Gentleman & sadistic – Hideyoshico

gentleman and sadistic hideyoshico

Hideyoshico 秀良子
ISBN: 9782368775233
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784199606465 (JP)
Tokuma shoten, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

« Entre le salaryman banal et le beau stalker pervers, le chemin qui mène à l’amour ne sera pas de tout repos! »

Hideyoshico sensei oscille entre drame et comédie romantique, en développant une romance entre une victime de brimades et son ancien bourreau. Elle met en scène des personnalités complexes et opposées. Alors que Yoshino a conscience de son comportement déviant, il conserve un certain optimisme, obtenant toujours ce qu’il veut. Takase, quant à lui, est bourré de sentiments contradictoires, pessimiste et blasé par la vie. Tous deux vont ainsi développer une relation légèrement sado-masochiste et se compléter. Le rapport entre dominant et dominé se brouille dans des jeux sexuels provoqués et le consentement n’est donc plus clair. L’auteure s’attarde principalement sur l’évolution de la relation de ses personnages sans pour autant approfondir le changement de leurs sentiments. Néanmoins, elle expose succinctement leur passé pour placer le contexte. Toutefois, elle précipite la fin de son récit, laissant un peu le lecteur sur sa faim.

Le trait de la mangaka s’est légèrement arrondi. Les visages avec des yeux fins et une petite bouche dégagent un peu plus de douceur. De même, Hideyoshico sensei n’hésite pas à dessiner les jambes poilues. Elle représente également Yoshino en wanko. Elle exprime les changements de ses personnages grâce aux expressions du visage et des regards. En plus, les illustrations en début de chapitre donnent le ton du récit à suivre, utilisant quelques métaphores graphiques comme les ronces, le collier. Les décors permettent de situer les actions et alternent avec quelques trames d’ambiance. La mise en page dynamique joue sur les blancs et les angles de vue. La postface sous la jaquette donne des anecdotes sur la création du manga. Les scènes érotiques sont à peine censurées, les parties génitales étant cachées par de petits points lumineux. Le détail des jeux érotiques contraste avec le regard froid de Takase.

En résumé

Depuis deux ans, Takase Hajime est suivi par un stalker. Un jour, ce dernier lui fait même manquer un rendez-vous galant après avoir renversé volontairement une boisson sur la tenue de la jeune femme. Mais, tandis qu’il rejoignait l’appartement de sa cible, il se fait surprendre. Le salaryman reconnaît alors immédiatement Ôji Yoshino, qui le harcelait avec sa bande au lycée. Soudain, le stalker, à genoux, lui déclare sa flamme!

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la quinzième place du meilleur manga original au Chill Chill BL award 2016. J’adore voir Yoshino en wanko. Les personnages sont attachants, cependant, il est dommage que la conclusion soit autant condensée dans un chapitre bonus. J’aurais tant aimé en découvrir plus. Mais le talent de l’auteure étant déjà bien installé, vous passerez un agréable moment en lisant cette comédie légèrement amère.

The wize wize beasts of the wizarding Wizdoms – Nagabe

the wize wize beasts of the wizarding wizdoms nagabe

Nagabe ながべ
ISBN: 9782372874885
Komikku, 2020
ISBN: 9784863497313 (JP)
Akaneshinsha, 2018 (JP)
Titre original: ウイズダムズのけものたち
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Premiers émois amoureux à l’école de magie.

Nagabe sensei propose de suivre les premiers amours qui naissent dans l’école de magie Wizdoms. Il conserve les caractéristiques des animaux pour créer leurs caractères et spécificités, jouant sur les combinaisons entre ses personnages. Ainsi, chaque chapitre s’attarde sur un couple qui se forme. L’approche reste pudique et se concentre principalement sur les premiers émois. L’auteur présente différentes formes de l’amour: à sens unique, possessif, admiratif, secret, curieux, non assumé, chaleureux, attirant. De même, il confronte l’innocence de la jeunesse face à leurs émotions et les conflits intérieurs des adultes qui tiennent compte des regards extérieurs. Par exemple, la licorne Benjamin cache son homosexualité après avoir subi le rejet de sa communauté, le dragon Fermat ne comprend pas ses propres sentiments et l’amour pur et réciproque entre l’ours Mauchly et l’humain Charles déborde de tendresse. Des fiches techniques sur les animaux terminent chaque chapitre.

Le mangaka humanise avec finesse les différents animaux tout en conservant leurs caractéristiques propres, permettant de les reconnaître immédiatement. Son trait plutôt fin s’adapte au différentes morphologies des personnages, anguleux ou rond, se rapprochant assez de l’illustration. La mise en page plutôt classique privilégie la mise en avant des détails et des petits gestes. De même, les trames servent principalement à colorer ou ombrer. Nagabe sensei préfère jouer sur le contraste noir et blanc, utilisant des pointillés et des traits faits au pinceau ou à la plume pour donner du volume aux décors, aux pelages et plumages divers. Il n’y a aucune scène érotique, mais la sensualité de certains baisers et de certaines caresses se ressent tout de même. En fin de tome, des yonkoma présentent des anecdotes amusantes et mignonnes sur chaque couple.

En résumé

Il y a longtemps, le puissant sorcier Wizdoms a transmit le savoir nécessaire pour que certaines bêtes puissent prendre forme humaine. Ainsi, les thérianthropes, assoiffés de connaissance, construisirent des écoles. Cachée au milieu de la forêt, la prestigieuse école de magie Wizdoms forment donc les plus grands sorciers du monde. Mais entre les études et la vie en commun, certains d’entre eux découvrent également l’amour!

En conclusion

Comme à son habitude dans ses BL, l’auteur s’attarde surtout sur les sentiments et la relation. Ici, le format court des chapitres ne permet pas vraiment d’approfondir le lien entre les personnages. Et pourtant, le mangaka réussit à transmettre l’essentiel, la finesse des émotions et même à démontrer le naturel du sentiment amoureux. Le milieu de l’école magique permet de mieux accepter cet univers fantastique. Un titre à mettre entre toutes les mains!

Fluff for the flightless – hagi

fluff for the flightless hagi

hagi
ISBN: 9782375062043
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784829686249 (JP)
Printemps shuppan, 2019 (JP)
Titre original: 神様と飛べない使い
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Une aventure douce et tendre qui réchauffe le cœur au royaume des dieux.

hagi sensei nous entraîne dans un monde de fantaisie où les dieux polymorphes et leurs messagers ailés vivent en harmonie apparente. Avec Baku et Shin, singuliers par rapport à leurs congénères, elle questionne sur la différence et le rejet. Elle préfère maintenir le mystère et le suspense, dévoilant au fur et à mesure du récit l’étrange lien unissant ses deux héros, parsemant des indices. La romance apparaît donc juste en toile de fond. L’auteure décrit avec finesse et pudeur les différents sentiments de ses personnages. Elle les fait évoluer doucement. D’ailleurs, Shin change le plus et entraîne avec lui Baku mais également certains de ses amis comme Yatsude et les triplés. En outre, l’amour divin qu’elle représente est très ouvert. Les triplés apportent une pointe d’humour dans cet univers doucereux mais parfois dur.

La mangaka a un style plutôt shôjo, avec des traits fins épurés, de grands yeux expressifs. Son style convient parfaitement pour rendre le côté moelleux de Baku et la mansuétude des dieux. Les décors sont soignés même s’ils représentent principalement des paysages de montagne et quelques bâtiments. Aussi, certains angles de vue mettent en avant l’esthétique. Les ellipses, vides, emboitements de vignettes et cadrages accordés à son contenu dynamisent la mise en page. hagi sensei joue avec les détails des petits gestes ou des regards. Même s’il n’y a aucune scène érotique, elle fait allusions à la sexualité entre dieux et messagers. En fin de tome, elle présente quelques personnages. Sous la jaquette, elle narre une anecdote amusante et tendre entre Shin et Baku, concluant son récit.

En résumé

Shin est un messager des dieux en apprentissage. Mais comme ses ailes sont noires et atrophiées, il subit depuis l’enfance les railleries de ses semblables. En plus, il a tendance à laisser éclater sa rage. Néanmoins, la seigneurie qui dirige les 32 monts décide tout de même de lui assigner un dieu à servir. Le jeune messager devra donc s’occuper du dieu installé au mont 32, le plus éloigné. En effet, afin d’éviter la corruption, le travail de ces serviteurs consiste principalement à prendre soin de la toison de leur dieu; et plus le mont est éloigné de sa seigneurie, plus le risque de corruption est grand. Arrivé sur place, Shin trouve une grosse boule poilue. Ne recevant aucune réponse à ses questions, il commence à s’affairer. Mais au mont de sa seigneurie, Sanzashi apprend que les divinités des monts proches de celui de Shin ont disparu avec leurs messagers.

En conclusion

Même si ce one-shot n’a pas été classé parmi les meilleurs manga profonds au Chill Chill BL award 2020, les lecteurs l’apprécient pour son histoire douce et très émouvante. En effet, l’auteure nous plonge dans un univers tellement paisible avec deux héros si touchants qu’on ressort comme apaisé à la fin de notre lecture. En plus, le trait de la mangaka s’est encore plus adouci depuis son premier titre: Ne me quitte pas. Laissez-vous donc envouter par ce dieu duveteux et son adorable messager!

Dazzling lovers – Asai Sai

dazzling lovers asai sai

ASAI Sai 浅井西
ISBN: 9782368774861
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784796409049 (JP)
Kaiohsha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

Quand un nouvel amour naît grâce au réconfort.

Asai Sai sensei nous invite à partager les sentiments complexes de deux amis d’enfance prisonniers d’un triangle amoureux bancal. Elle se focalise sur l’évolution de leur relation, partageant les points de vue de Haruka et Akito. Malheureusement, elle n’approfondit pas vraiment son scénario, se contentant de rester dans une sensibilité romantique. Le revirement un peu rapide de Haru peut donc surprendre, surtout après avoir nourri un amour interdit platonique aussi longtemps. En plus, la psychologie des personnages est peu développée: le taciturne et patient Aki et Haruka qui cache ses sentiments derrière son sourire sauf pour son ami. L’auteure ajoute un peu se suspense en ne dévoilant pas immédiatement les évènements qui bouleversent leur vie. Elle complète son récit avec une aventure légèrement SM où le seme considère l’uke comme son maître, jouant sur les contrastes.

La mangaka a un trait épuré très shôjo, avec de grands yeux et des visages plutôt ronds. Elle utilise également tous les codes de ce style: des trames d’ambiance très présentes, des vides, des ellipses et des sorties de cadre mettant en valeur la beauté des personnages. Même les décors semblent participer à l’esthétique de certaines pages. Ainsi la mise en page dégage parfois de la poésie et du romantisme presque dégoulinant. Asai sensei censure peu les scènes érotiques, avec l’absence de quelques traits mais le choix des cadrages permet d’en montrer peu. Même « Mon cher maître » évite de s’attarder sur les détails alors que la relation est SM.

En résumé

Dazzling lovers / L’éveil du printemps / Bonus: Tachibana Haruka a beaucoup de succès au lycée mais refuse de sortir avec une fille car il est secrètement amoureux de son père. Son ami d’enfance, Sakai Akito, dans la confidence, lui déconseille de se déclarer même si cet amour devient de plus en plus pesant. En réalité, Aki est amoureux de Haru et attend patiemment, se contentant d’être à ses côtés. Mais un soir, son ami débarque chez lui en larmes…
Mon cher maître: Miki Shirô traite Ihara comme son larbin. Cependant, ce dernier accepte de faire tous ses caprices sans broncher. Les autres membres du laboratoire se demande alors s’il n’est pas masochiste. Mais un soir, Miki surprend Ihara en train de regarder un film pornographique gay sado-masochiste…

En conclusion

L’auteure offre une romance simple, sans questionnements où le réconfort de l’autre permet de s’ouvrir doucement à l’amour. Cependant, je ressens une petite gêne à un passage lorsque le père, avec son visage ombré et dramatique, répond au nouveau petit frère de son fils: c’est comme si la mangaka sous-entendait qu’il avait peut-être des sentiments pour son fils et a préféré se remarier pour fuir. J’aurais aimé que « Mon cher maître » soit plus développé car je trouve amusant que leur relation maître-esclave s’inverse pendant leurs ébats. Une lecture pour passer un bon moment.

Je brûle pour toi – noji

je brule pour toi noji

noji
ISBN: 9782368777244
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784865895537 (JP)
Fusion product, 2019 (JP)
Titre original: 焦がれて焦がして
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Un amour à sens unique qui s’éveille avec de bons petits plats.

noji sensei offre une douce romance plutôt réaliste entre deux amis d’enfance qui s’étaient perdus de vue. Après avoir développé l’amour à sens unique de Yûji et ses complexes, elle dévoile au fur et à mesure les sentiments du tsundere Sôichi. Son scénario, ancré dans la réalité, s’attarde principalement sur les questions que se pose un couple gay: peur du coming out, de la réaction de la famille et des amis, du regard extérieur, de la première expérience sexuelle et la cohabitation. Néanmoins, Tsunegawa trouve pour confident le jeune et ouvert Nekohara et Furuyama est soutenu par sa collègue lesbienne Sagi. L’auteure s’attarde principalement sur les sentiments de ses héros. En introduisant Kumagai, elle les met face au doute. En revanche, leurs ébats se font toujours dans le consentement. Elle complète son recueil par une romance entre un étudiant et un lycéen entreprenant, ayant une grande différence d’âge.

La mangaka a un trait délié, parfois très fin et anguleux. Bien qu’il soit réaliste, elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle privilégie également des hachures pour rendre les ombres fortes. Son style conserve un aspect graphique peint ou à la plume, surtout au niveau des décors très présents et du travail des trames. La musculature de Yûji contraste avec la frêle grandeur de Sôichi. En revanche, noji sensei distingue discrètement les flash-back par des ellipses pouvant brouiller parfois la compréhension. Elle censure les scènes érotiques en cachant les parties intimes par des formes blanches. En fin de chapitre, elle présente des anecdotes amusantes en quelques cases.

En résumé

Je brûle pour toi: Furuyama Yûji croise par hasard dans un konbini son amis d’enfance, Tsunegawa Sôichi, qu’il n’a pas vu depuis longtemps. En réalité, il est amoureux de lui depuis le lycée et l’évitait pour l’oublier. Maintenant, il a quitté son métier de pêcheur pour prendre la direction du restau-bar Prèle. D’abord surpris, Sôichi renoue avec lui, incité par son collègue Nekohara qui connaît bien le restaurant. Trop débordé par le travail, il se contente de boire des jus de légumes en guise de repas. Quelques jours plus tard, quand Yûji le croise dans le parc encore plus amaigri et épuisé, il l’invite à déguster quelques plats. En voyant le salaryman pleurer en appréciant sa cuisine, il lui propose alors de le nourrir tous les jours…
Dans la forêt, ce jour-là: Otofuke Moegi trouve un homme affalé au sol dans la forêt. En réalité, Moritsue Takehito était en train d’étudier des champignons. La pluie arrivant, il demande alors au lycéen de lui donner l’adresse d’un hôtel. Ce dernier l’emmène donc chez ses grands-parents qui lui proposent le logis en échange d’un peu d’aide dans les champs.

En conclusion

Ce manga a obtenu la dix-neuvième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2020. Pour un premier manga, l’auteure maîtrise déjà bien son scénario et son style graphique dégage beaucoup de douceur. Ses personnages ont de la personnalité et je regrette presque que ce tome soit trop court pour en apprendre encore un peu plus sur eux. Même les seconds rôles ont de la consistance. J’ai donc hâte de découvrir d’autres de ses œuvres. Une lecture gourmande et tendre!

De l’autre côté du miroir – Hisamatsu Eight et Yukibayashi

de l autre cote du miroir hisamatsu eight yukibayashi

HISAMATSU Eight 久松エイト
Yukibayashi 雪林
ISBN: 9782368777275
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784866692159 (JP)
J Publishing, 2019(JP)
Titre original: 彼方此方で逢いましょう
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

La rencontre magique entre un prodige de l’ikebana et un futur roi.

Hisamatsu Eight sensei offre une romance avec une touche fantastique. Elle met en parallèle deux hommes subissant la pression due à l’héritage d’une famille illustre et à l’attente de l’entourage. Tous deux s’interrogent sur l’honnêteté des compliments qu’on leur porte. Malgré un talent reconnu, Sara manque de confiance en lui car son style s’éloigne de celui de son père. Shâra, quant à lui, regrette qu’on l’empêche d’approcher son peuple et que l’on décide de ses goûts. Tous deux apprécient les fleurs, s’exprimant à travers elles. L’auteure questionne sur la normalité, la supériorité et la solitude ressenties par un devoir filial lourd. Malheureusement, elle n’approfondit pas son sujet pour laisser place à la romance, introduisant un quiproquos pour augmenter la tension finale. En fin de tome, elle donne deux récits permettant de découvrir d’abord l’origine du miroir puis la conciliation du couple pour harmoniser vie privée et travail.

Yukibayashi sensei a un trait classique et anguleux. Pourtant, elle dessine des visages légèrement ronds avec des cheveux en aplats noirs. Quelques reflets suggèrent les mèches et donnent du volume. Ce travail est complètement différent sur les illustrations couleurs. Les trames d’ambiance accompagnent les sensations des personnages. Par ailleurs, le découpage des cases joue sur l’effet des deux univers à travers le miroir ou change les ambiances. Ainsi certaines pages dégagent un peu de poésie, mettant en valeur l’esthétique et le dynamisme. Par exemple, la beauté des fleurs est bien rendu. En revanche, les scènes érotiques peu nombreuses, sont censurées par de fines bandelettes blanches et évitent de montre les détails. En fin de chapitre, la mangaka présente des compositions d’ikebana. Elle met en scène le couple dans les illustrations de début de chapitre.

En résumé

Dans un royaume inconnu, le prince Shâra s’ennuie et éconduit les différents messagers lui apportant des cadeaux en n’osant croiser son regard. Au Japon, Senba Sara supporte de moins en moins les compliments des personnes qui l’entourent. Issu d’une illustre famille de professeurs d’ikebana, il trouve pourtant ses réalisations insipides. Un jour, il découvre qu’il peut passer à travers le miroir de sa chambre. Il arrive alors dans le palais de Shâra. Croyant rêver, il s’amuse en tentant tout ce qui est possible. Mais en revenant dans sa chambre, il remarque qu’il n’est pas seul…

En conclusion

L’histoire qui était tout d’abord contemplative se précipite vers la fin pour finir un peu abruptement. Dommage, car il y avait un fort potentiel pour approfondir divers thèmes comme les différences culturelles ou la réaction des familles. On passe tout de même un agréable moment avec ce couple touchant tout en découvrant l’ikebana.

Le libertin et le piège de l’amour – Kyugo

le libertin et le piege de l amour kyugo

Kyugo 九號
ISBN:9782368777220
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784199608124 (JP)
Tokuma shoten, 2019 (JP)
Titre original: 放蕩息子と恋の穴
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Un dragueur invétéré qui retrouve son premier amour.

Kyugo sensei narre les aventures d’un dragueur invétéré citadin qui accepte de vivre à la campagne pour y retrouver son premier amour. Contrairement au titre sulfureux, elle offre en réalité une comédie romantique plutôt réaliste pleine de tendresse. Elle s’intéresse aux difficultés d’être gay à la campagne, avec la solitude, les rumeurs, les railleries et la peur du rejet. Traumatisé suite à un incident à l’université, Minori cache constamment sa souffrance derrière son sourire et préfère fuir. Sôsuke, plutôt immature au début va analyser ses sentiments, s’interroger et montrer en fin de compte de la patience. En introduisant Makoto, le petit frère Kamise, l’auteure va permettre à ses personnages d’évoluer. Elle diffuse la tension entre le couple au fil des chapitres pour terminer sur un final intense.

La mangaka utilise des traits fins et n’hésite pas à les déformer et les simplifier pour renforcer les expressions. Les corps musclés dégagent beaucoup de virilité. On peut justement les admirer dans les illustrations de début de chapitre. Quelques trames d’ambiance renforcent les émotions, mais Kyugo sensei préfère soigner ses décors très présents et réalistes. De même, elle fluidifie la lecture grâce à une mise en page très dynamique et maîtrisée. Par ailleurs, elle intègre directement au récit les fantasmes de ses protagonistes, offrant ainsi quelques scènes érotiques supplémentaires. Ces dernières sont censurées par des formes blanches sur les parties intimes. La postface, toute en images, donne des précisions sur personnages secondaires.

En résumé

A force de draguer à tout va depuis leur installation à Tokyo, Takamiya Sôsuke s’est attiré les foudres de sa mère. Comme elle doit à nouveau travailler à l’étranger, elle lui propose de l’envoyer chez sa tante, Kamise Taeko, à la campagne dans le département de Hiroshima. Elle espère surtout qu’il réfléchira un peu à son comportement. A sa surprise, il accepte volontiers, pressé en réalité de retrouver Minori, son premier amour. A la gare, son cousin vient le chercher. Alors qu’il fantasme déjà sur sa cousine devenue professeure, il s’étonne de ne pas la trouver à la maison. Mais Minori s’avère être le jeune homme venu le chercher!

En conclusion

Même si l’histoire aurait pu être plus approfondie malgré le nombre de pages supplémentaires et les sujets abordés, l’auteure pense tout de même à mettre l’essentiel, donnant de la consistance à son récit. Et puis le graphisme est tellement agréable. J’adore la réaction de Sôsuke face à la babouk! J’aime également beaucoup l’oncle et la tante qui ont l’air très ouvert. Une lecture simplement agréable et amusante.

Le fil du destin – Yoshio Akira

le fil du destin yoshio akira

YOSHIO Akira 吉尾アキラ
ISBN:9782368777343
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784864369930 (JP)
Core magazine, 2017 (JP)
Titre original: 赤い糸の執行猶予
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Le fil rouge du destin relie-t-il vraiment les personnes faites l’une pour l’autre?

Yoshio Akira sensei offre une comédie romantique douce et rafraichissante sur fond fantastique. Elle centre principalement la narration sur Keiji. A travers la question du destin, elle aborde divers sujets comme la difficulté à accepter sa sexualité ou ses sentiments, la peur de l’engagement, le refus d’être manipulé par un concept immatériel. Le ton reste constamment comique et les situations amusantes s’enchainent ou se répètent. Kei, têtu, manque de confiance en lui et croit fermement à l’influence du fil rouge du destin sur la vie. En introduisant Kamisawa, l’auteure donne une explication plausible à cette légende japonaise. En plus, elle présente Hiro comme un être pur et sensible, incitant le lecteur à prendre parti. D’ailleurs, le couple prend tout son temps, pour notre plus grand plaisir.

La mangaka a un style plutôt classique, avec un trait épuré. Néanmoins, elle se distingue surtout dans le traitement des passages comiques, avec des traits très simplifiés, exagérant les expressions ou transformant les têtes en SD. Les mimiques et les bouilles sont craquantes. Par exemple, difficile, même pour le lecteur, de ne pas céder au visage dépité de Hiro. Quelques trames d’ambiance renforcent les émotions des personnages. En outre, les décors situent principalement l’action. Malgré une mise en page plutôt classique, quelques planches se distinguent par leur dynamisme. Yoshio sensei s’attarde sur les détails des regards et des gestes tendres, transmettant parfaitement les différentes émotions. Les illustrations en début de chapitre donnent un petit aperçu sur le contenu à venir. Par ailleurs, il y a très peu de scènes érotiques mais elles ne sont pas censurées.

En résumé

Arako Keiji a la faculté de voir le fil rouge du destin qui relie deux personnes. Il n’apprécie pas trop son pouvoir depuis qu’il a remarqué, enfant, que le fil de ses parents n’était pas lié, entrainant par la suite leur divorce. A l’université, il est tombé amoureux de la pétillante Yui. Cependant il préfère taire ce sentiment, espérant que leurs fils se nouent. Un jour, voyant son fil enfin connecté, il le remonte mais découvre qu’il est attaché à un homme plus jeune que lui, Obata Hiroki. Kei décide alors de l’éviter au maximum d’autant plus que ce dernier s’inscrit à leur club étudiant. Mais le destin semble s’acharner à augmenter la fréquence de leurs rencontres et à favoriser leur rapprochement.

En conclusion

Fan de folklore japonais, je suis sous le charme complet de ce couple attendrissant. Et j’adore Karisawa qui, malgré son pouvoir de couper le fil du destin, préfère jouer les cupidons et les sauveurs. Un one-shot qui procure simplement du plaisir à sa lecture et qui donne envie d’encourager les protagonistes!

Passions réfrénées – Nagi Wataru

passions refrenees nagi wataru

NAGI Wataru 那木渡
ISBN: 9782368777404
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784801960268 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Titre original: 恋愛不行き届き
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

La peur d’une sexualité différente dépassant les sentiments.

Nagi Wataru sensei met en scène deux étudiants hésitants sur leur sexualité mais attirés mutuellement. Elle aborde différents sujets comme la difficulté à accepter son homosexualité, la peur des réactions des autres, la pression familiale, en particulier quand le père est une personne publique. En revanche, elle choisit des personnages plutôt clichés: Wakamiya cache son homosexualité, Kirishima oscille entre bisexuel et hétérosexuel, Chôko représente les travestis et Enomoto, l’homosexuel refoulé psychopathe. Tandis que Kurama redoute de briser l’avenir d’un fils héritier, Kento nourrit un amour obsessionnel incontrôlable. Ainsi, la narration alterne entre les deux étudiants. L’auteure joue sur le contraste entre leurs pensées intérieures et ce qu’ils disent en public. En se montrant un peu exhaustive, elle précipite certains passages qui auraient pu être poignants comme le coming out. Par ailleurs, le comportement de Kirishima entraîne une relation non consentie violente, avec un traumatisme suggéré mais malheureusement peu développé.

La mangaka a un trait dédoublé légèrement anguleux. Elle marque bien les muscles et dessine des corps masculins assez réalistes; son style est plaisant. Les trames d’ambiance discrètes chevauchent parfois les décors. En plus, la profusion des dialogues surcharge certaines pages. Néanmoins, Nagi sensei offre quelques vignettes esthétiques, en particulier les passages à la mer. Elle varie beaucoup les angles de vue, dynamisant la mise en page. De même, elle superpose les fantasmes à la réalité, brouillant la compréhension mais illustrant le ressenti des héros. Les scènes érotiques non censurées transcrivent en détails la violence de certains rapports. Il y a également des coupes intérieures. En fin de certains chapitres, une planche donne une anecdote amusante, détendant l’atmosphère.

En résumé

Wakamiya Kurama confectionne les costumes du club de théâtre et participe donc à leur stage dans un hôtel en bord de plage. En réalité, la couture lui permet de s’évader. En effet, il cache son homosexualité et actuellement, il fantasme sur Kirishima Kento, le fils d’un gérant de magasin de tissus, également propriétaire de l’hôtel qui les accueille. Le club de théâtre ayant pour tradition d’organiser une partouse, Kurama préfère fuir. Mais excité par ce qu’il a vu, il plonge dans la mer pour se rafraîchir les idées. Croyant qu’il tente de se suicider, Kirishima vole à son secours. Mais comme il ne sait pas nager, il finit par boire la tasse. Finalement, le couturier le sauve et ils se parlent enfin pour la première fois. Il réalise alors qu’il désire que Kento devienne son premier homme.

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la quinzième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2018. En effet, l’auteure maîtrise déjà bien son graphisme. Cependant, elle s’intéresse à un sujet sérieux, cherchant à dramatiser les sentiments des personnages et à décrire la difficulté à atteindre le bonheur pour les homosexuels (hommes ou femmes). D’ailleurs, ses maladresses (de débutante?) se ressentent dans ce scénario un peu ambitieux. Le thème du viol aboutissant à une romance peut choquer certains lecteurs. Néanmoins j’apprécie beaucoup l’approche de la mangaka qui pense à représenter l’avis des différents genres et sexualités.

Happy shitty life 1 – Harada

happy shitty life 1 harada

Harada はらだ
ISBN: 9782368777282
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784801967960 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

La vie de merde de deux uke unis par un fantasme commun.

Harada sensei offre une comédie hilarante entre deux uke un peu idiots. Elle enchaîne les situations burlesques avec les délires de ses personnages au premier abord antipathiques: Kasuya transpire la vanité tandis que Kuzuya se laisse complètement vivre. Elle joue beaucoup sur les contrastes, jusque dans les jeux de mots; son récit pourrait avoir pour thème la dépravation, le déchet et la merde au sens figuré. En effet, bien que ses deux héros s’affirment hétérosexuel, ils n’ont qu’un seul but commun: satisfaire leur fantasme de se faire prendre par une femme sadique. Pourtant, ce couple yuripple trouve toujours un compromis pour se satisfaire mutuellement, développant une certaine complicité. Cependant, l’auteure occulte toute possibilité de sentiments amoureux. En introduisant Leo, elle ajoute même un sentiment contradictoire en faisant rire sur des situations dérangeantes comme le non-consentement et le viol. Par ailleurs, elle rappelle les difficultés d’être gay à la campagne.

La mangaka a un trait un peu anguleux qui semble légèrement acéré. Elle les simplifie en exagérant les différentes expressions, déjà hilarantes graphiquement. Par exemple, la tête dégoûtée ou envieuse de Kasuya reste inoubliable. De même, ses regards sont toujours aussi intenses. Les trames d’ambiance alternent avec les décors, plutôt soignés. La patte habituelle de Harada sensei se retrouve aussi dans le traitement des contrastes noir et blanc. Ainsi, elle utilise discrètement les trames mais travaille en revanche avec précision les ombres. Elle varie les angles de vue, portant toujours attention à des petits détails. Les scènes érotiques ne sont pas du tout censurées, avec parfois des gros plans. Dès le début, des fiches personnages et un diagramme expliquent les différents liens entre les protagonistes. Sous la jaquette, une illustration de Kuzuya le met en valeur avec classe.

En résumé

Suite à un scandale sexuel dans son entreprise, Kasuya Kyôtarô est muté à la campagne. Seulement une semaine qu’il est là et il ne supporte déjà plus son voisin chômeur, Kuzuya Yoshiyuki (30 ans), qui passe son temps à essayer de monter un gode sur un ventilateur. Un soir, alors que Kasuya désespère de se refaire vite avec des supérieurs passant beaucoup plus de temps à chasser les insectes, son patron Tagami l’invite à boire au bar de la belle Sakura. Mais il découvre que tout le village est au courant des détails de sa rétrogradation: une photo de lui en extase alors que la fille du patron le sodomise avec un strap-on. Alors qu’il fond en larmes, il est encouragé par l’assemblée, en particulier Kuzuya qui fantasme également sur la pénétration anale par une femme sadique. Complètement ivres, les deux voisins finissent par coucher ensemble!

En conclusion

Ce tome a obtenu la cinquième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2020. L’auteure arrive à nous faire rire de tout avec subtilité. Pour vous prouver son génie, je pourrai introduire ainsi « vulgairement » l’histoire: Kasuya, qui ne se prend pas pour de la merde, s’est mis dans la merde jusqu’au cou et a rencontré à la campagne Kuzuya qui mène une vie de merde depuis l’enfance. Je m’amuse de leurs joutes pour définir qui sera uke ou seme et de leur obsession. Et je me mets à espérer un peu de sentiments entre eux. Vivement la suite!