandé à devenir le maître kotodama de Kon. Depuis, son kami l’embrasse à la moindre égratignure. L’apprenti cuisinier, qui est tombé amoureux, n’ose pas lui dire qu’il a envie de coucher avec lui. Mais Kon entend sa conversation lorsqu’il se confiait au reste de la maisonnée. Le kami accepte alors de le satisfaire. Toutefois, Raizô s’arrête en plein milieu, réalisant que son partenaire ne comprend pas le sentiment amoureux. Les deux hommes finissent donc pas se disputer. Le lendemain, quand Raizô constate que Kon ne prend pas soin de lui-même, n’hésitant pas à se brûler en saisissant une bouteille de saké qui chauffait dans de l’eau bouillante, il essaie de lui transmettre ses sentiments, en vain. Mais l’ancienne maîtresse kotodama Ginka, en visite dans la résidence, kidnappe Kon. En effet, il était à la base le kami de son fils Akimitsu.

En conclusion

Ce couple tendre et doux vous fera fondre. La candeur de Raizô apporte vraiment un souffle de fraîcheur dans la vie dissolue de la famille Mitô. Pour les curieux, le kanji du titre Ze 是 signifie « bien, droit, juste ». Je trouve qu’il amène à s’interroger un peu plus sur l’usage de l’étrange pouvoir des Mitô car pour l’instant, l’équilibre entre maître et kami semble peu équitable. En plus, le lien qui se noue entre Raizô et Kon interroge, l’étudiant n’ayant pas les pouvoirs d’un maître kotodama.

Ze 1 – Shimizu Yuki

ze 1 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351804315
Taifu comics, 2010
ISBN: 9784403660993 (JP)
Shinshokan, 2004 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Le pouvoir de rendre réels les mots que l’on prononce… »

Shimizu Yuki sensei plonge le lecteur dans un univers fantastique basé sur les croyances shintoïstes et taoïstes. Elle introduit d’abord les personnages et la spécificité de la famille Mitô. Elle aborde également les relations entre les différents couples homosexuels, interrogeant sur le lien de maître kotodama et kami. Très vite, le lecteur comprend que le marionnettiste Waki manipule ce petit monde à son gré. Les personnalités plutôt extravagantes des kamis et leurs maîtres contrastent avec la naïveté de Raizô. L’auteure oscille entre tension et humour. Elle prend pour prétexte le contact des muqueuses pour ajouter des passages sensuels. Toutefois, elle commence à établir les thèmes récurrents de ce récit: l’attachement et le sentiment amoureux avec un partenaire partageant ses souffrances, le statut ténu entre outil et être vivant des kamis, l’utilité ou le rôle de chacun dans un couple, la famille et la société, les liens amoureux.

La mangaka a un trait épuré et anguleux, au style immédiatement reconnaissable. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, donnant parfois un côté minimaliste ou très mignon. Elle varie la physionomie de ses personnages permettant de les reconnaître facilement, même de loin. Les décors sont présents dans les plans larges. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. La mise en page est dynamique. Pour l’instant, les scènes érotiques servent surtout à présenter les pouvoirs particuliers des kamis. Shimizu sensei offre tout de même quelques scènes, sans pour autant détailler les parties intimes. Elle met surtout en avant les sentiments de ses personnages.

En résumé

Suite au décès de sa grand-mère qui l’élevait, l’étudiant Shichikawa Raizô trouve un emploi d’apprenti cuisinier dans la maison de Waki. Il fait alors la connaissance des autres résidents: Mitô Ôka et sa « poupée » Benio, le gourmand Mitô Kotoha et le surprotecteur Konoe, ainsi que Kon avec qui il partagera sa chambre. Mais pour son premier festin, la majorité des locataires refusent de manger, trop occupés. D’ailleurs, Raizô surprend certains couples dans un moment très intime. Il reçoit cependant les encouragements d’un étrange homme portant un masque de renard. Par la suite, l’étudiant découvre peu à peu les métiers particuliers des locataires ainsi que leur gentillesse, ces derniers l’aidant et le conseillant. Un soir, alors que Raizô avait préparé un nabe au crabe, Konoe est soudainement attaqué par une onde maléfique et perd un bras. Mais il ne saigne pas car il est en réalité un kami en papier…

En conclusion

Grâce aux annotations apportées par la traductrice, il est facile d’entrer dans le récit. J’adore cette série, étant une passionnée de shintoïsme. En plus, les personnages sont tous attachants. J’apprécie la toute petite touche de diversité apportée par Ôka et Benio, les couples lesbiens étant plutôt rares dans les BL en général. Comme à son habitude, l’auteure prend son temps pour bien installer son univers et ses personnages. Je ne peux donc que vous recommander fortement cette lecture.