Void – Zariya Ranmaru

void zariya ranmaru

ZARIYA Ranmaru 座裏屋蘭丸
ISBN: 9782375060704
Taifu comics, 2017
Libre, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

Enfermé dans ses souvenirs et ses sentiments depuis sept ans, Maki va-t-il trouver la rédemption avec l’innocent Arata?

Zariya Ranmaru sensei nous plonge dans une romance torride et poétique où la vengeance et la rédemption se font dans la souffrance. Elle dévoile au compte-gouttes le passé de Maki et Ren, révélant des psychologies meurtries. Alors que Maki impose égoïstement ses hésitations et ses souffrances à Arata, l’humanoïde se montre encore plus humain et compréhensif. Tous deux ont parfaitement conscience de leur comportement déviant: les jeux pervers renforcent ainsi leur lien de domination et de soumission totale. Cependant, l’introduction de Yoshiaki, le frère de Maki, va précipiter leur relation vers un dénouement plus sain. Par ailleurs, la symbolique de l’oiseau, très présente graphiquement, se répercute également dans la narration. Arata est soumis à l’attachement comme les oiseaux à son réveil, il apprécie de les voir libre et le parallèle entre leur bonheur enfin construit et l’oiseau ayant trouvé refuge dans l’abri qu’il a fabriqué avec Maki est percutant.

La mangaka a un trait fin et réaliste: ses hommes ont une carrure masculine et musclée. Elle apporte un soin aux regards et aux gestes, suggérant principalement les émotions par le dessin. Elle détaille les décors mais utilise les trames d’ambiance avec discrétion. La mise en page dynamique joue sur les emboîtements, les vides et les suppressions de cadre. Zariya sensei transcrit graphiquement la superposition de l’image de Ren sur Arata. De même, elle crée toute une symbolique autour de l’oiseau, dont la présence joue un rôle narratif. Par exemple, chaque chapitre débute avec une cage ouverte où un oiseau passe, faisant un parallèle avec les sentiments des personnages. Il n’y a aucune censure dans les scènes érotiques. La transparence des personnages permet même d’apprécier tous les détails. En plus, il y en a presque à chaque chapitre, plus ou moins développées.

En résumé

Le chef de la division de protection des humanoïdes Rowen affecte de force un amant de compagnie à son ami et ancien collègue Maki. L’humanoïde illégal, Mizumori Arata, a été créé à partir des souvenirs et du physique d’une de ses connaissances, Amamiya Ren. Le rejetant au début, Maki finit par céder à Ren dont l’attachement, influencé par l’imprint, rappelle celui des canetons. Cependant, la présence de l’humanoïde fait remonter des souvenirs douloureux. Devant l’insistance d’Arata, prêt à accepter tout ce qu’on lui dictera pour pouvoir rester auprès de Maki, ce dernier finit par imposer une relation sexuelle perverse à son amant de compagnie.

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la première place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2017. Pour moi, la touche poétique apportée par le symbole de l’oiseau libre une fois adulte transcrit à la fois l’amour et les sentiments enfin libérés du passé des personnages. En revanche, je ne sais pas si le manque de consentement au début est voulu pour rappeler le statut de poupée sexuelle d’Arata. Cependant, j’aurais aimé plus de scènes tendres et torrides comme celle de l’épilogue. Cela ne m’empêche pas d’être complètement conquise par cette romance profonde.

Coyote 2 – Zariya Ranmaru

coyote 2 zariya ranmaru

ZARIYA Ranmaru 座裏屋蘭丸
ISBN: 9782368776742
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784866571638 (JP)
Frontier works, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

L’amour pourra-t-il triompher des secrets et des conflits familiaux?

Dans ce second tome, Zariya Ranmaru sensei dévoile le passé de Joshua et Coyote et introduit une partie du plan des loups-garous. L’histoire prend donc une tournure un peu plus dramatique, la romance passant au second plan. Par ailleurs, l’auteure introduit quelques personnages secondaires qui semblent avoir également une psychologie assez développée. De même, elle approfondit les personnalités de Marlène et Lili, se focalisant sur leurs combats intérieurs, leurs sentiments et leurs liens. Le contraste entre le chef des loups-garous, Kiefer, et celui de la mafia, Simon F. Garland, est subtilement mis en avant.

Les traits fins de la mangaka sont plutôt réalistes. Les trames d’ambiance sont discrètes et les décors détaillés. La mise en page alterne entre classique et dynamique, et même très travaillée pour certains passages clés. Il n’y a pas de censure directe pour les scènes érotiques. Par exemple, Zariya sensei joue sur les angles de vue pour cacher l’essentiel et utilise même le préservatif pour éviter les détails. D’ailleurs, cela augmente l’aspect érotique de ces passages peu nombreux.

En résumé

Ayant remarqué sa photo dans les affaires de Lili, Marlène laisse exploser ses inquiétudes et devient assez brusque durant leurs ébats. Comprenant que les loups-garous se préparent à agir, le pianiste souhaite révéler son identité à son amant mais n’y arrive pas. Coyote devant partir à la fin de ses chaleurs, Joshua demande à Allen Brown de l’observer pour essayer de découvrir son lieu de résidence. De retour au repaire, le loup-garou et ses acolytes, Schneider et Agassi, reçoivent de nouvelles instructions de Kiefer. Ils doivent surveiller leur cible durant un mois afin de frapper tous en même temps. Par contre, il manque encore des données à propos de Joshua Garland. Justement, Mimi est sur sa piste. Quelle n’est pas sa surprise de le trouver près de leur refuge, avec quelques effluves restantes de Coyote…

En conclusion

Alors que le premier tome installait la relation de notre couple, les nombreuses révélations rendent la détresse de Joshua et de Coyote touchante. J’admire le travail de l’auteure qui maîtrise également le format sériel. Le suspense dans lequel elle nous laisse à la fin de ce volume est insoutenable! La série est classée troisième au Chill Chill BL award 2019.

Goodbye, Red Beryl 2 – Michinoku Atami

goodbye red beryl 2 michinoku atami

MICHINOKU Atami みちのくアタミ
ISBN: 9782375061862
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784866571331 (JP)
Frontier works, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Briser un mur de solitude pour partager ensemble ses joies, ses peines et son amour.

Dans ce second tome, Michinoku Atami sensei développe la relation qui se noue entre Kazushige et Akihiko. Elle s’attarde principalement à la construction des liens par la découverte, l’ouverture à autrui et le partage des sentiments. De même, elle approfondit la psychologie de ses héros. Ayant connu la souffrance du deuil et du regard inquisiteur des autres, Kazushige a peur de nouer des relations humaines. Akihiko brise peu à peu ce mur défensif en imposant sa présence. L’auteure s’applique à donner une approche la plus réaliste possible, même sur le premier ébat du couple: elle se focalise par exemple, sur des détails comme le type de lubrifiant de l’époque, les réactions d’un puceau ou de quelqu’un qui s’est retenu. Parallèlement, elle dévoile un peu plus les objectifs de Masakado, même si cela reste encore vague, permettant de conserver le suspense jusqu’en fin de tome.

Les traits fins et épurés de la mangaka dégagent à la fois un côté acéré et de la douceur, augmentant l’aspect mystérieux de certains visages. Les traits simplifiés donnent un effet super-deformed dans les scènes humoristiques. Cela rend d’ailleurs Akihiko très mignon. Michinoku sensei se focalise sur les détails des petits gestes et des regards. Elle utilise peu de trames d’ambiance, privilégiant le travail des nuances de gris. Même si les décors sont peu présents, ils sont très détaillés. La censure des scènes érotiques, assez nombreuses, se fait par de fines bandelettes blanches, cachant peu les détails. La sensualité des positions est mise en avant grâce à des angles de vue recherchés.

En résumé

Bien que gravement blessé, Kazushige refuse de boire le sang qu’Akihiko lui propose et le jette dehors. Réfugié dans un parc, le jeune homme ne comprend pas la réaction du vampire. Il est soudain interrompu dans ses réflexions par Moronatsu qui lui apprend qu’il n’est qu’à moitié vampire. Malgré ses craintes, Akihiko décide d’interroger directement Kazushige. Ce dernier lui confie alors sa peur de le transformer en monstre. Touché, le jeune homme finit par lui déclarer ses sentiments puis l’embrasse…

En conclusion

Ce couple attendrissant se construisant par la discussion et le partage des sentiments, il est donc agréable de voir leur amour s’épanouir. Ce tome est magnifique! D’ailleurs, le trait délicat de l’auteure sied parfaitement à l’ambiance. Vivement la suite!

Les âmes perdues – Yuki Ringo

les ames perdues yuki ringo

YUKI Ringo ゆき林檎
ISBN: 9782368776971
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784829686188 (JP)
Printemps shuppan, 2019 (JP)
Titre original: 少年と神隠し
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Un amour non déclaré traversant les époques pour enfin se réaliser.

Dans ce one-shot, Yuki Ringo sensei, avec sa touche poétique habituelle, narre une romance nostalgique qui traverse le temps grâce à la réincarnation. Elle installe doucement son récit et dévoile les mystères entourant ses personnages au compte-gouttes, maintenant un suspense constant. Shûichirô est le narrateur principal. Bien qu’il évolue vite et que ses questionnements sur Ten se dissipent rapidement, ses sentiments se développent tout en douceur. Ainsi, leur relation paraît tendre, malgré quelques évènements difficiles et dramatiques. En parallèle, l’auteure traite, avec délicatesse et réserve, la tradition admise à l’époque des liens initiatiques, affectifs et souvent sexuels entre les moines et leur chigo, privilégiant les sentiments. Elle mène parfaitement son scénario en dosant les révélations, les tensions et les moments tendres.

Le trait fin et doux de la mangaka est plus proche du style shôjo. Ses visages sont ovales et ses yeux légèrement grands sont expressifs. Même si ses mises en page sont assez classiques, elles sont efficaces et mettent en valeur les actions et l’esthétique des personnages. Yuki sensei s’attarde sur les détails. Elle alterne les décors et les trames d’ambiance. Justement, son travail des trames est plutôt précis dans, par exemple, l’ombre des vêtements ou les dégradés. Les scènes érotiques sont censurées par le cadrage qui évite de montrer les parties génitales. Pourtant elles dégagent une certaine sensualité. Cette retenue permet également d’endurer les scènes choquantes d’initiation du chigo par son moine. Sous la jaquette, des fiches présentent les deux personnages principaux.

En résumé

Octobre 1953 (28e année de l’ère Shôwa). Au décès de sa grand-mère adoptive, Morimiya Shûichirô (16 ans) quitte le village de fermiers où il a grandi. Ayant la capacité de percevoir les êtres surnaturels et les ondes négatives, il est obligé de fuir le sanctuaire où il s’était arrêté pour prier, entendant une voix menaçante. Mais il s’évanouit de fatigue. Il est alors recueilli par un étrange yamabushi, Ten, qui porte un masque et vit seul dans la forêt. Le moine lui propose le gîte et le couvert jusqu’à ce que la situation de l’adolescent se stabilise et accepte de lui montrer son visage. Shûichirô réalise alors que ce dernier ressemble beaucoup au moine qu’il voit toujours dans le même rêve…

En conclusion

Ce tome est plus épais que les manga habituels. Pourtant, je l’ai lu d’une seule traite tellement l’histoire est prenante. Impossible de s’arrêter en cours!
Mise à jour: Ce one-shot a obtenu la neuvième place du manga profond au Chill Chill BL award 2020.

Zhenniao – Monzen Yayohi

zhenniao monzen yayohi

MONZEN Yayohi 文善やよひ
ISBN: 9782368775455
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784829685754 (JP)
Printemps shuppan, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Une créature à la beauté toxique qui ne souhaite qu’être aimée.

Dans ce one-shot, Monzen Yayohi sensei s’inspire du zhen (鴆), un oiseau légendaire chinois très coloré. Comme il se nourrit de serpents venimeux, il possèderait un poison très puissant. L’auteure installe son histoire dans une ville indéterminée de la Chine ancienne et personnifie l’animal. Elle développe principalement l’évolution de la relation, d’abord paradoxale, entre l’ancien éleveur et le zhen caractériel. Elle s’intéresse parallèlement à l’apparence, aux valeurs de la beauté ainsi qu’aux conditions de vie des animaux considérés comme des objets. Son scénario est bien mené. A cause des risques du poison, ces deux cœurs brisés ont peur de se toucher. D’ailleurs, le chapitre bonus conclut sur leur premier coït. Une histoire avec des fleurs et un insecte personnifiés complète ce tome, mettant en avant l’arisème dragon.

La mangaka respecte le style architectural de la Chine ancienne et intègre beaucoup de décors. Elle soigne particulièrement les costumes. Son graphisme aux traits fins est plutôt anguleux. L’oiseau semi-humain est esthétique et original. Les visages expressifs transmettent facilement les sentiments des personnages. Les trames et les motifs rendent les nuances des couleurs du plumage. Les cadrages sont assez dynamiques, cependant il y a peu d’actions. Les scènes érotiques sont détaillées; par contre, la profusion des motifs, entre plumes et vêtements, brouille leur appréciation. En fin de chapitre, l’auteure présente des dessins de quelques plantes toxiques. Les illustrations en début de chapitre et sous la jaquette mettent en exergue l’ambiance du récit et la richesse de sa plume.

En résumé

Zhenniao / Bonus: Dans un lointain pays, il existe un oiseau semi-humain, le zhen. Il se repait de nourriture toxique lui conférant un plumage multicolore de toute beauté. Malgré sa dangerosité, certains propriétaires n’hésitent pas à exhiber ces oiseaux comme de simples objets pour afficher leur pouvoir. Le zhen Cai Hong est soupçonné d’avoir tué son éleveur, Ran. Pourtant, il a été vendu au grand maréchal Huang. Fei, le frère de Ran, a abandonné l’élevage depuis quelques années pour devenir militaire. Cependant, il se retrouve à s’occuper du rebelle oiseau dont le plumage demande des soins particuliers…
Devenir la plus belle des fleurs: Un insecte butineur, prenant son travail à cœur, avait été déçu par une fleur stérile qui disait l’aimer. Mais l’année suivante, elle est devenue la plus belle des fleurs…

En conclusion

Cette romance fantastique au graphisme poétique est entrainante. De plus, l’évolution de la relation entre les personnages est intéressante, pleine de contradictions. Une autre histoire de la mangaka, Zhen Hiyoku no tori (鴆 比翼の鳥), se passe dans le même univers et narre la relation entre un zhen blanc non venimeux et un zhen multicolore toxique. Dommage qu’elle ne soit pas traduite! Ce one-shot a obtenu la troisième place du manga original au Chill Chill BL award 2016.

Goodbye, Red Beryl 1 – Michinoku Atami

goodbye red beryl 1 michinoku atami

MICHINOKU Atami みちのくアタミ
ISBN: 9782375061329
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784861349959 (JP)
Frontier works, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Retrouver goût à la vie grâce à un vampire.

Michinoku Atami sensei commence son histoire par une courte introduction en 2017 avant de nous envoyer en 1968. En plus de la romance, elle s’intéresse à l’immortalité et interroge sur l’amour à travers les époques. Ce premier tome narre le contact entre les deux héros et introduit également un autre couple de vampires. Masakado, qui a transformé Tsuda, entretient une relation étrange avec Moronatsu; en effet, il considère les humains comme de la nourriture, mais en garde un auprès de lui. L’auteure prend son temps pour développer son scénario et la psychologie de ses personnages. Les deux héros qui ont différemment souffert de la solitude se rapprochent malgré eux. Le court chapitre final « Avec beaucoup de sucre » présente le couple dans une historiette plus tendre et mignonne. En fin de volume, Michinoku sensei présente les personnages en donnant quelques anecdotes.

La mangaka utilise des traits très fins et simplifie les lignes des visages. De même, elle utilise des déformations ou des simplifications pour intensifier les expressions, donnant presque un effet cartoon. Ses hommes ont une carrure assez svelte et possède un côté un peu androgyne ou beauté froide qui sied parfaitement aux vampires. Afin de rester au plus près de la réalité pour les vêtements et les décors, elle explique s’être appuyé sur des documents et avoir observé les bâtiments de l’époque. Ses cadrages, parfois dynamiques, ressortent de l’ensemble classique, donnant ainsi plus d’impact à l’image. L’usage des trames est équilibré. Pour l’instant, la sensualité domine dans l’unique scène érotique du tome.

En résumé

Kobayashi Akihiko vient de perdre son nouvel emploi de serveur dans un bar à hôtesses. Orphelin depuis sa plus tendre enfance, se sentant seul et inutile, il pensait renoncer à la vie. Cependant, Tsuda Kazushige le sauve d’un accident mais se blesse gravement. Ce dernier survit pourtant à sa blessure car il est en réalité un vampire. Reconnaissant, Akihiko décide de prendre soin de son solitaire sauveur.

En conclusion

L’introduction laisse présager une triste conclusion, mais j’ai tout de même hâte de découvrir la suite. De plus, ce tome se termine en plein suspense!

Coyote 1 – Zariya Ranmaru

coyote 1 zariya ranmaru

ZARIYA Ranmaru 座裏屋蘭丸
ISBN: 9782368775844
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784861349492 (JP)
Frontier works, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Un amour interdit entre deux hommes aux destins opposés. »

Zariya Ranmaru sensei nous plonge dans une romance interdite entre un humain et un loup-garou. Ce premier tome met en place les personnages et introduit le contexte. Le scénario dense développe diverses intrigues qui s’entrecroisent; en plus de l’histoire d’amour, une guerre entre gangs se profile. Pour l’instant, le tragique et la tendresse se côtoient avec douceur. Les secrets qui entourent Lili et Marlène se dévoilent lentement, maintenant ainsi le suspense avec brio. L’auteure prend son temps pour installer le récit, même si la relation entre les deux héros avance plutôt vite. Elle intègre bien les passages érotiques qui paraissent naturels. L’historiette de fin de volume narre avec humour un moment tendre du couple, tout en montrant un côté de la personnalité de Joshua.

Les pages couleurs en début de tome sont magnifiques avec des tons dominants: le bleu froid de la nuit accompagnant les loups s’oppose au chaleureux orange du bar fréquenté par les humains. Par la suite, la mangaka joue tout au long du volume sur les clairs-obscurs au moyen des trames. Son graphisme utilise des traits fins, réalistes avec le souci du détail. Cela se remarque particulièrement sur les décors et les scènes érotiques. Par exemple, pour éviter la censure, les cadrages ne montrent pas les organes sexuels en entier. De même, les angles recherchés permettent de mettre en valeur l’action très présente. Les personnages sont musclés, certains ont même une carrure imposante. Les proportions sont tout de même respectées et la beauté des corps est bien rendue.

En résumé

Lili, de son vrai nom Coyote, aime venir dans un bar pour écouter le pianiste Marlène (Garland Joshua). Cependant, il fuit toujours les avances de ce dernier; étant un loup-garou, il cache aux humains sa vraie nature. Depuis quelques temps, la ville est le théâtre d’étranges meurtres. Il semblerait que la mafia, dirigée par la famille Garland, soit en conflit avec les loups-garous. Un soir, alors que Lili accepte de partager un verre avec Marlène, ses crocs et ses griffes se mettent à ressortir sous un coup de fièvre. Coyote s’enfuit mais est vite rattrapé par le pianiste qui lui propose de le soulager, ayant constaté que le loup-garou est en rut…

En conclusion

Ce titre a obtenu la quatrième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2017. D’ailleurs, cette histoire mêlant fantastique, romance et guerre de gangs nous fait oublier qu’il s’agit d’un BL. Il me rappelle Roméo et Juliette, mais revisité avec délicatesse! Entraînée par l’intrigue, j’ai hâte de lire le prochain tome, même si j’appréhende un peu la réaction de Coyote quand Marlène lui révèlera son nom.

Painful days of priest and king – Yoshida Tamaki et Takanaga Hinako

painful days of priest and king yoshida tamaki takanaga hinako

YOSHIDA Tamaki 吉田珠姫
TAKANAGA Hinako 高永ひなこ
ISBN: 9782368770757
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784796402316 (JP)
Kaiohsha, 2011 (JP)
Roman
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Jours heureux et douloureux au royaume d’Izaira.

Pour le cinquième tome de sa série, Yoshida Tamaki sensei offre un recueil regroupant des histoires publiées sur son site. Elle raconte le passé et l’adolescence des deux héros ainsi que des anecdotes. Le premier chapitre met en scène la première rencontre entre Ragô et Sacha, dont les pères viennent de mourir. Le lecteur découvre la compassion du jeune roi qui se transforme peu à peu en folie amoureuse. Le chapitre suivant se focalise sur le sentiment passionné et possessif du roi noir qui consume sa raison. Ragô refoule désespérément son amour. Les chapitre 3 et 4 relatent, à travers les souvenirs d’Eikin, les derniers instants de la princesse Rôshu et leur triste romance. Les chapitres suivants présentent des anecdotes du quotidien des personnages. Le chapitre 8 narre l’évolution de l’admiration de Waki pour Sasha en amour à sens unique. La seule scène érotique du roman est exposée dans le onzième chapitre.

Pour ce tome, Takanaga Hinako sensei n’a pas fourni d’illustration, à part celle de la couverture. Mais le contraste entre le couple, avec Sasha en archer qui semble céder aux bras de Ragô, dégage une certaine sensualité.

En résumé

La rencontre: Après avoir sauvé Ragô (13 ans), le jeune Sasha (9 ans) échange avec le prince leur « mana », un deuxième nom lié au destin prédit par les « Liseurs d’étoiles ». Etrangement, « celui que l’arc-en-ciel rend fou » s’attache immédiatement à son chétif sauveur, « celui qui gouverne le monde »…
Convoitise: Ragô (19 ans) se consume d’amour pour son ami Sasha (15 ans). Quand les prêtres viennent chercher le Messager des dieux pour l’emmener au Grand sanctuaire, le roi d’Izaira plonge dans une colère noire. D’autant plus que Sasha a accepté beaucoup de compromis en espérant devenir soldat.
Eikin et la princesse Rôshu – premier récit / deuxième récit: Un soir, la nourrice de la princesse Rôshu, complètement paniquée, vient chercher le jeune soldat Eikin. Nommé meilleur épéiste de l’armée à 18 ans, il est au service de la princesse d’Ôken depuis déjà cinq années et veille sur elle, alors qu’elle est maintenue prisonnière par le roi Gaiji qui l’a enlevée le soir de son mariage…
Prologue: Un mariage avec la princesse Miyura de Sôken a été décidé mais Ragô refuse catégoriquement. Il a l’impression que les prêtres et les ministres ne cherchent qu’à l’éloigner de son amour unique et exclusif.
Les caméristes du pavillon des fleurs – commérages: La nouvelle camériste, originaire de la région de Sasha, ne comprend pas la rage de Ragô. La camériste en chef convoque toutes les employées du Pavillon des fleurs pour trouver le moyen de calmer cette fureur.
Dénouement: Le jeune roi d’Izaira n’a aucune concentration et ne pense qu’à retrouver Sasha qu’il n’a pas vu depuis deux jours…
Waki – celui qui reçut l’épée marquée du sceau royal: Le roi noir prévient le Grand sanctuaire qu’une guerre est sur le point d’éclater. Il confie son épée à Waki afin de protéger son aimé. Le jeune prêtre ressent tout le poids de cette mission.
Rêve d’un Seikôshi d’antan: Sasha est devenu Seikôshi depuis un an. Après avoir trouvé un ordre de nomination dans la boîte sacrée du précédent messager divin, il fait un étrange rêve qui le plonge alors dans le passé de Raisa, 12e Seikôshi (une femme) et du roi Keitoku.
Averse: Surpris par une averse, Ragô et Sasha trouvent refuge dans une cabane en pleine forêt. C’est la maison d’enfance du messager de l’arc-en-ciel…
La petite farce des caméristes: Après avoir sauvé de l’inondation les habitants d’un village avec les Chevaliers Dragons, le roi d’Izaira rentre enfin au château. Le Grand Conseiller lui apprend que Sasha l’attend. Ragô n’arrive plus à contrôler sa frustration, sa Lune d’argent l’ayant évité pendant neuf jours suite à un rhume. Mais les caméristes lui ont préparé une surprise qui échauffera ses ardeurs…
Un beau jour, chez les prostituées: Alors que Setsuka et les prostituées s’inquiètent du devenir de Sasha, Ragô leur rend visite pour les remercier.

En conclusion

Un autre recueil a été publié en 2016 (神官と王、夢幻のごとき日々 Dreamy days of priest and king) non traduit en français.

The priest annoys the king – Yoshida Tamaki et Takanaga Hinako

the priest annoys the king yoshida tamaki takanaga hinako

YOSHIDA Tamaki 吉田珠姫
TAKANAGA Hinako 高永ひなこ
ISBN: 9782368770740
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784877249496 (JP)
Kaiohsha, 2010 (JP)
Roman
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Ragô face à sa jalousie possessive.

Yoshida Tamaki sensei continue, dans ce quatrième tome, à faire évoluer Ragô et Sasha. Elle se focalise particulièrement sur les sentiments du roi. Ce dernier, torturé par une jalousie presque maladive, apprend à la contenir au fil des pages. Et le prêtre prend de plus en plus confiance en lui, osant enfin se montrer naturel dans les bras de son amant. Il ira même jusqu’à imposer son point de vue au royaume de Saiha tout en réalisant une prouesse à l’arc. Le couple royal d’Izaira prend de l’assurance, rendant l’histoire touchante. En parallèle du récit, l’auteur dévoile quelques détails sur les circonstances de la mort de la mère de Ragô et l’amour d’Eikin pour cette dernière.

Le trait de Takanaga Hinako sensei est sensuel. Elle n’abuse pas des trames, permettant ainsi d’apprécier l’esthétique des personnages. Les détails des vêtements et les drapés sont travaillés. Comme ce tome possède peu de scènes érotiques, la mangaka offre des illustrations reprenant des moments forts de l’histoire exprimant parfaitement l’évolution des personnages par leurs regards. En compensation, les quelques scènes sont plutôt intenses, l’absence de ligne permettant de censurer les parties génitales.

En résumé

Depuis leur mariage, Ragô et Sasha sont très occupés et ils supportent de moins en moins d’être séparés l’un de l’autre. En particulier le roi d’Izaira, qui a du mal à contenir son amour possessif. De plus, le roi de Saiha, complètement fou de la beauté du prêtre, le couvre de cadeaux et l’invite à l’anniversaire de la reine Naguha qui se révèle être une cousine de Ragô…

En conclusion

Ce tome semble conclure les aventures du couple royal d’Izaira. Un petit pincement au cœur en quittant ce couple fou d’amour.

The priest loves king – Yoshida Tamaki et Takanaga Hinako

the priest loves king yoshida tamaki takanaga hinako

YOSHIDA Tamaki 吉田珠姫
TAKANAGA Hinako 高永ひなこ
ISBN: 9782368770733
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784877245979 (JP)
Kaiohsha, 2007 (JP)
Titre original: 神官は王を恋い慕う
Roman
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

L’ingénu Sacha épousera-t-il le roi Ragô?

Yoshida Tamaki sensei continue, dans ce troisième volume, à faire foisonner les obstacles sur la route du bonheur de Ragô et Sacha. Le jeune prête, soucieux de son ignorance des choses de l’amour mais toujours aussi hardi dans ses actions, se retrouve à cavaler à travers le royaume pour déjouer un nouveau complot. Dans ce tome, il occupe le rôle principal et partage ses pérégrinations avec les lecteurs. Un peu plus d’actions hors de la chambre est récréatif. Le scénario est bien construit, les actions s’enchaînent et la naïveté de Sacha prête parfois à rire. Ses tergiversions pourront énerver certains lecteurs mais cela colle parfaitement à son rôle.

Les trois scènes érotiques du récit sont toutes illustrées par la mangaka TAKANAGA Hinako, accompagnant les moments les plus chauds du récit.

En résumé

Les préparatifs de la cérémonie de mariage de Ragô et Sacha battent leur plein. Mais le prête s’interroge sur sa capacité à satisfaire son roi. Parti à l’insu de son amant se recueillir sur la tombe de sa mère, il surprend des voleurs d’œufs de dragons…

En conclusion

Une aventure fantastique distrayante!